Forum Opéra

Denyce Graves fait ses adieux au chant

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Brève
4 janvier 2026

Le mezzo américain se retirera de la scène lyrique le 24 janvier prochain à l’issue de l’ultime représentation de Porgy and Bess actuellement à l’affiche au Metropolitan Opera de New York, où elle interprète le rôle de Maria. Née le 7 mars 1964 à Washington, Denyce Graves avait d’abord collaboré avec la Wolf Trap Opera Company (Marcellina dans Le Nozze di Figaro, The Sorceress dans Dido and Aneas, Tisbe dans La Cenerentola, le rôle-titre de Carmen) et avec le Houston Opera Studio (1988 – 1990). Elle chante ensuite à San Francisco : Carmen (1992 et 1998) puis The Rake’s progress (2007). Elle fait des débuts triomphants au Met en octobre en 1995 en Carmen : la voix est ample et fruitée, et son tempérament est impressionnant. Elle chantera le rôle près d’une cinquantaine de fois avec la compagnie. Elle y interprète ensuite Baba the Turk dans The Rake’s Progress (1997), puis son autre grand rôle fétiche, Dalila (débuts en 1998, aux côtés de Plácido Domingo) : son timbre sombre, presque d’un contralto, allié à une grande sensualité scénique, en font une séductrice idéale. Elle y chantera le rôle plus de 20 fois. Toujours à New York, elle chante aussi (plusieurs saisons) des parties moins en vue tels que Federica dans Luisa Miller (débuts en 2001) et Maddalena dans Rigoletto (débuts en 2002). Sa carrière s’internationalise avec succès mais de manière étrangement limitée en termes de répertoire. Elle est Carmen (et rien d’autre) à Vienne (1993), Bastille (1993 et 2002), Madrid (2002) ou encore Munich (2003 et 2004) : qui dira que les directeurs d’opéra n’ont pas d’imagination ? À la Scala, elle est en revanche invitée pour La vestale (la grande vestale, 1993), Les contes d’Hoffmann (Giulietta, 1995), Les dialogues des carmélites (Mère Marie, 2000). À Londres, elle est d’abord Carmen (1994), Cuniza dans Oberto (1997), Dalila (2004). Un drame intime la touche en pleine représentation d’Anna Bolena à Dallas en 2010. Si la chanteuse assure le spectacle jusqu’au bout, cette expérience douloureuse l’amènera à s’éloigner quelque temps de la scène avant de reprendre une activité moins intense. Au Met, elle sera Maria dans Porgy and Bess (2019), Auntie dans Peter Grimes (2022). Toujours au Met, elle participera à la première locale de Marnie (la mère de Marnie, 2018) après la création mondiale à l’English National Opera l’année précédente, à celle de The Hours (2022, avec Renée Fleming). On a également pu l’entendre à nouveau à Londres en 2015 dans une solide Bersi d’Andrea Chénier, aux côtés de Jonas Kaufmann et Eva-Maria Westbroek, la voix toujours très assurée. Très engagée dans la vie sociale, Denyce Grave se consacre à des actions charitables ou politiques. En 2021, elle créée ainsi la Denyce Graves Foundation dédiée à l’amélioration de la représentativité des minorités dans les arts. Ce retrait de la scène ne concernera que ses activités de chanteuse, Denyce Graves continuant à ses activités de mise en scène. Après Carmen (Minnesota Opera & Glimmerglass, 2022), Loving v. Virginia (2025) et The Tongue & The Lash (2025), elle proposera en 2026 Treemonisha et The Medium. Parmi ses trop rares enregistrements, on retiendra en particulier ses Héroïnes de l’opéra romantiques, avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo sous la direction de Marc Soustrot.

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