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Discothèque idéale : Gluck – Orfeo ed Euridice (Jacobs, Harmonia Mundi – 2001)

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Brève
21 février 2026
Avec Orfeo ed Euridice, Gluck ne cherche ni l’effet ni la virtuosité gratuite : tout est subordonné à la vérité du drame. La lecture qu’en propose René Jacobs s’inscrit pleinement dans cette logique, au profit d’une tension théâtrale constamment maintenue.

Œuvre emblématique de la réforme gluckiste, Orfeo ed Euridice marque en 1762, lors de sa création viennoise, une rupture décisive avec l’opéra baroque tardif au profit d’un drame épuré. Le cœur de cette réussite de ce disque, publié en 2001 chez Harmonia Mundi, tient en premier lieu à Bernarda Fink, Orfeo d’une rare intelligence musicale. Le timbre, sombre et concentré, évite toute complaisance plaintive ; la ligne est tenue avec une noblesse presque stoïque, et l’émotion naît moins de l’emphase que d’un art souverain du retrait. Peu d’interprètes auront su, à ce point, unir simplicité du chant et intensité expressive. Autour d’elle, Veronica Cangemi campe une Euridice vive, parfois incisive, tandis que Maria Cristina Kiehr apporte à Amore une légèreté bienvenue.

René Jacobs, fidèle à son approche dramaturgique, soigne les récitatifs, articule les danses avec une netteté exemplaire et confère aux chœurs une présence dramatique essentielle. Le Freiburger Barockorchester, superbe par la beauté des timbres des instruments anciens, joue comme si sa vie en dépendait. Le RIAS Kammerchor, superlatif de lisibilité et d’expressivité, achève de couronner le tout et élève cette réalisation au rang de référence.

Bernarda Fink (Orfeo), Veronica Cangemi (Euridice), María Cristina Kiehr (Amore)
RIAS Kammerchor, Freiburger Barockorchester, René Jacobs (direction)
Harmonia Mundi, 2001

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