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Discothèque idéale: Verdi – Traviata (Giulini, Warner Classics – 1955)

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Brève
12 mars 2026
Un tournant dans l’histoire de l’opéra. Joyau de l’écriture Verdienne, la Traviata est l’un des opéras les plus joués au monde, et aussi l’un des plus enregistrés.

Sa discographie recense plusieurs centaines de versions, certaines affichant les interprètes les plus emblématiques du rôle :  Mirella Freni, Ileana Cotrubas, Tebaldi, Te Kanawa, Joan Sutherland et bien sûr Maria Callas dans la version de 1955 avec Carlo Maria Giulini à la Scala. Cette dernière, en réunissant une distribution, un metteur en scène et un chef hors-normes, marque à tous égards un tournant dans l’histoire de l’opéra.

Luchino Visconti, dans sa volonté de traiter l’opéra tel un vrai drame, s’y détache des codes traditionnels de l’opéra italien et offre à une Maria Callas à l’apogée de son art l’écrin idéal pour dévoiler tout son génie vocal et scénique. Callas ne chante pas Violetta, elle l’incarne : chaque inflexion de l’intonation, chaque nuance, chaque changement de couleur empruntée à une palette d’une richesse inégalée épouse chaque tourment de l’âme de Violetta. Le timbre éclairci de quasi colorature dans le Sempre libera s’assombrit lorsqu’elle accepte le sacrifice exigé par Germont dans Cosi alla misera / Dite alla giovine avant de se parer à nouveau d’une douceur déchirante lorsqu’elle entonne les premières notes du Di questo core. Mais le firmament de l’art de Callas se dévoile dans l’acte III lorsqu’à bout de souffle et de vie, elle engage le dramatique Addio del passato avant de promettre à Alfredo de veiller sur lui depuis le Ciel. Un critique italien écrira le lendemain que cette Violetta était « plus réelle que la réalité ».

Bien sûr, une telle incarnation n’aurait pu être portée tout au long de l’opéra sans la présence de partenaires exceptionnels, aussi bien sur scène que dans la fosse : la jeunesse ardente de Giuseppe Di Stefano se mêlant dans une alchimie pure à l’incandescence insolente de Maria Callas dans leurs différents duos (Libiamo, A chi scrivevi / amami/, Parigi o cara), la noblesse vocale d’Ettore Bastianini, tendre et autoritaire et la musicalité éblouissante de Carlo Maria Giulini dont la direction fait corps avec l’évolution dramatique des personnages, adaptant tempi, respirations et nuances à chaque intention portée par les interprètes. D’aucuns se plaindront de la qualité dégradée du son live. Peut-être. Certainement même. Qu’importe finalement. La quintessence de l’opéra est bien là, gravée pour l’éternité.

Maria Callas (Violetta), Giuseppe di Stefano (Alfredo), Ettore Bastianini (Germont)
Choeur et Orchestre du théâtre de la Scala et Carlo Maria Giulini.
Enregistré en 1955 à la Scala. WARNER CLASSICS.

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