Marine Fribourg en Combrailles : la valeur n'attend pas le nombre des années...

Par Roland Duclos | mar 13 Août 2013 | Imprimer
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Tout juste cinq ans et déjà dans la cour des grands ! Reconnaissons que l’Ensemble vocal Bergamasque qui se produisait le 8 août dans le cadre du Festival Bach en Combrailles, mise sur la qualité en recrutant dans le haut du panier : Maîtrise de Radio France, Cris de Paris, CNSM, Chœur national des Jeunes et jusqu’en Finlande et au Pays Bas. Ils sont jeunes. Talentueux ? C’est un euphémisme. Qui plus est le talent ne saurait suffire à traduire l’enivrante plénitude du motet Fürchte dich nicht de Johann Christoph Bach, surdoué autant que mal connu « tonton » d’un certain Johann Sebastian. Dire que Marine Fribourg dirige serait inexact. Elle conduit, guide ses vingt-quatre chanteurs, qui sont autant de solistes, en dehors des voies doloristes qui cadenassent le répertoire choral cultuel sur un ton hautain et distant. La souplesse du tissu vocal humanise la ferveur du discours sans en renier la vigueur. La limpidité du fameux Komm Jesu komm du Kantor ne perd rien en majesté et gagne en limpidité. Les registres, des sopranos notamment, riches et timbrés, viennent soutenir une mise en place impressionnante d’équilibre. Dans le Der Mensch vom Weibe geboren de Johann Christoph, la texture polyphonique conjugue souveraine quiétude et bouleversante émotion. Marine Fribourg préfère manifestement l’émotion pure et la joie sincère de la foi à l’ostentation. L’enthousiasme d’un Pachelbel s’y trouve conforté, porté par la félicité sereine, empreinte d’une tendre poésie d’un Vater unser Himmelreich au bonheur idéalement contagieux. Autre atout majeur et non des moindres de ce jeune chœur : la prononciation et la scansion en tout point irréprochables de l’Allemand, fruits d’une maîtrise technique et d’une remarquable intelligence du texte. Ces artistes s’illustrent avec une égale aisance dans le répertoire contemporain. Si l’élégance chantante de l’Immortal Bach du Norvégien Knut Nystedt et le cours hiératique du Magnificat de Pärt s’imposent comme une évidence, les complexités syntaxiques du Lobet den Hern du suédois Sven-David Sandström exigent cette mise en lumière mélodique qui revient comme la signature de l’Ensemble Bergamasque. [Roland Duclos]

 

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