Premières impressions d'Orphée

Par Marcel Quillévéré | mar 03 Mai 2011 | Imprimer

 
L’Atelier d’Art Lyrique de l’Opéra de Paris présente jusqu'au 8 mai Orphée et Eurydice de Gluck à la Maison de la Culture de Bobigny, dans la version française orchestrée par Berlioz en 1859 pour la cantatrice Pauline Viardot. On sait combien il est difficile, aujourd’hui, de mettre en scène une telle œuvre dont l’action est intérieure et dont la structure s’apparente débord à un oratorio dramatique. Tout tient finalement à la personnalité des chanteurs et surtout à l’interprète du rôle d’Orphée qui ne quitte pratiquement jamais la scène. Pauline Viardot brûlait les planches, dit-on, à la manière d’une Rachel sans doute, car elle savait ce que tragédie lyrique voulait dire. À Bobigny, dans le rôle d’Orphée, Marianne Crebassa (qui partage le rôle avec Alisa Kolosova) est simplement bouleversante de simplicité, de pudeur même. Une voix ample et veloutée, égale sur toute la tessiture, un timbre magnifique et une présence en scène impressionnante la rendent particulièrement émouvante. Chenxing Yuan (Eurydice) et Elisa Cerni (Amour) ont de belles voix brillantes et sonores et, sont très convaincantes dans leurs personnages (même si on ne les comprend pas toujours très bien).  Les jeunes choristes du Conservatoire sont impeccables et le chef, Geoffroy Jourdain, parvient à tirer de l’orchestre de belles couleurs, à l’unisson du chant qui s’épanouit sur la scène. Les metteurs en scène, Dominique Pitoiset et Stephen Taylor, ont judicieusement pris le parti de faire de cette œuvre un rituel -ce qu’elle est au fond- en nous faisant partager le deuil que doit vivre Orphée, comme s’il s’agissait d’un ami ou de notre voisin. On est vite touché par ce qui est une simple et douloureuse veillée funèbre dans l’appartement de l’être qu’on a perdu, où l’on sait que l’Enfer et le Paradis, l’absence et la présence, ne sont souvent séparés que par une mince cloison ou un simple miroir. Plus d'informations. [MQ]
 

 

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