Pretty Yende : un contrôle controversé à CDG

Par La Rédaction | mar 22 Juin 2021 | Imprimer
Dans une publication Instagram, la soprano Pretty Yende revient sur une expérience traumatisante qu’elle aurait vécu à l’aéroport de Roissy lors du contrôle de la frontière. Nous la traduisons in extenso :
« La brutalité policière est réelle pour quelqu'un comme moi, et j'ai longtemps lu à son sujet dans l'actualité. La plupart de mes frères et sœurs finissent torturés et certains cas mortels, font la une des journaux. Des cadavres apparaissent soudainement avec des histoires inventées de toutes pièces. J'ai la chance d'être en vie aujourd'hui, de pouvoir voir le jour. Tout cela malgré les mauvais traitements, une discrimination raciale honteuse, une torture psychologique et des commentaires racistes très offensants dans un pays auquel j'ai donné tant de mon cœur et de mon talent, tâche que je suis prête à poursuivre en ma qualité de citoyenne du monde. Je suis encore bouleversée à l'idée de penser que je suis une sur un million à avoir pu m'en sortir vivante de cette situation, et ce grâce à un appel téléphonique que je me suis rappelée en étant encore sous le choc, sans comprendre ce qui m'arrivait. 
Ils ont pris toutes mes affaires, y compris mon portable, et m'ont dit de noter les numéros de téléphone de ma famille et de mes amis. Je les appellerais ensuite avec un fixe mis à disposition dans la cellule. Ils m'ont dit qu'ils allaient m'emmener dans une « prison-hôtel » en attendant, et n'ont cessé de me regarder comme une criminelle. Je leur ai dit que je n'avais plus de batterie et que je devais recharger mon portable. Ils m'ont dit qu'ils ne me rendraient pas mon téléphone, sur un ton très sec et condescendant. J'ai demandé si j'étais prisonnière, et ils m'ont dit que oui. J'ai décidé d'obtempérer sans me défendre sur le territoire français. J'ai été fouillée comme une criminelle et ai été placée en cellule de rétention dans le terminal 2B de l'Aéroport Charles de Gaulle. Il y faisait gris et froid, et il n'y avait pas d'éclairage au début. Ils m'ont laissée là avec une ligne fixe et les numéros de mes proches inscrits sur une feuille de papier. La plupart d'entre eux ont refusé de me parler en anglais. J'ai entendu au moins 10 officiers de police rire dans les couloirs. »

Du côté de la police, le récit est différent : « Madame Yende n’a pas été maltraitée mais elle a tenté de rentrer sur le territoire Français sans titre de séjour. » Un responsable ajoute « les vérifications faites par la police constituent de la part de celle-ci une volonté de sauver le concert de Madame Yende, les fonctionnaires ayant eu toute latitude de lui refuser l’accès au territoire, ce qu’ils n’ont pas fait ».
 


23 juin 2021 - contactée par l'AFP, la Police apporte les précisions suivantes :

"A aucun moment il n'y a eu d'incidents" et il ne lui a lui pas été demandé de se déshabiller, a-t-elle également souligné.
Placée dans une "salle de maintien" le temps d'examiner sa situation, Pretty Yende en est sortie une heure et demie plus tard avec un visa de régularisation qui lui a permis d'entrer sur le territoire français, a précisé une source aéroportuaire.
Il s'agit de "vérifications d'usage" et la chanteuse n'a pas été ciblée en raison de sa couleur de peau, a ajouté cette source.

 

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