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Salles combles pour le Chénier de Jonas Kaufmann

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Brève
30 janvier 2015
Salles combles pour le Chénier de Jonas Kaufmann

Affichettes « complet » placardées à l’entrée du cinéma et cohue à l’entrée de la salle, preuve s’il en est que certains artistes attirent encore sur leur nom seul. Il faut dire que le Chénier de Jonas Kaufmann a de la gueule : de son timbre moiré passant du voile des piani à l’éclat de l’aigu, il campe plus le poète que l’orateur, cherche plus l’élégie que la diatribe. Lui répond l’incandescence d’Eva-Maria Westbroek, très investie et dont la voix ample et riche épouse les affres de Madeleine. Dommage qu’elle reste précautionneuse dans le crescendo final de son grand air. Le dernier duo du quatrième acte mettra tout le monde d’accord, au Royal Opera House comme dans le cinéma. Reste le cas Zeljko Lucic : voix saine, puissante mais monocorde. Chacun des personnages qu’il chante a la même couleur. Gérard s’ajoute à la liste.  Dans les seconds rôles, majoritairement bien tenus, la Madelon d’Elena Zilio emporte une adhésion immédiate et évidente, cependant que la Bersi de Denyce Graves laisse plus dubitatif. La couleur du timbre est intéressante mais la voix peine à s’épanouir. Rosalind Plowright se promène élégament en Comtesse de Coigny. Baguette fougueuse dans la fosse que celle d’Antonio Pappano. Si le son cinéma lisse les textures de l’orchestre du Royal Opera House, il reste le souffle. Ce Chénier vit, depuis les mignardises de la Comtesse jusqu’au roulement de tambour de la guillotine. Rubans et charrettes, c’est finalement ce qu’il reste de la production de David McVicar, sobre et sans arête, pâle de direction d’acteur, fidèle, adéquatement illustrative.

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Jonas Kaufmann (Andrea Chenier), Eva-Maria Westbroek (Maddalena) © Alastair Muir

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