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Mélodies françaises

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CD
12 avril 2009
Stupéfiants

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Détails

Philippe Jaroussky

Opium
Mélodies françaises

Reynaldo HAHN (1875-1947)
A Chloris – Théophile de Viau

Cécile CHAMINADE (1857-1944)
Sombrero (1894) – Edouard Guinand

Jules MASSENET (1842-1912)
Elégie** (1869) – Pierre Lorys

Gabriel FAURÉ (1845-1924)
Nell Op.18 n°1 (1880) – Leconte de Lisle

Ernest CHAUSSON (1855-1899)
Le colibri Op.2 n°7 – Leconte de Lisle

Gabriel FAURÉ (1845-1924)
Automne Op.18 n°3 (1880) – Armand Silvestre

Cécile CHAMINADE (1857-1944)
Mignonne (1894) – Ronsard

Reynaldo HAHN (1875-1947)
Fêtes galantes (1892) – Verlaine

Ernest CHAUSSON (1855-1899)
Le temps des lilas – Maurice Bouchor

Les papillons Op.2 n°3 – Théophile Gautier

André CAPLET (1879-1925)
Viens, une flûte invisible*** (1900) – Victor Hugo

Ernest CHAUSSON (1855-1899)
Les heures OP.27 n°1 – Camille Mauclair

Reynaldo HAHN (1875-1947)
Quand je fus pris au pavillon (Douze Rondels n°8) – Charles, Duc d’Orléans
Offrande (1891) – Paul Verlaine

Camille SAINT-SAËNS (1835-1921)
Tournoiement « Songe d’opium » Op.26 n°6 (Mélodies persanes, 1870) – Armand Renaud

Claude DEBUSSY (1862-1918)
Romance (Deux Romances, n°2, 1891) – Paul Bourget

Paul DUKAS (1865-1935)
Sonnet – Pierre de Ronsard (Amours, Premier livre, CLXIX)

Jules MASSENET (1842-1912)
Nuit d’Espagne (1869) – Louis Gallet

Guillaume LEKEU (1870-1894)
Sur une tombe (Trois poèmes, n°1, 1892) – Guillaume Lekeu

Camille SAINT-SAËNS (1835-1921)
Violons dans le soir* (1907) – Anna de Noailles

César FRANCK (1822-1890)
Nocturne (1884) – Louis de Fourcaud

Gabriel DUPONT (1878-1914)
Les donneurs de sérénades (1901) – Verlaine

Vincent D’INDY (1851-1931)
Lied maritime Op.43 – Anonyme

Reynaldo HAHN (1875-1947)
L’heure exquise (chansons grises, n°5) – Verlaine

Jérôme Ducros, piano

* Renaud Capuçon, violon
** Gautier Capuçon, violoncelle
*** Emmanuel Pahud, flûte

Enregistré à Paris, Chambre Syndicale Topographique Parisienne, Salle Akustica,
du 7 au 13 juillet 2008

Durée : 66’06
Virgin Classics

Pauvres contre-ténors, prisonniers d’une voix qui les contraint aux deux extrêmes du répertoire. D’un côté la musique baroque dans laquelle on leur demande de réinventer la splendeur des castrats avec des moyens qui n’ont rien à voir. De l’autre la création contemporaine qui aime parfois user de leurs sonorités irréelles. Entre les deux, le désert sans l’ombre d’une partition écrite pour falsettiste, sauf à puiser l’eau à d’autres sources. La mélodie française par exemple dans laquelle Philippe Jaroussky se risque aujourd’hui. Entreprise audacieuse qui n’a rien d’original ; d’autres avant lui ont tenté l’aventure, David Daniels par exemple en 2004 avec Les Nuits d’été.

Une première écoute de ces mélodies délicates, exhalées par une voix qui ne l’est pas moins, étonne. La présence dans nos salons belle-époque d’un timbre qui n’y résonna jamais parait iconoclaste, décadente même à la manière d’un des Esseintes cité dans le texte qui accompagne le CD, est-ce un hasard ? A rebours donc de l’usage qui préfère des souffles plus naturels – baryton, soprano, mezzo – seuls capables de dissiper les effluves décadentes d’un répertoire souffreteux. Faut-il à un genre précieux jusqu’à l’excès ajouter davantage d’affectation ? Le chant très étudié de Philippe Jaroussky ne va pas dans le sens de la simplicité. Au contraire, il participe au gongorisme. Huysmans encore quand c’est Proust que l’on attend, ce que Reynaldo Hahn, l’ami fidèle présent quatre fois dans le programme, confirme. Les hoquets de « Fêtes galantes », les notes pointues et le ton affété de « L’heure exquise » frôlent la caricature. Le ridicule affleure aussi dans « Sombrero », une espagnolade mise en musique par Cécile Chaminade dont le déhanché surprend chez un homme, fût-il contre-ténor.

Pourtant, habitude ou corruption, on finit par prendre vite goût à ces teintes vaporeuses, à ces alanguissements qui ajoutent encore à la touffeur des serres : « Elégie » de Jules Massenet que le violoncelle de Gautier Capuçon rend suffocante, « Romance » de Claude Debussy, « Sonnet » de Paul Dukas, « le colibri » et « le temps des lilas » d’un Ernest Chausson plus douloureux que jamais… On pourrait les citer presque toutes tant, au fil des écoutes, l’oreille s’imprègne du venin exsudé par Philippe Jaroussky. Jérôme Ducros au piano a beau garder les pieds sur terre, Renaud Capuçon se mirer dans son violon, on n’imaginait pas que notre contre-ténor fût aussi pervers. Le travail sur la diction, voulue proche de la voix parlée, donne aux poèmes tout leur sens. L’intelligence musicale et la longueur du souffle font en les étirant chanter chacune de ces mélodies au point que l’on se prend ensuite à les fredonner. Entêtantes, elles s’emparent de l’esprit pour ne plus le lâcher, jusqu’à le rendre dépendant et l’obliger à une nouvelle écoute. Comme une drogue : l’éther, volatile, plus que l’opium qui virevolte dans la mélodie de Saint-Saëns et qui donne son nom à un album ô combien stupéfiant.
 
Christophe Rizoud

 
___
 

Ecouter également en podcast « Croisées » avec Philippe Jaroussky

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Philippe Jaroussky

Opium
Mélodies françaises

Reynaldo HAHN (1875-1947)
A Chloris – Théophile de Viau

Cécile CHAMINADE (1857-1944)
Sombrero (1894) – Edouard Guinand

Jules MASSENET (1842-1912)
Elégie** (1869) – Pierre Lorys

Gabriel FAURÉ (1845-1924)
Nell Op.18 n°1 (1880) – Leconte de Lisle

Ernest CHAUSSON (1855-1899)
Le colibri Op.2 n°7 – Leconte de Lisle

Gabriel FAURÉ (1845-1924)
Automne Op.18 n°3 (1880) – Armand Silvestre

Cécile CHAMINADE (1857-1944)
Mignonne (1894) – Ronsard

Reynaldo HAHN (1875-1947)
Fêtes galantes (1892) – Verlaine

Ernest CHAUSSON (1855-1899)
Le temps des lilas – Maurice Bouchor

Les papillons Op.2 n°3 – Théophile Gautier

André CAPLET (1879-1925)
Viens, une flûte invisible*** (1900) – Victor Hugo

Ernest CHAUSSON (1855-1899)
Les heures OP.27 n°1 – Camille Mauclair

Reynaldo HAHN (1875-1947)
Quand je fus pris au pavillon (Douze Rondels n°8) – Charles, Duc d’Orléans
Offrande (1891) – Paul Verlaine

Camille SAINT-SAËNS (1835-1921)
Tournoiement « Songe d’opium » Op.26 n°6 (Mélodies persanes, 1870) – Armand Renaud

Claude DEBUSSY (1862-1918)
Romance (Deux Romances, n°2, 1891) – Paul Bourget

Paul DUKAS (1865-1935)
Sonnet – Pierre de Ronsard (Amours, Premier livre, CLXIX)

Jules MASSENET (1842-1912)
Nuit d’Espagne (1869) – Louis Gallet

Guillaume LEKEU (1870-1894)
Sur une tombe (Trois poèmes, n°1, 1892) – Guillaume Lekeu

Camille SAINT-SAËNS (1835-1921)
Violons dans le soir* (1907) – Anna de Noailles

César FRANCK (1822-1890)
Nocturne (1884) – Louis de Fourcaud

Gabriel DUPONT (1878-1914)
Les donneurs de sérénades (1901) – Verlaine

Vincent D’INDY (1851-1931)
Lied maritime Op.43 – Anonyme

Reynaldo HAHN (1875-1947)
L’heure exquise (chansons grises, n°5) – Verlaine

Jérôme Ducros, piano

* Renaud Capuçon, violon
** Gautier Capuçon, violoncelle
*** Emmanuel Pahud, flûte

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Durée : 66’06
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