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	<title>Leonard BERNSTEIN - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Leonard BERNSTEIN - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>BERNSTEIN, Candide &#8211; Dresde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bernstein-candide-dresde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 May 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Adapté du conte de Voltaire, Candide devient à travers le prisme de Bernstein et de ses différents comparses une œuvre hybride et originale. Envisagé dès 1950, le projet connut un parcours chaotique, entre échecs, remaniements successifs et réhabilitations tardives. Derrière cette genèse mouvementée se cache une ambition inédite : transposer en musique l’ironie mordante et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Adapté du conte de Voltaire, <em>Candide</em> devient à travers le prisme de Bernstein et de ses différents comparses une œuvre hybride et originale. Envisagé dès 1950, le projet connut un parcours chaotique, entre échecs, remaniements successifs et réhabilitations tardives. Derrière cette genèse mouvementée se cache une ambition inédite : transposer en musique l’ironie mordante et le pessimisme lucide du philosophe des Lumières, tout en rendant hommage à l’esprit de Broadway. À la croisée des genres — entre opéra, opérette et comédie musicale —, <em>Candide</em> subvertit les codes du théâtre lyrique avec une insolence jubilatoire qui rend regrettable sa relative absence de l’affiche.</p>
<p>En France, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/candide-lyon-candide-oratorio-profane-sur-la-fin-du-monde/">Lyon</a> le proposait il y a deux saisons. Notre dernier souvenir remonte à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/candide-anvers-tout-pour-le-mieux/">Anvers en 2013</a>. Michael Spyres illuminait le rôle-titre – ce qui n´est pas sans peser sur nos impressions dresdoises.</p>
<p>Sur la scène du Semperoper, un récitant se charge de faire le lien entre les numéros.<strong> Jan Josef Liefers</strong> manie l’ironie avec brio ; la salle s’esclaffe, mais le choix d’une version de concert porte préjudice à l’intégrité dramatique de l’œuvre, transmutée en revue de music-hall. Au jeu du « trois petits tours, et puis s’en vont », se détachent d’abord les artistes pouvant conjuguer présence scénique, énergie communicative et voix de stentor – car il faut de la puissance pour s’imposer face à une Säschsiche Staatskapelle Dresden que la direction de <strong>Karen Kamensek</strong> ne cherche pas à brider.</p>
<p>Citons <strong>Tichina Vaughn</strong> à cheval sur deux registres – poitrine et tête – pour composer en souplesse une Old Lady explosive ; <strong>Christoph Pohl</strong>, imparable en Pangloss comme en Martin dans l’attention portée au texte et au chant à travers ses nuances, sa ligne et ses couleurs – « Dear Boy » idéal, long de souffle, railleur et affectueux à la fois – ; et dans une moindre mesure, car Maximilian et le Capitaine sont moins avantagés par la partition, <strong>Joshua Hopkins</strong> – magistral Almaviva dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-new-york-streaming/">Les Noces de Figaro </a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-new-york-streaming/">au Met cette saison</a> –, réjouissant de timbre, d’émission et d’intentions.</p>
<p>Excellent dans chacune de ses interventions, <strong>Aaron Pegram</strong> ferait un quarté de ce tiercé de tête s’il parvenait mieux à s’imposer face à l’orchestre. Le ténor se distingue sinon par sa clarté, sa souplesse, sa musicalité, son insolence aussi, et une diction particulièrement soignée – qualités qu’il met en valeur dans une sérénade du Gouverneur tout en finesse.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/csm_Candide_c_David_Baltzer-0771_c75e3a20cf.jpg?&amp;cacheBreak=1747405453295" />© Semperoper Dreden / David Baltzer</pre>
<p>Cunégonde n’a plus de mystère pour<strong> Erin Morley</strong>. La soprano américaine avance en terrain conquis, dans sa langue maternelle, alliant l’à-propos scénique à une technique vocale d&rsquo;une indiscutable précision. L’agilité et la fraîcheur intacte d’un timbre cristallin font merveille dans ce pastiche de bel canto qu’est « Glitter and Be Gay ». Si l’aigu demeure son royaume, le medium en revanche peine à franchir la rampe, notamment dans les ensembles, où la projection manque de corps.</p>
<p>L’expression, plus que la puissance, est l’obstacle sur lequel achoppe <strong>David Butt Philip</strong>. La voix, homogène sur toute la tessiture, franchit sans dommage le mur du son mais peine à traduire les affects de Candide, sauf à considérer le jeune homme introverti et timide. Tout semble chanté sur un même plan, sans les variations de lumière et la poésie qui caractérisent la plupart de ses airs. L’interprétation ne se libère que trop rarement, lorsque le ténor parvient à détacher les yeux de sa partition.</p>
<p>Omniprésent, l’orchestre, doublé d’un chœur pléthorique – une soixantaine de chanteurs –, prend le lead dès l’ouverture, pétaradante. Bois bavards, cuivres flamboyants, percussions facétieuses, cordes tantôt lyriques, tantôt grinçantes : chaque pupitre, en mouvement perpétuel, s’empare de la partition. Les scènes chorales reposent sur une structure rigoureuse, comparable à un édifice monumental dont les voix assureraient la stabilité et la cohérence. De la tendresse, voire de l’émotion, comme le voudrait « It Must Be So », la ballade de l’Eldorado ou le « Make our garden grow » final ? Non, mais de l’éclat, à faire trembler les murs, du brillant à faire pâlir les néons de Broadway, des contrastes dynamiques, un kaléidoscope de styles crânement assumé sans jamais sombrer dans l’hétéroclite. De ce feu d’artifice sonore jaillit un théâtre auquel il est impossible de résister. Dans la salle, les mains battent la mesure en catimini, les pieds marquent le rythme, indifférents à la gêne que cette manifestation de plaisir peut causer à leurs voisins. C’est debout que le public termine la soirée.</p>
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		<title>Shakespeare Song(e)s – Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/shakespeare-songes-paris-athenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Feb 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Marie Oppert possède de multiples talents qu’on a rarement l’occasion de voir sur la même scène. Actrice de cinéma et de théâtre (elle est pensionnaire de la Comédie-Française depuis 2022), elle est aussi chanteuse de comédie musicale et chanteuse lyrique. Le format des Lundis musicaux lui offre un écrin rêvé pour jouer de toutes les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Marie Oppert</strong> possède de multiples talents qu’on a rarement l’occasion de voir sur la même scène. Actrice de cinéma et de théâtre (elle est pensionnaire de la Comédie-Française depuis 2022), elle est aussi chanteuse de comédie musicale et chanteuse lyrique. Le format des Lundis musicaux lui offre un écrin rêvé pour jouer de toutes les cordes de son arc – et la jeune femme fait mouche.</p>
<p>Le récital fait judicieusement alterner la musique et les vers de Shakespeare&nbsp;: on entend plusieurs fois <em>La Tempête</em> et bien sûr <em>Roméo et Juliette</em>, <em>Hamlet</em>, <em>La Nuit des rois</em>, <em>Richard III</em>, de vertes insultes tirées d’<em>Henri</em> <em>IV</em> et du <em>Roi Lear</em>, jusqu’au monologue final de Puck dans <em>Le Songe d’une nuit d’été</em>. Le programme musical, lui aussi éclectique (Purcell, Quilter, Cole Porter, Bernstein mais aussi Ivor Gurney, Patrick Doyle et Jonathan Dove), décline les formes de la chanson telle qu’elle apparaît souvent dans les pièces du Barde, jusqu’à des formes plus contemporaines et jazzy. On touche parfois aux limites de l’exercice, quand les changements brusques d’atmosphère semblent peu motivés et que Shakespeare s’efface derrière l’exercice de virtuosité. On espère en sortant, pour voir Marie Oppert proposer une interprétation complète et nuancée d’un personnage, que la Comédie-Française lui confiera bientôt un grand rôle shakespearien.</p>
<p>Encore plus que pour d’indéniables qualités vocales, c’est pour la décharge de talent et de charisme dont elle électrise le public que Marie Oppert marque les esprits. La voix de soprano, légère, est dotée d’un timbre clair très agréable mais elle manque de volume et de nuances, ainsi que d’une vraie ligne pour être une voix pleinement lyrique. Qu’importe&nbsp;: l’actrice crève les planches jusque dans ses maladresses ou excès (quelques sanglots un peu trop appuyés à la fin du monologue de Gertrude décrivant la mort d’Ophélie dans <em>Hamlet</em>). Sans coup férir, elle passe du chant à la déclamation, récite des vers sur de la musique comme des récitatifs et intègre des mots en <em>parlato</em> dans ses chansons, brouillant les frontières entre le jeu et le chant, ce qui est vocalement très exigeant. Elle émaille le récital de quelques sons filés et de mélismes délicats, convoquant parfois des influences américaines dans ses inflexions et dans un vibrato large typique du <em>musical.</em> Elle ouvre sobrement le spectacle <em>a cappella </em>et le referme avec un vrai show, en faisant chanter le public en réponse à ses vocalises. Sa diction fait merveille, sans le moindre accroc, sans les exagérations et cris dont Shakespeare est souvent affublé. Elle chante toute la soirée sans micro, aidée par les dimensions de la salle, même si elle est parfois couverte par l’accordéon de Benoît Urbain. Les pages les plus lyriques lui échappent un peu (Maria en particulier semble un rôle vocalement au-dessus de ses moyens) et on note un charmant accent français qui se maintient toute la soirée. Mais ces quelques réserves ne doivent pas tromper : Marie Oppert proposait ce soir un récital remarquable et surtout prometteur. Les chansons « O Death Rock Me Asleep » et « Willow, willow » ainsi que « So In Love » de Cole Porter sont des moments jouissifs qui lui attirent des applaudissements nourris.</p>
<p><strong>Benoît Urbain</strong> accompagne le récital à l’accordéon et au piano et se frotte même avec humour à la déclamation de quelques vers. On l’apprécie surtout à l’accordéon, quand, en homme-orchestre, il dialogue avec sa partenaire et relève ses scènes de quelques bruitages.</p>
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		<title>Récital Marie-Laure Garnier et Célia Oneto Bensaid &#8211; Dinard</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marie-laure-garnier-et-celia-oneto-bensaid-dinard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Nov 2024 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Marie-Laure Garnier, Révélation lyrique des Victoires de la Musique 2021, travaille depuis plus de dix ans, avec la pianiste Célia Oneto Bensaid. Leur duo est à l&#8217;honneur pour la soirée d&#8217;ouverture de la 35e édition du Festival International de Musique de Dinard. C&#8217;est la première proposition du nouveau directeur artistique Yann Ollivier après le départ &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Marie-Laure Garnier</strong>, Révélation lyrique des Victoires de la Musique 2021, travaille depuis plus de dix ans, avec la pianiste <strong>Célia Oneto</strong> <strong>Bensaid</strong>. Leur duo est à l&rsquo;honneur pour la soirée d&rsquo;ouverture de la 35e édition du Festival International de Musique de Dinard. C&rsquo;est la première proposition du nouveau directeur artistique Yann Ollivier après le départ de la pianiste Claire-Marie le Guay.</p>
<p>Les deux artistes ont abordé les negro spirituals dès leurs études au CNSM sous l&rsquo;impulsion de Jeff Cohen. Ce répertoire a d&rsquo;ailleurs fait l&rsquo;objet de leur premier enregistrement : <a href="https://www.forumopera.com/entretien-avec-marie-laure-garnier-et-celia-oneto-bensaid-notre-duo-sapparente-a-un-travail-de/"><em>Songs of Hope</em></a>. Ce soir, il structure superbement le récital avec une chaleur et une limpidité réjouissantes&nbsp;:</p>
<p>Adrénaline de l&rsquo;entrée en scène, peut-être, « Walk together Children » ouvre la soirée avec un tempo précipité qui oblige à expédier les finales de manière un peu cavalière. « Ride on, King Jesus ! » à l&rsquo;ambitus plus haut révèle bien mieux le timbre ambré, magnifiquement brillant dans les aigus de la soprano tandis que « My Good Lord’s done been here » se colore de nuances mates et de riches harmoniques graves dans les passages poitrinés. En trois morceaux, le duo expose une complicité musicale sans faille.</p>
<p>Un bref pas de côté nous emmène chez Kurt Weil – dans sa période parisienne, avant son expatriation aux Etats-Unis – avec « Je ne t’aime pas » beau mais un peu extérieur, suivi d&rsquo;un somptueux « Youkali », intense aux médiums très naturels. On retrouvera plus tard ce même contraste avec les deux extraits de <em>Porgy and Bess</em> de George Gershwin où le célèbre « Summertime » alterne de manière assez brutale voix de tête et de poitrine, alors que l&rsquo;air de Serena, « My man’s gone now » s&rsquo;élève en un poignant cri de révolte.</p>
<p>Une nouvelle incursion en terre gospel permet de se régaler de «&nbsp;Nobody knows the trouble I’ve seen&nbsp;» et surtout «&nbsp;He’s got the whole World in His Hands&nbsp;» où la voix ample de la soprano se moire de nuances satinées et d&rsquo;aigus glorieux.<br>Recueilli, douloureux, pour évoquer la crucifixion, « He never said a mumbalin’ word » nous est offert avec un art consommé de la narration qui renonce à toute séduction facile et touche d&rsquo;autant plus juste.</p>
<p>La pianiste propose ensuite l&rsquo;axe autour duquel s&rsquo;articule le concert avec un remarquable moment musical dévolu aux <em>Danses</em> <em>Symphoniques</em> <em>de West Side Story</em> de Leonard Bernstein. Son jeu sensible, très rythmique, son phrasé nuancé, la netteté de son toucher, évidents ici, sont patents tout au long de la soirée, par exemple dans les deux airs de George Gershwin « The man I love » et « I got rythm » où éclate à nouveau la connivence artistique entre les deux musiciennes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/29_oct_20h30-La_Nuit_americaine-17©Jean_Enders-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-175700"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean Enders</sup></figcaption></figure>


<p>Les trois extraits de comédie musicale dues à William Bolcom confirme ce trait avec un épatant art du dire et des pianissimi prenants.</p>
<p>Le concert, doté d&rsquo;une structure en chiasme, s&rsquo;achève avec deux derniers negro spirituals, « De gospel train » et surtout « Wade in the water » avant une découverte en bis : celui de la « Toccata » extraite de <em>Cantata</em> de John Carter à partir d&rsquo;un gospel, superbement interprété par Célia Oneto Bensaid, qui confirme son talent le lendemain avec une formidable heure musicale en soliste.<br>L&rsquo;accordéoniste Théo Ould – en prémisse de son concert –&nbsp;rejoint le duo pour un vibrant <em>Hymne à l&rsquo;amour</em> de Piaf qui clôture cette soirée aussi brillante que généreuse.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marie-laure-garnier-et-celia-oneto-bensaid-dinard/">Récital Marie-Laure Garnier et Célia Oneto Bensaid &#8211; Dinard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Leonard Bernstein en biopic sur Netflix</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/leonard-bernstein-en-biopic-sur-netflix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Nov 2023 09:35:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La musique classique est trop souvent le parent pauvre du paysage hertzien pour ne pas se réjouir de la sortie le 20 décembre sur Netflix de Maestro, un biopic sur Leonard Bernstein. Certes, le scénario semble se focaliser sur la vie sentimentale du compositeur mais la bande annonce (voir ci-dessous) laisse espérer quelques séquences musicales. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La musique classique est trop souvent le parent pauvre du paysage hertzien pour ne pas se réjouir de la sortie le 20 décembre sur Netflix de <em>Maestro</em>, un biopic sur Leonard Bernstein. Certes, le scénario semble se focaliser sur la vie sentimentale du compositeur mais la bande annonce (voir ci-dessous) laisse espérer quelques séquences musicales. Après <em>A Star is Born</em> avec Lady Gaga en 2018, Bradley Cooper repasse derrière et devant la caméra. L&rsquo;homme désigné en 2011 comme «&nbsp;le plus sexy de la planète&nbsp;» est à la fois le réalisateur du film et l’interprète du rôle de Leonard Bernstein. Pour être crédible, l’acteur, qui affirme avoir travaillé six ans sur la conduite d’un orchestre, a bénéficié des conseils de Yannick Nézet-Seguin au moyen d’une oreillette. Le directeur musical du Metropolitan Opera s’est vu également confier l’enregistrement de la bande originale du film, essentiellement instrumentale. &nbsp;</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Maestro | Official Trailer | Netflix" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/gJP2QblqLA0?start=2&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Karaoké inversé à Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/karaoke-inverse-a-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Oct 2023 07:46:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre des différentes initiatives visant l’ouverture à un public plus large, l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège proposait ce samedi une expérience inédite&#160;: le West Side Story de Leonard Bernstein (le film de Robert Wise et Jerome Robbins) sur écran géant en version remasterisée, dont la partie orchestrale était interprétée en direct. Une toute &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre des différentes initiatives visant l’ouverture à un public plus large, l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège proposait ce samedi une expérience inédite&nbsp;: le <em>West Side Story</em> de Leonard Bernstein (le film de Robert Wise et Jerome Robbins) sur écran géant en version remasterisée, dont la partie orchestrale était interprétée en direct. Une toute nouvelle technologie, développée par Audionamix, permet en effet de dissocier, dans la bande son originale, les pistes vocales du reste des éléments sonores, et donc de fournir une version du film comprenant images, voix, bruitages, dialogues, bref, tout sauf la partie instrumentale. Restait encore à reconstituer le matériel d’orchestre dont l’original était perdu, mais dont subsistaient des bribes éparses dans diverses collections privées.</p>
<p>Si les images du film (1961) ont bien pris quelques rides, le scénario n’a hélas rien perdu de son actualité. La musique de Bernstein hante désormais tous les esprits et fait figure de grand classique.</p>
<p>Bien des mises en scènes d’opéra utilisent abondamment la vidéo ; ce format hybride film/orchestre est une nouvelle étape dans l’intégration des différentes formes d’art. Elle chagrinera peut-être les puristes, mais l’expérience démontre qu’elle est particulièrement efficace pour susciter l’émotion.</p>
<p>Le chef d’orchestre <strong>Anthony Gabriele</strong>, invité à Liège pour deux soirées et passé maître dans l’art de la synchronisation, réussit à insuffler à ses troupes la rigueur nécessaire, mais aussi le lyrisme, l’enthousiasme très communicatif et l’amour d’une partition exceptionnelle à bien des égards. La fierté et la joie de participer à une telle expérience se lisait sur le visage des musiciens liégeois, réunis en grand effectif pour la circonstance, pour le plus grand plaisir d’une salle comble, très attentive, émue comme jamais par les amours contrariées de Maria et Tony.</p>
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		<item>
		<title>Weill, Blitzstein et Bernstein</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/weill-blitzstein-et-bernstein/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jul 2023 03:28:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorsqu’en 1936, Kurt Weill s’exile aux États-Unis, il se retrouve confronté à une forme de théâtre musical qu’il souhaite révolutionner à l’aune d’idées européennes. La répercussion de cette démarche sur le milieu des compositeurs américains est profonde bien que secrète.&#160; La musicologue Rebecca Schmid consacre une étude minutieuse à ce pan méconnu de la musique &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’en 1936, Kurt Weill s’exile aux États-Unis, il se retrouve confronté à une forme de théâtre musical qu’il souhaite révolutionner à l’aune d’idées européennes. La répercussion de cette démarche sur le milieu des compositeurs américains est profonde bien que secrète.&nbsp; La musicologue Rebecca Schmid consacre une étude minutieuse à ce pan méconnu de la musique américaine, incluant Leonard Bernstein et Marc Blitzstein.</p>
<p>Si Weill et Bernstein sont connus du grand public, Blitzstein a sombré dans l’oubli de part et d’autre de l’Atlantique. Né en 1905, il étudie à New York et Philadelphie avant de poursuivre sa formation avec Nadia Boulanger en France et Arnold Schönberg en Allemagne, excusez du peu.</p>
<p>C’est pourtant lui qui sert de pivot dans le triumvirat auquel s’intéresse Rebecca Schmid. Blitzstein connaissait personnellement Weill, fréquentait Lotte Lenya, l’épouse de ce dernier, et même Bertolt Brecht, son collaborateur de longue date. En revanche, Bernstein découvre l’essentiel de l’univers de Weill à travers de longues discussions avec son collègue et ami : « Grâce à Marc, j’avais l’impression de connaître Kurt Weill. »</p>
<p>Afin d’éviter une forme de catalogue et des allers-retours sinueux entre les trois compositeurs, Rebecca Schmid organise son livre en une suite de sept essais, encadré d’une introduction et d’un épilogue. L’introduction intitulée « Pourquoi l’influence ? Angoisse et d’autres formes d’intertextualité » met en place les jalons permettant de comprendre les enjeux de la réforme envisagée par Weill, dont le processus a débuté pendant sa période berlinoise, ainsi que les circonstances dans lesquels Blitzstein et Bernstein appréhendent son œuvre. Weill met la chanson au centre de sa réforme. Les autres éléments dramaturgiques gravitent autour d’elle et il convient d’en réinventer la forme, toujours en fonction du contexte dramatique. Schmid relate comment Weill voulait faire dialoguer l’opéra européen et la comédie musicale américaine, la musique sophistiquée et le spectacle grand public ainsi que des sujets sérieux et frivoles. Afin d’expliquer la façon dont les compositeurs américains absorbaient ces propositions, elle s’appuie sur un certain nombre de concepts d’intertextualité, dont « l’angoisse de l’influence » de Harold Bloom, qui a donné son nom à un chapitre. Il s’agit d’une théorie littéraire, problématisant le poids de la tradition à porter par de jeunes auteurs. Weill n’était pas le seul à réfléchir à l’avenir de l’art lyrique du Nouveau Monde. D’autres compositeurs, américains de naissance, abondaient dans son sens. Mais son statut d’étranger remettant en question l’identité culturelle américaine l’empêchait d’être accepté comme leur pair à part entière. Même Blitzstein et Bernstein taisaient son influence quand ils ne médisaient pas de lui. Cependant, au fil de son essai, Rebecca Schmid revoit systématiquement leurs pièces les plus connues, au prisme des chefs-d’œuvres de Weill, dont notamment <i>L’Opéra de quat-sous</i> qu’elle qualifie de <i>Urform</i> (forme originelle). Celle-ci évoluera vers les genres de la pièce de théâtre musical et de l’opéra Broadway.</p>
<p>Rebecca Schmid étaie son argumentation par de recherches scrupuleuses, entreprises notamment à la Fondation Kurt Weill à New York ainsi qu’à la Bibliothèque du Congrès à Washington. Elle prend également en compte l’inédit <i>A Pray by Blecht</i> de Bernstein – jeu de mots sur <i>Une pièce de Brecht</i> et référence directe au dramaturge allemand. Son approche est essentiellement historique, évoquant le genre du théâtre musical, l’évolution de la dramaturgie ou le contexte politique. Chaque chapitre aboutit à une conclusion. Chemin faisant, elle révèle aussi la conscience sociale que Weill partageait avec Blitzstein ou encore le recours à la tradition juive qui le rapprochait de Bernstein. Le texte est fluide, saisissant même, au fur et à mesure que des liens se tissent entre les différents protagonistes. Les analyses musicales dont la musicologue pare ses réflexions restent abordables pour un lectorat d’amateurs éclairés. Sans faire de classement systématique, elle identifie implicitement un certain nombre de techniques d’écriture de Weill telles que la dichotomie entre mélodies simples et harmonies complexes, le décalage des voix – notamment de la basse – les unes par rapport aux autres, la polytonalité ou le truquage des harmonies.</p>
<p>La prétendue perméabilité de la musique américaine à plusieurs styles a engendré des débats distincts mais similaires à ceux en Europe. Blitzstein et Weill, dont Bernstein était le cadet de 18 ans, faisaient partie de la même génération, alors que celle de Bernstein a vu l’arrivée de compositeurs tels que John Cage, Milton Babbit ou Morton Feldman, confrontés de plus près au schisme entre musique expérimentale et populaire ainsi qu’aux querelles esthétiques d’après-guerre. Le musicologue Peter Gradenwitz, un des rares à consacrer un texte à Blitzstein il y a 25 ans, précise qu’en dépit de la présence du principe de la «&nbsp;variation développante&nbsp;» de Schönberg dans l’écriture de Blitzstein, celui-ci se forge un style éclectique à partir du moment où il commence à écrire pour la scène, bien qu’il prenne pour modèle ses œuvres instrumentales. La nécrologie <i>Lettre à Marc</i>, que Bernstein consacre à son ami, finit par les mots suivants : «&nbsp;Je t’ai toujours perçu comme le plus grand survivant des affres de la passion, du fardeau de la responsabilité, d’une longue suite de merveilleux échecs artistiques (…) Comment écrire la nécrologie d’un survivant ?&nbsp;»</p>
<p>Vivement une traduction française de ce livre qui incite à la réflexion sur la musique américaine en général.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
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		<title>Concert du Metropolitan Opera de New-York (1) &#8211; Philharmonie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-du-metropolitan-opera-de-new-york-1-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jul 2023 06:43:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>22 ans : c’est le temps qu’il aura fallu pour que l’orchestre du Metropolitan Opera de New-York retrouve les planches d’une salle parisienne. Les raisons d’une telle absence ne manquent pas : problèmes de santé récurrents qui ont frappé James Levine durant les dernières années de son mandat, crises (financière en 2008, sanitaire en 2020) qui ont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>22 ans : c’est le temps qu’il aura fallu pour que l’orchestre du Metropolitan Opera de New-York retrouve les planches d’une salle parisienne. Les raisons d’une telle absence ne manquent pas : problèmes de santé récurrents qui ont frappé James Levine durant les dernières années de son mandat, crises (financière en 2008, sanitaire en 2020) qui ont contraint les orchestres à limiter les grandes tournées internationales, sans même mentionner les obligations inhérentes à un orchestre de fosse, assigné à résidence pour les besoins de la saison lyrique… toujours est-il que le retour en France de l’une des formations les plus célèbres et les plus enregistrées au monde, et ses premiers pas à la Philharmonie, méritaient un programme à la hauteur, et c’est rien moins que Shakespeare qui a été convoqué comme fil rouge de cette première soirée – la seconde étant consacrée à Berlioz.</p>
<p>Inspiré de <em>Roméo et Juliette</em>, <em>West Side Story </em>devait surtout permettre à l’orchestre de s’illustrer dans un groove typiquement américain. Pourtant, plus familiers de Wagner ou de Puccini que de Leonard Bernstein, les musiciens du Met délivrent des « Danses symphoniques » impeccables de précision certes, insolentes de santé bien sûr, mais un rien statiques. <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong> se démène au pupitre, les claquements de doigt et les « Mambo » lancés par l’orchestre amusent, sans que cela nous donne de fourmis dans les jambes. L’ouverture-fantaisie <em>Roméo et Juliette </em>est de ces vieux tubes qui, comme les <em>Préludes </em>de Liszt, faisaient figure d’incontournables dans les programmes symphoniques de jadis, moins dans ceux d’aujourd’hui. Il va sans dire qu’au lyrisme brûlant de Tchaïkovski, l’orchestre offre un écrin en platine, cordes chauffées à blanc, cuivres somptueux, percussions triomphantes. A ce décorum faramineux manquent encore la souplesse rythmique d’un Ozawa, l’émotion à vif d’un Abbado, qui pouvaient faire mentir ceux qui jugent grandiloquente cette musique à l’orchestration si raffinée. Entre les deux, une création du jeune Matthew Aucoin, dont la première mondiale avait eu lieu quelques jours plus tôt à Carnegie Hall, fait, quant à elle, écho au <em>Roi Lear </em>et à la lande qui devient le substrat, physique et symbolique, de son errance<em> </em>: sorte de court poème symphonique en quatre parties, sa pièce <em>Heath</em> dénote un talent certain pour broder des sonorités flatteuses, où de grands aplats de cordes à l’unisson laissent les bois énoncer des lignes mélodiques étales. L’ensemble, volontiers tonal, n’agresse jamais l’oreille de l’auditeur – mais ne semble pas non plus chercher à lui laisser un souvenir impérissable.</p>
<p>Après l’entracte, les amateurs d’art lyrique s’impatientaient d’entendre les forces du Met dans <em>Otello</em>, pièce entrée au répertoire de la maison new-yorkaise trois ans à peine après sa première milanaise, jouée avec le créateur du rôle, Francesco Tamagno, avec Martinelli, avec Domingo bien sûr, et sous des baguettes aussi prestigieuses que celles de Toscanini, Fritz Busch, Böhm puis Levine maintes et maintes fois. Yannick Nézet-Séguin se met dans les pas de ses devanciers avec résolution : l’entame du cor anglais, au IVe acte, dépose sur la scène de la Philharmonie son aura de mystère. <strong>Angel Blue</strong> s’avance, et impose d’emblée la présence scénique et vocale qu’il faut pour faire exister Desdemona, surtout en version de concert. Sa « Chanson du Saule » et sa prière n’ont peut-être pas les sonorités diaphanes qu’on rêverait d’y entendre (constamment mezzo-forte, l’orchestre ne l’aide guère), mais c’est dans sa confrontation avec Otello que la soprano utilise au mieux son timbre de bronze pour affirmer la pleine nature de son personnage, une femme luttant de toutes ses forces pour sa vie, refusant de se soumettre à l’homme qu’elle aime, devenu son bourreau. Celui-ci est chanté avec beaucoup de solidité et de vigueur par <strong>Russell Thomas</strong> : le métal de la voix, la projection sont bien dignes d’un Otello, et « Niun mi tema » est phrasé avec une belle éloquence que ne parvient pas à déparer un léger manque de legato. Plus habitué à diriger ses musiciens depuis la fosse que sur une scène, Nézet-Séguin couvre parfois son plateau, comme s’il ne pouvait se résigner à sacrifier le moindre décibel de tant de beautés. Somptuosité, encore, jusque dans le bis de Florence Price qui met en valeur le premier violon <strong>David Chan</strong> : si le Met est fameux pour ses distributions cinq étoiles, la star, ce soir, était l’orchestre.</p>
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		<title>Musiques en Fête &#8211; Orange</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/musiques-en-fete-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jun 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Musiques en Fête, incontournable levé de rideau des Chorégies, donne chaque année un avant-gout de la parure revêtue par le festival. Cette année, la volonté affichée par Jean-Louis Grinda est de placer les Chorégies sous le signe du renouveau et cela se remarque dès cette parenthèse introductive, grande fête populaire de l’art lyrique. Outre les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Musiques en Fête</em>, incontournable levé de rideau des Chorégies, donne chaque année un avant-gout de la parure revêtue par le festival. Cette année, la volonté affichée par <strong>Jean-Louis Grinda</strong> est de placer les Chorégies sous le signe du renouveau et cela se remarque dès cette parenthèse introductive, grande fête populaire de l’art lyrique. Outre les nombreux nouveaux talents mis sur le devant de la scène du Théâtre antique, le programme traditionnellement pluriel, a été recentré sur la voix et l’opéra avec des solos, duos, trios, quatuors et même un hilarant  septuor, allant du <em>Bel Canto</em> au répertoire dramatique, en passant par le Baroque. « Cette année, j’ai voulu renouveler les distributions avec de nouvelles voix que je suis allé chercher un peu partout et qui participent de l’espoir que l’opéra perdure en dépit de tous les Cassandre ! Et puis j’ai voulu en même temps renouveler le répertoire avec des œuvres que pour la plupart nous n’avons pas encore entendues à Musiques en Fête »<em>,</em> nous a confié <strong>Alain Duault, </strong>concepteur historique du programme.</p>
<p>Lundi soir, <em>Musiques en fêtes</em>, s’est donc décliné sur un air nouveau. La famille s’est enrichie de jeunes visages, et parmi ceux-ci, l’heureuse surprise de ce florilège vocal, la soprano d’origine éthiopienne <strong>Mariam Battistelli</strong>. Débordant d’énergie, facétieuse, elle reprend ici avec brio le rôle de Musetta qu&rsquo;elle avait déjà interprété à Monte Carlo en 2020. On peut aujourd&rsquo;hui mesurer tout le chemin parcouru par la jeune chanteuse depuis sa prestation monégasque. Son passage par l’Ecole de perfectionnement du Palais des Arts de la Reine Sofia, lui a été manifestement bénéfique.  Elle interprète Musette avec une facilité et une décontraction qui montre déjà tout du potentiel de la jeune soprano. Autre attraction vocale de la soirée, la mezzo-soprano <strong>Anna Goryachova</strong>, qui a fait sensation l&rsquo;année dernière en Roméo dans <em>I Capuletti et I Montecchi, </em>se lance ici dans le répertoire baroque avec « Venti, turbini, prestate » du <em>Rinaldo</em> de Haendel avec des moyens vocaux exceptionnels servis par un timbre à la fois sombre et moiré conférant à son interprétation profondeur couleurs, et expressivité. Elle cultive la virtuosité et un art consommé de l’ornementation qui révèlent une artiste de fière et belle allure. Autres nouvelles venues : <strong>Aurélie Jarjaye</strong> à la voix émouvante dotée d’un léger vibrato, touche au cœur dans « Memories » de <em>Cats</em> et <strong>Sandra Hammoui</strong>, au chant soigné et au timbre clair, mais qui ne possède pas tout à fait la légèreté et la dimension aérienne requises pour le « Ah non credea mirarti » de <em>La Somnambula</em>.</p>
<p>Coté masculin, le ténor <strong>Julien Henric </strong>a suscité le frisson dans l’air de Roméo « Lève-toi Soleil » servi par un timbre superbe, une voix homogène et assurée, un aigu percutant, avec une projection et une diction impeccables. Le ténor <strong>Diego Godoy</strong> impressionne par l’ampleur de ses moyens et son engagement dans « Di quella pira » de <em>Il Trovatore</em>. L’artiste ne manque pas d’ardeur et d’héroïsme, même si on s’attendrait toutefois, avec une telle puissance, à plus de nuances et davantage d’amplitude et de virtuosité. Il s’est en revanche montré beaucoup plus à son aise en  Duc de Mantoue, dont il a la brillance et l’assurance, motivé sans doute par sa partenaire (que de baisers dans ce duo !) <strong>Emy Gazeilles</strong>, Gilda au timbre clair et à luminosité  juvénile. Les ténors étaient d’ailleurs fort bien représentés dans cette soirée, puisqu’outre Julien Henric et Diego Godoy, <em>Musiques en fête </em>accueillait également <strong>Kaëlig Boché</strong> en Don José. Il n’a guère été aisé au jeune chanteur de trouver ses marques face à la Carmen stratosphérique de <strong>Marina Viotti</strong> dans le duo final de l’acte 1. Dans <em>La Fleur que tu m&rsquo;avais jetée</em>, au-delà de qualités évidentes de timbre et de ligne de chant, il a toutefois manqué puissance et charisme au jeune ténor pour être pleinement convaincant. Le rôle de Don José n&rsquo;est donc pas (encore) pour lui. En revanche, à ce stade, il ferait merveille dans Ferrando de<em> Cosi</em> <em>Fan tutte</em> dont il possède le phrasé, le timbre et les nuances piano. La basse <strong>Adrien Mathonat</strong> confère à l’air « O wie will ich triumphieren » de somptueuses couleurs vocales.  Sa descente vers les tréfonds abyssaux de sa tessiture pourrait toutefois être moins tendue et davantage audible, mais la voix convoque à l&rsquo;évidence l’émotion. Aucune basse française ne possède actuellement comme celle-ci une telle densité de timbre si caractéristique des chanteurs de l’Europe de l’Est.</p>
<p>Parmi les artistes davantage familiers de l’évènement, Le baryton-basse argentin <strong>Nahuel di Pierro</strong> s’est quant à lui distingué par la noblesse du grain profond d’une voix chaude, mais aussi une diction impeccable qui rendent son interprétation de « Vi ravviso, o luoghi ameni » de <em>La Somnambula</em> magistrale.</p>
<p>Outre les nouveaux visages, certaines voix de la grande famille de <em>Musiques en Fête</em> ont répondu présent, tel <strong>Florian Sempey</strong> superbe d’autorité et de présence dans « Estuans Interius », du <em>Carmina Burana</em> de Orff, <strong>Jerôme Boutillier</strong> égal à lui-même dans le Toast d’Escamillo qu’il habite comme à son habitude avec maestria, Côté féminin, les stars de la soirée, ont incontestablement été Marina Viotti et <strong>Catherine Hunold</strong>, venue en <em>invitée </em>de dernière minute. Sa participation à <em>Musiques en Fêtes</em> a permis de faire découvrir au public qu’elle n’est pas seulement wagnérienne, mais également une grande interprète dramatique capable de s’emparer avec brio de Macbeth ou Norma, dans laquelle elle a d&rsquo;ailleurs brillé en duo avec une Marina Viotti, superlative. Cette dernière a montré qu’elle était en effet capable d’épouser tous les répertoires avec une aisance déconcertante : de Bellini à Bizet en passant par une « Historia de un amor » d’Almaran, où elle se fond à la perfection dans le style andalou jouant de son timbre rond et corsé pour livrer une lecture éminemment sensuelle. Pour rester dans l’exceptionnel et le spectaculaire, il convient de mentionner le moment de bravoure et la pyrotechnie vocale de la soprano Catalane <strong>Sarah Blanch Freixes</strong> dans l’exubérant « Glitter and be gay » tiré de <em>Candide</em> de Berstein. La colorature virtuose est aussi une comédienne hors paire qui tient la scène en véritable show-woman, obligeant d&rsquo;ailleurs le caméraman à épouser son ballet de contorsions scéniques pour pouvoir la suivre ! Dans la même veine de l&rsquo;<em>entertainment</em> de haute volée, et complétant ce florilège vocal, la chanteuse <strong>Isabelle Georges</strong> s’est illustrée avec brio dans  « My heart belongs to Daddy » de Cole Porter. Portant haut la tradition du Music-Hall combinée à la maestria et l&rsquo;éclectisme de l&rsquo;entertainer à l&rsquo;Américaine, elle nous livre un numéro pétillant et plein d&rsquo;allant.</p>
<p>Pour accompagner ce parterre d’artistes, l’Orchestre national de Montpellier, le Chœur de Parme et le Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo, avec la maîtrise de l’Opéra d’Avignon dirigés par les chefs <strong>Luciano Acoccella</strong> et <strong>Didier Benetti</strong> qui ont été rejoints cette années par la jeune cheffe <strong>Chloé Dufresne</strong> Révélations « chef d&rsquo;orchestre » aux Victoires de la musique et assistante de <strong>Gustavo Dudamel</strong> la direction musicale du Los Angeles Philharmonic. Mentionnons également le chœur d&rsquo;enfants de <em>Pop the Opera</em> dans un émouvant medley Disney.</p>
<p>Musiques en Fête nous a offert lundi soir une belle soirée lyrique, qui ne se perd pas sur des chemins de traverse. Renouant ainsi avec l’esprit de ses années fondatrices, cette treizième édition conçue comme une ode à la voix (et aussi à la joie) a su, sans nul doute,  capturer le regard et l&rsquo;intérêt tant du grand public que de l’amateur éclairé.</p>
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		<title>BERNSTEIN, Candide &#8211; Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bernstein-candide-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Mar 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Emménageant à Strasbourg pour ses études, l&#8217;auteure de ces lignes avait découvert un dispositif formidable qui permit à des générations d&#8217;étudiants de profiter à prix très réduits d&#8217;une offre culturelle de haute qualité et des émotions esthétiques afférentes : la carte Culture. Cette dernière fête ses trente ans, l&#8217;occasion d&#8217;investir la Aula – superbe patio &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Emménageant à Strasbourg pour ses études, l&rsquo;auteure de ces lignes avait découvert un dispositif formidable qui permit à des générations d&rsquo;étudiants de profiter à prix très réduits d&rsquo;une offre culturelle de haute qualité et des émotions esthétiques afférentes : la carte Culture. Cette dernière fête ses trente ans, l&rsquo;occasion d&rsquo;investir la Aula – superbe patio couvert du Palais Universitaire de Strasbourg – pour une version concertante du <i>Candide</i> de Bernstein dont une représentation, gratuite, était même réservée cette semaine aux étudiants alsaciens ! </span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Evoquer Leibniz, <span style="color: #000000">fut-ce</span> avec irrévérence, à quelques pas de la statue du philosophe et des amphis, amener l&rsquo;opéra au cœur même d&rsquo;un lieu emblématique de l&rsquo;université, voilà une proposition hautement pertinente pour les jeunes artistes de <b>l&rsquo;Opéra Studio de l&rsquo;Opéra national du Rhin</b> sous la houlette experte de <b>Lambert Wilson</b>. Narrateur ironique à l&rsquo;humour grinçant, tour à tour cabotin, crooner ou libidineux, le comédien-chanteur campe un Pangloss hilarant de certitudes qui rend l&rsquo;action aussi limpide que dynamique ; au point que l&rsquo;absence de mise en scène n&rsquo;est jamais pesante. Leonard Bernstein lui-même avait d&rsquo;ailleurs fait le même choix en 1989 dans sa version avec le London Symphony Orchestra.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Ni ennui, ni temps mort, donc, dans cette soirée réjouissante, au diapason des tempi – très – enlevés choisis par l&rsquo;excellent jeune chef de l&rsquo;Opéra Studio, <b>Samy Rachid</b>. Ce dernier habite la partition des pieds à la tête, dansant presque face à <b>Orchestre symphonique de Mulhouse </b>à l&rsquo;interprétation décoiffante, toute en vitalité juvénile, et ce, dès l&rsquo;ouverture.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Acoustiquement, le lieu n&rsquo;est pas simple, les artistes ne s&rsquo;entendent sans doute pas très bien d&rsquo;où quelques décalages. Sans cesse le chef se penche en arrière vers les chanteurs, accroche leur regard pour donner les entrées, puis pirouette vers l&rsquo;avant pour soutenir le Chœur de l&rsquo;Opéra national du Rhin à la pâte sonore opulente même si son anglais n&rsquo;est pas toujours très clair.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Côté solistes, le Maximilien d&rsquo;<b>Oleg Volkov</b> impose sa prestance décontractée et la projection puissante d&rsquo;un organe au grain généreux sans aucun effort apparent.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small"><b>Liying Yang</b>, quant à elle, prête sa voix riche à la belle autorité au personnage délicieusement dévoyé de la vieille dame.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small"><span style="color: #1d1d1d">Nommée Révélation classique de l’ADAMI</span> en 2021, <b>Brenda Poupard</b><span style="color: #1d1d1d"> collabore régulièrement avec</span> l<span style="color: #1d1d1d">e Poème Harmonique. Elle campe </span>une Paquette tout en fruité que l&rsquo;on aurait aimé plus entendre, tout comme <b>Andrei Maksimov</b>, impeccable d&rsquo;autorité vocale ou encore <b>Iannis Gaussin </b>dont le Vanderdendur, félin, matois, révèle un vrai sens comique servi par une projection puissante et percussive.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Tous rejoignent le couple d&rsquo;amoureux dans des ensembles bien équilibrés où perce le plaisir manifeste de pasticher tous les genres en jouant des couleurs et des nuances.</span></span></p>
<p style="text-align: center"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-126868 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Candide-7574presse-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /><br />
© DR</p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">La Cunégonde de <b>Floriane Derthe</b> est un concentré de charme en fourreau lamé qui brille également par un timbre charnu, des aigus aussi faciles que ses graves sont bien campés. On perd parfois le personnage quand son œil trahit trop clairement la chanteuse en quête d&rsquo;un appui pour une entrée mais il ne s&rsquo;agit là que d&rsquo;un défaut de jeunesse.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">La révélation de la soirée est sans conteste <b>Glen Cunningham</b> qui, tout en assumant la modeste fonction du gouverneur, s&#8217;empare avec maestria du rôle titre en remplacement de son collègue, <b>Damien Arnold</b>, malade. Le jeune ténor force l&rsquo;admiration tant il parvient à se détacher de la partition pour incarner un Candide tout d&rsquo;ingénuité et de naturel, tant dans l&rsquo;émission que dans le jeu, rendant l&rsquo;incarnation naïve totalement crédible, ce qui est loin d&rsquo;être facile.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Si l&rsquo;instrument n&rsquo;est pas démesuré, les <em>forte</em> sont d&rsquo;une indéniable autorité, les <em>piani</em> délicatement filés dans un remarquable travail des nuances. Le chanteur colore même ses différents personnages d&rsquo;une palette différente faisant montre d&rsquo;une intelligence musicale qui force l&rsquo;admiration.</span></span></p>
<p><span style="font-family: Arial, sans-serif"><span style="font-size: small">Le propos universaliste de Voltaire est ainsi porté avec brio par des chanteurs du monde entier : chinois, russe, australien, écossais autant que français dans u<span style="color: #1d1d1d">ne version généreuse de cette « farce d&rsquo;étudiant » qui nous démontre avec jubilation combien les voies de l&rsquo;optimisme sont impénétrables. </span></span></span></p>
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		<title>Carte blanche à Gustavo Dudamel — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carte-blanche-a-gustavo-dudamel-paris-garnier-la-carte-du-monde-de-gustavo-dudamel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Gustavo Dudamel, qui a surgi sur la scène internationale il y a déjà près de 20 ans en électrisant les salles avec le « Mambo » de West Side Story, bis échevelé du Simon Bolivar Youth Orchestra au sein duquel il s’est formé, est bien placé pour connaître les beautés et les subtilités de tout un corpus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Gustavo Dudamel</strong>, qui a surgi sur la scène internationale il y a déjà près de 20 ans en électrisant les salles avec le « Mambo » de <em>West Side Story</em>, bis échevelé du Simon Bolivar Youth Orchestra au sein duquel il s’est formé, est bien placé pour connaître les beautés et les subtilités de tout un corpus issu du nord et du sud du continent américain, et qui reste, en Europe, largement méconnu. Cette « Carte blanche » donnée au Palais Garnier, et diffusée en direct sur Arte Live Web, affichait clairement une double ambition : combler un peu de cet oubli, grâce à l’aura d’un ambassadeur idéal pour cette tâche, et donner la vedette à de jeunes chanteurs de l’Académie Lyrique de l’Opéra de Paris. Peut-être par souci de présenter différentes facettes de la musique espagnole, argentine ou brésilienne, peut-être pour montrer que ce répertoire ne se résume pas aux maracas et aux rythmes endiablés, Gustavo Dudamel fait le choix, en première partie, de pièces volontiers mélancoliques, qui se succèdent dans le plus grand calme. Commencer par les très chambristes <em>Bachianas brasileiras n°5</em>, où Villa-Lobos réduit l’accompagnement à douze violoncellistes constitue, à cet égard, une entrée en matière très éloquente, à laquelle<strong> Martina Russomanno</strong> prête son soprano souple et soyeux. Si son collègue <strong>Alejandro Balinas Vieites</strong> pâtit, dans le ténébreux « Oblivion » de Piazzolla, d’une sonorisation défectueuse, il montre une intégrité vocale et une projection impressionnante dans la belle et pathétique « barca vieja » de Salvador Codina. <strong>Margarita Polonskaya</strong> montre, dans « La Rosa y es Sauce » de Guastavino, un legato de très belle tenue, et Martina Russomanno revient pour un air des <em>Goyescas </em>de Granados, où la ligne de chant, sans atteindre à l’immatérialité qu’y trouvait naguère la jeune Natalie Dessay, s’épanouit avec délicatesse.</p>
<p>Surprise, cette première partie langoureuse se termine sur le tumulte farceur de l&rsquo;« Ice cream sextett » de Kurt Weill, porté par l’abattage du ténor <strong>Thomas Ricart </strong>et l&rsquo;énergie d&rsquo;<strong>Andres Cascante</strong>. Après l’entracte, la même énergie anime <strong>Marine Chagnon</strong>, nommée parmi les Révélations des prochaines Victoires de la Musique classique : faire s’esclaffer la salle dans la scène de Dinah issue du <em>Trouble in Tahiti </em>de Bernstein est une chose, ne pas perdre son souffle dans cette avalanche de paroles et de sauts d’octaves en est une autre, mais elle réussit les deux. Comme elle réussit, un peu plus tard, un déchirant « A boy like that » en duo avec Margarita Polonskaya. Dudamel accompagne le tout en technicolor, à grands aplats de cordes onctueuses et de bois scintillants. C’est somptueux, mais ça manque quelquefois de nerfs et d’arêtes. Les rugosités de <em>A fuego lento </em>de Salgan et le spectaculaire « Times Square : 1944 » de Bernstein permettent cependant à l’orchestre de retrouver la vedette, avant que toute la troupe se retrouve pour <em>Youkali </em>de Kurt Weill – cette île qui, comme on le sait, n’existe pas, comme un pays qui rassemblerait l’Allemagne des cabarets, le Manhattan de l’entre-deux-guerres, l&rsquo;Espagne de la zarzuela et le tango argentin…</p>
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