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	<title>César FRANCK - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 30 Mar 2024 06:17:49 +0000</lastBuildDate>
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	<title>César FRANCK - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>FRANCK, Les sept paroles du Christ en croix -Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/franck-les-sept-paroles-du-christ-en-croix-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Mar 2024 06:17:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Outre le centenaire de la mort de Puccini, l’année 2024 marque celui de la mort de Gabriel Fauré : l’occasion était donc belle de commémorer, par ses mélodies, le compositeur, et plus encore à Toulouse puisqu’il est né à Pamiers, descendant d’une famille de capitouls de Toulouse, à une soixantaine de kilomètres de la Ville &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Outre le centenaire de la mort de Puccini, l’année 2024 marque celui de la mort de Gabriel Fauré : l’occasion était donc belle de commémorer, par ses mélodies, le compositeur, et plus encore à Toulouse puisqu’il est né à Pamiers, descendant d’une famille de capitouls de Toulouse, à une soixantaine de kilomètres de la Ville rose.<br />
L’auteur du <em>Requiem</em> et du <em>Cantique de Jean Racine</em> a produit en tout une centaine de mélodies. Les cinq proposées à la Halle aux Grains, après la suite de <em>Pelléas et Mélisande</em> incluant la célèbre <em>Sicilienne</em>, qui débutait le concert, ont été exhumées par le Palazetto Bru Zane ; il s’agit de cinq pièces élaborées entre 1872 et 1887 sur des vers d’artistes connus (Paul Verlaine) ou tombés dans l’oubli (Marc Monnier). Fauré a composé de nombreuses mélodies pour voix de femme avec seul accompagnement de piano : l’intelligibilité des textes lui importait en effet beaucoup. Et cela reste une difficulté pour un orchestre de devoir accompagner ces pièces tout en restant à la bonne et discrète distance des voix.<br />
La française <strong>Ariane</strong> <strong>Matiakh</strong>, qui occupe actuellement le poste de cheffe principale de la Philharmonie de Württenberg-Reutlingen en Allemagne se retrouve pour un soir à la tête de l’orchestre National du Capitole, en formation restreinte. Elle a d’évidence conscience de cette difficulté de ne pas empiéter sur le chant des solistes. Elle retient sans cesse la bride, ce qui n’empêche pas l’orchestre de parfois submerger les voix (<em>Rose d’Ispahan</em>). C’est que les trois chanteurs ont des voix taillées pour la mélodie et parfois on s’est dit que l’accompagnement par le piano aurait mieux convenu, mais nous serions passés à côté des coloris si subtils de l’orchestre de Fauré. Successivement donc le ténor lumineux et chantant de <strong>Julien Behr</strong>, le baryton soyeux et bien posé de <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> ainsi que le soprano fluet et si expressif de <strong>Florie Valiquette</strong> (appréciée en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-entfuhrung-aus-dem-serail-paris-tce/">Konstanze au TCE</a> récemment) ont fait revivre cinq magnifiques mélodies de Gabriel Fauré.<br />
En seconde partie de programme, on a pu assister la résurrection d’une pièce de César Franck, justement programmé en cette semaine sainte (le concert s’est tenu le jeudi Saint ) ;<em> Les Sept Paroles du Christ en croix</em> (intitulé apocryphe mais vraisemblable), pièce en quelque sorte miraculée car personne ni aucune revue musicale, aucun bulletin paroissial, n’a mentionné cette œuvre du vivant de Franck, ni même immédiatement après sa mort. Les catalogues consacrés à Franck ne connaissent pas cette pièce qui ne comporte donc pas de numéro d’opus. Elle date en réalité d’août 1859 et ce n’est qu’en 1955 que la bibliothèque universitaire de Liège (ville natale de Franck) acquiert la partition auprès d’un collectionneur privé. Sa création prendra vingt ans de plus, on la doit à Armin Landgraf dans les années 1970. Franck, lui-même fervent catholique, a dû la composer pour la Semaine Sainte de 1860 en tant que Maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde à Paris.<br />
Œuvre à connaître absolument, qui tient son rang aux côtés des <em>Sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze</em> de Haydn, bien plus souvent à l’affiche. Nos trois chanteurs ont accompagné l’orchestre ainsi que l’Orfeón Donostiarra, chœur composé de chanteurs non professionnels fondé en 1897 à San Sebastian, au pays basque espagnol, et qui a recueilli une ovation méritée. 23 hommes en costume sombre, 32 femmes en aubes blanches, ont proposé dans une parfaite diction du latin un chant recueilli et expressif ; les parties en <em>pianissimo</em> étaient de toute beauté. Il a fallu le prologue pour à la fois régler la balance et donc éviter que l’orchestre masque la voix, et pour régler quelques décalages sans grande conséquence.<br />
Un temps bien choisi pour ressusciter une pièce aujourd&rsquo;hui majeure de César Franck.</p>
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		<title>César FRANCK, Les Béatitudes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cesar-franck-les-beatitudes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jan 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Le Christ s&#8217;est assis au piano des Béatitudes de César Franck ». Julien Green n&#8217;y allait pas de main morte dans son Journal, en conférant à cette musique un statut quasi divin. Vincent d&#8217;Indy, fidèle disciple, va encore plus loin : « L&#8217;œuvre (..) restera comme un temple solidement fondé sur les bases traditionnelles &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Le Christ s&rsquo;est assis au piano des <em>Béatitudes </em>de César Franck ». Julien Green n&rsquo;y allait pas de main morte dans son <em>Journal</em>, en conférant à cette musique un statut quasi divin. Vincent d&rsquo;Indy, fidèle disciple, va encore plus loin : « L&rsquo;œuvre (..) restera comme un temple solidement fondé sur les bases traditionnelles de la foi et de la musique, et s&rsquo;éleve au-dessus des agitations du monde en une fervente prière vers le ciel. » César Franck voyait dans cet oratorio son <em>opus</em> <em>magnum</em>. Il y a travaillé dix ans, de 1869 à 1879, et n&rsquo;a jamais pu en entendre une exécution intégrale avec orchestre. Seule une version avec piano fut jouée à son domicile, et des extraits furent donnés à gauche ou à droite, mais le plus souvent en son absence. Il fallut attendre  juin 1891 pour que l&rsquo;œuvre soit créée à Dijon, et Paris tardera jusque 1893, soit trois ans après la mort du Maître.</p>
<p>D&rsquo;Indy avait raison : à notre humble avis, et quels que soient les mérites de la Symphonie en ré mineur, de la sonate pour piano et violon, du <em>Chasseur maudit</em> et du quintette,<em> Les Béatitudes</em> sont le chef-d&rsquo;œuvre de toute une vie. L&rsquo;émotion s&rsquo;y marie avec un sens parfait de l&rsquo;équilibre. Après un bref prologue, les huit béatitudes se déroulent avec une complexification croissante. Chacune obéit à la même structure : un contre-exemple, lié aux péchés de l&rsquo;humanité, l&rsquo;énoncé de la voie vertueuse par le Christ, et un commentaire de la vie bienheureuse. L&rsquo;écueil sur lequel ont buté pas mal de compositeurs français de musique sacrée à la même époque (Gounod, Théodore Dubois, Massenet, &#8230;), c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont donné aux pécheurs et aux païens une musique colorée et mobile, alors que les disciples du ciel doivent se contenter d&rsquo;aligner des lieux communs sur un ton compassé. Cela déséquilibre le propos, et amène bien des auditeurs à choisir le camp du mal. On pense à la phrase de Mark Twain : « Je choisis le paradis pour le climat, et l&rsquo;enfer pour la compagnie. » César Franck échappe à ce travers. Certes, ses païens, ses chœurs terrestres, ses foules et ses pharisiens déploient une superbe énergie, mais le Christ de Franck n&rsquo;est jamais mièvre. On sent le compositeur bouleversé par cette figure qui a guidé toute sa vie, avec laquelle l&rsquo;identification était complète. L&rsquo;humble organiste de la tribune de Sainte-Clotilde, écrasé de soucis dans sa vie privée, le <em>pater seraphicus</em> adoré par ses élèves, le compositeur qui a dû tant se battre pour s&rsquo;imposer lentement, tous ces avatars ont un point commun : celui de puiser leur force et leur espoir dans l&rsquo;exemple du Jésus de Nazareth. Au moment de le mettre en musique, Franck donne le meilleur de lui-même. Et les dernières parties de chaque béatitude échappent aux bondieuseries en mariant harmonieusement le romantisme (on croit entendre Wagner plus d&rsquo;une fois, même si la question est controversée) et la tradition palestrinienne. Loin de l&rsquo;art sulpicien, l&rsquo;oratorio est un équivalent musical de la coupole de Saint-Pierre de Rome.</p>
<p>Malgré ses qualités, l&rsquo;œuvre est rare au disque. Helmut Rilling (Hänsler) est sage, mais un peu trop. Jean Allain (ASV) sonne provincial, et c&rsquo;était finalement Armin Jordan (Apex) qui dominait les débats, mais l&rsquo;enregistrement est devenu difficile à trouver. Il était grand temps de faire paraître une version moderne de référence. Le bicentenaire de Franck, en 2022, était l&rsquo;occasion rêvée. Fuga Libera et <strong>l&rsquo;Orchestre philharmonique Royal de Liège</strong> ont unis leurs efforts pour capter ce concert de décembre 2022. Et le succès est total.  Au point que ce coffret pourrait selon nous marquer un tournant, en imposant l&rsquo;œuvre au répertoire de manière définitive.</p>
<p>Maître d&rsquo;œuvre ultra concerné par les enjeux, le chef <strong>Gergely Madaras</strong> empoigne la partition avec une énergie qui chasse définitivement les derniers miasmes de sacristie. Sa baguette impérieuse transforme la partition en une vaste action théâtrale qui voit s&rsquo;affronter le ciel et l&rsquo;enfer. Certes, ce Franck sonne un peu germanique et dense, l&rsquo;éloignant de sa filiation française, mais il est presque impossible de résister à tant d&rsquo;entrain, et à des cuivres particulièrement en verve. Très abondamment sollicité, le <b>Chœur national hongrois</b> tonne, vrombit, caresse, prie et exulte avec une ferveur qui rallumera la foi chez les plus sceptiques. La comparaison qui vient naturellement à l&rsquo;esprit est celle des vagues, qui éclaboussent l&rsquo;auditeur avec de plus en plus de force, jusqu&rsquo;à une « Huitième béatitude » extatique, qui emporte tout sur son passage. Seul point faible : la diction française pas toujours claire. Comme le livret n&rsquo;est pas joint dans la version papier (il faut utiliser un code qui renvoie vers un site internet), l&rsquo;intelligibilité de l&rsquo;œuvre en pâtit ; mais la musique n&rsquo;est-elle pas éloquente en elle-même ?</p>
<p>En dehors du Prologue et de la « Quatrième béatitude », qui contient un solo de ténor de grande envergure, les solistes chantent ensemble la plupart du temps. Plutôt que d&rsquo;épingler les performances individuelles, il faut donc juger de la façon dont les voix se marient entre elles. Le chef hongrois a eu la main heureuse, en sélectionnant des timbres particulièrement bien appariés. On soulignera les interventions à la fois somptueuses et contrites des deux mezzos : <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong> et <strong>Héloïse Mas</strong>. Dans sa quasi-scène d&rsquo;opéra et dans l&rsquo;introduction de l&rsquo;œuvre, <strong>John Irvin</strong> s&rsquo;impose d&#8217;emblée comme un lointain héritier de l&rsquo;Evangéliste des passions de Bach, à la fois éloquent, droit et tendre.</p>
<p>Une prise de son aérée et remarquable de naturel parachève cette réussite. Les mélomanes n&rsquo;ont désormais plus aucune excuse pour continuer à ignorer ces <em>Béatitudes</em>. César Franck reprend enfin son rang en tant que compositeur de musique vocale.</p>
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		<title>FRANCK, Hulda — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/hulda-paris-tce-dor-et-de-sang/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jun 2022 21:47:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’année 2022 est certes l’année Molière, mais elle est également celle de César Franck qui a vécu, hier soir, un temps fort en la représentation d’un chef-d’œuvre méconnu, Hulda, véritable bijou égaré dans les coffres scellés de l’Histoire et ouverts, une fois de plus, par le Palazzetto Bru Zane. Son directeur artistique, Alexandre Dratwicki, explorateur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’année 2022 est certes l’année Molière, mais elle est également celle de <strong>César Franck</strong> qui a vécu, hier soir, un temps fort en la représentation d’un chef-d’œuvre méconnu, <em>Hulda</em>, véritable bijou égaré dans les coffres scellés de l’Histoire et ouverts, une fois de plus, par le <strong>Palazzetto Bru Zane</strong>. Son directeur artistique, <strong>Alexandre Dratwicki</strong>, explorateur des mondes oubliés, découvreur des arches romantiques perdues, a, dans son incessante prospection musicale, mis à jour le plus scandinave des joyaux de César Franck, un drame à la fois étincelant et sanglant. Ce troisième opéra du compositeur réussit l’éloquente synthèse entre l’univers wagnérien et l’opéra verdien, fait d’émotions et de turbulence, dans une orchestration raffinée, combinant beauté des voix, énergie des <em>tempi</em> et dimension chorale. L’intérêt de cette œuvre est aussi de nous emmener sur des rives géographiques non explorées par l&rsquo;opéra hexagonal. Rares sont en effet les drames lyriques français trouvant leur origine dans les légendes de l’Europe Centrale et de Scandinavie.</p>
<p>Alors pourquoi malgré ses évidentes qualités, cette pièce n’est-elle pas entrée au Panthéon des chefs-d’œuvre musicaux ?  Créée à titre posthume à l’Opéra de Monte-Carlo en mars 1894 après la mort du compositeur, elle fut présentée dans une mouture abrégée en trois actes comportant de nombreuses coupures qui ne rendirent ni justice à la grandeur de l’œuvre, ni à la pensée musicale de César Franck. Et le caractère sanglant du drame, où les morts s’enchainent dans la spirale de la vengeance de la très convoitée Hulda qui cherche à venger la mort de sa famille en trucidant les hommes du clan adverse, n’a certes pas plaidé en la faveur de l’œuvre pour qu’elle puisse se maintenir au cœur des programmations des théâtres. L’opéra a donc disparu dans les couloirs du temps. Mais cette carence de l&rsquo;Histoire, est à ce jour réparée. Trois ans de travail ont été nécessaires pour reconstituer la partition dans sa plénitude première à savoir quatre actes et leur chapelet de trépassés, quatorze solistes, une écriture vocale exigeante, une combattante hors norme, et une partition sublime de la première à la dernière note. <em>Hulda</em> est une vaste fresque dramatique à la fois lyrique et sombre, riche, parfois même trop riche, tant les influences se côtoient dans une même œuvre et peuvent parfois dérouter. Dotée d’une rare puissance émotionnelle, l’opéra de César Franck renferme toutefois de belles pépites tels que le troublant chœur féminin « Chanson de l’Hermine »  ainsi que l’émouvant chœur de déploration funèbre du deuxième acte. Le troisième acte est, quant à lui, magnifié par un duo d’amour « Divine Extase » entre Hulda et Eiolf, qui fait écho au duo de <em>Tristan et Isolde</em> de Richard Wagner.</p>
<p>Cette résurrection inattendue bénéficie de toute la fine expertise musicale du Palazzetto Bru Zane, et cela s’illustre d’abord dans le choix de la distribution en adéquation parfaite avec les rôles. Dans cette version de concert, la qualité des voix, associée à une belle présence de chacun sur scène, suffit à donner aux personnages toute leur dimension. <strong>Jennifer Holloway</strong> est un idéal de puissance et de clair-obscur pour incarner Hulda, vierge combattante d’une frémissante sensualité (même si elle use un peu trop des r roulés). La voix au timbre aux reflets moirés, dominée par un beau registre aigu,  trouve un équilibre parfait entre lyrisme et drame, sans tomber dans les excès d’accents vindicatifs trop appuyés<strong>.  Judith van Wanroij</strong> incarne avec finesse et sensibilité le rôle de la douce Swanhilde, d’une voix claire et légère. <strong>Véronique Gens</strong> se glisse avec facilité dans le rôle de Gudrun et lui confère une autorité naturelle qui sied  à merveille à l’âge et à l’expérience de son personnage. Son époux Aslak est incarné avec conviction par le baryton <strong>Christian Helmer</strong> à la belle puissance. <strong>Matthieu Lécroart</strong>, comme toujours irrésistible d’autorité, rend compte à merveille de l’assurance de Gudleik. Le ténor <strong>Edgaras Montvidas</strong>  aborde le rôle d’Eiolf avec tout l’éclat indispensable au personnage dont la vaillance est mise en valeur par de beaux aigus La voix se déploie avec facilité dans une variété de couleurs qui confère une certaine noblesse à ce personnage malgré sa trahison. Les seconds rôles sont tous également à la hauteur de la tâche. La soprano <strong>Ludivine Gombert</strong> en Thordis sait allier douceur et brillant, <strong>Marie Gautrot</strong>, moins convaincante en mère de Hulda qu&rsquo;en Halgerde, met en lumière un timbre soyeux de mezzo-soprano. Quant aux trois ténors, l&rsquo;intense ainsi que la lumineuse et très belle présence scénique de <strong>Artavazd Sargsyan</strong> confèrent une belle dimension à Eyrick. <strong>François Rougier</strong> en Gunnard, et <strong>Sébastien Droy</strong> en Eynar sont généreux et percutants dans le registre aigu. Les deux barytons-basses ne sont pas en reste, le Thrond de <strong>Guilhem Worms</strong>  se distingue par la puissance et l’autorité, et <strong>Matthieu Toulouse</strong> en Arne et un Héraut séduit par un beau timbre et une projection idéale.</p>
<p>S’ajoute à ce florilège vocal la superbe prestation du Chœur de chambre de Namur qui met en lumière toute la subtilité de l’écriture chorale de Franck. La direction de <strong>Gergely Madaras</strong>, à la tête de l’Orchestre philharmonique royal de Liège, est en tous points admirable. Véritable révélation de la soirée, le jeune chef hongrois s’empare de la partition de César Franck avec un savant dosage entre les nuances les plus fines et une urgence, une énergie toujours à propos rendant pleinement hommage au compositeur.</p>
<p>Cette œuvre faite d&rsquo;or et de sang de César Franck  est tellement dense et l&rsquo;interprétation à ce point intense que les 3h 30 de spectacle se sont égrenées rapidement sur la grande horloge du temps, ce qui est en soi suffisamment rare pour être souligné pour une version concert. <em>Hulda</em> aura attendu un siècle pour connaître une parenthèse de gloire avec  l’ovation du public présent au TCE hier soir. Mais cette chronique de morts annoncées trouverait davantage sa pleine expression dans une mise en scène qu&rsquo;en version concertante où l&rsquo;on se perd un peu dans la pluralité des personnages et les nombreux ressorts de ce roman noir lyrique. Dans l&rsquo;attente, on s&rsquo;immergera avec intérêt dans l&rsquo;enregistrement discographique à venir dans <em>la collection </em>Opéra Français du Palazzetto Bru Zane qui a pour principale vertu de faire de rives oubliées de nouveaux horizons à explorer.</p>
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		<title>Napoléon et Franck s’invitent au festival Palazzetto Bru Zane Paris, du 1er au 29 juin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/napoleon-et-franck-sinvitent-au-festival-palazzetto-bru-zane-paris-du-1er-au-29-juin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Apr 2022 04:55:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La 9e édition du festival Palazzetto Bru Zane Paris, du 1er au 29 juin, s’aligne sur les thématiques de cette saison, à savoir la musique à l’époque de Napoléon Bonaparte (1795-1815) et l’univers de César Franck (1822-1890). Ce parti-pris se traduit par deux opéras en version de concert au Théâtre des Champs-Elysées. Dun côté, La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La 9e édition du festival Palazzetto Bru Zane Paris, du 1er au 29 juin, s’aligne sur les thématiques de cette saison, à savoir la musique à l’époque de Napoléon Bonaparte (1795-1815) et l’univers de César Franck (1822-1890). Ce parti-pris se traduit par deux opéras en version de concert au Théâtre des Champs-Elysées. Dun côté, <em><a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2021-2022/opera-en-concert-et-oratorio-1/la-vestale">La Vestale </a></em><a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2021-2022/opera-en-concert-et-oratorio-1/la-vestale">de Spontini</a> le 22 juin dirigée par <strong>Christophe Rousset</strong> avec <strong>Marina Rebeka</strong> dans le rôle-titre et <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> en Licinius. De l’autre côté, en ouverture de festival, le 1<sup>er</sup> juin, <em><a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2021-2022/opera-en-concert-et-oratorio-1/hulda">Hulda</a>,</em> un opéra exhumé le mois prochain à Liège, la ville natale de César Franck dont on célèbre en 2022 le bicentenaire de la naissance. A l’affiche, <strong>Jennifer Holloway</strong>, <strong>Véronique Gens</strong>, <strong>Judith van Wanroij</strong>… <strong>Gergely Madaras</strong> dirige l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège. Ces deux concerts feront l’objet d’un enregistrement pour la collection « Opéra français » du label Bru Zane.</p>
<p>A noter aussi, en complément de programme vocal, le 11 juin à l’Opéra Comique une version de concert de <em><a href="https://www.opera-comique.com/fr/spectacles/phryne">Phryné </a></em><a href="https://www.opera-comique.com/fr/spectacles/phryne">de Saint-Saëns</a>, et le 29 juin au Théâtre des Champs-Elysées <a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2021-2022/orchestre-de-chambre-de-paris-2/herve-niquet-veronique-gens">un récital de mélodies françaises avec orchestre</a> interprétées par plusieurs chanteurs placés sous la direction de <strong>Hervé Niquet</strong> à la tête de l’Orchestre de chambre de Paris.</p>
<p>Plus d’informations sur <a href="https://bru-zane.com/fr/festival/9-festival-palazzetto-bru-zane-paris/">bru-zane.com</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/napoleon-et-franck-sinvitent-au-festival-palazzetto-bru-zane-paris-du-1er-au-29-juin/">Napoléon et Franck s’invitent au festival Palazzetto Bru Zane Paris, du 1er au 29 juin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Le Palazzetto Bru Zane célèbre César Franck</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-palazzetto-bru-zane-celebre-cesar-franck/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Feb 2022 05:56:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Palazzetto Bru Zane annonce consacrer un cycle à César Franck en cette année du bicentenaire de sa naissance. D&#8217;avril à juin, un vaste programme balaiera ses œuvres connues et moins connues, dont une version de concert à Liège (15 mai), Namur (17 mai) et Paris (1er juin) de Hulda, un opéra composé entre 1879 et 1885 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Palazzetto Bru Zane annonce consacrer un cycle à César Franck en cette année du bicentenaire de sa naissance. D&rsquo;avril à juin, un vaste programme balaiera ses œuvres connues et moins connues, dont une version de concert à Liège (15 mai), Namur (17 mai) et Paris (1<sup>er</sup> juin) de <em>Hulda</em>, un opéra composé entre 1879 et 1885 qui ne fut jamais monté sur scène de son vivant et attendit 1994 pour connaître sa première création intégrale. A noter aussi côté lyrique, l’intégrale des mélodies interprétée par <strong>Tassis Christoyannis</strong> et <strong>Jeff Cohen</strong>, accompagnés de Véronique Gens pour les duos. Un album est prévue en mars sous le label Bru Zane.</p>
<p>Le cycle mettra aussi en lumière quelques-uns des élèves de César Franck, notamment Victorin Joncières dont l’opéra <em>Lancelot </em>sera dirigé du 6 au 10 mai à Saint-Etienne par <strong>Hervé Niquet</strong> dans une mise en scène de <strong>Jean-Romain Vesperini</strong>. Plus d’informations sur <a href="https://bru-zane.com/fr/ciclo/ciclo-luniverso-di-cesar-franck-1822-1890/">bru-zane.com</a>.</p>
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		<title>Récital de Roberto Alagna — Saint-Denis</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-roberto-alagna-saint-denis-sacre-roberto-alagna/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jun 2021 03:14:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le concert prévu sous la direction de John Eliot Gardiner le 1er juin ayant été annulé, c’était bien en ouverture du Festival de Saint-Denis que Roberto Alagna se produisait, le 10 juin, sous l’orgue monumental de la Basilique. Et pourtant, cette soirée-là aussi a bien failli être perturbée : à peine estompés les applaudissements saluant le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le concert prévu sous la direction de John Eliot Gardiner le 1<sup>er</sup> juin ayant été annulé, c’était bien en ouverture du Festival de Saint-Denis que <strong>Roberto Alagna </strong>se produisait, le 10 juin, sous l’orgue monumental de la Basilique. Et pourtant, cette soirée-là aussi a bien failli être perturbée : à peine estompés les applaudissements saluant le premier air (« Pieta, signore » de Stradella, entonné avec une ferveur jetant aux orties les préoccupations philologiques), la lumière se coupe, plongeant les musiciens dans le noir. Roberto Alagna répète « Pieta, signore ! » en levant les yeux vers les vitraux, les élus locaux réunis pour l’occasion ricanent et taquinent Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis : tu aurais pu vérifier le matériel…  Après plusieurs minutes d’interruption, la représentation reprend dans une semi-obscurité qui, toute difficile qu’elle pût être pour les musiciens, ne fut pas indifférente au climat de mystère nimbant un superbe « Panis Angelicus ». La lumière revient, comme par magie, au moment du « Repos de la Sainte-Famille » issu de <em>L’Enfance du Christ </em>de Berlioz ; heureux hasard, tant Roberto Alagna, au diapason de l’accompagnement aérien de <strong>David Gimenez</strong> à la tête de l’<strong>Orchestre National d’Ile-de-France</strong>, éclaire cette pièce par la rondeur inaltérée de son timbre et la netteté, toujours proverbiale, de l’élocution. Après un entr’acte de <em>Rosamunde </em>qui file sans fioritures, l’<em>Ave Maria </em>de Schubert est interprété avec une entièreté, une sobriété et un engagement dénués d’arrière-pensée qui abolissent, pour le meilleur, la frontière entre profane et religieux : au fond, cet <em>Ave Maria </em>est un avant tout un Lied. Et chanté avec tant de force, « Ô souverain, ô juge, ô père », extrait du <em>Cid </em>de Massenet, s’écouterait presque comme une cantate.</p>
<p>De même, <em>Lohengrin </em>n’annonce-t-il pas <em>Parsifal</em>, cette œuvre où la différence entre opéra et messe s’estompe ? On attendait avec impatience Roberto Alagna dans ces extraits, après une prise de rôle avortée à Bayreuth, assurée à Berlin.  Après un prélude qui s’accroche d’abord aux barres de mesure, avant de s’épanouir plus librement, le ténor français confirme les affinités de son timbre et de son format avec les exigences du plus lyrique des héros wagnériens. La tessiture ne pose aucun problème, pas plus que l’écriture, dont les subtiles progressions harmoniques flattent un art du legato qu’Alagna maîtrise souverainement. Reste une prononciation pour laquelle Alagna ne peut rivaliser avec d’illustres locuteurs allemands : la clarté des voyelles, la relative discrétion des consonnes rendent la langue audible mais exotique – cela ne gâche pas un « In fernem Land » de très belle facture, qui déclenche des ovations bien peu catholiques : en bis, ni l’<em>Ave Maria </em>de Gounod ni un étrange « Notre Père » a cappella, composition du chanteur, ne suffiront à les calmer !</p>
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		<title>César Franck, mélodies</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cesar-franck-melodies-un-enterrement-en-guise-de-resurrection/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2015 05:42:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le label Maguelone réédite un disque consacré aux mélodies de César Franck, gravé en 2002 et 2004. Anne-Catherine Gillet, que faisiez-vous alors ? Pourquoi, sans Lionel Lhote, des héros de la Belgique assembla-t-on l’élite ? Pourquoi, trop jeunes encore, ne pûtes-vous alors entrer dans le studio de l’enregistrement ? On peut comprendre qu’au moins une partie des interprètes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le label Maguelone réédite un disque consacré aux mélodies de César Franck, gravé en 2002 et 2004. Anne-Catherine Gillet, que faisiez-vous alors ? Pourquoi, sans Lionel Lhote, des héros de la Belgique assembla-t-on l’élite ? Pourquoi, trop jeunes encore, ne pûtes-vous alors entrer dans le studio de l’enregistrement ?</p>
<p>On peut comprendre qu’au moins une partie des interprètes aient été choisis pour leur nationalité : bien que naturalisé français, Cesar Franck est né belge, et c’est à Liège que fut récemment créé son opéra <em>Stradella</em>. Le pianiste est donc liégeois, et l’un des chanteurs l’est également, tous deux produits du Conservatoire de Liège. Mais s’il est louable de vouloir révéler les mélodies du <em>Pater Seraphicus</em>, encore eût-il fallu se donner les moyens de le faire de manière à les imposer à l’auditeur. Hélas, on est très loin du compte car les artistes réunis seraient bien en peine de transcender les limites de ces œuvres, ayant déjà fort à faire pour surmonter les problèmes que semble leur poser l’art du chant.</p>
<p>Dans les années 1990, le baryton belge Patrick Delcour incarnait à l’Opéra royal de Wallonie des personnages de premier plan, Dandini dans <em>La Cenerentola</em>, par exemple, mais il y tient désormais des troisièmes ou quatrièmes rôles (Ceprano dans <em>Rigoletto</em>). Dès les premières plages, on est interloqué par une redouble platitude d’intonation, comme si toutes les syllabes se valaient, avec notamment des e muets terriblement appuyés. La voix est souvent engorgée, et se cantonne dans un mezzo-forte uniforme.</p>
<p>Quant à Catherine Dune, sa présence s’explique d’autant moins qu’elle n’est même pas belge. Le timbre manque de chair, l’aigu devient vite désagréablement chevrotant. Desservies par ces deux chanteurs, les mélodies de César Franck paraissent bien ternes elles aussi, surtout si on a en tête ce que d’autres compositeurs ont fait des mêmes textes (« Ninon, que fais-tu de la vie »…). Les mélodies de jeunesse, assez platement strophiques, ne marqueront guère les esprits, et pour les autres, on en restera aux interprétations autrement plus vigoureuses de George Thill, Gérard Souzay ou Dietrich Fischer-Dieskau.</p>
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		<title>Stradella</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/stradella-lamour-en-cuissardes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2014 05:00:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un opéra de César Franck ? Vous êtes sûr ? Mais bien entendu : Hulda, sombre tragédie scandinave créée à Monte-Carlo quatre ans après la mort du Pater Seraphicus. Autre chose ? Oui. Un opéra-comique jamais monté, Le Valet de ferme. Un drame lyrique inachevé, Ghisèle. Et une partition piano-chant, avec des indications d’orchestration, conservé à la BNF : &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un opéra de César Franck ? Vous êtes sûr ? Mais bien entendu : <em>Hulda</em>, sombre tragédie scandinave créée à Monte-Carlo quatre ans après la mort du Pater Seraphicus. Autre chose ? Oui. Un opéra-comique jamais monté, <em>Le Valet de ferme</em>. Un drame lyrique inachevé, <em>Ghisèle</em>. Et une partition piano-chant, avec des indications d’orchestration, conservé à la BNF : <em>Stradella</em>, vraisemblablement composée vers 1841-42, mais enfouie à jamais dans les tiroirs du maître. Le compositeur flamand Luc van Hove l’ayant orchestrée, il y avait là a priori de quoi faire l’événement pour l’ouverture de la saison 2012-2013 de l’Opéra royal de Wallonie. De plus, la ville de Liège avait pris soin de concocter une production, sinon à 100%, du moins à 70% belge, comme elle en a le secret (voir le <em>Guillaume Tell </em>de Grétry chroniqué récemment). D’où vient alors que l’on déchante ?</p>
<p>L’opéra lui-même n’a rien d’impérissable, mais l’on s’y attendait un peu. Quelques belles mélodies, des passages plus inspirés que d’autres, et le travail de Luc van Hove est tout à fait convaincant, dans le sens où il ne se fait pas remarquer : il se laisse oublier, comme si l’on entendait une véritable œuvre du XIX<sup>e</sup> siècle, sans audace particulière dans ses choix instrumentaux. L’orchestre de l’Opéra royal de Wallonie dirigé par <strong>Paolo Arrivabeni </strong>(l’un des rares non-Belges de l’équipe) offre une bonne prestation, là où le chœur maison semble parfois pris en défaut dans les moments les plus délicats. Encore qu’il faille peut-être incriminer une dimension essentielle de cette production : le spectacle conçu par <strong>Jaco Van Dormael</strong>, récompensé à Cannes par une Caméra d’or en 1991 pour <em>Toto le héros</em>.</p>
<p><em>Stradella</em> constituait sa première mise en scène d’opéra, la seule jusqu’ici. La patte du cinéaste est tout à fait visible, dans la manière de composer des images sur un vaste fond de ciel nuageux. Surtout, pour cet opéra dont l’intrigue se situe à Venise, Van Dormael a eu l’idée d’immerger tout le plateau, seuls quelques pontons permettant de le traverser à pied sec. Cela nous vaut de magnifiques tableaux, notamment au premier acte où le duo du héros et de sa bien-aimée se déroule en partie à contre-jour et se reflète dans l’étendue liquide. Au dernier acte, le metteur en scène ayant décidé de faire mourir les amoureux (alors que le livret les maintenait en vie), leur noyade est réalisée de façon tout à fait frappante, par le biais d’un miroir qui nous les montre sous les eaux. Mais là où rien ne va plus, c’est au deuxième acte : l’héroïne, enlevée par les sbires du Duc de Pavie, est enfermée dans un logis somptueux. Hélas, l’<em>acqua alta</em> fait des ravages, et les appartements en question sont eux aussi inondés, de sorte qu’on y patauge laborieusement et que le moindre déplacement y devient difficile. Les choristes sont carrément en cuissardes, équipés de parapluie ou de capes de pluie, et se débattent dans des hauteurs d’eau variable, ce qui ne favorise évidemment pas la précision de leur interprétation. Autrement dit, une idée-choc dont la réalisation connaît des hauts et des bas ; pour une découverte totale, une production collant davantage au livret n’aurait pas forcément été malvenue.</p>
<p>Quant aux solistes, l’équipe pur-belge suscite autant de réserves que de compliments. Seul interprète féminine (le personnage travesti de Beppo, très épisodique, est ici confié à un homme), <strong>Isabelle Kabatu</strong> possède une voix ample et généreuse, mais son désir de couvrir le son la pousse à négliger l’articulation, si bien qu’on ne comprend pratiquement rien de ce qu’elle chante. Coiffé d’une perruque dont les longs cheveux sont en partie tressés, <strong>Marc Laho</strong> brille au contraire par une diction assez admirable ; chez lui, c’est la voix qui ne répond plus toujours avec autant de souplesse que par le passé. Les années comptent aussi pour <strong>Philippe Rouillon</strong>, Belge honoraire par sa présence régulière à Bruxelles ou à Anvers : affublé d’une collerette de ballons noirs, il défend son rôle de méchant avec une certaine prestance mais la voix a perdu de son brillant. <strong>Werner Van Mechelen</strong> n’a que fort peu à chanter, ce qui est regrettable compte tenu de ses qualités bien connues par ailleurs.</p>
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