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	<title>Louis-Joseph FRANCOEUR - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Louis-Joseph FRANCOEUR - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Le Consort &#8211; Paris (Gaveau)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-le-consort-paris-gaveau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Théotime Langlois de Swarte (violon), Sophie de Bardonnèche (violon), Hanna Salzenstein (violoncelle) et Justin Taylor (clavecin) fêtaient les dix ans de leur ensemble Le Consort à la Salle Gaveau. C’est au départ autour de la sonate en trio que les quatre artistes se sont réunis, une forme instrumentale qu’ils reprendront ce soir à plusieurs reprises. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/theotime-langlois-de-swarte-je-reverais-de-diriger-don-giovanni-avec-peter-mattei/"><b>Théotime Langlois de Swarte</b></a> (violon), <b>Sophie de Bardonnèche</b> (violon), <b>Hanna Salzenstein</b> (violoncelle) et <b>Justin Taylo</b>r (clavecin) fêtaient les dix ans de leur ensemble <b>Le Consort </b>à la Salle Gaveau. C’est au départ autour de la sonate en trio que les quatre artistes se sont réunis, une forme instrumentale qu’ils reprendront ce soir à plusieurs reprises. Tous mènent avec succès une carrière soliste, comme en témoignent les divers CD publiés en leur nom depuis plusieurs années. Élargissant son effectif, Le Consort a également accompagné en récital plusieurs chanteurs lyriques, certains sont ici ce soir, tout comme <b>Louise Pierrard</b>, viole de gambe, présente à la création de l’ensemble.</p>
<p>Le concert anniversaire est un exercice de style, à la fois excitant et périlleux. Les morceaux instrumentaux font ce soir la démonstration éclatante des qualités à la fois propres à chaque soliste mais également dans l’aspect collectif du quatuor. Quelle merveille d’équilibre dans ces sonates en trio de Vivaldi ou de Dandrieu. Quelle liberté dans ces <i>Follia</i> ou ces quasi-improvisations sur le fil. Quelle beauté enfin dans ces sons frottants et quasi-dissonants de Corelli, compositeur dans lequel Le Consort ferait sans doute merveille.</p>
<p>La partie vocale appelle légèrement plus de réserve, même s’il faut souligner la générosité des chanteurs présents, tout particulièrement celle d’<b>Eva Zaïcik</b>, souffrante, et qui a crânement accepté d’affronter sur scène une toux intempestive. En début de concert, la mezzo française se montre un rien dépassée par les coloratures et la folie de Déjanire dans <i>Hercules</i> de Haende. On fond en revanche dans une mort de Didon (Purcell) bouleversante, et admire chez elle un style de tragédie lyrique royal – port de voix, déclamation, sens du mot – dans le magnifique « Venez chère ombre » de Louis-Antoine Lefebvre. Dans Vivaldi, <b>Adèle Charvet</b> impressionne dans le « Sovvente il sole », extrait de l’<i>Andromeda liberata</i>, avec un superbe dialogue entre la voix et le violon solo : legato souple, ligne tenue, expressivité juste. Elle affronte ensuite avec courage un tempo endiablé dans l’« Alma oppressa » de <i>La Fida ninfa</i>, au risque de négliger parfois la netteté de la vocalise.  Le contre-ténor <b>Paul-Antoine Bénos-Djian</b> s’avère, quant à lui, parfait dans des extraits de Purcell, dont un grisant « Strike the viol ».</p>
<p>Ne boudons pas notre plaisir : c’est sur un sentiment véritablement festif que le concert se clôt. D’abord avec le « Pur ti miro » de Monteverdi, chanté à trois, les deux mezzos et le contre-ténor se partageant délicieusement les répliques de Poppée et Néron. Puis, avec l’inévitable « Danse des sauvages » des <i>Indes galantes</i>, et, pour finir, la Gavotte finale de la Sonate en trio RV 73 de Vivaldi, morceau emblématique du Consort. On souhaite aux musiciens dix prochaines années aussi inventives et inspirées que celles qui viennent de s’écouler. Le quatuor s’apprête d’ailleurs à relever un nouveau défi : une première production lyrique en fosse, avec grand orchestre, prévue dans quelques semaines à l’Opéra Comique, l’<i>Iphigénie en Tauride</i> de Gluck.</p>
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		<title>Médée et Jason &#8211; Hardelot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/medee-et-jason-hardelot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Jul 2023 16:35:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Remonter un spectacle de foire est toujours délicat. Les tentatives de reconstitution à l’identique échouent quasi systématiquement : pour ces spectacles d’essence populaire d’une part les improvisations et les pratiques non-écrites étaient courantes, les traces qui nous en sont parvenues sont donc forcément lacunaires, d’autre part, leur humour parodique se nourrissait de références connues à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span lang="fr-BE">Remonter un spectacle de foire est toujours délicat. Les tentatives de reconstitution à l’identique échouent quasi systématiquement : pour ces spectacles d’essence populaire d’une part les improvisations et les pratiques non-écrites étaient courantes, les traces qui nous en sont parvenues sont donc forcément lacunaires, d’autre part, leur humour parodique se nourrissait de références connues à l’époque de tous, aujourd’hui de quelques spectateurs spécialistes qui ne gouttent pas forcément l’humour de tréteaux. Pour contourner ces difficultés, l’équipe artistique de ce soir a choisi de créer un spectacle de foire dans l’esprit de l’époque, en sa laissant toute latitude pour le choix des textes (Corneille, Carolet, Romagnesi, Euripide) et de la musique (Charpentier, Lully, Rameau, Marais, Destouches, Dauvergne…), et en se référant à un mythe toujours célèbre, celui de l’infanticide Médée. La démarche est passionnante littérairement et musicalement (liste des sources au pied de cet article), le résultat n’est pas pour autant convaincant. En raison d’abord d’un déséquilibre dans l’alternance des passages joués et chantés : qu’elle est longue cette première confrontation entre Médée et Jason ! En raison ensuite d’une mise-en-scène hystérique de </span><span lang="fr-BE"><b>Pierre Lebon</b></span><span lang="fr-BE"> et qui, se voulant potache, est trop souvent éculée : on ne comprend pas toujours les textes, cela gesticule beaucoup trop, se répète souvent, et ne fait pas beaucoup rire. Les moyens sont pourtant là : spectaculaire navire renversé dont le pont aux colonnes antiques branlantes sert de scène, costumes travaillés et bigarrés (la tenue de toréro de l’héroïne, l’accoutrement fin de soirée arrosée à Versailles de Créuse…), maquillages outranciers jusqu’aux musiciens grimés. </span></p>
<p><span lang="fr-BE">Les artistes réunis aussi sont un luxe, mais tous semblent dépenser leur énergie débordante en vain. Ingrid Perruche est tarte à souhait, </span><span lang="fr-BE"><b>Flannan Obé</b></span><span lang="fr-BE"> fat et coquin, </span><span lang="fr-BE"><b>Matthieu Lécroart</b></span><span lang="fr-BE"> burlesque au possible, </span><span lang="fr-BE"><b>Eugénie Lefebvre</b></span><span lang="fr-BE"> fait le grand écart entre vulgarité ancillaire et raffinement mélancolique (le dernier air), tandis que </span><span lang="fr-BE"><b>Lucile Richardot</b></span><span lang="fr-BE"> confère la solidité de son verbe et la puissance de son émission à une Médée virago. L’Ensemble </span><span lang="fr-BE"><b>Les Surprises</b></span><span lang="fr-BE"> dirigés avec verve par </span><span lang="fr-BE"><b>Louis-Noël Bestion de Camboulas</b></span><span lang="fr-BE"> contribue à imprimer son rythme effréné et sa personnalité à un spectacle qui malgré cela tourne à vide.</span></p>
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		<item>
		<title>Armide 1778</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/armide-1778-la-creation-reussie-dune-recreation-en-demi-teinte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2020 13:22:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Extirper des couloirs du temps, la version remaniée de l’Armide de Lully par Louis-Joseph Francœur était un pari osé du Centre de musique baroque de Versailles. Un pari qui a toutefois suffisamment eu de résonnance pour qu’Hervé Niquet s’attèle à la tâche de la diriger et qu’une distribution de très belle facture soit appelée à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Extirper des couloirs du temps, la version remaniée de l’<em>Armide</em> de Lully par Louis-Joseph Francœur était un pari osé du Centre de musique baroque de Versailles. Un pari qui a toutefois suffisamment eu de résonnance pour qu’Hervé Niquet s’attèle à la tâche de la diriger et qu’une distribution de très belle facture soit appelée à faire vivre cette œuvre, laquelle <em>in fine</em> n’a manifestement pas eu la faveur des critiques, lors de sa <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/armide-de-lullyfrancoeur-paris-tce-armide-a-la-sauce-lully">résurrection publique au TCE</a>, et à Metz. Pourtant, en lisant les propos de Benoît Dratwicki, dans le livret de cette édition double CD, on comprend mieux la motivation du Centre de musique baroque de Versailles  de créer (car elle n’a jamais été jouée) cette recréation de Francoeur pour en faire connaître les raisons d’être, celles d’un siècle animé par le désir de mettre en adéquation les références baroques avec les goûts du jour. L’intérêt musicologique est certain, et l’on découvre une partition entre deux rives, celle du baroque à son crépuscule et celle du classicisme à l’aube de son odyssée musicale.</p>
<p>Certes, si l’on est sensible à la fluidité de la déclamation de Lully, l’élégant raffinement de son orchestration et la délicatesse de ses ballets, on pourra être quelque peu désarçonné par l’écriture clinquante de certains passages se complaisant par intermittence dans un bouillonnement intrusif d&rsquo;effets surabondants. Une musique qui étourdit plus qu’elle n&rsquo;enivre. Cette captation audio à l&rsquo;Arsenal de Metz permet toutefois de  mesurer l&rsquo;engagement total du chef et des solistes pour porter une œuvre originale et illustrative des pensées et des idées de son temps. Au plus près des chanteurs et du chef, on mesure l&rsquo;intensité de la prestation des artistes, qui se jettent tout entier dans une texture musicale et vocale inédite.</p>
<p>Comme à son habitude, <strong>Hervé Niquet</strong> se lance avec un enthousiasme communicatif dans cette mission de redécouverte avec son ensemble du <strong>Concert Spirituel </strong>d&rsquo;une cohérence et précision à toute épreuve, répondant à la moindre des sollicitations du chef. On atteint une plénitude dans l&rsquo;interprétation dans le cinquième acte, complété par le Centre de Musique Baroque de Versailles, très riche au plan harmonique. Le <strong>Chœur du Concert Spirituel</strong>, superbe, donne la plénitude de son talent dans la grande scène spectaculaire avec La Haine de l&rsquo;acte III. Dans un ouvrage qui ne brille pas par sa finesse, le chef parvient à lui insuffler de belles sonorités. S&rsquo;il tire surtout le meilleur de sa formation dans les parties les plus enlevées, et que sa lecture de l&rsquo;œuvre est exempte de toute reproche, on ne peut s&#8217;empêcher d&rsquo;être quelque peu nostalgique de la subtilité de l&rsquo;écriture de Lully laquelle aurait été, sans nul doute, sublimement servie par les chanteurs ici réunis. </p>
<p>Pour les besoins d’une telle création, la distribution est de haut vol et surtout d’un équilibre idéal. On soulignera d&#8217;emblée la remarquable diction de l&rsquo;ensemble des chanteurs, portant les mots étincelants de Philippe Quinault avec clarté et élégance. <strong>Véronique Gens</strong>, domine la scène dans le rôle d’Armide, dont elle possède toutes les qualités requises, un noble phrasé, un beau registre grave et des aigus d’une rare hardiesse qui confère à sa prestation une parure de beauté. On a parfois reproché à <strong>Katherine Watson</strong> sa retenue dans ses incarnations. Ici, au contraire, l’expression délicate, pudique, qui rend compte d’une approche mesurée, fait merveille dans le rôle de la naïve Sidonie. La soprano se tient à distance de tout excès dans l’expression et distille avec juste mesure les couleurs et les nuances. <strong>Chantal Santon Jeffery</strong>, au phrasé impeccable, offre une incarnation très convaincante dans les rôles de Phénice et Lucinde. Côté voix masculines, dans le double rôle d’Hidraot et de La Haine, <strong>Tassis Christoyannis</strong> brille comme toujours par la beauté de son timbre et la limpidité de son français. Interprète idéal de Renaud, <strong>Reinound Van Mechelen</strong> s’impose comme l’une des plus belles voix de hautecontres du moment. Plus en retrait dans l’action, mais néanmoins d’une belle présence vocale, il convient de mentionner le ténor <strong>Zachary Wilder </strong>qui semble, en chevalier Danois, se fondre avec bonheur dans ce répertoire, et le baryton <strong>Philippe-Nicolas Martin</strong> à la déclamation assurée conférant noblesse et prestance à sa triple incarnation de Aronte, Artemidore et Ubalde.</p>
<p>Au-delà de l’empreinte en demi-teinte laissée par l’œuvre sur le plan musical, il n’en demeure pas moins que cette création est un pari réussi grâce à la synergie des talents réunis autour d’un projet à l’intérêt musicologique certain et dont la cohérence est portée avec conviction par le Centre de Musique baroque de Versailles et Benoît Dratwicki. La démarche est tout à fait estimable et mérite notre attention. Il serait dommage de se priver de ce livre double cd d&rsquo;une œuvre inédite, servie par des artistes superbes, et de sa documentation passionnante sur les goûts d’une époque pour la recréation, quel que soit le regard que l’on porte sur l’exercice. </p>
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		<title>Armide — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/armide-de-lullyfrancoeur-paris-tce-armide-a-la-sauce-lully/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Apr 2019 02:47:14 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/armide-la-sauce-lully/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le critique soliloquant : « Oh, tiens, Armide de Lully. Ah, non c’est une version remaniée. Mais par Francoeur, c’est bien Francoeur. Ah non, c’est par le neveu de Francoeur en fait. Bon. » Quelle drôle d’idée que de remonter cet ultime avatar du chef d’œuvre de Lully. Les conditions de sa création sont aussi passionnantes que la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le critique soliloquant : « Oh, tiens, <em>Armide</em> de Lully. Ah, non c’est une version remaniée. Mais par Francoeur, c’est bien Francoeur. Ah non, c’est par le neveu de Francoeur en fait. Bon. » Quelle drôle d’idée que de remonter cet ultime avatar du chef d’œuvre de Lully. Les conditions de sa création sont aussi passionnantes que la partition est ennuyeuse. Alors que l’on trafiquotait sereinement l’œuvre tous les 10 ans depuis sa création, le chevalier Gluck vint jeter un pavé dans la mare en composant une musique totalement nouvelle sur le livret de Quinault. Scandale ! Cris d’orfraie ! Sacrilège ! Le Chevalier penaud fait retirer son œuvre et le directeur de l’opéra s’empresse de demander une nouvelle mouture de la célèbre <em>Armide</em> sauce Lully au maitre de musique de l’institution, Louis-Joseph Francoeur, neveu de François Francoeur (dont on redécouvre depuis quelques années avec bonheur les œuvres qu’il composa avec François Rebel).</p>
<p>Si vous estimez que Viollet-le-Duc a trahi le Moyen-Âge en restaurant Notre-Dame de Paris, que direz-vous de ce que Francoeur a fait de l’<em>Armide</em> de Lully ? L’œuvre originale est méconnaissable : les récitatifs sont enfouis sous des couches successives d’ajouts, de réorchestrations, de substitutions… dont cette dernière version est l’héritière. Comme pour le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/persee-lully-paris-tce-lully-transgenique"><em>Persée</em> de 1770</a>, l’idée est bien de remettre au goût du jour une œuvre qui n’était plus jouable en l’état (ne serait-ce que parce que le clavecin et donc la basse continue avaient disparu de la fosse de l’opéra), mais le ripolinage est tellement excessif, tellement peu soucieux de l’original, que l’on se demande presque pourquoi la version Gluck a tant choqué. La différence est qu’elle s’affranchit complètement de l’héritage lulliste et prétends faire de la musique nouvelle. Francoeur cherche clairement à faire du neuf avec du vieux. Il continue donc de broder sur le midrash de ses prédécesseurs au chevet d&rsquo;une œuvre maintenue sous respiration artificielle. Il serait en même temps injuste de juger de la production de ce compositeur à l’aune de cette œuvre, écrite pour flatter les oreilles choquées du public conservateur, un produit marketing en somme, plus que le fruit du génie de son auteur. Ajoutons que la commande a finalement été annulée, stoppant net le travail de l’arrangeur au début de l’acte V. Nous assistons donc ce soir à la création mondiale d’un brouillon inspiré par l’<em>Armide</em> de Lully au neveu de Francoeur. Si la démarche est passionnante pour le musicologue et le sociologue de la vie musicale en France, elle l’est beaucoup moins pour le simple amateur tant l’œuvre nous a semblé sans intérêt. On espère que, abusé par la communication elliptique du théâtre à ce sujet, aucun spectateur ne jugera du génie de Lully ou de François Francoeur à l’aune de ce concert, quand bien même tonton aurait aidé son neveu à se dépatouiller de cette embarrassante commande comme l’explique Benoit Dratwicki dans ses toujours riches et pédagogiques notes de programme.</p>
<p>On préfèrerait que tant d’énergie soit consacrée à recréer des œuvres originales, car il y a peu à sauver dans cette partition : le chœur de la fin de l’acte I « Poursuivons jusqu’au trépas » très grandiloquent avec ses impressionnants sauts dans l’aigu, et son tapis de corde agitées ; le début de l’Acte II ; le charme champêtre de la danse qui suit « Ah quelle erreur, quelle folie » ; l’entrée d’Ubalde et du chevalier Danois et son orchestration contrastée et haletante et enfin l’air de Lucinde « Les oiseaux dans ces bocages » aux vocalises et flûtes orientales. On sauvera aussi un acte V et notamment la scène finale plus nobles et efficaces, logique puisque ce sont les musicologues du CMBV qui ont repris le travail là où Francoeur l’avait laissé. A part ça, des danses interminables à l’Acte I, un ton monolithique et confit dans sa naphtaline Grand Siècle, des scènes clés étirées complètement affadies (« Enfin il est en ma puissance », la scène de la Haine), et une orchestration pompeuse.</p>
<p>Comme il est toujours malaisé de juger la performance d’artistes d’une œuvre que l’on n’apprécie guère, nous serons bref sur les artistes de ce soir. <strong>Hervé Niquet </strong>est toujours le génial grand ordonnateur de la résurrection de ces œuvres, mais son <strong>Concert Spirituel</strong> nous semble moins excellent qu’à l’habitude. Plusieurs passages ne sont pas très en place, et c&rsquo;est d’autant plus sensible que ceux bien répétés sont donnés avec l’enthousiasme habituel, notamment des cordes. Les vents sont plus aléatoires, et l&rsquo;on constate des problèmes de justesse, voire de timidité (franchement rare avec cet ensemble) chez les cuivres. Heureusement les chœurs sont, eux, mieux préparés et toujours aussi bluffants. Nous sommes toujours peu sensibles au timbre de <strong>Katherine Watson</strong>, qui plus est peu compréhensible. <strong>Chantal Santon Jeffery</strong> brille davantage lorsqu’elle est en confiance (l&rsquo;air de Lucinde), or elle semble souvent marcher sur des œufs. <strong>Zachary Wilder</strong> se distingue toujours par son timbre et son émission remarquables tandis que <strong>Philippe-Nicolas Martin</strong> est la révélation de la soirée : medium chaud, prononciation exemplaire, projection souveraine et présence en scène simple mais très efficace. Il en éclipserait presque le Renaud de <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, relativement apathique et transparent malgré une voix toujours aussi solaire et idéale pour ce répertoire. <strong>Tassis Christoyannis</strong> se débat habilement avec des rôles trop graves et souvent en concurrence avec un chœur très sonore. Ses qualités de diseur sont hélas peu sollicitées par la partition. Enfin <strong>Véronique Gens</strong> semble gagner en autorité et en prestance à chacune de ses incursions dans la tragédie lyrique. Si toutes ses scènes nous ont semblé sabotées par Francoeur, la dernière au moins lui permet de faire montre de son art suprême de la déclamation. </p>
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