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	<title>Antonio VIVALDI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 Jul 2026 08:08:15 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Antonio VIVALDI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>VIVALDI, La Costanza trionfante (éd. Sardelli)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vivaldi-la-costanza-trionfante-ed-sardelli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 03:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il paraît évident que lorsqu’il a entrepris la reconstruction de La Costanza trionfante, Federico Maria Sardelli ignorait qu’un enregistrement oublié (lui aussi) réalisé dès 2011 par Diego Fasolis à Lugano ressortirait en CD quelques semaines après le sien. Jean-Michel Pennetier nous avait annoncé, dans une brève, la résurrection de cet opéra par l’éminent vivaldien, auquel &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vivaldi-la-costanza-trionfante-ed-sardelli/"> <span class="screen-reader-text">VIVALDI, La Costanza trionfante (éd. Sardelli)</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il paraît évident que lorsqu’il a entrepris la reconstruction de <em>La Costanza trionfante</em>, <strong>Federico Maria Sardelli</strong> ignorait qu’un enregistrement oublié (lui aussi) <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vivaldi-la-costanza-trionfante-ed-diego-fasolis/">réalisé dès 2011 par Diego Fasolis à Lugano ressortirait en CD quelques semaines après le sien</a>. Jean-Michel Pennetier nous avait annoncé, dans une brève, la résurrection de cet opéra par l’éminent vivaldien, auquel on peut faire confiance pour nous offrir un modèle du <em>Dramma per Musica</em> aussi bien informé que réjouissant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Federico-Maria-Sardelli_no2_@-Michele-Monasta-scaled-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-215884"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Federico Maria Sardelli @ Michele Monasta</sub></figcaption></figure>


<p>Chercheur, écrivain dont l’autorité musicologique n’est pas moindre (*) que ses qualités de direction, il nous offre dix-sept arias et un duo de <em>La Costanza trionfante</em>, sur la vingtaine que signale le livret (la partition comportait 35 numéros), précédés d’une ouverture d’emprunt (la <em>Sinfonia</em> en ut majeur, RV 112), intégrale. Partant des sept airs et d’un fragment de duo, révélés en 2001, notre homme-orchestre, qui consacre l’essentiel de son énergie au Prêtre roux, n’a eu de cesse d’en enrichir le corpus en réunissant des airs réemployés dans d’autres ouvrages et l’adaptation allemande. Il explicite sa démarche, rigoureuse, ainsi que le détail de ses sources dans la riche plaquette d’accompagnement. Refusant le <em>pasticcio</em>, comme l’écriture des récitatifs, le présent enregistrement ne propose pas la reconstitution d’un opéra complet, mais d’en découvrir les matériaux subsistants.</p>
<p>Typique de l’opéra vénitien du début du XVIIIe siècle, le livret – accessible sur le net – oppose des personnages pris dans des conflits d’amour, de jalousie, de rivalité et de devoir. Les passions violentes se heurtent à la vertu qui finit par triompher. Artabano, tyrannique roi des Parthes, a vaincu le roi d’Arménie, Tigrane. Il a enlevé la reine Doriclea qu’il convoite. Deux autres couples forment une galerie de personnages attachants : Eumenia, princesse éprise d’Olderico, prince d’Arménie, et celui formé par Getilde, princesse amoureuse de Farnace, favori de Tigrane. Tout s’achève bien : le tyran est défait, mais gracié, et la constance aura triomphé. Le nombre de scènes est resserré où dominent les arias <em>da capo</em>. Même si, faute de transmission hasardeuse, l’ouvrage ne peut être apprécié dans sa cohérence musicale, le sens dramatique et la richesse d’écriture appelaient cette exhumation.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="392" height="510" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Vivaldi.-Caricature-de-Leone-Ghezzi-1723Roma-Biblioteca-Vaticana-Codex-Ottob.-Lat.-3-14.jpg" alt="" class="wp-image-215846"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Vivaldi. Caricature par Leone Ghezzi (1723)</sub>,<sub> Rome, Biblioteca Vaticana</sub></figcaption></figure>


<p>L’enregistrement se démarque clairement de celui de Diego Fasolis, sous de multiples aspects. Les choix opérés d’abord : si quatorze airs et un duo leurs sont communs, le présent enregistrement restitue cinq airs supplémentaires, originaux, il rejette « Quel errante navicella » (de Girolamo Casanova), comme les chœurs, faute de source musicale attestée. Le choix des solistes : aux deux mezzos du premier, Sardelli préfère une soprane, une mezzo, un ténor et une basse, au plus près de la création originale, faute de castrats. L’orchestre se limite à douze cordes et au clavecin, conformément aux sources. Ces options parfaitement justifiées autorisent un enregistrement exemplaire musicalement et répondant aux critères les plus exigeants.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cecilia-Molinari-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-215885"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Cecilia Molinari © DR</sub></figcaption></figure>


<p>Eumenia, la malheureuse princesse est confiée à <strong>Cecilia Molinari</strong>. Notre valeureuse mezzo – connue pour déborder avec bonheur le répertoire baroque (jusqu’à Richard Strauss ) – a la voix ample et colorée, agile et projetée à souhait, toujours expressive, pour chanter cinq des six airs que le livret lui attribuait. Évidemment, son délicieux « Ti sento, si ti sento » (I/14) nous touche particulièrement, comme le « Lascia almen che ti consegni » (III/4) délicatement accompagné par les pizzicati des cordes. Le régal est constant. Tigrane, dans son air de fureur, virtuose à souhait, orné avec goût (« Donna crudel, spietata » – II/14) nous fait regretter de ne l’écouter qu’à trois reprises (sur les six d’origine).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="640" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/valeria-la-grotta-soprano-3-1024x640.jpg" alt="" class="wp-image-215886"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Valeria La Grotta&nbsp;© DR</sub></figcaption></figure>


<p>Si l’émission pincée de la soprano <strong>Valeria La Grotta</strong>, spécialiste du chant baroque, altère quelque peu notre plaisir, elle incarne avec bonheur la reine captive, Doriclea, dont cinq sur huit arias ont été retrouvése. La participation de Getilde se limite au duo, reconstitué, avec Farnace. Artabano, le tyran vainqueur, confié à <strong>Biago Pizzuti</strong>, n’apparaît qu’à la faveur de « In trono assiso » (I/12), vaillant, vigoureux, aux traits impeccables. Le ténor <strong>Valentino Buzza</strong> (Olderico) n’a ici qu’un air, tourmenté (« Non sempre folgora » – I/13) où il se montre sous son meilleur jour. Les treize musiciens de <strong>Modo Antiquo</strong>, enlevés par la direction enflammée de leur chef, nous valent une restitution éminemment dramatique, expressive et contrastée, qui met en valeur la richesse de l’écriture. Les accents, les phrasés, les couleurs, l’écoute mutuelle au service du chant emportent l’adhésion.</p>
<p>Même si Federico Maria Sardelli (comme Diego Fasolis) revendique, avec de solides arguments, la primeur de la reconstitution, il faut mentionner que c’est à Rinaldo Alessandrini que l’on doit la réalisation première des sept arias découvertes au château de Berkeley. Avec Susan Gritton et Sara Mingardo, l’<em>Orchestra of the Age of enlightenment</em> les offrait au Queen Elizabeth Hall de Londres dès novembre 2004. Aucune trace sonore ne nous est actuellement parvenue, mais qui sait ? Les redécouvertes ne se limitent pas aux fonds inexploités des bibliothèques.</p>
<p>Des deux enregistrements maintenant disponibles, aucun ne laisse indifférent, tant par les choix de reconstruction que par les interprètes et leur direction. L’idéal serait évidemment de posséder chacun, tant ils se complètent, et, par un effet de miroir, illustrent avec brio, la richesse de l’écriture vivaldienne comme la validité des approches. Un ouvrage captivant, à découvrir, servi avec maestria.</p>
<pre>(*) Il assure notamment l’édition du catalogue (RV) des œuvres du Prêtre roux. Spécialiste incontestable du legs vivaldien, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/l-affaire-vivaldi-le-roman-vrai-des-manuscrits-de-vivaldi/">il nous avait offert une passionnante « Affaire Vivaldi »</a> </pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vivaldi-la-costanza-trionfante-ed-sardelli/">VIVALDI, La Costanza trionfante (éd. Sardelli)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>HANDEL &#038; VIVALDI &#8211; Motets &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/handel-vivaldi-motets-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On avait fini par croire que Marc Minkowski n’aimait pas Vivaldi. La qualité de ce concert nous prouve qu’on avait tort. Il n’est qu’à voir la gourmandise avec laquelle lui et son orchestre attaquent le concerto « alla rustica » de Vivaldi, l’irrésistible entrain du Presto initial, trapu et vif à la fois, ce ronflement des basses ou l&#8217;écrin &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">On avait fini par croire que <strong>Marc Minkowski</strong> n’aimait pas Vivaldi. La qualité de ce concert nous prouve qu’on avait tort. Il n’est qu’à voir la gourmandise avec laquelle lui et son orchestre attaquent le concerto </span><span data-contrast="none">«</span><span data-contrast="auto"> alla rustica</span><span data-contrast="none"> »</span><span data-contrast="auto"> de Vivaldi, l’irrésistible entrain du Presto initial, trapu et vif à la fois, ce ronflement des basses ou l&rsquo;écrin offer à ce solo hédoniste et gracieux du violon de <strong>Rachel Podger</strong> dans l’Adagio. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Dans le </span><i><span data-contrast="auto">Stabat Mater </span></i><span data-contrast="auto">du vénitien on est heureux d’entendre <strong>Monika Jägerová</strong>. L’expression est encore timide, il lui manque l’intensité de la contrition et on la sent moins à l’aise dans la virtuosité de l’«</span><span data-contrast="auto"> Amen </span><span data-contrast="none">» final, mais reconnaissons une probité stylistique impeccable (essentielle pour cet enchainement de mouvements lents), un latin très compréhensible, un timbre velouté et surtout une tessiture de </span><span data-contrast="auto">véritable contralto, à tel point que son registre grave est bien plus sonore que son medium. Avec un tel accompagnement, l’«</span><span data-contrast="auto"> Eja Mater</span><span data-contrast="none"> » assume sans peine sa dimension universelle : on aura rarement entendu les rythmes brisés des cordes rendre avec tant de stridences et à la limite de la disharmonie la douleur de la mère. Même expressivité blessante dans la reprise du thème initial au « Quis est homo », les archets se font scalpels et semblent inciser la voix de la Vierge.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Comme chez Vivaldi, mais c’est ici plus connu grâce à un disque paru en 1999 resté célèbre, le sens du drame de Marc Minkowski rend justice aux motets haendéliens qui, au même titre que les cantates composées elles aussi pendant son séjour romain, peuvent être considérés comme des opéras miniatures. On n&rsquo;avait jamais entendu le chef diriger le </span><i><span data-contrast="auto">Nisi Dominus</span></i><span data-contrast="auto"> et de cette pièce intéressante mais qui pâlit de la comparaison avec les deux suivantes, on retiendra d&rsquo;abord le ténor solide et élégant sur un large ambitus de <strong>Petr Nekoranec</strong>. Et ce malgré de surprenants sauts à cloche-pied pour atteindre son pupitre à chaque intervention, sa jambe gauche étant immobilisée dans une attelle (accident de ski nous dit un voisin bien renseigné). </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Après un hommage à Felicity Lott,</span><span data-contrast="none"> « </span><span data-contrast="auto">mère de l’ensemble</span><span data-contrast="none"> »</span><span data-contrast="auto">, récemment disparue, vient le </span><i><span data-contrast="auto">Salve Regina</span></i><span data-contrast="auto"> : <strong>Lydia Hoen Tjore</strong> y déploie une voix que l’on sent plus attirée par l&rsquo;opéra que par l’église, et c’est tant mieux pour la déclamation tantôt audacieuse tantôt apeurée du </span><span data-contrast="none">« </span><span data-contrast="auto">Ad te clamamus</span><span data-contrast="none"> ». On ne trouvera guère à lui reprocher qu’un trille un peu rêche, mais elle contient joliment ces moyens à cette pièce de chambre, quand bien même les parties ont été doublées pour s’adapter aux dimensions du Théâtre des Champs-Elysées.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Puis, enchainé directement, le </span><i><span data-contrast="auto">Dixit Dominus </span></i><span data-contrast="auto">: c’est peu dire que le son est plus ample et les choix d&rsquo;interprétations plus assumés qu’en 1999 ! Quel ton impérieux et cinglant malgré la taille réduite du chœur et de l’orchestre. On peut y admirer les chanteurs mentionnés précédemment, mais également <strong>Song Hee Lee</strong> aux vocalises pulpeuses et néanmoins précises, et dont la voix se marie parfaitement avec celle plus tellurique de Lydia Hoen Tjore dans un </span><span data-contrast="none">« De torrente » sublime et d’ailleurs repris en bis. Le</span><span data-contrast="auto"> contre-ténor <strong>Arnaud Gluck</strong> chante proprement mais ses graves sont un peu sourds et sa diction pas assez affutée. <strong>Trevor Eliot Bowes</strong> est une basse sonnante mais dont la longueur de souffle est parfois prise en défaut. C’est peu de chose face au succès éclatant du </span><span data-contrast="none">« </span><span data-contrast="auto">Judicabit</span><span data-contrast="none"> »</span><span data-contrast="auto"> et son figuralisme sauvage sur </span><span data-contrast="none">« </span><span data-contrast="auto">conquassabit</span><span data-contrast="none"> »</span><span data-contrast="auto"> fouetté par un chef qui se tape le flanc des cuisses pour exhorter ses troupes, après avoir déclenché un tourbillon de cordes et d’échos sur </span><span data-contrast="none">« </span><span data-contrast="auto">Implebit ruinas </span><span data-contrast="none">». Sans oublier la gigantesque fugue finale du « Et in secula », elle aussi bissée. Aussi bien dans Vivaldi que dans Haendel, Les Musiciens du Louvre et Minko, on en redemande !</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
<p><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:279}"> </span></p>
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		<item>
		<title>Xavier Sabata, « Furioso »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/xavier-sabata-furioso/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 06:34:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>De la Chanson de Roland (XII° siècle) à l’Orlando furioso de l’Arioste (1532), en passant par l’Orlando innamorato de Boiardo (1483), le paladin Roland n’a cessé de fasciner les gens de lettres – avant d’envoûter les compositeurs, jusqu’au fantasque Orlando paladino de Haydn (1782), qui initie une veine plus caricaturale. Sur la scène lyrique, le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De la <em>Chanson de Roland</em> (XII° siècle) à l’<em>Orlando furioso</em> de l’Arioste (1532), en passant par l’<em>Orlando innamorato</em> de Boiardo (1483), le paladin Roland n’a cessé de fasciner les gens de lettres – avant d’envoûter les compositeurs, jusqu’au fantasque <em>Orlando paladino</em> de Haydn (1782), qui initie une veine plus caricaturale. Sur la scène lyrique, le « fou d’amour » s’impose durant la première moitié du XVIIIe, alors même que les livrets tendent à se rationaliser : cette figure <em>bigger than life</em> permet de faire éclater la forme stéréotypée du drame sous l’afflux d’une musique « déréglée », métaphorisant le délire affectif – le même prétexte servira, au XIXe, à la multiplication des scènes de folie pour soprano, riches en acrobaties vocales…</p>
<p>Dans l’opéra d’ascendance italienne, Orlando a souvent été campé des castrats altos, ce qui explique la popularité de ce rôle auprès des actuels substituts de ces castrats : les contre-ténors. <strong>Xavier Sabata</strong> n’est pas le premier d’entre eux à consacrer tout un album à Roland : en 2020, Filippo Mineccia faisait paraitre un disque au programme fort proche (« Orlando : amore, gelosia, follia », Glossa), qui, déjà, piochait chez Haendel, Steffani et Porpora.</p>
<p>Le présent programme (confrontant au moins trois grandes « scènes de folie »), nous semble cependant plus cohérent que le précédent. En outre, les voix des deux falsettistes sont très dissemblables : au timbre mince et à l’émission nerveuse de Mineccia s’oppose la voix plus chaude, sombre, lourde et riche en harmoniques de Sabata. Le chant de ce dernier est en outre plus soigné, particulièrement dans les passages contemplatifs.</p>
<p>Sur ce plan, l’interprétation de Sabata apparaît en phase avec celle du <strong>Concert de L’Hostel Dieu</strong>, poignant dès qu’il s’agit d’exprimer la nostalgie ou la plainte : écoutez les inflexions suppliantes des cordes sur le vers « Parlami allora » du premier air de Porpora ou l’imitation des pleurs du « Care pupille » de Haendel. La si fameuse scène haendélienne « Ah ! Stigie larve » (<em>Orlando</em>, 1733) nous a rarement parue aussi réussie, grâce à l’usage bien compris du rubato (dont les musiciens baroques ont si peur, d’habitude), qui n’obère pas l’effet glaçant de l’ostinato. Même constat concernant le « sommeil » qui suit (« Già l’ebbro mio ciglio ») – en dépit de l’absence des violes d’amour auxquelles se substituent altos et violons –, dont les teintes brunes siéent au chanteur. En revanche, celui-ci ne fait guère d’étincelles dans le virtuose « Fammi combattere », que sa grande capacité pulmonaire lui permet d’affronter sans vraiment l’enlever. Mais, ici, la faute incombe également à l’orchestre, qui manque de panache et d’incisivité.<br />
En 1720, treize ans avant l’<em>Orlando</em> de Haendel, l’<em>Angelica</em> de Porpora (dont la création vit les débuts de Farinelli aux côtés de son « cher jumeau » Métastase) propose une vision plus classicisante du délire amoureux, à travers la grande <em>scena</em> « Ove son ? Chi mi guida ? », où deux <em>accompagnatos</em> s’insèrent entre les trois sections d’une aria <em>da capo</em>. Dans cette mini-cantate se fait sentir toute la science du professeur de chant qu’était Porpora, habile à ne jamais mettre en péril la voix – ce qui permet à Sabata de faire valoir l’élégance de son phrasé, plus séduisant que celui de Robert Expert dans la semi-intégrale gravée par Juan Battista Otero (K617, 2005).</p>
<p>Les choses se gâtent chez Steffani et Vivaldi. On aurait en effet pu se passer du « Nel profondo cieco mondo » du second (<em>Orlando furioso</em>, 1727), d’ailleurs écrit pour une cantatrice, où se disjoignent les registres du contre-ténor. De même, le rôle-titre d’<em>Orlando generoso</em> de Steffani (1691), extrêmement grave, met souvent en difficulté le falsettiste, qui peine à « passer » comme à faire sonner son timbre, et doit aborder avec moult précautions des vocalises il est vrai fort incommodes – mais Kai Wassel, dans l’intégrale de Bernward Lohr (MDG, 2008), ne se montrait pas plus à l’aise. Encore une fois, on préfère Sabata dans la mélancolie désolée du dernier monologue (« Io dunque senz’armi »).</p>
<p>En sus de l’unique inédit du disque (un air martial assez convenu issu de <em>L’Angelica vincitrice di Alcina</em> de Fux, 1716), diverses ouvertures et danses d’inspiration française, dans lesquelles on peut savourer les couleurs de bois guère sollicités ailleurs, émaillent ce portrait raffiné &#8211; mais plus lisse que ne le laissait espérer son titre…</p>
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		<title>VIVALDI, Battle &#8211; Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-battle-monte-carlo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre époustouflant du Musée océanographique, le printemps des Arts accueille un amusant concept de « Battle Vivaldi », clin d’œil à l&#8217;univers du rap comme aux célèbres joutes musicales de l&#8217;histoire. En effet, étudiant Farnace, Mathilde Étienne et son complice Emiliano Gonzalez Toro ont découvert qu&#8217;un même rôle pouvait être attribué à des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre époustouflant du Musée océanographique, le printemps des Arts accueille un amusant concept de « Battle Vivaldi », clin d’œil à l&rsquo;univers du rap comme aux célèbres joutes musicales de l&rsquo;histoire.</p>
<p>En effet, étudiant <em>Farnace</em>, <strong>Mathilde Étienne</strong> et son complice Emiliano Gonzalez Toro ont découvert qu&rsquo;un même rôle pouvait être attribué à des chanteurs aux tessitures différentes, parfois sans en changer les tonalités. Ainsi est née l&rsquo;idée d&rsquo;une « battle » entre ténor et contre-ténor.</p>
<p>Les deux interprètes, <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong> et <strong>Jake Arditti</strong>, dégagent une énergie peu commune. Alors qu&rsquo;ils s&rsquo;amusent à surjouer le conflit, le spectateur a le sentiment d&rsquo;assister au combat de deux ogres tant les timbres sont charpentés et généreux.<br />Ce duel, naturellement, n&rsquo;appelle pas d&rsquo;autre vainqueur que la musique, comme le souligne la récitante-arbitre, Mathilde Étienne, après avoir fait du public le juge – à l&rsquo;applaudimètre – de ce réjouissant combat des chefs.</p>
<p>L&rsquo;exploration des affects vivaldiens est structurée en trois moments vocaux – fureur, loyauté, soupirs – avec des airs chantés intégralement ou au contraire partagés entre les deux hommes. Cette configuration inhabituelle donne à entendre, de manière saisissante, combien chaque personnalité colore une même ligne vocale de manière unique.</p>
<p>Avec « Ricordati che sei » les intentions théâtrales sont lancées avec tant de conviction que l&rsquo;on croit assister à un dialogue, comme si s&rsquo;exprimaient tours à tours les deux faces d&rsquo;un même affect.</p>
<p>« Gelido in ogni vena » également extrait de <em>Farnace</em>, dégage une atmosphère aux antipodes avec une sublime introduction instrumentale tout en forte/piano, une mélodie déchirante qui met en valeur les sauts d&rsquo;octaves de Jake Arditti comme la voix toute de larmes d&rsquo;Emiliano Gonzalez Toro.</p>
<p>Le troisième duo tiré de l&rsquo;<em>Orlando Furioso</em>, « Nel profondo oscuro e cieco mondo », parachève la soirée dans une pyrotechnie étourdissante où parfois, une même vocalise est partagée par les deux artistes. Leurs deux techniques sont très différentes, mais l&rsquo;interprétation pareillement électrisante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026.03.14_La-grande-battle_Musee-oceanographique-_DSC2348©-Alice-Blangero-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-210122"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>©  Alice Blangero</sup></figcaption></figure>


<p>Les mélismes du contre-ténor s&rsquo;enrichissent d&rsquo;un swing qui contamine jusqu&rsquo;à son corps qui danse dès son premier solo « Farà la mia spada ». Précision, agilité, maîtrise des registres se confirment lorsque <em>Il Giustino</em> prend le relais de <em>Tigrane</em> avec « vedrò con mio diletto ». Le propos s&rsquo;y affirme plus impérieux que fragile en dépit du texte et « Lo seguitai felice », tiré de <em>l’Olimpiade,</em> nous donne enfin à entendre un être touchant car désemparé.</p>
<p>Pour sa part, la sensibilité d&rsquo;Emiliano Gonzalez Toro comme l&rsquo;opulence, le velouté du timbre font merveille dès « Il piacer de la vendetta » d&rsquo;<em>Il Giustino</em>. Les graves sont bien timbrés, les aigus brillants, les couleurs variées dans « Tu vorresti col tuo pianto » tout comme dans « Cessa tiranno amor », respectivement tirés de <em>Griselda</em> et <em>l’Incoronazione di Dario</em>.</p>
<p>Le ténor italo-suisse dirige alternativement l&rsquo;Ensemble I Gemelli avec une fougue presque rageuse ou leur laisse la parole pour des interventions pleines de verve et de créativité où la chatoyance des couleurs et des timbres réjouit l&rsquo;oreille. La pâte sonore est aussi ductile que généreuse, l&rsquo;interprétation fine et enlevée tout ensemble.</p>
<p>Le duel vocal se fait tournoi avec l&rsquo;amicale confrontation entre hautbois baroque, moderne et virtuel. <strong>François Salès</strong> fait montre d&rsquo;une maestria particulièrement convaincante en créant <em>Spenta Mainyu</em> de Michel Petrossian.</p>
<p>Si le prétexte de ce programme est le conflit, la joie domine en réalité la soirée avec une prodigalité aussi proverbiale que contagieuse. A juger sur pièce au festival de Froville le 29 mai prochain avec un nouveau belligérant en la personne de Key&rsquo;Mon Murrah. Le Printemps des Arts de Monte-Carlo, pour sa part, poursuit la fête jusqu&rsquo;au 19 avril avec une <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.printempsdesarts.mc">programmation</a> exigeante au tarif de 20 euros par concert, faisant preuve d&rsquo;un volontarisme qui mérite d&rsquo;être souligné.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-battle-monte-carlo/">VIVALDI, Battle &#8211; Monte-Carlo</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Vivaldi, « Masques »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/vivaldi-masques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 04:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voici un programme finement tricoté, empruntant aux divers genres abordés par Vivaldi (opéra, musique concertante et sacrée) et mettant en valeur, outre la voix, les trois principales familles d’instruments (cordes, bois et cuivres), au gré d’un fantasque jeu de correspondances : les deux cors du Concerto RV 538 se retrouvent dans la sinfonia qui ouvre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici un programme finement tricoté, empruntant aux divers genres abordés par Vivaldi (opéra, musique concertante et sacrée) et mettant en valeur, outre la voix, les trois principales familles d’instruments (cordes, bois et cuivres), au gré d’un fantasque jeu de correspondances : les deux cors du Concerto RV 538 se retrouvent dans la <em>sinfonia</em> qui ouvre le disque et l’air de <em>Motezuma</em> qui le ferme ; la flûte du Concerto RV 434 enguirlande un fameux passage d’<em>Orlando furioso</em> ; l’orientalisme de <em>Bajazet</em> fait écho à celui de <em>La Verità in cimento</em>, etc.<br />
On sait que, chez le Prêtre roux, répertoire instrumental et vocal se contaminent mutuellement ; ainsi, les lyricomanes pourront-ils jouer à reconnaître dans les concertos nombre de motifs qui leur sont familiers  : l’allegro initial du RV 241 pour violon s’inspire du premier air de Manlio, dans <em>Tito Manlio</em> ; le thème initial du RV 538 pour cors s’entendra à nouveau dans le premier air de <em>Gloria e Imeneo</em>, quand l’allegro ouvrant le RV 434 pour flûte chantonne la palpitante aria qui clôt le premier acte de <em>Teuzzone</em>. D’où, sans doute, le titre éminemment vénitien de « Masques » : chez Vivaldi, les mélodies se parent sans cesse de nouveaux atours…</p>
<p>On est d’abord gêné par l’acoustique réverbérée de l’enregistrement, réalisé au Grand Manège de Namur : celle-ci jure avec l’effectif de l’ensemble (onze musiciens), dont les trois violons, dans <em>Bajazet</em>, manquent de densité, face à des basses à la scansion très (trop) ferme. Cette primauté de l’assise rythmique handicapera plusieurs pages, qui, à notre goût, réclameraient davantage de liberté, de légèreté, d’abandon &#8211; de <em>rubato</em>, peut-être ? Par exemple : le déchirant air avec basse continue « Piangerò sin che l’onda » (issu de la version primitive d’<em>Orlando furioso</em> mais exclu de la mouture de 1727, la plus souvent enregistrée, notamment par Sardelli et Spinosi), qui devrait prendre l’aspect d’une rêverie presque improvisée.<br />
Paul-Antoine Bénos-Djian, qui en attaque piano le <em>da capo</em>, s’y montre d’ailleurs exquis, plein d’une élégiaque mélancolie. Il s&rsquo;avère tout aussi remarquable dans le plus célèbre « Sol da te », où son phrasé chaleureux répond à celui, délié et printanier, du flûtiste <strong>Karel Valter</strong> : ampleur lyrique de la première partie, discrète ornementation de la reprise, soulignée par le jeu éthéré des cordes. Dans cette tessiture de pur contralto, qui flatte les sombres moirures de son timbre, Bénos-Djian l’emporte sur un Philippe Jaroussky plus lumineux mais moins incarné. Et on l’aime encore davantage dans le dramatique « Longe mala », où le recours au registre de poitrine n’empèse nullement d’élégantes vocalises &#8211; dommage que ne soit donnée ici que la version courte du motet (réduit à son air initial), telle qu’elle introduisait les « Gloria » de Vivaldi.</p>
<p>Les airs de bravoure ou de fureur siéent moins à notre contre-ténor – notons d’ailleurs qu’ils furent tous écrits pour des femmes. Le caractère cyclothymique de l’insupportable Melindo (<em>La Verità in cimento</em>) nous paraissait mieux rendu par Sara Mingardo &#8211; il est vrai furieusement dirigée par Spinosi dans l’une de ses meilleures intégrales (Opus 111, 2002). Quant à l’extravagant « S’impugni la spada » (<em>Motezuma</em>), qu’Ana Girò, créatrice du rôle de Mitrena, renonça à chanter, il semble n&rsquo;avoir été retenu que pour la maîtrise technique qu’il réclame – mais apparaît franchement trop surveillé.</p>
<p>On en revient donc à la prestation de Café Zimmermann, ensemble au goût très sûr et à l’incomparable musicalité, que l’exercice discographique bride un tantinet. Pas toujours, cependant : le pétaradant Concerto pour cors est stupéfiant de mordant, de précision, d’ivresse sonore. Les deux cornistes (<strong>Alexandre Zanetta</strong>, <strong>Félix Polet</strong>), parfaitement « caractérisés », semblent s’y jouer de l’épineux premier mouvement, tandis que le violoncelle de <strong>Ludovico Minasi</strong> puis le violon de <strong>Pablo Valetti</strong> subliment les deux sections suivantes. Inutile, d’ailleurs de vanter à nouveau le jeu si chantant et équilibré du violoniste dans le Concerto RV 241…</p>
<p>Un programme si ambitieux, hérissé de tant de difficultés, se serait sans doute mal accommodé d’une captation « sur le vif » : on aimerait cependant l’entendre dans ce contexte, propre à lui conférer le grain de folie qui lui fait ici défaut.</p>
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		<title>Marina Viotti, « Prime donne »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/marina-viotti-prime-donne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Feb 2026 06:42:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Drôle de titre &#8211; étant donné que ce programme propose uniquement des œuvres sacrées destinées à des anonymes, les jeunes prodiges de la Pietà ayant créé la Juditha triumphans de Vivaldi (qui chantaient dissimulées derrière un écran) n’étant elles-mêmes passées à la postérité que sous leurs prénoms ! Intitulé, intentions, choix esthétiques interrogent donc, dans cet &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Drôle de titre &#8211; étant donné que ce programme propose uniquement des œuvres sacrées destinées à des anonymes, les jeunes prodiges de la Pietà ayant créé la <em>Juditha triumphans</em> de Vivaldi (qui chantaient dissimulées derrière un écran) n’étant elles-mêmes passées à la postérité que sous leurs prénoms ! Intitulé, intentions, choix esthétiques interrogent donc, dans cet album qui, bien qu’exigeant beaucoup de son interprète principale, lui interdit a priori toute exhibition, tout <em>ego trip</em>.</p>
<p>Le naturel attachant et la superbe technique de<strong> Marina Viotti</strong> ne l’empêchent ainsi pas de tomber dans certains pièges comme dans cet air de fureur de Vagaus qui ouvre l’enregistrement (« Armatae face et anguibus ») pris avec trop de précipitation, rythmiquement bousculé et clos sur une interpolation aigüe dispensable. <br />Ici, comme ailleurs, la direction démonstrative du violoniste <strong>Andrès Gabetta</strong> (frère de la violoncelliste Sol) laisse perplexe : dans Vivaldi, notamment, la rapidité tend à se substituer à l’incisivité – par exemple dans ce « O servi volate » (Vagaus, toujours) bizarrement sucré. Et l’usage du basson (heureusement ponctuel) ne nous convainc qu&rsquo;à moitié&#8230;</p>
<p>Viotti, elle, on le sent, peut tout faire. Quelle souplesse, quelle rondeur, quel moelleux, même, dans les vocalises en cascade des deux motets vivaldiens ! Qui, pourtant, n’échappent pas au sentimentalisme : est-ce dû à une battue inégale, à des choix stylistiques peu clairs, à un timbre qui manque de métal (un comble, pour une « métalleuse » !), à des récitatifs un peu mous ?</p>
<p>La voix est pourtant toujours aussi somptueuse : longue (comme le prouvent les graves du rare « Volate Gentes » de Porta) bien que sopranisante, merveilleusement soutenue bien que jamais tendue, portée par un souffle infini qui nous vaut de sublimes épanchements dans les mouvements lents de Porpora. Dans cette pièce à la pulsation galante, le sentiment ne gêne pas : « Salve Regina » tout de tendresse, « Ad te suspiramus » rêveur et charnel à la fois, « Eia ergo » à fleur de lèvres – un délice. Certes, là encore, le style reste incertain (notes piquées ou pas ?), moins « orthodoxe » que chez d’autres cantatrices (Galou, de Liso, Prina) pourtant moins bien dotées par la nature, côté séduction vocale.</p>
<p>On l’a dit, on le redit : on aime Marina Viotti, dont on espère qu’elle a définitivement surmonté ses problèmes de santé. On avait été très impressionné par son incarnation du <em>primo uomo</em> (Megacle) de la vivaldienne <em>Olimpiade</em>, donnée au Théâtre des Champs-Élysées en juin 2024, et on souhaite que l’occasion lui soit donnée de graver un tel rôle. Ses admirateurs trouveront dans le présent disque de quoi patienter – et s’agacer qu’elle n’ait pas été mieux secondée.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Vivaldi - Ascende laeta | Marina Viotti | Orchestre de l’Opéra Royal de Versailles | BR-KLASSIK" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/7LdOiZ8hto0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>VIVALDI &#038; ALII, Tamerlano &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-alii-tamerlano-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 08:49:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vingt ans déjà que Fabio Biondi révélait les charmes de ce pasticcio dans un enregistrement resté célèbre. Et il le faisait avec une distribution exceptionnelle, pas toujours rodée à ce répertoire, mais au brillant vocal indéniable. Depuis, peu d’équipes ont osé affronter cet everest. Après un premier essai en 2016 à Beaune, Thibault Noally y &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vingt ans déjà que Fabio Biondi révélait les charmes de ce pasticcio dans un enregistrement resté célèbre. Et il le faisait avec une distribution exceptionnelle, pas toujours rodée à ce répertoire, mais au brillant vocal indéniable. Depuis, peu d’équipes ont osé affronter cet everest. Après un premier essai en 2016 à Beaune, <strong>Thibault Noally</strong> y revient ce soir en ajoutant les mêmes airs pour compléter les lacunes de la partition, mais avec une distribution inégale. On le sait, Vivaldi a pioché dans ses propres œuvres les airs des Ottomans (Bajazet, Asteria &amp; Idaspe) et chez les compositeurs de l’école napolitaine rivale ceux du camp adverse (Tamerlano, Andronico &amp; Irene). Pour cette « battle » de haut vol, il faut des adversaires exceptionnels. Ce que n’est hélas pas <strong>Eva Zaïcik</strong> : si son « Vedro con mio diletto » convainc grâce au velouté de sa voix, il révèle aussi que c’est une actrice peu imaginative à l’agilité limitée (« Spesso tra vaghe rose » trop répétitif et « Destrier ch’all armi usato » aux vocalises savonnées alors que déjà simplifiées). <strong>Renato Dolcini</strong> propose un jeu bien plus juste et investi en Bajazet, mais on préfère une basse plus profonde et à la projection plus autoritaire dans un tel rôle, même si le doute plane sur la tessiture de son créateur. Si ses variations sont bien exécutées, un air clé comme « Dov’e la figlia » reste plus geignard qu’impérieux, et c’est dans les récitatifs qu’il est finalement le plus marquant. <strong>Anthea Pichanik</strong> a le contralto requis pour chanter sa fille, l’art de la prosodie aussi pour un rôle qui fait la part belle au chant syllabique. Son émission ductile fait merveille dans son premier lamento, avant un gros loupé qui la voit chercher son texte tandis que l’orchestre se dirige d’un pas hésitant vers la partie B. Elle trouve la véhémence nécessaire dans « Stringi le mie catene » puis le terrible « Svena, uccidi » ou dans les récitatifs, mais on regrette un manque de résonnance qui assèche ses fins de phrase et semble découper la ligne de chant. Par ailleurs, la virtuosité et les montées vers l’aigu sont pris en défaut (trilles complètement étranglés sur les mots « piaghe », « strage » et « sempre »). L’art de <strong>Carlo Vistoli</strong> nous laisse froid mais on ne peut nier que sa composition est très aboutie sur le plan dramatique et extraordinaire sur le plan vocal. L’ambitus du rôle est assumé avec panache, sans craindre la rupture entre les registres (qui pourra gêner) et le virtuose a les moyens de ses ambitions (quelle vaillance dans « Barbaro traditor » !). Reste une différence de volume certaine entre le medium (en retrait) et les aigus (rayonnants).</p>
<p><strong>Julia Lezhneva</strong> que l’on trouvait inexpressive il y a encore quelques années semble avoir mangé du lion dès son récitatif d’entrée et son farinellien « Qual guerriero » qu’elle attaque trop tôt avec l’envie d’en découdre. Elle s’est rarement confrontée à une tessiture aussi large et la prise de risque pour cette voix assez centrale est payante : certes elle doit respirer au milieu des (infinies) vocalises, certes la projection est mal égalisée et la justesse des notes extrêmes aléatoires, mais on ne peut pas lui reprocher d’éluder la difficulté, jusque dans un da capo qui prouve qu’elle n’a pas froid aux yeux. A force d’avoir entendu l’apparente facilité de Vivica Genaux dans cet air, on réalise ce soir à quel point il est inchantable ! « Sposa, son disprezzata » est plus dans ses cordes et elle y fait usage de tout le dictionnaire bel cantiste (étonnante arabesque à la reprise) malgré quelques aigus trop métalliques. On pourra s’agacer que son dernier air « Son tortorella » soit réduit à une immense cadence, mais qui est capable aujourd’hui de tenir ainsi toute une salle suspendue à la surprise de ses coloratures ?</p>
<p>Le personnage le plus anecdotique de la soirée, Idaspe, est tenu par la formidable <strong>Suzanne Jerosme</strong> qui après Bayreuth (<em>Carlo il Calvo</em> de Porpora) et Innsbruck (<em>Rex Salomon</em> puis <em>Ifigenia</em> de Traetta) n’en finit pas de nous époustoufler. A part une projection modeste, on sait que louer en premier : l’élégance, le naturel et la sensibilité du ton (miraculeux « Nasce rosa »), la fausse légèreté de sa virtuosité dont la méticulosité est au service de l’éclat (les trilles et les notes piquées dans « D’ira e furor armato ») ou l’attention au texte (on entends la moindre consonne dans le délirant « Anche il mar » popularisé par Cecilia Bartoli).</p>
<p><strong>Thibault Noally</strong> soigne l’équilibre du plateau, les dynamiques et l’homogénéité du son de ses <strong>Accents</strong>, quitte à ne pas faire assez ronfler une basse continue pourtant fournie (on y trouve même un orgue !). Le manque de répétitions est sans doute aussi responsable du défaut d’assertivité de solistes (pourtant excellents tel le cor concertant dans « D’ira e furor armato » importé de <em>Motezuma</em> où il était écrit pour une trompette) ou des ensembles (quatuor passablement raté).  Les excellentes variations de tous les airs sont certainement de la main du chef, signalant une fois de plus sa parfaite compréhension de ce répertoire.</p>
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		<title>HAENDEL, Armida abbandonata &#8211; Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-armida-abbandonata-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est au travail inlassable de Musique baroque en Avignon, que fonda Jean-Claude Malgoire, lui-même Avignonnais, que l’on doit ce concert, centré sur Armide, et son interprète, également enchanteresse, Karine Deshayes. Jérôme Corréas et notre mezzo collaborent depuis plus de vingt ans, c’est dire leur complicité (1). Le programme s’articule autour de quelques pages vocales aussi &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est au travail inlassable de <em>Musique baroque en Avignon</em>, que fonda Jean-Claude Malgoire, lui-même Avignonnais, que l’on doit ce concert, centré sur Armide, et son interprète, également enchanteresse, <strong>Karine Deshayes</strong>. <strong>Jérôme Corréas</strong> et notre mezzo collaborent depuis plus de vingt ans, c’est dire leur complicité (1).</p>
<p>Le programme s’articule autour de quelques pages vocales aussi riches qu’intenses. L’introduisent des pièces instrumentales de l’<em>Armid</em>e de Lully, dont nous retrouverons la passacaille avant le non moins célèbre « Enfin, il est en mon puissance », suivi d’une autre Armide de Lully, bien antérieure. Précédée d’une sonate en trio, la cantate de Haendel couronnera le tout.</p>
<p>C’est à une réduction radicale des pièces instrumentales de Lully que nous aurons droit : cinq musiciens permettent de restituer l’essence des œuvres, avec toutes les qualités requises, sinon les couleurs et la puissance fastueuse. Le plaisir n’en sera pas moindre tant s’en faut. L’ouverture de l’<em>Armide</em> de Lully est ainsi confiée aux deux violons, au violoncelle, à la guitare baroque et au clavecin, que tiendra Jérôme Corréas durant tout le concert. Il dirige de l’instrument, en souplesse, avec vigueur et liberté. Oubliées les versions empesées, au profit d’une lecture animée, où le superbe violoncelle, incisif et moelleux (Alice Coquart) semble gouverner le propos, passionnant. La sarabande, puis la marche seront du même tonneau, et l’on est heureusement surpris de la force expressive que les interprètes dispensent. Un grand cru, dont on redemande.</p>
<p>Chez Vivaldi, dont le livret est pour le moins confus, la magicienne n’a pas jeté son dévolu sur Rinaldo (ou Renaud), elle séduit et manipule, notamment Adrasto, dont est éprise la fille du Calife, Osmira. Bien que de nouveau repoussée, celle-ci ne perd pas espoir dans son air « So correndo in seno al mare » (2). Avouons-le, la partition en est quelconque, reprenant bien des poncifs vivaldiens, syllabique (en dehors d’un petit figuralisme sur « sussurar »). Sinon que la voix et les instruments complices vont transmuer une page convenue en un morceau d’anthologie. Généreuse, notre immense tragédienne est totalement investie dans une musique qu’elle fait mieux parler que jamais. L’articulation exemplaire, l’aisance, l’engagement des musiciens conduits par Jérôme Corréas, tout concourt à donner vie à ce personnage et à ses incertitudes.</p>
<p>En dehors de ses arrangements du Grand Siècle, jamais nous n’avions écouté la célèbre passacaille de l’<em>Armide</em> de Lully confiée à une formation chambriste. Le théorbe a remplacé la guitare baroque, et nos musiciens lui donnent une puissance et une élégance remarquables, cette dernière due pour une large part au clavecin, d’une grande séduction, qui traduit sa longue fréquentation du baroque français.</p>
<p>L’air le plus célèbre d’Armide, « Enfin il est en ma puissance », attendu, prodigieux récit dont, toujours, la musique respire intensément, avec une charge émotionnelle rare, nous est offert par notre mezzo. L’héroïne, venue pour poignarder Renaud, son ennemi, prend conscience de son amour et décide le suivre « au bout de l’univers ». La liberté du récitatif, sa force expressive sont idéalement illustrées. Grand serviteur de la musique française, Jérôme Corréas a suggéré à Karine Deshayes de chanter la première Armide, peu connue, que Lulli – tout juste arrivé de Florence – avait fait entendre plus de vingt ans auparavant (1664), dans son ballet <em>Les amours déguisés</em>. Son récit déchirant « Ah, Rinaldo, e dove sei ? » en est totalement italien, et l’on mesure le chemin parcouru par le compositeur devenu emblématique du Grand siècle.</p>
<p>La sonate en trio de Haendel, marquée par l’influence française dans ses deux derniers mouvements commence par démontrer la virtuosité italienne des deux violons. L’ample passacaille centrale, allante avec nonchalance, variée dans ses nuances comme dans ses équilibres, est un régal. Le menuet a le sourire malicieux qui sera la marque de Haydn.</p>
<p>Sans aucun doute, la cantate <em>Armida abbandonata</em> est-elle un des chefs-d’œuvre les plus aboutis de Haendel, dont elle résume tout l’art. Karine Deshayes connaît son Haendel, Sesto, Irene, pour ne parler que des rôles qu’elle a incarnés dans leur totalité. Le récit bouleversant requiert des moyens d’exception et une intelligence musicale sûre si l’on veut éviter la démonstration, l’exhibitionnisme. C’est le cas ce soir où notre mezzo vit intensément son personnage, avec générosité. Sa maîtrise technique superlative, sa virtuosité sans artifice, sa voix lumineuse, ample, charnue, d’une évidente liberté, aux accents nobles, vont nous bouleverser. On oublie la forme conventionnelle de la cantate tant les séquences enchainées correspondent parfaitement à son évolution psychologique. L’accompagnato furieux qui sépare les deux premiers airs a-t-il été chanté avec cette arrogance ?  La tendresse, le désespoir, l’apaisement, tout est là, servi par une tragédienne exemplaire. Le long silence qui suit l’ultime « Nume d’amore » en dit long sur le partage des affects, avant que la salle acclame les interprètes. Karine Deshayes s’empare alors du micro et, avec une émotion difficilement contenue, rappelle son souvenir de l’opéra d’Avignon et de son public (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/karine-deshayes-passage-de-temoin-en-avignon/">voir brève</a>). Ainsi apprenons-nous que Raymond Duffaut lui passe le relais pour présider au devenir de l’association organisatrice à laquelle nous devons tant. Toujours discret, modeste, il est conduit sur scène pour un moment de communion auquel participe le public. Un bis, approprié à la circonstance, le <em>Lascia ch&rsquo;io pianga</em>, de <em>Rinaldo</em>, chargé d’une sensibilité particulière, permet à chacun de retenir ses larmes. Une soirée qui restera gravée dans les mémoires.</p>
<pre><span style="font-size: 1rem; font-weight: inherit;">1. Ainsi les ornements des reprises da capo sont-ils écrits d’un commun accord dans le respect du style comme des codes. 
2. L</span><span style="font-size: 1rem; font-weight: inherit;">es paroles traduites permettent d’en saisir les intentions : </span>Que crois-je ? Qu'espère-je ? Je crois qu'Adraste se flatte, et j'espère qu'un jour mon amour connaîtra le bonheur. Ah, oui, je te sens agitée en mon cœur, ô âme aimante, car on te dispute
ce bien qui te tourmente. Ah, nous vaincrons. Mais en attendant, surmonte cette peur qui te terrifie.

Si, courant au cœur de la mer, quelqu'un arrête le flot,
il se sent empli de fierté et murmure le long du rivage.

Mais s'il conquiert ensuite le rocher, il se voit fièrement
reconquérir les vagues limpides et embrasser à nouveau le rivage.

</pre>
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		<title>Vivaldi Magnifico (Théo Imart) &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-magnifico-theo-imart-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une quinzaine de jours après avoir remporté le troisième prix du Paris Opera Competition, Théo Imart a présenté à Versailles un programme entièrement consacré aux cantates profanes pour voix seule de Vivaldi, un choix particulièrement exigeant mettant la voix à nu au sein d&#8217;un large spectre d’émotions et d&#8217;écritures musicales. Cette soirée s’est inscrite pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Une quinzaine de jours </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/paris-opera-competition-finale/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">après avoir remporté</span></a><span style="font-weight: 400;"> le troisième prix du Paris Opera Competition, </span><b>Théo Imart</b><span style="font-weight: 400;"> a présenté à Versailles un programme entièrement consacré aux cantates profanes pour voix seule de Vivaldi, un choix particulièrement exigeant mettant la voix à nu au sein d&rsquo;un large spectre d’émotions et d&rsquo;écritures musicales. Cette soirée s’est inscrite pour le contre-ténor dans un véritable marathon artistique : après avoir interprété </span><i><span style="font-weight: 400;">La Calisto</span></i><span style="font-weight: 400;"> dimanche dernier à Angers, Théo Imart a enchaîné les répétitions et les générales d’</span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante </span></i><span style="font-weight: 400;">de Haendel</span><span style="font-weight: 400;">, dans lequel il incarnera Polinesso dès le lendemain à Versailles. Le programme donné ce soir a été enregistré cet été et sera prochainement publié par le label Château de Versailles Spectacles.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans le merveilleux écrin du Salon d’Hercule, la voix de Théo Imart se projette avec une aisance idéale, ayant gagné en profondeur dans le grave tout en conservant de l&rsquo;éclat dans l’aigu. Le jeune contre-ténor parcourt ces sept cantates avec une facilité apparente et un naturel constant : les émotions, de la joie à la fureur, sont clairement dessinées sans jamais tomber dans l’emphase. Les pages marquées par la douleur ou l’abandon gagnent en intensité grâce à une diction nette et à un legato soigné. Dans les passages plus affirmés, Théo Imart déploie une énergie franche et une maîtrise impeccable des coloratures rapides. Toujours sensible, mais sans maniérisme, il offre des da capo d’une belle justesse d’expression. En en ultime bis, Théo Imart clôt ce marathon de cantates par </span><span style="font-weight: 400;">un poignant « Sento in seno », extrait de </span><i><span style="font-weight: 400;">Il Giustino</span></i><span style="font-weight: 400;">, soutenu par les délicats pizzicati des cordes.</span></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="634" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TheoImart-2-1024x634.jpg" alt="" class="wp-image-204734"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean-Christophe Chassagnes</sup></figcaption></figure>


<p><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;</span><b>Orchestre de l’Opéra Royal</b><span style="font-weight: 400;"> accompagne le chanteur tout d&rsquo;abord en petit ensemble de basse continue, dans lequel brillent le théorbe et la guitare de </span><b>Léa Masson</b><span style="font-weight: 400;">. Ce continuo très réactif, nourrit le relief dramatique, et ajoute contraste et respiration. Il faut dire que, de son clavecin/orgue, </span><b>Chloé de Guillebon</b><span style="font-weight: 400;"> mène l&rsquo;ensemble avec une impeccable précision, tout en ornementant et enrichissant la ligne de basse de façon toujours imaginative. L&rsquo;ensemble est rejoint en deuxième partie par trois violons et un alto, pour une dynamique ouverture de </span><i><span style="font-weight: 400;">L’Olimpiade </span></i><span style="font-weight: 400;">et deux cantates avec accompagnement orchestral.</span></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-magnifico-theo-imart-versailles/">Vivaldi Magnifico (Théo Imart) &#8211; Versailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>« Vivaldi et moi », un premier film au cinéma pour Damiano Michieletto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/vivaldi-et-moi-un-premier-film-au-cinema-pour-damiano-michieletto/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2025 09:38:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le metteur en scène Damiano Michieletto vient de réaliser son premier film au cinéma. Primavera (titre original) &#8211; Vivaldi et moi (titre français), est une libre adaptation de Stabat Mater, publié en 2009 par l&#8217;écrivain italien Tiziano Scarpa. Il y est question de Cecilia, abandonnée à sa naissance et recueillie par l&#8217;hospice de la Pietà, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le metteur en scène <strong>Damiano Michieletto</strong> vient de réaliser son premier film au cinéma. <em>Primavera </em>(titre original) &#8211; <em>Vivaldi et moi</em> (titre français), est une libre adaptation de <em>Stabat Mater,</em> publié en 2009 par l&rsquo;écrivain italien <strong>Tiziano Scarpa</strong>. Il y est question de Cecilia, abandonnée à sa naissance et recueillie par l&rsquo;hospice de la Pietà, à Venise, qui trouvera refuge dans l&rsquo;apprentissage du violon. L&rsquo;actrice <strong>Tecla Insolia</strong> incarne cette jeune orpheline, <strong>Michele Riondino</strong> est Vivaldi.</p>
<p>Le film a été présenté fin novembre <a href="https://cinema-histoire-pessac.fr/films/vivaldi-et-moi/" target="_blank" rel="noopener">au Festival international du Film d&rsquo;histoire</a> et devrait sortir en 2026 dans les salles françaises.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Primavera (2025) - Teaser (International)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/R2MB36m4XVI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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