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	<title>Maguelone - label - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Maguelone - label - Forum Opéra</title>
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		<title>Transalpin (Lou Benzoni Grosset &#038; Cyril van Ginneken)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/transalpin-lou-benzoni-grosset-cyril-van-ginneken/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Carte postale » avons-nous titré. En effet, le propos est aussi lapidaire (moins de 40&#8242;) que le texte que l’on griffonnait au verso du souvenir de vacances. L’enregistrement correspond aux pièces produites dans un spectacle lyrique centré sur la montagne (1), chère à Lou Benzoni Grosset, fière de ses origines savoyardes. Pour ce faire, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Carte postale » avons-nous titré. En effet, le propos est aussi lapidaire (moins de 40&prime;) que le texte que l’on griffonnait au verso du souvenir de vacances. L’enregistrement correspond aux pièces produites dans un spectacle lyrique centré sur la montagne (1), chère à <strong>Lou Benzoni Grosset</strong>, fière de ses origines savoyardes. Pour ce faire, elle a invité Roger Frison-Roche, mais aussi Ramuz et Mario Rigoni-Stern, comme Leone Sinigaglia, le compositeur alpiniste, tombé dans l’oubli.</p>
<p>N’ayant pas vu le spectacle, et ignorant les textes retenus, comme la trame, nous nous bornerons à l’écoute du CD, pris à l’égal d’un récital, alors que les enchaînements sont certainement imposés par la narration ou les évocations. Douze lieder (dont certains fort brefs), trois mélodies françaises, et deux en italien&#8230; L’allemand domine : Schubert, Schumann, Mendelssohn, Brahms, Wolf, évidemment. Choix opportun que celui du trop rare Déodat de Séverac et de Meyerbeer pour notre langue, Rossini et Sinigaglia pour l’Italie. Les Alpes en partage.</p>
<p>Les choix sont judicieux, les enchaînements harmonieux, pour des mélodies qui ont en commun leur fraîcheur, leur simplicité (encore que la tyrolienne de Rossini et le <em>Ranz des vaches</em> de Meyerbeer exigent une technique affinée). La voix, légère, aux aigus limpides, nous offre ici de petits bijoux, dans une parure le plus souvent séduisante. Encore que le piano, parfois prosaïque, déçoit dans <em>Im Haime</em> (D.738, de Schubert), trop appuyé (2) pris très lent, et dans l’introduction du <em>Ranz des vaches</em>, où l’écho est à peine suggéré.</p>
<p>Les Schumann sont empruntés au <em>Lieder-Album für die Jugend</em>, sans prétention autre que leur candeur souriante. <em>Des Knaben Berglied</em>, décidé, enfantin, nous ravit. <em>Schneeglockchen</em> nous rappelle l’interprétation de Lucia Popp. Touchant, le <em>Wiegenlied im Sommer,</em> de Wolf. Des <em>Soirées musicales</em>, de Rossini, l’ariette <em>La pastorella delle Alpi</em>, guillerette tyrolienne, nous fait sourire. On comprend mal le fait d’avoir retenu <em>Der Jäger</em> (<em>Die schöne Müllerin</em>) qui détonne un peu, d’autant que les références en sont abondantes. <em>Der Alpenjäger</em> (D.588b), sur un poème de Schiller, eut sans doute convenu davantage. La narration du <em>Winterlied</em> de Mendelssohn est bien conduite, sans atteindre au dramatisme. Même si leur référence est pyrénéenne, les deux mélodies de Séverac, que nous avait révélées François Le Roux, trouvent ici leur place, servies par deux interprètes de qualité. Les trois dernières pièces, pour des raisons spécifiques, retiennent notre attention. Plus qu’une curiosité, la <em>Montanina</em>, de Siniglia, nous invite à découvrir l’œuvre vocale de ce compositeur oublié, car son écriture, sans apprêt, ne manque pas de séduction. De Schubert, le <em>Schweitzer Lied</em>, sur un poème dialectal de Goethe, est rare et trouve ici pleinement sa place. Enfin, le <em>Ranz des vaches</em>, sur un texte de Scribe, que composa Meyerbeer, s’inscrit dans une fort ancienne tradition. Le texte de Scribe en est savoureux, et l’illustration musicale traditionnelle (souvenons-nous de l’ouverture de Guillaume Tell).</p>
<p>Un disque sincère, frais, qui s’écoute avec plaisir, particulièrement pour la voix de Lou Benzoni, parfaitement appropriée à ce répertoire. Mais, pourquoi n’avoir pas envisagé un complément, compte tenu de son minutage chiche ? Le sujet était propre à fournir tant d’autres mélodies.</p>
<pre>(1) Créé à Chamonix en 2023, repris à l’Auguste Théâtre (Paris XIe) l’année suivante, il y sera produit de nouveau à l’occasion de la sortie du disque, le 9 février. La mise en scène est confiée à Catherine Dune, et l’illustration en direct à Annie-Claire Alvoët. 
(2) Ecoutez Dalton Baldwin et Elly Ameling, d’une toute autre élégance.</pre>
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		<title>DUNI, L&#8217;Isle des Foux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/duni-lisle-des-foux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jul 2024 13:35:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la publication du Peintre amoureux de son modèle et des Deux Chasseurs et la Laitière, la reconnaissance d&#8217;Egidio Duni poursuit lentement son chemin avec cet enregistrement de L&#8217;Isle des Foux dont nous avions commenté récemment la version donnée en concert à l&#8217;Église Saint-Germain avec une équipe quasiment identique. Nous renvoyons donc nos lecteurs à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la publication du<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/duni-le-peintre-amoureux-de-son-modele-les-deux-chasseurs-et-la-laitiere/"><em> Peintre amoureux de son modèle</em> et des <em>Deux Chasseurs et la Laitière</em></a>, la reconnaissance d&rsquo;Egidio Duni poursuit lentement son chemin avec cet enregistrement de <em>L&rsquo;Isle des Foux </em>dont nous avions commenté récemment la version <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/duni-lisle-des-foux-paris-eglise-saint-germain-des-pres/">donnée en concert à l&rsquo;Église Saint-Germain</a> avec une équipe quasiment identique. Nous renvoyons donc nos lecteurs à ces précédents articles : au premier pour découvrir les théâtres de foires du XVIIIe siècle et la naissance de l&rsquo;opéra-comique, au second pour un résumé du livret du présent ouvrage et de la vie d&rsquo;Egidio Duni. En synthèse, Duni est né à Matera en 1708. Il parcourt l&rsquo;Europe et se fait remarquer à la cours francophile du Duché de Parme, ce qui l&rsquo;incite à s&rsquo;installer en France en 1757. Il est l&rsquo;un des inventeurs du vaudeville, qui deviendra progressivement l&rsquo;opéra-comique.<em>&nbsp;</em><em style="font-size: revert;">L’Isle des Foux</em><span style="font-size: revert;"> (1760) est dérivée d&rsquo;une comédie de Goldoni. Le nouveau gouverneur de l&rsquo;île doit, selon la tradition, libérer les fous qu&rsquo;il juge guéris. Aucun ne l&rsquo;est bien entendu : d&rsquo;ailleurs le gouverneur, réputé sain d&rsquo;esprit, a lui-même des comportements assez imprévisibles. Une petite intrigue </span>amoureuse est ajoutée à la farandole de personnalités déséquilibrées qui ont chacune droit à leur ariette. Le succès de l&rsquo;ouvrage est la démonstration de l&rsquo;inanité des théories rousseauistes sur la musique puisque Duni abandonne sa langue maternelle pour composer sur un livret en français. En guise d&rsquo;avertissement à son <em>Peintre amoureux de son modèle</em> (1757), Duni avait déjà déclaré : « Tandis qu&rsquo;à Paris un auteur s&rsquo;efforcoit de prouver que la Langue qu&rsquo;on y parle n&rsquo;étoit pas faites pour estre mise en Musique, Moi Italien à Parme je ne mettois en chant que des Paroles Françoises. Je suis venu ici rendre hommage à la Langue qui m&rsquo;a fourni la mélodie, du Sentiment, et des Images. L&rsquo;Auteur anti-François auroit dû aller en Italie et ne faire Chanter que des Paroles Italiennes ». Et v&rsquo;lan.</p>
<p>Le livret accompagnant le CD est d&rsquo;un très grand intérêt. Le chef et musicologue Iakovos Pappas y analyse le traitement bienveillant de la folie dans le livret d&rsquo;Anseaume et Marcouville, à une époque où les « maisons de fous » s&rsquo;apparentaient davantage à des prisons pour détenus dangereux. Son exceptionnelle érudition lui permet également de relever des aspects parodiques peu évidents pour un auditeur contemporain : citations musicales (<em>Platée</em>, <em>Dardanus</em>), ou dramatiques (<em>Le Cid</em>), « gouverneur »&nbsp;comme figure de Louis XV, calembours musicaux (la phrase « dire tout bas » est chantée&#8230; plus bas, c&rsquo;est-à-dire plus grave). Enfin, Pappas conclut par un amusant <em>Avertissement contre les N*****</em> (le titre est bien dans le style de ceux des pamphlets de l&rsquo;époque : il ne manque que le « Édité à Amsterdam ») : les N***** sont ceux que l&rsquo;auteur (qui aime bien la provoc&rsquo;) appelle les <em>ninananaux</em> : « niais-navrant-navet-naufrage », un terme par lequel il qualifie les enregistrements et spectacles supposément comiques mais « qui ne font rire personne et bailler beaucoup ». Par ailleurs auteur d&rsquo;un <em>Bréviaire du</em> <em>Récitatif</em>, Pappas insiste ici sur l&rsquo;attention à apporter à la déclamation et aux tons de voix utilisés pour accentuer les effets comiques.</p>
<p>Comme au concert, le ténor <strong>Christophe Crapez</strong> est un Fanfolin avec une belle autorité mais aussi du charme (il ne faut pas oublier qu&rsquo;il séduira Nicette : on ne peut donc en faire un barbon caricatural), et à la prononciation irréprochable. <strong>Chloé Jacob</strong> offre un beau timbre chaud aux couleurs variées, délicatement émouvante. La vis comica d&rsquo;<strong>Angelo Heck</strong>, l&rsquo;avare Sordide, est moins sensible sans support visuel mais sa belle voix de basse est toujours aussi séduisante. <strong>Jean-Christophe Born</strong> campe son Spendrif avec un humour juste. Contrairement au concert, le rôle de Brisefer est défendu par <strong>Charles Mesrines</strong> et non par Jean-Christophe Born. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/flotow-lombre-paris-grevin/">On y retrouve </a>ses belles qualités de timbre et une diction irréprochable. <strong>Élizabeth Fernandez</strong> et <strong>Ainhoa</strong> <strong>Zuazua Rubira</strong> sont d&rsquo;une joyeuse exubérance. Léger bémol : l&rsquo;uniformité de la prise de son. Certains chanteurs sont parfois captés trop loin du micro : de ce fait, avec la réverbération induite, le texte n&rsquo;est pas toujours facile à suivre. Dans d&rsquo;autres cas, c&rsquo;est la balance avec l&rsquo;orchestre qui se fait au détriment des voix.</p>
<p>Par rapport au concert accompagné au seul clavecin, l&rsquo;enregistrement bénéficie d&rsquo;un orchestre, ici l&rsquo;ensemble <strong>Almazis</strong>, composés de belles individualités (on a davantage l&rsquo;impression d&rsquo;avoir affaire à un ensemble de solistes qu&rsquo;à un orchestre uniforme). Les couleurs sont plaisantes, la formation est pleine de vivacité. A la tête de celle-ci, <strong>Iakovos Pappas</strong> insuffle un rythme virevoltant et léger. Sous sa direction, l&rsquo;orchestre intervient dans l&rsquo;action, par exemple par de légers effets comiques soulignant les paroles prononcées. On notera également la joyeuse cacophonie qui conclut la fin de l&rsquo;air « Malheur à qui soupire » ou la folie musicale qui illustre le finale. Au-delà de ces effets comiques, l&rsquo;orchestration de Duni apparait comme particulièrement léché pour une pochade humoristique. Il est à noter que le compositeur a choisi de ne pas composer d&rsquo;ouverture : comme au théâtre, on plonge ici directement dans l&rsquo;action. Le diapason utilisé est à 415 Hz (tempérament Rameau).</p>
<p>Au global, un CD qui met de bonne humeur : ce n&rsquo;est pas à négliger dans ces temps moroses. A quand la prochaine redécouverte ?</p>
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		<title>Armande de Polignac, mélodies et préludes pour piano</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/armande-de-polignac-melodies-et-preludes-pour-piano-stravinsky-au-feminin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Amateurs de partitions rares souvent cueillies dans les serres chaudes de la Belle-Epoque, la Compagnie de L’Oiseleur s’attache à raviver le souvenir d’Armande de Polignac (1876-1962), « une des grandes compositrices françaises du XXe siècle » d’après Florence Launay (auteure chez Fayard en 2006 des Compositrices en France au XIXe siècle) – à ne pas confondre avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Amateurs de partitions rares souvent cueillies dans les serres chaudes de la Belle-Epoque, la Compagnie de L’Oiseleur s’attache à raviver le souvenir d’Armande de Polignac (1876-1962), « une des grandes compositrices françaises du XX<sup>e</sup> siècle » d’après Florence Launay (auteure chez Fayard en 2006 des<em> Compositrices en France au XIXe siècle</em>) – à ne pas confondre avec la princesse Edmonde de Polignac, célèbre mécène dont le salon de musique accueillit Marcel Proust, entre autres personnalités fameuses.</p>
<p>Le choix apparaît judicieux en un siècle – le nôtre – qui cherche à rendre aux musiciennes une place longtemps refusée. La démarche ne saurait cependant être taxée d’opportunisme tant la découverte de ces quelques pièces – empruntées à un catalogue de plus de cent cinquante œuvres – suffit à convaincre du talent de celle que le critique Emile Vuillermoz considérait comme « une sorte de Stravinsky au féminin ».</p>
<p>Des mélodies, certaines réunies en cycles – <em>La flûte de jade</em> (1922), <em>L’Amour fardé</em> (1919)&#8230; – sont entrecoupées de préludes pour piano, voulus « fil conducteur » de l’enregistrement. D’un jeu qui épouse la limpidité ondoyante de l’écriture, <strong>Stéphanie Humeau</strong>  conduit effectivement le discours musical auquel <strong>Sabine Revault d’Allones</strong>, <strong>Sébastien Romignon Ercolini</strong> et <strong>Jacques François L’Oiseleur des Longchamps</strong> prêtent alternativement leur voix. L’excès de conviction, parfois préjudiciable à la délicatesse de ces partitions, est compensé par l’attention portée au texte, essentielle dans ce répertoire.</p>
<p>Armande de Polignac a composé deux opéras – <em>La Petite Sirène</em> (Nice, 1907), <em>Les Roses du Calife</em> (Paris, 1909). A quand leur exhumation sur une de nos scènes ?</p>
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		<item>
		<title>Augusta Holmès l&#039;Indomptable</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/augusta-holmes-lindomptable-beau-oui-comme-massenet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2019 04:00:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le disque Confidence de Julien Behr, sorti à l’automne dernier, figurait parmi les pages orchestrales « La Nuit et l’Amour », superbe composition qu’on aurait pu croire née de la plume de Massenet. Sauf que ce morceau n’était pas du chantre de la femme, mais l’œuvre d’une femme : Augusta Holmès, dont la reconnaissance tarde encore bien &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le disque <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/confidence-demi-caractere-demi-succes"><em>Confidence</em> de Julien Behr</a>, sorti à l’automne dernier, figurait parmi les pages orchestrales « La Nuit et l’Amour », superbe composition qu’on aurait pu croire née de la plume de Massenet. Sauf que ce morceau n’était pas du chantre de la femme, mais l’œuvre d’une femme : Augusta Holmès, dont la reconnaissance tarde encore bien indûment, à notre époque où l’on s’efforce avec raison de donner aux compositrices la place qui leur revient. De cinq ans la cadette du Stéphanois, Augusta Holmès ne saurait dont être soupçonnée d’avoir subi son influence, puisqu’elle a commencé à composer dès 1861, deux ans avant le Prix de Rome de Massenet. S’il y a une parenté, elle est dans la veine mélodique apparemment inépuisable, accompagnée d’une grande science de l’orchestration. Hélas, Holmès n’a pu faire jouer qu’un seul opéra – au Palais Garnier, malgré tout – même si son catalogue est riche en œuvres vocales.</p>
<p>Pas d’orchestre sur le disque que vient de faire paraître le label Maguelone, mais un choix parmi les quelque 180 mélodies composées par Augusta Holmès. Qui a eu cette excellente idée ? La soprano <strong>Aurélie Loilier</strong>, mise sur cette piste par L’Oiseleur des Longchamps, dont on ne saurait assez louer le travail de redécouverte de notre répertoire. Fascinée par cette compositrice, la chanteuse s’est aussi passionnée pour la vie privée hors-normes d’Augusta Holmès, courtisée par César Franck et par Saint-Saëns, entre autres, et qui vécut maritalement avec Catulle Mendès dont elle eut cinq enfants (ce qui lui valut notamment d’avoir Henri Barbusse pour gendre). Est ainsi né un spectacle donné en février dernier Salle Cortot, qui évoquait une artiste « indomptable », titre également choisi pour le disque : Aurélie Loilier s’y était fait la tête d’Augusta Holmès, avec ce casque de cheveux qu’on admire sur la toile qui valut le Prix de Rome 1866 à Henri Regnault, où elle apparaît en Thétis apportant à Achille les armes forgées par Vulcain.</p>
<p>Dès la première plage du disque, on ne peut à nouveau s’empêcher de penser à Massenet : même ligne caressante, même efficacité immédiate. « L’éternelle idole » aurait fait un magnifique air d’opéra et évoque les accents de Thaïs ou de la Salomé d’<em>Hérodiade.</em> Tout ne se situe pas à ce niveau d’inspiration, mais il y a de belles réussites dans ce programme plein de diversité. Fait étonnant, qui mérite d’être signalé : partant sans doute du principe qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même, et peut-être pour pousser le wagnérisme aussi loin que possible, Augusta Holmès écrivait elle-même les textes qu’elle mettait en musique. Les années de vie commune avec Catulle Mendès ont pu l’encourager dans la voie d’une mystique de la femme empreinte de sensualité. Et si elle était meilleure musicienne que poète, les vers de ses mélodies ne sont pas pires que ceux que Massenet – toujours lui – choisit tout au long de sa carrière. A part « Invocation » de 1867, le programme rassemble des œuvres composées entre 1884 et 1902, et donc de la maturité de la compositrice. Pas mons de dix premières mondiales au disque sur les seize mélodies gravées ici : autant dire qu’il y a encore du travail pour défricher. Evidemment, on retrouve le tube dont peu de gens savent que Holmès est l’auteur : <em>Trois anges sont venus ce soir</em>, chant de Noël popularisé au XXe siècle par Tino Rossi.</p>
<p>Soutenue sans aucune emphase déplacée par <strong>Qiaochu Li</strong> au piano, Aurélie Loilier interprète ces poèmes avec une diction qui garde sa clarté en s’élevant au-dessus de la portée (seule l’ « Invocation », fougueuse œuvre de jeunesse, qui cumule notes hautes et vélocité, excède apparemment les possibilités normales d’articulation). Les aigus ne font pas peur à la soprano, qui les donne avec facilité et générosité. Loin de cette internationalisation du chant qui a longtemps menacé nos artistes, la voix a les couleurs que l’on attend pour chanter en français, tout en évitant le piège du pointu ou du surarticulé.</p>
<p>Avis est donc donné à tous les chanteurs courageux : il leur reste encore plus de cent cinquante mélodies à explorer dans le catalogue d’Augusta Holmès.</p>
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		<title>César Franck, mélodies</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cesar-franck-melodies-un-enterrement-en-guise-de-resurrection/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2015 05:42:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le label Maguelone réédite un disque consacré aux mélodies de César Franck, gravé en 2002 et 2004. Anne-Catherine Gillet, que faisiez-vous alors ? Pourquoi, sans Lionel Lhote, des héros de la Belgique assembla-t-on l’élite ? Pourquoi, trop jeunes encore, ne pûtes-vous alors entrer dans le studio de l’enregistrement ? On peut comprendre qu’au moins une partie des interprètes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le label Maguelone réédite un disque consacré aux mélodies de César Franck, gravé en 2002 et 2004. Anne-Catherine Gillet, que faisiez-vous alors ? Pourquoi, sans Lionel Lhote, des héros de la Belgique assembla-t-on l’élite ? Pourquoi, trop jeunes encore, ne pûtes-vous alors entrer dans le studio de l’enregistrement ?</p>
<p>On peut comprendre qu’au moins une partie des interprètes aient été choisis pour leur nationalité : bien que naturalisé français, Cesar Franck est né belge, et c’est à Liège que fut récemment créé son opéra <em>Stradella</em>. Le pianiste est donc liégeois, et l’un des chanteurs l’est également, tous deux produits du Conservatoire de Liège. Mais s’il est louable de vouloir révéler les mélodies du <em>Pater Seraphicus</em>, encore eût-il fallu se donner les moyens de le faire de manière à les imposer à l’auditeur. Hélas, on est très loin du compte car les artistes réunis seraient bien en peine de transcender les limites de ces œuvres, ayant déjà fort à faire pour surmonter les problèmes que semble leur poser l’art du chant.</p>
<p>Dans les années 1990, le baryton belge Patrick Delcour incarnait à l’Opéra royal de Wallonie des personnages de premier plan, Dandini dans <em>La Cenerentola</em>, par exemple, mais il y tient désormais des troisièmes ou quatrièmes rôles (Ceprano dans <em>Rigoletto</em>). Dès les premières plages, on est interloqué par une redouble platitude d’intonation, comme si toutes les syllabes se valaient, avec notamment des e muets terriblement appuyés. La voix est souvent engorgée, et se cantonne dans un mezzo-forte uniforme.</p>
<p>Quant à Catherine Dune, sa présence s’explique d’autant moins qu’elle n’est même pas belge. Le timbre manque de chair, l’aigu devient vite désagréablement chevrotant. Desservies par ces deux chanteurs, les mélodies de César Franck paraissent bien ternes elles aussi, surtout si on a en tête ce que d’autres compositeurs ont fait des mêmes textes (« Ninon, que fais-tu de la vie »…). Les mélodies de jeunesse, assez platement strophiques, ne marqueront guère les esprits, et pour les autres, on en restera aux interprétations autrement plus vigoureuses de George Thill, Gérard Souzay ou Dietrich Fischer-Dieskau.</p>
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