- WEINBERG, La Passagère – Toulouse, du 23 janvier au 29 janvier
- L’œuvre, inspirée d’un récit autobiographique sur l’après-guerre et l’Holocauste, n’a jamais été montée en France auparavant.
- L’intrigue – la rencontre entre une survivante d’Auschwitz et une ancienne gardienne de camp durant une croisière – mêle tragédie, ironie et lyrisme avec une intensité dramatique remarquable.
- Créée à Innsbruck, la mise en scène de Johannes Reitmeier a été désignée « meilleure production d’opéra » par le Prix autrichien du Théâtre musical en 2023.
- TCHAIKOVSKY, Eugène Onéguine – Paris (Garnier), du 26 janvier au 27 février
- Le nouveau directeur musical de l’Opéra national de Paris, Semyon Bychkov, dirige Tchaïkovski comme peu savent le faire, entre tension dramatique et lyrisme incandescent.
- La première mise en scène lyrique de Ralph Fiennes, très attendue, promet une lecture épurée, psychologique, au plus près des tourments de Pouchkine.
- Le retour de Susan Graham sur la scène du Palais Garnier, fût-ce dans le rôle secondaire de Madame Larina, ravive de doux souvenirs – Dorabella (1996), Octavian (1997), Sesto (199 et 2005), Iphigénie (2006) : voilà qui ne nous rajeunit pas…
- GASPARINI, L’Avare – Caen, du 3 au 5 mars (puis à Rennes, Paris, Reims, La Rochelle, Amiens et Versailles)
- Intermezzo du XVIIIᵉ siècle, l’œuvre resserre la comédie de Molière en trois actes portés par un humour vif et une musique expressive d’une séduction immédiate.
- La direction musicale de Vincent Dumestre est gage d’élan dramatique, de précision et d’un sens aigu du théâtre musical.
- La mise en scène de Théophile Gasselin veut rendre la comédie accessible et vivante pour le public contemporain, sans la desservir.
- ADAMS, The Death of Klinghoffer – Florence, du 19 au 26 avril
- Présentée pour la première fois à Florence (et la deuxième en Italie), cette production offre au cinéaste Luca Guadagnino (Call me by your name, Queer…) son premier engagement lyrique.
- Avec pour argument le détournement en octobre 1985 du bateau de croisière l’Achille Lauro par des terroristes du Front de libération de la Palestine, l’opéra de John Adams est d’une actualité brûlante – et sensible.
- Sous la direction de Lawrence Renes, grand spécialiste du répertoire d’Adams, la distribution s’articule autour de Laurent Naouri et Susan Bullock en couple Klinghoffer.
- DONIZETTI, Lucie de Lamermoor – Paris (Opéra Comique), du 30 avril au 10 mai
- La version française de Lucia di Lamermoor n’est pas une traduction mais une véritable adaptation du chef d’œuvre de Donizetti, supervisée par le compositeur lui-même – l’occasion de relever et d’apprécier les nombreuses différences, notamment l’air « Regnava nel silenzio » remplacé par « Que n’avons-nous des ailes » tiré de Rosmonda d’Inghilterra.
- Après Lakmé et Ophélie, Sabine Devieilhe revient à l’Opéra-Comique pour une nouvelle prise de rôle dont elle coche toutes les cases, la tessiture de Lucie étant plus aiguë que celle de Lucia.
- Au-delà du rôle-titre, la distribution fait valoir de sérieux atouts : Etienne Dupuis, un des plus dignes représentants du chant français aujourd’hui ; Léo Vermot-Desroches dans son premier grand rôle sur une scène parisienne ; l’excellent Edwin Crossley-Mercer en Raymond ; et dans un rôle moins important, Sahy Ratia, encore auréolé du succès de Robinson Crusoé cet automne au Théâtre des Champs-Elysées.
- MERNIER, Bartleby – Liège, du 13 au 21 mai
- Création mondiale, Bartleby est le troisième opéra de Benoît Mernier, après Frühlings Erwachen (L’Éveil du Printemps) et La Dispute. Né en 1964 à Bastogne en Wallonie, le compositeur est reconnu pour son sens aigu du théâtre, sa langue musicale claire, structurée et enfin, son respect de la prosodie, de la respiration et de l’intelligibilité vocale.
- Cette dernière qualité est d’autant plus appréciable que le livret de Bartleby, inspiré de la nouvelle de Melville, est signé par Sylvain Fort, bien connu de nos lecteurs – et au-delà – pour l’élégance incisive de sa plume.
- Le couplage de Bartleby avec La Voix humaine de Poulenc propose un double plateau qui explore sous deux angles complémentaires les thèmes de l’abandon, de la communication et du lien humain.
- OFFENBACH, La Vie parisienne – Paris (Châtelet), du 12 juin au 11 juillet
- Après le succès de La Cage aux Folles, le Théâtre du Châtelet confirme sa vocation de scène populaire et comique au sein du paysage lyrique parisien.
- Contrairement aux autres grands opéras bouffes d’Offenbach, La Vie parisienne a été écrite pour une troupe de comédiens et non de chanteurs. C’est dans cette optique originelle que s’inscrit le partenariat avec la Comédie Française.
- Pour mettre en scène le plus parisien des chefs d’œuvre d’Offenbach, Valérie Lesort s’est inspirée d’un monde animal à même de dénoncer les travers du nôtre – « l’occasion d’un spectacle joyeux et ludique à l’imaginaire débridé » pour les amateurs de relecture originale, les partisans de la tradition préfèreront s’abstenir.
- STRAUSS, Die Frau ohne Schatten – Aix-en-Provence, du 3 au 15 juillet
- Présentée dans le cadre du Festival d’Aix, aux côtés d’œuvres comme La Flûte enchantée et le Requiem de Mozart, La Femme sans ombre s’inscrit dans une réflexion sur l’humanité, l’ombre et la lumière — autant de motifs puissants qui résonnent bien au-delà de la scène.
- Œuvre monstrueuse par son effectif orchestral démesuré, par son écriture vocale extrême, et par sa dramaturgie symbolique difficile à mettre en scène, La Femme sans ombre n’a pas si souvent les honneurs de l’affiche. Sa programmation à Aix-en-Provence pour la première fois dans l’histoire du Festival crée l’événement.
- Portée par des voix de premier plan — Michael Spyres, Vida Miknevičiūtė, Nina Stemme et Tamara Wilson — sous la direction du chef Klaus Mäkelä et mise en scène de Barrie Kosky, cette production promet une incarnation vocale et théâtrale de haut vol.
- WAGNER, Der Ring des Nibelungen – Bayreuth, du 27 juillet au 16 août
- Le Ring souffle ses 150 bougies en 2026. Les plus matheux d’entre nous relèveront l’usage du nombre 10010110 pour désigner cette nouvelle production, 10010110 en code binaire étant égal à 150 en base 10. CQFD.
- Toute Tétralogie est en soi incontournable. Celle que propose Bayreuth cet été reposera sur une scénographie générée grâce à l’intelligence artificielle à partir de productions passées. Pour le meilleur ou pour le pire ?
- Pour contrebalancer les risques pris avec la mise en scène, la distribution s’appuie sur quelques valeurs sures du chant wagnérien. Klaus Florian Vogt (Siegmund et Siegfried), Michael Volle (Wotan), Elza van den Heever (Sieglinde), Camilla Nylund (Brunhilde) : du côté des voix, au moins pas de surprise…
- MESSIAEN, Saint François d’Assise – Salzbourg, du 4 au 23 août
- 2026 est l’année du 800e anniversaire de la mort de Saint François d’Assise ce qui donne une résonance particulière à la programmation de l’unique opéra de Messiaen, voulue comme une invitation à suivre le « chemin de grâce » du saint et à vivre une expérience lyrique et spirituelle d’une intensité rare.
- Chef-d’œuvre absolu du XXᵉ siècle, exceptionnel tant par sa force spirituelle que par la richesse de sa musique, Saint François d’Assise occupe dans la seconde moitié du siècle une place comparable à celle de Tristan und Isolde chez Wagner : un monument
- Cette production artistique majeure, pensée pour l’acoustique et l’esthétique unique du lieu, réunit le metteur en scène Romeo Castellucci et le chef Maxime Pascal, avec le baryton Philippe Sly dans le rôle-titre, pour une exploration profondément humaine et métaphysique dont nul ne devrait sortir indemne.
