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	<title>Die Fledermaus - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Die Fledermaus - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>STRAUSS – Die Fledermaus (Liège)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Dec 2025 17:53:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Afficher La Chauve-souris en période de fêtes de fin d’année est une tradition, mais le faire en 2025 c’est également un hommage rendu à son compositeur Johann Strauss, dont on célèbre cette année le bicentenaire de la naissance. L’Opéra Royal de Wallonie a eu de surcroît l’excellente idée de faire appel à Olivier Lepelletier pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Afficher <em>La Chauve-souris</em> en période de fêtes de fin d’année est une tradition, mais le faire en 2025 c’est également un hommage rendu à son compositeur Johann Strauss, dont on célèbre cette année le bicentenaire de la naissance. L’Opéra Royal de Wallonie a eu de surcroît l’excellente idée de faire appel à <strong>Olivier Lepelletier</strong> pour assurer la mise en scène de sa nouvelle production de l’ouvrage. Comme on pouvait s’y attendre, le régisseur du Moulin Rouge a concocté un spectacle féérique dans de somptueux décors signés <strong>Hernán Peñuela</strong>, en tirant l’œuvre vers la comédie musicale. L’intrigue est située à Los Angeles dans les années 80, à l’époque des grandes séries américaines qui mettaient en scène des personnages richissimes, évoluant dans les hautes sphères de la société. Ainsi, le premier acte se déroule dans un fastueux duplex, qu’aurait pu habiter la famille Carrington dans Dynastie. C’est là que vit le couple Eisenstein. Un salon luxueusement meublé occupe le plateau, au fond, un grand escalier qui mène à l’étage supérieur et derrière, une immense baie vitrée avec vue sur des gratte-ciel et des palmiers. Sur les murs, un tableau représentant le maître de maison côté jardin et côté cour une toile sur laquelle figure le visage démultiplié de son épouse, à la manière d’Andy Warhol.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Fledermaus-©J.-BergerORW-Liege-2-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-205540"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J. Berger ORW Liège</sup></figcaption></figure>


<p>Le deuxième acte se déroule à l’intérieur d’un cabaret aux teintes bleutées, richement éclairé par des guirlandes d’ampoules blanches. Une troupe de danseurs qui semblent tout droit sortis d’une revue, évolue au rythme de la musique parmi les invités. ceux-ci sont accueillis par Ivan, drag-queen aux cheveux peroxydés, qui joue les majordomes de service. Le prince Orlofsky, travesti en Marlène Dietrich, porte une robe en lamé doré avant de réapparaître en homme vêtu de noir. On pense bien sûr au film <em>Victor Victoria</em> dans lequel une comédienne incarne un homme qui se travestit en femme. Les références cinématographiques ou musicales sont nombreuses dans ce spectacle. Ainsi, Alfred vêtu comme une petite frappe, jeans et blouson de cuir, évoque le jeune George Michael dont il fredonne le « tube » <em>Last Christmas</em> en entrant en scène à l’acte un. L’un des temps forts de ce tableau est l’apparition d’<strong>Anne-Catherine Gillet </strong>en maîtresse SM, cuissardes noires et fouet à la main, qui descend l’escalier en chantant sa Czardas. Auparavant, <strong>Enkeleda Kamani</strong> aura interprété « Mein Herr Marquis », dans une chorégraphie digne de Zizi Jeanmaire,  entourée de boys agitant des éventails en plumes. L’acte se termine par un cancan endiablé sous une pluie de confettis dorés dans un délire de couleurs, de lumières et de joie de vivre. Le dernier acte nous emmène à l’intérieur une prison pour VIP, entourée d’immenses buildings. Les portes des cellules, que l’on devine luxueuses, sont capitonnées de tissu doré. Derrière un paravent, Ivan troque sa tenue de drag Queen contre un uniforme de gardien de prison.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Fledermaus-©J.-BergerORW-Liege-14-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-205548"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J. Berger ORW Liège</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution réunit des interprètes aussi homogènes vocalement que convaincants théâtralement. Tous semblent prendre un plaisir fou à jouer dans ce spectacle roboratif et leur enthousiasme est communicatif. <strong>Marion Bauwens</strong> possède une voix fruitée qui ne passe pas inaperçue dans le bref rôle d’Ida. <strong>Creatine Price</strong>, alias <strong>Jordan Weatherston Pitts</strong>, qui fut finaliste de La France a un incroyable talent, fait une composition à la fois drôle et hallucinante dans le double rôle d’Ivan et de Frosch. <strong>Samuel Namotte</strong>, irréprochable Frank, <strong>Maxime Melnik</strong> hilarant Dr Blind, et <strong>Pierre Doyen</strong>, Docteur Falke malicieux, complètent avec bonheur cette galerie de seconds rôles contrastés. La performance de <strong>Christina Bock</strong> en prince Orlofsky travesti, est en tout point remarquable, la mezzo-soprano interprète son air « Ich lade gern mir Gäste ein » avec goût, en évitant de tomber dans l’excès, le timbre est chatoyant, la ligne de chant soignée. <strong>Enkeleda Kamani</strong> campe une Adèle légère et mutine avec une voix fraîche qui a tendance cependant à plafonner dans le suraigu. Doté d’un timbre juvénile, <strong>Filip Filipović</strong> est un Alfred irrésistible, un rien désinvolte. <strong>Markus Werba</strong> qui incarnait un Valentin ombrageux dans Faust en septembre dernier, se révèle ici un pétillant Gabriel von Eisenstein, volage mais attachant. Le timbre est clair, la voix solide et le comédien accompli. <strong>Anne-Catherine</strong> <strong>Gillet</strong> campe une Rosalinde proche de l’idéal. Doté d’un timbre brillant la soprano possède une technique aguerrie et une ligne de chant soignée. Très à l’aise sur le plateau, elle porte avec une élégance naturelle les costumes sophistiqués qui lui sont dévolus. Son numéro de séduction dans la Czardas impeccablement chantée, lui a valu une belle ovation.</p>
<p>Saluons enfin les prestations irréprochables des chœurs et des danseurs, omniprésents sur la scène, dont les chorégraphies soignées ont été réglées par <strong>Carmine De Amicis</strong> ainsi que les superbes costumes dus à <strong>David Belugou</strong>.</p>
<p>Pour ses débuts à Liège, <strong>Nikolas Nägele</strong> tire admirablement son épingle du jeu en proposant une direction vive et contrastée, trouvant le juste équilibre entre les pages mélancoliques et les scènes de fêtes, joyeuses et débridées, qu’il anime avec précision, contribuant ainsi au succès de ce spectacle éblouissant.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-liege/">STRAUSS – Die Fledermaus (Liège)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>STRAUSS, Die Fledermaus &#8211; Zurich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-zurich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 05:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rosalinde rêve d’une carrière de chanteuse (comme c’est Golda Schultz ça ne semble pas hors de portée). Mme von Eisenstein en effet n’est pas satisfaite de sa vie. Comme nous tous, du moins c’est le postulat de Anna Bernreitner, la metteuse en scène de cette pétulante et irrésistible Chauve-Souris. Qui, vue par elle, devient une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Rosalinde rêve d’une carrière de chanteuse (comme c’est <strong>Golda Schultz</strong> ça ne semble pas hors de portée). Mme von Eisenstein en effet n’est pas satisfaite de sa vie. Comme nous tous, du moins c’est le postulat de <strong>Anna Bernreitner</strong>, la metteuse en scène de cette pétulante et irrésistible Chauve-Souris. Qui, vue par elle, devient une parabole sur le destin : a-t-on le choix de devenir (ou pas) ce que l’on est ? Le point culminant – et la surprise – de cette lecture sera au troisième acte l’apparition de trois Nornes, – oui comme dans <em>Götterdämmerung –</em>, lesquelles disposeront de la destinée des personnages ! <br />Dit ainsi, cela semble présager un spectacle indigeste, or c’est tout le contraire. C’est extrêmement drôle, et même enthousiasmant, sous la baguette d’un<strong> Lorenzo Viotti</strong>, dessinant toutes les finesses de l’orchestration, sans cesser d’électriser le mouvement.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="679" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_khp_c_herwig_prammer_r5_8200-1024x679.jpeg" alt="" class="wp-image-204775"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Golda Schultz et Regula Mühlemann © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une parabole sur le destin</strong></h4>
<p>Oui, Rosalinde rentre du travail avec sa mallette marquée d’une croix rouge (est-elle médecin ou infirmière ?) et aussitôt elle est alpaguée par son employée de maison, l’électrique Adèle – <strong>Regula Mühlemann,</strong> volcanique, qui déjà dans la lecture de la lettre de sa sœur Ana, son premier air, nous avait gratifiés d’une vocalise délirante, et qui meugle son désespoir : sa vieille tante serait malade – mensonge-prétexte pour aller au bal chez Orlofsky. La jeune soprano suisse sera l’une des deux triomphatrices de la soirée.</p>
<p>Cette maison Eisenstein, dont on découvrira les différentes pièces à mesure que les murs s’envoleront et que canapés ou table à manger monteront des dessous de la scène, est certes élégante avec son toit en ardoise, mais elle est grise et entourée d’une haie haute, comme pour symboliser la vie enfermée de la rieuse Rosalinde (rieuse car c’est Golda Schultz, qui dégage une énergie vitale et une force comique à démentir les présupposés moroses de Mme Bernreitner). <br />Comme pour annoncer les orages à venir, on voit côté jardin une manière de sculpture contemporaine, un gigantesque éclair jaune tombant d’un nuage gris. Et le déclencheur des orages désirés, ce pourrait bien être Alfred qui débarque sur ces entrefaites avec ses pantalons <em>pattes d’éph</em> et ses biceps un peu enveloppés de vieux rocker. Et de vieux complice de Rosalinde.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="679" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_khp_c_herwig_prammer_r1_4473-1024x679.jpeg" alt="" class="wp-image-204771"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Golda Schultz et Andrew Owens (Alfred) © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une vieille histoire de teen-agers et de chauve-souris</strong></h4>
<p>Car nous avons appris au détour d’un petit film (aussi maladroit que superflu d’ailleurs, projeté pendant l’ouverture) que, quand ils étaient des <em>teen-agers</em>, les Eisenstein, Falke et Alfred avaient formé un groupe rock accompagnant une Rosalinde en boa&#8230; Et que tous s’étaient brouillés à cause d’une obscure histoire de masques de chauve-souris, vilaine farce tendue par Eisenstein à l’innocent Falke, et origine de la vengeance qu’on va voir s’accomplir au fil de l’opérette.</p>
<p>Rosalinde a donc deux amoureux : le sage Falke et le survolté Alfred (<strong>Andrew Owens</strong>, voix claire et trompetante, second degré assumé) et un fastidieux mari, l’agaçant Eisenstein, auquel <strong>Matthias Klinck</strong> prête ses coq-à-l’âne, ses attitudes démantibulées, sa fantaisie incongrue (tout ce qu’il avait déjà cultivé dans sa mirobolante création d’un Loge à la Jack Sparrow dans le récent <em>Rheingold</em> zurichois).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_ohp_c_herwig_prammer_r1_0047b-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-204945"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Yannick Debus (Falke) et Matthias Klink (Eisenstein) © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<p>Grands moments du premier acte, les deux scènes successives d&rsquo;Eisenstein, d’abord avec le chafouin Blind, son avocat (<strong>Nathan Haller</strong>, excellent dans le trio survolté « Nein, mit solchen Advokaten », aux changements de tempo irrésistibles), puis avec son ami-ennemi Falke (<strong>Yannick Debus</strong>, baryton de velours) dans leur duo complice, « Komm mit mir zum Souper », où à nouveau on remarque la subtilité de Lorenzo Viotti, distillant les moindres inflexions rythmiques.</p>
<h4><strong>Le charme fou de Golda Schultz </strong></h4>
<p>Et que dire de la drôlerie de Golda Schultz dans son « Nun muss allein ich bleiben », au faux pathétique souligné par le trompette solo : de grands moyens vocaux, une ligne de chant grandiose, un humour radieux (partagé par l’orchestre et son chef, décidément brillants).<br />Une Rosalinde toujours nostalgique de sa vocation de chanteuse… Astucieusement, le duo « Trinke Liebchen, trinke schnell » deviendra une manière de scène de répétition entre Alfred, jouant les chefs de chant, et Rosalinde, tâtonnant d’abord, puis laissant s’envoler sa voix, prélude à un premier final éblouissant et vaudevillesque, avec Alfred disparaissant sous la table, entrée du majestueux Frank, le directeur de la prison (<strong>Ruben Drole</strong>, qui porte bien son nom) et quiproquo indémêlable, jusqu’au trio « Mein schönes grosses Vogelhaus », mené à un train d’enfer. Un premier acte d&rsquo;anthologie, autant la bande-son que l’image !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_ohp_c_herwig_prammer_r1_9895b-1024x681.jpeg" alt="" class="wp-image-204946"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Matthias Klink et Nathan Haller (Blind) © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Les plaisirs de l’Île enchantée</strong></h4>
<p>« Chacun a son goût ! » proclamera le prince Orlofsky. Comme lui (elle ?), Anna Bernreitner fait de la grande fête du deuxième acte une célébration de la liberté, un lieu de tous les possibles, à l’image des costumes carnavalesques du chœur des invités, « Ein Souper heut’ uns winkt ». Costumes pétaradants, décor de plage idyllique sous les tropiques, avec palmiers et volcan fumant, la mise en scène penche résolument vers le style music-hall, voire le cabaret transformiste avec le numéro délirant de <strong>Marina Viotti</strong> : le prince, surenchérissant sur son ambiguïté sexuelle (<em>Mann oder Frau ?</em>) disparaît dans une vaste robe d’un orange tonitruant sous une énorme chevelure type barbe-à-papa. Son air d’entrée « Ich lade gern mir Gäste ein », avec accent français caricatural, amusera beaucoup le public zurichois.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="680" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_ohp_c_herwig_prammer_r1_1306b-1024x680.jpeg" alt="" class="wp-image-204947"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Matthias Flink et Yannick Debus © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<p>Au fil de cette fête chez le prince, et d’un savant crescendo d’intensité, on aura de plus en plus le sentiment d’une <em>Fledermaus</em> portée par la direction à la fois survitaminée et subtile de Lorenzo Viotti, largement autant que par l&rsquo;inventivité de la metteuse en scène.</p>
<p>Et ponctuée de brillants numéros, tels les brillants couplets d’Adele, « Mein Herr Marquis », que Regula Mühlemann, très en verve, adornera de trilles et de coloratures endiablées, pour finir par un contre-<em>ré</em> spectaculaire.</p>
<p>Ou l’espiègle « Hit the road Jack », vieux tube de Ray Charles, que s’offre au passage Rosalinde, toujours rockeuse dans l’âme… (Golda Schultz, plus <em>bluesy</em> que nature…)</p>
<h4><strong>Le fil délicat entre comédie et vocalité</strong></h4>
<p>Emballante aussi, la scène drolatique de séduction entre un Eisenstein éméché (Matthias Klink, comédien décidément délicieux) et une Rosalinde qu’il ne reconnaît pas, métamorphosée en star hollywoodienne (robe glamour, perruque blanche et lunettes bordées de strass), glissant vers leur duo, « Dieser Anstand, so manierlich », virevoltant sur le fil acrobatique entre comédie et virtuosité vocale (kyrielle de coloratures acrobatiques de Golda Schultz dans la strette).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_ohp_c_herwig_prammer_r5_1001b-1024x681.jpeg" alt="" class="wp-image-204948"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Klänge der Freiheit (Golda Schultz) © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<p>Mais son apothéose, ce sera son « Klänge der Freiheit » – et non pas « der Heimat », le côté Czardas étant gommé au profit d’une célébration de la liberté : au fond du décor, un panneau se tournera pour laisser apparaître un coquillage nacré, qui s’ouvrira pour révéler, comme dans une comédie musicale de Busby Berkeley, une Rosalinde emplumée et endiamantée… et une éblouissante Golda Schultz, la voix rayonnante, enfilant les notes hautes, les trilles, les vocalises, comme autant de perles, avec une projection, une pureté de timbre et un abattage vocal étourdissants, avançant jusqu’au proscenium pour aller cueillir une ovation inépuisable, et un baiser de son soupirant Falke, au nez et à la barbe d’un Eisenstein dans les brumes de l’alcool.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_khp_c_herwig_prammer_r5_9537-1024x681.jpeg" alt="" class="wp-image-204777"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Brüderlein und Schwesterlein (final de l&rsquo;acte II) © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<p>Le final du II sera aussi brillant que celui du I : d’abord le trépidant galop « Im Feuerstrom der Reben » (Anna Bernreitner à l’évidence sait maîtriser les mouvements de foule et le délire général), puis une séquence très singulière, commençant avec le voluptueux « Brüderlein und Schwesterlein » de Falke, où Yannick Debus peut déployer son cantabile le plus voluptueux, pour amener un rallentando général étonnant, comme si, dans la lumière bleue, soudain le temps s’immobilisait.</p>
<h4><strong>Un moment de grâce suspendue</strong></h4>
<p>Une ambiance de fin de soirée, un peu mélancolique, presque contemplative, un tempo de valse lente, des couleurs d’orchestre pastellisées, reprises par le chœur et Marina Viotti, un moment de grâce suspendue et une nouvelle démonstration du talent et du brio (et du plaisir) de Lorenzo Viotti à mettre en valeur les richesses cachées de la plus fameuse des opérettes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="691" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_ohp_c_herwig_prammer_r1_1770b-691x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-204949"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Golda Schultz et Matthias Klink © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Mango !</strong></h4>
<p>Après quoi, rupture totale, tombera on ne sait d’où un éclatant « Mambo » rapatrié de <em>West Side Story</em> (et d’ailleurs plutôt « Mango ! » pour des questions de droit…), débouchant sur un déferlant galop tempétueux, et sur une valse finale enivrante. Magistrale fin d’acte !</p>
<p>On n’en aura pas fini avec les surprises.</p>
<p>D’abord, avec, en guise d’intermède avant le troisième acte, le temps de replier l’île enchantée et de la remplacer par les portes de la prison, une <em>Tritsch-Tratsch-Polka</em> qui, envahie de rythmes afro-cubains, se transformera en « Triqui Traqui », un détournement très drôle dû à Paul Desenne (concocté pour Gustavo Dudamel et El Sistema), et les huit danseurs se déchaîneront sur cette friandise exotique…</p>
<p>Puis avec un troisième acte, réécrit par la satiriste suisse <strong>Patti Basler</strong>, et mettant en scène trois Nornes se substituant au gardien de prison Frosch, et leurs considérations sur le destin, bavardes voire prolixes, aux élucubrations avinées du vieux bonhomme. Vêtues de voiles blanc, et dénommées (énigmatiquement) Skuld, Verdandi et Urd, elles vont intervenir dans les vies d’Adele et de Rosalinde.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_ohp_c_herwig_prammer_r1_2289b-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-204950"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les Nornes et Frank (Ruben Drole) © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<p>Avouons qu’on sera plus sensible à la poésie de leur danse lente avec un Frank aviné, qui s’endormira comme un gros enfant épuisé au pied d’un des murs de sa prison, qu’à leurs propos un peu longuets, mais qui d’ailleurs feront sourire le public (heureux de leurs allusions au contexte local).</p>
<p>En tout cas, elles dissuaderont Adele (qui rêve d’une carrière de chanteuse, à l’instar de Rosalinde) de prendre pour protecteur ce Frank avec lequel elle avait flirté au deuxième acte… Adèle qui chantera délicieusement son « Spiel ich die Unschuld vom Lande » : Regula Mühlemann, à grand renforts de trilles conquérants, dessine avec brio un personnage de femme libérée, audacieuse et fine mouche.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_ohp_c_herwig_prammer_r5_1452b-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-204951"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Regula Mühlemann (Adele au troisième acte) © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<p>Ce troisième acte est toujours un peu laborieux… C’est le moment où l’opérette se souvient un peu trop de la pièce de théâtre dont elle est issue. Il s’agit de désembrouiller un quiproquo venu du premier acte. Par bonheur Johann Strauss (qui se souvenait sans doute du Mozart des <em>Noces</em>) a réussi un brillant trio d’explication, entre Eisenstein (prenant l’aspect de l’avocat Blind), Alfred sorti de la cellule où on l’avait enfermé par erreur et la rusée Rosalinde. Lorenzo Viotti dirige avec élégance cette conversation en musique, toute en changements de rythmes et de climats, où Golda Schultz (qui a chanté Suzanna et la Comtesse) est rayonnante, tandis qu’Eisenstein et Alfred en viennent quasi aux mains, avant que ne survienne Falke pour le dénouement.</p>
<h4><strong>Dilemme féministe</strong></h4>
<p>C’est là que Verdandi, la Norne n° 2, va proposer à Rosalinde de choisir entre trois options : <br />A : Falke, « mais il ne fait que projeter ses rêves de jeunesse sur toi » ;<br />B : Eisenstein, « mais son lien conjugal est une chaîne de fer, souple comme un élastique de son côté, mais inébranlable quand il s&rsquo;agit de tes rêves » ;<br />C : Alfred, « mais il te transformera en Helene Fischer ou Beatrice Egli » (NDLR : deux chanteuses de variété dont apparemment les noms parlent au public zurichois…)</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="678" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/fledermaus_ohp_c_herwig_prammer_r5_1539b-1024x678.jpeg" alt="" class="wp-image-204952"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Tous en scène pour le final © Herwig Prammer</sub></figcaption></figure>


<p>Évidemment, Rosalinde n&rsquo;optera pour aucun des trois et, choisissant son destin, poursuivra seule sa route… Et tout s’achèvera par un final rutilant, et sur la conclusion, que tout ça en somme, c’était la faute du champagne…</p>
<p>Et sur un véritable triomphe public, que laissaient prévoir un cast irréprochable, une direction d’orchestre brillantissime et une mise en scène – et une direction d’acteurs – aussi festives qu’astucieuses.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Trailer – Die Fledermaus – Opernhaus Zürich" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/a63kUwY-GEE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>L&#8217;Opéra de Vienne rend hommage à Otto Schenk</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lopera-de-vienne-rend-hommage-a-otto-schenk/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2025 16:16:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous l’annoncions dans nos colonnes, le metteur en scène viennois Otto Schenk est décédé le 9 janvier dernier à l’âge de 94 ans. Le Wiener Staatsoper, où il a tant été présent, a décidé de lui rendre hommage en mettant en avant quelques-unes de ses plus marquantes mises en scène. C&#8217;est pourquoi le site internet &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous l’annoncions <a href="https://www.forumopera.com/breve/deces-dotto-schenk/">dans nos colonnes</a>, le metteur en scène viennois Otto Schenk est décédé le 9 janvier dernier à l’âge de 94 ans. Le Wiener Staatsoper, où il a tant été présent, a décidé de lui rendre hommage en mettant en avant quelques-unes de ses plus marquantes mises en scène. C&rsquo;est pourquoi le <a href="https://play.wiener-staatsoper.at/">site internet</a> de l&rsquo;Opéra d&rsquo;Etat met en accès libre le streaming de captations prestigieuses. Ainsi <em>L’Elisir d’amore</em> (<strong>Nazarova</strong>, <strong>Volkov</strong>),  <em>Der Rosenkavalier</em> (<strong>Kleiber</strong> / <strong>Lott</strong>, <strong>Moll</strong>, <strong>von</strong> <strong>Otter</strong>, <strong>Hornik</strong>, <strong>Bonney</strong>), <em>Ariadne auf Naxos</em> (<strong>Lindsey</strong>, <strong>Davidsen</strong>, <strong>Spyres</strong>), <em>Die Fledermaus</em> (<strong>de</strong> <strong>Billy</strong>, <strong>Nigl</strong>, <strong>Sabirova</strong>), <em>Andrea Chénier</em> (<strong>Harteros</strong>, <strong>Kaufmann</strong>), <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em> (<strong>Thielemann</strong> / <strong>Anger</strong>, <strong>Kaimbacher</strong>, <strong>Pelz</strong>), <em>Fidelio</em> (<strong>Vogt</strong>, <strong>Kampe</strong>) sont-ils à consommer sans modération jusqu’au 31 janvier 2025.</p>
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		<title>STRAUSS, Die Fledermaus – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un an quasiment jour pour jour après avoir été montée au Théâtre des Champs-Élysées, la production de Die Fledermaus en version de concert est présentée au Festspielhaus de Baden-Baden pour deux représentations dont la première, ce vendredi soir, a rencontré un beau succès. Déjà au TCE, le spectacle avait été ovationné, comme nous le raconte &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un an quasiment jour pour jour après avoir été montée au Théâtre des Champs-Élysées, la production de <em>Die Fledermaus</em> en version de concert est présentée au Festspielhaus de Baden-Baden pour deux représentations dont la première, ce vendredi soir, a rencontré un beau succès. Déjà au TCE, le spectacle avait été ovationné, comme nous le raconte <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ii-die-fledermaus-paris-tce/">Audrey Bouctot</a>&nbsp;; à Baden, le public est tout aussi preneur de la vision francophile proposée de ce monument de la culture germanique.</p>
<p>Il faut dire que la mise en espace de <strong>Romain Gilbert</strong> est tout à fait remarquable, pétillante et virevoltante à souhait. Comme pour <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gluck-orfeo-ed-euridice-baden-baden/">Orfeo ed Euridice</a></em> il y a quelques jours à peine, les versions de concert du Festspielhaus sont en quelque sorte des mises en scène déguisées qui se suffisent largement à elles-mêmes. Tous les chanteurs incarnent leur rôle à la perfection, merveilleusement dirigés par le Français qui sait les placer et les faire se mouvoir comme d’authentiques stars de théâtre. Tous en font des tonnes, mais juste ce qu’il faut pour ne pas sombrer dans le grotesque ou le ridicule. Le chant peut dès lors se déployer aussi librement qu’avantageusement et correspondre à des personnages de chair, un vrai régal pour les spectateurs présents, dont les zygomatiques sont sollicités de la première à la dernière minute d’un spectacle survolté.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Fledermaus_Andrea_Kremper_1-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-179385"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Andrea Kremper</sup></figcaption></figure>


<p>De tout ce déploiement d’énergie, c’est Adèle qui est la meneuse la plus brillante. Il faut la voir se trémousser, se prendre dans les câbles avant de les mettre en connexion, illuminant le grand sapin de Noël jusque-là sagement enrubanné par une myriade de Led. C’est à croire qu’elle aurait avalé la guirlande électrique tant la jeune soprano allemande brille et irradie, chantant toujours un peu plus fort que les autres, ne reculant devant aucune vocalise périlleuse mais magistralement envoyée et maîtrisée. Bref, montée sur ressorts, aussi effrontée et adorablement insupportable que son personnage de soubrette qui en connaît un rayon et va se faire sa place au soleil, <strong>Alina Wunderlin</strong> est partout et se débrouille pour tirer la couverture à soi en toutes circonstances. Épatante et en roue libre, voici une chanteuse qu’on est ravie de découvrir enfin (elle a pourtant pas mal de rôles de colorature à son actif) et qu’on va se faire un plaisir de suivre, en lui souhaitant une longue carrière pleine de peps et de brio. Le timbre est séduisant, les aigus percutants et agiles, la technique sûre dans tous les registres.</p>
<p>À ses côtés, tous tirent leur épingle du jeu et nous offrent de belles prestations, avec en tête un <strong>Huw Montague Rendall </strong>plus rentier décontracté et séducteur que nature, timbre velouté et lumineux, tessiture homogène et science de l’abattage. Tout juste pourrait-on reprocher au baryton britannique et à son Eisenstein de ne pas adopter plus souvent l’accent viennois, ce qui est d’ailleurs le cas de l’ensemble des protagonistes. Son camarade vengeur Falke est impeccablement servi par le baryton croate <strong>Leon Košavić</strong>, qui donne à son personnage beaucoup de charisme. Tout aussi épatant, le Frank du baryton <strong>Michael Kraus</strong>, authentique viennois et inénarrable facétieux. Le ténor Magnus Dietrich n’est pas en reste, qui nous ravit d’aigus percutants une fois sur le devant de la scène, alors qu’il faisait presque pâle figure quand il donnait la sérénade à la maîtresse de maison du fond de la scène. Laquelle est magistralement campée par <strong>Iulia Maria Dan</strong>, maîtresse femme, un rien fatale et autoritaire, mais tout en nuances et en raffinements. Une bien belle Rosalinde, dont la voix se marie merveilleusement avec celle de ses partenaires. La mezzo ukrainienne <strong>Ekaterina Chayka-Rubinstein</strong>, très drôle en Orlofsky qui déloge le chef de son pupitre, nous propose cependant un prince blasé un peu trop sage. On aurait bien aimé pouvoir la comparer avec Marina Viotti prévue pour le même rôle dans la seconde distribution.</p>
<p>À la tête des <strong>Musiciens du Louvre</strong> en grande forme, <strong>Marc Minkowski</strong> semble prendre beaucoup de plaisir à ce répertoire dont il arrive, avec sa phalange, à restituer toute la subtilité, la sensualité et le brio. Constamment tourné vers les solistes chanteurs, la complicité est totale et le tout se déguste comme un bon champagne. Le chef a cependant le triomphe modeste. À peine arrivé sous un tonnerre d’applaudissements, il commence sans s’attarder ; pour les saluts, il fait s’avancer tout l’orchestre au bord de la rampe (il y a de la place au Festspielhaus) et se positionne derrière sa formation et les choristes, très en voix. Une bien belle réussite.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-baden-baden/">STRAUSS, Die Fledermaus – Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Gala d&#8217;adieux d&#8217;Antonio Pappano &#8211; Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-dadieux-dantonio-pappano-londres-roh/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 May 2024 06:27:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand Antonio Pappano prend la direction musicale du Royal Opera House en 2002, il a déjà derrière lui dix années à la tête de l&#8217;Orchestre de la Monnaie où il a été nommé à seulement 32 ans. Parallèlement, le chef anglais dirige l&#8217;orchestre de l&#8217;Accademia Santa Cecilia à Rome depuis 2005. Répétiteur au New York &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand Antonio Pappano prend la direction musicale du Royal Opera House en 2002, il a déjà derrière lui dix années à la tête de l&rsquo;Orchestre de la Monnaie où il a été nommé à seulement 32 ans. Parallèlement, le chef anglais dirige l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Accademia Santa Cecilia à Rome depuis 2005. Répétiteur au New York City Opera à seulement 21 ans, Antonio Pappano aura donc  consacré plus de quatre décennies essentiellement au théâtre, dont plus de 700 représentations à Covent Garden, et souhaitait légitimement passer à d&rsquo;autres défis. C&rsquo;est chose faite depuis sa nomination en 2021 à la tête du London Symphony Orchestra pour succéder à Simon Rattle, comme directeur musical désigné en 2023-24, et prochainement comme chef principal à partir de septembre 2024. Choisi en octobre 2022, Jakub Hrůša le remplacera en tant que directeur musical à compter de septembre 2025, <a href="https://www.forumopera.com/breve/2024-25-covent-garden-une-saison-de-transition/">la période intermédiaire servant de transition.</a> Antonio Pappano n&rsquo;abandonne pas totalement le lyrique pour autant puisqu&rsquo;il dirigera <em>La Rondine</em> en concert avec le LSO en décembre 2024 et reviendra au Royal Opera pour <em>Die Walküre</em> en mai 2025.</p>
<p>C&rsquo;est une salle surchauffée et enthousiaste qui a donc accueilli <strong>Antonio Pappano</strong> à son arrivée en fosse. La température a encore monté de quelques degrés lorsque l&rsquo;orchestre a entamé le <em>God Save the King</em>, repris par la salle à pleins poumons, l&rsquo;hymne signalant la présence du roi Charles III, présence espérée mais <a href="https://www.forumopera.com/breve/charles-iii-ovationne-au-gala-dadieux-dantonio-pappano/">confirmée très peu de temps avant le concert</a>. Antonio Pappano ouvre le bal avec l&rsquo;ouverture des <em>Nozze di Figaro</em>, alerte mais de style traditionnel comme on s&rsquo;en doute. Le ton est donc donné, celui d&rsquo;une « folle soirée ». En effet, à quelques exceptions près, le programme sera enjoué et la soirée placée sous le signe de la fête. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-londres/">Triomphatrice de récentes <em>Carmen</em> au Royal Opera</a> (un ouvrage qu&rsquo;elle reprendra la saison prochaine), <strong>Aigul Akhmetshina</strong> est tout aussi captivante en Rosina du <em>Barbiere di Siviglia</em>, un autre de ses rôles-signatures. Sa très belle contribution au trio final du <em>Rosenkavalier</em> laisse également présager une éventuelle carrière dans les pas d’une Frederica von Stade. Elle est accompagnée du jeune <strong>Huw Montague Rendall</strong>, baryton élégant et virevoltant, particulièrement remarquable dans le duo de <em>Don Pasquale</em> où il réussit à merveille le <em>canto silábico </em>(1) aux côtés d’un <strong>Carlos Álvarez </strong>un peu moins souple : une <em>vis comica </em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/pelleas-et-melisande-rouen-un-chef-et-quatre-prises-de-role/">qu’on n’attendrait pas nécessairement d’un excellent Pelléas</a>. Le baryton espagnol est en revanche tout à fait à l’aise dans son autre scène de ce même opéra, aux côtés d’une délicieuse <strong>Lisette Oropesa</strong> en très grande forme et toujours aussi bête de scène. Le soprano sait également trouver des trésors de délicatesse pour le trio du <em>Rosenkavalier</em>. <strong>Nadine Sierra</strong> et <strong>Xabier Anduaga </strong>q<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-londres-roh/">ui ont également triomphé récemment dans <em>Lucia di Lammermoor</em> </a>se retrouvent pour deux extraits de <em>Rigoletto</em> : le quatuor du dernier acte, « Bella figlia dell&rsquo;amore » (avec Aigul Akhmetshina et Amartuvshin Enkhbat) qui met particulièrement en valeur la voix claire et bien projetée du ténor basque, et surtout le duo « Signor né principe », donné sans coupures, et conclu par un impressionnant <em>ut</em> dièse à l’unisson. Une fois de plus le soprano américain sait faire montre d’une émotion à fleur de peau. On notera une très belle Giovana en la personne de <strong>Veena Akama-Makia </strong>et la belle voix de basse de <strong>Jeremy White</strong>. Très attendu, <strong>Jonas Kaufmann</strong> chante d’abord le duo de <em>Die Fledermaus </em>aux côtés d’une <strong>Diana Damrau</strong> totalement déjantée, rare occasion de voir ces deux artistes exceller dans le registre de la comédie. On retrouve Jonas Kaufmann dans le répertoire tragique pour le dernier duo de<em> La Forza del Destino, </em>« Le minaccie, i fieri accenti », <em> </em>avec le remarquable <strong>Amartuvshin Enkhbat</strong>, modèle de chant verdien<em>. </em>Un peu précautionneux, le ténor allemand ne semble pas tout à fait remis de ses problèmes de santé, mais son interprétation reste toujours un grand moment de musicalité. Le duo est suivi du trio final, qui permet d’apprécier l’excellente basse, <strong>Insung Sim</strong>, chanteur racé injustement méconnu au regard de plus de vingt années de scène. En grande forme, <strong>Sondra Radvanovsky </strong>ne fait qu’une bouchée du trio, mais c’est surtout dans le duo « Teco io sto » d&rsquo;<em>Un Ballo in maschera</em>  qu&rsquo;elle se révèle le plus excitant, ce qui augure bien de ses prochaines Maddalena di Coigny d’<em>Andrea Chénier </em>dans ces mêmes lieux fin mai. Face à ce faste vocal, le ténor britannique<strong> Freddie De Tommaso</strong> n’est pas en reste et les deux partenaires concluent leur duo passionné avec un contre-ut d’une étonnante facilité pour des voix plutôt dramatiques. Les extraits d&rsquo;<em>I Lombardi alla prima crociata </em>valent en particulier pour le magnifique violon solo de <strong>Vasko Vassilev</strong>. <strong>Ermonela Jaho</strong> est tout aussi émouvante qu’incompréhensible dans son duo de <em>Thaïs</em> aux côtés d’un <strong>Gerald Finley </strong>au français parfaitement articulé et à l’interprétation vibrante. Enfin, le vétéran <strong>Bryn Terfel </strong>aborde le « Te Deum » de <em>Tosca</em> avec un histrionisme réjouissant. Outre le « Te Deum », les chœurs du Royal Opera House sont également mobilisés pour <em>Nabucco</em>, <em>Guillaume</em> <em>Tell</em> et, plus étonnamment, <em>I Pagliacci </em>: ils  démontrent le niveau d&rsquo;excellence auquel ils sont parvenus depuis quelques années. Seconde pièce entièrement orchestrale, l&rsquo;<em>Intermezzo</em> de <em>Manon</em> <em>Lescaut</em> est un des plus beaux qui soient avec une direction au scalpel et un orchestre totalement impliqué. Enfin, le programme s’achève sur le sublime finale de <em>Guillaume Tell</em> dont Antonio Pappano fait un puissant moment d’émotion. On pourra s’étonner toutefois de l’absence de Wagner dans ce programme : une Chevauchée des Walkyries ou un simple « Winterstürme » n’auraient pas refroidi l’ambiance.</p>
<p>Journaliste spécialisé dans la musique classique, présentateur télé (il anime la retransmission du concert du nouvel an viennois depuis 2011) et contributeur à de nombreuses œuvres en faveur de la diffusion de la musique, <strong>Petroc Trelawny</strong> anime la soirée en vrai professionnel, avec sobriété et intelligence. Deux séries de témoignages vidéos, un brin longuets, viennent également ponctuer l’hommage au maestro. Les extraits lyriques sont joués en version semi-scénique dans un décor unique, sans saluts individuels entre les différents morceaux, ce qui accentue la fluidité de la soirée. À la fin du spectacle, Antonio Pappano est acclamé sur scène, entouré de ses solistes, des chœurs et de l’orchestre. À la surprise générale, le roi Charles alors vient en personne se joindre à l’équipe, félicitant chaleureusement un maestro tout sourire, et déclenchant une tempête d’applaudissements hystériques. Une soirée unique à tous les sens du terme.</p>
<pre>1. Dans le <em>canto silábico</em>, chaque syllabe correspond à une note. Associé à un débit très rapide, <a href="https://youtu.be/cssPOwU1jNo?t=299">comme c'est le cas dans <em>Don Pasquale</em></a><a href="https://youtu.be/Aa2_FyYMPgk?t=268"><em>, </em></a>il est supposé produire  un effet comique.</pre>
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		<title>STRAUSS (Johann II), Die Fledermaus &#8211; Toulon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-johann-ii-die-fledermaus-toulon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Dec 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La troisième opérette de Johann Strauss, inusable, n’a pas fini de nous divertir, et cette période festive la plébiscite (1). Coproduite par Angers-Nantes Opéra, Rennes et Toulon (2), cette Chauve-souris aura dû attendre deux ans, presque jour pour jour, pour se poser dans cette dernière, pour cause de Covid. Seuls changements, en dehors du vaste &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La troisième opérette de Johann Strauss, inusable, n’a pas fini de nous divertir, et cette période festive la plébiscite (1). Coproduite par Angers-Nantes Opéra, Rennes et Toulon (2), cette <em>Chauve-souris</em> aura dû attendre deux ans, presque jour pour jour, pour se poser dans cette dernière, pour cause de Covid. Seuls changements, en dehors du vaste cadre du Zénith, l’orchestre et les chœurs, la direction et deux des solistes. Le cadre scénique du Zénith (3) a été réduit à celui d’un théâtre à l’italienne, et l’on oublierait vite le site, n’étaient l’inconfort des sièges et l’acoustique, qui contraint à l’amplification des chanteurs.</p>
<p>Chef-d’œuvre du genre, apprécié tant pour son écriture musicale que pour la vivacité de son livret, quelles qu’en soient les invraisemblances, la <em>Chauve-souris </em>est exigeante, qu’il s’agisse de la direction, de l’orchestre, des chœurs et des solistes. Ces derniers se doivent d’être aussi comédiens que chanteurs. Ils sont servis ce soir par une mise en scène d’une grande classe, intelligente, cocasse, toujours efficace, d’autant qu’elle s’accompagne d’une direction d’acteurs millimétrée. Dès l’ouverture, une élégante galerie de cadres d’un intérieur <em>Mitteleuropa</em>, où apparaissent les protagonistes, sera le moyen de les présenter au public. Tout le premier acte, avec ingéniosité et malice prendra place dans cette collection de castelets ou fenêtres par où l’on communique. Ce vaste mur galerie s’ouvrira au deuxième, pour la fête chez le prince Orlofsky. Un escalier monumental, mobile, que l’on retrouvera au III, et des rideaux lamés dorés permettront de multiples changements à vue. Enfin, la prison du dernier acte, évidemment sombre, sera figurée par des échafaudages métalliques dont les chanteurs emprunteront les escaliers descendant aux geôles. L’éclairage cru des néons verticaux sera complété par des faisceaux animés de torches. Les lumières recherchées de <strong>Kevin Briand</strong> participent pleinement au régal visuel. <strong>Jean</strong> <strong>Lacornerie</strong>, qui signe la mise en scène, nous vaut aussi des costumes plus élégants et recherchés les uns que les autres.  La scénographie de <strong>Bruno de Lavenère</strong> et la dramaturgie de <strong>Katja Krüger</strong> s’y conjuguent pour le meilleur.</p>
<p>La production d’ouvrages lyriques en langue étrangère – particulièrement ceux où les passages parlés sont conséquents – pose parfois problème. Soit la version originale est conservée dans son intégralité, avec sur-titrage, soit une adaptation des textes est substituée dans la langue d’usage. Se pose alors la capacité des chanteurs à maîtriser également les deux langues. Ce soir, le choix a été de confier l’essentiel des dialogues à une comédienne, quels que soient les personnages. Entre Monsieur Loyal et une meneuse de revue, la narratrice, <strong>Anne Girouard</strong>, dont il faut saluer l’engagement et la performance, fait partie des découvertes. Cependant, si le procédé fait mouche au premier acte, malgré son artifice de faire mimer par les chanteurs les propos qu’ils auraient dû tenir, l’émission affectée, nasale – contrefaite pour correspondre aux caractérisations (4) – le débit très rapide, les ajouts discutables et longs lassent vite. Le caractère léger, élégant, allusif, disparaît progressivement au profit de la gouaille. Ainsi, s’ouvrant sur l’ébriété de Frosch (le gardien de prison, incarné par la narratrice) rejoint par son directeur, Frank, le dernier acte, plombé par le mélodrame, s’étire longuement : cela relève davantage de la gaudriole, du comique troupier, vulgaire, que du champagne qui pétille. L’ambiguïté faisait partie des ingrédients : Orlofsky, le jeune prince androgyne chaussé de hauts talons, les danseurs hommes en tutus ou en tenues de femmes de chambre. Alors que tout semblait réuni pour un spectacle d’exception, associant les expressions les plus variées, toutes les contributions (y compris les tours de magie), quel dommage que les promesses de l’enchantement du début n’aient été tenues !</p>
<p>La distribution, aguerrie, ne comporte que deux nouveaux venus. C’est dire que l’équipe est soudée, complice, et s’amuse autant que le public des facéties et quiproquos nombreux qui émaillent l’ouvrage (5). La soubrette délurée est<strong> Claire de Sévigné</strong>, une Adèle d’exception, à l’incroyable aisance scénique et vocale. L’émission séduit, jeune, virtuose, aux aigus clairs, à la ligne souple, à l’articulation parfaite.  « Mein Herr Marquis<em> </em>» est un régal, tout comme « Spiel ich die Unschuld vom Laude », le chic est là pour ces friandises – exigeantes en diable – que l’on savoure. Gabriel von Eisenstein, le mari volage, sûr de lui, est confié à <strong>Stephan Genz</strong>, émission chaude de baryton, toujours en parfaite santé vocale. <strong>Eleonore Marguerre</strong> est Rosalinde, l’épouse qui se venge, après avoir cédé à Alfred. Le chant est riche, sensuel, et la palette expressive large, pour camper cette bourgeoise qui s’encanaille. Si sa <em>Czardas</em> du deuxième acte nous laisse un peu sur notre faim, ses autres interventions sont bienvenues. On s’étonne que son masque, indispensable chez Orlofsky, ne soit pas visible de la salle, lorsqu’elle séduit son propre époux et lui soutire la montre. L’Alfred de <strong>Valentin Thil</strong>, nouveau venu dans cette distribution, s’y coule avec brio : l’amoureux sincère est juste, qui reconquiert le cœur de Rosalinde. Le ténor a la voix corsée et le panache attendus. <strong>Thomas Tatzl </strong>prête son jeu et sa voix à Falke, qui assure avec délectation la vengeance de la Chauve-souris. La séduction est bien là, la voix, bien timbrée, et la présence scénique indéniable. Le Frank incarné par <strong>Horst Lamnek</strong> convainc pleinement tant par son comique que par son chant. <strong>Tamara Gura</strong> endosse maintenant les habits du Prince Orlofsky. Le jeune fêtard de dix-huit ans (dont l’expérience vaut celle d’un homme de quarante ans) paraît bien sage, statique, même si la voix, androgyne, aux solides graves, ne manque pas d’attraits. La piquante Ida (<strong>Veronika Seghers</strong>) et le Docteur Blind (<strong>François Piolino</strong>) complètent avantageusement une belle distribution. Leur jeu est juste et les voix sont appréciées.</p>
<p>Comme attendu, les ensembles se signalent par leur qualité (irrésistible, le trio Rosalinde, Adele et Gabriel, du premier acte, le septuor « Brüderlein, Schwesterlein » du II…). Les chœurs, celui des invités qui ouvre la fête du II, celui du champagne, ne sont pas moins admirables, d’autant que la présence scénique des chanteurs est animée à souhait. N’oublions pas les six danseurs, qui se mêlent aux fêtards pour produire des chorégraphies bienvenues.</p>
<p>L’orchestre de la création rennaise avait été réduit à 25 musiciens pour des raisons sanitaires. Rien de tel, heureusement pour cette série toulonnaise, où l’Orchestre de l’opéra, en grande formation, est conduit par <strong>Léo Warynski</strong>, dont l’expérience chorale est bien connue. L’esprit viennois, l’élégance raffinée, la sensualité sont bien présents : jamais l’orchestre ne se départit de cette retenue, de cette souplesse caressante de la valse, de ces accents endiablés des nombreuses danses. L’attention constante portée aux voix permet de les valoriser dans un écrin aussi séduisant que le décor du premier acte.</p>
<p>Florilège d’airs populaires ou devenus populaires, ce devait pétiller, avec griserie, sans une once de vulgarité, et il faut reconnaître que le bonheur souriant est fréquemment au rendez-vous. Cependant, le spectacle n’a pas tenu toutes ses promesses, par le choix d’une narratrice d’une part, et par le ton franchouillard qu’elle donne à ses interventions, jurant avec la légèreté frivole et élégante de l’ouvrage.</p>
<pre>(1) Sans oublier celle qu’offrait le TCE il y a peu, mis en espace, la substantifique moëlle,  extraite par Marie-Laure Machado en est le parfait reflet (lien <a href="https://www.forumopera.com/breve/streamings-et-radios-grand-souper-de-pipistrelles/?fbclid=IwAR0aluK1IfYuCNbqGn4X7Mt3LrcNjyv3E___t_G9UbnVEXt4p95DT2LyTxw">https://www.forumopera.com/breve/streamings-et-radios-grand-souper-de-pipistrelles/?fbclid=IwAR0aluK1IfYuCNbqGn4X7Mt3LrcNjyv3E___t_G9UbnVEXt4p95DT2LyTxw</a> ). 
(2) La pandémie avait exclu le public des salles, mais la diffusion la plus large avait été assurée dans de nombreuses villes. Notre consoeur Tania Bracq en avait rendu compte (Sortir du cadre https://www.forumopera.com/spectacle/la-chauve-souris-rennes-sortir-du-cadre/). Avignon, avec un public en salle, avait ensuite repris la production, à l’Opéra Confluence, avant la réouverture de la salle historique, rénovée. 
(3) La rénovation de la salle de l’opéra a contraint ce dernier à développer sa programmation en divers autres lieux. 
(4) Adèle, la femme de chambre est ainsi desservie par la voix de poissonnière que lui donne la narratrice. 
(5) Alfred se fait passer pour Eisenstein, ce dernier sera le Marquis Renard, puis l’avocat, Frank, le directeur de la prison, s’anoblit en chevalier Chargrin, Adèle se mue en Olga, et Rosalinde en Comtesse hongroise.</pre>
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		<title>STRAUSS II, Die Fledermaus &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ii-die-fledermaus-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Audrey Bouctot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Dec 2023 05:44:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bal masqué, champagne, valses et polkas, pétillement, la Chauve-Souris est la promesse d’une fête et cette promesse a été tenue magistralement ce soir, la représentation s’achevant auréolée d’une standing ovation. La mise en espace proposée par Romain Gilbert fonctionne à merveille et parvient à faire oublier le désagrément de la version de concert tant la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Bal masqué, champagne, valses et polkas, pétillement, la <em>Chauve-Souris</em> est la promesse d’une fête et cette promesse a été tenue magistralement ce soir, la représentation s’achevant auréolée d’une standing ovation.</p>
<p>La mise en espace proposée par <strong>Romain Gilbert</strong> fonctionne à merveille et parvient à faire oublier le désagrément de la version de concert tant la dimension théâtrale est présente, portée par une troupe d’artistes autant acteurs que chanteurs. Le plaisir qu’ils prennent tous à participer à cette production est palpable. Parfaitement germanophones, les artistes ont enchanté le public de leur diction parlée et chantée.</p>
<p>Globalement homogène et de grande qualité, le plateau a été toutefois largement dominé par l’incandescent Orlofsky de <strong>Marina Viotti</strong>, et l’époustouflant Falke de <strong>Leon Kosavic</strong>, les deux compères farceurs de la soirée. Les couleurs cuivrées de la voix insolente de beauté et parfaitement projetée de la mezzo-soprano, mêlées à la puissance des graves du jeune baryton croate ont subjugué l’auditoire, au même titre que leur prestation théâtrale. Marina Viotti a même révélé ses talents de chauffeur de salle et de chef d’orchestre en délogeant <strong>Marc Minkowski</strong> au début de la Danse Russe.</p>
<p>Le reste de la distribution s’est avérée tout aussi remarquable, à commencer par la délicieuse Adèle d’<strong>Alina</strong> <strong>Wunderlin</strong>. Espiègle, facétieuse, la jeune soprano allemande est l’incarnation joyeuse de son personnage. Avec ses aigus d’une facilité déconcertante et sa remarquable homogénéité de registre, elle vient aisément à bout de ses 2 airs malgré les tempi souvent trop rapides de Marc Minkowski qui heureusement ne perturbent pas la précision de ses vocalises moqueuses dans « Mein Herr Marquis »</p>
<p>Ce tourbillon orchestral finira par gêner quelque peu la Rosalinde de <strong>Jacquelyn Stucker</strong> dans son Csardas après nous avoir régalés de ses échanges mordants avec l’Alfred du truculent <strong>Magnus Dietrich</strong> et son mari Eisenstein, interprété au pied levé par l’excellent <strong>Christoph Feller</strong> en remplacement de <strong>Huw Montague Rendall</strong>, souffrant.  A noter aussi le Frank haut en couleurs de <strong>Michael Kraus</strong>, irrésistible Chevalier Chagrin !</p>
<p>A l’issue de la représentation, c’est non sans émotion que Marc Minkowski s’adressa au public pour dédier à la paix le bis proposé, extrait de l’acte II lors du bal chez le Prince Orlofsky : « Brüderlein und Schwesterlein ».</p>
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		<title>STRAUSS, Fledermaus &#8211; Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-fledermaus-gand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Gand, même pour une représentation en matinée, le public porte beau ; bijoux, robes chatoyantes et nœuds papillon concourent à faire de cette Fledermaus une préfiguration d&#8217;un réveillon réussi puisque c&#8217;est un public debout qui acclame les artistes à l&#8217;issue de la séance. Sur scène, l&#8217;orchestre pléthorique d&#8217;une soixantaine de musiciens trône en majesté. Il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A Gand, même pour une représentation en matinée, le public porte beau ; bijoux, robes chatoyantes et nœuds papillon concourent à faire de cette <em>Fledermaus</em> une préfiguration d&rsquo;un réveillon réussi puisque c&rsquo;est un public debout qui acclame les artistes à l&rsquo;issue de la séance.</p>
<p>Sur scène, l&rsquo;orchestre pléthorique d&rsquo;une soixantaine de musiciens trône en majesté. Il offre un son chaud, généreux. Les nuances enrichissent l&rsquo;expressivité des valses tout comme la netteté des attaques . Tout cela est éminemment musical mais également très théâtral du fait de la personnalité singulière du chef, <strong>Alexander Joel</strong>.<br />
Ce dernier cabotine avec décontraction, se contente parfois d&rsquo;écouter, adossé à son pupitre, jambes négligemment croisées ou se penche vers l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des musiciens pour lui donner son entrée d&rsquo;un regard engageant. Lorsqu&rsquo;il se saisit de sa baguette c&rsquo;est pour des moments où jubilent la musique et la danse.<br />
Parfaitement confiant dans le <strong>Symfonisch Orkest Opera Ballet Vlaanderen</strong>, une phalange qu&rsquo;il connaît bien, il s&rsquo;amuse donc visiblement et interagit même à plusieurs reprises avec les chanteurs, claquant la bise à l&rsquo;un, gratifiant Adèle d&rsquo;une mouchoir pour sécher ses larmes de crocodile pour la plus grande joie du public.</p>
<p>Il faut dire que cette distanciation avec le sujet est au cœur du travail du metteur en scène <strong>Tom</strong> <strong>Goossens</strong>. Connu ici pour ses adaptations en néerlandais du <em>Barbier de Séville</em> de Rossini ou encore de la trilogie Da Ponte de Mozart, nous avions découvert son travail travers ce printemps avec les <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-gand/"><em>Nozze </em></a>avant de le retrouver l&rsquo;été dernier à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-ou-le-roi-samuse-saint-cere/">Saint-Céré</a> dans une manifestation extrême de son goût pour le patchwork avec une version au confluent de la musique et de la littérature du <em>Rigoletto</em> de Verdi et du <em>Roi s’amuse</em> de Victor Hugo.</p>
<p>Comme Jean Lacornerie à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-chauve-souris-rennes-sortir-du-cadre/">Rennes </a>dans une version à applaudir début 2024 ou Guy Joosten au théâtre de la Monnaie en 2012, Tom Goossens allège les dialogues en les confiant à <strong>Tania Van der</strong> <strong>Sanden</strong>, Madame Loyale hilarante, qui actualise naturellement le propos – en flamand – de clins d’œil modernes ou politiques, souligne l&rsquo;absurdité de l&rsquo;histoire ou coupe les passages fastidieux.</p>
<pre class="components-resizable-box__container has-show-handle"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die-fledermaus-totaal.01_51_22_14.Still012-1024x576.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est die-fledermaus-totaal.01_51_22_14.Still012-1024x576.jpg." /></pre>
<pre style="text-align: center;">Die Fledermaus © Opera Ballet Vlaanderen</pre>
<p>Bien qu&rsquo;il cantonne sa mise en espace au proscenium et réduise la scénographie à une porte, une lampe et quelques accessoires, le metteur en scène propose un déroulé aussi drôle que vivant, sans temps mort qui ne trouve sa limite qu&rsquo;au second acte où les chanteurs sont un peu trop souvent en rang d&rsquo;oignon, sans doute par manque de temps de répétition. Le chœur de l&rsquo;opéra, cantonné au fond scène mais très impliqué vocalement, ne participe à la fête que de loin.</p>
<p>Les chanteurs s&#8217;emparent du concept avec un bel engagement scénique tout en faisant montre d&rsquo;une fine compréhension du répertoire. Les dictions sont excellentes, les ensembles fonctionnent parfaitement, en particulier l&rsquo;excellent « Brüderlein ».</p>
<p>L&rsquo;Eisenstein de <strong>Christoph Strehl</strong> est très convainquant bien qu&rsquo;il peine trop souvent à passer l&rsquo;orchestre pourtant installé derrière lui. Le duo avec son épouse « Dieser Anstand, so manierlich » est l&rsquo;occasion de profiter d&rsquo;un timbre tout en douceur et en moelleux pour un très beau moment musical.</p>
<p>Le trio féminin est plein d&rsquo;allant, chacune dans son style. Toutes trois sont très expressives. Elles ne sont dupes de rien, multipliant les regards entendus qui contredisent leurs propos et mâtine d&rsquo;ironie cette intrigue abracadabrante.<br />
La Rosalinde de <strong>Caterina Marchesini</strong> profite d&rsquo;une voix large, bien maîtrisée, aux médiums amples, aux graves bien campés et d&rsquo;un magnifique sens des nuances qui font de la Csárdás « Klänge der Heimat » un vrai régal.</p>
<p><strong>Maria Chabounia</strong>, pour sa part est une Adèle pimpante à la voix agile qui se marie délicieusement avec celle de sa maîtresse dans le duettino « Ach, ich darf nicht hin zu dir ». Le legato est particulièrement séduisant dans « Mein Herr Marquis » qui pourrait être plus jubilatoire dans la coda mais prouve sa remarquable intelligence scénique puisque chaque vocalise explicite un sentiment ou une opinion. Narrative, aucune n&rsquo;est jamais gratuite. C&rsquo;est également le cas dans l&rsquo;excellent « Spiel&rsquo; ich die Unschuld vom Lande ».</p>
<p>« Ich lade gern mir Gäste ein » chante quant à elle <strong>Lotte Verstaen</strong> en Prince Orlovsky de sa belle voix au focus précis aux graves bien projetés.</p>
<p>Chez les messieurs, la longue silhouette dégingandée de <strong>Wolfgang Stefan Schwaiger</strong> apporte un charme particulier à son Dr. Falke au texte d&rsquo;une parfaite intelligibilité, à la voix bien verticale.</p>
<p><strong>David Kerber</strong> en Alfred a un timbre rond et bien projeté qui ajoute au charme de son « Trinke, Liebchen, trinke schnell » tandis que Franck, directeur de la prison, trouve en <strong>Kris Belligh</strong> un interprète de haut vol, excellent comédien, qui permet de savourer plusieurs scènes désopilantes : au début du troisième acte, dans scène d&rsquo;ivrognerie parmi les musiciens où il se soulage dans un trombone ou au second acte lors d&rsquo;un surréaliste échange en français avec Eisentein – alors que manifestement aucun ne parle la langue – chacun se contentant d&rsquo;accumuler phrases toutes faites et citations de chansons anachroniques dans un ping-pong d&rsquo;une totale loufoquerie.</p>
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		<title>STRAUSS, Die Fledermaus — Florence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-fledermaus-florence-pipistrello-chauve-souris-en-italien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 02:45:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A chaque pays ses traditions. Si en Allemagne et en Autriche Die Fledermaus occupe la Saint-Sylvestre de bien des théâtres, nos amis transalpins fréquentent moins le chef d&#8217;œuvre de Johann Strauss. A Florence, son entrée au répertoire date de 2015 et il faut surement voir la patte d’Alexander Pereira derrière cette nouvelle coproduction avec le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A chaque pays ses traditions. Si en Allemagne et en Autriche <em>Die Fledermaus </em>occupe la Saint-Sylvestre de bien des théâtres, nos amis transalpins fréquentent moins le chef d&rsquo;œuvre de Johann Strauss. A Florence, son entrée au répertoire date de 2015 et il faut surement voir la patte d’Alexander Pereira derrière cette nouvelle coproduction avec le Staatstheater am Gärtnerplatz de Munich. Si certaines idées de la mise en scène de <strong>Joseph Ernst Köpplinger </strong>nous laissent songeur – la transposition dans les années 1920, dans une station de ski autrichienne ne semble qu’un prétexte au générique animé pendant l’ouverture et au décor tarabiscoté du chalet tout en diagonales plutôt qu’en angles droits – on louera l’inventivité et l’humour subtil des deuxième et troisième actes. Les décors sont somptueux : entrée du palais Orlofsky agrémentée de haies et d’une reproduction en glace de la statue en or de Johann Strauss du Stadtpark de Vienne, prison de bric-à-brac où l’on retrouve les lignes diagonales justifiées par le poids de la paperasse sous lequel croulent les armoires. Frosch et Frank sont désopilants. Surtout le metteur en scène autrichien joue la carte de la connivence nationale et maintient un fil rouge humoristique tout au long du spectacle grâce au ténor. Alfred chante aux fenêtres de Rosalinde (ou depuis sa cellule de prison), voilà un trait bien latin qu’<strong>Alex Tsilogiannis</strong> va reproduire sans cesse au premier et dernier acte en commentant l’action avec des tubes du répertoire italien : Rosalinde et lui s’échangent (en musique) des répliques de la Traviata (« amami Alfredo » très à propos). Quand il fait irruption dans la maison, « che gelida manina » accompagne leurs palabres de séduction. Au troisième acte, « nessun dorma » ouvre cet acte situé au petit matin du lendemain de la Saint-Sylvestre. Frosch parie que le ténor sera incapable de rester silencieux et l’emporte sur un « vincero » tonitruant repris à l’orchestre. Enfin quand le gardien se croit emmuré dans sa propre prison, Alex Tsilogiannis entame « Celeste Aida ». On se gondole sur son fauteuil et tout le reste est à l’avenant, entre élégance, finesse et maestria. On se demande quelles citations du répertoire germanique pourront être dévolues au ténor à Vienne quand la production s’y établira, même si ces drôleries italiennes, auxquelles il faut ajouter encore des extraits de <em>Rigoletto</em>, peuvent trouver leur place partout.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/244-michelemonasta_a1_5990-scaled_-_copie_0.png?itok=OmclJR0D" title="© Michele Monasta" width="468" /><br />
	© Michele Monasta</p>
<p>A l’image de la production, <strong>Zubin Mehta </strong>dirige l’orchestre du <em>Maggio musicale fiorentino</em> avec délicatesse et une précision d’orfèvre… d’où se détache un ballet tonitruant. Les équilibres sont dosés avec soin, le plateau installé confortablement sous la battue et la balance du chef. On regrettera un grain de folie, des tempi plus allants, peut-être dû à la distribution.</p>
<p>Se détache de celle-ci le ténor grec Alex Tsilogiannis, aussi présent dans les ensembles qu’à propos dans tous les courts emplois qu’on lui demande de revêtir (le « Vincero » backstage décoiffe). <strong>Marina Viotti </strong>endosse sans effort le froc du Prince Orlofsky. Son timbre granuleux épouse les affects de l’aristocrate désabusé. <strong>Valentina Stadler</strong> (Ida) et <strong>Daniel Prohaska</strong> (Doktor Blind) assurent leur partie sans démériter ; <strong>Robert Meyer</strong> (Frosch) et <strong>Francesco Grifoni </strong>(valet du Prince) accompagnent les chanteurs d’un jeu à la verve comique adéquate. <strong>Liviu Holender</strong> convainc lui tout à fait en Doktor Falke facétieux. De même pour <strong>Reinhard Mayr </strong>dont le Frank bénéficie d’une émission franche et d’un surcroit de volume. C’est finalement le trio principal qui nous laisse sur notre soif. <strong>Regula Mülhemann</strong> dispose d’un très beau registre suraigu mais on a connu des Adele plus folles, plus audacieuses dans les roucoulades et plus précises dans la vocalisation. <strong>Markus Werba</strong> possède à l’évidence tous les ressors pour incarner Gabriel. Il lui manque un rien de projection et de beaucoup de volume pour l’imposer. Enfin, <strong>Olga Bezsmertna</strong> capitalise sur une voix charnue qui hélas plafonne. Ses aigus sont systématiquement trop bas et la czardas la met en difficulté. Heureusement l’esprit de troupe et le plaisir évident que tous prennent à participer à cette production réussie contrebalance ces quelques insuffisances.</p>
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		<title>Avec Jonas Kaufmann, Franz Lehar s&#8217;invite chez Johann Strauss</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/avec-jonas-kaufmann-franz-lehar-sinvite-chez-johann-strauss/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jan 2020 07:36:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On savait qu&#8217;il serait l&#8217;Überraschungsgast le plus attendu de la soirée : Jonas Kaufmann était bien au rendez-vous hier soir au Staatsoper de Vienne comme invité pas si surprise que ça. Restait à savoir ce qu&#8217;il allait chanter. Les paris misaient sur une de ces mélodies viennoises qui lui sont chères, et ils ne sont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On savait qu&rsquo;il serait <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-invite-surprise-chez-le-prince-orlovsky">l&rsquo;<em>Überraschungsgast</em> le plus attendu</a> de la soirée : <strong>Jonas Kaufmann</strong> était bien au rendez-vous hier soir au Staatsoper de Vienne comme invité pas si surprise que ça. Restait à savoir ce qu&rsquo;il allait chanter. Les paris misaient sur une de ces mélodies viennoises qui lui sont chères, et ils ne sont pas tombés bien loin, puisque c&rsquo;est « Lippen Schweigen », autrement dit le duo de l&rsquo;Heure exquise, tiré de <em>La Veuve joyeuse</em>, que le ténor a interprété avec Laura Aikin, la Rosalinde de cette représentation du 31 décembre.</p>
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