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	<title>La Fille de Madame Angot - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>La Fille de Madame Angot - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>LECOCQ, La fille de Madame Angot &#8211; Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-nice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Inattendu, durable, sans précédent, l’incroyable succès de La fille de Madame Angot, suivi d’une étonnante éclipse, appelait une recréation. En complément à l’excellente présentation qu’en fit Cédric Manuel, j’ajoute l’humble témoignage de l’éditeur – Brandus – qui adressa, juste deux ans après la création, dans une somptueuse reliure, le dix-millième exemplaire ( ! ) de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Inattendu, durable, sans précédent, l’incroyable succès de <em>La fille de Madame Angot</em>, suivi d’une étonnante éclipse, appelait une recréation. En complément à <a href="https://www.forumopera.com/zapping/un-jour-une-creation-4-decembre-1872-la-bonne-fortune-de-charles-lecocq/">l’excellente présentation qu’en fit Cédric Manuel</a>, j’ajoute l’humble témoignage de l’éditeur – Brandus – qui adressa, juste deux ans après la création, dans une somptueuse reliure, le dix-millième exemplaire ( ! ) de la partition à Lecocq, assorti d’un envoi chaleureux (1). Il y a un an, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-paris-opera-comique-en-cours/">Christophe Rizoud avait rendu compte de la première parisienne</a>. On s’est interdit de relire son propos avant de découvrir la réalisation, que signe <strong>Richard Brunel</strong>. Ce dernier a choisi de transformer en fresque sociale ce qui ne prétendait qu’à la légèreté et à la fantaisie, quitte à dévoyer <em>La Fille de Madame Angot</em>.  Il n’est plus question des affrontements entre républicains et royalistes sous le Directoire, mais des manifestants avec la police de Papon (jamais cité), traitée ici à l’égal des carabiniers d’Offenbach. Comme le chœur chante « Crains la colère populaire » au finale du I, la transposition nous entraîne dans un Paris de mai 68, évidemment réducteur sinon caricatural, force tags, banderoles, pancartes, et même mégaphone, porteurs des revendications du temps. Ainsi, avec un bonheur incertain, le livret est-il contraint de se plier au cadre nouveau. Nous sommes chez Renault, à Boulogne-Billancourt, dont Larivaudière est le patron. Clairette y travaille à l’assemblage des R5, lorsque l’action commence : c’est la grève. Elle sera ensuite étudiante, on ne sait par quelle vertu (Paris VIII-Vincennes verra le jour peu après). Chaque auditeur, en fonction de son âge et de son vécu, s’est forgé sa propre représentation des événements de 68, et la légèreté n’est guère de mise. La tournette juxtapose la chambre nuptiale aux ateliers, étrange&#8230; « Comme si ces paroles ne contenaient pas une vérité de tous les temps » (écrit Lecocq à propos de l’intrigue politique), la transposition – toujours artificielle, gauche – confère une certaine lourdeur à l’ensemble : ça sonne faux ; ainsi, les 30 000 écus que Pitou obtient de Larivaudière pour prix de son silence, la valse chantée depuis les fauteuils de cinéma. Le texte original est savoureux, plein d’esprit, de finesse, de trouvailles. L’adaptation obligée perd une large part de ses qualités. Les passages parlés, essentiels à la caractérisation de chacun comme au jeu dramatique et à la compréhension de l’intrigue, sont réduits à la portion congrue, adaptés à la proposition. Trénitz en est la plus évidente victime, ridicule et inintelligible en américain. Richard Brunel s’est fourvoyé. Cela sonne faux, superficiel, à défaut de légèreté douce-amère (Musset demeure en filigrane, comme pour <em>Fortunio</em>), la tendresse, le sourire comme l’impertinence provocatrice s’effacent pour un artifice qui jamais ne convainc, malgré le professionnalisme de certaines directions d’acteurs. La bonne humeur, la drôlerie, la sensibilité se sont réfugiés dans la fosse. L’opéra-comique (ni opéra-bouffe, ni opérette) dont le charme se situe dans l’héritage de Mozart (2) comme d’Auber connaît ici une mutation : une pochade boiteuse, à laquelle on ne croit pas un instant, la prive de son naturel, de son esprit et de sa verve, malgré la direction enthousiaste de <strong>Chloé Dufresne</strong>. C’est laid, de l’usine au cinéma, digne d’une revue provinciale ou d’une comédie musicale racoleuse. <strong>Bruno de Lavenère</strong> et <strong>Laurent Castaingt</strong> nous ont habitué à d’autres réussites : costumes colorés et décors sont moches (ne manque que le formica), et les éclairages conventionnels.</p>
<p>La distribution, vocalement inégale, pêche aussi par les carences dramatiques de plusieurs interprètes : on sait que la comédie est un exercice redoutable pour les chanteurs, et peu tirent leur épingle du jeu. L’intelligibilité fait trop souvent défaut, desservie il est vrai par un orchestre parfois bruyant. En dehors de ce dernier, du chœur et de la direction, ce sont au moins quatre des principaux interprètes qui renouvellent la production de l’Opéra-comique. <strong>Hélène Guilmette</strong>, Clairette, demeure. Elle est évidemment bien différente de celle de Clairville, Siraudin, Koning, et Lecocq. Ceux qui la fréquentent de longue date auront eu peine à la reconnaître dans son nouvel emploi. La frondeuse jeune fille, fraîche, primesautière et impertinente est oubliée, au profit d’une jeune femme de tempérament qui se dévergonde, y compris avec Larivaudière. Dans le nouvel emploi que la mise en scène lui confie, notre soprane est crédible : la voix est saine, corsée. Si elle déçoit au premier acte, elle gagnera en intelligibilité et en force pour atteindre une qualité enviable à la fin, mais on reste sur notre faim, tant on est loin du personnage original. En Mademoiselle Lange, <strong>Valentine Lemercier </strong>jamais ne démérite, sortie tout droit de <em>La mariée était en noir</em> (Truffaut). Elle a l’élégance, la distinction, la fougue et la séduction qu’appelle la demi-mondaine, mais aussi et surtout les moyens vocaux. La complicité des femmes qui se retrouvent au deuxième acte, puis leur affrontement final sont réussis. Amaranthe est confiée à <strong>Floriane Derthe</strong>, qui chante aussi Hersilie. L’authentique poissarde chez Lecocq semble assagie dans cette version, moins vulgaire, servie par une voix sûre et séduisante.</p>
<p><strong>Enguerrand de Hys </strong>est Pomponnet, le fiancé de Clairette. Le fin chanteur que l’on apprécie le plus souvent manque ici de la projection nécessaire pour être toujours audible et intelligible. Le chansonnier royaliste (« artiste contestataire », écrit le metteur en scène), élégant, séducteur en diable, Ange Pitou est confié au baryton <strong>Philippe-Nicolas Martin</strong>. Heureux choix que cette distribution car c’est un authentique diseur autant qu’un chanteur. Sa présence scénique est manifeste, dès son entrée, remarquée, puisque seul à adopter un costume d’Incroyable du Directoire. <strong>Matthieu Lécroart</strong>, formidable Larivaudière (il l’était déjà à l’Opéra-Comique), parvient à nous faire oublier la transposition de l’action. Le jeu et l’abattage sont convaincants, la voix généreuse, épanouie, toujours intelligible. Quant à Louchard (<strong>Antoine Foulon</strong>), on regrette qu’il ne soit pas davantage sollicité, tout comme <strong>Matthieu Walendzik</strong> dans ses multiples emplois.<br />
Les ensembles, les nombreux duos et le quintette, sont réussis, expressifs et équilibrés, et il faut louer les chanteurs pour leur précision et leurs efforts d’articulation.</p>
<p>On connaît l’ardeur et la conviction de<strong> Chloé Dufresne</strong>. Totalement engagée, démonstrative, elle communique un entrain, une vie authentique aux musiciens en fosse, sculptant les phrasés, articulant les textes, même si des décalages entre les chanteurs et l’orchestre sont parfois perceptibles. Tout juste aurait-on souhaité que les tempi lents aient été davantage retenus, un peu alanguis, pour mieux en renforcer la force expressive. Pourquoi n’avoir pas conservé les effectifs des musiciens bruxellois pour lesquels Lecoq écrivit ? L’équilibre entre le plateau et la fosse y aurait gagné. Le chœur, sous toutes ses configurations, tient bien son rôle, homogène sinon toujours clair.</p>
<p>La salle, dont les applaudissements sont bien maigres, ne s’est pas trompée à ce flop, L’équipe de réalisation échappe à une bronca attendue en renonçant aux saluts. Oublions. <em>La Fille de Madame Angot</em> attendra encore un metteur en scène amoureux, respectueux, humble, sensible au charme de l’ouvrage.</p>
<ul>
<li>
<pre>(1) « C’est à vous, cher Maître, que j’ai réservé ce dix-millième exemplaire de votre partition, témoignage irrécusable d’un succès qu’aucun autre n’a encore égalé. Votre dévoué et reconnaissant éditeur, 1<sup style="color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">er</sup><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> janvier 1874... ».</span>
<span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">(2) I</span><span style="font-size: 1rem; color: var(--ast-global-color-3); font-weight: inherit; background-color: var(--ast-global-color-5);">l n’est que d’écouter le tissu soyeux des cordes dans l’accompagnement mozartien de Mademoiselle Lange lorsqu’elle va lire la lettre attribuée à Pitou (duo des lettres). L’écriture est un régal et Lecocq n’a rien à envier à Bizet.</span></pre>
</li>
</ul>
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		<title>LECOCQ, La Fille de Madame Angot &#8211; Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lecocq-la-fille-de-madame-angot-paris-opera-comique-en-cours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Sep 2023 03:55:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle célimène délicate et chatouilleuse que l’opérette ! La traiter avec insuffisamment d’égard peut la discréditer ; lui accorder trop d’attention n’est pas davantage lui rendre service. Pour preuve, La Fille de Madame Angot à l’Opéra Comique jusqu’au 5 octobre, puis à Nice, Avignon et Lyon les saisons prochaines. Dans un de nos meilleurs théâtres &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle célimène délicate et chatouilleuse que l’opérette ! La traiter avec insuffisamment d’égard peut la discréditer ; lui accorder trop d’attention n’est pas davantage lui rendre service. Pour preuve, <em>La Fille de Madame Angot</em> à l’Opéra Comique jusqu’au 5 octobre, puis à Nice, Avignon et Lyon les saisons prochaines. Dans un de nos meilleurs théâtres lyriques, avec des moyens dignes d’une grande production, le choix d’un metteur en scène reconnu et de gosiers rompus à des répertoires autrement exigeants ne suffit pas à avaliser le retour du chef d’œuvre de Charles Lecocq Salle Favart après 85 ans d’absence.</p>
<p>Au risque de se répéter, est-il obligatoire d’user de la transposition pour aider le public d’aujourd’hui à mieux appréhender les ouvrages d’hier ? Aidée par la musique, la mise en scène de <strong>Richard Brunel</strong> parvient à stimuler une intrigue privée de ressorts. Mais un décalage immédiat s’installe entre la représentation de l’action aux heures les plus chaudes de mai 1968, et le livret, si ancré dans le Directoire qu’il multiplie les références à cette période et en convoque plusieurs figures historiques – Pitou, Lange&#8230; Qu’à la fin du XVIIIe comme du XXe siècle, la révolte gronde ne rend pas moins incongrue la présence d’un poète royaliste dans un atelier d’assemblage de carrosserie. Sous les pavés, la plage ; sur les grilles de l’usine, des banderoles noircies de slogans. Une tournette favorise le passage de l’aciérie vers le salon de Mlle Lange, devenu salle de cinéma. Le duo des retrouvailles, « Jours fortunés de notre enfance », donne lieu à une parodie des <em>Demoiselles de Rochefort</em> qui forme le numéro plus abouti de la soirée. Las, les gradins des salles obscures s’avèrent peu propices à la valse supposée dissimuler les manigances des conspirateurs. On ne nous fera pas prendre des vessies pour des lanternes, des baisers pour des pas de danse et de Gaulle pour Barras. Quelques huées sanctionnent le parti pris au moment des saluts.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Fille-De-Madame-Angot-2-%C2%A9Jean-Louis-Fernandez-1000x600.jpg" />© Jean-Louis Fernandez</pre>
<p>A l’époque de Lecocq, « les chanteuses assuraient le succès des productions tandis que les chanteurs décevaient régulièrement », explique Alexandre Dratwicki dans le programme – très complet, comme toujours à l’Opéra Comique. Les temps ont changé. <strong>Hélène Guilmette</strong> et <strong>Véronique Gens</strong> doivent s’incliner devant leurs partenaires masculins. La première crayonne une Clairette en mal de brio, de clarté et de cette fraicheur consubstantielle aux jeunes filles en fleur de l’opérette. Mlle Lange contraint la seconde à d’inconfortables efforts de projection, comme si le rôle ne tombait pas dans sa voix. Devoir lire les surtitres pour ne pas perdre un mot du texte chanté est un comble s’agissant d’une interprète émérite de la tragédie lyrique et de la mélodie. <strong>Julien Behr</strong> porterait beau en Ange Pitou si l’émission trop en arrière n’atténuait l’éclat du séducteur et ne le rendait lui aussi difficile à comprendre. Ce sont finalement les seconds rôles qui tirent leur épingle du jeu : <strong>Ludmilla Bouakkaz</strong> en Amarante gouailleuse bien que là encore il faille s’accrocher aux surtitres pour goûter la « légende de la mère Angot » ; <strong>Matthieu Lécroart</strong> dont le baryton timbré évite le piège de la caricature, digne dans les situations les plus embarrassantes, inquiétant dès qu’il retrouve un semblant d’autorité, amusant au 3e acte dans le duo très applaudi « des deux forts » ; et en tête de peloton, <strong>Pierre Derhet</strong>, Pomponnet toujours intelligible, d’une aisance vocale et scénique remarquable, jusque dans la romance du 2e acte, coupée lors de la création car jugée trop difficile, usant à propos de la voix mixte pour diaprer de sentiments un personnage sinon ridicule.</p>
<p>Les artistes du Concert Spirituel mettent à profit leur connaissance du répertoire français du XVIIIe siècle pour anoblir chacune des interventions chorales. Avec le concours de l’Orchestre de chambre de Paris, <strong>Hervé Niquet</strong> professe sa foi en la musique de Lecocq. La légèreté de sa direction, sa fantaisie dénuée d’insolence, n’excluent pas le respect porté à la partition pour atteindre au bout du compte l’équilibre recherché entre le trop et le pas assez.</p>
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		<item>
		<title>La Fille du Madame Angot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-fille-du-madame-angot-jours-fortunes-dune-renaissance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Oct 2021 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Il est étonnant de constater que ce fleuron du répertoire français qu’est La Fille de Madame Angot ne dispose pas d’enregistrement récent et que la qualité des précédents soit discutable », relève Alexandre Dratwicki dans la préface d’un nouveau livre-disque consacré au chef d’œuvre de Charles Lecocq. La remarque, soit dit en passant, pourrait s’appliquer à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Il est étonnant de constater que ce fleuron du répertoire français qu’est <em>La Fille de Madame Angot </em>ne dispose pas d’enregistrement récent et que la qualité des précédents soit discutable », relève Alexandre Dratwicki dans la préface d’un nouveau livre-disque consacré au chef d’œuvre de Charles Lecocq. La remarque, soit dit en passant, pourrait s’appliquer à bon nombre d’opérettes. Mais réalisée en 2021 au cœur de la pandémie de coronavirus, cette intégrale prend une valeur symbolique à laquelle le Palazzetto Bru Zane apporte le souci d’exhaustivité et d’authenticité que l’on est en droit d’attendre d’une fondation qui « allie ambition artistique et exigence scientifique ». Les dialogues parlés, légèrement raccourcis mais non réécrits*,ont été préservés, avec l’avantage que représente le procédé en termes d’intégralité – et son inconvénient dans le cas d’une écoute plus musicale que théâtrale. Un retour à l’orchestration originelle, celle de la création bruxelloise en 1872, évite l’empâtement de la matière instrumentale, et le côté pompier que l’on reproche parfois au genre. Deux numéros sont proposés pour la première fois au disque : une version alternative du duo entre Pitou et Larivaudière à l’acte I, et les couplets de Mademoiselle Lange et d’Ange Pitou à l’acte II, tombés sous le couperet de la censure.</p>
<p>Surtout, la distribution réunie, des premiers au seconds rôles, entend redonner des lettres actuelles de noblesse à un ouvrage tombé en désuétude. Les noms d’<strong>Anne-Catherine Gillet</strong>, <strong>Véronique Gens</strong> et <strong>Mathias Vidal</strong>, pour ne citer que les principaux, ajoutés à ceux de l’Orchestre de chambre de Paris et du Chœur du Concert Spirituel – lauréat en 2020 du Prix Liliane Bettencourt – , placés sous la direction de <strong>Sébastien Rouland</strong>, sont gage d’une qualité longtemps inespérée dans ce répertoire. La première avec son soprano flûté offre de Clairette un portrait d’une fraicheur vivifiante. Nulle mieux qu’elle pour brandir, grâcieuse, l’étendard de la Chanson politique, et dans ses couplets du 3<sup>e</sup> acte, balancer crânement « De la mère Angot, j’suis la fille ». En Mlle Lange, Véronique Gens joue à la grande dame qui s’encanaille. C’est avec délice que l’on perçoit, en un exercice réjouissant d’autodérision, la tragédienne que l’on connaît affleurer derrière l’intrigante aux mœurs olé olé. Le timbre de falcon combiné à celui, léger, d’Anne-Catherine Gillet, nous vaut un duo « Jours fortunés de notre enfance » à écouter en boucle. Des affinités de Mathias Vidal avec la musique française, il est inutile de discuter. L’émission haute de la voix et la clarté de l’articulation accrochent Ange Pitou à la branche d’un arbre généalogique qui plonge ses racines dans le registre de la haute-contre baroque. Son rival, Pomponnet, trouve en <strong>Artavazd Sargsyan</strong> l’exact ténor de caractère nécessaire à ce répertoire. Bref, tous n’appellent que des éloges, confortés en leurs différentes interventions par la direction de <strong>Sébastien Rouland</strong> qui sans ostentation joue des couleurs et des contrastes pour adapter le discours instrumental aux situations.</p>
<p>Dans les textes qui accompagnent l’enregistrement selon la formule désormais consacrée du livre-disque (il s’agit du 30<sup>e</sup> de la collection « Opéra français »), on peut lire à côté des souvenirs de la création, par Charles Lecocq lui-même, ou des témoignages d’époque, la genèse et l’analyse de l’œuvre par Gérard Condé, avec en guise de conclusion cette considération motivée par la popularité inattendue de l’ouvrage, conclusion trop juste pour ne être citée intégralement : « le succès durable couronne plus volontiers les ouvrages éphémères ou conçus sans trop y croire que ceux qui, visant à l’immortalité, s’écroulent sous leur poids ». Ainsi l’inoxydable<em> Fille de Madame Angot</em> renait-elle sous le meilleur jour possible.</p>
<p>* le livret intégral est disponible sur <a href="http://www.bruzanemediabase.com/fre/content/download/17578/194722/file/Livret%20Fille%20de%20Mme%20Angot.pdf">le site de ressources du Palazzetto Bru Zane</a></p>
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		<title>LECOCQ, La Fille de Madame Angot — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-fille-de-madame-angot-paris-tce-lecocq-en-pate/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Jul 2021 14:35:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Réhabilitons Lecocq ! Pas le coq gaulois mis à mal récemment par les footballeurs français mais Charles Lecocq, le compositeur d’opéras bouffes. Le célèbre musicologue Paul Landormy – que la musique française tenait en éveil – disait : « C’est un plus grand musicien qu’on ne croit et qu’il ne croyait lui-même ». Ce compositeur convient à tout le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Réhabilitons Lecocq ! Pas le coq gaulois mis à mal récemment par les footballeurs français mais Charles Lecocq, le compositeur d’opéras bouffes. Le célèbre musicologue Paul Landormy – que la musique française tenait en éveil – disait : « C’est un plus grand musicien qu’on ne croit et qu’il ne croyait lui-même ».</p>
<p>Ce compositeur convient à tout le monde. Lecocq séduit le…poulailler aussi bien que le parterre !</p>
<p>Le succès de sa <em>Fille de Madame Angot</em>, donnée en concert au Théâtre des Champs-Elysées en a été la preuve.</p>
<p>Oh, l’argument est bien désuet avec ses histoires de tromperies à l’époque du Directoire ! Les douces plaisanteries qui firent sourire les spectateurs étaient bien éloignées des violences auxquelles nos écrans nous habituent… et même la récente période électorale ! Elles répandirent dans la salle une touchante bonne humeur.</p>
<p>Le spectacle était coproduit par le Palazzetto Bru Zane, institution installée à Venise qui a pour but de promouvoir la musique française du XIXe siècle.</p>
<p>Brillante, pétillante, la soprano <strong>Anne-Catherine Gillet</strong> a triomphé dans le rôle principal. A ses côtés, <strong>Véronique Gens</strong> a une fois de plus fait preuve de classe dans l’interprétation du beau chant français. (Nous avions encore en mémoire le magnifique récital de mélodies françaises avec lequel elle avait rouvert le Capitole de Toulouse il y a un mois). Ces deux sopranos ont mis la salle en émoi dans leur duo « Jours fortunés de notre enfance ».</p>
<p><strong>Matthias Vidal</strong>, l’un de nos brillants jeunes ténors français, dont la voix et la personne débordent de santé, a assumé avec panache son rôle de séducteur. A ses côtés, <strong>Artavazd Sargsyan</strong>, chanteur au timbre suave, avait tout d’un ténor de charme. <strong>Matthieu Lécroart</strong>, baryton de bonne tenue, a assumé l’indispensable rôle de bourgeois trompé.</p>
<p>Venu du répertoire sacré, le chœur du Concert spirituel fut tout à fait à l’aise dans ce répertoire facétieux. Quant à l’Orchestre de Chambre de Paris, mené avec précision et entrain par <strong>Sébastien Rouland</strong>, il sema d’étincelles cette soirée de bonne humeur.</p>
<p>Tous, solistes, choristes, musiciens et chef ont su mettre Lecocq en pâte !</p>
<p> </p>
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		<title>Une opérette bientôt au TCE ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/une-operette-bientot-au-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2019 10:58:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que toutes sortes de rumeurs et bruits de couloir circulent, fruit d&#8217;indiscrétions qui ont échappé à tel ou tel artiste ou initié, cela n&#8217;a rien d&#8217;étonnant. Mais il est une source plus sûre encore, et accessible à tous : les programmes des théâtres, qui dévoilent souvent des informations bien avant l&#8217;annonce officielle. Ainsi, en lisant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Que toutes sortes de rumeurs et bruits de couloir circulent, fruit d&rsquo;indiscrétions qui ont échappé à tel ou tel artiste ou initié, cela n&rsquo;a rien d&rsquo;étonnant. Mais il est une source plus sûre encore, et accessible à tous : les programmes des théâtres, qui dévoilent souvent des informations bien avant l&rsquo;annonce officielle. Ainsi, en lisant de près le programme des <em>Noces de Figaro</em> actuellement <a href="https://www.forumopera.com/les-noces-de-figaro-paris-tce-strehler-bis">à l&rsquo;affiche du Théâtre des Champs-Elysées</a>, le profane peut apprendre une chose assez intéressante. Dans la partie « projets », la courte biographie de <strong>Matthieu Lécroart</strong>, qui tient le rôle d&rsquo;Antonio, indique ainsi que le baryton français reviendra prochainement sur cette même scène pour&#8230; <em>La Fille de Madame Angot</em> ! On se pince pour être sûr que l&rsquo;on n&rsquo;a pas rêvé, on relit, mais il n&rsquo;y a pas à en douter : le dernier des projets évoqués pour Matthieu Lécroart est bien «<em> La Fille de Madame Angot </em><strong>ici-même</strong> », donc bien au TCE. Double surprise, car d&rsquo;une part, ce titre est devenu une véritable rareté dans la capitale, la dernière production professionnelle à Paris remontant à 1984 au Châtelet (même si l&rsquo;on ignore encore s&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;une version de concert ou d&rsquo;un spectacle mis en scène). Et d&rsquo;autre part, le Théâtre des Champs-Elysées n&rsquo;étant ni le Châtelet, ni le Théâtre Marigny, le fait d&rsquo;y voir une opérette relève, sinon de l&rsquo;inédit absolu, du moins de l&rsquo;exceptionnel. Après <a href="https://www.forumopera.com/maitre-peronilla-paris-tce-paris-plus-fin-que-bouffe"><em>Maitre Péronilla </em>d&rsquo;Offenbach en juin</a>, le Palazzetto Bru Zane serait-il à nouveau pour quelque chose dans l&rsquo;irruption du répertoire léger Avenue Montaigne ?</p>
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		<title>LECOCQ, La Fille de Madame Angot — Lausanne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/anemone-a-rate-ses-scenes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Schuwey]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Dec 2010 07:49:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le tout n&#8217;est pas la somme des parties. Et les parties seules ne suffisent pas à la réussite du tout. L&#8217;opéra de Lausanne nous le prouve, hélas, avec cette Fille de Madame Angot qui avait pourtant beaucoup d&#8217;atouts dans sa manche. Pour sa traditionnelle opérette de fin d&#8217;année, appréciée chaque année par un public élargi, on &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Le tout n&rsquo;est pas la somme des parties. Et les parties seules ne suffisent pas à la réussite du tout. L&rsquo;opéra de Lausanne nous le prouve, hélas, avec cette <em>Fille de Madame Angot </em>qui avait pourtant beaucoup d&rsquo;atouts dans sa manche. Pour sa traditionnelle opérette de fin d&rsquo;année, appréciée chaque année par un public élargi, on nous propose donc la seule œuvre célèbre de Charles Lecocq. Pourquoi, d&rsquo;ailleurs, cette notoriété ? Certes, il y a quelques ensembles bien trouvés, et quelques airs entraînants, mais qu&rsquo;on la compare avec la finesse délicate d&rsquo;une <em>Véronique </em>de Messager, et que l&rsquo;on se demande ensuite pourquoi cette dernière est plus rarement à l&rsquo;affiche. La notoriété de <em>la Fille de Madame Angot</em> serait &#8211; dixit le programme &#8211; due à l&rsquo;argument qui situe l&rsquo;action sous le Directoire et qui offre une galerie de personnages historiques et de types sociaux de l&rsquo;époque1. Il nous faut donc largement compter sur l’aide de la mise en scène pour la réussite de cette soirée. Or, c&rsquo;est bien là que réside le problème. Et pourtant&#8230;</p>
<p>  </p>
<p>Avec une costumière telle que <strong>Dominique Borg</strong>, il y avait l&rsquo;assurance d&rsquo;une réalisation exemplaire, ce qui n&rsquo;a pas manqué : qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des Incroyables ou des Merveilleuses, les costumes sont magnifiques, outranciers à raison, et font un effet qui doit être celui que ces extravagants produisirent à l&rsquo;époque &#8211; un vrai coup de maître. De même pour les soldats et gens de la Halle, soignés et variés, ainsi que Pamponnet, délicieusement ridicule ; on y croit, et le Directoire reprend vie ! Les voix, ensuite, globalement très appropriées. Ainsi <strong>Jean-Sébastien Bou </strong>fait un excellent Ange Pitou, à la fois romantique charmeur, et baryton idéal. On ne s&rsquo;étonne pas qu&rsquo;il ait campé le Florestan de <em>Véronique </em>tant ce rôle doit lui aller à merveille. <strong>Emiliano Gonzalez Toro </strong>compose lui aussi un Pamponnet qui n&rsquo;est en rien aigrelet, comme peuvent l&rsquo;avoir été d&rsquo;autres ténors dans le même rôle ; au contraire, c&rsquo;est une voix riche et superbe, ce qui ne l&#8217;empêche pas de donner tous les traits qu&rsquo;il faut à son personnage, aussi bien scéniquement que vocalement, et cela mérite d&rsquo;être souligné. Même constat éminemment positif pour la Mlle Lange de <strong>Maryline Fallot </strong>dont la couleur vocale très différente de celle de Bénédicte Tauran aide à la caractérisation des deux personnages. Une <strong>Bénédicte Tauran </strong>qui, malgré une puissance limitée, interprète une Clairette dont l&rsquo;élégance vocale, le style et l&rsquo;engagement scéniques sont brillants &#8211; elle est vocalement presque trop élégante, d&rsquo;ailleurs, pour une fille de la Halle ! A relever aussi, l&rsquo;Amarante de <strong>Michèle Lagrange</strong>, qui campe une authentique poissarde, le Larivaudière d&rsquo;<strong>Alain Vernhes </strong>autant acteur que chanteur, et le Trénitz de <strong>Frédéric Longbois</strong>, tout en manières, hilarant. Les entractes sont meublés avec talent et humour par les danseurs <strong>Justine Arm </strong>et <strong>Giuliano Cardone</strong>. Enfin, le <strong>choeur de l&rsquo;opéra de Lausanne</strong>, toujours d&rsquo;aussi bonne qualité. Plusieurs interventions parlées, et quelques-unes chantées sont dévolues aux choristes : des emplois assumés toujours avec brio.</p>
<p>  </p>
<p>Il y avait donc suffisamment d&rsquo;éléments pour proposer un bon spectacle. Or la sauce ne prend pas. Après un début prometteur, on se rend compte rapidement que la vision d&rsquo;ensemble, la direction d&rsquo;acteurs et la conduction dramatique, tâches du metteur en scène, semblent déficientes. On se demande ce qu&rsquo;<strong>Anémone </strong>a pu faire, tant le tout semble en chantier, et tant les scènes se suivent sans inspiration. Le décor est aussi discutable : très sommaire, c&rsquo;est un assemblage minimal de planches grisâtres. Pourquoi ce contraste avec l&rsquo;éclat des costumes ? Pour signifier la fausseté et la fragilité de ce Paris thermidorien ? Dans tous les cas, l&rsquo;acte III mis à part, le résultat n&rsquo;est pas très séduisant et donnerait presque une idée d&rsquo;inachevé. A relever toutefois, la guillotine en fond de scène au premier acte, d&rsquo;un à-propos grinçant. A cela s&rsquo;ajoute une direction musicale qui manque de vivacité. <strong>Nicolas Chalvin </strong>est précis et soucieux du détail : la partition en ressort plus propre que dans d&rsquo;autres interprétations, et l&rsquo;on profite mieux des quelques traits savoureux de l&rsquo;œuvre. Mais, trop appliqué peut-être, il passe à côté de certains moments clés, telle la « chanson politique », prise à un tempo d&rsquo;une lenteur exaspérante. Alors qu&rsquo;elle devrait emporter la salle, la voilà molle, gâchée, malgré l&rsquo;investissement total de Bénédicte Tauran. La partition ne vaut pas tant d’application. Elle demande en revanche pour faire voir ses charmes, plus d&rsquo;entrain et de nerf : c&rsquo;est une musique enlevée. Une dynamique qui n&rsquo;est venue, ce soir, qu&rsquo;au troisième acte. Pourtant, l&rsquo;excellente Sinfonietta de Lausanne semblait tout à fait apte à nous l&rsquo;offrir d&rsquo;entrée. Dommage, il y avait là les ingrédients pour faire beaucoup mieux que cette proposition un peu vide&#8230; Sur un air connu : « Anémone a raté ses scènes, c&rsquo;n&rsquo;était pas la peine, c&rsquo;n&rsquo;était pas la peine, non pas la peine assurément, de la faire v&rsquo;nir pour Nouvel An&#8230; »</p>
<p> </p>
<p><strong> </strong></p>
<p>1 Ce que, soit dit en passant, <em>Véronique </em>propose aussi, pour la monarchie de Juillet.</p>
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