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	<title>L&#039;Ile de Tulipatan - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 14 Feb 2025 08:30:07 +0000</lastBuildDate>
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	<title>L&#039;Ile de Tulipatan - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH, L&#8217;Île de Tulipatan &#8211; Paris (salle Rossini)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-lile-de-tulipatan-paris-salle-rossini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« La scène se passe dans l’île de Tulipatan, à 25.000 kilomètres de Nanterre, 473 ans avant l’invention des crachoirs hygiéniques ». Offenbach composait, en règle générale, pour faire rire… et en particulier avec cette Île de Tulipatan. Et grâce à la troupe des Bavards, on se trouve miraculeusement transportés au soir de la première &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« La scène se passe dans l’île de Tulipatan, à 25.000 kilomètres de Nanterre, 473 ans avant l’invention des crachoirs hygiéniques ». <a href="https://www.forumopera.com/le-rire-chez-offenbach-ou-letrange-entreprise-qui-consiste-a-faire-rire-les-honnetes-gens/">Offenbach composait, en règle générale, pour faire rire…</a> et en particulier avec cette Île de Tulipatan. Et grâce à la troupe des Bavards, on se trouve miraculeusement transportés au soir de la première en 1868, dont la presse unanime a souligné la drôlerie en décrivant des spectateurs tordus convulsivement de rire dans leurs fauteuils, pris de fous rires inextinguibles. Le plus étonnant, c’est que cette extraordinaire machine à rire a gardé intacte toute sa force, à condition bien sûr d’être défendue comme ce soir par des valeurs sûres. Car tous les ingrédients sont remarquablement dosés pour que le spectacle soit un délicieux divertissement au premier degré, d’une totale réussite. C’est donc pari gagné.</p>
<p>De fait, L’Île de Tulipatan est une œuvre étonnante à plus d’un titre. « Œuvrette » diront certains du fait de sa durée (une heure) et de ses cinq personnages, elle prend place en 1868 entre Le Château à Toto (6 mai) et La Périchole (6 octobre), en un moment où Offenbach est au sommet de son art mais ne dédaigne pas de continuer à composer des œuvres courtes. C’est qu’il y avait là des choses à dire – les relations hommes-femmes (une fois de plus), et les relations de genre qui font pleurer de rire les enfants (quoi de plus drôle qu’un garçon habillé en fille, l’inverse un peu moins) et rire un peu jaune les adultes.</p>
<p>Il faut convenir que l’histoire, fort déjantée, se prête à tous les délires scéniques. Romboïdal a eu un fils, mais son épouse Théodorine, craignant qu’on ne l’envoie à la guerre quand il sera grand, l’a déclaré comme Hermosa. La « jeune fille », en grandissant, ne rêve que de plaies et bosses, et joue avec fusils et pistolets au lieu de s’adonner à la couture, bref, elle est un « garçon manqué ». De son côté, l’entourage du souverain Cacatois XXII, voulant lui épargner la nouvelle de la naissance d’une énième fille, lui annonce la naissance d’Alexis. Le « jeune homme » passe son temps à rêver et à humer les fleurs comme Ferdinand, le taureau manqué de Walt Disney : à son entrée, il pleure toutes les larmes de son corps car son petit oiseau s’est sauvé de sa cage (allusion freudienne avant la lettre ?) ; bref, il est une « fille manquée ». Or les deux se rencontrent, et tombent amoureux : panique à bord, on leur dit à chacun séparément la vérité afin d’empêcher tout mariage. Mais les jeunes gens, pas si simplets qu’ils n’en ont l’air, prennent les choses en main, si j’ose dire…</p>
<p>L’œuvre est jouée régulièrement à travers le monde, y compris en Allemagne où elle est souvent inutilement gonflée avec des ajouts de chœurs et de figuration, et même aux États-Unis notamment au <a href="https://www.youtube.com/watch?v=oXmQZ9XYUtI">festival de Crested Butte</a> (Colorado) dans un grand respect de la partition et de la langue française. En France, on retiendra entre 1981 et 1988 les nombreuses représentations données avec un immense succès par la troupe des Musi-comédiens de Maurice Jacquemont, sur une orchestration de Louis Dunoyer de Segonzac, qui contribuèrent à sortir l’œuvre de l’oubli. Celle-ci revient en force au début du XXIe siècle, avec des représentations en 2009 par l’Opéra de Barie, puis avec deux intéressantes productions mettant en scène <a href="https://www.youtube.com/watch?v=a48CJc1Vk6w">Flannan Obé en Hermosa</a> (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tulipatan-cest-epatant/">à l’Opéra de Rouen en 2010</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gai-gai-marions-les/">avec la compagnie Les Brigands à Paris en 2012</a>), et enfin <a href="https://www.forumopera.com/breve/lile-de-tulipatan-a-etretat-on-nvoit-pas-ca-a-la-tele/">celle d’Yves Coudray (créée en 2013 à Étretat, toujours en tournée aujourd’hui)</a>. Si l’on ajoute les petites compagnies qui se sont également intéressées à l’œuvre, on se rend compte que cette île mystérieuse continue de faire le bonheur des spectateurs – et de ses interprètes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/6-DSC_0910-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-183095"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Photos Antoine Montulé / Les Bavards</sup></figcaption></figure>


<p>On n’est donc pas surpris de voir la troupe <strong>Les Bavards</strong> s’y intéresser à son tour. Cette jeune troupe lyrique de chambre, fondée en 2023, est composée de treize musiciens amateurs (chanteurs et huit instrumentistes) et d’un metteur en scène, qui se sont donné pour objectif de faire vivre la musique lyrique auprès d’un public non-initié, pour leur faire découvrir, ou redécouvrir, des opérettes en un acte du XIXe siècle. Après <em>Le Financier et le Savetier</em> d’Offenbach l’année dernière, ils présentent donc ce soir leur second spectacle, avec tout l’enthousiasme de la jeunesse. Sous des dehors aimables, ce mini opéra-bouffe est en fait une œuvre difficile. Sa partition ne peut souffrir ni défaut de rythme ni déséquilibre, et l’interprétation scénique, basée sur un texte parlé important, doit, elle aussi, être irréprochable. Et puis on y trouve des « tubes » que les connaisseurs attendent avec impatience : « Vive le tintamarre et le bruit », avec ses fameuses imitations d’instruments de musique, le quatuor du canard, l’ensemble des petites cuillères, etc.</p>
<p>Disons-le tout net, ce soir, nous sommes comblés. D’abord, première surprise, là où parfois on doit se contenter d’un piano, on a le plaisir de découvrir huit jeunes musiciens de talent, réunis en une petite formation de chambre faisant sonner avec humour la partition d’Offenbach, sans pour autant sacrifier à des tempi plus que soutenus, et tout cela sans la présence d’un chef traditionnel… Sur scène, le même soin est perceptible. La mise en scène de <strong>Maxime Petit</strong>, égayée par les amusants costumes d’<strong>Hélène Silvie</strong>, se contente d’un cadre minimaliste, un guéridon et deux fauteuils de jardin, qui permettent quelques temps de pause dans une action endiablée. Car tout l’effort est mis sur une excellente direction des acteurs-chanteurs qui sont donc en règle générale à l’avant-scène, ce qui leur permet un contact plus direct avec le public. Tous très habitués à la scène (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-asnieres/">la plupart viennent de la troupe Oya Kephale</a>), ils ont de fortes personnalités, parfaitement adaptées à chacun des rôles, et sont de plus tous d’excellents acteurs. Les textes sont donc dits avec une grande justesse, et parfaitement intelligibles : ici pas besoin de surtitrage !&nbsp;</p>
<p>Dans les pas de Félicia Thierret, la créatrice du rôle, qui faisait s’esclaffer la salle avant même que d’ouvrir la bouche, <strong>Solenne de Carné</strong> joue une Théodorine étonnante de justesse et de drôlerie, championne du non-sens et du pince-sans-rire, toute de non-dits et de velléités retenues culminant dans l’ensemble des petites cuillères (qui annonce le gril de Pomme d’Api). Aussi à l’aise en déclamation qu’en chant, elle distille son texte avec un art confondant de la mimique esquissée. Sa fille Hermosa, au contraire totalement extravertie, apparaît sous la haute stature de <strong>Thierry Mallet</strong> (qui fut chez Oya Kephale un excellent <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-asnieres/">Falsacappa</a>). La voix est belle, la diction parfaite, il a totalement intégré ce rôle en or, avec ses moments irrésistibles. Bien sûr il ne fait qu’une bouchée des airs guerriers d’Hermosa, mais il y place des postures, des intonations, des intentions parfaitement en situation. Et il n’est que de citer ses irrésistibles « J’aime ça » lancés avec gourmandise vers le public pour comprendre qu’il n’a aucun mal à mettre la salle dans sa poche.&nbsp;</p>
<p>À leur côté, <strong>Paul Le Calvé</strong> est un Cacatois sonore et bien présent, perdu dans toute cette agitation où il essaie sans cesse de reprendre la main, jusqu’à son célèbre compte des enfants qui avait fait s’étouffer de rire les spectateurs du Second Empire. <strong>Thibaud Mercier</strong> est également un excellent Romboïdal, dominant sa femme d’une tête mais clairement dominé par elle. Enfin <strong>Audrey Maignan</strong> est un attachant prince Alexis, avec une voix qui se corse au fil des ans, ce qui la rend bien assortie à celle d’Hermosa. Il conviendrait toutefois de l’alléger au maximum pour son air d’entrée afin de mieux mettre en place le personnage.</p>
<p>Tout cela constitue un beau travail de troupe, avec un bel équilibre orchestre-plateau, bref, à déguster sans modération.</p>
<p>Prochaines représentations les 15, 18 et 21 février 2025 <a href="https://www.lesbavards.net/">Compagnie Les Bavards</a></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-lile-de-tulipatan-paris-salle-rossini/">OFFENBACH, L&rsquo;Île de Tulipatan &#8211; Paris (salle Rossini)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Cet été, partez pour Tulipatan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/cet-ete-partez-pour-tulipatan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2015 12:36:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour vous permettre revivre l’euphorie dans laquelle vous ont peut-être plongé les diverses productions de L’Ile de Tulipatan qu’on a pu voir en France ces dernières années, le label Malibran repropose un concert diffusé en 1958 par la Radio-diffusion française, qui devrait s’imposer sans peine face à la seule version concurrente, une captation en allemand &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour vous permettre revivre l’euphorie dans laquelle vous ont peut-être plongé les diverses productions de <em>L’Ile de Tulipatan </em>qu’on a pu voir en France ces dernières années, le label Malibran repropose un concert diffusé en 1958 par la Radio-diffusion française, qui devrait s’imposer sans peine face à la seule version concurrente, une captation en allemand réalisée à Francfort en 1954 (Cantus Classics). On y retrouve les habitués des concerts « Radio Lyrique » : <strong>Lina Dachary </strong>en Alexis, <strong>Joseph Peyron </strong>en Hermosa, entouré de truculents chanteurs-acteurs comme <strong>André Balbon, René Lenoty </strong>ou<strong> Deva Dassy </strong>dans l’air des petites cuillers. En complément de programme, une charmante découverte avec des extraits de <em>La Jolie Parfumeuse</em>, opéra-comique de 1873, riches de fort belle musique ; outre le ténor <strong>Jean Giraudeau</strong>, on y entend l’excellente basse <strong>Jacques Mars </strong>et, dans un seul air, <strong>Denise Duval</strong>, héroïne de la <a href="http://www.forumopera.com/cd/genevieve-de-brabant-au-pas-saccade-de-son-cheval-golo-plein-dun-affreux-dessein"><em>Geneviève de Brabant</em> </a>également rééditée chez Malibran.</p>
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		<title>OFFENBACH, Croquefer&#124;L&#039;Ile de Tulipatan — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gai-gai-marions-les/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Dec 2012 20:03:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Qu’est-ce qui permet de « marier » Croquefer à L’Ile de Tulipatan ? Qu’est-ce qui permet d’associer un opéra-bouffe troussé en 1857, du temps où Offenbach n’était même pas encore l’auteur d’Orphée aux Enfers, à un autre conçu en 1868, la même année que La Périchole, après une série quasi ininterrompue de triomphes ? &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Qu’est-ce qui permet de « marier » <em>Croquefer </em>à <em>L’Ile de Tulipatan</em> ? Qu’est-ce qui permet d’associer un opéra-bouffe troussé en 1857, du temps où Offenbach n’était même pas encore l’auteur d’<em>Orphée aux Enfers</em>, à un autre conçu en 1868, la même année que <em>La Périchole</em>, après une série quasi ininterrompue de triomphes ? En dehors du caractère abracadabrantesque que les deux intrigues ont en commun, on citera leur brièveté (guère plus d’une heure dans les deux cas), et surtout cet art tout offenbachien de faire se télescoper le grand opéra et la fête à neu-neu, <em>Les Huguenots</em> et la danse des canards : <em>La Juive</em> est ici fortement mise à contribution : le « Viens, Rachel, mon seul bien » du premier acte de l’opéra de Halévy est cité dans <em>Croquefer</em>, tandis que dans <em>L’Ile de Tulipatan</em>, c’est « Dieu m’éclaire », la cabalette de « Rachel, quand du Seigneur », que l’on retrouve mot pour mot et note pour note, enchaînés à chaque fois avec les rythmes de danse les plus gaillards. Pour faire rire le public du second empire, Offenbach savait conclure les unions les plus improbables et marier le drame avec le cancan. En cela, ces deux œuvres se rejoignent, se ressemblent et s’assemblent sans difficulté.</p>
<p><strong>Les Brigands</strong> ont donc eu raison de les associer, et de revenir au passage à leurs premières amours, après plusieurs recréations, dont un inoubliable <em>Docteur Ox</em> en 2003. Dans <em>Croquefer</em>, c’est surtout la musique qu’on remarque ; dans <em>L’Ile de Tulipatan</em>, le livret s’impose par son absurdité grandiose. Sous-titré <em>Le dernier des paladins</em>, le premier se situe dans un Moyen Age de convention soigneusement truffé d’anachronismes, tandis que le second pose toutes sortes de questions qui résonnent dans les esprits de 2012. Avec qui peut-on marier une fille qui n’en est pas une, sinon avec un garçon qui n’en est pas un ? Telle est la donnée de base qui réunit le duc Cacatois XXII, son fils-fille Alexis, le premier ministre Octogène Romboïdal, son épouse Théodoline et leur fille-fils Hermosa. Le metteur en scène <strong>Jean-Philippe Salério</strong> célèbre ces noces de main de maître, dans les décors simples et astucieux de <strong>Thibault Fack</strong>, avec notamment quelques gags inédits suscités par le procédé désormais courant du miroir incliné en fond de scène.</p>
<p>
			Surtout, pour revivre, ces œuvres ont besoin d’être appariées aux interprètes adéquats, aussi habiles à dire le texte qu&rsquo;à chanter la musique. Et en l’occurrence, on croirait qu’elles ont été écrites pour la troupe ici réunie. S’appuyant sur quelques fortes personnalités, Les Brigands proposent un spectacle pétaradant, où il faut d’abord saluer bien bas <strong>Flannan Obé</strong>, ici véritable super-star qui porte la soirée à bout de bras. Sa double incarnation, en Croquefer puis en Hermosa, est un numéro qui laisse pantois, dans la couardise grotesque du paladin, puis dans la virilité indésirable de la garçonne. Il joue la comédie, il danse, il chante, rien ne lui semble impossible, le public est terrassé de rire. Autre élément indispensable de cette réussite, <strong>Lara Neumann</strong>, dont on admet sans peine qu’en interprétant « La Chalcographie », elle ait pu faire oublier Arletty à <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3251&amp;cntnt01returnid=54">Christophe Rizoud</a>. Véritable actrice – ah, ses mimiques ! –, elle est aussi une authentique chanteuse, qui fait merveille en Fleur-de-Soufre dans <em>Croquefer </em>autant qu’en épouse indigne dans <em>Tulipatan</em>. A leurs côtés, on retrouve deux piliers de la troupe : <strong>Loïc Boissier</strong>, fondateur de la compagnie, qui se contente dans <em>Croquefer </em>du rôle muet de Mousse-à-mort (la censure n’autorisant alors à Offenbach que des œuvres à cinq personnages, la solution fut d&rsquo;obliger le cinquième à brandir ses répliques inscrites sur des cartons), mais pour mieux se rattraper dans la deuxième partie. <strong>Emmanuelle Goizé</strong>, de l’aventure depuis 2001, n’est pas très gâtée dans ces deux œuvres, et paraît vocalement en retrait, sauf lorsqu’elle piaille d’une voix suraiguë dans la chanson à boire de <em>Croquefer</em>. Enfin, <strong>François Rougier</strong>, qu’on retrouvera prochainement dans l’Académie de l’Opéra-Comique, laisse entendre une jolie voix de ténor qui doit encore gagner en puissance dans le bas de la tessiture (du 9 au 13 janvier, Oliver Hernandez lui succédera). L’orchestre, réduit à neuf instrumentistes, est conduit non pas d&rsquo;une baguette mais d’une main alerte par <strong>Christophe Grapperon</strong>, le caractère guilleret des partitions se prêtant assez bien à la réduction conçue comme à l’ordinaire par <strong>Thibault Perrine</strong>. Une fois de plus, Les Brigands ont su marier le rire et la musique, qu’ils en soient remerciés.<br />
			 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>OFFENBACH, L&#039;Ile de Tulipatan — Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tulipatan-cest-epatant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jun 2010 07:08:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>J’avais parlé ici même, à propos d’Un mari à la porte, d’Offenbach (Montluçon, 17 mai 2008), d’un regard et d’une mise en scène spécifiquement féminins sur la nuit de noce et la vie de couple. Avec L’île de Tulipatan, le sujet n’est guère éloigné, puisqu’il s’agit de relations conjugales et du miroir déformant garçon-fille. Mais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          J’avais parlé ici même, à propos d’<em>Un mari à la porte,</em> d’Offenbach (Montluçon, 17 mai 2008), d’un regard et d’une mise en scène spécifiquement féminins sur la nuit de noce et la vie de couple. Avec L’île de Tulipatan, le sujet n’est guère éloigné, puisqu’il s’agit de relations conjugales et du miroir déformant garçon-fille. Mais cette fois, j’aurais envie de dire « à travers le regard masculin », du fait que toute l’équipe artistique, masculine, a chaussé les bésicles d’Offenbach lui-même, en se déchaînant contre tous les poncifs soigneusement entretenus par la morale bourgeoise : la caricature est de ce fait aussi poussée que délirante.</p>
<p>Il faut dire que l’histoire, fort déjantée, se prête à tous les délires scéniques. Romboïdal a eu un fils, mais son épouse Théodorine, craignant qu’on ne l’envoie à la guerre quand il sera grand, l’a déclaré comme Hermosa. La « jeune fille », en grandissant, ne rêve que de plaies et bosses, et joue avec fusils et pistolets au lieu de s’adonner à la couture, bref, c’est un « garçon manqué ». De son côté, l’entourage du souverain Cacatois XXII, voulant lui épargner la nouvelle de la naissance d’une énième fille, lui annonce la naissance d’Alexis. Le « jeune garçon » passe son temps à rêver et à humer les fleurs comme Ferdinand, le taureau manqué de Walt Disney : à son entrée, elle pleure toutes les larmes de son corps car son petit oiseau s’est sauvé de sa cage (allusion freudienne avant la lettre ?) ; bref, c’est une « fille manquée ». Or les deux se rencontrent, et tombent amoureux : panique à bord, on leur dit à chacun séparément la vérité afin d’empêcher tout mariage. Mais les jeunes, pas si simplets qu’ils n’en ont l’air, prennent les choses en main, si j’ose dire…</p>
<p><em>L’Île de Tulipatan</em> est assez souvent donné, comme un certain nombre de petits Offenbach, mais il est certain que son histoire se confond essentiellement avec sa redécouverte dans son adaptation par Louis Dunoyer de Segonzac il y a une trentaine d’années. L’œuvre n’est pas sans poser des problèmes scéniques, car entre un tout petit théâtre et une grande scène, la difficulté est grande de mettre en place seulement cinq personnages. À Rouen, <strong>Yann Dacosta</strong> y réussit parfaitement : le dispositif scénique est fait de passerelles entre lesquelles se niche l’orchestre, bordées de guirlandes lumineuses, tandis qu’un ciel étoilé supporte l’inscription « île était une fois… ». La direction des acteurs est sans faille, et les costumes fort drôles et en même temps sobres de <strong>Philippe Léonard</strong> participent grandement à la réussite de l’ensemble dont le rythme et l’esprit n’est pas sans rappeler les dernières créations des Caramels fous.</p>
<p>La distribution est dominée par le sensationnel <strong>Flannan Obé</strong>, désopilant(e) Hermosa. Il sait ne pas aller trop loin dans le délire, tout en construisant remarquablement bien son personnage grâce à une voix nette et bien projetée, une diction parfaite et un entrain communicatif. Son air « Vive le tintamarre et le bruit » et ses imitations des instruments de musique sont inénarrables. Acteur aussi accompli que chanteur, son jeu scénique est parfaitement adapté, et il est un interprète idéal du rôle. <strong>Frédéric Bang-Rouhet</strong> a une solide voix de baryton, particulièrement utile dans le pastiche du grand opéra « Dieu m’éclaire, fille chère… ». Son jeu, comme celui de tout le plateau, est en tous points parfait. <strong>François Rougier </strong>et <strong>Sarah Laulan</strong> complètent parfaitement la distribution, avec des voix lyriques qu’ils savent adapter à ce type d’œuvre plus légère, et l’on apprécie tout particulièrement leur musicalité dans le quatuor du canard (il s’agit d’un journal et des nouvelles qu’il colporte) et ses drôles de « coin-coin », et dans l’ensemble « Et digue et digue et digue et don ». Mais l’humour de toute la troupe est également perceptible dans la finesse avec laquelle ils interprètent l’anti barcarole (ou barcarolle bouffe) endiablée (où réapparaît en clin d’œil le facteur rural du <em>Château à Toto</em> créé cinq mois plus tôt), ou encore l’air de Théodorine « Je vais chercher les petites cuillères, puis j’atteindrai les couteaux à dessert », qui annonce le grill de <em>Pomme d’Api</em>. Malheureusement, <strong>Laetitia Ithurbide</strong>, si délicieuse dans <em>Le Château à Toto</em> en 2001, vient quelque peu déséquilibrer ce bel ensemble : voix engorgée, texte incompréhensible, interprétation fade, bref, le prince Alexis a encore, avec elle, fort à faire pour se sortir d’affaire. </p>
<p>La direction d’orchestre de <strong>Samuel Jean</strong> est, à l’image de la production scénique, à la fois précise et endiablée : pas un temps mort, tout se déroule comme un système d’horlogerie bien huilé, et l’on n’a plus qu’à se laisser mener au gré de la fantaisie d’Offenbach et de ses librettistes. Évidemment, une heure de spectacle, c’est bien court, et l’on aurait préféré deux petits Offenbach pour le prix d’un… d’autant qu’il n’y a que l’embarras du choix, dont bien des titres n’ont pas été repris depuis belle lurette.</p>
<p>J’ai noté avec intérêt que le théâtre des Arts faisait de gros efforts en direction des jeunes publics. L’assistance de cette soirée « familiale » présentait un pourcentage d’enfants tout à fait inhabituel dans les salles lyriques : les mésaventures d’un garçon habillé en fille et d’une fille habillée en garçon parlaient visiblement à leur imaginaire ! Le théâtre va jusqu’à éditer un programme spécial offert au « jeune public », mais là, le vocabulaire employé et le contenu en lui-même ne m’a pas paru assez adapté. Quoi qu’il en soit, il faut saluer ces efforts méritoires dont beaucoup de salles devraient s’inspirer.</p>
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