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	<title>Le Cercle de l&#039;Harmonie - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 08 Feb 2025 06:58:38 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Le Cercle de l&#039;Harmonie - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>BEETHOVEN, Missa Solemnis</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/beethoven-missa-solemnis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La légende dit que Daniel Barenboim, au mitan des années 80, avait prévu de diriger la Missa Solemnis de Beethoven avec le Chœur et l&#8217;Orchestre de Paris. Tout semble bien se passer, jusqu&#8217;au jour du concert. Venu pour encourager son jeune confrère, Georg Solti trouve Barenboim affalé sur un banc en coulisses, la mine défaite, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La légende dit que Daniel Barenboim, au mitan des années 80, avait prévu de diriger la <em>Missa Solemnis</em> de Beethoven avec le Chœur et l&rsquo;Orchestre de Paris. Tout semble bien se passer, jusqu&rsquo;au jour du concert. Venu pour encourager son jeune confrère, Georg Solti trouve Barenboim affalé sur un banc en coulisses, la mine défaite, la baguette de chef ayant roulé à terre. Barenboim aurait confié, blême : « La Missa Solemnis, je ne peux pas Georg. C&rsquo;est trop difficile. »&nbsp;Solti aurait alors forcé son collègue à entrer en scène.</p>
<p>Vraie ou fausse, l&rsquo;anecdote a pour mérite de faire percevoir le statut très particulier de cette pièce dans l&rsquo;histoire de la musique. Beethoven voulait l&rsquo;offrir à son élève l&rsquo;archiduc Rodolphe à l&rsquo;occasion de son intronisation comme archevêque d&rsquo;Olmütz. Mais, de simple cadeau, l&rsquo;œuvre a pris au fil du temps une importance démesurée : Beethoven y a travaillé cinq ans, y mettant tous ses acquis artistiques et la considérant finalement comme son œuvre « la plus parfaite ». Il ne l&rsquo;entendit jamais intégralement. Depuis deux siècles, elle se dresse comme un des monuments de la musique sacrée, enthousiasme le public et intimide les interpètes par sa longueur, la vigueur de son style les difficultés diaboliques de son écriture chorale, orchestrale et vocale. Toutes les formes y sont illustrées : la fugue, l&rsquo;aria, l&rsquo;écriture imitative, le retour au plain-chant, le solo instrumental. L&rsquo;intime et le grandiose s&rsquo;y cotoyent sans cesse, obligeant le chef à maintenir une difficile unité.</p>
<p>Loin des timidités d&rsquo;un Daniel Barenboim, <strong>Jérémie Rhorer</strong> semble n&rsquo;avoir peur de rien, et il se jette dans la fournaise avec une audace qui bouscule nos habitudes d&rsquo;écoute. Première donnée objective : des tempi extrêmement rapides. En 71 minutes, le chef français va plus vite que René Jacobs (72&prime;), <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/beethoven-missa-solemnis-pump-up-the-volume/">Maazaki Suki (74&prime;)</a> ou Philippe Herreweghe (76&prime;), issus pourtant du même mouvement « baroqueux ». Il renoue avec le tout premier chef qui ait enregistré l&rsquo;œuvre sur instruments anciens : John Eliot Gardiner, le Monteverdi Choir et l&rsquo;Orchestre révolutionnaire et romantique, en 1989, chez Arkiv. Comme son illustre devancier, Rhorer dépoussière l&rsquo;œuvre en en faisant percevoir plus nettement l&rsquo;architecure, ce qui est bien sûr plus facile à faire lorsque le temps musical est réduit. Les fugues retrouvent une urgence qu&rsquo;elles pouvaient perdre dans les versions traditionnelles : le début du « Cum sancto spiritu »&nbsp;est d&rsquo;une énergie à faire se dresser les cheveux sur la tête. Partout, le geste alerte du chef allège le propos, explose les dynamiques, allume le feu sacré qui consumait Beethoven au moment de l&rsquo;écriture. On ressort secoué mais enthousiaste, surtout que le vif-argent de la conception n&#8217;empêche ni le lyrisme ni le recueillement. Le <em>Kyrie</em> a beau être rapide, on y entend bien une humanité implorante qui ploie sous le malheur et le sentiment de faute. Tous les passages du <em>Credo</em> relatifs à l&rsquo;incarnation sont rendus avec humanité et sensibilité, et le début du <em>Sanctus</em> a beau être rapide, il est aussi sépulcral qu&rsquo;il le faut pour créer un contraste avec le déferlement de joie du « Hosannah »&nbsp;qui suit.</p>
<p>C&rsquo;est que le chef peut compter sur des forces de premier ordre pour réaliser sa conception. La <strong>Audi Jugendchorakademie</strong> aligne plus de 80 choristes, ce qui signifie que les moments de puissance pure sont véritablement cataclysmiques (le début du <em>Gloria</em>, les affirmations du <em>Credo</em>, la fin de <em>l&rsquo;Agnus Dei</em>). Mais le chœur peut aussi très facilement s&rsquo;alléger et tisser une toile polyphonique d&rsquo;une transparence inouïe, ce qui permet d&rsquo;entendre par exemple le « in una sanctam, catholicam et apostolicam ecclesiam » à la fin du Credo, exploit à notre connaissance jamais réalisé au disque jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. On pourrait d&rsquo;ailleurs dire que cela va à l&rsquo;encontre de la volonté de Beethoven, qui avait des réserves à l&rsquo;égard de l&rsquo;institution catholique et qui a volontairement noyé cette phrase dans un tissu extrêmement dense, mais le mérite des interprètes n&rsquo;en est pas diminué pour autant. Les fugues impossibles écrites par Beethoven se dressent dans toute leur majesté ; les obstacles techniques de la partition sont surmontés, et ne subsiste plus que l&rsquo;œuvre elle-même; dominant toute l&rsquo;histoire de la musique sacrée. Le <strong>Cercle de l&rsquo;harmonie</strong> conjugue la saveur des instruments d&rsquo;époque à la perfection d&rsquo;un orchestre symphonique traditionnel. Du rebond, de la verdeur, mais aussi des basses charnues lorsqu&rsquo;il le faut, et un violon solo splendide dans le <em>Benedictus</em>, dont il aurait fallu écrire le nom sur la pochette. Le quatuor de solistes est lui aussi de tout premier ordre, mais il faut regretter qu&rsquo;il soit un peu la victime de la conception d&rsquo;ensemble. Pris à un tel train d&rsquo;enfer, les solos ont certes fière allure, mais il n&rsquo;est pas toujours possible de distinguer les chanteurs les uns des autres, ni surtout de pleinement jouir de leurs qualités individuelles. Or, un diamant comme la voix de <strong>Chen Reiss</strong> mériterait de recevoir un peu plus de lumière pour que chaque facette en soit mise en valeur. De même, la voix chenue de <strong>Tareq Nazmi</strong> au début de l&rsquo;<em>Agnus Dei</em> pourrait facilement se déployer si le chef lui laissait un peu plus d&rsquo;espace. Cette petite réserve mise à part, voici un enregistrement de la<em> Missa Solemnis</em> qui fera date.</p>
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		<title>VERDI, La Traviata &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-paris-philarmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louise Momal]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Dec 2024 07:06:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2018, au Théâtre des Champs-Elysées, Jérémie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie avaient déjà proposé une Traviata au son « retrouvé », comprendre sur instruments d’époque et au diapason à 432 Hz souhaité par Giuseppe Verdi. C’est ce même parti pris qu’ils ont adopté pour cette Traviata en version de concert à la Philarmonie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2018, au Théâtre des Champs-Elysées, <strong>Jérémie Rhorer</strong> et <strong>Le Cercle de l’Harmonie</strong> avaient déjà proposé une <em>Traviata</em> au son « retrouvé », comprendre sur instruments d’époque et au diapason à 432 Hz souhaité par Giuseppe Verdi. C’est ce même parti pris qu’ils ont adopté pour cette <em>Traviata</em> en version de concert à la Philarmonie de Paris, avec une distribution entièrement renouvelée.</p>
<p>Dès les premières notes du prélude, les sonorités inhabituelles de cordes moins soyeuses et uniformes, plus grinçantes et charnelles que ce que l’on entend d’ordinaire chez Verdi exposent tout l’intérêt de la démarche de Rhorer. Pour toute la représentation, au prix parfois de quelques écarts de justesse chez les bois, l’auditeur est face à une <em>Traviata</em> familière et étrange à la fois, moins éclatante, plus inquiétante, où le drame se fait sentir de manière plus continue et plus sourde. Si l’on regrette un peu l’immédiateté poignante du hautbois moderne dans «&nbsp;Addio del passato&nbsp;», ou la simplicité tragique de la clarinette claire et pure dans la scène précédant «&nbsp;Amami Alfredo&nbsp;», on s’incline devant l’intérêt de l’expérience. D’autant que la direction de <strong>Jérémie Rhorer</strong> est de haute volée, attentive aux chanteurs et toujours allante, courant au drame. Le final de l’acte II est superbe, avec des chœurs des bohémiennes et des matadors enlevés et plein d’humour, sans tomber dans le rebattu, une scène de cartes puis d’insultes emportée à souhait et un <em>concertato </em>lyrique, poignant assez irrésistible. Avec ses petits effectifs, le chœur<strong> Orfeón Donostiarra</strong> sert parfaitement la vision du chef.</p>
<p>Chez les solistes, on notera d’abord l’excellence des <em>comprimari</em>, tous bien chantants et très investis. Le ténor frais et élégant de <strong>Yu Shao</strong> en Gastone et le soprano corsé d’<strong>Olivia Boen </strong>en Annina ont particulièrement retenu notre attention. À Giorgio Germont, le baryton mongol <strong>Ariunbaatar Ganbaatar</strong> offre une voix de stentor au timbre marmoréen qui n’est pas sans rappeler celui du regretté Dmitri Hvorostovsky. Si la diction italienne est encore perfectible, si la nuance <em>forte</em> pourrait être utilisée avec davantage de parcimonie, son Germont est déjà très touchant, surtout dans la cabalette «&nbsp;No, non udrai rimproveri&nbsp;», étonnamment douce et élégante dans une si grosse voix. Nul doute que la fréquentation du rôle, qu’il ne chante que depuis 2021, enrichira encore cette interprétation. Il faut en tout cas retenir ce baryton plus que prometteur. <strong>Francesco Demuro</strong>, grand habitué du rôle, est un Alfredo Germont très classique, très italien, à la diction idoine, à la projection franche. Son timbre paraît un peu fatigué, et l’aigu a toujours quelques nasalités, mais le métier pallie ces quelques bémols, surtout dans le <em>concertato</em> du II où il est particulièrement touchant.</p>
<p>La présence dans le rôle principal de <strong>Rachel Willis-Sørensen</strong>, soprano américaine malheureusement rare à Paris, était sans aucun doute l’attrait principal de la distribution. Dotée d’une grande voix au timbre onctueux et sombre, avec une note de lumière qui sonne comme un sanglot, d’un grave riche et d’une ligne de souffle qui semble sans fin, elle est une Violetta sensible, un peu plébéienne (mais le personnage ne l’est-il pas aussi après tout ?), incontestablement touchante. Si les acrobaties vocales de « Sempre libera » sont ardues pour une voix si large, le reste du rôle lui va comme un gant. C’est dans les passages les plus lyriques, où la ligne vocale s’étend en legato lui permettant de s’épanouir vers l’aigu que Willis-Sørensen est la plus séduisante, dans un « Amami Alfredo » volcanique, dans un « Alfredo, Alfredo, di questo cor » épuré et bouleversant. Son « Addio del passato », grand moment de la soirée, tout en reflets d’un timbre oscillant entre obscurité et lumière est une merveille, l’envol vocal de « Ah, della traviata, sorridi al desio » déchirant. Une grande Violetta, justement ovationnée aux saluts.</p>
<p>Cette <em>Traviata</em> aurait été parfaite, sans le problème de la mise en espace. La Philharmonie de Paris fait le choix, louable sans doute, depuis quelque temps, de présenter ses opéras en versions de concert avec un minimum de théâtre. Les chanteurs n’ont donc plus ni partition ni chaise ni pupitre, entrent et sortent quand le demande l’intrigue, et incarnent avec plus ou moins d’engagement leur personnage. Soit. Le problème est que les chanteurs d’opéra ne sont pas tous, loin de là, des acteurs et actrices nés et auraient sans doute besoin d’une vraie direction. Rajoutez à cela que les robes de gala et les escarpins sont un vrai obstacle à tout geste un peu vif, encore plus à une sortie de scène en courant. Cette <em>Traviata</em>, superbe vocalement et orchestralement, s’est donc trouvée empêtrée dans une tentative de mise en espace probablement peu ou pas répétée, empêchant à plusieurs reprises l’émotion de naître. C’est donc l’oreille ravie mais l’œil un peu sec que l’on quitte cette <em>Traviata</em> pourtant plus que séduisante.</p>
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		<item>
		<title>BEETHOVEN, Missa Solemnis – Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-missa-solemnis-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Apr 2024 05:49:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment dire son émerveillement sans avoir recours à des formules galvaudées, à des expressions mille fois utilisées&#160;? Comme chacun sait, la Missa Solemnis de Beethoven, créée il y a tout juste deux siècles, est « l’Everest de la musique sacrée » &#8211; pour le chef d’orchestre et les interprètes, musiciens et chanteurs. L’auditeur, quant à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment dire son émerveillement sans avoir recours à des formules galvaudées, à des expressions mille fois utilisées&nbsp;? Comme chacun sait, la <em>Missa Solemnis</em> de Beethoven, <a href="https://www.forumopera.com/breve/jeremie-rhorer-et-le-cercle-de-lharmonie-celebrent-les-deux-cents-ans-de-la-missa-solemnis/">créée il y a tout juste deux siècles</a>, est « l’Everest de la musique sacrée » &#8211; pour le chef d’orchestre et les interprètes, musiciens et chanteurs. L’auditeur, quant à lui, assiste à l&rsquo;ascension depuis son fauteuil. Mais voilà qu’il est ce soir sollicité du début à la fin du concert par la ferveur et l’élévation de l’interprétation qui en est donnée par <strong>Jérémie Rhorer</strong> à la tête du Cercle de l’Harmonie et d’un ensemble de chanteurs de premier plan.</p>
<p>On en sort bouleversé, non pas épuisé mais grandi par une expérience unique. Du chef, saluons l’intense concentration et la capacité à allier une éclatante énergie avec un profond recueillement. La précision de la battue, la subtilité des nuances, la mise en valeur des contrastes sont source de plaisir esthétique autant que d’émotion véritable, répondant ainsi à la volonté de Beethoven, notant en exergue du Kyrie : « Venu du cœur – Puisse-t-il retourner – au cœur ! ». Magnifiées par l’acoustique exceptionnelle de la grande salle de la Philharmonie de Paris, les voix entrent et progressent de manière inhabituellement harmonieuse et comme évidente dans ce premier mouvement, qui pourtant paraît si difficultueux dans bien d’autres interprétations. Ici, instruments et voix se fondent, tandis que tout au long de l’œuvre la fusion entre les voix elles-mêmes semble aller de soi.</p>
<p>Les quatre chanteurs solistes, placés derrière l’orchestre, immédiatement devant le chœur, se complètent admirablement : au soprano clair et incisif de <strong>Chen Reiss</strong>, ménageant aussi de beaux effets dans les tenues de notes, répond le mezzo chaleureux et enveloppant de <strong>Varduhi Abrahayan&nbsp;</strong>; la précision et l’articulation impeccable du ténor allemand <strong>Daniel Behle</strong> lui permettent de s’allier aux voix féminines mais aussi de s’en démarquer, tandis que l’ample voix de la basse koweïtienne <strong>Tareq Nazmi</strong> apporte un souffle et une sonorité d’une rare intensité. L’alternance et la correspondance entre individu et collectivité, notions beethovéniennes, sont ainsi manifestes dans leur dynamique. Révélation de la soirée, la <strong>Audi Jugendchorakademie</strong>, chœur de jeunes Allemands fondé en 2007 par le groupe automobile Audi, chante de manière remarquable, précise et homogène, avec un sens époustouflant du verbe, dans la diction, l’expressivité et la projection. Véritable élixir de jouvence, cet ensemble est invité pour la première fois en France par Jérémie Rhorer. (Présent au festival d’Aix-en-Provence le 6 avril dernier, il se produira à nouveau avec le Cercle de l’Harmonie à Ingolstadt le 22 juin.)</p>
<p>La palette des nuances à l’orchestre est d’une richesse inouïe&nbsp;: la houle des cordes, les envolées des bois, les trilles de la flûte (dans l’<em>Incarnatus</em>), la douceur des bassons et des cuivres (trombones et cors sont particulièrement mis en valeur), et bien sûr tout l’art du timbalier… il faudrait pouvoir dire un mot de chacun de ces instrumentistes du <strong>Cercle de l’Harmonie</strong>, tous excellents, illustrant là encore cette dialectique de l’individu et du collectif, si fondamentale dans l’exécution d’une telle œuvre.</p>
<p>Les moments les plus percutants de la partition délivrent assurément le sentiment de la joie si cher aux yeux de Beethoven, que ce soit dans le <em>Gloria</em> ou le <em>Credo</em>, impressionnants de puissance, ou dans les rythmes très marqués du <em>Quoniam</em>, et bien sûr dans l’énergie communicative de la fin de l’<em>Agnus Dei</em>. Mais, quelque brillants et proprement enthousiasmants que soient ces passages, on ne peut se départir, à l’écoute de l’interprétation donnée ce soir, du sentiment que l’essentiel est dans les moments de recueillement auxquels cette jubilation et ces ébranlements nous préparent : le changement de ton du <em>Et incarnatus est</em>, les modifications de sonorité dans la fugue (<em>Et vitam venturi saeculi</em>), surtout la méditation du <em>Sanctus</em> et celle du <em>miserere</em>.</p>
<p>Une grande, très grande interprétation, qui rend manifestes cette articulation entre classicisme et romantisme, mais aussi ce lien entre lyrisme, narration et sens dramatique – comme à l’opéra en quelque sorte – et qui communique de manière universelle émotion et ferveur.</p>
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		<title>Jérémie Rhorer et le Cercle de l’Harmonie célèbrent les deux cents ans de la Missa Solemnis</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jeremie-rhorer-et-le-cercle-de-lharmonie-celebrent-les-deux-cents-ans-de-la-missa-solemnis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Mar 2024 14:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux siècles après sa première audition intégrale à Saint-Pétersbourg (le 18 avril 1824) et sa création partielle à Vienne au cours d’un concert (le 7 mai de la même année), la Missa Solemnis de Beethoven sera interprétée par le Cercle de l’Harmonie dirigé par Jérémie Rhorer en trois lieux différents : &#8211; le 6 avril 2024 &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux siècles après sa première audition intégrale à Saint-Pétersbourg (le 18 avril 1824) et sa création partielle à Vienne au cours d’un concert (le 7 mai de la même année), la <em>Missa Solemnis</em> de Beethoven sera interprétée par le Cercle de l’Harmonie dirigé par <strong>Jérémie Rhorer</strong> en trois lieux différents :<br />
&#8211; le 6 avril 2024 à Aix-en-Provence dans le cadre du Festival de Pâques<br />
&#8211; le 23 avril 2024 à la Philharmonie de Paris<br />
&#8211; le 22 juin 2024 à Ingolstadt dans le cadre des Audi Sommerkonzerte (Concerts estivaux Audi).<br />
En cette année de bicentenaire de la création de l’œuvre, Jérémie Rhorer, à la tête du Cercle de l’Harmonie, convie le public à ce qu’il considère comme « un voyage gigantesque qui nous renvoie à notre propre condition humaine ». On y entendra <strong>Chen Reiss</strong> (en alternance avec <strong>Christiane Karg</strong>), <strong>Varduhi Abrahamyan</strong>, <strong>Daniel Behle</strong> et <strong>Johannes Weisser</strong> (en alternance avec <strong>Tareq Nazmi</strong>) ainsi que la <strong>Audi Jugendchorakademie</strong> – un chœur de jeunes chanteurs, fondé en 2007 sous l’égide de l’entreprise Audi, qui se produira pour la première fois en France.<br />
On cite souvent cette lettre de 1822 dans laquelle Beethoven écrivait à son éditeur Peters, de Leipzig : « C’est l’œuvre la plus <em>grande</em> que j’aie composée jusqu’ici. » Par son travail sur le texte et son approche révolutionnaire de la musique sacrée – nourrie de recherches sur les traditions anciennes mais s’ouvrant aux affects sans en atténuer la violence –, le compositeur a créé une messe concertante aux dimensions inhabituelles, dont le texte est traité comme un livret, et que beaucoup considèrent comme un oratorio.<br />
Jérémie Rhorer, qui devait donner l’œuvre à Aix lors du festival de 2020 finalement annulé en raison de la pandémie, l&rsquo;a dirigée à la Philharmonie de Berlin en 2023 à l’occasion d’un remplacement de Daniel Barenboim à la tête de la Staatskapelle. On attend avec impatience de l’entendre cette année avec sa propre formation instrumentale et les grandes voix qui sont annoncées.</p>
<p><em>N.B. : Le concert à la Philharmonie de Paris fera l&rsquo;objet d’un enregistrement pour Alpha Classics.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Récital Marina Viotti &#8211; Jérémie Rhorer &#8211; Lyon (Auditorium)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marina-viotti-jeremie-rhorer-lyon-auditorium/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Feb 2024 05:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=156416</guid>

					<description><![CDATA[<p>Précédée de sa réputation d’artiste lyrique de l&#8217;année aux Victoires de la musique classique 2023, la mezzo-soprano Marina Viotti était attendue avec impatience à Lyon, ville qui fut la sienne pendant quelques années. C’est peu de dire que le charme, ici comme ailleurs, a opéré, en osmose parfaite avec le Cercle de l’Harmonie dirigé par &#8230;</p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marina-viotti-jeremie-rhorer-lyon-auditorium/">Récital Marina Viotti &#8211; Jérémie Rhorer &#8211; Lyon (Auditorium)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Précédée de sa réputation d’artiste lyrique de l&rsquo;année aux Victoires de la musique classique 2023, la mezzo-soprano <strong>Marina Viotti</strong> était attendue avec impatience à Lyon, ville qui fut la sienne pendant quelques années. C’est peu de dire que le charme, ici comme ailleurs, a opéré, en osmose parfaite avec le <strong>Cercle de l’Harmonie</strong> dirigé par <strong>Jérémie Rhorer</strong>. Sans artifice ni effets spectaculaires, le récital donne à entendre une palette de nuances dont la subtilité n’a d’égale que la sobriété. D’emblée, l’Ouverture des <em>Noces de Figaro</em>, d’une précision absolue, privilégie la finesse aux dépens de l’étalage. On peut en dire autant de Marina Viotti qui confère au « Voi che sapete » une manière d’évidence qui ravit, mettant son timbre chaleureux et la clarté de sa voix au service d’une diction exemplaire et d’un lyrisme sincère.</p>
<p>Et pourtant la cantatrice n’hésite pas, après ce premier air, à se saisir d’un micro pour s’adresser au public, rompant avec l’illusion théâtrale – et la tradition des récitals – pour commenter ce qui a été interprété et annoncer la suite du programme. En ce 13 février, la soirée se veut prélude à la Saint-Valentin. Pour célébrer l’amour, l’éventail des affects opératiques et musicaux est convoqué, la diversité des genres aussi, dans tous les sens du terme puisqu’aux personnages masculins (Cherubino donc, dont Marina Viotti dit qu’il sera « le seul amour innocent » de la soirée, puis Orphée déplorant la perte de son Eurydice – deux airs célébrissimes du répertoire) succède Alceste, la reine de Thessalie dans l’opéra de Gluck auquel elle donne son nom. Rappelons qu’elle se sacrifie pour sauver son époux Admète et, parvenue aux Enfers, refuse d’implorer la pitié des « Divinités du Styx » – c’est l’occasion pour Marina Viotti de donner à entendre toute la puissance de sa voix dans les inflexions triomphales de cet air. Immédiatement avant, la « Danse des furies » dirigée avec fougue par Jérémie Rhorer exprime la fureur annoncée dans l’intitulé du récital <em>Amor Furor</em>. Marina Viotti commente le courage d’Alceste avec des mots d’aujourd’hui : « Même pas peur ».</p>
<p>On sait combien le projet de rendre la musique et l’opéra accessibles au plus grand nombre est un objectif commun au Cercle de l’Harmonie et à la cantatrice suisse, qui nous dit ce soir être « à moitié lyonnaise ». Savoir rendre simple ce qui est complexe, commenter avec naturel les œuvres les plus raffinées, parler au public de l’Auditorium de Lyon (jauge de plus de 2000 places) quasi plein comme s’il s’agissait de quelques amis réunis chez soi, ce sont des talents qui s’ajoutent à l’art du chant. Mais sans préjudice du jeu dramatique : vêtue d’une longue veste rouge cintrée sur pantalon de cuir noir et chaussées de bottes dans la première partie (rôles travestis obligent !), Marina Viotti réapparaît après l’entracte en robe violette orientalisante avec ceinture-cordelette et des chaussures ouvertes à hauts talons, cothurnes propices à une démarche chaloupée. Elle sera ainsi, comme elle l’annonce au public dans un nouveau propos explicatif, la séductrice Dalila, puis Carmen, avant d’interpréter l’air de Léonore dans <em>La Favorite</em>, qu’elle qualifie de véritable « ascenseur émotionnel ». Cette deuxième partie du concert permettra aussi d’entendre, entre l’Ouverture du <em>Songe d’une nuit d’été</em> de Mendelssohn, d’une rare délicatesse, et la Scène d’amour du <em>Roméo et Juliette</em> de Berlioz, une interprétation très maîtrisée de la <em>Méditation</em> de <em>Thaïs</em>.</p>
<p>Marina Viotti passe avec aisance de Carmen à Leonore, de Bizet à Donizetti, son mezzo est riche, puissant et agile, s’envolant avec une facilité déconcertante dans les aigus et descendant avec une présence impressionnante dans les graves. Elle sait donner l’illusion de la facilité tout en communiquant une authentique émotion : c’est le cas notamment dans « Mon cœur s’ouvre à ta voix » (Saint-Saëns), superbement interprété, et dans l’air « Non piu mesta » de <em>La Cenerentola</em> de Rossini – opéra dans lequel elle a <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-paris-tce/">triomphé en octobre dernier à Paris</a> –, et qu’elle a préparé comme « une surprise » pour un bis qu’elle a voulu (« parce que demain c’est tout de même la Saint-Valentin ») plus optimiste que la fin tragique de <em>La Favorite</em>. Ou comment rappeler que l’opéra peut aussi être (loin de la « défaite des femmes » selon le titre de l’ouvrage de Catherine Clément en 1979) le « triomphe de la bonté » et de l’amour, et qu’en tout cas ce doit être un lieu de partage.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Viotti-Marina-2022-©-Eric-Larrayadieu-1024x683.png" alt="Marina Viotti" class="wp-image-152651"/></figure>
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		<title>41e édition du Festival international d&#8217;opéra de Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/41e-edition-du-festival-international-dopera-de-beaune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Apr 2023 10:51:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La 41e édition du Festival international d&#8217;opéra baroque et romantique de Beaune nous offre encore de beaux rendez-vous pendant quatre week-ends du 7 au 30 juillet 2023. Malgré la disparition brutale en 2022 de son co-fondateur, Kader Hassissi, cette nouvelle édition (à lui dédiée) proposera encore de passionnants concerts mettant à l&#8217;honneur jeunes talents et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La 41e édition du Festival international d&rsquo;opéra baroque et romantique de Beaune nous offre encore de beaux rendez-vous pendant quatre week-ends du 7 au 30 juillet 2023. Malgré la disparition brutale en 2022 de son co-fondateur, Kader Hassissi, cette nouvelle édition (à lui dédiée) proposera encore de passionnants concerts mettant à l&rsquo;honneur jeunes talents et artistes consacrés. Le programme met l&rsquo;eau à la bouche : un oratorio «Theodora» de Haendel par Le Millenium Orchestra avec le Choeur de Chambre de Namur dirigés par Leonardo G. Alarcon ; des opéras dont « Le Couronnement de Poppée » de Monteverdi avec Les Epopées de Stéphane Fuget ou encore « Didon et Enée » de Purcell par Les Arts Florissants de W. Christie ; des récitals (Anthea Pichanick dirigée par la cheffe Camille Delaforge, Paul-Antoine Bénos-Djian, Eva Zaïcik et Andreas Scholl) ; sans oublier évidemment des concerts avec le Gabrieli Consort &amp; Players de Paul McCreesh, Le Cercle de l&rsquo;Harmonie de Jérémie Rhorer, entre autres.</p>
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		<title>ROSSINI, Tancredi — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tancredi-beaune-intelligence-de-la-virtuosite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jul 2022 16:56:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival de Beaune, associé principalement au répertoire lyrique baroque qu’il a largement contribué à faire redécouvrir, est depuis un certain temps festival de musique baroque et romantique. Ainsi Tancredi de Rossini succède-t-il ce soir à Partenope de Haendel donné la veille. C’est là un choix qui illustre une forme de continuité en dépit des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival de Beaune, associé principalement au répertoire lyrique baroque qu’il a largement contribué à faire redécouvrir, est depuis un certain temps festival de musique baroque et romantique. Ainsi <em>Tancredi</em> de Rossini succède-t-il ce soir à <em>Partenope</em> de Haendel donné la veille. C’est là un choix qui illustre une forme de continuité en dépit des ruptures dans la dénomination des époques et des styles, la poursuite avec d’autres moyens d’un art de la composition et du chant, qui fait que l’on peut réunir sous le terme générique d’opéra un <em>dramma per musica</em> et un <em>melodramma eroico</em>. Tout un pan de l’histoire de l’opéra comme lieu d’expression du beau chant semble s’esquisser dans ce passage des airs ciselés de Haendel à ceux, non moins ornés, de Rossini, à travers deux œuvres qui ne font pas partie des plus connues du grand public. Le <strong>Cercle de l’Harmonie</strong> jouant sur des instruments d’époque, comme le fait de son côté l’ensemble des Arts Florissants pour la musique baroque, on peut percevoir avec clarté, en comparant cette soirée avec la précédente, les différences de sonorité, la recherche singulière d’un climat musical propre à chaque œuvre, une autre façon aussi de concevoir l’expression des affects.</p>
<p>Ce que donne à entendre la représentation de ce soir, c’est que les nuances subtiles du chant et de la musique prennent leur source dans un texte, celui du livret – ici conçu d’après la pièce <em>Tancrède</em> de Voltaire. La direction de <strong>Jérémie Rhorer</strong> fait entendre l’intelligence musicale de ce texte, portée par les timbres des vents et le grain des cordes, l’éclat des cuivres et des percussions, tout autant que par le chant des personnages et du chœur. L’arrivée de Tancrède (acte I, scène 5) en est un exemple parfait, mettant en valeur l’inventivité de Rossini dans la transcription musicale du voyage maritime, ou encore le prélude musical de la grande scène de Tancrède à l’acte II, qui exprime le parallèle entre le paysage tragique (ou la tragédie romantique du paysage) et l’état d’âme du héros, ou bien l’extraordinaire finale du premier acte. Tout au long de la représentation, la richesse des nuances et la précision des tempi dans leur alternance et leurs contrastes sont un enchantement perpétuel.</p>
<p>Dans ce contexte, les voix s’épanouissent, leurs inflexions et leurs ornementations prennent sens, répondent à la nécessité tragique du destin, de l’injustice et de la méprise ou aux passions fondamentales – amour et haine – sans être purement décoratives. Au premier rang figure Argirio, le père d’Aménaide, qui, dans la pièce de Voltaire, se lamente en ces termes : « je suis né malheureux / Jamais aucun succès n’a couronné mes vœux ». Il en va bien autrement du ténor <strong>Michele Angelini</strong>, remplaçant au pied levé Matthew Newlin qui, prévu pour ce rôle, a contracté le Covid. Alors que la veille encore il chantait Rinaldo dans <em>Armida</em> de Rossini à Bad Wilbad, Michele Angelini déploie une énergie considérable dans les nombreux airs d’Argirio, avec une aisance confondante, dans la diction, la projection, les coloratures et les aigus, qui sont d’une clarté et d’une sonorité exceptionnelles. Doué d’une présence impressionnante, il illustre cette dimension proprement dramatique du chant rossinien, qui rend pleinement légitime une version de concert comme celle de ce soir.</p>
<p>La soprano <strong>Sarah Traubel</strong> est une Amenaide touchante, convaincante et vocalement très solide : son agilité vocale et la justesse des aigus n’a d’égale que la qualité de l’émission et la précision du phrasé. Elle excelle dans les épanchements lyriques, comme dans la superbe scène 4 du II, « Di mia vita infelice » à la suite du très beau passage qui succède à l’introduction orchestrale avec solo de cor anglais, puis dans le très attendu « No, che il morir non è », applaudi comme un certain nombre d’autres airs.</p>
<p>Le rôle d’Orbazzano nécessite une voix puissante dans les graves, profonde et sombre, afin d’exprimer le contraste souhaité – autre effet théâtral – avec Argirio d’une part, avec Tancrède d’autre part. C’est la basse <strong>Andreas Wolf</strong> qui donne toutes ces qualités au personnage, avec une articulation parfaite, une expressivité dramatique et une projection qui lui permettent de s’imposer en illustrant avec talent les turpitudes et l’autorité d’Orbazzano.</p>
<p>Avec des voix pareilles dans les premières scènes du premier acte, on attendait beaucoup du rôle-titre, Tancredi, qu’interprète la mezzo-soprano <strong>Anna Goryachova</strong>, apparemment très concentrée sur la partition et dont le beau timbre peine à se faire entendre avec toute la plénitude voulue. Paradoxalement, cette voix qui semble opulente reste souvent confidentielle – c’est le cas notamment dans le fameux air « Di tanti palpiti » –, manquant de projection et comme entravée par un important vibrato. Elle n’en restitue pas moins la douleur touchante de Tancredi, et parvient à convaincre dans l’air « Perche turbar la calma ».</p>
<p>La mezzo-soprano <strong>Deniz Uzun</strong> chante le rôle d’Isaura, l’amie d’Amenaide, avec une voix homogène, souple et sonore, puissante, et toute l’assurance nécessaire pour qui chante les premières paroles de l’opéra immédiatement après la première intervention du chœur. Elle affirme magistralement sa personnalité dès la scène 4 (« Amenaide sventurata ! », illustrant notamment son aisance dans les graves) puis dans l’acte II (son dialogue avec Orbazzano, et ses reproches : « Trionfa, esulta, barbaro ! ») Roggiero ne bénéficie que d’un tout petit rôle, mais il est confié au jeune ténor <strong>Valentin Thill</strong> (artiste de la promotion <a href="https://www.forumopera.com/breve/generation-opera-la-promotion-2022-en-son-et-en-images">Génération Opéra 2022</a>) qui s’acquitte de cette tâche avec bonheur, et même avec éclat dans son air « S’avverassero pure i detti suoi ! ».</p>
<p>Dans la dramaturgie musicale et vocale de l’œuvre, à côté des solistes et de l’ensemble des instrumentistes, le troisième élément, revêtant lui aussi plusieurs identités, est le chœur – chevaliers et écuyers du palais d’Argirio, nobles ou guerriers ou encore Sarrasins dans le lointain – autant d’ensembles pour lesquels le <strong>Chœur de Chambre de Namur</strong> intervient avec une merveilleuse palette de nuances et un sens dramatique certain (par exemple dans le dialogue avec Amenaide à l’acte II).</p>
<p>Conformément au choix premier de Rossini lui-même, Jérémie Rhorer a opté pour la version pourvue d’une fin heureuse, le <em>lieto fine</em> de la création vénitienne de 1813, qui conserve à l’œuvre toute sa fraîcheur de premier opéra « sérieux » du compositeur, et non pour la version dite de Ferrare, créée quelques semaines plus tard dans cette autre ville pour répondre à la suggestion de Luigi Lechi (ami de l’écrivain et poète Foscolo) de reprendre la fin tragique de la pièce de Voltaire. Cette dernière version est celle qui est généralement donnée depuis la redécouverte, il y a une petite cinquantaine d’années, de la partition dont Marilyn Horne fut l’une des plus ferventes ambassadrices. Ce soir, le festival de Beaune a permis de redécouvrir la version originale d’un opéra que Stendhal considérait comme le chef-d’œuvre du compositeur, et qui mérite elle aussi de retrouver les faveurs de la scène.</p>
<p> </p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-beaune-cest-mozart-quon-galvanise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jul 2021 09:52:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Bourguignons attendaient deux Flûtes cette année : la première, promise par Andreas Staier, a été simplement supprimée par l’Opéra de Dijon, la seconde, que devait diriger ce soir Jérémie Rohrer dans la Cour des Hospices n’en prend que davantage de prix. Le mozartien chevronné, qui a pris son envol avec l’Idomeneo révélé à Beaune – &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les Bourguignons attendaient deux Flûtes cette année : la première, promise par Andreas Staier, a été simplement supprimée par l’Opéra de Dijon, la seconde, que devait diriger ce soir <strong>Jérémie Rohrer</strong> dans la Cour des Hospices n’en prend que davantage de prix. Le mozartien chevronné, qui a pris son envol avec l’<em>Idomeneo</em> révélé à Beaune – on se souvient aussi d’un mémorable <em>Don Giovanni</em> en 2017 – après un parcours exemplaire, aborde maintenant le plus célèbre <em>Singspiel</em> de Mozart, avant de le reprendre à Brême en septembre. Le concert a été déplacé à la Basilique en raison des intempéries. L’orchestre, les chœurs et les solistes ont pris place entre les micros destinés à la retransmission en direct par <em>France Musique</em> et les stations membres d’<em>Euroradio</em>. Aux lecteurs qui auront écouté la production sur leur chaîne, il est nécessaire de préciser que les conditions acoustiques particulières au lieu auront très certainement été corrigées par les preneurs de son. Ainsi, l’orchestre se signale par des cuivres puissants, dont les ponctuations paraissent ici écraser les cordes et les bois. Les trois garçons, placés derrière l’orchestre, comme le chœur, passent mal dans la nef, et c’est bien dommage car la qualité de leurs interventions était indéniable.</p>
<p>La lecture enthousiaste que nous propose Jérémie Rohrer se situe dans le droit fil des interprétations les plus pertinentes de notre temps, loin des monuments des grands chefs d’il y a cinquante ans. L’orchestre est superbe, auquel la direction imprime des articulations, des phrasés admirables, tout comme les contrastes, dans des tempi soutenus et changeants. La précision est quasi idéale, la lisibilité parfaite. Tout juste regrette-t-on le peu de place réservée à l’épanchement lyrique, comme à la majesté et à la gravité, pour les passages qui les appellent. Les finales délibérément exubérants, fébriles, accélérés, s’ils confirment la virtuosité des instrumentistes et des chanteurs, y perdent leur joie rayonnante, lumineuse. <em>Presto</em> et <em>allegro</em> ne signifient pas une course un peu folle qui mettrait bien des ensembles en péril. Pour en terminer avec les réserves, il faut mentionner la phonation incertaine de l’allemand par une partie de la distribution, particulièrement dans les textes parlés. L’articulation, l’accentuation et la couleur de la langue font souvent défaut. Manifestement là n’a pas été le premier souci des chanteurs ni du chef. L’essai est réussi, on va le voir. Il s’agit maintenant de le transformer. Comme souvent, lors de toute première, on essuyait un peu les plâtres.</p>
<p>La distribution, internationale et jeune, rassemble pour l’essentiel des familiers de l’ouvrage, dont un bon nombre de chanteurs appréciés ici même. Ainsi <strong>Matthew Newlin</strong> passe de Jupiter (dans la <em>Semele</em> de Haendel dirigée par Leonardo García Alarcón) à Tamino. Le ténor américain, attaché au <em>Deutsche Oper</em> de Berlin, où il a déjà chanté le rôle, fait forte impression : Dès son premier air « Dies Bildnis », empreint de passion, la voix est superbe et rare . La clarté de l’émission, l’intelligence du personnage, la sensibilité et la force emportent l’adhésion, on pense à Joszef Reti. La Norvégienne <strong>Mari Eriksmoen</strong> n’est pas en reste. Quel chemin parcouru depuis sa Barberine d’Aix en Provence (2012) ! Maintenant familière de Pamina, elle nous gratifie d&rsquo;un « Ach ich fühl’s » touchant. La voix chantée, égale dans tous les registres, aux aigus aériens est bien de celles qui font les grandes. Les textes prononcés surprennent par leur registre grave, mûr, qui altèrent quelque peu la crédibilité de sa Pamina. <strong>Christina Poulitsi</strong>, colorature grecque, remplace Sarah Traubel, souffrante. Diva toute aussi abonnée au rôle de la Reine de la Nuit, ses deux airs, évidemment attendus, ne se résument pas à la virtuosité, leur expression dramatique est soutenue par une voix exceptionnelle, aux aigus lumineux, aux vocalises souples, parfaitement mises en place. L’expression dramatique est intense, bienvenue. Ainsi la colère du second air, « Die Hölle Rache », se traduit-elle par un <em>allegro assai</em> où l’orchestre traîne quelque peu.</p>
<p>Mozartiens et rossiniens complices sont le Papageno de <strong>Riccardo Novaro</strong> et la Papagena d’<strong>Elena Galitskaya</strong> (également deuxième dame). Le premier, auquel revient le rôle le plus lourd de l’ouvrage, vit son personnage avec une vérité évidente. La voix est saine, solide, sonore et articulée, l&rsquo;oiseleur, bouffe sans le moindre cabotinage, tout appelle les ovations finales ô combien méritées. La version de concert interdisait à Papagena d’apparaître tout d’abord en vieille femme. C’est le seul petit regret que nous ressentons à l’écoute d’Elena Galitskaya. Leur duo n’est que du bonheur. <strong>Luigi De Donato</strong>, bien connu des familiers de Beaune, est Sarastro (qu’il aurait dû chanter avec Staier, aussi). Familier de Haendel, Vivaldi et autres grands baroques, on le retrouvera demain pour trois rôles dans <em>le Retour d’Ulysse</em>. La voix est ample, longue et souple. Les graves sont bien là. Mais pourquoi les souligner ostensiblement en octaviant certaines finales ? « O Isis und Osiris », d’une autorité et d’un beau soutien, pâtit d’un chœur lointain. « In diesen heil’gen Hallen » est superbe. <strong>Maxime Melnik</strong>, jeune ténor belge, nous vaut un surprenant Monostatos, avec une voix haut perchée, pointue, accentuée, qui ne dessert pas le personnage. Quant à <strong>Gwendoline Blondeel</strong>, découverte à Froville, son émission pure, son intelligence musicale lui permettent d’exceller tant dans le baroque et le classique que dans la comédie musicale. On se réjouit de la retrouver comme première des trois dames, même si le rôle est modeste au regard de ses moyens. Les mérites de la deuxième, également Papagena, ont été énumérés. <strong>Mélodie Ruvio</strong>, la mezzo complémentaire, a la rondeur d’émission et les couleurs qui conviennent. Leur trio, tour à tour discipliné, futile, enjoué est un des atouts de cette production. Les trois garçons ne sont pas en reste : la fraîcheur est bien là. <strong>Guilhem Worms</strong>, Der Sprecher, remplit sa mission avec conviction, la voix est sonore et l’autorité manifeste. Les ensembles, duos, trios, quintettes, sont autant de bonheurs, d’une mise en place irréprochable, à la vie intense.</p>
<p>Relégué en fond de choeur – mais pouvait-il en être autrement ? –  le magnifique Chœur de chambre de Namur, qui nous vaut aussi les deux prêtres (excellents <strong>Pierre Derhet</strong> et <strong>Samuel Namotte</strong>) et les deux hommes d’armes (remarquables <strong>Kenny Ferreira</strong> et <strong>Philippe Favette</strong>), n’est pas perçu avec la force dont il est capable. Toujours aussi modeste parmi ses ténors, <strong>Thibaut Lenaerts</strong>, qui en a assuré la préparation, trouvera ailleurs de nouveaux motifs de satisfaction. Le délicieux « Das klinget so herrlich », avec le glockenspiel, tout comme le « Heil sei euch Geweihten » final souffrent d’une discrétion liée à l’éloignement, qui fait regretter de ne pas écouter avec les oreillettes.</p>
<p>Un premier essai, prometteur de joies renouvelées, dans l’attente d’un enregistrement.</p>
<p> </p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-noces-de-figaro-streaming-paris-tce-strehler-bis-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/strehler-bis-streaming/</guid>

					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming des Nozze di Figaro (visible jusqu&#8217;au 14 juin 2020), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 26 novembre 2019. Que James Gray – réalisateur, entre autres, des films Little Odessa, The Immigrant ou Ad Astra – s’essaie à la mise en scène d’opéra &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming des<em> Nozze di Figaro</em> (<a href="https://www.france.tv/france-5/passage-des-arts/1121707-les-noces-de-figaro.html">visible jusqu&rsquo;au 14 juin 2020</a>), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 26 novembre 2019</strong><strong>. </strong></p>
<hr />
<p>Que <strong>James Gray</strong> – réalisateur, entre autres, des films <em>Little Odessa</em>, <em>The Immigrant</em> ou <em>Ad Astra</em> – s’essaie à la mise en scène d’opéra avait suscité autant d’espoirs de voir une production novatrice et originale, que de craintes à l’idée d’une relecture iconoclaste.</p>
<p>Quelle n’est donc pas notre surprise lorsque le rideau s’ouvre sur ce qui ressemble plus qu’étrangement à la mise en scène de ces mêmes <em>Noces de Figaro</em> par Giorgio Strehler ! Inspiration ? Hommage ? Copie ? Susanna assise sur les genoux de Figaro, cette corde à linge où pend un vêtement du Comte et que Figaro frappe d’un bâton lors du « Se vuol ballare »<em> </em>; le jaune passé de la chambre de la Comtesse, sa robe rouge ; Susanna se jetant sur Marcelline et rattrapée de justesse par Figaro au finale du II ; mais aussi ces décors, purement décoratifs et n’offrant que peu de possibilités d’action – et quel dommage d’avoir si peu de portes dans une œuvre où elles claquent si souvent !</p>
<p>Au-delà de ces références évidentes à Strehler, c’est définitivement une impression de déjà-vu qui prime : des gestes, des attitudes codifiés hérités d’une longue tradition de mise en scène mais qui semblent aujourd’hui d’un autre temps. James Gray assume en effet l’artificialité du théâtre, et ne cherche aucunement l’illusion théâtrale : les personnages sont le plus souvent face public, les planches ont une importance capitale dans le décor qui autorise les chanteurs à passer de la scène à la salle, le rideau est levé par Figaro au début du spectacle… La notion de quatrième mur est absolument étrangère à cette production qui souffre, par là-même, d’un manque de naturel et de continuité dans l’action dont on n’a plus vraiment l’habitude.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="314" src="/sites/default/files/styles/large/public/20191121-09vp_0.jpg?itok=konjo_UT" title="© Vincent Pontet" width="468" /><br />
	© Vincent Pontet</p>
<p>Après deux premiers actes excessivement classiques apparaît un décor assez graphique et circulaire autour d’un grand escalier sur lequel évoluent les personnages. Quelques chaises achèvent le décor ainsi que des jeux de lumières incongrues, qui ne comblent pas une direction d’acteur limitée. Quant au dernier acte, c’est un jardin qui a le mérite d’offrir nombre d’espaces pour se cacher.</p>
<p>Certes le spectacle est joli et l’on passe un moment agréable – l’enthousiasme de la salle l’a prouvé avec raison. Plus encore, les nostalgiques des mises en scène du passé se sentiront comme à la maison. On craignait une relecture trop franche des <em>Noces de Figaro</em> de la part d’un homme de cinéma ; en réalité, il a comme remis sur l’œuvre un peu de la poussière que plusieurs décennies de metteurs en scène – à tort ou à raison – s’étaient évertuées à faire disparaître.</p>
<p>Le classicisme de cette production n’est évidemment pas un problème en soi, mais plusieurs questions se posent malgré tout – car pour une mise en scène, le « joli » ne sera jamais le gage du « réussi » : a-t-on la tension dramatique inhérente à cet opéra ? A-t-on l’épaisseur psychologique qui caractérise les personnages ? A-t-on, simplement, toute la richesse de l’œuvre de Mozart et Da Ponte sous les yeux ? La réponse est non, car qu’on le veuille ou pas, <em>Les Noces de Figaro</em> sont plus qu’une jolie histoire, plus qu’une comédie légère où aucun protagoniste ne mettrait en jeu ses sentiments.</p>
<p>Les sentiments, voilà précisément ce qui manque dans la direction d’acteur de James Gray : du désir, peu ; de l’amour, moins ; et la reconnaissance de Figaro par ses parents – et l’émotion qu’elle devrait susciter – tombe à l’eau. C’est d’autant plus dommage que le metteur en scène est face à une distribution remarquable, donc chacun révèle un potentiel d’acteur dont il aurait suffi de tirer profit.</p>
<p>Le Figaro de <strong>Robert Gleadow</strong> est impeccable vocalement, naturel, engagé dans le texte et d’une vivacité physique idéale ; la Susanna d’<strong>Anna Aglatova</strong> mêle dans sa voix la délicatesse du personnage et un caractère affirmé ; et le Chérubin d’<strong>Eléonore Pancrazi </strong>semble parfaitement à son aise tout au long de la partition, sans manquer d’un jeu masculin et juvénile.</p>
<p><strong>Stéphane Degout</strong> est un Comte Almaviva d’une remarquable autorité vocale et mène « Hai già vinta la causa » avec un art consommé du récitatif, avant un air superbe où se déploie toute la beauté du timbre. Pourquoi James Gray n’a-t-il rien proposé d’autre qu’un personnage qui donne des coups d’épée dans le vide pendant ce moment de crise et, pire encore, qui mange une feuille de papier à l’acte III ? Par dépit sans doute, d’accord, mais le Comte Almaviva n’évoque-t-il donc rien de plus noble, de plus profond et de plus tragique que de manger du papier ?</p>
<p>Heureusement la Comtesse subit un sort plus sobre, incarnée par <strong>Vannina Santoni</strong>. Une fort belle Comtesse, qui recherche une ligne et un son éthérés au possible : voilà qui donne de la sensibilité au personnage, mais on regretterait presque de ne pas entendre la voix plus pleine tant elle peut être rayonnante.</p>
<p><strong>Carlo Lepore</strong> (Bartolo), <strong>Mathias Vidal</strong> (Basilio) et <strong>Jennifer Larmore</strong> (Marcelline) sont parfaits dans leurs rôles de « méchants ». Dommage que ces derniers soient traités comme des caricatures et que la Barberine de <strong>Florie Valiquette</strong>, impeccable, n’ait pas plus d’occasions de briller scéniquement.</p>
<p>Une distribution vocale idéale donc, dirigée par un <strong>Jérémie Rhorer</strong> qui domine la soirée. Ne laissant rien au hasard, dirigeant chaque détail de la partition, il obtient du <strong>Cercle de l’Harmonie</strong> un son superbe, avec un abattage dont seuls les instruments anciens sont capables. Les tempos sont d’une vivacité monstre – entraînant quelques décalages avec les chanteurs – mais le chef n’oublie pas de ménager des temps de respiration, tels que « Dove sono » ou « Che soave zeffiretto ». A noter tout particulièrement, le très bel usage des cors, aussi bien dans les moments dramatiques que dans les moments les plus doux.</p>
<p>Ce soir, c’est l’orchestre qui portait le drame et les passions. Une preuve que la musique de Mozart en dira toujours plus qu’aucun metteur en scène.</p>
<p><a href="https://www.france.tv/france-5/passage-des-arts/1121707-les-noces-de-figaro.html">Voir la vidéo</a></p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-streaming-paris-tce-noir-cest-noir-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2020 04:23:26 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;occasion de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=yblGaeOy7tE&amp;feature=youtu.be&amp;utm_source=INFORMATION&amp;utm_medium=EMAIL&amp;utm_campaign=RP%2B-%2BDIFFUSION_DON_GIOVANNI">la rediffusion en streaming de <em>Don Giovanni</em> au Théâtre des Champs-Elysées</a> (visible jusqu&rsquo;à ce soir — 25 avril), nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 25 avril 2013.</p>
<hr />
<p>Pour son troisième opéra de Mozart en version scénique au Théâtre des Champs-Élysées, <strong>Jérémie Rhorer</strong> retrouve l’équipe qui avait réalisé ici-même la production de son <em>Idoménée</em> en juin 2011. Si à l’époque, la scénographie de <strong>Stéphane Braunschweig </strong>n’avait que très modérément convaincu Clément Tallia (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2689&amp;cntnt01returnid=54">recension</a>), cette fois le metteur en scène français signe une production tout à fait remarquable, ce qui n’était pas gagné d’avance, vu le nombre impressionnant de lectures variées dont l’œuvre de Mozart a déjà fait l’objet. Du <em>dramma giocoso</em> de Da Ponte, Braunschweig ne retient que l’option <em>dramma </em>dans une approche à la fois sobre et résolument moderne, tout en restant fidèle au mythe du<em> Dissoluto punito</em>. Le rideau se lève sur une grande pièce aux murs sombres qui évoque un crématorium : côté cour, un brancard sur lequel gît un corps inanimé fait face à une ouverture d’où émerge une lueur rougeâtre. Au centre, se tient Leporello qui, tout au long de l’ouvrage, sera le témoin du drame. De fait, l’action se déroule entièrement dans un appartement dont les murs noirs sont ornés de fenêtres blanches qui semblent s’ouvrir sur le néant. Le plateau tournant et les parois coulissantes permettent de passer d’une pièce à l’autre. Dans la chambre à coucher, trône un lit blanc surmonté d’un miroir, sur lequel Don Giovanni tente d’abuser d’Anna avant d’y entraîner Zerline à la fin de leur duo. Entretemps on aura vu Elvire s’y vautrer durant son air d’entrée et Leporello égrener sur les draps la liste des conquêtes de son maître. A la fin de l’opéra, tous les personnages entourent le valet étendu sur le lit, tandis que le spectre de Don Giovanni apparaît derrière le miroir. Dans ce huis-clos étouffant et mortifère, Braunschweig a conçu une direction d’acteurs extrêmement fluide qui fourmille d’idées intéressantes, comme par exemple l’irruption au premier acte de Zerline, Masetto et des paysans tous vêtus en couples de jeunes mariés. Les autres costumes se déclinent dans des tons allant du gris clair au noir, à l’exception de la veste blanche de Don Giovanni qui, à partir de l’air du Champagne arborera la tenue classique du libertin du XVIIIe siècle, d’un blanc immaculé. Pas de couleurs donc, dans cet univers sépulcral, hormis les robes aux teintes rougeâtres des invitées de la fête qui clôt le premier acte. Une lecture captivante, on l’a dit, qui n’a cependant pas fait l’unanimité, quelques huées ayant accueilli le metteur en scène au salut final.<br />
	  <br />
C’est une équipe de jeunes chanteurs très impliqués scéniquement qui a été réunie pour la circonstance. Dotée d’un timbre chaud et fruité, <strong>Serena Malfi </strong>est une Zerline à la fois volontaire et ambiguë, à la sensualité exacerbée. On notera la présence, au deuxième acte, de son duo avec Leporello, rarement donné au théâtre, qui appartient à la version viennoise de l’œuvre. <strong>Sophie Marin-Degor </strong>possède une voix large et bien projetée qui convainc pleinement dans « Or sai chi l’onore », en revanche, la soprano se montre avare de nuances dans son second air dont la partie lente est desservie par un legato qui laisse à désirer tandis que les vocalises de la partie rapide manquent de précision. <strong>Miah Persson</strong> incarne une Elvire touchante, davantage femme désespérée que virago hystérique. Si le registre aigu a paru un peu tendu au premier acte, son « Mi tradì » absolument magnifique lui a valu un belle ovation amplement méritée.</p>
<p>	Coté Masculin, c’est sans conteste <strong>Robert Gleadow</strong> qui domine le Plateau. Son Leporello à la fois fataliste et timoré est servi par une technique impeccable et une voix solide, un rien rocailleuse, qui tranche avec la suavité du timbre de <strong>Markus Werba</strong>. Le baryton autrichien campe avec panache un jouisseur impénitent et cynique qui brûle la chandelle par les deux bouts. Sa sérénade est sensuelle à souhait et son air du Champagne brille de mille feux. Tout au plus peut-on regretter qu’il peine à se faire entendre durant son affrontement final avec le Commandeur de <strong>Steven Humes</strong> dont la voix ample et sonore couvre sans peine le déferlement orchestral déchaîné par le chef. <strong>Daniel Behle</strong> compense le manque de volume relatif de sa voix par un chant raffinée et un art du legato qui fait merveille dans ses deux airs. Enfin, <strong>Nahuel di Pierro</strong> est un Masetto aux moyens prometteurs.</p>
<p>	Le maître d’œuvre et grand triomphateur de la soirée est <strong>Jérémie Rhorer </strong>qui imprime avec une énergie fébrile à son Cercle de l’Harmonie en grande forme, une direction d’une redoutable précision doublée d’un sens aigu du théâtre. Pas un temps mort dans cette course effrénée vers l’abîme mais quelques moments suspendus comme le somptueux trio des masques ou le récitatif du dernier air d’Elvire « In quali eccessi, o numi ». L’avant dernière scène, à partir de l’arrivée du Commandeur jusqu’à la mort de Don Giovanni est l’une des plus spectaculaires qu’il nous ait été donné d’entendre.</p>
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