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	<title>Les Musiciens de Saint-Julien - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Les Musiciens de Saint-Julien - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Tim Mead et François Lazarevitch : Vivaldi  — Paris (Gaveau)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Nov 2022 08:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tim Mead et François Lazarevitch étaient de nouveau réunis, hier soir, sur la scène de Gaveau, dans une parenthèse vivaldienne consacrée à des airs d’opéras, tirés notamment d’Orlando Furioso, et des pièces musicales connues et moins connues. Le programme présenté met l’accent sur le talent protéiforme de Vivaldi, qui cultivait la virtuosité et les éclats &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tim Mead et François Lazarevitch étaient de nouveau réunis, hier soir, sur la scène de Gaveau, dans une parenthèse vivaldienne consacrée à des airs d’opéras, tirés notamment d’<em>Orlando Furioso</em>, et des pièces musicales connues et moins connues. Le programme présenté met l’accent sur le talent protéiforme de Vivaldi, qui cultivait la virtuosité et les éclats dramatiques sur le plan musical tout en tissant des lignes vocales sublimes pour les chanteurs.</p>
<p><strong>François Lazarevitch </strong>et<strong> l</strong>es <strong>Musiciens de Saint-Julien </strong>aiment emprunter<strong> </strong>des chemins de traverse et assument pleinement la liberté de cet éclectisme stylistique. Car s’il est une qualité que l’on peut associer au musicien et à son ensemble, c’est bien l’imagination dans la composition des programmes et dans les univers sonores créés.  Et cette soirée ne fait pas exception, l’alternance d’œuvres instrumentales et vocales est superbement agencée pour donner un rythme parfait au programme. Le flutiste mêle à une fine connaissance musicologique une pratique intuitive de la musique ancienne, le tout magnifié par la voix ductile de <strong>Tim Mead.</strong> Cette soirée est une affaire de musiciens et cela s’entend. Chacun s’écoute attentivement sur scène et même hors scène. A cet égard, pour tout comprendre de cette osmose, il fallait capter l’expression de Tim Mead assis dans la pénombre, pendant les parties instrumentales, complètement happé par la musique, le regard rivé sur François Lazarevitch et ses musiciens. Et dans cet accord parfait, le dialogue entre la voix et l’ensemble instrumental est total.</p>
<p>Le timbre du contre-ténor est idéal pour ce répertoire et s’illustre avec brio tant dans un registre mélancolique (<em>Gelido in ogni vena</em>) que dans les moments plus expressifs de haute tension dramatique, où le chanteur donne corps à la tourmente des sentiments (<em>Qual serpe turtuosa</em>) et au feu d’un courroux intérieur, dont le point d’orgue est incontestablement le superbe <em>Gemo in un punto e fremo</em> qui a plongé le public dans un état de grâce. Mais cette voix peut également se teinter d’infinies nuances au fil de pages plus aériennes et virtuoses (<em>Cara Sposa</em>). L’intelligence du texte est sublimée par une diction claire et une riche ornementation aux ressorts quasi instrumentaux. Le chanteur sait animer la moindre phrase par un engagement total. On peut alors pleinement apprécier dans cette interprétation habitée, chaque phrasé, les <em>legati</em> et <em>crescendi</em>, distillés dans un chant débarrassé de toute fioriture inutile. Car contrairement à certains contre-ténors, Tim Mead ne s’adonne ni au maniérisme, ni à la pyrotechnie vocale. On sent alors ici à quel point l’artiste a gagné en maturité  et qu’il est aujourd’hui dans la plénitude de ses moyens.</p>
<p>A la fois chef et musicien, François Lazarevitch jongle entre le pupitre et plusieurs flûtes, et il donne ici la pleine mesure de son éclectisme. Nous sommes loin des timbres cossus et lisses d’un English Concert ou d’une Academy of Ancient Music, mais l&rsquo;approche vivifiante du musicien et de son ensemble, aux sons  à la fois corsés et rustiques, qui emprunte beaucoup à la danse, emporte l’enthousiasme de l’auditeur au fil des pièces. Telle est l&rsquo;alchimie entre art populaire et approche érudite de la musique des Musiciens de Saint-Julien.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="316" src="/sites/default/files/styles/large/public/tim-mead-francois-lazarevitch.jpg?itok=Z22ND7dH" title="François Lazarevitch Tim Mead Gaveau 16/11/2022©Jean-Baptiste Millot" width="468" /><br />
	François Lazarevitch Tim Mead Gaveau 16/11/2022 © Jean-Baptiste Millot</p>
<p>Quittant les rives de l’Italie, Tim Mead et François Lazarevitch nous ont fait l’offrande, en guise de conclusion à ce concert, d’un détour par les côtes de l’Angleterre avec un très inspiré <em>Drive the cold winter away </em>– un air anonyme figurant sur leur album <em>The Queen’s delight </em>– et un traditionnel celte dominé par la musette baroque de l’éclectique musicien. Avec une telle synergie, Tim Mead et François Lazarevitch ont tenu l&rsquo;auditoire à distance des premiers froids de l’hiver en attisant le feu des dernières couleurs de l’automne.</p>
<p> </p>
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		<title>Lucile Richardot et Philippe Jaroussky  — Saint-Michel en Thiérache</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lucile-richardot-et-philippe-jaroussky-saint-michel-en-thierache-exuberantes-retrouvailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jun 2021 03:14:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’ambiance était à la fête en ce dimanche 6 juin à l’abbatiale de Saint Michel en Thiérache à l’occasion des concerts d’ouverture du Festival de Musique ancienne et baroque. Il y avait même une atmosphère de kermesse, car, après un an de silence, et dans le respect des restrictions sanitaires, le public, selon un rituel &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’ambiance était à la fête en ce dimanche 6 juin à l’abbatiale de Saint Michel en Thiérache à l’occasion des concerts d’ouverture du Festival de Musique ancienne et baroque. Il y avait même une atmosphère de kermesse, car, après un an de silence, et dans le respect des restrictions sanitaires, le public, selon un rituel bien rôdé, se pressait pour y passer la journée, et s’était préparé à pique-niquer à son aise, dans les jardins, entre les deux concerts. Un grand bravo à <strong>Jean-Michel Verneiges</strong> d’avoir réussi, en ces temps difficiles, à réunir tant d’artistes prestigieux pour cette nouvelle édition.</p>
<p>La premier concert, à 11h 30,  accueillait un nouveau venu : l’ensemble des <strong>Musiciens de Saint-Julien</strong> dirigé par le flûtiste <strong>François Lazarevitch</strong> avec en soliste la mezzo-soprano <strong>Lucile Richardot</strong>. Le programme était consacré à une sélection de chants et de danses d’inspiration populaire de l’<em>Orpheus Britannicus </em>de Purcell. Et pour l’occasion, il arrivait au flûtiste de troquer son instrument contre une musette. La merveilleuse mezzo-soprano Lucile Richardot intervenait, elle, dans des airs extraits notamment d’opéras. Elle les a interprétés dans un anglais remarquable, ciselé au cordeau. Son timbre cuivré et profond nous a rappelé, plus d’une fois, celui de Kathleen Ferrier. Elle allie une faconde exubérante à  la noblesse d’une grande tragédienne lyrique. Elle est impayable dans la ballade du <em>Jockey d’Edimbourg</em> et nous arrache des larmes dans le célèbre <em>Ô Solitude</em> ou l’<em>Air du Froid </em> de l’opéra <em>King Arthur</em>. Passionnée de musique ancienne, elle est aussi, aujourd’hui, une de nos meilleures interprètes de Gustav Mahler. Nous l’entendrons la saison prochaine au TCE à Paris dans Geneviève de <em>Pelléas  et Mélisande</em> de Debussy. En bis, François Lazarevitch a entraîné ses Musiciens de Saint-Julien – et le public qui les a ovationnés – dans une pétulante contredanse (country dance) avec « hornpipe » obligé !</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/01-.jpg?itok=zPj_RUDr" title="Lucile Richardot, mezzo et les Musiciens de Saint-Julien (Photo Anne-Sandrine Girolamo)" width="468" /><br />
	Lucile Richardot, mezzo et les Musiciens de Saint-Julien (Photo Anne-Sandrine Girolamo)</p>
<p>A 15h30 l’ensemble <em>Arpeggiata</em> de <strong>Christina Pluhar</strong> leur succédait avec <strong>Philippe Jaroussky,</strong> le complice de toujours, dans un programme passionnant d’airs de cour de compositeurs français du début du XVIIe siècle. Etonnés au début par les accents hispaniques dessinés au théorbe nous comprenons bientôt que certains de ces compositeurs on été en contact avec l’Italie et l’Espagne, comme Gabriel Bataille ou le languedocien Estienne Moulinié et son « air galant au bord du Tage ». Philippe Jaroussky, toujours aussi fringant et dans une forme vocale insolente, est l’interprète idéal de ces chants et, pour la première fois en concert, il distille, avec gourmandise, un espagnol impeccable. Grand comédien, il déploie une riche palette d’expressions : espiègle dans les bergerettes, il est soudain particulièrement émouvant dans la romance à capella du « gentil marinier » de Pierre Guédron. Les musiciens s’entendent si bien qu’ils peuvent improviser à l’envi. La aussi quelle belle diversité en harmonie : l’excellente harpiste italo-grecque et le théorbe se taillent un franc succès dans une adaptation des <em>Barricades Mystérieuses</em> de Couperin. L’américain <strong>Doron Sherwin</strong>, au cornet à bouquin, tire de l’instrument des sons magiques qui vont de la plainte poignante aux ornements véloces et virtuoses. Le joueur de castagnettes est russe et totalement « flamenco » et le luthiste joue parfois du cistre, l’ancêtre du charango andin.  A la fin, cerise sur le gâteau, Philippe Jaroussky se lance dans un air galant bien contemporain (et audacieusement chorégraphié par ses soins) transcrit pour ensemble baroque par Christina Pluhar : le pétillant « <em>Déshabillez-moi </em>» de Nyel et Verlor que chantait Juliette Gréco ! Le public est aux anges et ne veut pas les laisser partir. A la sortie des concerts les auditeurs se mêlent aux musiciens autour d’un verre. Vivement donc dimanche prochain avec <em>Les Meslanges</em> et Stefano Rossi à la tête du <em>Pomo d’Oro </em>!</p>
<p> </p>
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		<title>The Queen&#039;s delight</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-queens-delight-aux-sources-du-baroque-anglais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Nov 2020 05:21:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les (fausses) traditions conduisent trop souvent à la redécouverte des œuvres anciennes en chaussant les lunettes des musicologues de l’entre-deux guerres. Examinées dans l’exclusif contexte du corpus des œuvres conservées dans nos bibliothèques, on les prive ainsi de leurs racines, le plus souvent populaires. Il n’est pas étonnant que les années où fleurissait le folk &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les (fausses) traditions conduisent trop souvent à la redécouverte des œuvres anciennes en chaussant les lunettes des musicologues de l’entre-deux guerres. Examinées dans l’exclusif contexte du corpus des œuvres conservées dans nos bibliothèques, on les prive ainsi de leurs racines, le plus souvent populaires. Il n’est pas étonnant que les années où fleurissait le folk correspondaient à la renaissance de la musique ancienne et du baroque. Les interactions furent nombreuses. Naïk Raviart, qui signe le premier texte introductif de la plaquette d’accompagnement, en fut l’une des initiatrices, avec son frère, Yvon Guilcher, auxquels notre connaissance de la danse doit tant (1).</p>
<p>Poursuivant avec toujours autant de bonheur cette rencontre des sources écrites et de traditions orales, <strong>François Lazarevitch</strong> et ses <strong>Musiciens de Saint-Julien</strong> répondent précisément à cette attente : « Goûter un peu du quotidien des hommes du passé », et leur réussite est pleinement convaincante.</p>
<p><em>The English Dancing Master</em> (1651) demeure une incontournable référence. Le travail de recherche de François Lazarevitch aboutit à nous proposer des « tubes » de l’époque, que chacun avait en tête. Musiques qui fleurent bon le terroir, jigs, contredanses et autres musiques à danser firent fureur, ce dont témoigne le recueil de John Playford. Comment résister à la vigueur rythmique, à l’entrain, à la séduction des timbres instrumentaux et vocaux ? Un peu plus de la moitié des pièces sont chantées, alternant avec des danses instrumentales. Parenthèse bienvenue, la plainte de <em>Sefauci&rsquo;s farewell</em> où la viole de gambe, la flûte et le luth se conjuguent pour cette page superbe. A signaler également, la chanson à boire <em>Bacchus&rsquo;s health</em>, confiée évidemment aux voix d&rsquo;hommes du groupe, sur laquelle se conclut l&rsquo;enregistrement.</p>
<p><strong>Fiona McGown</strong>, que l’on connaît et apprécie dans de multiples répertoires, de Cavalli à Saarihao, Olivier Greif et Camille Pépin, s’est bien coulée dans le moule, comme si elle avait pratiqué cette forme singulière de chant depuis toujours. Son mezzo chaleureux, ensoleillé, vif, participe à la dynamique des pièces. <strong>Enea Sorini</strong>, le baryton, est parfaitement dans son élément. <em>Les Musiciens de Saint-Julien</em>, « broken consort », associant des timbres variés et riches, sont le truchement de cette belle histoire, de ce voyage incroyable dans l’Angleterre au tournant des années 1700. La jeunesse, « l’esprit de jeu et de liberté » séduiront l’auditeur, qu’il soit novice ou amateur de musique ancienne.</p>
<p>Livret d’accompagnement bien documenté, où Naïk Raviart signe quelques pages relatives aux « Ballades et contredanses », suivies d’une interview de François Lazarevitch. Les textes des mélodies – savoureux – et leur traduction française complètent l’ensemble.</p>
<p> </p>
<p>(1) Naïk Raviart a signé plusieurs communications en résonance avec ce disque, particulièrement :           <br />
	&#8211; « Influence de la danse française savante des xviie et xviiie siècles sur les répertoires traditionnels d’Écosse et d’Irlande », in Résonances, Actes du colloque des 3es rencontres de musique ancienne, ARCODAM, Châteaugiron, 1989.<br />
&#8211; « Danse irlandaise traditionnelle et danse française ancienne », in Tradition et histoire dans la culture populaire, Centre Alpin et Rhodanien d’Ethnologie, Grenoble, 1990.</p>
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		<item>
		<title>Purcell &#8211; songs &#038; dances</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/purcell-songs-dances-audacieux-mais-deroutant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jan 2019 06:32:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Musiciens de Saint-Julien prennent volontiers des chemins de traverse, en termes de répertoire mais aussi d’approche, comme en témoigne aujourd’hui cet album singulier dont François Lazarevitch assume pleinement l’éclectisme stylistique. Il aborde Purcell après avoir exploré le patrimoine celtique, accomplissant un très fécond « détour par les musiques traditionnelles, explique-t-il, qui m’a permis de jouer avec des danseurs, avec des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les <strong>Musiciens de Saint-Julien </strong>prennent volontiers des chemins de traverse, en termes de répertoire mais aussi d’approche, comme en témoigne aujourd’hui cet album singulier dont <strong>François Lazarevitch </strong>assume pleinement l’éclectisme stylistique. Il aborde Purcell après avoir exploré le patrimoine celtique, accomplissant un très fécond « <em>détour par les musiques traditionnelles, </em>explique-t-il<em>, qui m’a permis de jouer avec des danseurs, avec des musiciens qui sentent ce que l’on appelle la cadence : elle est pour moi essentielle, la sève de la musique, comme la pression du sang dans les veines. C’est un ressenti de la pulsation souple, une sorte de swing à l’intérieur du tempo, qui lui ne bouge pas </em>». Un swing irrésistible dans les pages écossaises que Les Musiciens de Saint-Julien ont gravées et redonnaient en concert l’hiver dernier à Anvers en compagnie de Zachary Wilder, mais qui chez Purcell nous laisse perplexe, et ce malgré la présence à la fois lumineuse et enveloppante de <strong>Tim Mead</strong>. Aurions-nous du mal à nous affranchir de certaines habitudes d’écoute, de références trop prégnantes ? Sans doute, mais ce conditionnement n’explique pas tout. </p>
<p>Sur papier, le florilège ménage un bel équilibre entre les pièces instrumentales et les <em>songs </em>; or, à l’écoute, les Musiciens de Saint-Julien ont parfois tendance à tirer la couverture à eux et le formidable élan qui caractérise l’interprétation des danses contamine les pages vocales en virant parfois à l’agitation. Tim Mead semble ainsi survoler <em>Strike the viol</em>, pris à une allure excessive, comme s’il était pressé ou sommé de s’effacer rapidement pour faire place à l’ample digression de ses complices. De la même manière, <em>Here the deities approve </em>est si furtivement esquissé qu’il peine à retenir l’attention de l’auditeur, aussitôt happée par la ritournelle, au pas lourd, des instrumentistes. Une même lourdeur plombe <em>Fairest Isle</em>, les nappes d’orgue assombrissant l’évocation délicate de Vénus avant de disputer la vedette au soliste dans <em>Here let my life</em>, sublimes adieux au monde dont, dès les années 50 (Vanguard), Alfred Deller cristallisait comme personne les inflexions mélancoliques en même temps que la sérénité. </p>
<p>Tim Mead n’a toutefois pas à rougir de la comparaison, inévitable, avec ses illustres devanciers et il possède, à l’image de Deller ou de Bowman, un <em>falsetto </em>remarquablement long et homogène, lequel le dispense de ces décrochages qui demeurent étrangers à l’esthétique des contre-ténors britanniques. Certaines intonations rappellent Charles Brett (<em>Strike the Viol</em>), mais sans les nasalités, sa voix affichant une rondeur de même qu’une fermeté dans l’émission qui confère à l’incantatoire <em>Tis Natures’ voice </em>toute l’autorité voulue. Vraisemblablement destiné à un ténor aigu, <em>One charming night </em>évolue dans une tessiture aussi ingrate, mais dont<a href="https://www.forumopera.com/the-fairy-queen-bruxelles-bozar-purcell-lenchanteur"> le chanteur s’échappait en concert</a>, sans se départir de son élégance – une liberté à laquelle, hélas, il renonce au disque. Autre mauvaise pioche : l’Air du Froid de <em>King Arthur</em>. Expédié à un <em>tempo </em>absurde et tristement geignard, il perd tout pouvoir de suggestion. A l’instar de Jakub Józef Orliński et avant lui <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/o-solitude">d’Andreas Scholl</a>, qui lui rendait pourtant hommage en reprenant ce tube, Tim Mead ignore la leçon de Klaus Nomi. L&rsquo;artiste pop mais de formation classique commençait en poitrine et exploitait très habilement les changements de couleurs entre ses registres tout en imprimant à cette page géniale une tension irrésistible.   </p>
<p>Sur le plan sonore, <em>O Solitude </em>est une pure merveille et les aigus, à peine effleurés, distillent une irréelle douceur. L&rsquo;interprétation dépouillée de Tim Mead nous séduit plus qu’elle ne nous touche, mais chacun l’appréciera selon sa sensibilité, sa pudeur. A dire vrai, il ne sort vraiment de sa réserve que dans la pittoresque et très savoureuse ballade écossaise <em>Twas within a furlong of Edinboro’ town</em>. Il n’est pas davantage le premier falsettiste à vouloir s’approprier <em>Fairest Isle</em>, mais la subtilité de Purcell s’évanouit sous des apprêts inutiles comme autant de coquetteries. « <em>En écriture vocale, </em>observe Tim Mead dans le livret qui accompagne le disque, <em>les ornements devraient idéalement émerger comme une extension homogène de l’expression du matériel écrit. C’est, je l’espère, ce que François et moi avons réussi à faire ici. </em>» De manière générale, la valeur expressive des agréments, qui connaissent ici un développement inédit, ne nous saute pas aux oreilles, au contraire, ils nous semblent plutôt desservir le texte et brouiller la mélodie. Par contre, la verve des Musiciens de Saint-Julien balaie nos réticences dans la <em>Fantazia upon a ground </em> et nous fascine même dans le <em>Curtain tune </em>de <em>Timon of Athen </em>auquel ils insufflent une urgence inquiète, osant un geste frénétique à mille lieues, par exemple, de la lecture richement nuancée et presque distanciée du <a href="https://www.forumopera.com/cd/a-fancy-fantasy-on-english-airs-tunes-pour-affronter-lhiver-ecoutez-a-fancy">Caravansérail</a> sous la conduite de Bertrand Cuiller. </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Cantates françaises — Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cantates-francaises-bruxelles-bozar-les-miracles-de-la-piau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Dec 2017 13:46:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Trois concerts pour un double portrait : Bozar avait choisi cette saison de réunir François Lazarevitch, flûtiste et fondateur de l’ensemble Les Musiciens de Saint-Julien, et Justin Taylor, jeune prodige du clavecin révélé par le Concours de Bruges en 2015 dont il remporta le très prestigieux premier prix. Après un récital solo, où le claviériste se partageait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Trois concerts pour un double portrait : Bozar avait choisi cette saison de réunir <strong>François Lazarevitch</strong>, flûtiste et fondateur de l’ensemble Les Musiciens de Saint-Julien, et <strong>Justin Taylor</strong>, jeune prodige du clavecin révélé par le Concours de Bruges en 2015 dont il remporta le très prestigieux premier prix. Après un récital solo, où le claviériste se partageait entre les sautereaux et les petits marteaux (Bach, Rameau, Balbastre, Mozart et Boutmy), puis une soirée dédiée à l’art du portrait à travers la musique en trio de Forqueray, Rameau et Leclair avec le concours de la violiste Lucile Boulanger, mercredi dernier, au Conservatoire de Bruxelles, Les Musiciens de Saint-Julien accompagnaient <strong>Sandrine Piau</strong> dans deux chefs-d’œuvre de Clérambault – n’ayons pas peur des mots, ils ne sont pas galvaudés –, à savoir <em>Orphée</em>, cantate qui a fait plus pour la notoriété du musicien que tout autre composition, et en seconde partie <em>Léandre et Héro</em>, précédées de pages instrumentales.</p>
<p>Suites chambristes destinée à de simples amateurs et pour cette raison « <em style="line-height: 1.5">d’une exécution facile </em>», les <em style="line-height: 1.5">Recréations de musique </em>de Jean-Marie Leclair évoluent dans un climat léger, ludique et sollicitent la fantaisie des artistes. Les Musiciens de Saint-Julien ne manquent pas de verve et affichent une belle motricité rythmique dans les danses de la seconde récréation choisie pour ouvrir le concert, mais les stridences du violon jurent avec la délicatesse de la flûte. Egalement fâché avec la justesse dans le prélude du sixième des <em style="line-height: 1.5">Nouveaux Quatuors</em> de Telemann en mi mineur, <strong>David</strong> <strong>Greenberg</strong> a du tempérament et des idées à revendre mais le violoniste se laisse parfois encore emporter par sa fougue au détriment de la sonorité, toujours aussi disgracieuse, ainsi que de la cohésion de l’ensemble. Certes, ces pages pleines d’imagination invitent, comme l’observe Gilles Cantagrel, à jouer avec la plus grande liberté, mais collégialement, faut-il le dire, à l’image des autres instrumentistes dont la performance n’appelle que des louanges. La basse continue en particulier nous régale et l’éloquente agilité de <strong style="line-height: 1.5">Lucile Boulanger</strong>, étoile montante de la gambe, rehausse les échanges féconds du quatrième mouvement (<em style="line-height: 1.5">Gracieusement</em>), la chaconne, aux allures de sarabande (<em style="line-height: 1.5">Modéré</em>), offrant une grisante apothéose à ce qui se veut un hommage au champion des Goûts Réunis disparu il y a deux cent cinquante ans. Hélas, bien moins gâté que François Lazarevitch,  Justin Taylor n&rsquo;avait qu&rsquo;un prélude en do mineur de Clérambault à se mettre sous les doigts pour s&rsquo;exprimer seul, juste assez pour nous éblouir par l&rsquo;extraordinaire vitalité du discours, un discours organique, d&rsquo;un naturel et d&rsquo;une fluidité exemplaires, et nous laisser cruellement sur notre faim.   </p>
<p>Entre deux représentations du <a href="https://www.forumopera.com/dialogues-des-carmelites-bruxelles-la-monnaie-le-mysticisme-radical-selon-py"><em style="line-height: 1.5">Dialogue des Carmélites </em></a>à la Monnaie, où elle incarne Sœur Constance, la moins diva des stars du baroque renouait pour un soir avec ces deux cantates de Clérambault qu’elle enregistra il y a une vingtaine d’années en compagnie des Solistes du Concert Spirituel. L’intégrité du timbre, qui semble immarcescible, mais également la limpidité de l’aigu, la précision des attaques, la souplesse de l’émission, nous ne savons qu’admirer quand soudain les accents d’Orphée nous pénètrent jusqu&rsquo;au tréfonds de l&rsquo;âme. « <em style="line-height: 1.5">Laissez-vous toucher par mes pleurs … Rendez-moi ma chère Eurydice </em>» : le miracle cette fois procède de l&rsquo;investissement de Sandrine Piau et de sa conduite de la phrase, de la gradation des effets qui en exaltent le pathétisme. Au-delà de l’émotion intrinsèque que recèle une voix, expérience éminemment subjective dont il serait vain de disputer mais qui peut suffire à faire de nous « <em style="line-height: 1.5">le plus fidèle amant du monde </em>» (<em style="line-height: 1.5">Léandre et Héro</em>), c’est la sensibilité et la constante justesse de l’interprète qui nous captive, aujourd’hui comme il y a vingt ans. De la plainte du chantre de la Thrace aux ardents soupirs de Léandre en passant par la gaité d’un amour triomphant jusque dans le sombre séjour des Enfers, Sandrine Piau épouse chaque fluctuation du sentiment, en parfaite symbiose avec Les Musiciens de Saint-Julien qui lui offrent beaucoup plus qu’un soutien sans faille. En <em style="line-height: 1.5">bis</em>, celle qui fut Zaïre pour William Christie (<em style="line-height: 1.5">Les Indes galantes</em>), s’approprie l’air de Phani « <em style="line-height: 1.5">Viens Hymen</em> » et nous fondons littéralement devant cet autre miracle, que nous appellerions la « grâce » si ce terme n’était pas victime de connotations péjoratives et n’évoquait des affèteries en réalité totalement étrangères à la musique de Rameau comme à la lecture épurée de la Piau. Difficile de se concentrer sur les « <em style="line-height: 1.5">Rossignols amoureux</em> » (<em style="line-height: 1.5">Hippolyte et Aricie</em>) quand le chant vient de s’insinuer si profondément et de nous faire chavirer…</p>
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