<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Orchestre de Paris - Orchestre - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/orchestre/orchestre-de-paris/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/orchestre/orchestre-de-paris/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 03 Feb 2026 06:19:53 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Orchestre de Paris - Orchestre - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/orchestre/orchestre-de-paris/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>BEETHOVEN, Missa Solemnis &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-missa-solemnis-paris-philharmonie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 06:19:49 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=207847</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les deux concerts consacrés par l’Orchestre de Paris à la Missa solemnis de Beethoven ont fait salle comble à la Philharmonie et ont reçus un accueil particulièrement enthousiaste du public. L’œuvre avait été présentée, dans cette même salle, en avril 2024 dans une belle interprétation du Cercle de l’Harmonie, dirigé par Jérémie Rohrer, formation qui &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-missa-solemnis-paris-philharmonie-2/"> <span class="screen-reader-text">BEETHOVEN, Missa Solemnis &#8211; Paris (Philharmonie)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-missa-solemnis-paris-philharmonie-2/">BEETHOVEN, Missa Solemnis &#8211; Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les deux concerts consacrés par l’Orchestre de Paris à la <em>Missa solemnis</em> de Beethoven ont fait salle comble à la Philharmonie et ont reçus un accueil particulièrement enthousiaste du public. L’œuvre avait été présentée, dans cette même salle, en avril 2024 dans une belle interprétation du Cercle de l’Harmonie, dirigé par Jérémie Rohrer, formation qui aborde le répertoire du XVIIIème et XIXème siècle avec des instruments d’époque. C’est donc, sans doute, ce type de formation qui avait créé l’œuvre. Les musicologues Brigitte et Jean Massin ont insisté, à ce sujet, sur le fait que Beethoven, toujours insatisfait, était toujours à l’aguet des innovations concernant les factures d’instruments (notamment le piano) afin d’en augmenter les possibilités expressives. Ils ajoutaient que « Richard Wagner estimait que l&rsquo;orchestration de la 9e symphonie dépassait vraiment les possibilités des instruments du début du XIXème siècle ». Les grands orchestres symphoniques d’Autriche et d’Allemagne au début du XXème correspondraient-ils donc d’avantage à ce que recherchait Beethoven ? On peut l&rsquo;imaginer! Dans le public, la plupart des mélomanes qui ont découvert la <em>Missa Solemnis</em> grâce à ces ensembles dirigés par d’éminents chefs tels que Klemperer, Karajan ou Karl Böhm, attendaient avec impatience l’interprétation de l’Orchestre de Paris qui ne l’avait pas jouée depuis 2008. Ce 29 janvier, le spectacle était saisissant à l’arrivée de l’imposante formation et du chœur au grand complet dont les pupitres de ténors et de basses avaient dû être placés sur le balcon réservé d’ordinaire au public.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/21_MATHIAS_BENGUIGUI_DSCF6013-1294x600.jpg" />© Mathias Benguigui</pre>
<p>Le jeune chef <strong>Klaus Mäkelë </strong>très à l’écoute de ses musiciens et aimé du public, notamment pour son investissement, sa fougue et sa sympathie, dirige le prélude du <em>Kyrie </em>et l’entrée du chœur avec la gravité et la lenteur requise et aussi une certaine retenue. Par contre, dès l’introduction énergique du <em>Gloria, </em>il nous entraîne avec fougue dans cet hymne à l’humanité, dans cette foi en son combat pour conquérir la liberté et la joie au sens le plus noble du terme. C’est dans le <em>Gratias agimus tibi</em> que se détache le merveilleux quatuor vocal qui sera si émouvant toute la soirée. Un quatuor de grandes voix, aussi homogène qu’un ensemble de musique de chambre, qui nous va droit au cœur. La soprano <strong>Chen Reiss</strong>, que Jérémie Rohrer avait déjà engagée à la Philharmonie, est sublime. Sa voix possède un timbre chaleureux et peut passer de la douceur aux suraigus vaillants sans jamais perdre cette couleur magnifique. Quelle égalité sur toute la tessiture ! Et c’est le cas de tous les chanteurs. La voix de la mezzo <strong>Wiebke Lehmkulh </strong>qu’on a pu entendre déjà à Paris, notamment dans le rôle d’Erda de la Tétralogie de Wagner, se marie à merveille avec elle tout comme avec celle du ténor <strong>Andrew Staple</strong> capable de tant de couleurs, aux aigus brillants, tantôt héroïques et tantôt filés jusqu’aux piani les plus subtils. Son intervention dans le déchirant <em>Et homo factus</em> <em>est </em>du <em>Credo </em>est bouleversante. L&rsquo;engagement et la puissance du chœur sont impressionnants tout au long du concert et particulièrement ici dans la fugue <em>Et vitam</em> et l’<em>Amen</em> final martelé avec force. Dans le <em>Benedictus</em> du <em>Sanctus</em> qui suit, c’est la voix de la soprano qui domine le quatuor dans de longues phrases au aigus lumineux<em>. </em>C’est alors que s’élève  le chant particulièrement poignant du violon interprété avec un lyrisme puissant par <strong>Sarah Nemtanu</strong>, nommée premier violon de l’orchestre le 1<sup>er</sup> janvier dernier. Son solo, tel un message de paix, parcourt toute la fin du Sanctus. Quant au baryton <strong>Gerald Finley</strong>, qu’on ne présente plus, sa voix large et profonde s’épanouit vraiment au début de <em>l’Agnus Dei</em> avec une largeur et un dramatisme inhabituels donnant plus de force encore au recueillement qui suit et surtout au mot <em>Pacem </em>scandé énergiquement par le chœur jusqu’à la fin, sous la direction vigoureuse de Mäkelë, tel un appel déterminé à l’humanité tout entière. Et le message est fort par les temps qui courent! L’émotion était palpable dans le public qui s&rsquo;est levé pour faire un triomphe à l’orchestre et aux chanteurs.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/beethoven-missa-solemnis-paris-philharmonie-2/">BEETHOVEN, Missa Solemnis &#8211; Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LIGETI, Requiem &#8211; Paris, Philharmonie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ligeti-requiem-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Nov 2025 06:16:19 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=203971</guid>

					<description><![CDATA[<p>Esa-Pekka Salonen n’est pas encore le chef principal de l’Orchestre de Paris, fonction qu’il n’occupera qu’à compter de 2027. Mais il semble déjà chez lui sur la scène de la Philharmonie, face à des musiciens qu’il a été tant de fois invité à diriger. Au point de les guider sans faiblir dans des contrées inconnues. &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/ligeti-requiem-paris-philharmonie/"> <span class="screen-reader-text">LIGETI, Requiem &#8211; Paris, Philharmonie</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ligeti-requiem-paris-philharmonie/">LIGETI, Requiem &#8211; Paris, Philharmonie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Esa-Pekka Salonen</strong> n’est pas encore le chef principal de l’Orchestre de Paris, fonction qu’il n’occupera qu’à compter de 2027. Mais il semble déjà chez lui sur la scène de la Philharmonie, face à des musiciens qu’il a été tant de fois invité à diriger. Au point de les guider sans faiblir dans des contrées inconnues. Car à l’occasion de ces concerts, le <em>Requiem </em>de Gyorgy Ligeti faisait, sauf erreur de notre part, son entrée au répertoire de l’Orchestre. Composée entre 1963 et 1965, la pièce semble de prime abord s’engouffrer dans le sillage des messes des morts « théâtrales », tant les contrastes abondent, entre les vagues sonores coloristes des choristes dans le « Kyrie », le « Dies irae » hérissé de stridences et de déchirures qui n’ont rien de l’ironie du <em>Grand Macabre </em>que le compositeur écrira une bonne décennie plus tard, et les pages finales qui retrouvent, en même temps qu’une forme de consonance, les lumières de ce qui peut ressembler à de l’apaisement. Mais dire cela ne suffit pas à décrire l’atmosphère angoissante, presque oppressante, qui empoigne l’auditeur dès les premières mesures, ni les réminiscences que nous apporte une écriture qui se souvient du contrepoint, et même du plain-chant, dont elle restitue le goût sans en copier les méthodes. D’une clarté admirable, la battue de Salonen parvient à unifier ce qui, de prime abord, s’oppose : les affres et la consolation ne sont pas, ici, des contraires, mais les étapes d’un même chemin, où le chef avance d’un pas ferme, meilleur appui des instrumentistes, dont il tire des sonorités diaphanes, mais aussi des choristes, particulièrement sollicités ici. Au Chœur de Paris s’ajoutent pour l’occasion les forces du New London Chamber Choir, rompues à ce répertoire. Disposés à l’arrière-scène et sur le plateau, les diapasons à portée d’oreille pour ne pas se perdre dans les jeux de variation infinies des lignes de chant, les choristes sont magnifiques, totalement voués aux rapprochements et aux éloignements successifs qui rendent les voix, tantôt dissociées en de longues plaintes horrifiques, tantôt unies dans la quête de l’éternité, comme des points se confondant à mesure qu’ils s’approchent de la ligne d’horizon. Travail de maître, admirablement préparé par les chefs de chœurs <strong>Richard Wilberforce</strong> et <strong>Bertie Baigent</strong>, assistés de <strong>Pierre-Louis de Laporte</strong> et <strong>Gisèle Delgoulet</strong>, et au niveau duquel s’élève le chant des solistes : <strong>Jennifer France</strong>, qui hérite d’une partie à l’ambitus impitoyable, mobilise toutes les forces d’un soprano à la droiture jamais stridente, quand <strong>Virpi Räisänen</strong> projette son mezzo ductile avec aisance.</p>
<p>Après l’entracte, et cette demi-heure de haute intensité, il était encore question de spiritualité, bien que celle-ci revête, avec Bruckner, les habits plus traditionnels d’un romantisme certes distendu parfois jusqu’à l’abstrait, mais encore tenu dans les grandes formes de la symphonie du XIXe siècle. Dès l’entame de la Quatrième, scandée par des contrebasses dont les marches harmoniques sonnent plus distinctement qu’à l’accoutumée, Salonen opte pour une lecture où la netteté des plans sonores tient lieu d’éthique, sinon de religion, et où le refus du gros son facile déplace parfois les centres de gravité musicaux. Ainsi le deuxième mouvement, avec ses allures de valse triste et ses cordes embrumées, constitue un sommet plus haut et plus marquant que le scherzo, qui ne sait pas toujours éviter les redondances. L’Orchestre de Paris suit vaillamment, sinon parfaitement : si ce n’était pour admirer le cor solo formidable de <strong>Gabriel Dambricourt</strong>, on regretterait que les cordes cèdent un peu trop souvent aux cuivres, sauf dans les derniers trémolos d’un final qui achève de déclencher l’enthousiasme de la salle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ligeti-requiem-paris-philharmonie/">LIGETI, Requiem &#8211; Paris, Philharmonie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>KILAR, Bram Stoker&#8217;s Dracula (ciné-concert) &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/kilar-bram-stokers-dracula-cine-concert-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=202335</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour un génial cinéaste comme Francis Ford Coppola, il est impossible de ne pas s&#8217;approprier une œuvre de commande sans en faire un manifeste très personnel (ici de déférence cinéphile passionnée). Cette œuvre, c&#8217;est Dracula (Bram Stoker&#8217;s Dracula en VO) sortie en 1992, une commande acceptée pour survivre à la faillite de son propre studio &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/kilar-bram-stokers-dracula-cine-concert-paris/"> <span class="screen-reader-text">KILAR, Bram Stoker&#8217;s Dracula (ciné-concert) &#8211; Paris</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/kilar-bram-stokers-dracula-cine-concert-paris/">KILAR, Bram Stoker&rsquo;s Dracula (ciné-concert) &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour un génial cinéaste comme <strong>Francis Ford Coppola</strong>, il est impossible de ne pas s&rsquo;approprier une œuvre de commande sans en faire un manifeste très personnel (ici de déférence cinéphile passionnée). Cette œuvre, c&rsquo;est <em>Dracula</em> (<em>Bram Stoker&rsquo;s Dracula</em> en VO) sortie en 1992, une commande acceptée pour survivre à la faillite de son propre studio Zoetrope et sur les instances de <strong>Winona</strong> <strong>Ryder</strong> (rôle de Mina Murray), actrice puissante alors à Hollywood. Francis Ford Coppola va réunir les meilleurs artisans et techniciens pour reconstituer en studio les atmosphères et décors extraordinaires rêvés à partir du scénario du brillant roman épistolaire de Bram Stoker, revisité dans le scénario de <strong>James V. Hart</strong> en une histoire d&rsquo;amour éternel plutôt que d&rsquo;horreur. Pour Coppola, de surcroît, la figure du vampire traversant les siècles et abolissant la mort va devenir une métaphore du pouvoir du cinématographe créé en 1895 (soit deux ans avant la publication du roman), capable lui aussi de conjuguer fascinante dévoration (la fameuse pulsion scopique), dons d&rsquo;ubiquité et d&rsquo;éternité par l&rsquo;image. Le Comte Dracula emmène d’ailleurs l’héroïne au cinématographe, suscitant les images muettes de ses fantasmes. Après des siècles de déréliction, la découverte en 1897 par le Comte Dracula du sosie (Mina Murray, rencontrée dans un plan tourné avec une antique caméra Pathé) de sa fiancée suicidée, Elisabeta pour laquelle il s&rsquo;est damné en 1462 et la victoire finale de l&rsquo;amour et du Bien sur le Mal sont donc au coeur d&rsquo;un film magnifique où le travail de recherches cinématographiques va se révéler tout aussi vampirique que le héros. Avec son fils Roman à la tête de la Seconde équipe, Coppola va refuser les trucages modernes des années 90 pour revisiter (après ingurgitation vient la régurgitation, à l&rsquo;image des nombreuses scènes sanglantes horrifiques) les procédés des films fantastiques mais pas seulement, de son propre panthéon ; hommages répétés à G. Méliès, effets à la J. Cocteau (on passe à l&rsquo;équipe <em>La Belle et la Bête</em> avant le tournage), séquences hantées par les surimpressions inspirées du <em>Nosferatu</em> et du <em>Faust</em> de F. W. Murnau, dues au V. Sjöström de <em>La Charrette fantôme</em>, fausses perspectives et plans inversés expressionnistes, agogique cinétique du récit et cadrages délirants venus des avant-gardes (tel le Ciné-Oeil expérimenté par Dziga Vertov dans <em>L&rsquo;Homme à la caméra), </em>entre autres. Les recherches iconographiques ne sont pas moins riches, des églises orthodoxes de Bucarest (voir la photo ci-dessous prise dans l&rsquo;église de l&rsquo;ancienne cour princière de la capitale représentant Mircea Voevod et Doamna Chiajna, modèles évidents des personnages joués par Gary Oldman et W. Ryder en souverains médiévaux), de l&rsquo;autoportrait d&rsquo;Albrecht Dürer aux tableaux de Gustav Klimt, sans oublier les romans d&rsquo;anticipation à la Jules Verne voire les décadents. Comment plonger le spectateur dans une expérience visuelle désorientante, celle d&rsquo;un génie du Mal venu de Transylvanie ? en apportant une âme slave à la bande originale. Coppola songe d&rsquo;abord à confier la musique à Witold Lutoslawski qui refuse, puis choisit <strong>Wojciech Kilar</strong>, compositeur contemporain et compagnon de longue haleine de cinéastes tels A. Wajda, K. Zanussi, Paul Grimault (depuis Wojciech Kilar a composé plus d&rsquo;une centaine de musiques de films pour les plus grands noms du cinéma mondial). Il a déjà composé de la musique religieuse, des symphonies, des concertos, de la musique de chambre, avec une inspiration venue du folklore polonais, mais aussi de la musique française grâce à l&rsquo;enseignement de Nadia Boulanger.</p>
<p>Pour <em>Dracula</em>, le compositeur formé au Conservatoire de Katowice, membre de l&rsquo;avant-garde dans les années soixante avec Krzysztof Penderecki et Henryk Górecki, enrichit son écriture de facture minimaliste, rythmée par la répétition, à l&rsquo;atmosphère méditative, de thèmes mélodiques élégiaques portés par les cordes mais aussi de chants religieux, parfois dignes d&rsquo;une messe noire. Après un Prologue (scène de Vlad Tepes en 1462) porté par un choeur aux mélopées angoissantes, et le thème lié au vampire identifié par le crescendo des traits pulsés, rageurs et répétés des cordes graves (particulièrement ceux du violoncelle), dont la rythmique puissamment expressive évoque la circulation sanguine que meut le coeur battant de ses victimes (circuit que Dracula peut deviner à travers la chair des corps grâce à ses pouvoirs monstrueux), s&rsquo;opposera (avec l&rsquo;entrée du personnage de Mina Murray) à celui de l&rsquo;amour et de la lumière développé par les violons, les bois, la harpe et une mélopée aérienne du soprano (magnifique <strong>Bérénice Arru</strong>). L&rsquo;utilisation souveraine des dissonances, des déformations sonores extrêmes, des éclats bruitistes de sa jeunesse par Wojciech Kilar contribuent pleinement à ajouter à la vision de ce film d&rsquo;horreur gothique une expérience sensorielle du malaise. Avec des moyens ambitieux (un double choeur doté d&rsquo;une centaine d&rsquo;artistes &#8211; les superbes <strong>Choeurs de</strong> <strong>l&rsquo;Orchestre de Paris</strong>, celui des jeunes maintenant la tension dramatique et l&rsquo;inquiétude grâce à des mélopées lancinantes, avec une phalange quasi wagnérienne composée d&rsquo;interprètes impeccables de l&rsquo;<strong>Orchestre de Paris</strong>) au service d&rsquo;une orchestration à la science très sûre, la musique de Wojciech Kilar a donc été à l&rsquo;honneur dans ce ciné-concert dirigé d&rsquo;une main experte par le chef allemand,<strong> Frank Strobel </strong>(en lieu et place d&rsquo;Anton Coppola pour la bande originale). L&rsquo;expérience se révèle géniale : revoir avec un accompagnement musical d&rsquo;une telle force émotionnelle (irremplaçable grâce au direct) ce film à la grandiose beauté, non dénuée d&rsquo;ironiques citations de l&rsquo;esthétique trash des studios de la Hammer, est une redécouverte. Avec cet orchestre et ces choeurs en phase parfaite avec le déroulement des séquences, leur donnant des couleurs uniques, le public jeune venu nombreux à la Philharmonie de Paris, visiblement pas habitué au concert classique, a manifesté un enthousiasme qui augure bien de l&rsquo;avenir de la musique savante, quand elle sait susciter le désir &#8211; en l&rsquo;occurrence ici par le biais de la musique de films d&rsquo;excellente facture. Quoi qu&rsquo;on dise, le chant a capella pour la séquence finale du Choeur des Jeunes de l&rsquo;Orchestre de Paris bien préparés s&rsquo;est révélé bien plus bouleversant que la chanson (écrite et chantée par Annie Lennox au générique) ici interprétée par <strong>Neima Naouri</strong>. De quoi oublier la qualité médiocre de l&rsquo;image numérique de la copie du film (seul bémol à l&rsquo;exercice).</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_8034-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-202343"/></figure>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/kilar-bram-stokers-dracula-cine-concert-paris/">KILAR, Bram Stoker&rsquo;s Dracula (ciné-concert) &#8211; Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DUSAPIN, Antigone – Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dusapin-antigone-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=201391</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trois ans seulement après la création de son dernier opéra, Il viaggio, Dante, Pascal Dusapin livre une nouvelle partition lyrique, opératorio au sujet antique, comme Penthesilea (2015) et Medeamaterial (1992). Son Antigone est un monolithe dont la musique continument torturée explique moins qu&#8217;elle n&#8217;accompagne la mécanique macabre enclenchée dans les premières minutes du drame : &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/dusapin-antigone-paris-philharmonie/"> <span class="screen-reader-text">DUSAPIN, Antigone – Paris (Philharmonie)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dusapin-antigone-paris-philharmonie/">DUSAPIN, Antigone – Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Trois ans seulement après la création de son dernier opéra, <em>Il viaggio, Dante</em>, Pascal Dusapin livre une nouvelle partition lyrique, opératorio au sujet antique, comme <em>Penthesilea</em> (2015) et <em>Medeamaterial</em> (1992). Son <em>Antigone</em> est un monolithe dont la musique continument torturée explique moins qu&rsquo;elle n&rsquo;accompagne la mécanique macabre enclenchée dans les premières minutes du drame : Antigone, par obéissance aux lois non écrites des dieux, veut offrir à son frère les hommages funéraires, Créon, par obéissance aux lois élémentaires de la cité, non moins puissantes spirituellement, refuse à un ennemi des honneurs indus. La morale grecque héroïque qui a cours dans la tragédie exige que l&rsquo;on veuille du bien à ses amis et du mal à ses ennemis ; le mythe, alors, pose la question insoluble : que faire lorsqu&rsquo;une même personne est à la fois ami (frère, neveu) et ennemi (général qui a porté ses armes contre Thèbes) ?</p>
<p>La partition de <strong>Pascal Dusapin</strong> dégage un expressionnisme d&rsquo;autant plus frappant que les moyens réellement mis à sa disposition sont plutôt sobres, tout compte fait : le plan sonore paraît rarement complexe, on entend surtout un continuum très horizontal, une longue stase orchestrale plombée dès les premières mesures par une atmosphère angoissante. Ce suspens miroitant de noirceur est parfois perturbé par quelques événements sonores brutaux mais qui n&rsquo;ont qu&rsquo;un temps. Les instruments sont utilisés parfois à la limite entre son et bruit, comme ces cuivres laissant échapper de déchirantes déflagrations, une harpe qui fait entendre le métal de ses cordes, même une flûte sonorisée dans l&rsquo;ouverture de l’œuvre, un parti pris qui augmente la perte des repères sonores du spectateur. Si l&rsquo;on apprécie beaucoup la force suggestive de cette musique étouffante, on lui trouve un manque de progression, comme face à un monochrome qui vous happerait mais n&rsquo;en resterait pas moins uniforme. Relevons tout de même quelques percées d&rsquo;un langage différent, notamment lorsque Hémon évoque son amour pour Antigone, et que s&rsquo;esquisse à l&rsquo;orchestre un nuage de douceur, ou à l&rsquo;inverse dans le premier interlude orchestral, impressionnant de masse soudainement accumulée. L&rsquo;écriture vocale, quant à elle, navigue volontiers sur la palette du <em>Sprechgesang</em>, tout en réservant quelques grandes lignes saisissantes aux interprètes. La prosodie n&rsquo;est pas du tout hachée, mais les sauts de registre reviennent régulièrement pour émailler d&rsquo;intensité les mots du livret.</p>
<p>Ce livret, justement, est composé d&rsquo;après la traduction allemande, par Hölderlin, de l&rsquo;<em>Antigone</em> de Sophocle. Dusapin a coupé plusieurs passages dans un souci bien évident d&rsquo;économie et de concentration. Le principal changement, qui nous paraît constituer un écueil, est la suppression du chœur. Son absence impose d&rsquo;abord de répartir autrement la parole, puisque dans de nombreux passages les protagonistes dialoguent avec le chœur, qui conseille, commente voire décrit (et donne de précieuses indications scéniques). Ce travail de redistribution est assez bien mené, notamment au moyen de la mise en scène : Créon s&rsquo;adresse non plus aux vieillards de Thèbes mais à la salle en se positionnant derrière des micros. Mais vers la fin du drame, la présence du chœur est dramatiquement nécessaire pour assurer la cohérence et la continuité scénique : c&rsquo;est, après le départ de Tirésias, en discutant avec le chœur que Créon décide de revenir sur sa décision et c&rsquo;est au chœur que le Messager annonce la mort d&rsquo;Hémon, en l&rsquo;absence de Créon. Pour s&rsquo;en sortir, le livret introduit donc un personnage, le Coryphée, dont l&rsquo;existence serait pleinement pertinente s&rsquo;il ne surgissait pas sur scène à la fin seulement, tenant ses deux mallettes, sans qu&rsquo;on sache bien pourquoi il arrive là. Une autre difficulté que crée la suppression du chœur est la perte des parties lyriques qui rythment la tragédie grecque. Entre les épisodes (où les protagonistes parlent) sont normalement intercalés des intermèdes chantés, les <em>stasima</em>, sur des thématiques souvent cosmiques ou religieuses qui mettent en perspective la catastrophe. Le livret de Dusapin réintègre intelligemment quelques vers de ces saisissantes parties chorales dans le monologue d&rsquo;Antigone.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Netia Jones</strong> est d&rsquo;une abstraction efficace. Son plateau est occupé pour moitié par six gigantesques colonnes carrées blanches, sur lesquelles sont projetés des rais de lumière ou des taches noires. Une avancée angulaire de la scène accueille un demi-cercle de micros installés comme pour une conférence de presse, tandis qu&rsquo;un poteau soutient deux écrans. Si on ajoute à cela les costumes sombres, la production est toute de noir et de blanc, ce qu&rsquo;accentuent les images spectrales diffusées sur les écrans, où l&rsquo;on voit en différé et au ralenti les protagonistes venus s&rsquo;exprimer devant les micros.</p>
<p>La distribution ne souffre aucune faiblesse, ce qui, conjugué à la fougue et à la minutie de la direction de <strong>Klaus Mäkelä</strong>, assure la réussite de la soirée. Grande habituée des opéras de Dusapin, qui lui a écrit cette Antigone sur mesure, <strong>Christel Loetzsch</strong> est impressionnante d&rsquo;engagement et de tessiture. L&rsquo;écriture vocale sollicite très souvent ses graves riches tout en les poussant volontairement dans ses retranchements, où la voix semble forcée, plus crachée que projetée, jusqu&rsquo;à des sons rauques franchement hurlés. Elle assume avec passion sa dernière scène, monologue gagné par la folie (un peu trop à notre goût du reste, par rapport à l&rsquo;idée que l&rsquo;on se fait du personnage). <strong>Tómas Tómasson</strong>, en Créon, est l&rsquo;autre pôle dramatique de la soirée. Son cheminement personnel, de l&rsquo;inflexibilité et de la noblesse outragée au doute puis au désespoir, est parfaitement incarné, au point de devenir le vrai personnage humain face à une Antigone exaltée au point de sembler dangereuse. La ligne soignée et le jeu efficace de <strong>Jarrett Ott</strong> (un messager) emportent autant l&rsquo;adhésion que l&rsquo;Ismène malmenée aux aigus éclatants d&rsquo;<strong>Anna Prohaska</strong> ou que le très beau timbre trompetant du ténor <strong>Thomas Atkins</strong>, qu&rsquo;on aurait volontiers entendu plus longtemps en Hémon. Mentions spéciales à <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong>, Tirésias à la basse sépulcrale et profonde et à <strong>Serge Kakudji</strong> (Coryphée), dont la voix de haute-contre est extraordinairement riche en harmoniques.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dusapin-antigone-paris-philharmonie/">DUSAPIN, Antigone – Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Die Walküre (premier acte) &#8211; Paris, Philharmonie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-premier-acte-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=200320</guid>

					<description><![CDATA[<p>Richard Wagner n’a, jusqu’alors, jamais fait partie des compositeurs de chevet de Daniel Harding. Quelques Vaisseau Fantôme à l’Opéra de Vienne, un deuxième acte de Tristan de temps à autre, un prélude de Parsifal en ouverture d’un concert symphonique, résument une relation qui prendra un nouveau tour le mois prochain, à Rome, lors de trois représentations de La Walkyrie lors desquelles &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-premier-acte-paris-philharmonie/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Die Walküre (premier acte) &#8211; Paris, Philharmonie</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-premier-acte-paris-philharmonie/">WAGNER, Die Walküre (premier acte) &#8211; Paris, Philharmonie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Richard Wagner n’a, jusqu’alors, jamais fait partie des compositeurs de chevet de <strong>Daniel Harding</strong>. Quelques <em>Vaisseau Fantôme </em>à l’Opéra de Vienne, un deuxième acte de <em>Tristan </em>de temps à autre, un prélude de <em>Parsifal </em>en ouverture d’un concert symphonique, résument une relation qui prendra un nouveau tour le mois prochain, à Rome, lors de trois représentations de <em>La Walkyrie </em>lors desquelles le chef dirigera l’ Orchestre de l’Académie Nationale de Sainte-Cécile, dont il a pris les rênes l’an dernier. Cette semaine, c’est son précédent fief, l’Orchestre de Paris, qui lui offrait l’occasion d’un galop d’essai, avec un Acte I dont on oublie bien vite qu’il est en version de concert. Cursif, acéré, d’une ardeur noire, le prélude nous plonge d’emblée au cœur de cette tempête dont Siegmund s’extrait tant bien que mal, jaillissant des coulisses. Et le travail d’orfèvre réalisé par Daniel Harding, ces plans sonores sculptés avec style, ces leitmotive qui processionnent fièrement, n’a jamais le défaut d’étouffer sous le brillant la sève du théâtre. Il n’y a qu’à entendre le silence solennel qui accueille la première occurrence du thème de Wotan, l’énoncé au violoncelle de celui de l’amour, la fièvre qui empoigne la scène finale, impérieuse comme le sera bientôt l’étreinte des amants. Si les cuivres semblent, au tout début, en retrait par rapport aux cordes et aux percussions, l’ensemble s’harmonise très vite et l’on ne tarde pas à comprendre que nous sommes aujourd&rsquo;hui en présence d’un Orchestre de Paris des grands soirs – et qu’un Orchestre de Paris des grands soirs, c’est tout simplement l’un des meilleurs orchestres qui soient ! Toute cette vie ne peut que profiter aux chanteurs qui se passent ce soir de partitions, du pupitres et de chaises pour mieux incarner leurs personnages. Voix immense et présence à l’avenant, <strong>Stephen Milling</strong> est bien, dès son entrée sur scène, ce Hunding aussi inquiétant que suffisant, sûr de son droit à disposer, qu’il s’agisse de ses vassaux, de ses ennemis et de sa femme. Le Siegmund de <strong>Jamez McCorkle</strong> n’a que le défaut de ne pas atteindre un tel niveau de caractérisation scénique et vocale. Quelques semaines après ses débuts dans le rôle, l’été dernier au Festival de Santa Fe, le ténor américain, très engagé sur scène, dévoile un timbre aux teintes barytonales et chaleureuses, mais accuse également quelques soucis d’intonation, et un allemand exotique ; il va cependant crescendo au fil de la soirée, se montrant plus à l’aise dans les élans amoureux que dans le récit de sa longue errance. Sa Sieglinde est donc l’une des nouvelles coqueluches du chant wagnérien, récente Ortrud à Bayreuth et future Brünnhilde de l’Opéra de Bavière. <strong>Miina-Lisa Värelä</strong> a une voix qui impressionne par son volume davantage qu’elle séduit par son timbre, plutôt métallique. Mais l’aisance avec laquelle cette Sieglinde tient tendu l’arc de son récit (« Der Männer Sippe »), les nuances qu’elles instillent dans ses répliques à son frère jumeau, le naturel enfin de l’émission, forcent l’admiration.</p>
<p>En ouverture de programme, Daniel Harding avait programmé des pièces fortement évocatrices de la nature, de ses couleurs et de ses lumières. Comme une annonce de l’éveil du printemps que décrit Siegmund ? Le lever de soleil de l’ouverture de <em>Khovanchtchina </em>se déploie bel et bien devant nous, grâce au dosage savant des bois et des cuivres que Daniel Harding organise subtilement, rendant justice à la poésie de Moussorgski davantage qu’à sa force tellurique. Dans cet espèce d’orage qui couve sans jamais éclater vraiment qu’est <em>Tapiola</em>, l’orchestre frappe d’emblée par son engagement, la vivacité de ses coups d’archet, l’impact foudroyant des percussions. Profondément théâtral, le Sibelius de Daniel Harding annonçait déjà son Wagner – et partant, le triomphe d’une soirée conclue sous les ovations.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-premier-acte-paris-philharmonie/">WAGNER, Die Walküre (premier acte) &#8211; Paris, Philharmonie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>KaiserRequiem à la Philharmonie de Paris : Ullmann et Mozart face à l’abîme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/kaiserrequiem-a-la-philharmonie-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Apr 2025 16:16:42 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=188106</guid>

					<description><![CDATA[<p>À la Philharmonie de Paris, les 7 et 8 mai 2025, l&#8217;Orchestre de Paris, sous la direction d&#8217;Omer Meir Wellber, propose un programme audacieux intitulé&#160;KaiserRequiem . Ce concert met en dialogue deux œuvres majeures : l&#8217;opéra de Viktor Ullmann,&#160;Der Kaiser von Atlantis, oder die Tod-Verweigerung (L&#8217;Empereur d&#8217;Atlantis ou le Refus de la mort), et le célèbre&#160;Requiem&#160;de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/kaiserrequiem-a-la-philharmonie-de-paris/"> <span class="screen-reader-text">KaiserRequiem à la Philharmonie de Paris : Ullmann et Mozart face à l’abîme</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/kaiserrequiem-a-la-philharmonie-de-paris/">KaiserRequiem à la Philharmonie de Paris : Ullmann et Mozart face à l’abîme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><span data-olk-copy-source="MessageBody">À la Philharmonie de Paris, les 7 et 8 mai 2025, l&rsquo;Orchestre de Paris, sous la direction d&rsquo;Omer Meir Wellber, propose un programme audacieux intitulé&nbsp;<u><a id="OWA6eeca2ea-c51b-f4bb-4eb8-192bf9e0edd0" title="https://mibc-fr-11.mailinblack.com/securelink/?url=https://philharmoniedeparis.fr&amp;key=eyJsYW5nIjoiRlIiLCJ1cmwiOiJodHRwczovL3BoaWxoYXJtb25pZWRlcGFyaXMuZnIvZnIvYWN0aXZpdGUvY29uY2VydC1zeW1waG9uaXF1ZS8yNzE5My1vcmNoZXN0cmUtZGUtcGFyaXMtb21lci1tZWlyLXdlbGxiZXIiLCJ0b2tlbiI6ImdBQUFBQUJvQjk4a0g5QUdUZFhzQWZNTV9qRkh1MUZfaUhQVTRJb3ktLUNEcjJEWkl2Mjh3NTNiQXM4OUtqTW01endGaGxja3FyaWhBSFJNMjRQQzRqZ3NCRUc2Njk3TnM1R3gzVFA1TTRRNDlOUW11SlJoc0w2UHVQMlBQTU9Gei1HUWNkd0xtLS1wNUtpMDdDcFF0ZUlGdW56X3ZLLVN6ME9BYjV2NUloLXA0eTVSZUhTazZGS3ZCc3NPLWxqcF9nMU5Qb2gxLVNVREE1a1pUR3RfVVFSSmM3VXZtaFJkV1lIWjFkSWNnVlUxcEJwdE5kYXF4TGV6WlVVUGFUQVBrRUQxUmZLemVEZ3drMXZOUEJqZzJ4T2RqSml3dHNBZ2NfYjlEcm93Y05DZzVkV1R2Zjk5Zms2RmNXNXduRVE1M08yZVBxd2lfbDUyIn0=" href="https://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/concert-symphonique/27193-orchestre-de-paris-omer-meir-wellber" target="_blank" rel="noopener noreferrer" data-auth="NotApplicable" data-linkindex="0">KaiserRequiem</a></u> . Ce concert met en dialogue deux œuvres majeures : l&rsquo;opéra de Viktor Ullmann,&nbsp;<i>Der Kaiser von Atlantis, oder die Tod-Verweigerung (L&rsquo;Empereur d&rsquo;Atlantis ou le Refus de la mort)</i>, et le célèbre&nbsp;<i>Requiem</i>&nbsp;de Mozart.</span></p>
</div>
<div>
<p>Composé en 1943 dans le camp de Theresienstadt,&nbsp;<i>Der Kaiser von Atlantis</i>&nbsp;est une œuvre singulière et bouleversante. Sur un livret du poète Peter Kien, également interné, cette œuvre allégorique dénonce l’absurdité des régimes totalitaires. L’empereur Überall — transparent avatar d’Hitler — pousse le monde à une guerre totale si absurde que la Mort elle-même refuse d’y collaborer. L’opéra, aux accents tantôt sarcastiques, tantôt lyriques, n’a jamais pu être représenté du vivant de ses auteurs, tous deux déportés à Auschwitz peu après sa composition.</p>
</div>
<div>
<p>À cette méditation grinçante sur le pouvoir et l’humanité fait écho le&nbsp;<i>Requiem</i>&nbsp;de Mozart, ultime chef-d’œuvre inachevé du compositeur, dont la part de mystère continue de nourrir les interprétations les plus diverses. <a href="https://www.forumopera.com/breve/streamings-et-radios-ullmann-et-mozart-ensemble-tresses/"><i>KaiserRequiem</i></a>&nbsp;offre une méditation profonde sur la finitude humaine.</p>
</div>
<div>
<p>Autour d’Omer Meir Wellber, le plateau réunit la soprano Rebecca Nelsen (soprano), Christel Loetzsch (mezzo-soprano), JunHo You (ténor), Evan Hughes (basse), et le Chœur de l’Orchestre de Paris dirigé par Richard Wilberforce.</p>
</div>
<div>
<p><b>Informations pratiques&nbsp;</b>:</p>
<p><span style="font-size: revert; font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">Les 7 et 8 mai 2025</span></p>
<p><span style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-size: revert; font-weight: inherit;">Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris.</span></p>
</div>
<div>
<p>Durée : 1h45 avec entracte</p>
</div>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/kaiserrequiem-a-la-philharmonie-de-paris/">KaiserRequiem à la Philharmonie de Paris : Ullmann et Mozart face à l’abîme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>BACH, Messe en Si mineur &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-messe-en-si-mineur-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=187445</guid>

					<description><![CDATA[<p>Scherchen, Klemperer, Karajan, Jochum&#8230;&#160;durant la Préhistoire, les grands noms du répertoire symphonique dirigeaient la Messe en si mineur de Bach avec autant de naturel, et aussi peu d’arrière-pensées, que s’il s’était agi du Requiem Allemand de Brahms ou du Te Deum de Bruckner. L’éclosion, puis l’explosion, des interprétations sur instruments d’époque, les approches à la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-messe-en-si-mineur-paris-philharmonie/"> <span class="screen-reader-text">BACH, Messe en Si mineur &#8211; Paris (Philharmonie)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-messe-en-si-mineur-paris-philharmonie/">BACH, Messe en Si mineur &#8211; Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Scherchen, Klemperer, Karajan, Jochum&#8230;&nbsp;durant la Préhistoire, les grands noms du répertoire symphonique dirigeaient la Messe en si mineur de Bach avec autant de naturel, et aussi peu d’arrière-pensées, que s’il s’était agi du <em>Requiem Allemand </em>de Brahms ou du <em>Te Deum </em>de Bruckner. L’éclosion, puis l’explosion, des interprétations sur instruments d’époque, les approches à la fois érudites et incroyablement vivantes des Harnoncourt, des Brüggen, des Herreweghe, ont évidemment calmé les ardeurs des orchestres traditionnels et de leurs chefs à l’endroit de ce répertoire. Si pianistes et clavecinistes font cohabiter sans problème leurs visions de Bach (quelques jours avant ce concert, au même endroit, Yunchan Lim triomphait en jouant les <em>Variations Goldberg</em>), les chefs rompus au grand répertoire ne s’aventurent plus guère chez les aînés de Mozart ou Haydn.</p>
<p>C’est pourquoi il y avait de bonnes raisons d’attendre avec impatience ce que<strong> Klaus Mäkelä</strong> avait à dire dans ce répertoire. Gestes souvent mesurés mais volontiers variés, battue réfléchie qui sait néanmoins souligner les aspects les plus expressifs de l’œuvre, le jeune maestro n’affiche pas l’attitude de celui qui recule devant l’obstacle. Seulement, l’Orchestre de Paris, ce soir, ne semble pas disposé à le suivre partout où il voudra le mener. L’équilibre un peu sage qui émane du <em>Kyrie </em>initial peut encore passer pour du recueillement, mais dès que les dynamiques s’intensifient, dans le <em>Christie eleison</em>, l’impression que le chef suggère des contrastes que ses musiciens ne veulent pas assumer affleure. Elle ne nous quittera plus de la soirée.</p>
<p>Une heure quarante cinq d’une musique extraordinairement variée, synthèse miraculeuse que Bach réalise sur trois décennies de ses propres créations, auxquelles il ajoute, au passage, certaines de ses toutes dernières pages, mais deux tendances seulement, dans toute cette soirée&nbsp;: les passages les plus contemplatifs, (<em>Et incarnatus est</em>, <em>Confiteor</em>) trouvent de belles substances étales, qui flattent les couleurs de l’orchestre en soulignant la beauté des plans sonores – <em>Qui tollis</em>, avec ses dissonances fantomatiques, est le sommet de la soirée. Mais les (nombreux) moments de cette Messe qui appellent l’énergie, la vitalité, l’enthousiasme des interprètes, tombent souvent à plat&nbsp;: le <em>Gloria</em>, en début de soirée, semble encore prendre les choristes à froid, qui semblent moins galvanisés que bousculés par la vélocité du tempo, <em>Quoniam </em>souligne surtout la fébrilité du corniste dépourvu de ses pistons, et même <em>Cum Sancto Spiritu </em>sonne plus empressé que vigoureux. Le Chœur du Concert d’Astrée, auquel s’ajoute, à partir du <em>Sanctus</em>, l’Académie du Chœur de l’Orchestre de Paris, gagne pourtant en cohésion au fil du concert&nbsp;: <em>Osanna in exelcis</em>, dans un format d’une quarantaine de choristes qui nous amène très loin de toute ambition philologique, trouve paradoxalement un ton, un naturel, une authenticité qui manquaient jusqu’alors. Les bois, placés juste devant le chef, témoignaient sans doute du souci louable de ménager des moments « chambristes » et de ne pas jeter aux orties des décennies de recherche musicologique, mais c’est paradoxalement en retrouvant une monumentalité presque décomplexée que Mäkelä et l’Orchestre de Paris trouvaient leur voix dans Bach, comme pouvaient encore le faire, dans les années 1990, Carlo Maria Giulini ou Georg Solti.</p>
<p>Au moins les solistes mettront tout le monde d’accord&nbsp;: ils sont parfaits. Remplaçant Julia Kleiter, <strong>Nikola Hillebrand</strong> cache, sous un timbre clair, une projection parfaite et une agilité vocale idoine. L’impact sonore considérable de <strong>Wiebke Lehmkuhl</strong> serait presque suffisant pour marquer les auditeurs&nbsp;; mais la chanteuse ajoute au volume de sa voix de beaux reflets pourpres et, dans <em>Laudamus te</em>, une éloquence révélant une authentique <em>Liedersängerin</em>. Chez les hommes, <strong>Milan Siljanov</strong>, quelque peu monolithique mais d&rsquo;une solidité idéale, et <strong>Nicholas Scott</strong>, montrent également, rappel heureux et nécessaire, que la beauté sonore, l’expressivité et l’adéquation stylistique n’ont rien d’incompatible.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-messe-en-si-mineur-paris-philharmonie/">BACH, Messe en Si mineur &#8211; Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Récital Elsa Dreisig – Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-elsa-dreisig-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Feb 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=183265</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire de la naissance de Maurice Ravel, la Philharmonie de Paris accueillait autour d’Elsa Dreisig un récital de mélodies qui allait des premières compositions du maître, avec la Ballade de la reine morte d’aimer (1893), aux splendides Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé de 1913. Puis, au quatuor à &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-elsa-dreisig-paris-philharmonie/"> <span class="screen-reader-text">Récital Elsa Dreisig – Paris (Philharmonie)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-elsa-dreisig-paris-philharmonie/">Récital Elsa Dreisig – Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cadre des célébrations du 150<sup>e</sup> anniversaire de la naissance de Maurice Ravel, la Philharmonie de Paris accueillait autour d’Elsa Dreisig un récital de mélodies qui allait des premières compositions du maître, avec la<em> Ballade de la reine morte d’aimer</em> (1893), aux splendides <em>Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé</em> de 1913. Puis, au quatuor à cordes de Ravel succédait <em>La Bonne Chanson</em> de Gabriel Fauré, non sans humour, car l’ancien professeur de Ravel et dédicataire du quatuor avait désapprouvé les audaces de son élève. Le Studio de la Philharmonie était pour l’occasion bondé, signe sans doute de l’enthousiasme soulevé par la soprano française qui a marqué les esprits parisiens <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-paris-bastille/">en Juliette l’année dernière</a>.</p>
<p>Grâce au <strong>collectif INTEGRAAL</strong> et à la politique d’inclusivité de la Philharmonie, la représentation est « chansignée » : deux artistes se relaient pour exprimer les paroles des mélodies par des gestes qui relèvent à la fois de la langue des signes et de la danse. Plus que de traduire, il s’agit de faire corps avec la musique, même dans les mesures non chantées, pour proposer de transcrire dans d’autres sensations les impressions sonores. Le résultat est assez hypnotisant : pour le spectateur valide qui ne connaît pas la langue des signes, la performance s’assimile à une danse tantôt mimétique, tantôt mystérieuse qui s’accorde bien avec la musique de Ravel. Le public est largement composé de personnes malentendantes, qui ont été, semble-t-il, comblées par l’expérience.</p>
<p>En plus du piano attentif et expressif de <strong>Célia Oneto Bensaid</strong>, le récital pouvait compter sur des <strong>musiciens de l’orchestre de Paris</strong>, qui ont accompagné les <em>Trois Poèmes de Stéphane</em> et <em>La Bonne Chanson</em>, et qui ont fait entendre le splendide quatuor de Ravel, dont se détachait particulièrement le violoncelle poétique de <strong>Manon Gillardot</strong>.</p>
<p>Côté chant, <strong>Elsa Dreisig</strong> a pour elle une voix fraîche, lumineuse, presque sans défauts : les registres sont parfaitement unis, la voix est libre jusque dans des aigus filés au vibrato irréprochable, les graves, un peu durs au début, finissent par résonner sans détonner alors même que ce répertoire semble mener la soprano à l’extrême de son ambitus. À cela s’ajoutent un legato et une gestion du souffle admirables, ainsi qu’une projection naturelle jamais forcée qui permet à Elsa Dreisig de se fondre dans l’ensemble instrumental sans se singulariser, surtout dans les <em>Trois Poèmes de Mallarmé</em>, où la soprano s&rsquo;intègre avec bonheur à la palette sonore de l&rsquo;ensemble instrumental. Tous les sons sont très beaux, toutes les phrases, toutes les notes sont là (jusqu’aux enthousiasmants « tralalilala » de <em>Tripatos</em>) et pourtant on regrette un petit quelque chose. La voix, qui affronte régulièrement et avec bonheur les sommets du répertoire lyrique, paraît un rien trop tubée, trop ronde pour ce répertoire. L’ensemble manque d’intimité et d’expressivité, au service des textes de Mallarmé ou de Verlaine. Peu aidée, il est vrai, par de régulières incursions dans le haut de la tessiture, la diction pourrait être plus soignée : certains vers nous échappent intégralement. De surcroît, sans doute pour éviter d’interférer avec le travail des artistes chansigneuses, Elsa Dreisig bouge peu et cet immobilisme semble avoir entravé en partie son interprétation.&nbsp;Le récital est trop court pour qu’on se lasse d’une voix aussi formidable, qu’on se pressera d’applaudir à nouveau dès que possible – en ayant oublié, sans doute, ce récital ravélien.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-elsa-dreisig-paris-philharmonie/">Récital Elsa Dreisig – Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Concert SCHÖNBERG, STRAUSS II &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-schonberg-strauss-ii-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Dec 2024 06:47:51 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=179543</guid>

					<description><![CDATA[<p>Beau programme à la Philharmonie en ce soir de décembre, un de ceux dont Daniel Harding a le secret, original et roboratif. Pour deux soirées à la tête de l&#8217;Orchestre de Paris, il a l’idée de proposer une première partie très « concert de Noël » avec trois pièces de Johann Strauss fils &#8211; dont &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/concert-schonberg-strauss-ii-paris-philharmonie/"> <span class="screen-reader-text">Concert SCHÖNBERG, STRAUSS II &#8211; Paris (Philharmonie)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/concert-schonberg-strauss-ii-paris-philharmonie/">Concert SCHÖNBERG, STRAUSS II &#8211; Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Beau programme à la Philharmonie en ce soir de décembre, un de ceux dont <strong>Daniel Harding</strong> a le secret, original et roboratif. Pour deux soirées à la tête de l&rsquo;<strong>Orchestre de Paris</strong>, il a l’idée de proposer une première partie très « concert de Noël » avec trois pièces de Johann Strauss fils &#8211; dont deux rentrent avec lui au répertoire de l’orchestre : <em>Wiener Blut</em> (Sang viennois) et <em>Frühlingsstimmen</em> (Voix du printemps). Après l’entracte, il nous invite à voyager sur les terres post-wagnériennes d’Arnold Schönberg avec son rare poème symphonique de jeunesse, <em>Pelléas et Mélisande</em>. Le chef anglais réunit donc des œuvres composées entre les années 1873-1883 par le directeur des bals de la cour de Schönbrunn et celle du chef de l’Ecole de Vienne (mais berlinois en 1905 quand il l’écrit sur le conseil de Richard Strauss, sans connaître l’opéra de Debussy). C’est l’ex directeur musical de l’orchestre (2016-2019), qu&rsquo;il retrouve fréquemment, qui donnera son unité à ce programme par son style aristocratique et sa direction impérieuse.</p>
<p>Si certains craignaient de subir le maniérisme de valses évoquant les robes à crinoline façon Sissi impératrice, c’est qu’ils ne connaissent guère <strong>Daniel Harding</strong>, célèbre pour sa vision quasi obsessionnelle de l’architecture générale et du travail de détail des œuvres. Les cordes sonnent un peu raides au début de l’Ouverture de<em> Fledermaus</em> (La Chauve-souris) ? Peu importe car la valse symphonique de J. Strauss II (ainsi que<em> Wiener Blut</em> ensuite) étincelle grâce à une maîtrise insigne des lignes et des couleurs, le tout au service d’une vivacité étourdissante. Ce qui laisse évidemment peu de place à l’effusion.<br />
On aime ou on n’aime pas ce chef un peu secret, un peu raide, un peu arrogant (que certaines jeunes recrues de l’orchestre ont beaucoup regretté à son départ pour sa faculté de travail phénoménale de la texture sonore &#8211; au risque de l’ennui dans certains grands édifices mahlériens). Mais ici quels<em> rubati</em>, quel éclat, quelle jouissance ! L’orchestre semble un peu poussé dans ses derniers retranchements mais cela fonctionne.<br />
On aime cette formidable pâte sonore un peu sombre, très assise sur les graves. Après l’entrée de la soliste, <strong>Sabine Devieilhe</strong>, pour la valse-aria « Frühlingsstimmen » composée pour Bertha Bianchi, la star de l’opéra de l’ère François-Joseph, l’orchestre ne fait pas davantage entendre de cordes soyeuses mais ses traits enflammés accompagnent avec attention l’extraordinaire soprano. Celle-ci réussit tout dans cette salle peu réputée pour le chant. Si la diction allemande n’est pas tout à fait au rendez-vous (la parfaite prosodie de la langue allemande étant sans doute quasi impossible à attraper dans cet air d’une exigence rare en termes de virtuosité et de rapidité), les vocalises fusent avec une adresse virevoltante, comme sans effort dans les passages jusqu’à l’extrême aigu. La technique de la chanteuse est infaillible : trilles, arpèges, notes piquées et filées se suivent et se modèlent en de superbes phrases ornementées &#8211; rivalisant en beauté dans son duo avec la flûte.<strong> Sabine Devieilhe</strong> nous semble alors incarner superlativement le renouveau (un Jungendstil annonçant la seconde partie du concert), avec sa voix fine, bien projetée, lumineuse et sensuelle. Elle est LA voix du printemps.<br />
Après l’entracte, l’orchestre, toujours un peu tranchant, aucunement suave (on aime cela) ramène à la vie une oeuvre de jeunesse de Schönberg. Quatre harpes wagnériennes se joignent à un effectif orchestral énorme. Et Harding fait une fois de plus la démonstration de la puissance de son bras droit dans cette œuvre d’une écriture polyphonique complexe, toujours sur le fil de la dissonance et des métamorphoses thématiques d’une incroyable richesse.<br />
Loin de la transparence habituelle du son auquel nous sommes habitués, le bain océanique sombre et dense, tendu, où nous plonge le chef emporte les auditeurs aux confins d’un pays désolé, celui des deux amants contrariés, sans temps mort ni ennui et ce, pendant une quarantaine de minutes. Tous les pupitres brillent, des cordes éloquentes aux bois expressifs (avec les belles modulations de la clarinette) et aux cuivres et percussions égrenant leurs<em> leitmotive</em>, suggérant un climat mystérieux, constamment changeant et prenant autour des personnages de Pelléas, Mélisande et du jaloux Golaud.<br />
Passionnant grâce à son sens du drame et parfois ses éclairs de tendresse, Daniel Harding, habité et toujours sans concession, joue de l’orchestre comme on conduirait un bolide d’exception, doté d&rsquo;une grande connaissance des détails et d&rsquo;une réelle vision de la route à parcourir. Il nous offre une grande interprétation d’une œuvre qui mérite d’être aussi jouée que <em>Verklärte Nacht</em> (on pense évidemment à la version symphonique de <em>La Nuit transfigurée</em>, de même inspiration). C&rsquo;est en toute justice qu&rsquo;il récolte, enfin souriant, avec l&rsquo;orchestre les acclamations du public.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/concert-schonberg-strauss-ii-paris-philharmonie/">Concert SCHÖNBERG, STRAUSS II &#8211; Paris (Philharmonie)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Philharmonie de Paris dévoilera le 22 mars sa saison anniversaire</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-philharmonie-de-paris-devoilera-le-22-mars-sa-saison-anniversaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Mar 2024 10:57:50 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=158482</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dix ans déjà ! Inaugurée en janvier 2015, la Philharmonie de Paris fêtera sa première décennie au cours de la saison qui sera dévoilée sur son site internet le 22 mars. Une célébration fil rouge, qui sera marquée par plusieurs concerts-événements mais n&#8217;occultera pas d&#8217;autres commémorations, également très attendues : citons notamment les 150 ans &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/la-philharmonie-de-paris-devoilera-le-22-mars-sa-saison-anniversaire/"> <span class="screen-reader-text">La Philharmonie de Paris dévoilera le 22 mars sa saison anniversaire</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/la-philharmonie-de-paris-devoilera-le-22-mars-sa-saison-anniversaire/">La Philharmonie de Paris dévoilera le 22 mars sa saison anniversaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dix ans déjà ! Inaugurée en janvier 2015, la Philharmonie de Paris fêtera sa première décennie au cours de la saison qui sera dévoilée <a href="https://philharmoniedeparis.fr/fr">sur son site internet</a> le 22 mars. Une célébration fil rouge, qui sera marquée par plusieurs concerts-événements mais n&rsquo;occultera pas d&rsquo;autres commémorations, également très attendues : citons notamment les 150 ans de la naissance de Maurice Ravel, dont le <em>Boléro </em>fera l&rsquo;objet d&rsquo;une exposition, et les 100 ans de Pierre Boulez.<br />
A la tête depuis 2021 de cette « institution unique au monde par sa transversalité, abritant des salles de concerts, un orchestre, un musées, des lieux d&rsquo;exposition, des espaces d&rsquo;éducation, des éditions, une salle numérique », Olivier Mantei s&rsquo;est félicité, lors d&rsquo;une présentation à la presse ce 19 mars, d&rsquo;un bilan qui s&rsquo;éloigne progressivement des difficiles années Covid. La fréquentation de la Philharmonie en 2023 a ainsi atteint son plus haut niveau depuis 2019, avec près d&rsquo;un million et demi de spectateurs et un taux de remplissage des concerts de 89%. Un succès qui permet à la Philharmonie de financer 60% de son budget de 120 millions d&rsquo;euros sur ses recettes propres, et de proposer, lors de la saison à venir, près de 450 concerts.</p>
<p><strong>L&rsquo;Orchestre de Paris</strong>, à domicile, les<strong> Arts Florissants</strong>, toujours en résidence, y côtoieront quelques unes des plus fameuses formations européennes (dont la <strong>Staatskapelle de Dresde</strong>, pour la première fois <em>in loco</em>), sans que les grandes voix soient oubliées : pièces choisies dans cette vaste programmation, citons un concert commun entre<strong> Roberto Alagna</strong> et <strong>Ludovic Tézier</strong>, un autre entre <strong>Diana Damrau</strong> et <strong>Jonas Kaufmann</strong>, la présence de <strong>Sabine Devieilhe</strong> (dans le <em>Requiem </em>de Brahms et dans celui de Fauré, mais aussi dans les plus légères <em>Frühlingsstimmen </em>de Johann Strauss fils), des récitals de <strong>Juan Diego Florez</strong> ou de <strong>Sonya Yoncheva,</strong>&#8230; Du côté de l&rsquo;opéra, quelques classiques (une <em>Traviata </em>verdienne avec <strong>Rachel Willis-Sorensen</strong>, le <em>Château de Barbe-Bleue </em>de Bartok avec<strong> Asmik Grigorian</strong> et <strong>Matthias Goerne</strong>, un <em>Orfeo </em>de Gluck avec <strong>Cecilia Bartoli</strong>) voisineront avec des raretés (<em>Der Kaiser von Atlantis, </em>composé par Viktor Ullmann lors de sa détention au camp de concentration de Theresienstadt, la suite du cycle <em>Licht</em> de Stockhausen) et quelques curiosités (<em>Siegfried </em>de Wagner sur instruments d&rsquo;époque, proposé par <strong>Kent Nagano</strong> et les forces conjuguées du Concerto Köln et du Dresdner Festspielorchester). Quant aux passionnés de choeurs, ils ne voudront pas manquer le spectacle proposé par les Arts Florissants sur le <em>Répons des ténèbres </em>de Gesualdo, ni la venue de la <strong>Los Angeles Master Chorale</strong> pour une soirée consacrée à Schütz régie par <strong>Peter Sellars</strong>, ni l&rsquo;incursion de<strong> Klaus Mäkelä</strong> dans la <em>Messe en si mineur </em>de Bach, ni bien sûr la venue de <strong>Riccardo Muti</strong> à la tête de l&rsquo;Orchestre National de France pour le <em>Requiem </em>de Verdi.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/la-philharmonie-de-paris-devoilera-le-22-mars-sa-saison-anniversaire/">La Philharmonie de Paris dévoilera le 22 mars sa saison anniversaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
