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	<title>PKF Prague Philharmonia - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>PKF Prague Philharmonia - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Jonas Kaufmann Mein Wien — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jonas-kaufmann-mein-wien-baden-baden-kaffeeklatsch-avec-jonas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Feb 2020 02:17:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sur le modèle de la tournée d’avril à mai 2015, où il présentait son CD consacré à la musique légère allemande, Jonas Kaufmann a repris le même principe pour son disque hommage à la ville de rêve qu’est pour lui Vienne. Cependant l’exercice est maintenant deux fois plus long (initié le 14 octobre à Vienne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Sur le modèle de la tournée d’avril à mai 2015, où il présentait son <a href="https://www.forumopera.com/cd/jonas-kaufmann-du-bist-die-welt-fur-mich-donnons-lui-notre-coeur">CD</a> consacré à la musique légère allemande, Jonas Kaufmann a repris le même principe pour son <a href="https://www.forumopera.com/cd/jonas-kaufmann-wien-une-pierre-de-plus-a-ledifice">disque</a> hommage à la ville de rêve qu’est pour lui Vienne. Cependant l’exercice est maintenant deux fois plus long (initié le 14 octobre à Vienne puis repris du 7 janvier au 1<sup>er</sup> février) et aux villes allemandes se sont ajoutées Budapest, Bruxelles, Lucerne et bien sûr <a href="https://www.forumopera.com/mein-wien-paris-tce-vienne-sous-toutes-ses-coutures">Paris</a> où le ténor bavarois relevait de <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-viendra-t-il-a-paris-lundi">maladie</a> (il avait dû annuler Nuremberg le 18, deux jours plus tôt, pour raisons de santé). Dix jours plus tard (et 4 récitals supplémentaires), on le retrouve au Festspielhaus de Baden-Baden, où il termine son marathon vocal.</p>
<p>Évidemment, il ne reste plus une place libre et une étrange agitation est palpable aux abords du théâtre, ce qui a tout pour surprendre dans la ville thermale où l’on sait prendre son temps et garder son calme en toutes circonstances. Un nombre sidérant d’autobus stationne sans respecter l’ordre légendaire germanique (l’un d’entre eux s’avance jusqu’aux marches de l’entrée, mais nous ne révélerons pas sa nationalité) et des noms d’oiseaux fusent entre taxis, ce qui est hautement inhabituel. Cependant, un quart d’heure avant la représentation, tout le monde est assis et patiente sagement comme en 2015 dans les mêmes conditions <a href="https://www.forumopera.com/jonas-kaufmann-du-bist-die-welt-fur-mich-baden-baden-ne-demandez-pas-pourquoi-a-jonas">ici-même</a>, non plus devant un, mais deux micros, puisque le ténor a cette fois-ci la partenaire qui manquait lors de la précédente tournée. On retrouve le même chef,<strong> Jochen Rieder</strong>, cette fois à la tête du PKF-Prague Philharmonia, et l’on se met en train avec Johann Strauss fils et son Ouverture d’<em>Eine Nacht in Venedig</em>. L’orchestre sonne bien, sonore et précis, avec des percussions dont les pulsions rappellent les bonnes formations qu’on peut entendre dans certains kiosques à musique. Les deux solistes seront avantageusement soutenus par un ensemble très équilibré et leur chef à l’unisson, qui aurait pu servir de souffleur si l’un ou l’autre en avait eu besoin : on a la sensation de découvrir un ventriloque à chaque fois qu’il se retourne vers les chanteurs. Seule la harpe, ce qui est bien dommage pour le duo amoureux de « Lippen schweigen », n’est pas suffisamment audible. Elle aurait presque mérité d’être sonorisée.</p>
<p>À propos de sonorisation,<strong> Jonas Kaufmann</strong> explique avant de commencer la raison d’être des micros. Il s’agit pour lui de restituer l’effet du « schlager » (qu’on pourrait traduire par chanson à succès), si cher à la culture germanique, qu’on entendait surtout à la radio et pour lesquels il ne faut pas forcer, mais caractériser un personnage ou une ambiance. Avec humour, il nous promet que le micro ne sera pas utilisé pour les opérettes et que tout fonctionnera bien. De fait, la sonorisation des mélodies procure une sensation de complicité avec la star : un peu comme si on l’entendait dans un vaste salon, en stéréo enveloppante et caressante ou mieux, comme si l’on partageait l’une des nombreuses variantes sur le café que proposent les célèbres institutions viennoises, pourquoi pas chez Demel, le mythique salon de thé, dans un délicieux « <em>Kaffeeklatsch</em> » (une expression savoureuse aux sous-entendus multiples, mais à entendre ici comme bavardages légers autour d’un café) avec l’artiste et quelques amis. S’il n’est pas forcément en grande forme (quelques toux réprimées à la fin des airs en témoignent), les qualités habituelles sont au rendez-vous, quand bien même l’artiste semble se ménager : pianissimi ineffables, aigus puissants, nuances délicates, élégance du phrasé et timbre sombre. Quant à la prononciation, elle est parfaite, même lorsque Jonas Kaufmann se risque au dialecte viennois. Chaque mot reste parfaitement distinct et on se félicite de bien comprendre, sans compter que tout cela est savoureux : le <em>wienerisch </em>est relativement proche du dialecte bavarois et notre ténor n’a pas à se forcer beaucoup pour que cela sonne juste.</p>
<p>Il n’en va pas de même pour sa partenaire : certes, <a href="https://www.forumopera.com/podcast/rachel-willis-sorensen-je-vais-chanter-violetta-valery"><strong>Rachel Willis-Sørensen</strong></a><strong> </strong>est pétillante et possède une technique et des brillances qui s’accordent à merveille avec son partenaire. La rousse pétillante est formidable et ce n’est pas les moyens vocaux de la soprano américaine qui sont en cause, mais le fait que précisément, elle soit anglo-saxonne. Certes, la prononciation est remarquable, mais il manque un je-ne-sais-quoi pour qu’elle puisse paraître viennoise. Délicieuse et très à son aise dans l’Air de la montre, où elle mène son Eisenstein par le bout du nez, on a bien du mal à croire en Rosalinde fausse comtesse hongroise dans une Czardas très hollywoodienne. Cela dit, au-delà de ces chipotages, on aurait tort de bouder son plaisir, tant le couple fonctionne bien, y compris dans les quelques pas de valse (car maintenant, il danse, et plutôt bien, contrairement à <a href="https://www.forumopera.com/edito/tu-sais-jonas-les-vrais-tenors-ne-dansent-pas">2015</a> où il était seul en scène). Le public est tout à fait conquis, à tel point que d’aucuns ne peuvent s’empêcher de murmurer « Lippen schweigen »…</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/mein_wien_65.jpg?itok=8tke-TYK" title="© Festspielhaus Baden-Baden" width="468" /><br />
	© Festspielhaus Baden-Baden</p>
<p>Au terme du récital, Jonas Kaufmann nous offre pas moins de cinq rappels. Après tout, c’est la fin de la série et le ténor semble très détendu et à l’aise. Il commence par « In einem kleinen Café in Hernals » de Leopoldi, où il nous fait également profiter de ses talents de siffleur. Son <em>parlar cantando</em> évoque les performances des grandes figures du théâtre viennois (on pense notamment à Helmut Lohner en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/champagne-prosit-neujahr">Froch</a> dans <em>Die Fledermaus</em>). Accompagné du chef Jochen Rieder au piano, le ténor s’en donne à cœur joie avec « Der Tod, das muss ein Wiener sein » de Kreisler, où il est question de la Mort, qui doit être Viennoise, où l’on égratigne gentiment les conventions. Pour l’ultime rappel, « Sag beim Abschied leise „Servus“, nicht Lebwohl und nicht Adieu », tout le monde a compris que Jonas Kaufmann prenait congé. Et toute la salle d’accompagner le chanteur sur le refrain, qui doit rappeler bien des souvenirs à tout un chacun. Tout le monde ou presque semble connaître les paroles ; il faut entendre 2000 personnes susurrer des adieux à mi-voix à l’attention de son idole… Voilà qui termine un cycle en beauté car enfin, pourquoi bouder un répertoire pareil, léger comme une chantilly sur du café mais bien plus subtil qu’il n’y paraît ? Pour l’heure, Jonas Kauffmann va enfin pouvoir se reposer jusqu’à son prochain engagement, au <a href="https://www.youtube.com/watch?time_continue=45&amp;v=lwh2yehASl4&amp;feature=emb_logo">Royal Opera House</a>, le 1<sup>er</sup> mars. Bon rétablissement et bon Fidelio !</p>
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		<title>Mein Wien — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mein-wien-paris-tce-vienne-sous-toutes-ses-coutures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jan 2020 23:31:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le public avait craint un Jonas Kaufmann souffrant et contraint d’annuler sa venue au Théâtre des Champs-Elysées ; mais bien qu’encore malade, le ténor a pu répondre présent et défendre devant le public parisien les mélodies viennoises de son album « Wien ». Le premier air du concert faisait pourtant craindre que la voix ne soit pas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le public avait craint un <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-viendra-t-il-a-paris-lundi"><strong>Jonas Kaufmann</strong> souffrant</a> et contraint d’annuler sa venue au Théâtre des Champs-Elysées ; mais bien qu’encore malade, le ténor a pu répondre présent et défendre devant le public parisien les mélodies viennoises de son album « Wien ».</p>
<p>Le premier air du concert faisait pourtant craindre que la voix ne soit pas encore vraiment rétablie : l’évocation de Venise d’<em>Eine Nacht in Venedig</em> montrait des signes de fatigue évidents et une tension dans le haut medium qui n’était pas de bon augure pour la suite. Pourtant la voix retrouve progressivement une souplesse et le timbre qu’on lui connaît bien, Jonas Kaufmann pouvant jouer de toutes les nuances – dont ses fameux aigus <em>piano</em>.</p>
<p>En plus de la voix, c’est aussi le chanteur qui trouve une décontraction, un flegme très viennois qui lui permettent de passer de la nostalgie à l’humour avec une forme de nonchalance. Si Strauss et Lehár lui vont bien, c’est sans doute dans les chansons de Stolz et Sieczynski qu’il déploie au mieux ses talents de conteur, avec cette diction absolument irréprochable et cette manière de parler plutôt que de chanter.</p>
<p>Certes le ténor est rattrapé par la fatigue et la toux lors du dernier morceau ; mais il nous livre pour le reste une très belle performance dans un répertoire qu’il défend admirablement.</p>
<p>Présente également, la soprano <strong>Rachel Willis-Sørensen</strong> – <a href="https://www.forumopera.com/podcast/rachel-willis-sorensen-je-vais-chanter-violetta-valery">qui nous accordait une interview</a> juste avant ce concert – prête sa voix corsée à certaines des pages les plus célèbres de l’opérette : l’« Uhrenduett » et « Klänge der Heimat » de <em>La Chauve-Souris</em>, puis « Vilja Lied » et « Lippen Schweigen » de <em>La Veuve joyeuse.</em> Le chant est assuré, le souffle remarquablement long et l’aigu brillant : elle est une partenaire de choix pour le ténor, et ils montrent une vraie complicité vocale et scénique. Ils parviennent surtout à ne pas basculer dans la caricature mais à conserver le charme et la délicatesse des compositeurs qu’ils interprètent.</p>
<p>Dommage que les deux chanteurs soient relativement empêchés dans leurs mouvements en raison de la présence de micros. D’ailleurs, si la sonorisation n&rsquo;est pas choquante dans ce type de répertoire, elle était ce soir peu flatteuse pour les voix, ayant tendance à écraser le son dans l’aigu. Un problème de balance qui, fort heureusement, ne pesait pas sur l’ensemble des morceaux. Cela accentuait malgré tout l&rsquo;impression d&rsquo;un orchestre très en retrait : dirigé par <strong>Jochen Rieder</strong>, le PKF-Prague Philharmonia maîtrisait certes son sujet, mais manquait d’inspiration. C’est d’autant plus dommage que de nombreuses pages orchestrales lui laissaient l’occasion de briller.</p>
<p>Bien évidemment, c&rsquo;est Jonas Kaufmann qui clôt ce concert avec deux bis : « Heut ist der schönste Tag in meinem Leben » d’Hans May et « In einem kleinen Café in Hernals » d’Hermann Leopoldi.</p>
<p>Vienne, Vienne et encore Vienne&#8230; mais en bonne compagnie.</p>
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		<title>Benjamin Bernheim</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/benjamin-bernheim-si-de-rant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2019 13:26:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cela fait longtemps que l’on n’attend plus grand chose des disques « carte de visite ». Supposés lancer un artiste comme un produit neuf sur le marché, ils sont trop souvent convenus, mal ficelés, musicalement bâclés, dépourvus de personnalité véritable. C’est peu dire que le disque de Benjamin Bernheim réhabilite l’exercice. Peut-être parce qu’il a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait longtemps que l’on n’attend plus grand chose des disques « carte de visite ». Supposés lancer un artiste comme un produit neuf sur le marché, ils sont trop souvent convenus, mal ficelés, musicalement bâclés, dépourvus de personnalité véritable.</p>
<p>C’est peu dire que le disque de <strong>Benjamin Bernheim</strong> réhabilite l’exercice. Peut-être parce qu’il a eu la sagesse d’attendre que son art se soit frotté à l’exigence des plus grandes scènes, le ténor français offre ici un récital éblouissant. Loin d’être un simple disque de présentation des facettes du chanteur, ce disque porte une ambition artistique véritable : non seulement on l’écoute, mais on le réécoute, et chaque nouvelle audition apporte son lot de détails nouveaux dans le timbre, l’expression, le phrasé. Cet art conscient de soi et de ses moyens n’est pas d’un apprenti, mais d’un jeune maître.</p>
<p>A la tête du Prague Philharmonia, <strong>Emmanuel Villaume</strong> apporte à ce parcours un soin artisanal de l’accompagnement, tout d’énergie et de finesse. C’est ainsi que ce récital d’airs célèbres devient une galerie de portraits : le ténor ne cherche pas à faire impression, mais à entrer dans la substance des personnages qu’il interprète. Cela peut surprendre dans des tubes absolus comme « De’ miei bollenti spiriti » ou « Che gelida manina », abordés avec une sorte de langueur extatique quand d’autres y mettent une ardeur toute latine, mais le sens qui s’en dégage, le regard, l’évidence dramatique, justifient implacablement le choix de ne pas en faire des morceaux de bravoure. « Quando le sere » de <em>Luisa Miller</em> va au-delà encore : je ne sais pas si l’on entendit jamais une interprétation qui rende autant justice à ce spianato haut tenu où la douceur, la contemplation et le sentiment s’épanouissent sans qu’une seule tension vocale se fasse jour qui entraînât ce lamento verdien vers le vérisme. Pavarotti peut-être.</p>
<p>Dans le répertoire français, c’est plus flagrant encore. Le ciselé du mot et la facilité stupéfiante de la quinte aiguë sont d’un Georges Thill que la modernité aurait débarrassé de certaines afféteries. La « Demeure chaste et pure » est d’ores-et-déjà historique. Le renforcement ou l’effacement du timbre au gré des voyelles, de la ligne, de l’affect, le soupesé du mot… c’est simplement sidérant. Dans <em>Werther</em> comme dans le <em>Faust</em> de Berlioz, même constat : lorsque Benjamin Bernheim chante en français, c’est la langue française qui chante. Tant de liberté avec tant d’évidence, voila le grand art.</p>
<p>A quoi bon passer en revue toutes les splendeurs musicales que ce récital nous réserve ? On en oublierait, et d’autres se révéleront à l’usage ; et puis, on s’en voudrait surtout de réduire à une série de leçons, si admirables soient-elles, un disque qui, d’abord, distille un bonheur du chant aussi contagieux que rare.</p>
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		<item>
		<title>Récital Bryan Hymel et Irini Kyriakidou — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryan-hymel-et-irini-kyriakidou-paris-tce-letoffe-du-heros/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Feb 2016 07:01:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Héroïque, son premier récital discographique, Bryan Hymel faisait l&#8217;an passé une entrée fracassante dans le petit cercle des ténors qui comptent. En une dizaine d’extraits d&#8217;opéras français, le chanteur américain alignait sans sourciller les contre-ut, tel Obélix les rangées de menhirs. Après l&#8217;avoir applaudi sans excès d&#8217;enthousiasme dans La Damnation de Faust en décembre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec <a href="/cd/heroique-french-opera-arias-bryan-hymel-superheros"><em>Héroïque</em>, son premier récital discographique</a>, <strong>Bryan Hymel</strong> faisait l&rsquo;an passé une entrée fracassante dans le petit cercle des ténors qui comptent. En une dizaine d’extraits d&rsquo;opéras français, le chanteur américain alignait sans sourciller les contre-ut, tel Obélix les rangées de menhirs. Après l&rsquo;avoir applaudi sans excès d&rsquo;enthousiasme dans <a href="http://www.forumopera.com/la-damnation-de-faust-paris-paris-bastille-hymel-contre-attaque"><em>La Damnation de Faust</em> en décembre</a> à la Bastille, Paris le retrouve en récital sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées aux côtés de son épouse, la soprano grecque <strong>Irini Kyriakidou</strong>. Le couple partage l’affiche mais, renommée oblige, le programme réparti entre répertoire italien et français privilégie le ténor.</p>
<p>Passée l’ouverture forcément tapageuse des <em>Vêpres siciliennes,</em> la soirée débute par « Questa o quella » appréhendé comme un tour de chauffe. Dans ce premier air du duc de Mantoue, Bryan Hymel prend la mesure de la salle, non sans une certaine appréhension perceptible à la manière dont le chant précipité s’épuise à évoquer le libertin cynique et désabusé. « Recondita armonia » ensuite ne se montre guère plus éloquent. Le chanteur bombe le torse, croasse plus qu&rsquo;il ne caresse et balance son « sei tu ! » tel le joueur de tennis un smash. C&rsquo;est asséné, voire violent et, dans cet air où se bousculent les comparaisons, finalement insignifiant. L&rsquo;arrivée d&rsquo;Irini Kyriakidou pour la scène finale du premier acte de <em>La Bohème</em> ne change rien au constat : couleurs, nuances et intentions demeurent trop sommaires. Sa partenaire a-t-elle davantage à dire ? Si modeste soit Mimi, la soprano parait plus timide encore. La voix, d’une étrange douceur, flotte dans un costume qui voudrait plus d’ampleur. « O soave fanciulla » accuse le déséquilibre. Bryan Hymel a beau réfréner ses ardeurs, il ne fait qu&rsquo;une bouchée de la cousette, l’engloutissant dans la coulisse en un long contre-ut. Le plus dur est passé. Lorsque le ténor revient, il paraît sinon rassasié, du moins apaisé. L&rsquo;âpre désespoir de Turiddu correspond davantage à sa palette d&rsquo;expression : violente, vaillante, encore limitée mais efficace.</p>
<p>En deuxième partie, le soleil de Roméo – lorsqu&rsquo;il paraît – assourdit plus qu&rsquo;il n&rsquo;éblouit. Mais déjà on remarque que la langue française lui sied mieux que l&rsquo;italienne. Question d’émission, de nature du timbre et de tempérament. <strong>Paolo Bressan </strong>expose le meilleur de sa direction et de son orchestre dans la Bacchanale de <em>Samson et Dalila</em>. La personnalité de ce jeune chef, ancien assistant de Daniele Gatti et de Christian Thielemann, ne laisserait pas indifférent si le ténor ne monopolisait l’attention. Car déjà, en une phrase dont on saisit chaque mot, Sigurd surgit, casqué et baraqué, puis, tout aussi impressionnant, Jean, assailli dans son cachot par le souvenir troublant de Salomé. Tandis que le doute s’installe dans l’esprit du prophète, le chant, égal et armé, laisse entendre le cœur battre sous la cuirasse. Le héros est redevenu héroïque. Une ovation salue l&rsquo;exploit. Netteté de la diction, précision des aigus, longueur et puissance de la voix :  la panoplie Marvel est complète. Bryan Hymel est invincible dans ce répertoire. Bastille l&rsquo;accueillera en fin de saison dans <em>La traviata</em>, Orange cet été en Pinkerton (<em>Madama Butterfly</em>). Est-ce vraiment nécessaire ? On murmure qu&rsquo;il sera Raoul des <em>Huguenots</em> en 2018. Voilà qui nous excite davantage. Et Don José ? Pourquoi pas puisqu’il lui offre l’occasion d’un duo avec Irini Kyriakidou. Micaëla flatte mieux que Mimi la soprano, bien que la prononciation du français laisse à désirer. La complicité maladroite des deux époux attendrit. Un vrai baiser conclut le numéro. « La fleur que tu m&rsquo;avais jetée » ferait son effet si la note finale n&rsquo;était plantée d’un coup sec sans la moindre gradation. Il passe pourtant un frisson de sincérité dans la déclaration d’amour de Don José.</p>
<p>La soirée est déjà terminée. Trois bis veulent la prolonger : une romance à la lune appliquée et toujours modeste, suivie d’un « Nessun dorma » inexpugnable dont la note finale surmonte longuement le tumulte orchestral puis de nouveau « Mamma, quel vino é generoso », l’air de Turiddu, d’une intensité encore supérieure à la première fois, salué par le public, prêt à réserver un triomphe au héros de la soirée si, d&rsquo;un geste, il ne lui donnait le signal prématuré de la retraite. </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryan-hymel-et-irini-kyriakidou-paris-tce-letoffe-du-heros/">Récital Bryan Hymel et Irini Kyriakidou — Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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