<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>The English Concert - Orchestre - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/orchestre/the-english-concert/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/orchestre/the-english-concert/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 25 Nov 2023 10:44:45 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>The English Concert - Orchestre - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/orchestre/the-english-concert/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>HAENDEL, Messiah</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-messiah-sortie-le-24-novembre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=150485</guid>

					<description><![CDATA[<p>A Pâques, les Passions, Le Messie à Noël…si telle n’était pas la règle aux siècles passés, elle semble s’imposer durablement, tant dans les salles de concert qu’aux rayons des disquaires. Ainsi, portée par John Nelson, avec une distribution de très haut vol, sort une nouvelle lecture de l’oratorio le plus joué et le plus enregistré &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-messiah-sortie-le-24-novembre/"> <span class="screen-reader-text">HAENDEL, Messiah</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-messiah-sortie-le-24-novembre/">HAENDEL, Messiah</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A Pâques, les Passions, <em>Le Messie</em> à Noël…si telle n’était pas la règle aux siècles passés, elle semble s’imposer durablement, tant dans les salles de concert qu’aux rayons des disquaires. Ainsi, portée par <strong>John Nelson</strong>, avec une distribution de très haut vol, sort une nouvelle lecture de l’oratorio le plus joué et le plus enregistré de l’histoire. Des effectifs réduits, du moins à l’origine, un chœur (1) qui ne se dédoublera jamais, hautbois et bassons confinés dans les doublures, ni cors (ajoutés en 1750), ni flûtes, ni trombones que Mozart adjoindra, l’écriture en était destinée au plus grand nombre de formations et de solistes, et la réussite aura dépassé tous les espoirs que le compositeur pouvait nourrir. On croyait naïvement avoir tout entendu, ou presque, en matière de <em>Messie</em> : de la piété liturgique à l’opéra, de l’intime au grandiose voire au grandiloquent, mobilisant les forces les plus diverses dans leur effectif comme dans leur nature et leur style. La surprise est totale. Avant l’écoute, la seule véritable question résidait dans l’approche que le plus éminent des berlioziens nous réservait, d’autant qu’il ne retient pas l’orchestration enrichie de Mozart. Entre les trois versions (1741, 1743 et 1750), John Nelson fait l’heureux choix de retenir les arias ou duos les plus appropriés au texte, les plus aboutis. Mais, comme l’ont pratiqué nombre de ses prédécesseurs, l’enregistrement nous gratifie simultanément d&rsquo;un bonus de 8 pistes d’arias alternatives.</p>
<p>Le <em>grave</em> qui ouvre l’oratorio interroge, à rebours de nos habitudes, tant par son tempo, très retenu que par son articulation qui estompe les rebonds des valeurs pointées (que nombre de baroqueux surpointent). C’est rond, avec des cordes pleines, soyeuses alors que la verdeur incisive était la règle. Autre pièce purement instrumentale, la <em>Pifa</em>, qui introduit les bergers de la Nativité, dont la douceur, la sérénité radieuse nous font oublier les versions folklorisantes. L’art du legato, et d’une articulation soignée, élégante, légère comme vigoureuse, sera une des constantes de cette lecture. <em>The English Concert</em>, l’un des plus familiers serviteurs de Haendel, dont Harry Bicket a cédé la direction à John Nelson, connaît son jeu à l’égal des formations les plus aguerries. La dynamique, pour être de nature différente, n’est pas moins grande ni constante que dans les versions les plus audacieuses. Pouvait-on espérer mieux&nbsp;? Semblant faire fi des très abondantes lectures les plus récentes, John Nelson casse les codes, pour revenir au texte biblique, à son sens littéral comme profond, et à son illustration humble et géniale par le Saxon cosmopolite. En accord avec la sobriété de l’orchestration, le continuo, réservé à trois musiciens, se montre d’une sagesse et d’une discrétion exemplaires, propres à valoriser les voix solistes. Jamais le trait n’est forcé, qu’il s’agisse d’une harmonie tourmentée ou d’accents rythmiques. Les lignes vocales sont agrémentées d’ornements avec retenue et naturel.</p>
<p>Quitte à nous répéter, nous trouvons ici la traduction la plus juste, la plus sincère du texte biblique utilisé par Jennens, le librettiste. Avec le respect scrupuleux des climats, tout en découle, naturel et simple : l’expression méditative, fréquente, le charme pastoral, la douleur (la flagellation…), l’exaltation et la joie. Chœurs et récitatifs accompagnés sont plus nombreux que dans la plupart des autres oratorios de Haendel (2). A-t-on jamais écouté formation plus homogène, plus équilibrée, plus ductile et agile que celle de l’enregistrement ? &nbsp;Un chœur éloquent qui rende davantage justice au contrepoint lumineux comme aux passages verticaux ? Il est permis d’en douter. Celui qui ouvre la deuxième partie, « Behold the Lamb of God », est chanté très lié, non sans gravité, rompant avec une pratique baroque qui privilégie la rythmique au texte.&nbsp;Les amateurs d’&nbsp;«&nbsp;Hallelujah&nbsp;» tonitruant en seront pour leurs frais. Ici, la jubilation garde sa fraîcheur, sa spontanéité, sa magnificence, sans tomber dans la caricature.</p>
<p>Au duo pour alto et ténor «&nbsp;O death, where is thy sting&nbsp;», le chef a choisi d’ajouter les variantes des numéros 18 (18a) et 36 (36b), pour alto et soprano. &nbsp;L’air pastoral «&nbsp;He shall feed his flock&nbsp;» gomme toute rusticité. Pratiquement, chaque soliste, en plus des récitatifs et <em>accompagnati</em>, chante trois airs. La vision imposée par la direction, partagée par chacun, nous vaut une approche cohérente, d’une harmonie rare. L’aisance constante du chant, qui se joue avec naturel des traits, des changements de registre, leur est commune. L’expression du texte, toujours intelligible, et la fidélité à la musique suffisent. <strong>Lucy Crowe</strong> avait déjà gravé l’ouvrage avec Emmanuelle Haïm (2014), dans une toute autre optique. La fraîcheur juvénile des aigus, la pureté d’émission sont toujours là, comme la légèreté, la maturité et l’aisance technique en plus. Le « Rejoice&nbsp;» nous réjouit pleinement, et les autres airs ne démentiront pas ses qualités. Le contre-ténor <strong>Alex Potter</strong>, dont les qualités sont connues, nous vaut une flagellation émouvante, sans pour autant solliciter outre mesure le texte musical. Le «&nbsp;He was desprised&nbsp;», qui ouvre la seconde partie, constitue un sommet de la partition, comme du concert. Après «&nbsp;Ev’ry valley&nbsp;», magistral, il faudra attendre le milieu de la seconde partie pour retrouver <strong>Michael Spyres</strong>, décidément rompu aux emplois les plus larges. Ses <em>accompagnati</em>, tour à tour dramatiques, puis relevant de la confidence, avant son aria «&nbsp;But Thou didst not leave His soul in hell&nbsp;» relèvent d’un art consommé. Le «&nbsp;Thou shalt break them with a rod&nbsp;» vaillant, sinon féroce, nous ravit. Enfin <strong>Matthew Brook</strong>, dans son élément, nous vaut un&nbsp;«&nbsp;Why do the nations&nbsp;» rageur, avant son&nbsp;réjouissant «&nbsp;The trumpet shall sound&nbsp;», concertant avec la trompette. Ici encore, l’aisance prévaut, servie par des moyens hors du commun.</p>
<p>La notice, claire, bien documentée, reproduit intégralement le texte chanté, dont on trouve les traductions grâce à un QR code. Fait peu courant et apprécié, l’éditeur a jugé bon de joindre le DVD de l’enregistrement public aux deux CD, réalisant la prouesse technique d’y réaliser l’intégrale et les airs alternatifs. A acquérir sans réserve, quel que puisse être le nombre de galettes déjà accumulées.</p>
<p>Loin d’une célébration, mais tout autant de l’opéra, une vision dépouillée, inaccoutumée, décapante, tendue comme méditative, servie par des interprètes de très haut vol, pleinement engagés pour une émotion renouvelée, dans la simplicité et la ferveur. Une version appelée à marquer la discographie par son naturel, sa perfection formelle, par le choix d’une esthétique qui tranche avec nos habitudes, et par sa sincérité.</p>
<pre>(1) Vingt choristes à la création londonienne de 1743.
(2) Seuls <em>Israel in Egypt</em> et <em>Samson </em>en sont aussi riches</pre>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-messiah-sortie-le-24-novembre/">HAENDEL, Messiah</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Garsington lève une partie du voile sur sa future saison 2024</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/garsington-leve-une-partie-du-voile-sur-sa-future-saison-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jul 2023 06:20:39 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=138275</guid>

					<description><![CDATA[<p>La saison 2023 de Garsington n’est pas encore achevée mais le festival a déjà annoncé ses titres pour la saison prochaine. Douglas Boyd, son directeur musical, dirigera le Philharmonia Orchestra pour A Midsummer Night&#8217;s Dream dans une production de Netia Jones ainsi qu’un opéra participatif, A Trip to the Moon. L’ouvrage d’Andrew Norman, inspiré du &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/garsington-leve-une-partie-du-voile-sur-sa-future-saison-2024/"> <span class="screen-reader-text">Garsington lève une partie du voile sur sa future saison 2024</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/garsington-leve-une-partie-du-voile-sur-sa-future-saison-2024/">Garsington lève une partie du voile sur sa future saison 2024</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La saison 2023 de Garsington n’est pas encore achevée mais le festival a déjà annoncé ses titres pour la saison prochaine. Douglas Boyd, son directeur musical, dirigera le Philharmonia Orchestra pour <em>A Midsummer Night&rsquo;s Dream</em> dans une production de Netia Jones ainsi qu’un opéra participatif, <em>A Trip to the Moon</em>. L’ouvrage d’Andrew Norman, inspiré du <em>Voyage dans la Lune</em> de Méliès, <a href="https://www.forumopera.com/breve/sir-simon-rattle-aime-decidement-lopera-participatif/">avait créé par Simon Rattle au Barbican Center de Londres en 2017</a> et a été repris plusieurs fois, notamment à Los Angeles au Walt Disney Concert Hall. La production sera signée Karen Gillingham. Le Philharmonia sera dirigé par la chef d’orchestre norvégienne Tabita Berglund pour une reprise de l’excellente production de John Cox des <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-nozze-di-figaro-garsington-vivifiant/"><em>Nozze de Figaro</em></a> et Tobias Ringborg pour le rare <em>Un giorno di regno</em> de Verdi (production de Christopher Alden). Enfin, <em>Platée</em> sera dirigé par Paul Agnew dans une production de Louisa Muller avec The English Concert. Les distributions vocales seront connues à l&rsquo;automne.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/garsington-leve-une-partie-du-voile-sur-sa-future-saison-2024/">Garsington lève une partie du voile sur sa future saison 2024</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>HAENDEL : Serse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-serse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Jul 2023 05:43:33 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=134358</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sans doute l’un des opéras baroques les plus joués et enregistrés, plus d’une douzaine d’intégrales discographiques, 2 DVD, un retour fréquent sur les scènes, grandes et petites, Serse fait de plus en plus d’émules. Qui ne connaît le « célèbre largo », de fait un larghetto, qui ouvre le premier acte ? Quantité d’airs (avares en ornements, la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-serse/"> <span class="screen-reader-text">HAENDEL : Serse</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-serse/">HAENDEL : Serse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sans doute l’un des opéras baroques les plus joués et enregistrés, plus d’une douzaine d’intégrales discographiques, 2 DVD, un retour fréquent sur les scènes, grandes et petites, <em>Serse</em> fait de plus en plus d’émules. Qui ne connaît le « célèbre largo », de fait un <em>larghetto</em>, qui ouvre le premier acte ? Quantité d’airs (avares en ornements, la moitié sans <em>da capo</em>), entrecoupés de récitatifs le plus souvent brefs, trois duettinos et autant de chœurs, sans oublier les symphonies, où la danse est réduite à peu de chose, voilà pour les ingrédients.</p>
<p>Pratiquement aucune référence au roi perse dans sa lutte contre les Grecs sinon l’édification du pont sur l’Hellespont, c’est l’opéra des anti-héros, où la passion se mêle au frivole dans un livret écrit à l’origine pour Cavalli, avant que Haendel s’en empare. Une action alambiquée, complexe, invraisemblable, des personnages singuliers (1) où frères et sœurs sont rivaux en amour, avec chassé-croisé sentimental, sept solistes, dont cinq de voix sinon féminines du moins élevées (castrat, soprano, alto) et deux basses (2), voilà qui déroge à nos habitudes. Humain, tragique et désespéré, mais aussi frivole, dans le droit fil de l’opéra vénitien, de Cavalli déjà. Encore que Winton Dean, le grand haendelien, écrivait, non sans raison, que <em>Serse</em> était le plus mozartien des opéras du Saxon.</p>
<p>Ce must de la production haendelienne nous revient à la faveur d’un nouvel enregistrement de <strong>Harry Bicket</strong>, à la tête de son <em>English Concert</em>. C’est le septième ouvrage lyrique intégral de Haendel que nous livre le chef britannique.</p>
<p>La mesure semble guider ses choix interprétatifs : c’est parfaitement en place, les voix sont magnifiées, mais il y manque toujours ce je ne sais quoi de fièvre, de folie, d’outrance, de contrastes, propres à donner une vie dramatique et une épaisseur à ses personnages et à l’action. Extrayez un air, il sera certainement admirable, mais, enchaîné à des récitatifs tièdes sinon plats, il perdra de son caractère. L’italianité est convenue. Alors que, fréquemment la musique nuance, voire contredit le texte chanté, cette malice semble échapper à notre chef. L’ouverture, enlevée, aux lignes claires, comme la gigue qui s’y enchaîne, est de belle facture. Toutes les pages orchestrales et les accompagnements traduisent la familiarité de l’ensemble au chant haendelien. C’est fluide, rond, leste au besoin. Est-ce suffisant pour emporter l’adhésion ? (3)</p>
<p>Les contre-ténors de la <em>Rodelinda</em> du chef anglais avaient déçu. Est-ce la raison du choix d’une mezzo pour le rôle de Serse ?  A l’égal des plus grandes depuis Maureen Forrester, <strong>Emily d’Angelo</strong> reprend le rôle créé par Caffarelli, célèbre castrat de son temps. La voix est impressionnante de maîtrise, agile et riche, aux couleurs chaudes. Tout fait sens tant elle est habitée par son personnage et tant ses moyens lui permettent de traduire les sentiments qui l’animent : de la superficialité à la sincérité, de la tendresse à l’ardeur. L’agilité des traits et de l’ornementation, les aigus rayonnants, chargés de sensualité, la longueur de voix, l’ample et éprouvant « Più che penso » sont admirables. Fidèle, mélancolique encore que parfois coquette, Romilda est un rôle redoutable écrit pour la Francesina. <strong>Lucy Crowe</strong> lui prête sa voix, et la séduction est au rendez-vous. Sa sœur, l’inconstante et espiègle, désinvolte voire intrigante Atalanta, est la soprano <strong>Mary Bevan</strong>. Fraîche, ayant parfaitement compris l’ambiguïté de son premier air « Si, si, mio ben », elle joue de tous les registres, du pathétique à la légèreté. Les deux figures tragiques sont Arsamene, le frère sacrifié, et la noble et volontaire Amastre, respectivement <strong>Paula Murrihy</strong> et <strong>Daniela Mack</strong>. La mezzo irlandaise, voix de velours, donne un caractère romantique avant l’heure à ce jeune homme en proie aux tourments. Son air de bravoure « Si la voglio e l’otterro », virtuose à souhait, impressionne. La parenté d’émission, de timbre et de couleur, avec celles de Serse peut entraîner une confusion de l’auditeur distrait, ou non averti. Leur duo « Gan pena è gelosia » est poignant. Quant à <strong>Daniela Mack</strong>, aussi rossinienne qu’haendelienne, son chant, expressif, est servi par une voix chaleureuse, profonde. Un mezzo tragédienne, dont le « Cagion son io del mio dolore » sonne juste. <strong>Neal Davies</strong> est Ariodate, général de Serse, et père de Romilda et d’Atalanta. Bien que ses airs soient brefs, leur difficulté est extraordinaire, et notre basse n’en fait qu’une bouchée. Peut-être aurait-on préféré un portrait plus caricatural de ce barbon suffisant, mais c’est certainement la conception imposée par la direction, très british. Elviro, le valet bouffe, impertinent, ancêtre vraisemblable de Leporello, est confié à <strong>William Dazeley. </strong>Ses airs très courts, carrés et vifs, très caractérisés, sont autant de moments de sourire. Qu’il imite une marchande de fleurs ou sous l’effet de la boisson (« Del mio caro Bacco amabile »), il joue son personnage et apporte la note légère de la partition.</p>
<p>Huit chanteurs suffisent aux brefs chœurs, un par acte &#8211; soldats, marins, prêtres &#8211; avec la trompette et les deux cors. L’enregistrement a le grand mérite d’être cohérent, musicalement exemplaire, n’était la théâtralité. Jamais on ne s’ennuie. Cependant, des nombreuses intégrales recensées, plus ou moins complètes, difficile de surpasser l’enregistrement d’Emelyanychev, d’une extraordinaire vitalité, du vrai théâtre, servi par une distribution de luxe (Fagioli, Genaux, Aspromonte), à laquelle nous restons fidèle.</p>
<pre>(1) ainsi Arsamene, le doux poète, chassé de la cour par son frère, adresse une lettre à Romilda, mais Elviro la confie à Atalanta. Celle-ci fait croire à Serse que la lettre lui était adressée… A signaler que quatre personnages ont dû naître la même année, celle des A : Arsamene, Atalanta, Amastre et Ariodate… à moins que ce soit la prémonition du choix des prénoms des personnages de 43 romans de Pierre Benoît !
(2) dans le présent enregistrement, pas de contre-ténor, mais 3 mezzo-sopranos, deux sopranos et deux barytons-basses.
(3) l’andante d’Arsamene « Meglio in voi col mio » nous vaut ainsi un orchestre incisif, aux couleurs séduisantes, mais peu expressif.</pre>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-serse/">HAENDEL : Serse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>HAENDEL, Ariodante &#8211; Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 May 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=131228</guid>

					<description><![CDATA[<p>À l’issue de la première d’Ariodante donnée en version concert pour cause de grève, notre confrère se demandait si la mise en scène pourrait insuffler énergie et dramatisme à cette nouvelle production de l’Opéra de Paris. Force est de constater que l’approche de Robert Carsen était le chainon manquant d’une soirée réussie&#160;! Cette mise en &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier-2/"> <span class="screen-reader-text">HAENDEL, Ariodante &#8211; Paris (Garnier)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier-2/">HAENDEL, Ariodante &#8211; Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À l’issue de la première d’Ariodante donnée en version concert pour cause de grève, notre confrère se demandait si la mise en scène pourrait insuffler énergie et dramatisme à cette nouvelle production de l’Opéra de Paris. Force est de constater que l’approche de <strong>Robert Carsen</strong> était le chainon manquant d’une soirée réussie&nbsp;!</p>
<p>Cette mise en scène transpose l’action de l’Écosse médiévale au Royaume-Uni contemporain, situant le drame au sein de la famille Windsor dans leur résidence de Balmoral. Il faut remarquer que le livret porte peu de marque de son époque – si ce n’est le principe des duels, ce qui laisse toute sa place à un tout autre contexte historique. La transposition fonctionne à merveille. Le décor de <strong>Luis F. Carvalho</strong> est celui d’un immense château royal vert du sol au plafond et paré d’un élégant motif tartan. La scène alterne entre la chambre de Ginevra, son antichambre, le bureau du Roi, la cour du château et sa salle de réception et ce, de manière particulièrement fluide. Les costumes, modernes, font tout de même la part belle aux kilts à la fois somptueux et réalistes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="531" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Agathe_Poupeney___Opera_national_de_Paris-Ariodante-22-23-Agathe-Poupeney-OnP-3-1600px-1024x531.jpg" alt="" class="wp-image-131230" /><figcaption class="wp-element-caption">©Agathe     Poupeney</figcaption></figure>


<p>Le metteur en scène multiplie les clins d’œil à la famille royale contemporaine. Ce que les personnages apprennent en principe par lettre, ils l’apprennent ici via la presse à scandale. Les paparazzi harcèlent le Roi et Ginevra, créant parfois d’effroyables tableaux rappelant indéniablement le harcèlement dont Lady Di était victime. Partant de cette idée, le thème de la chasse devient une métaphore structurante&nbsp;: alors que Balmoral est le lieu de chasse privilégié de la famille royale, Ariodante et Ginevra se verront pris en chasse à leur tour, tantôt par Polinesso, tantôt par les paparazzi, comme le soulignent les divers cerfs parsemant la mise en scène, d’abord en liberté puis empaillés dans le hall du château. On retrouve cette thématique durant l’une des scènes dansées, chorégraphiée par <strong>Nicolas Paul</strong>, lorsque le cauchemar de Ginevra en fait la proie d’une myriade de Polinesso.</p>
<p>Le plateau vocal est d’excellente facture. <strong>Emily D’Angelo</strong> crève la scène en Ariodante. La facilité avec laquelle les vocalises s’enchaînent en toute fluidité est déconcertante. La pureté de l’émission et la précision du phrasé n’entachent nullement la puissance. Mais c’est surtout sa présence scénique qui est proprement sidérante : la mezzo-soprano canadienne est solaire de générosité et de bonheur dans son premier acte, avant de servir un deuxième acte tout en obscurité. « Scherza Infida » est le sommet de la soirée : en pleine pénombre, la cantatrice multiplie les angles d’attaque –&nbsp;déploration, colère, lamentation, désespoir. Aucune reprise du motif n’est jamais vraiment la même et dix minutes plus tard, le spectateur n’en sort qu’exsangue.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/644135080000000000000000_BIG.jpg" alt="" class="wp-image-131248" /><figcaption class="wp-element-caption">©Agathe Poupeney</figcaption></figure>


<p>La Ginevra d’<strong>Olga Kulchynska </strong>est également une franche réussite. Le timbre est profond et son approche scénique tout en subtilité, préférant, à l’annonce de la mort d’Ariodante, l&rsquo;implosion plutôt que l&rsquo;explosion. De même, sa progression vers la démence est habilement manœuvrée, sans jamais verser dans la caricature. <strong>Christophe Dumaux</strong> campe un Polinesso tout en perversité et nous gratifie d’aigus aussi précis que puissants. En Dalinda, <strong>Tamara Banjesevic</strong> offre une performance très convaincante, incarnant le tiraillement entre son amour pour Polinesso et la fidélité à Ginevra. <strong>Matthew Brook</strong> fait des débuts réussis sur la scène de Garnier, déployant la noblesse escomptée pour le Roi d’Ecosse. Le Lurcanio d’<strong>Eric Ferring </strong>dispose du bon équilibre entre vaillance et vulnérabilité amoureuse. Enfin, en Odoardo, <strong>Enrico Casari</strong> complète avec efficacité cette impeccable distribution. Il faut, en dernier lieu, relever que les personnages sont sans cesse en mouvement et que Carsen parvient à éviter l’écueil de l’aria statique face au public, ce qui contribue à la réussite de l’enchantement.</p>
<p><strong>Harry Bicket</strong> propose, certes, une vision pour le moins minimaliste de la partition orchestrale. Si le premier acte fait montre d’une platitude certaine, il faut relever que certains contrastes sont par la suite mis en valeur, notamment lors des passages dansés. <strong>The English Concert</strong> à lui seul ne décolle jamais vraiment, mais il constitue un parfait écrin pour le talent ébouriffant du plateau vocal. Le <strong>chœur de l’Opéra national de Paris</strong>, dirigé par Alessandro Di Stefan, relève le défi tant vocalement que scéniquement.</p>
<p>Au total, cette production de Carsen, non dénuée d’humour, fonctionne au plan narratif comme au niveau symbolique, tout en étant somptueusement esthétique et servie par un plateau vocal de grande qualité : un quarté gagnant à nos yeux !</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier-2/">HAENDEL, Ariodante &#8211; Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>HAENDEL, Ariodante &#8211; Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Apr 2023 08:28:14 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=128239</guid>

					<description><![CDATA[<p>Donné pour la dernière fois à l’Opéra national de Paris il y a plus de vingt ans, Ariodante revient enfin au Palais Garnier, dans une nouvelle mise en scène de Robert Carsen. Patatras ! Quelques heures avant la première, les spectateurs sont prévenus que « en raison d&#8217;un mouvement de grève national et interprofessionnel », la soirée &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier/"> <span class="screen-reader-text">HAENDEL, Ariodante &#8211; Paris (Garnier)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier/">HAENDEL, Ariodante &#8211; Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Donné pour la dernière fois à l’Opéra national de Paris il y a plus de vingt ans, <em>Ariodante</em> revient enfin au Palais Garnier, dans une nouvelle mise en scène de Robert Carsen. Patatras ! Quelques heures avant la première, les spectateurs sont prévenus que « en raison d&rsquo;un mouvement de grève national et interprofessionnel », la soirée sera donnée en version de concert. C’est donc face à grand mur vert rappelant l’Écosse, orchestre en fosse, chanteurs sur scène et en costumes, que nous découvrons cette nouvelle production.</p>
<p>Que diable Alexander Neef a-t-il choisi <strong>Harry Bicket</strong> et son <strong>English Concert</strong>, interprètes de lénifiantes intégrales haendéliennes au disque, comme en témoignent les récentes <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rodelinda-harry-bicket-rodelinda-comme-ci-comme-ca/" target="_blank" rel="noopener"><em>Rodelinda</em></a> ou <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-resurrezione-pas-de-quoi-reveiller-un-mort/" target="_blank" rel="noopener"><em>Resurrezione</em></a> ? Très soignée, mais bien trop uniforme en termes de nuances, de puissance et de rythme, la battue du chef anglais semble ce soir incapable de donner vie à ces trois heures d’<em>opera seria</em>. Malgré une ouverture de belle tenue et une fin de 2<sup>e</sup> acte plus habitée, la sauce ne semble jamais réellement prendre, comme en témoignent d&rsquo;interminables musiques de ballet ou des récitatifs accompagnés sans vie.</p>
<p><strong>Emily D’Angelo</strong>, androgyne à souhait et portant le travesti à merveille, plonge dans le rôle-titre avec des moyens impressionnants : timbre rayonnant, projection et agilité spectaculaires. Plus encore, le souffle semble infini, lui permet de longues phrases <em>legato</em> (quel « Scherza infida » !) et des cadences ébouriffantes. Un peu réservée à son arrivée sur scène (« Tu, preparati a morire » pourrait être plus percutant), elle emporte définitivement la partie par la suite, avec notamment un « Dopo notte » final déconcertant de facilité. Emily D’Angelo pourra sans doute encore approfondir le personnage dans un environnement musical plus stimulant, mais que de promesses pour une prise de rôle !</p>
<p>Le reste de la distribution, sans démériter, est un cran en dessous. En Ginevra, la soprano ukrainienne <strong>Olga Kulchynska</strong> peine à trouver ses marques dans l’agilité du personnage au 1<sup>er</sup> acte. On la retrouve en revanche à son meilleur en 2<sup>e</sup> partie, très émouvante dans la longue plainte, chantée <em>pianissimo,</em> « Il mio crudel martoro ». La Dalinda de <strong>Tamara Banjesevic </strong>manque un peu de légèreté et de brillance dans les coloratures, se révélant toutefois plus touchante dans la plainte et dans son duo final avec Lucarnio. Comme à son habitude, <strong>Christophe Dumaux</strong> habite le rôle de Polinesso avec un bel abattage, dans le plus parfait style haendélien que l’on puisse rêver. Le contre-ténor est malheureusement un peu gêné par le <em>tempo</em> bien trop lent de ces arias. Malgré un timbre enchanteur, <strong>Eric Ferring</strong> ne vient pas totalement à bout des terrifiantes vocalises du rôle de Lurcanio. <strong>Matthew Brook</strong> incarne enfin un Roi d’Ecosse d’une belle noblesse, aux graves puissamment projetés.</p>
<p>Au cours des prochaines représentations, la mise en scène de Robert Carsen arrivera-t-elle à insuffler l’énergie et le dramatisme qui manquaient ce soir à cet <em>Ariodante</em> ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier/">HAENDEL, Ariodante &#8211; Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Garsington proposera quatre opéras dont 3 nouvelles productions pour son édition 2023</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/garsington-proposera-quatre-operas-dont-3-nouvelles-productions-pour-son-edition-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 02:09:54 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/garsington-proposera-quatre-opras-dont-3-nouvelles-productions-pour-son-dition-2023/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour sa prochaine édition, qui se tiendra du 31 mai au 23 juilet prochains, le festival de Garsington présentera quatre ouvrages. Une nouvelle production du Barbiere di Siviglia, signée Christopher Luscombe, ouvrira le bal sous la baguette du directeur musical, Douglas Boyd, à la tête de l&#8217;English Concert. Ce même orchestre, dirigé cette fois par &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/garsington-proposera-quatre-operas-dont-3-nouvelles-productions-pour-son-edition-2023/"> <span class="screen-reader-text">Garsington proposera quatre opéras dont 3 nouvelles productions pour son édition 2023</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/garsington-proposera-quatre-operas-dont-3-nouvelles-productions-pour-son-edition-2023/">Garsington proposera quatre opéras dont 3 nouvelles productions pour son édition 2023</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa prochaine édition, qui se tiendra du 31 mai au 23 juilet prochains, le festival de Garsington présentera quatre ouvrages. Une nouvelle production du <em>Barbiere di Siviglia</em>, signée Christopher Luscombe, ouvrira le bal sous la baguette du directeur musical, Douglas Boyd, à la tête de l&rsquo;English Concert. Ce même orchestre, dirigé cette fois par Clemens Schuldt, interprétera <em>Mitridate, re di Ponto </em>dans une nouvelle production de Tim Albery. Nouvelle production encore pour <em>Ariadne auf Naxos</em>, signée Bruno Ravella et pour laquelle Mark Wigglesworth dirigera le Philharmonia Orchestra. Jac van Steen dirigera cette même formation pour la reprise de <em>The Bartered Bride</em> (version traduite en anglais de <em>La fiancée vendue</em> de Bedřich Smetana) créée avec un grand succès en 2019 et transposée dans la campagne britannique.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/garsington-proposera-quatre-operas-dont-3-nouvelles-productions-pour-son-edition-2023/">Garsington proposera quatre opéras dont 3 nouvelles productions pour son édition 2023</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Resurrezione</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-resurrezione-pas-de-quoi-reveiller-un-mort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-resurrezione-pas-de-quoi-reveiller-un-mort/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Fabuleuse corne d’abondance dans laquelle Haendel piochera régulièrement pour en recycler des pépites, sa production italienne recèle d’éclatantes réussites tant dans le domaine de la cantate (La Lucrezia, Armida) que dans celui de l’opéra (Agrippina) ou de l’oratorio avec cette Resurrezione créée à Rome le dimanche de Pâques 1708. « La maîtrise technique et stylistique, l’imagination orchestrale, la justesse expressive &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-resurrezione-pas-de-quoi-reveiller-un-mort/"> <span class="screen-reader-text">La Resurrezione</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-resurrezione-pas-de-quoi-reveiller-un-mort/">La Resurrezione</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Fabuleuse corne d’abondance dans laquelle Haendel piochera régulièrement pour en recycler des pépites, sa production italienne recèle d’éclatantes réussites tant dans le domaine de la cantate (<em>La Lucrezia</em>, <em>Armida</em>) que dans celui de l’opéra (<em>Agrippina</em>) ou de l’oratorio avec cette<em> Resurrezione</em> créée à Rome le dimanche de Pâques 1708. « La maîtrise technique et stylistique, l’imagination orchestrale, la justesse expressive de ce jeune voyageur qui venait juste de fêter ses vingt-trois ans tiennent ici du prodige ! » s’enflamme Ivan A. Alexandre et nous partageons sans réserve son admiration.  </p>
<p>Haendel se retrouve un peu comme Charlie dans la chocolaterie – une comparaison qui n’offusquerait probablement pas ce bon vivant – :  le marquis Ruspoli, commanditaire de l’œuvre et protecteur du Saxon, lui donne accès à des ressources instrumentales dont il ne disposera plus jamais et qui vont stimuler une invention déjà profuse. Il conçoit « l’orchestration la plus précise et la plus soignée » (Ivan A. Alexandre) qu’il ait jamais couchée sur du papier à musique : airs à quatre parties de violons – la formation aligne trente-quatre cordes emmenées par rien moins que Corelli ! –, à deux flûtes, en concerto grosso avec <em>oboe sorde</em>, avec trompettes ou archiluth… Or, cette partition exubérante et constamment inspirée demeure étonnamment peu fréquentée. La faute en incombe peut-être au livret de Capece, mal ficelé et dépourvu de tension dramatique. Néanmoins, c’était déjà le cas de la pièce spéculative à l’origine d’<em>Il trionfo del Tempo e del Disinganno</em> (1707), premier oratorio italien de Haendel, qui retient pourtant davantage<a href="https://www.forumopera.com/il-trionfo-del-tempo-e-del-disinganno-paris-philharmonie-le-triomphe-de-la-couleur"> l’attention des producteurs</a> et dont les carences n’ont pas découragé des metteurs en scène tels que Krzystof Warlikowski, Ted Huffmann ou Ludger Engels. </p>
<p><em>La Resurrezione </em>juxtapose plus qu’elle ne noue deux fils qui s’articulent en deux journées. Elle s’ouvre sur un Ange qui, au seuil des Enfers, proclame la victoire du Christ sur l’impudent Lucifer. Il conduit ensuite « la descente aux Enfers » où les âmes des Justes, menées par Adam et Ève, sont libérées de leur esclavage – selon la tradition chrétienne, à l’aube du Samedi Saint. Entre temps, à Jérusalem, Marie-Madeleine et Marie Cléophas, plongées dans l’affliction, recouvrent espoir quand Jean l’Évangéliste leur rappelle la promesse de Jésus de revenir auprès d’elles le troisième jour. Le dimanche de Pâques, au matin, l’ange vainc Lucifer en lui montrant les deux Marie qui se rendent sur le tombeau vide, puis il leur apparait également et annonce la résurrection du Christ.</p>
<p>Douze ans après avoir dirigé <strong>Lucy Crowe</strong> et son <strong>English Concert</strong> dans un récital consacré à la période italienne du compositeur (« Il caro Sassone »), <strong>Harry Bicket</strong> ne s’est pas bonifié et sa tiédeur s’avère toujours aussi exaspérante, lissant les reliefs, édulcorant les contrastes et privant la plupart des numéros de leur juste énergie.  « Disseratevi, o porte d’Averno » (Angelo), le feu d’artifice en ré majeur qui suit l’ouverture de <em>La Resurrezione</em>, vire au pétard mouillé : un manque criant de nerf, des coloris délavés et des trompettes noyées dans une mollesse dont la direction ne se départira que trop rarement. Le soprano a perdu en flexibilité (sauts d’intervalle) et les suraigus frisent parfois l’étranglement. Lucifero a plus de chance et nous offre d’ailleurs la seule bonne surprise de cet enregistrement : « Caddi, è ver » révèle le grain nourri d’<strong>Ashley Riches</strong>, baryton-basse ferme, délié et très en verve, probablement trop au goût de certains, mais la grandiloquence du personnage ne demande pas autre chose. Par contre, la langueur de Bicket escamote l’urgence de « O voi, dell’Erebo » et installe les Enfers au boudoir… </p>
<p>« Ferma l’ali » nous réjouit d’abord, mais l’illusion ne dure guère : idoine de ton, le matériau évoquant parfois Jennifer Smith, <strong>Sophie Bevan</strong> semblait parfaite en Maddalena, mais l’expression ne se renouvelera guère et restera à la surface des mots. L&rsquo;élan (relatif) qui anime le <em>duetto </em>de Maddalena et Cleofe (« Dolci chiodi, amate spine ») tient surtout à l’engagement de <strong>Iestyn Davies</strong>. Une fois encore, l&rsquo;interprète se distingue par la finesse et par la richesse de ses intentions (la section B de « Naufragando va per l’onde »), mais sa partie requiert des graves plus charnus et des couleurs profondes (« Piangete, sì, piangete »), que possédaient aussi bien Carolyn Watkinson (Hogwood) que Sonia Prina (Haïm). Si « Quando è parto » flatte la beauté juvénile de son ténor aigu, déjà remarqué chez Haendel ou Purcell, <a href="https://www.forumopera.com/the-indian-queen-lille-purcell-enfin-rendu-au-theatre"><strong>Hugo Hymas </strong></a>semble livré à lui-même et peine à sortir de sa réserve (« Ecco il sol ch’esce dal mare »). Mais où sont donc passées les saisissantes cascades de cordes qui zèbrent  l’azur pour évoquer le rapace ravissant la tourterelle du nid (« Così la tortorella ») ? Bicket les a manifestement gommées ! Cette intervention présomptueuse et castratrice trahit une incompréhension totale du génie de Haendel et finit de discréditer un enregistrement dispensable.  </p>
<p>Nous en resterons à la lecture visionnaire de Marc Minkowski, qui domine une maigre et décevante discographie (Hogwood, McGegan, Koopman, Haïm), tout en espérant découvrir un jour la proposition de chefs de l’envergure de Fasolis, Petrou, Cummings ou Noally. </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-resurrezione-pas-de-quoi-reveiller-un-mort/">La Resurrezione</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Haendel, Rodelinda &#8211; Harry Bicket</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rodelinda-harry-bicket-rodelinda-comme-ci-comme-ca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Aug 2021 04:24:54 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rodelinda-harry-bicket-rodelinda-comme-ci-comme-ca/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans son beau texte d&#8217;introduction, Harry Bicket tente d&#8217;expliquer la vogue actuelle des opéras de Haendel, qui ont de son vivant été éclipsés par ses oratorios et ont traversé un long purgatoire jusqu&#8217;à la fin du vingtième siècle. Il donne trois raisons. D&#8217;abord, la soif du public repu de romantisme vers un nouveau répertoire. Il &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rodelinda-harry-bicket-rodelinda-comme-ci-comme-ca/"> <span class="screen-reader-text">Haendel, Rodelinda &#8211; Harry Bicket</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rodelinda-harry-bicket-rodelinda-comme-ci-comme-ca/">Haendel, Rodelinda &#8211; Harry Bicket</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son beau texte d&rsquo;introduction, <strong>Harry Bicket</strong> tente d&rsquo;expliquer la vogue actuelle des opéras de Haendel, qui ont de son vivant été éclipsés par ses oratorios et ont traversé un long purgatoire jusqu&rsquo;à la fin du vingtième siècle. Il donne trois raisons. D&rsquo;abord, la soif du public repu de romantisme vers un nouveau répertoire. Il faut dire, qu&rsquo;avec près de 42 opéras, Haendel donne du grain à moudre. Ensuite, la créativité des metteurs en scène contemporains, qui sont parvenus à insuffler une force nouvelle à la structure traditionnelle de l&rsquo;aria da capo, et à donner un sens dramatique aux myriades de conventions qui truffent ces ouvrages. Enfin, Bicket souligne l&rsquo;efflorescence de chanteurs baroques de grands talents, qui fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, « une œuvre de Haendel est plus simple à distribuer qu&rsquo;un opéra de Verdi ».</p>
<p>Chacun pensera ce qu&rsquo;il veut de ces explications, mais le fait est incontestable : Haendel est désormais populaire au même titre que d&rsquo;autres piliers du répertoire. Chaque année, l&rsquo;English Concert donne en concert un de ses opéras à Carnegie Hall. La soirée fait figure d&rsquo;événement dans la vie musicale new-yorkaise, et toutes les places sont vendues des mois à l&rsquo;avance. 2020 fut bien sûr un millésime particulier, les mesures sanitaires ayant détruit tout embryon de vie musicale dans la ville. Mais le chef a voulu à tout prix laisser un témoignage du travail entamé, et est parvenu à convaincre Linn d&rsquo;enregistrer cette <em>Rodelinda,</em> où il dit trouver un arc émotionnel rare dans la production de l&rsquo;époque. Le livret est mieux structuré que le tout-venant du temps ; il offre de belles situations et un personnage particulièrement riche sous les traits de Grimoaldo.</p>
<p>Les conditions draconiennes de l&rsquo;époque  de l&rsquo;enregistrement (septembre 2020) ont pesé sur le résultat final. Obligés d&rsquo;observer la fameuse distanciation sociale, les instrumentistes de l&rsquo;<strong>English Concert</strong> n&rsquo;offrent pas tout-à-fait la même richesse de sonorités qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée. Si la mise en place est irréprochable, le son parait souvent émacié, rêche, avec des « trous d&rsquo;air » dans sa texture. Cela peut s&rsquo;avérer gênant dans certains airs, où Haendel a délaissé le noir et blanc pour la couleur instrumentale la plus vive, mais le critique doit prendre en compte les limitations techniques rencontrées par les interprètes, et la fougue insufflée par le chef compense largement cette relative pauvreté. Harry Bicket a, comme les metteurs en scène dont il parle, trouvé la clé de l&rsquo;aria da capo, et il parvient à varier les reprises avec tant de nuances que les vielles formules de l&rsquo;<em>opera seria</em> en sont comme transfigurées.</p>
<p>La distribution offre elle aussi un panorama un peu inégal. S&rsquo;il n&rsquo;y a rien à redire à la prestation de la jeune basse <strong>Brandon Cedel, </strong>dont l&rsquo;autorité et l&rsquo;intensité sont déjà celles d&rsquo;un artiste confirmé, et si <strong>Jess Dandy </strong>offre un chant solide et pulpeux, un rien « standard », les interprètes principaux semblent passer par des phases de forme très diverses. En Rodelinda,<strong> Lucy Crowe</strong> commence l&rsquo;opéra difficilement : la tessiture semble lui poser problème, et la tension est audible tout du long de « L&#8217;empio rigor del fato ». L&rsquo;acte II la voit plus à l&rsquo;aise, et « Ritorna o caro » lui permet de délivrer ses couleurs vocales très moelleuses avec plus d&rsquo;aisance. Mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;au III qu&rsquo;elle s&rsquo;installe définitivement dans le rôle, offrant dans les 15 dernières minutes de l&rsquo;œuvre un feu d&rsquo;artifice de ce qu&rsquo;elle peut en terme de couleurs, ce qui n&rsquo;est pas peu. De même, <strong>Joshua Ellicott</strong> délivre un chant bien scolaire au départ, et les vocalises de « Se per te giungo a godere » le voient au bord de l&rsquo;accident. Comme sa Rodelinda, il fait mieux au deuxième acte, mais la fin de l&rsquo;opéra le voit à nouveau en difficulté. Son « Pastorello » sonne bien pâle, et il reste dans une réserve qui ne rend pas justice aux multiples facettes du personnage. Le problème de <strong>Iestyn Davies</strong> est différent. Si aucun passage ne semble lui poser problème sur un plan purement technique, ce chant impavide, millimétré, débité à la mitraillette  peut avoir quelque chose de lassant. Où sont la fragilité, les doutes, les fêlures ?</p>
<p>Malgré la sympathie qu&rsquo;inspire l&rsquo;entreprise,  on est bien forcé d&rsquo;en souligner les limites. Petit conseil aux curieux : ne pas hésiter à jeter un coup d&rsquo;oeil à la version de Richard Bonynge, chez Decca. Si elle est peu orthodoxe au niveau musicologique, elle offre d&rsquo;autres satisfactions sur le plan vocal notamment grâce à une Joan Sutherland en lévitation, qui prouve que le chant haendélien peut aussi bien s&rsquo;accommoder (et comment !) de gosiers belcantistes.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rodelinda-harry-bicket-rodelinda-comme-ci-comme-ca/">Haendel, Rodelinda &#8211; Harry Bicket</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>HAENDEL, Ariodante — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ariodante-paris-tce-que-vois-je-quentends-je/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 May 2017 06:20:45 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/que-vois-je-qu-entends-je/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Confronté aux pires coups de théâtre, les personnages d’Ariodante ne devraient croire ni leurs oreilles et ni leurs yeux, les apparences s’avérant trompeuses pour le héros, cru mort, comme pour la malheureuse Ginevra, injustement soupçonnée. Pour la version de concert de l’opéra de Haendel qu’accueillait le Théâtre des Champs-Elysées, les yeux et les oreilles du &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/ariodante-paris-tce-que-vois-je-quentends-je/"> <span class="screen-reader-text">HAENDEL, Ariodante — Paris (TCE)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ariodante-paris-tce-que-vois-je-quentends-je/">HAENDEL, Ariodante — Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Confronté aux pires coups de théâtre, les personnages d’<em>Ariodante</em> ne devraient croire ni leurs oreilles et ni leurs yeux, les apparences s’avérant trompeuses pour le héros, cru mort, comme pour la malheureuse Ginevra, injustement soupçonnée. Pour la version de concert de l’opéra de Haendel qu’accueillait le Théâtre des Champs-Elysées, les yeux et les oreilles du public étaient également sollicités, et une certaine dose de méfiance n’était peut-être pas mal venue.</p>
<p>Il faut souvent se méfier lorsqu’un(e) artiste extrêmement médiatique est remplacé par un confrère ou une consœur un peu moins sous le feu des projecteurs. En l’occurrence, la présence d’<strong>Alice Coote</strong> au lieu de Joyce DiDonato (qui avait déjà dû annuler un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/eh-alan-cest-le-printemps"><em>Ariodante</em> versaillais en 2012</a>) avait inspiré à certains une déception infondée. Certes, quand l’interprète du rôle-titre entre en scène, quelques spectateurs s’émeuvent : ses genoux fléchis, en équilibre précaire sur ses talons hauts, font même soupçonner un accident récent. La mezzo britannique a certes bien changé depuis l’époque où, il y a près de vingt ans, elle faisait de Ruggiero un lutin espiègle dans une <em>Alcina </em>montée à Stuttgart. Mais la voix, elle, n’inspire aucune inquiétude, et si d’aucuns trouveront à chipoter face à l’expressionnisme de son incarnation, cet Ariodante-là remporte un triomphe à chacun de ses airs, vécus comme autant de drames personnels, avec une puissance sonore qui laissent pantois. Le « Scherza, infida » de cette authentique haendélienne est parcouru d’éclats de rage impuissante, et « Dopo notte » est bien le feu d’artifice attendu.</p>
<p>Pour <strong>Christiane Karg</strong>, cette Ginevra est l’une des étapes d’une évolution vocale qui doit la porter vers des rôles de plus en plus exigeants. Virtuosité impeccable et beauté du timbre sont ici ses deux grandes armes, mais peut-être manque-t-il encore à cette incomparable Suzanne des <em>Noces de Figaro </em>un peu de l’étoffe d’une princesse outragée (« Orrida agli occhi miei » n’a pas tout à fait la force souhaitée). Chez Haendel, la perfection technique de l’interprète ne laisse pas tout à fait filtrer cette émotion qui devrait empoigner l’auditeur avec « Il mio crudel martoro », mais tous les moments de douceur sont extrêmement réussis.</p>
<p>Polinesso est incontestablement un rôle en or pour <strong>Sonia Prina</strong>. Seule italianophone au sein de cette équipe anglo-saxonne, elle est aussi la seule à jouer aussi intégralement son personnage, comme si elle était au théâtre et non au concert : les mains du méchant lubrique ne cessent de palper ses partenaires et sa bouche de s’égarer sur leurs lèvres. La mezzo possède une stupéfiante maîtrise de la diction, une manière de varier le sens d’un même mot répété, art qui éclate dès ses premières notes, dans la manière lourde de sous-entendus dont elle prononce le nom de Ginevra. La voix claironnante se joue des difficultés du rôle, et l’on retiendra notamment l’art avec lequel elle transforme en rires sardoniques les vocalises sur le mot « detesto » dans « Se l’inganno », véritable credo maléfique de cette préfiguration du Iago verdien.</p>
<p>Du théâtre, il y en a pourtant beaucoup aussi dans la prestation de <strong>Matthew Brooke</strong>, qui accompagne de petits sautillements son premier air de réjouissance, avant de s’écrouler pour chanter à genoux son air de désolation, suivi d’un gémissement. Peut-être plus baryton qu’authentiquement basse, ce roi d’Ecosse n’en sait pas moins traduire son désarroi de façon convaincante. <strong>Mary Bevan </strong>possède de grandes qualités en termes d’agilité et d’expressivité, qui lui permettent de donner tout son relief à Dalinda ; le timbre présente des couleurs intéressantes, et la personnalité de cette artiste ne demande qu’à s’affirmer. Le Lurcanio de <strong>David Portillo</strong> déborde d’énergie, mais la voix semble pincée dans l’aigu, avec des voyelles parfois un peu trop ouvertes.</p>
<p>La direction discrète de <strong>Harry Bicket</strong>, qui n’a qu’une main, de temps à autre, pour mener son <strong>English Concert</strong> puisqu’il tient en même temps le clavecin, opte pour des tempos généralement mesurés, sans excès de lenteur (« Scherza, infida » est ici bien moins étiré que dans certaines versions), mais sait soutenir ses chanteurs, en leur offrant un écrin paré des nuances bucoliques ou martiales qu’appelle tour à tour la partition.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ariodante-paris-tce-que-vois-je-quentends-je/">HAENDEL, Ariodante — Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Alice Coote &#8211; Handel Arias</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/alice-coote-handel-arias-haendel-dans-un-fauteuil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Nov 2014 06:33:57 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/alice-coote-handel-arias-haendel-dans-un-fauteuil/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Que de chemin écoulé depuis une Alcina allemande qui connut – étonnamment ? – les honneurs du DVD ! On y découvrait une jeune mezzo anglaise, époustouflante en Ruggiero plus garçonnier qu’il n’est permis. Alice Coote arborait alors une crinière frisée, d’un noir de jais. Depuis, la dame s’est voulue blonde aux cheveux lisses. Elle a enchaîné &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/alice-coote-handel-arias-haendel-dans-un-fauteuil/"> <span class="screen-reader-text">Alice Coote &#8211; Handel Arias</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/alice-coote-handel-arias-haendel-dans-un-fauteuil/">Alice Coote &#8211; Handel Arias</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Que de chemin écoulé depuis une <em>Alcina </em>allemande qui connut – étonnamment ? – les honneurs du DVD ! On y découvrait une jeune mezzo anglaise, époustouflante en Ruggiero plus garçonnier qu’il n’est permis. <strong>Alice Coote</strong> arborait alors une crinière frisée, d’un noir de jais. Depuis, la dame s’est voulue blonde aux cheveux lisses. Elle a enchaîné les <em>trouser parts</em>, mais pas seulement, sa prestation dans <em>La Favorite</em> au TCE ayant bien prouvé qu’elle ne chantait pas que des rôles travestis.</p>
<p>Ce disque Haendel vient le confirmer, puisqu’elle y alterne les reines (Zenobia dans <em>Radmisto</em>, Dejanira dans <em>Hercules</em>) et les héros (Ruggero dans <em>Alcina</em>, Sesto dans <em>Giulio Cesare</em>, Ariodante), sans oublier les rôles de femmes explicitement déguisées en hommes (Bradamante dans la susdite <em>Alcina</em>). Surtout, le récital d’Alice Coote vient nous rappeler que l’opera seria ne se réduit à une virtuosité ébouriffante. Des vocalises en cascades, il y en a ici, mais pas seulement.</p>
<p><em>Handel Arias</em> commence dans la douceur extrême, et l’on a perdu l’habitude d’un récital ainsi composé, la règle étant désormais la douche écossaise et l’alternance systématique d’airs rapides et lents, furieux et apaisés. Trois premières plages empreintes de sérénité, c’est presque un choc ! « Stà nell’Ircana » vient secouer l’auditeur, puis les deux premiers airs de Déjanire nous ramènent au calme, jusqu’à « Where shall I fly ? ». Et le disque de se conclure en alternant plus nettement airs paisibles et morceaux allègres, avec en bouquet final les deux sublimes extraits d’<em>Ariodante</em>, « Scherza infida » et « Dopo notte ».</p>
<p>Chez Alice Coote, on remarque d’abord la couleur assez claire de la voix. On se demande aussi si ce côté paisible n’est pas un peu excessif pour l’air dans lequel Zenobia chante sa douleur. « Stà nell’Ircana » est abordé sans que l’interprète ait derrière elle la fatigue de trois longs actes, mais ne lui manque-t-il pas un peu de cette adrénaline que seule communique la scène, et que le très sage <strong>Harry Bicket</strong> serait bien en peine de susciter ? Pourtant, l’interprète fait preuve d’une belle expressivité, et surtout d’un naturel constant. On ne sent jamais l’effort, ou du moins jamais cette mise en scène de l’effort conçue pour donner au public l’impression qu’il faut applaudir un exploit physique ; même sans la voir, on se dit qu’Alice Coote ne doit pas accompagner ses notes extrêmes de trémoussements, que ce soit dans le grave, jamais poitriné, ou dans l’aigu, jamais appuyé. La mezzo manifeste une aisance souveraine dans la virtuosité, mais sans rien de démonstratif. Pas m’as-tu-vu pour un sou, Alice Coote opte pour le ton de la confidence, avec une grande pudeur. Les joies et les souffrances se disent sans étalage outrancier ; « Verdi prati » est presque murmuré. Ce qu’on retient de Déjanire, bien que plus que sa fureur, c’est sa tendresse nostalgique : dans « There in myrtle shades reclined » ou « Cease, ruler of the day, to rise », on entend presque une parente de la comtesse Almaviva. Et même dans « Where shall I fly ? », on serait tenté de dire qu’ « on n’est pas à l’opéra » : c’est un drame intime, personnel, qui se joue. En ce sens, ce disque propose Haendel dans un fauteuil, comme Musset écrivait son « théâtre dans un fauteuil » : loin des conventions de la scène, loin de ces effets qu’il faut exagérer pour passer la rampe, Alice Coote nous offre un Haendel très explicitement conçu pour être savouré en privé. Ceux qui ne conçoivent pas l’opera seria sans une bonne dose d’histrionisme iront chercher ailleurs.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/alice-coote-handel-arias-haendel-dans-un-fauteuil/">Alice Coote &#8211; Handel Arias</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
