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	<title>SAISON 2008-09 - Saison - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>SAISON 2008-09 - Saison - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>ROSSINI, Petite Messe solennelle — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/petite-dites-vous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2009 22:46:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dernière œuvre de Gioachino Rossini la Petite Messe solennelle a toujours posé des problèmes à ses exécutants. Le premier étant de savoir quelle version retenir : l’originelle, créée le 14 mars 1864, écrite pour 4 solistes, 8 choristes, deux pianos et un harmonium, ou celle présentée ce soir, pour grand chœur et grand orchestre (et jamais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Dernière œuvre de Gioachino Rossini la <em>Petite Messe solennelle</em> a toujours posé des problèmes à ses exécutants. Le premier étant de savoir quelle version retenir : l’originelle, créée le 14 mars 1864, écrite pour 4 solistes, 8 choristes, deux pianos et un harmonium, ou celle présentée ce soir, pour grand chœur et grand orchestre (et jamais jouée du vivant de Rossini) ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que, par son épure et ses sonorités inhabituelles, la version initiale peut sembler plus innovante alors qu&rsquo;une orchestration opulente rend la <em>Petite Messe</em>… grande..</p>
<p> </p>
<p>L’interprétation qui en est donnée par <strong>Paolo Carignani</strong> n’essaie jamais d’en masquer le caractère quasi opératique. Il fouette l’orchestre, le fait gronder parfaitement, secondé dans cette optique par un orchestre de Bologne électrisé et un chœur d’une grande homogénéité. Le résultat est rutilant, mais on recherche désespérément un quelconque souffle mystique dans cette vision grandiose.</p>
<p> </p>
<p>Le quatuor de solistes de grande qualité surnage plutôt bien. On se permettra cependant d’exprimer deux réserves quant au choix de la distribution.,D’abord pourquoi avoir choisi deux mezzos pour tenir les parties destinées respectivement au soprano et au contralto ? Certes la tessiture de la partie soprano n’est pas vertigineuse, et ne met que rarement <strong>Kate Aldrich</strong> en difficulté – à l’exception de quelques aigus un peu tendus, signe d’une certaine fatigue en cette fin de festival – mais les deux timbres, très semblables dans leurs couleurs, peinent à se différencier, notamment dans le « Qui tollis ».  </p>
<p>Ensuite, les sonorités des artistes réunis ce soir sont très contrastées, ce qui a parfois tendance à déséquilibrer les ensembles : ainsi, à un<strong> Francesco Meli</strong>, impérieux, à la voix puissante et radieuse (appelée à s’épanouir encore davantage dans d’autres répertoires), répond une<strong> Anna Bonitatibus</strong> à la projection plus confidentielle (elle s’est particulièrement distinguée dans le répertoire baroque), qui lui vaudra quelques huées à l’issue de l’ « Agnus Dei ». C’est pourtant la mezzo italienne – ainsi que, dans une moindre mesure,<strong> Mirco Palazzi</strong>, basse au timbre agréablement jeune, jamais forcé ni noirci artificiellement – qui nous aura permis, par son chant clair et nuancé, de nous élever quelques instants, et de ressentir la ferveur qui aurait pu baigner toute la soirée. </p>
<p> </p>
<p>On aura donc entendu une belle version monumentale du dernier ouvrage du maître des lieux… Sans pouvoir s’empêcher de s’interroger tout au long de la soirée sur notre acception du terme « Petite ». A quand une vraie <em>Petite Messe</em> intimiste à Pesaro ?</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>ROSSINI, Le Comte Ory — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ory-horripilant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Aug 2009 21:29:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’œuvre n’est en aucun cas responsable de l’agacement que l’on ressent au sortir du petit théâtre Rossini. Au contraire, qu’on se le dise, le Comte Ory est un petit bijou !   Inspiré de récits grivois du Moyen Age, il narre les aventures du jeune Ory, resté en France alors que les hommes sont en croisade. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          L’œuvre n’est en aucun cas responsable de l’agacement que l’on ressent au sortir du petit théâtre Rossini. Au contraire, qu’on se le dise, le <em>Comte Ory</em> est un petit bijou !<br />
 <br />
Inspiré de récits grivois du Moyen Age, il narre les aventures du jeune Ory, resté en France alors que les hommes sont en croisade. Il souhaite mettre à profit leur absence pour séduire la ravissante Comtesse Adèle… qui est également convoitée par son propre page, Isolier. Pour arriver à ses fins, le Comte se déguisera d’abord en ermite (premier acte) puis en pèlerine venant se réfugier au château de la comtesse avec ses congénères (c’est à dire ses chevaliers !). Evidemment ses stratagèmes seront déjoués, d’abord par l’intervention de son précepteur puis par son propre page qui, dans la pénombre de la chambre de la comtesse, se fera passer pour cette dernière &#8211; occasion d’un trio torride, apothéose d’une partition trépidante<sup>1</sup>.<br />
 <br />
Etrange destin que celui du <em>Comte Ory</em>. Rossini est nommé en novembre 1824 directeur du Théâtre Royal des Italiens à Paris. Sa première commande sera <em>Le Voyage à Reims</em> composé à l’occasion des célébrations du couronnement du roi Charles X. Opéra de circonstance, le <em>Voyage</em> est appelé à un destin éphémère ; au moment de composer une première œuvre pour l’Opéra de Paris, Rossini décide donc de réutiliser la partition du <em>Voyage</em> ; plus de la moitié de la musique du <em>Comte Ory</em> y est puisée ! Une énumération serait fastidieuse, mais on pourrait citer quelques exemples : l’air de Don Profondo « Medaglie incomparabili » &#8211; truculente description des bagages des voyageurs de divers pays, se mue ici en une narration des aventures de Raimbaud dans les caves du château, à la recherche de fines bouteilles, et le final de l’acte 1 du <em>Comte Ory</em> n’est autre que le <em>gran pezzo concertato</em> à 14 voix du <em>Voyage</em>. Le travail des librettistes a donc consisté pour une bonne part à adapter leur texte à la musique déjà existante et il y a une certaine ironie à voir <em>Le Voyage à Reims</em> prendre aujourd’hui sa revanche sur le <em>Comte Ory </em>: à mesurer le nombre de représentations annuelles de chaque ouvrage, la popularité de l’original a aujourd’hui largement dépassé celle de son épigone.<br />
 <br />
Dans cette production, reprise d’un spectacle créé en 2003, le metteur en scène <strong>Lluis Pasqual</strong>, considérant sans doute que l’histoire n’avait pas suffisamment d’intérêt, a décidé de la compliquer, pour lui donner davantage de sel. L’on se retrouve donc dans un hôtel de luxe (le décor se résume à de lourds rideaux pourpres, un billard et une table) : les invités tous élégamment habillés (robes du soir et smokings) sont invités par le majordome (Raimbaud) à participer à un jeu de rôle ; à cet effet, il distribue rôles et accessoires (borsalino pour Isolier, manteau gris avec capuche pour Ory…), et la pièce peut enfin commencer. Si l’on ne peut dénier un certain soin dans la réalisation (les faux personnages surjouent, se font des petits signes de reconnaissance pour montrer qu’ils ne sont pas dupes de la comédie), on comprend vite que le principe de départ est une véritable fausse bonne idée. D’abord, il nuit à la lisibilité de l’intrigue en la compliquant inutilement. Le degré supplémentaire de faux-semblants est non seulement peu original (la mise en abyme est un procédé plus que rabâché), mais il parasite également l’œuvre, ce qui est plus gênant ! Surtout, le regard ironique de Lluis Pasqual annihile toute passion, en réduisant les aventures rocambolesques de Comte Ory à un simple jeu bourgeois : le trio Ory-Adèle-Isolier qui devrait être orgasmique en ressort bien quelconque. Si cela ne suffisait pas, la mise en scène tend à accumuler les clichés et tics ; les mouvements du chœur sont symptomatiques, multipliant les « olas », et autres mouvements de jerk ou de macarena.<br />
 <br />
Déjà présentée en 2003, la production avait été rachetée par une distribution homogène et enthousiaste emmenée par un Juan Diego Florez vif argent et la direction musicale étincelante de Jesus Lopez Cobos<sup>2</sup>. Ce soir, la battue de <strong>Paolo Carignani</strong> manque quelque peu de nuances, soulignant inutilement les effets. La distribution, elle, est loin d’être indigente et supporte bien la comparaison avec celle de 2003.<br />
 <br />
L’on retrouve dans le rôle titre le Chevalier Belfiore du <em>Voyage à Reims</em> 2008, qui avait plutôt séduit dans le cadre du spectacle de fin de cursus de l’Accademia Rossiniana. On pouvait cependant s’interroger sur le danger pour un jeune chanteur d’aborder si vite un premier rôle dans la « Mecque » du chant rossinien… <strong>Yijie Shi</strong> ne semble pas tétanisé par le fantôme de son prédécesseur. S’il ne peut s’enorgueillir d’un timbre particulièrement séduisant, les sonorités, notamment dans l’aigu, étant légèrement nasales, il soutient crânement la tessiture tendue du rôle, n’hésitant pas à varier son émission (les aigus en voix de fausset de « Sœur Colette »). De même, la puissance est modeste mais compensée par une projection étonnante : dans les ensembles sa voix ressort parfaitement aux côté des voix bien plus sonores, comme celle de Laura Polverelli. On lui reconnaîtra enfin une diction française claire… ce qui contraste avec le manque d’intelligibilité des autres protagonistes !<br />
 <br />
Le défaut est particulièrement patent chez les clefs de Fa. <strong>Raffaele Constantini</strong>, qui remplace au pied levé Lorenzo Regazzo annoncé souffrant pour la dernière représentation de la série<sup>3</sup>, est incompréhensible dans le rôle du Gouverneur. Abstraction faite du français défaillant &#8211; et d’une souffleuse particulièrement sonore (il n’a eu que quelques heures pour se préparer), la basse se tire plutôt bien d’un rôle difficile (tessiture étendue et écriture vocalisante). En Raimbaud, le baryton <strong>Roberto de Candia</strong> surprend dès le début par sa voix claire voire claironnante. Son domestique est truculent et il démontre dans son grand air au second acte qu’il maîtrise à merveille le chant syllabique rossinien. Mais, ici encore, un français moins teinté d’accent serait nécessaire pour parachever son excellente prestation.<br />
 <br />
Les deux amoureux tiennent leur rang, faute d’enthousiasmer. La tessiture culminant au si#4 d’Isolier ne pose que peu de problème à <strong>Laura Polverelli</strong>, mais les pages plus virtuoses la laissent sur son quant-à-soi : son beau et long mezzo clair trouve davantage à se déployer dans le répertoire belcantiste romantique donizettien ou bellinien<sup>4</sup>. La comtesse Adèle de la soprane espagnole <strong>Maria Josè Moreno</strong> n’a pas ce genre de souci et fait étalage de sa belle technique en attaquant à un train d’enfer la partie rapide de son air « Oh bon ermite » ; seul un registre aigu un peu dur et des variations manquant de folie viennent à peine gâcher notre plaisir.<br />
 <br />
Le bilan vocal positif ne peut totalement effacer le véritable goût d’inachevé laissé par la mise en scène ratée : le <em>Comte Ory</em> étant un joyau, il lui faut un écrin à la hauteur.<br />
 <br />
 </p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<font size="1">1 Ce trio est une création originale, contrairement à beaucoup de numéros de l’œuvre (voir ci-après).</font></p>
<p><font size="1">2 Le spectacle a été enregistré en live et est disponible sous le label DGG.</font></p>
<p><font size="1">3 Ce remplacement était plutôt attendu au vu de la contre-performance de Lorenzo Regazzo le 17 août.</font></p>
<p><font size="1">4 On se souvient de sa superbe performance en Seymour aux cotés de l’Anna Bolena de Devia à Vérone en mars 2007.</font></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Concerto di Belcanto — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossignol-rossinien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Aug 2009 06:41:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parcours fulgurant que celui d’Olga Peretyatko, jeune chanteuse russe révélée en 2006 dans le Viaggio a Reims de l’Accademia Rossiniana et propulsée dès l’année suivante sur le devant de la scène du ROF1 en Desdemona d’Otello. C’était aller un peu vite en besogne, l’essence légère de la voix ne correspondant en rien à la typologie &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>	Parcours fulgurant que celui d’Olga Peretyatko, jeune chanteuse russe révélée en 2006 dans le <em>Viaggio a Reims</em> de l’Accademia Rossiniana et propulsée dès l’année suivante sur le devant de la scène du ROF<sup>1</sup> en Desdemona d’<em>Otello</em>. C’était aller un peu vite en besogne, l’essence légère de la voix ne correspondant en rien à la typologie d’un rôle mythique défendu par les plus grandes. Elle revient à Pesaro deux ans après dans un costume mieux adapté à son soprano, Giulia de <em>La Scala di seta</em>, avec en prime un récital de belcanto qui la place d’emblée dans la cour de ses aînés : José Manuel Zapata, Mariola Cantarero, Gregory Kunde. Deux ans ; le temps de prendre un recul salutaire, parfaire sa formation au sein de la compagnie du Staatsoper de Hambourg et enrichir son répertoire : Gilda et Sofia du <em>Signor Bruschino</em> dont les grands airs figurent naturellement au programme de ce récital.</p>
<p>	  </p>
<p>	« Caro nome che il mio cor » montre d’ailleurs le chemin parcouru depuis <em>Otello</em> : de l’audace toujours – notamment dans l’aigu et le suraigu – mais sans effronterie, ni simagrée, du souffle et une ligne délicate sur laquelle, passé le récitatif – un « Gualtier Maldé » qu’on aimerait encore plus exhalé – Olga Peretyatko brode des vocalises habitées qui nous laissent entrevoir l’âme de Gilda. Le chant, limpide, n’a rien de mécanique, ni de forcé. Est-il capable de traduire avec la même vérité les affres, les désillusions et la grandeur résignée du rôle ? Pas sûr mais, dans cette première approche, la démonstration s’avère convaincante. Bien plus que ne l’est « Ah, donate il caro sposo » du <em>Signor Bruschino</em>. La faute à l’aria moins inspirée que d’autres, l’adéquation de la voix à un style – ce Rossini là demande plus de rondeur – la difficulté surtout à passer instantanément d’un personnage à l’autre. Ecueil de tout récital lyrique que l&rsquo;expérience apprendra vite à surmonter.</p>
<p>	   </p>
<p>	Les mélodies interprétées auparavant ne présentent pas cet inconvénient. Rossignolades plus virtuoses qu’expressives, elles mettent en valeur l’agilité et le fruit du timbre, idéal car dépourvu de l’acidité qui nuit souvent à ce type de voix. L’élocution n’est pas encore le fort de l’artiste ; le français des Debussy – « Pierrot », « Apparition » – demandera à être perfectionné si Olga Peretyako veut un jour chanter, comme on le suppose, Juliette de Gounod ou cette Manon présentée en bis qui, malgré un bel éclat de rire, dépasse aujourd’hui ses limites. Mozart est un autre chemin sur lequel on l’aimerait voir marcher : Suzanne et déjà Konstance dont l’« Ach ich lebte » fluide, proposé en tête de programme malgré ses exigences, est signe de tempérament.</p>
<p>	 </p>
<p>	De la personnalité donc. Et de la grâce. Charmante Peretyatko dont la silhouette, soulignée par une robe de satin blanc, doit faire pâlir de jalousie sa compatriote Netrebko (on se dit que la relève est assurée) ; attentive  à offrir à son accompagnatrice, Carmen Santoro, sa part d’applaudissements ; dissimulant son trac derrière un éventail qu’elle utilise comme une baguette pour chasser d’un geste brusque les oiseaux qu’elle imite – Stravinski et Saint-Saëns – ; irrésistible. Pourtant, là où on la préfère encore c’est dans ces mélodies russes qui touchent à ses racines, « Lilacs », « Plenivshis’ rozoy, Solovey » et surtout « Ne poy, krasavica pri mne » dont le lyrisme ardent laisse imaginer la Tatiana d’<em>Eugène Onéguine</em> que ce rossignol pourra un jour oser s’il sait prendre le temps de déployer ses fines ailes.</p>
<p>	 </p>
<p>	 </p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<p>			<a href="#_ftnref1" name="_ftn1" title="" id="_ftn1">[1]</a><font size="2"> Rossini Opera Festival</font></p>
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			</item>
		<item>
		<title>ROSSINI, Zelmira — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/florez-et-kunde-retrouvailles-decevantes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2009 20:51:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Otello en 2007 et Ermione en 2008, le Rossini Opera Festival continue d’exploiter le filon des opéras napolitains en proposant cette année Zelmira. Sans atteindre toutefois le même niveau de réussite que pour les deux opéras précédents.   Déjà, qu’a bien pu trouver Rossini à Dormont de Belloy, l’auteur de Zelmira, lui qui avait &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>	Après <em>Otello</em> en 2007 et <em>Ermione</em> en 2008, le Rossini Opera Festival continue d’exploiter le filon des opéras napolitains en proposant cette année <em>Zelmira.</em> Sans atteindre toutefois le même niveau de réussite que pour les deux opéras précédents.</p>
<p>	 </p>
<p>	Déjà, qu’a bien pu trouver Rossini à Dormont de Belloy, l’auteur de <em>Zelmira</em>, lui qui avait mis en musique auparavant rien moins que Shakespeare (<em>Otello</em>) et Racine (<em>Ermione</em>) ? Une intrigue à couper au couteau, des personnages inconsistants, un contexte historique diffus et pas l’once d’une intrigue amoureuse. Devant la difficulté à représenter cet écheveau de situations, toutes plus invraisemblables les unes que les autres, le metteur en scène, <strong>Giorgio Barberio Corsetti</strong>, se livre à son passe-temps favori : l’expérimentation de l’usage de la vidéo. Sans que l’expérience, encombrée de tous les poncifs du moment – treillis, mitraillettes, mélange des époques, statues fracassées et miroir réfléchissant – ne s’avère concluante. De ce fatras de moyens, il ne sort pas grand-chose : ni une meilleure lisibilité de l’intrigue, ni une somme d’images marquantes sinon belles, ni vérité, ni émotion. Ne seraient que les yeux, l’on s’ennuierait ferme durant les quatre heures que dure le spectacle. </p>
<p>	 </p>
<p>	<em>Zelmira</em>, c’est aussi le dernier des opéras napolitains de Rossini, le bouquet final d’un feu d’artifice vocal et musical qui de 1815 à 1822 vit le compositeur disposer de ressources exceptionnelles pour donner libre cours à son génie : les chanteurs les plus virtuoses, un chœur de 30 personnes, un orchestre de 78 musiciens&#8230; Le San Carlo était le seul théâtre lyrique en Italie à disposer ainsi en permanence d’un tel effectif ; les autres salles de la Péninsule faisaient plutôt appel à des artistes saisonniers avec pour conséquence un manque de cohésion et de qualité. Abondance de biens que Rossini sut tous employer pour magnifier son art. <em>Zelmira</em>, en raison de ses dimensions chorale et symphonique, fit dire à Stendhal que « <em>Rossini finira par être plus allemand que Beethoven</em> ». Même si moins novateur que son opéra napolitain précédent, <em>Maometto II</em>, l’ouvrage marque l’aboutissement d’un âge d’or qui réclame, pour en restituer l’exacte splendeur, des gosiers du même métal. D’autant que la version représentée à Pesaro, dite de Paris, ajoute à la partition deux airs tout aussi périlleux que ceux qui la composent à l’origine – « Ciel pietoso, ciel clemente » pour Emma et, à l’intention de Giuditta Pasta pour Zelmira « Da te spero, o ciel clemente ». Par rapport à la version de Naples, il faut donc adjoindre à deux ténors bodybuildés une mezzo-soprano d’envergure et une soprano à toute épreuve. Impossible ou presque.</p>
<p>	 </p>
<p>	Depuis le miracle d’<em>Otello</em> en 2007 qui voyait Gregory Kunde, face au Roderigo de Juan Diego Florez, endosser in extremis le rôle titre, les deux chanteurs semblent aujourd’hui les mieux capables de faire revivre le tandem formé à l’époque de Rossini par Andrea Nozzari et Giovanni David, les créateurs d’Antenore et d’Ilo. Avec une partition qui leur offre moins d’occasions de s’éperonner – il n’y a aucun duo entre eux – et avec chacun ses limites. Si <strong>Gregory Kunde</strong> a désormais développé des registres inférieurs qui lui permettent d’aborder les partitions de <em>baritenore</em>, le medium apparaît fatigué, le timbre plus voilé que de coutume, les graves sourds. Fatigue de fin de festival au lendemain d’un récital  sublimé par un « asile héréditaire » dans lequel il a jeté toutes ses forces ? L’aigu, sans s’aventurer dans les stratosphères qui furent les siennes, demeure percutant. Plus remarquable encore l’intelligence d’un chant stylé par lequel cet Antenore grisonnant compense l’usure des moyens. Nuancer et user de l’ornementation à des fins expressives : tout Rossini est là. </p>
<p>	Moins imaginatif, <strong>Juan Diego Florez</strong> prend toutefois plus de risques qu’autrefois, n’hésitant pas à varier le phrasé et faire assaut de coloratures pour séduire un public qui, à en croire l’intensité et la durée des applaudissements, lui est tout acquis. Voix toujours homogène et séduisante mais, l’acoustique aléatoire de l’Adriatic Arena aidant, timbre aminci qui donne l’impression d’un Ilo bien fluet. Surtout si on le compare aux deux basses de service. <strong>Mirco Palazzi</strong>, qui interprétait déjà Leucippo au disque pour Opera Rara, et <strong>Alex Esposito</strong>, Polidoro, jouent à jeu égal même si le dernier a l’avantage d’une cavatine et d’un duo quand le premier se contente d’intervenir dans les ensembles. L’un comme l’autre probes, sonores, sachant vocaliser et qui plus est d’une belle présence scénique. Rien à redire non plus sur l’Emma de <strong>Marianna Pizzolato</strong> dont le duettino au I et la grande scène au II figurent parmi les meilleurs moments de la soirée. Plus à l’aise dans le registre tragique que comique (on pense à son <em>Italienne à Alger </em>en 2006), la cantatrice, après plusieurs années de présence à Pesaro, connaît les clés du chant rossinien. Au contraire de <strong>Kate Aldrich</strong> qui, sans être indigne, a bien du mal à rendre vivant le personnage de Zelmira. Question de nature plus que de style d’ailleurs. La voix possède d’indéniables qualités, à commencer par la souplesse et la rondeur, mais ne se départ jamais de sa réserve. Et puis pourquoi avoir confié à un mezzo-soprano un rôle que notre époque a vu défendu par des sopranos autrement aguerries : Zeani, Gasdia, Devia… Dépouillée de ses aigus – et de ses suraigus ! –, de ses éclats, privée de relief, étouffée dans les ensembles, cette Zelmira trop sage laisse de marbre.</p>
<p>	 </p>
<p>	Sous la direction cérémonieuse de <strong>Roberto Abbado</strong>, la soirée s’écoute lentement.</p>
<p>	 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>ROSSINI, La scala di seta — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/a-la-bonne-echelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 22:59:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme il l&#8217;avait fait en 2007 pour sa Gazza Ladra, Damiano Michieletto livre d’emblée la clé de sa mise en scène. L’idée est présentée avec tant d’entrain et de rigueur que le public est tout de suite conquis. Contrairement aux relectures rajeunissantes qui abîment, celle-ci rafraîchit et magnifie. Le point de départ ? Une idée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Comme il l&rsquo;avait fait en 2007 pour sa Gazza Ladra, Damiano Michieletto livre d’emblée la clé de sa mise en scène. L’idée est présentée avec tant d’entrain et de rigueur que le public est tout de suite conquis. Contrairement aux relectures rajeunissantes qui abîment, celle-ci rafraîchit et magnifie. Le point de départ ? Une idée simple : la mise à l’échelle 1/1 du plan de la maison du tuteur de Giulia où va se dérouler une Scala di seta endiablée. Chaque pièce est délimitée au sol, comme sur un plan d’architecte : soggiorno, bagno, letto&#8230; Un jeu de miroirs permet de voir ce qui se passe dessus comme dessous — y compris dans le jardin…</p>
<p>
Durant l’ouverture, au rythme allègre de la musique, le logis se retrouve entièrement meublé en style contemporain. En quelques minutes, la cuisine est installée, le lit est fait, l’eau coule dans la douche, il y a des fleurs dans les vases et un poisson rouge dans le bocal… L’échelle qui aboutit à la chambre de la belle est joliment figurée par un drap de soie tortillé en spirale.</p>
<p>Cette action vaudevillesque, reposant sur feintes et quiproquos autour d’un mariage secret, nécessite de constantes allées et venues entre six personnages. Avec cet astucieux dispositif scénique où les murs sont virtuels et où les protagonistes font semblant d’ouvrir et de refermer des portes invisibles, le bouillonnant metteur en scène vénitien obtient la fluidité qui sied à la musique étourdissante du jeune Rossini — Il a moins de vingt ans quand l’œuvre est créée ! Une multitude de petits gags animent les récitatifs ; les airs et les ensembles font l’objet de jeux de scène qui caractérisent les personnages avec beaucoup de finesse.</p>
<p>Tous les chanteurs, dont plusieurs ont complété leur formation musicale à l’Academia Rossiniana de Pesaro, sont rompus aux exigences du chant rossinien ; une complicité ludique transparaît tout au long de la représentation, en particulier durant le quartetto « Si che unito a cara sposa » d’une précision remarquable.</p>
<p>Avec sa voix ample, au timbre charmeur, Carlo Lepore incarne avec brio le rôle de Blansac. Adapté par Rossini d’après un « Alle voci della gloria » antérieur, le bel air donjuanesque « Alle voci dell’amore » — qui n’existait pas à l’origine — offre à cette séduisante basse napolitaine la possibilité de démontrer ses talents de chanteur et d’acteur. Durant son extase solitaire sur les attraits de l’amour, il est dérangé par l’arrivée intempestive d’un petit chien, puis — chacun ayant oublié quelque chose dans la pièce — par le défilé de tous les personnages. Malgré ces interruptions, Carlo Lepore poursuit magnifiquement son chant tout en réagissant de manière amusante à chaque situation.</p>
<p>Olga Peretyako est une jolie Giulia moderne, très à l’aise en scène. Dès son premier duetto avec Germano et dans l’air lent et tendre « Il mio ben sospiro », qui suit une charmante introduction instrumentale, la jeune soprano déploie le velours de son timbre juvénile. Les aigus sont faciles, les vocalises précises, les descentes chromatiques graduées à souhait. Elle ne semble jamais peiner dans les passages difficiles, même quand elle chante, en survêtement rose, durant sa séance de fitness.</p>
<p>La brièveté de l’air « Sento talor nel anima » ne nous donne guère le temps d’apprécier la voix de la mezzo d’Anna Malavasi qui campe avec justesse Lucilla.</p>
<p>Dans le rôle du mari clandestin, le ténor espagnol José Manuel Zapata a des petits problèmes de justesse. La voix est toujours aussi puissante, mais depuis son Iago dans l’Otello de 2007 l’aigu a perdu quelque peu de son éclat.</p>
<p>Enfin, avec une veine comique innée, le sympathique baryton Paolo Bordogna tient efficacement le rôle du serviteur omniprésent. Si le timbre n’est pas des plus agréables, la précision de sa diction et son agilité dans les périlleuses vocalises monosyllabiques le rangent parmi les meilleurs interprètes de ce genre de rôles buffa.</p>
<p>Pour comble de bonheur, l’orchestre joue à la perfection sous la direction experte du grand Claudio Scimone, fondateur de I Solisti Veniti. Ce chef renommé n’était pas reparu à Pesaro depuis son Maometto II de 1985.</p>
<p>Une Scala di Seta qu’on aurait aimé revoir et réentendre, sur le champ.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>Concerto di Belcanto — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/raffine-mais-inegal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2009 06:38:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Gregory Kunde est l’un des ténors belcantistes les plus attachants de sa génération ; ses dernières participations au Rossini Opera Festival ont été marquantes. L’entendre dans un récital de mélodies avec piano éveillait la curiosité et l’intérêt d’un public pour ainsi dire conquis d’avance.   Dans le cadre romanesque de l’auditorium Pedrotti qui fait penser &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Gregory Kunde est l’un des ténors belcantistes les plus attachants de sa génération ; ses dernières participations au Rossini Opera Festival ont été marquantes. L’entendre dans un récital de mélodies avec piano éveillait la curiosité et l’intérêt d’un public pour ainsi dire conquis d’avance.</p>
<p> </p>
<p>Dans le cadre romanesque de l’auditorium Pedrotti qui fait penser à la salle Gaveau avec son ravissant petit orgue évoquant <em>Vingt mille lieux sous les mers</em>, le ténor américain établit d’emblée un contact chaleureux. Au début, malgré son goût évident pour la mélodie intimiste, le chanteur a un certain mal à ne pas se laisser dépasser par son lyrisme. En dépit de l’évolution de sa voix, on subit par à coups des écarts de volume excessifs, des aigus en force et des notes emphatiques qui rompent quelque peu le charme. Toutefois, son sens du phrasé, sa manière d’alléger élégamment le son dans les moments tendres, et surtout une excellente diction, particulièrement en français — qui ne se souvient de l’Énée limpide des<em> Troyens </em>de Berlioz au Châtelet ? — le rendent toujours agréable à suivre.</p>
<p> </p>
<p>Pour échauffer sa voix avec quelques ornementations, Gregory Kunde commence par une cantate de Francesco Conti, compositeur florentin du début du XVIIIe. Puis, il s’engage prudemment dans un cycle d’Ottorino Respighi. Les trois premières de ces mélodies d’inspiration post-vériste ne stimulent guère son ardeur, mais c’est avec une grande délicatesse qu’il rend les demi-teintes d’<em>Acqua </em>comme de <em>Crepusculo</em>. Malheureusement, la délicieuse mélodie <em>À Chloris</em> de Reynaldo Hahn, sur un poème de Théophile de Viau, ne donne pas tout son suc ; <em>Nell </em>de Gabriel Fauré et <em>Hébé</em> d’Ernest Chausson demeurent assez ternes malgré la clarté des poèmes.</p>
<p> </p>
<p>En revanche, bénéficiant du lyrisme naturel du chanteur, <em>Psyché</em> d’Émile Paladilhe, compositeur de musique religieuse et d’opéras totalement oubliés, et surtout, <em>Phydilé </em>d’Henri Duparc sur un poème de Leconte de Lisle, exhalent leur subtil parfum romantique. Indéniablement : les deux moments de grâce à retenir de ce récital.</p>
<p> </p>
<p>Avec quatre des <em>Seven Elizabethan</em> <em>Lyric</em>s de Roger Quilter, Gregory Kunde nous ramène en douceur sur ses terres avant de conclure sur Rossini par un “Asile héréditaire“ de <em>Guillaume Tell</em> aux limites de son art consommé.</p>
<p> </p>
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		<title>Concerto sinfonico — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/triple-hommage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Aug 2009 15:51:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Programmer un concert symphonique célébrant le bicentenaire de la mort de Joseph Haydn, pour la trentième édition du Festival Rossini, est un choix qui surprend. Surtout quand la soliste invitée s&#8217;appelle Ewa Podleś, elle qui a incarné tous les grands rôles de contralto rossiniens : Tancredi, Malcolm, Calbo, Arsace&#8230; Souvent d&#8217;ailleurs — mais uniquement hors &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	Programmer un concert symphonique célébrant le bicentenaire de la mort de Joseph Haydn, pour la trentième édition du Festival Rossini, est un choix qui surprend. Surtout quand la soliste invitée s&rsquo;appelle Ewa Podleś, elle qui a incarné tous les grands rôles de contralto rossiniens : Tancredi, Malcolm, Calbo, Arsace&#8230; Souvent d&rsquo;ailleurs — mais uniquement hors des frontières italiennes — sous la baguette du Maestro Zedda en personne. Comme tout autre, le cœur italien a ses raisons&#8230;</p>
<p>
	<br />
	Si <em>Ariane à Naxos</em>, cantate d&rsquo;une puissance dramatique inouïe figure de longue date au répertoire des concerts de Podleś, c&rsquo;est qu&rsquo;elle permet à cette magicienne du chant de tenir l&rsquo;auditoire en haleine pendant plus de vingt minutes, en utilisant toute l&rsquo;étendue de son impressionnant registre.</p>
<p>	L&rsquo;œuvre est composée comme un long récitatif enveloppant, d&rsquo;abord doucement plaintif, puis ponctué d&rsquo;éclats de plus en plus déchirants jusqu&rsquo;à atteindre un climax presque insoutenable et se terminer par une montée de fureur assassine.</p>
<p>	Après un « Teseo mio ben &#8230; ove sei tu ? “ et un « sposo adorato » gorgés de caresses vocales, Podleś se fait suppliante, haletante, mourante, jusqu&rsquo;au largo d&rsquo;une grâce mozartienne irrésistible où le chant et les instruments sont intimement mêlés. Mais quand le doute se change en certitude, au moment du larghetto, celui où tout bascule dans un grave somptueux sur « l&rsquo;alma tremante“ et où, littéralement fouettée par l&rsquo;orchestre, la voix se déchaîne jusqu&rsquo;à devenir une arme assez puissante et acérée pour tuer l&rsquo;infidèle, l&rsquo;interprétation atteint un degré d&rsquo;émotion qui laisse l&rsquo;auditoire sous le choc.</p>
<p>	Écrite à l&rsquo;origine pour voix et clavicembalo, l&rsquo;œuvre — qui passe pour celle de Joseph Haydn que Rossini préférait ! — a été orchestrée par Ernst Frank, musicien contemporain du compositeur allemand.</p>
<p>	Ici, sous la baguette de Lukasz Borowicz — en symbiose avec les tempos de sa compatriote — les musiciens italiens de l&rsquo;Orchestra Haydn di Bolzano e Trento se montrent remarquables. La direction fine, souple, et bondissante du jeune chef polonais sait insuffler à chaque pupitre un enthousiasme perceptible. Les deux œuvres instrumentales qui encadrent la cantate bénéficient d&rsquo;une même attention aux nuances.</p>
<p>	Après avoir accueilli Ewa Podleś dès son entrée, par de chaleureux applaudissements, le public s&rsquo;installe dans une écoute attentive qui se prolonge jusqu&rsquo;à ce que résonne l&rsquo;inoubliable “Barbaro e infedel » final.</p>
<p>	Son ovation insistante est gratifiée de deux bis rossiniens : un « Cruda sorte » canonique et une canzonetta spagnuola non moins relevée. Un retour bienvenu à Gioachino après ce concert <em>off Festival</em>.</p>
<p>
	 </p>
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		<title>VERDI, Aida — Sanxay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-petit-mickey-qui-na-pas-peur-des-grands/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 05:33:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Se présentant comme le troisième festival lyrique français de plein air par le nombre de spectateurs après Aix-en-Provence et Orange, les Soirées Lyriques de Sanxay (petite commune de 600 habitants de la Vienne), qui fêtent cette année leur 10e anniversaire, n’ont pas la notoriété ni ne disposent des moyens financiers de leurs illustres aînés. Elles &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Se présentant comme le troisième festival lyrique français de plein air par le nombre de spectateurs après Aix-en-Provence et Orange, les Soirées Lyriques de Sanxay (petite commune de 600 habitants de la Vienne), qui fêtent cette année leur 10e anniversaire, n’ont pas la notoriété ni ne disposent des moyens financiers de leurs illustres aînés. Elles se déroulent dans les ruines du théâtre antique de Sanxay, sur un site gallo-romain situé en pleine campagne et redécouvert en 1881, qui regroupe un théâtre qui pouvait accueillir 6 590 spectateurs, des thermes et un temple construits et remaniés entre le Ier et le IIIe siècle. En fait, aujourd’hui, comme il ne reste de la construction ancienne que quelques bases de murs et la colline qui portait les gradins, la scène est installée sur une vaste structure tubulaire du type de celles que l’on construit pour les concerts pop, et les quelque 2 000 spectateurs sont assis sur des coques en plastique. Un projet des Monuments Historiques prévoit de restituer les gradins.</p>
<p> </p>
<p>Le festival de Sanxay a déjà représenté en moins de dix ans, devant 55 000 spectateurs, tous les grands incontournables du théâtre lyrique de plein air, qui semblaient l’apanage des festivals de Vérone, Macerata et autres Orange : <em>Carmen, Traviata, Nabucco, Tosca, La Bohème </em>et<em> Le Trouvère</em>. Ces productions pourraient apparaître comme des doublons de ce qui se fait ailleurs, mais le but est ici fort différent, puisqu’il s’agit d’apporter à domicile, à des spectateurs en majorité ruraux, des productions de qualité qu’ils n’iraient pas voir ailleurs. Et le succès populaire (un jeune en sortant commentait : « je ne verrais pas ce genre de truc régulièrement, mais ça m’a bien plu ») montre combien la démarche est pertinente, d’autant que les distributions ont toujours été de très haut niveau (Michèle Lagrange, Olga Romanko, Carlos Almaguer, Stefano Secco, Stefania Toczyska, Luca Lombardo…), et que l’éventail du prix des places proposé, du gazon aux chaises d’orchestre (de 15 à 72 € hors réductions diverses), permet à tout un chacun de participer selon ses moyens tout en étant assuré d’une visibilité et d’une audition parfaites (excellente acoustique sans sonorisation). <em>Aïda</em>, qui manquait donc à cette vaste programmation lyrique, est donné ici quatre fois en une semaine, avec la même distribution.</p>
<p> </p>
<p>Sur un dispositif scénique simple, composé d’un mur de tombeau s’ouvrant en deux par le milieu, et d’un fond de scène avec des niches en haut de marches, le metteur en scène <strong>Antoine Selva</strong> adapte à un grand plateau, avec des résultats variables, sa médiocre production de Limoges (2004). Ses innovations ne sont pas toujours payantes (Radamès chantant son air à Aïda, la présence de Radamès et d’Aïda au début du 4e acte, etc.). En fait, la représentation a du mal à se mettre en place (démarrage interminable de la procession avant le prélude, lenteur étonnante de déplacement des choristes, etc.), et les actes I et II traînent sans déclencher l’intérêt, avec notamment des enchaînements d’un manque de vivacité effroyable, totalement à revoir. En revanche, fort curieusement, les actes III et IV sont tout à fait remarquables, tant au niveau de la musicalité que de la réalisation scénique, et le procès par exemple, avec une statue d’Anubis poursuivant Amnéris, puis des danseurs avec masques d’Anubis qui sautent autour d’elle, laisse un souvenir frappant. Malheureusement, les éclairages restent, certainement par manque de moyens, un peu trop frustes tout au long de la représentation. </p>
<p> </p>
<p>Signalons l’excellente qualité des ballets, ce qui est rare dans <em>Aïda</em>, sur une belle chorégraphie de <strong>Laurence Fanon</strong> : même si le parti pris de danses tribales africaines est parfois en décalage avec l’action, il apporte un zest d’exotisme bien venu, tout particulièrement grâce à la participation de danseurs exceptionnels. </p>
<p> </p>
<p>Les solistes sont d’une qualité générale excellente, que l’on ne s’attendait pas à trouver en ce lieu peu connu. Roxana Briban, souffrante, n’a pas assuré comme prévu le rôle d’Aïda. Ce n’est peut-être pas un mal, car sa prestation à Limoges en 2004 dans ce même rôle nous a laissé un souvenir plutôt mitigé. Elle a été remplacée au pied levé par la jeune chanteuse uruguayenne <strong>María José Siri</strong>, dont nous avons dit le plus grand bien à l’occasion de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=557&amp;cntnt01detailtemplate=gabarit_detail_breves&amp;cntnt01dateformat=%25d-%25m-%25Y&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">la récente nouvelle production décoiffante de Stuttgart</a> ; Aïda est un rôle qu’elle a déjà beaucoup chanté depuis 2003 (Teatro El Circulo, Rosario [Argentine], Palerme, Dortmund, Stuttgart et la Scala). Sa voix passe bien en plein air, et son interprétation scénique et vocale, ici totalement classique, est de haute qualité ; il conviendra toutefois de surveiller le léger vibrato qui apparaît parfois, et qu’il faudrait surtout ne pas laisser s’installer. </p>
<p> </p>
<p>À côté d’une Aïda de 29 ans, un Radamès de 27 ans, c’est chose plutôt rare ! <strong>Thiago Arancam</strong>, jeune ténor brésilien, chante lui aussi pour la première fois en France, après avoir été sélectionné par Placido Domingo pour participer au concours « Operalia » d’octobre 2008 où il a remporté plusieurs prix. Depuis, il a chanté Don José à Washington, Mario Cavaradossi à Francfort, et le Comte de Saxe (<em>Adrienne Lecouvreur</em>) à Turin ; il chantera prochainement dans <em>Cyrano </em>à San Francisco sous la direction de Domingo, et dans <em>Macbeth </em>à Monte-Carlo. Il est doté d’un physique de jeune premier et d’une belle voix qui n’est toutefois pas encore celle d’un fort ténor ; sa technique est bonne et il chante avec une grande musicalité ; une fois qu’il aura parfait sa tenue en scène (notamment la position de la tête et la gestuelle) et qu’il arrivera à entrer dans le personnage en traduisant mieux ce qui se passe, il pourra alors prétendre à être un des grands ténors de demain. </p>
<p> </p>
<p>Les autres solistes, tout à fait excellents, font pour la plupart des carrières internationales pour l’essentiel en Europe centrale, y compris Vienne. L’excellent <strong>Balint Szabo</strong> (Ramphis) va chanter dans <em>Don Carlo</em> à Bastille, <strong>Dan Paul Dumitrescu</strong> (le Roi) a également chanté à Vérone. Quant à la cantatrice polonaise <strong>Malgorzata Walewska</strong>, elle interprète Dalila, Amnéris et Santuzza au Met ; son Amnéris est au niveau sonore des autres protagonistes, c’est-à-dire que ce n’est ni crié ni en décalage au niveau décibels ; en outre, elle a l’avantage de ne pas être vulgaire, contrairement à beaucoup des titulaires de ce rôle ; mais le large vibrato que sa voix développe dans les aigus est plutôt gênant. <strong>Michele Kalmandi</strong> (Amonasro) a tous les moyens du rôle, qu’il joue dans la plus pure tradition. Une mention particulière pour la grande prêtresse de Sarah Vaysset, peut-être la plus atroce bêlante jamais entendue dans ce rôle. </p>
<p> </p>
<p>La direction musicale et la qualité des instrumentistes restent le point faible de la représentation. Peut-être en partie par manque de répétitions ? On entend venir de la fosse d’orchestre des sons divers qui ne figurent pas dans la partition, mais surtout, la direction de <strong>Didier Lucchesi</strong> (qui nous avait habitué à mieux dans le cadre d’Opéra-Éclaté) est d’une pesanteur confondante, entrant en compétition au moins pour les tempi avec Klemperer et Harnoncourt, et en arrive à gêner les chanteurs ; enfin, de courts arrêts entre les scènes remplacent des enchaînements qui auraient dû être fluides et dynamiques, et déconcentrent le public, sans parler de la difficulté qu’a parfois le chef de suivre les chanteurs en cas de problème (acte du Nil). Les chœurs, de leur côté, s’en sortent tout à fait honorablement.</p>
<p> </p>
<p>Toujours est-il que l’on sort néanmoins de la représentation plutôt très satisfait, comme l’ensemble des spectateurs qui pour beaucoup ont pris l’habitude de ce rendez-vous annuel qui n’est pas sans faire penser à Bussang pour le théâtre, encore qu’ici il ne semble pas que la population locale intervienne dans la figuration. Il serait très regrettable que les coupes budgétaires qui sont en train de se mettre en place en France (comme en Italie) empêchent cette belle initiative de perdurer. </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>VERDI, Aida — Bregenz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/que-deau-que-deau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2009 06:17:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rappelons qu’à Bregenz, il n’y a pas d’alternance, et que le spectacle de l’année (Tosca a été donné deux années de suite en 2007-2008) est joué pendant un mois à raison de plusieurs représentations par semaine et avec plusieurs distributions différentes. La distribution de ce soir est celle de la première (22 juillet) et doit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Rappelons qu’à Bregenz, il n’y a pas d’alternance, et que le spectacle de l’année (<em>Tosca</em> a été donné deux années de suite en 2007-2008) est joué pendant un mois à raison de plusieurs représentations par semaine et avec plusieurs distributions différentes. La distribution de ce soir est celle de la première (22 juillet) et doit donc être considérée comme la meilleure. Mais comme est étrange, à tous points de vue, cette nouvelle production d’<em>Aïda</em> proposée par le festival de Bregenz…</p>
<p> </p>
<p>Étrange par la durée : pour une raison inconnue, il semble qu’il faille que les représentations ne dépassent pas 23 h 20 (23 h 05 en août), correspondant à une durée de spectacle de deux heures et cinq minutes, ce qui, pour <em>Aïda</em>, n’est pas possible, même si le chef accélère à mort : il y a donc quelque chose qui cloche. C’est pourtant simple, on y arrive en faisant des coupures (notamment dans la scène du triomphe et dans le procès de Radamès), en sautant notamment toutes les reprises et certains ballets ; et en plus, en commençant à l’heure dans le brouhaha, en supprimant tout entracte et en enchaînant en direct les quatre actes ! Ces deux derniers points étant d’ailleurs plutôt positifs, l’œuvre gagnant énormément à cette continuité qui évite les interminables changements de décor du type Vérone. Pour le reste, c’est du tripatouillage.</p>
<p> </p>
<p>Étrange par le lieu qui surprend par son immensité, plus de 7 000 places, des gradins en béton face au lac qui font penser au théâtre d’Orange. Mais, contrairement à Torre del Lago où le lac est invisible sauf au loin sur les côtés, il est ici très présent, on est vraiment sur le lac avec au fond Lindau illuminé, et il fait partie intégrante du spectacle : la scène est au milieu de l’eau, et l’espace entre la scène et les spectateurs est constitué entre autres d’un plateau submersible où chanteurs et danseurs pataugent à qui mieux-mieux. Le spectateur doit également apprivoiser la démesure de la scène et des deux grues qui la surplombent pour les modifications de la scénographie, dont on doit regretter le bruit des moteurs trop présents venant se superposer à la musique.</p>
<p> </p>
<p>Étrange par la sonorisation. Nous ne reviendrons pas sur la grave question de la sonorisation des voix d’opéra : en dehors de ce principe détestable, nous avions déploré l’an dernier la qualité de celle des thermes de Caracalla à Rome. Ici, la question se pose différemment ; d’abord, comme au Stade de France, l’immensité du lieu et l’absence de tout mur de fond de scène rendent indispensable une sonorisation ; ensuite, celle-ci, sans être parfaite, est plutôt réussie : les spectateurs sont entourés de haut-parleurs, la spatialisation du son est excellente, et il paraît venir véritablement de chaque chanteur considéré, où qu’il se trouve, et suit scrupuleusement ses déplacements. En revanche, l’orchestre (invisible en dehors du chef que l’on voit de face sur deux grands écrans de chaque côté de la scène) est souvent trop fort, et certains <em>forte</em> de chanteurs (Radames, Amnéris), également limites. </p>
<p> </p>
<p>Étrange aussi par les partis pris de mise en scène. <strong>Graham Vick</strong> est, selon les uns, un iconoclaste, selon les autres un génie. Mais peut-on même parler d’audace lorsque l’on ne comprend aucune des intentions, et que tout reste au niveau de l’anecdote, de l’accessoire et du spectaculaire à tout prix ? Car il est quand même difficile d’adhérer totalement à ce que l’on voit du 25e rang (ou plus loin derrière) : la vidéo qui ne manquera pas d’être réalisée donnera certainement une impression très différente du spectacle. Après la scène de départ où une grue sort de l’eau, comme à Berlin, le cadavre d’Aïda mais cette fois enlacé à celui de Radamès, plusieurs grandes idées se superposent et se mêlent : l’esclavage, avec une immense statue de la Liberté, dont il ne reste que deux pieds, la main avec le flambeau et la tête qui se reconstitue, le tout en bleu égyptien avec des étoiles dorées (l’idée n’est pas inintéressante, puisque les premières esquisses de la statue, toujours visibles au musée Bartholdi de Colmar, étaient celles d’une déesse égyptienne sur un socle égyptisant). La religion, avec les grands prêtres en costume d’évêque catholique, dont la crosse est à l’égyptienne et qui, à l’instar du Christ, marchent sur l’eau, et une grande prêtresse qui passe dans le ciel à 30 mètres de haut en statue saint-sulpicienne de la Vierge avec une couronne d’étoiles scintillantes. La police qui s’interpose, avec la tenue la plus récente et l’équipement le plus sophistiqué dont des boucliers transparents. Le sexe aussi avec, chez Amnéris, les filles qui se distraient en déshabillant et palpant tout partout (vraiment tout partout) des esclaves cagoulés en slip. Enfin, la guerre terrestre est transformée, bien sûr, en guerre navale, et les prisonniers sont des marins en cirés oranges. </p>
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<p>Étranges et surprenants sont de ce fait et dans ce contexte les caractérisations de personnages : Aïda est une fois de plus, après Berlin, une technicienne de surface en pantalon et blouse du type des Vamps, avec cuvette en plastique jaune et serpillère ; Amnéris, au début en robe du soir noire pailletée, oscille ensuite entre une danseuse du ventre et Claudette Colbert en Cléopâtre ; le Roi est habillé en patron d’industrie des années trente avec en sus la coiffure pharaonique et les insignes de la royauté ; Radamès, de son côté, porte un uniforme genre guerre de 1870 et Amonasro est une espèce de vieux loup de mer à la capitaine Haddock. Un peu comme dans la <em>Traviata</em> de Macerata, on est en pleine déstructuration par mélange des genres et des époques : peut-être est-ce là la tendance novatrice qui est en train de se mettre en place ? Les chœurs, quant à eux, sont habillés comme vous et moi, et à d’autres moments en Toutankhamon et Néfertiti… </p>
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<p>Étrange, encore que plausible, la relation avec l’eau, depuis les danseurs qui y font des effets amusants pour ce qui reste à danser, jusqu’au ballet des embarcations les plus diverses. Une barge porte l’inévitable éléphant (Vérone, ENO etc.) ; une vedette militaire ultra rapide transporte l’énorme l’obus enfermé dans l’arche d’alliance à l’égyptienne d’Indiana Jones, qui permettra de gagner la guerre ; une vraie barque à rames (qui ne grince pas) transporte Amnéris allant rendre ses devoirs à Isis ; une barque égyptienne antique, enfin, emporte Aïda et Radamès qui s’envolent vers le ciel (comme un peu partout depuis quelques années) au lieu des profondeurs de la terre : c’est un nouveau Flying Dutchman… Bref, il y en a pour tous les goûts. Mais je n’ai pas réussi à comprendre quel était le principe directeur de tout cela.</p>
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<p>Étranges enfin ces chanteurs sonorisés qui doivent se battre contre les éléments, et qui sont sur l’eau ou dans l’eau (Amonasro pendant la moitié de l’acte du Nil) la plus grande partie de la représentation ? Ils s’en sortent tous remarquablement côté jeu et interprétation scénique ; mais côté vocal, c’est moins brillant, du meilleur (l’Aïda de <strong>Tatiana Serjan </strong>et l’Amonasro de<strong> Iain Paterson</strong>) au pire (l’Amnéris de <strong>Iano Tamar</strong>, vulgaire, savonnant tout ce qu’elle peut, avec ralentis et respirations hors de propos et pas même applaudie après ses imprécations finales, et le Roi de<strong> Kevin Short</strong>) en passant par le correct (Radamès et Ramphis). Le chef <strong>Carlo Rizzi</strong> entraîne tout son monde sur un rythme particulièrement soutenu (toujours l’horaire à respecter), sans avoir pu empêcher une panne de l’orchestre lors d’un flottement vocal sur le plateau pendant l’acte du Nil… </p>
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<p>Mais étrange aussi est le public, qui ne vibre en rien, écoute et regarde, bien sage, et une fois la prestation terminée, se lève et s’en va : contrat rempli de part et d’autre. Reste que c’est du super grand spectacle, comme au cirque, certainement unique au monde de ce point de vue, en tous cas bien plus spectaculaire qu’à Vérone : on ne sait où regarder tant il se passe de choses différentes en même temps. Pourtant, grand spectacle ne veut pas dire forcément populaire à tout crin : l’intellectualisation de la production en a certainement déconcerté plus d’un, ce qui peut expliquer l’accueil tiède que l’on a pu observer (à moins que ce ne soit dans les habitudes locales…), avec même quelques départs de spectateurs pendant la scène du triomphe qui, visiblement, avec entre autres ses jets de gaz enflammés (<em>cf</em>. <em>Aïda on fire</em> en tournée) ne correspondait pas à leur attente. Car <em>in-fine</em>  que reste-t-il vraiment de l’œuvre ?</p>
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		<title>Divers — Montpellier (Festival)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/joli-portrait-musical/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2009 12:14:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’édition 2009 du Festival de Montpellier s’achève en beauté avec la création de C’était Marie-Antoinette, une œuvre imaginée et mise en scène par Jean-Paul Scapitta, grand habitué des lieux depuis plusieurs années. Le spectacle se présente sous la forme d’un long monologue de la reine qui, au soir de sa courte existence, se penche sur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          L’édition 2009 du Festival de Montpellier s’achève en beauté avec la création de <em><strong>C’était Marie-Antoinette</strong></em>, une œuvre imaginée et mise en scène par <strong>Jean-Paul Scapitta</strong>, grand habitué des lieux depuis plusieurs années. Le spectacle se présente sous la forme d’un long monologue de la reine qui, au soir de sa courte existence, se penche sur son passé. Le texte s’articule en seize tableaux ponctués d’une vingtaine d’extraits d’opéras de l’époque, choisis pour bon nombre d’entre eux, parmi ceux que la Reine appréciait. La plupart font directement écho à l’action, comme l’air de Didon de Piccinni « Ah que je fus bien inspirée quand je vous reçus dans ma cour », utilisé comme le leitmotiv de la relation qui unit la reine et le chevalier de Fersen.<br />
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Pour mener à bien l’entreprise, Scarpitta s’est entouré d’une équipe particulièrement solide : l’historienne Evelyne Lever, qui a publié notamment des biographies de Louis XVI et de Marie-Antoinette, avait été choisie comme consultante par Sofia Coppola pour son film consacré à la reine.  Elle est ici l’auteur du texte, construit comme une sorte de confession intime sur fond d’événements historiques. Le testament que Marie-Antoinette a rédigé quelques heures avant son exécution fait figure de prologue. Dans sa prison, la reine le relit à haute voix avant d’évoquer les grandes étapes de sa vie, à partir de son arrivée à Versailles jusqu’à sa condamnation à mort.</p>
<p>Les costumes, somptueux, ont été dessinés par <strong>Milena Canonero</strong>, maintes fois récompensée pour son travail qui lui a valu notamment trois Oscars dont un pour le film de Sofia Coppola et un autre pour Barry Lindon de Stanley Kubrick. Les robes qu’elle a conçues pour Marie-Antoinette sont particulièrement éblouissantes.<br />
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Jean-Paul Scarpitta a imaginé un dispositif ingénieux qui permet de passer d’un lieu à un autre sans solution de continuité durant tout le spectacle, donné sans entracte. Des panneaux mobiles en tulle peints évoquent tour à tour la Galerie des glaces, les jardins ou le petit théâtre de la reine à Trianon en s’inspirant de maîtres de l’époque, en Particulier Fragonard, pour le rideau d’avant-scène.</p>
<p>Le choix des extraits musicaux se révèle pertinent, mêlant des pages très connues à d’autre, plus rarement données. Gluck s’y taille la part du lion avec pas moins de huit morceaux tirés des quatre opéras qui ont fait sa gloire a Paris. On notera que les airs d’Orphée sont interprétés ici par une femme alors que Gluck les avait destinés à un ténor dans la version française de l’ouvrage mais c’est sans doute parce qu’ils reflètent les sentiments intimes de la reine. Sacchini, un autre protégé de Marie-Antoinette, figure aussi en bonne place ainsi que Piccinni, le grand rival de Gluck, et Grétry.  Enfin, le spectacle s’achève sur le Lacrymosa du Requiem de Mozart.</p>
<p>La part belle étant dévolue aux interprètes féminine, <strong>Ivan Geissler </strong>et<strong> Manuel Nuňez Camelino</strong> doivent se contenter d’interventions épisodiques. Le premier incarne Œdipe de Sacchini avec beaucoup de conviction mais la voix, insuffisamment projetée, demeure confidentielle. Le second, que l’on a pu entendre l’an dernier dans La Esmeralda de Louise Bertin, est doté d’un timbre lumineux et fait preuve d’une belle musicalité dans l’air de Blondel, tiré de Richard Cœur de Lion de Gretry, « Ô Louis, ô mon roi » chanté avec noblesse et sensibilité.</p>
<p>Dotée d’une voix large et puissante, <strong>Sonya Yoncheva</strong>  ne peut masquer un extrême aigu à la limite du cri, notamment dans l’air de Didon « Ni l’amante ni la reine » de Piccinni. Sans doute, s’agit-il là d’une fatigue passagère.<br />
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La grande triomphatrice de la soirée est sans conteste <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong> à qui échoit le plus grand nombre d’extraits, ceux de Gluck notamment, où sa maîtrise de la déclamation lyrique à la française fait merveille, en particulier dans l’air « ô Malheureuse Iphigénie » qui met en valeur ses dons de tragédienne. De plus, la cantatrice exécute avec une virtuosité sans faille les redoutables vocalises de l’air d’Orphée, « Amour, viens rendre à mon âme », chaleureusement applaudi.</p>
<p>Au violon, <strong>Fabio Biondi </strong>dirige avec sa fougue habituelle son ensemble, L’Europa galante, dont les qualités ne sont plus à vanter. Si les pages de Rameau n’ont pas pleinement convaincu, le chef s’est montré bien plus à son affaire dans les Gluck et les extraits des compositeurs italiens. </p>
<p>Remplaçant Sylvie Testud, initialement prévue, <strong>Natacha Régnier</strong> est une Marie Antoinette particulièrement crédible physiquement. Toujours digne, sa reine de France est une femme sincère et profonde dont la frivolité n’est qu’apparente. Vu la longueur du texte, on lui pardonnera volontiers, en ce soir de première, quelques trous de mémoire qui finalement accentuent la fragilité du personnage et l’émotion qu’il suscite.</p>
<p>Le spectacle a été filmé pour la télévision et sera retransmis sur France Musique le 2 septembre.<br />
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