Et que ça tourne!

La valse perdue d'Offenbach - Besançon

Par Christophe Schuwey | jeu 04 Juin 2009 | Imprimer
La Valse perdue d'Offenbach
 
Récital conté d’après Offenbach, sur une musique de Jacques Offenbach
Auteurs des textes: Benoît Humbert et Gabriel de Pimodan
  
 
Mise en scène: Benoît Humbert
Décors: Gilles Girardet & cie
Eclairages: Francis Courtois, Laurent Bolard
Costumes: Sylvie Ryser, Isabelle Nuninger
 
Isabelle Druet, mezzo-soprano
Marc Mauillon, baryton
Duo «Double Piano»: Anne-Céline Barrère, Nicolaï Masenko
 
Besançon, Théâtre Musical, 4 juin 2009
 



Lumières en guirlandes et musique de Rachmaninov... l’auditorium du Théâtre Musical de Besançon avait des allures féeriques ce 4 juin dernier pour accueillir un public clairsemé. A l’ouverture des portes, les deux pianistes, déjà en costume, jouent sur scène, tandis que le duo vocal se maquille à vue, éclairé de bleu et d’or. On nous promettait un XIXe siècle fou : c’était là l’atmosphère magique d’un salon du passé...
 
La Valse perdue d’Offenbach est une sorte d’opérette reliant différents airs du compositeur. Le texte s’inspire d’une anecdote attestée : petit, la mère d’Offenbach lui chantait une valse (en réalité, une valse de Zimmer), qu’il essaya de retrouver à la fin de sa vie. Partant de là, l’auteur et metteur en scène Benoît Humbert a tenté de créer une histoire mettant en scène un «Monsieur O» fuyant une mort prochaine pour terminer la composition de son chef d’oeuvre ultime : La Valse. Le résultat est, à ce niveau, quelque peu mitigé : les numéros musicaux sont parfois amenés de manière un peu forcée, et le tout manque globalement de consistance : on ne retrouve pas ce XIXe siècle fou, tant l’histoire tient à peu de choses. On pardonnera pourtant la faiblesse de la trame, parce que les scènes en elle-mêmes sont franchement drôles et qu’elles regorgent de bonnes idées ; voilà en somme un spectacle qui se rapproche du cabaret et qui serait peut-être mieux servi dans un espace moins «strict» qu’une salle de spectacle.
  
Les points forts de la soirée sont assurément l’engagement scénique sans faille du quatuor (les pianistes participant autant à la mise en scène que les deux chanteurs) et les excellentes qualités musicales de chacun. Ainsi Isabelle Druet, d’ailleurs prochainement dans La flûte enchantée d’Aix-En-Provence, offre une prestation d’actrice hilarante et une voix séduisante. Marc Mauillon, présenté comme baryton, a des aigus d’une clarté toute ténoresque : d’une façon générale, malgré un certain manque de corps dans la voix, il interprète avec excellence ce répertoire. Quant aux pianistes Anne-Céline Barrère et Nicolaï Masenko du duo «Double Piano», ils sont des accompagnateurs rêvés, d’une superbe musicalité et d’une intelligence dramatique sans faille.
 
Cette Valse Perdue d’Offenbach est en somme une belle proposition, un spectacle qui s’exporte facilement et qui mériterait de l’être : l’assurance de passer une bonne soirée, légère et amusante, l’occasion de sortir un peu des sentiers battus et de découvrir des personnalités artistiques rafraîchissantes. Isabelle Druet nous confiait considérer aussi cette petite opérette comme une porte d’entrée pour néophyte vers le monde lyrique. On espère donc voir cette sympathique production tourner un peu partout, pour le plus grand plaisir de chacun.
 
Christophe Schuwey
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