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SCHUMANN / SCHUBERT, Liederabend – Schwarzenberg

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Spectacle
28 août 2025
Un voisinage ardu avec l’éclatant récital de la veille ?

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Détails

Robert Schumann (1810–1856)

Der Handschuh (Schiller), op. 87
Der Hidalgo (Geibel), op. 30/3
Liebhabers Ständchen (Burns), op. 34
Der Schatzgräber (Eichendorff), op. 45/1
Die Kartenlegerin (Chamisso) op. 31/2
Märzveilchen (Chamisso), op. 40/1
Du bist wie einen Blume (Heine), op. 25/24
Tanzlied (Rückert), op. 78
Mädchen-Schwermut (Bernhard) op. 142/3
Dichters Genesung (Reinick), op. 36/5
Er und Sie (Kerner), op. 78
Aufträge (L’Egru), op. 77/5
Mein schöner Stern (Rückert), op. 101/4
Nachtlied (Goethe), op. 96/1
Sehnsucht (Geibel), op. 51/1
Entflieh´ mit mir und sei mein Weib (Heine), op. 64/3
Unterm Fenster (Burns), op. 34
Die tausend Grüße, die wir dir senden (Rückert), op. 101/7

Franz Schubert (1797–1828)

Lied der Delphine (Schütz), D 857/1
Die Knabenzeit (Hölty), D 400
An die Entfernte (Goethe), D 765
Der Winterabend (Leitner), D 938
Auf der Bruck (Schulze), D 853
Alinde (Rochlitz), D 904
Sehnsucht (Seidl), D 879
An die untergehende Sonne (Kosegarten), D 457
Im Abendrot (Lappe), D 799
Sehnsucht (Schiller), D 636
Nachtstück (Mayrhofer), D 672
Der Tod und das Mädchen (Claudius), D 531

En bis : Nachtgesang (von Collin), D.352 : Liebe ist ein süßes licht

 

Sophie Rennert, mezzo-soprano

Ludwig Mittelhammer, baryton

Joseph Middleton, piano

 

Schwarzenberg, Angelika-Kauffmann-Saal, le lundi 25 août 2025 à 20h

Tenir un récital à deux est un exercice difficile à plus d’un titre. La composition d’un programme cohérent, avec des propositions de sens ou la construction d’une progression dramatique, n’est pas aisée lorsqu’il faut tenir compte des impératifs de deux chanteurs. Il faut éviter que les Lieder s’enchaînent comme les perles d’un collier, comme autant de petites bulles isolées sans réel rapport entre elles. On attend aussi des interprètes qu’ils s’appliquent à construire une relation, une communication avec le public alors que l’interlocuteur change toutes les cinq minutes. Enfin, il faut aussi que les voix s’accordent entre elles, avec une convergence esthétique et stylistique.

Sophie Rennert, récitaliste expérimentée, est l’hôte des Schubertiades depuis 2020. Graduée de l’université de Vienne, elle couvre tous les répertoires et s’est fait remarquer lors de sa participation à l’enregistrement de l’intégrale des Lieder de Brahms chez Hyperion, en compagnie de Graham Johnson. Elle a une voix de mezzo assez typée, une technique éprouvée qui lui permet d’être à son aise dans tous les registres de la voix, une belle diction, et développe un style d’interprétation très traditionnel, où chaque effet semble étudié et chaque émotion bien contrôlée. Cette voix se présente avec un petit vibrato serré, mais alors que beaucoup de ses consoeurs se servent du vibrato comme d’un élément expressif parmi d’autres, une façon de varier le timbre ou la couleur, il est ici présent en permanence, un élément constitutif de la voix en quelque sorte, ce qui finit par irriter.

Papageno très apprécié, Ludwig Mittelhammer s’est aussi fait remarquer dans l’oratorio. Sa belle voix de baryton, généreuse et très stable est de celles qu’on apprécie d’emblée, mais qu’on ne retient pas nécessairement, une voix assez standard mais de très bon niveau. Stylistiquement, son approche du répertoire est beaucoup plus spontanée, plus tournée vers l’expression directe des émotions, plus moderne sans doute que celle de sa partenaire. Mais ils se connaissent depuis un petit temps déjà, ont participé aux mêmes master-classes, et on peut imaginer qu’ils ont pris plaisir à élaborer la programmation de ce récital à deux, ou plutôt à trois, avec le pianiste Joseph Middleton, grand familier du Lied, lui aussi.

Beaucoup de pièces peu connues figurent au programme, en particulier dans la première partie consacrée à Schumann, et on doit saluer cette incursion en des territoires moins courus. Chacun a sans doute apporté en guise de bagage son répertoire propre, on a recherché quelques duos qui puissent s’y insérer, et voilà l’affaire bouclée. Mais cela ne fait pas un programme cohérent pour autant. On peine à trouver un fil rouge, ou même une thématique commune aux Lieder enchaînés ici ; on ne perçoit pas plus les raisons qui les font apparaitre dans un ordre plutôt qu’un autre, on ne sent guère de progression dramatique. Autre réserve, il n’est pas certain que les deux voix s’accordent si facilement. La différence de style, le fait qu’il s’agisse de deux tessitures graves, une approche plus conventionnelle d’un côté, plus émotionnelle et spontanée de l’autre, nuit un peu à la cohérence de la proposition globale. On n’évite pas non plus la surenchère sonore entre les deux voix dans les duos.

A ces réserves près, le récital contient quelques pages très réussies, des moments de toute beauté tant dans Schumann que dans Schubert, parmi lesquels on relèvera par exemple Die Kartenlegerin, plein d’un humour distancié, Mädchen-Schwermut émouvant,  Dichters Genesung, pièce plus consistante et bien menée, Aufträge autre passage réussi qui fait surtout travailler le pianiste (!) et Nachtlied sur un texte de Goethe, que le baryton conduit splendidement en prenant le risque du pianissimo, un très beau moment de poésie. La première partie du récital se termine sur le duo Die tausend Grüße, die wir dir senden, très animé et plein d’humour. Ceci dit, l’alternance des voix ne me semble pas très heureuse dans Schumann, dont le discours musical est déjà fait de courts fragments, d’idées surgies et à peine développées, de ruptures et de reprises, sans qu’il faille encore ajouter le changement permanent d’interprète.

C’est un peu différent dans Schubert, qui s’accommode mieux de cette alternance. Le répertoire choisi pour cette seconde partie est aussi plus familier, avec pour moment fort An die Entfernte, Goethe encore, investi d’une belle intensité dramatique, Alinde, très jolie mélodie fort bien rendue, An die untergehende Sonne, sorte d’ode au soleil menée avec une simplicité de bon aloi et un changement de couleur très bienvenu dans la partie centrale, ou encore Sehnsucht, le texte cette fois est de Schiller, dans une veine épique, pleine de vie et de vaillante ardeur.

Joseph Middleton, le pianiste de cette aventure, aura sans doute découvert lui aussi pas mal de répertoire à l’occasion de ce récital hors des sentiers battus, et la mise en place est solide, on n’en attendait pas moins du grand professionnel qu’il est. Son jeu solide parait parfois un peu percussif et trop présent ; sans doute le travail de musique de chambre avec les chanteurs n’est-il pas complètement abouti, il y manque encore souvent de la délicatesse dans la recherche de couleurs et une vision poétique des mélodies présentées.

En guise de bis, les deux artistes interpréteront encore le Nachtgesang de Schubert :  Liebe ist ein süßes licht, l’amour est une douce lumière. Tout un programme…

Tant en ce qui concerne la consistance du répertoire que l’intensité de l’interprétation, la soirée – sans démériter vraiment – laisse un peu l’auditeur sur sa faim. Sans doute la comparaison avec l’exceptionnelle Belle Meunière de Konstantin Krimmel et Ammiel Bushakevitz entendue la veille constituait-elle un voisinage trop éclatant…

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Robert Schumann (1810–1856)

Der Handschuh (Schiller), op. 87
Der Hidalgo (Geibel), op. 30/3
Liebhabers Ständchen (Burns), op. 34
Der Schatzgräber (Eichendorff), op. 45/1
Die Kartenlegerin (Chamisso) op. 31/2
Märzveilchen (Chamisso), op. 40/1
Du bist wie einen Blume (Heine), op. 25/24
Tanzlied (Rückert), op. 78
Mädchen-Schwermut (Bernhard) op. 142/3
Dichters Genesung (Reinick), op. 36/5
Er und Sie (Kerner), op. 78
Aufträge (L’Egru), op. 77/5
Mein schöner Stern (Rückert), op. 101/4
Nachtlied (Goethe), op. 96/1
Sehnsucht (Geibel), op. 51/1
Entflieh´ mit mir und sei mein Weib (Heine), op. 64/3
Unterm Fenster (Burns), op. 34
Die tausend Grüße, die wir dir senden (Rückert), op. 101/7

Franz Schubert (1797–1828)

Lied der Delphine (Schütz), D 857/1
Die Knabenzeit (Hölty), D 400
An die Entfernte (Goethe), D 765
Der Winterabend (Leitner), D 938
Auf der Bruck (Schulze), D 853
Alinde (Rochlitz), D 904
Sehnsucht (Seidl), D 879
An die untergehende Sonne (Kosegarten), D 457
Im Abendrot (Lappe), D 799
Sehnsucht (Schiller), D 636
Nachtstück (Mayrhofer), D 672
Der Tod und das Mädchen (Claudius), D 531

En bis : Nachtgesang (von Collin), D.352 : Liebe ist ein süßes licht

 

Sophie Rennert, mezzo-soprano

Ludwig Mittelhammer, baryton

Joseph Middleton, piano

 

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