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VERDI, Nabucco – New-York (streaming)

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Spectacle
8 janvier 2024
Brillante routine

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Opéra en quatre parties, créé à Milan au Teatro alla Scala, le 9 mars 1842
Musique de Giuseppe Verdi
Livret de Temistocle Solera
D’après Nabuchodonosor, drame d’Auguste Anicet-Bourgeois et Francis Cornu

Détails

Mise en scène
Elijah Moshinsky
(actualisée par J.Knighten Smit)
Décors
John Napier
Costumes
Andreane Neofitou
Lumières
Howard Harrison
Captation vidéo
Habib Azar

Abigaille
Liudmyla Monastyrska
Fenena
Maria Barakova
Anna
Brittany Olivia Logan
Nabucco
George Gagnidze
Zaccaria
Dmitry Belosselskiy
Ismaël
Seokjong Baek
Abdallo
Scott Scully
Le grand prêtre de Baal
Le Bu

Orchestre et Chœurs du Metropolitan Opera
Chef des Chœurs
Donald Palumbo
Direction musicale
Daniele Callegari
New-York, le 6 janvier 2024 à 19h (heure française)

Créée en 2001, la production de Nabucco signée Elijah Moshinsky avait déjà fait l’objet d’une diffusion dans les cinémas en janvier 2017 avec la même soprano et la même basse. La présence de Placido Domingo dans le rôle-titre qui lui avait valu quatre ans plus tôt un triomphe à Londres où il avait déjà Ludmilla Monastyrska comme partenaire, constituait l’intérêt majeur de cette retransmission. Cette fois, on peut se demander ce qui justifie ce choix puisqu’il ne s’agit pas d’une nouvelle production et qu’il n’y a parmi les personnages principaux aucune prise de rôle susceptible d’attirer les foules. Le Met nous propose donc une soirée de routine qui distille un sentiment de déjà vu et surtout de déjà entendu, après les magnifiques découvertes qu’il nous a offertes à l’automne dernier. Mais au Met, même la routine n’est pas dénuée d’intérêt. Si aucun des rôles de premier plan ne réserve de véritable surprise, c’est parmi les personnages secondaires que nous aurons découvert une révélation prometteuse.

L’intrigue est située dans l’antiquité, les costumes d’Andreane Neofitou n’évoquent aucune époque précise, les choristes sont vêtus de couleurs claires, tuniques et pantalons larges pour les hommes, robes modestes pour les femmes, certaines portent bizarrement une charlotte sur la tête. Abigaille arbore des tenues bien plus seyantes qu’en 2017. En revanche on se demande pourquoi lorsqu’elle s’installe sur le trône elle tient dans ses mains les attributs dévolus aux pharaons d’Egypte. Placés sur une tournette, les décors de John Napier représentent d’un côté le temple de Jérusalem figuré par d’énormes blocs de granit de couleur claire, de l’autre le palais de Nabucco constitué d’un grand escalier surmonté d’une statue dorée représentant une idole païenne. La direction d’acteurs, minimaliste, se contente de propoposer aux protagonistes des gestes convenus.

Nabucco, © Marty Sohl / Met Opera

Familier du rôle de Nabucco qu’il a déjà chanté à Orange et Vérone notamment, George Gagnidze propose une vision monolithique du roi de Babylone. Les moyens semblent importants, la ligne vocale soignée, le legato impeccable mais l’interprète demeure placide et ses accès de colère n’impressionnent pas. Seules ses interventions au dernier tableau où il clame son repentir et son amour paternel distillent une émotion palpable. En 2013 à Londres, Liudmyla Monastyrska avait fait sensation en incarnant une flamboyante Abigaille qui semblait se jouer des difficultés d’une partition réputée périlleuse. Au Met, en 2017, les moyens étaient toujours là mais la soprano ukrainienne avait paru gênée aux extrémités de la tessiture. Cette fois, si elle parvient encore à rendre justice à la partition en dépit de quelques vocalises savonnées, l’effort est palpable dans le suraigu et le grave est exagérément poitriné. Reste un beau legato dans son grand air du deuxième acte « Anch’io dischiuso » et une incarnation toujours convaincante comme en témoignent les gros plans d’Habib Azar. Dmitry Belosselskiy incarne un Zaccaria imposant et solennel. Le timbre est profond et le legato souverain dans son air « Vieni o levita ». Il affronte crânement les difficultés de sa grande scène du premier acte « Sperate o figli » mais se trouve à cours de grave dans « O chi piange ». Soulignons, les interventions pleinement convaincantes de Scott Scully en Abdallo, ainsi que de Brittany Olivia Logan et Le Blu, respectivement Anna et Le Grand prêtre de Baal, tous deux membres du Lindemann Young Artist Development Program et gardons pour la fin, les prestations captivantes de Seokiong Baek et Maria Barakova. Le ténor sud-coréen effectuait des débuts remarqués sur la scène du Met. Le timbre est clair, la projection apparemment idéale et le style adéquat. Son interprétation tout à fait émouvante d’Ismaël lui a valu de chaleureux applaudissements au rideau final. Dotée d’un physique de jeune première, la mezzo-soprano russe a constitué la révélation de la soirée. Son indéniable présence, la beauté de son timbre délicatement fruité et la justesse de son incarnation ont été saluées par une ovation méritée de la part du public.

A la tête d’un Orchestre du Met en grande forme, Daniele Callegari a proposé une direction magistrale, à la fois précise et énergique. Le chef italien se plait à accélérer le tempo dans les scènes de foule afin de produire un effet spectaculaire et à ralentir dans les airs où les personnages s’épanche pour mieux souligner leurs émotions.

Le samedi 27 janvier prochain le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live, une nouvelle production de Carmen signée Carrie Cracknell avec Aigul Akhmetshina et Piotr Beczala.

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Opéra en quatre parties, créé à Milan au Teatro alla Scala, le 9 mars 1842
Musique de Giuseppe Verdi
Livret de Temistocle Solera
D’après Nabuchodonosor, drame d’Auguste Anicet-Bourgeois et Francis Cornu

Détails

Mise en scène
Elijah Moshinsky
(actualisée par J.Knighten Smit)
Décors
John Napier
Costumes
Andreane Neofitou
Lumières
Howard Harrison
Captation vidéo
Habib Azar

Abigaille
Liudmyla Monastyrska
Fenena
Maria Barakova
Anna
Brittany Olivia Logan
Nabucco
George Gagnidze
Zaccaria
Dmitry Belosselskiy
Ismaël
Seokjong Baek
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New-York, le 6 janvier 2024 à 19h (heure française)

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