Une quinzaine de jours après avoir remporté le troisième prix du Paris Opera Competition, Théo Imart a présenté à Versailles un programme entièrement consacré aux cantates profanes pour voix seule de Vivaldi, un choix particulièrement exigeant mettant la voix à nu au sein d’un large spectre d’émotions et d’écritures musicales. Cette soirée s’est inscrite pour le contre-ténor dans un véritable marathon artistique : après avoir interprété La Calisto dimanche dernier à Angers, Théo Imart a enchaîné les répétitions et les générales d’Ariodante de Haendel, dans lequel il incarnera Polinesso dès le lendemain à Versailles. Le programme donné ce soir a été enregistré cet été et sera prochainement publié par le label Château de Versailles Spectacles.
Dans le merveilleux écrin du Salon d’Hercule, la voix de Théo Imart se projette avec une aisance idéale, ayant gagné en profondeur dans le grave tout en conservant de l’éclat dans l’aigu. Le jeune contre-ténor parcourt ces sept cantates avec une facilité apparente et un naturel constant : les émotions, de la joie à la fureur, sont clairement dessinées sans jamais tomber dans l’emphase. Les pages marquées par la douleur ou l’abandon gagnent en intensité grâce à une diction nette et à un legato soigné. Dans les passages plus affirmés, Théo Imart déploie une énergie franche et une maîtrise impeccable des coloratures rapides. Toujours sensible, mais sans maniérisme, il offre des da capo d’une belle justesse d’expression. En en ultime bis, Théo Imart clôt ce marathon de cantates par un poignant « Sento in seno », extrait de Il Giustino, soutenu par les délicats pizzicati des cordes.

L’Orchestre de l’Opéra Royal accompagne le chanteur tout d’abord en petit ensemble de basse continue, dans lequel brillent le théorbe et la guitare de Léa Masson. Ce continuo très réactif, nourrit le relief dramatique, et ajoute contraste et respiration. Il faut dire que, de son clavecin/orgue, Chloé de Guillebon mène l’ensemble avec une impeccable précision, tout en ornementant et enrichissant la ligne de basse de façon toujours imaginative. L’ensemble est rejoint en deuxième partie par trois violons et un alto, pour une dynamique ouverture de L’Olimpiade et deux cantates avec accompagnement orchestral.

