Septième station, bordelaise cette fois, de la tournée européenne des « Hymnes à l’amour » portés par Sabine Devieilhe et Mathieu Pordoy. Spectacle donné à la Philharmonie de Luxembourg, à Compiègne et Lyon ces tout derniers jours, redonné prochainement à Strasbourg, avant une tournée qui mènera la soprano française (entre autre pour le rôle de Cleopatra de Giulio Cesare) en Autriche, Hongrie, Allemagne, Pays-Bas, Pologne et Espagne. On retrouve dans ce récital quelques-uns des Lieder de Richard Strauss de l’enregistrement de 2024.
La diversité de l’amour en question méritait ce titre au pluriel puisqu’il sera question, dans cette petite heure de concert, des émois de jeunesse, de l’amour conjugal et de la tendresse maternelle. Berceuses, lieder, mélodies issues de plumes variées et souvent féminines, Sabine Devieilhe redira son attachement à faire découvrir ou redécouvrir des compositrices telles que Lili Boulanger, Cécile Cheminade, Germaine Tailleferre ou encore Marguerite Monod.
Mais tout ne se vaut pas et la juxtaposition de pièces maîtresses comme les Mädchenblumen de Strauss et les chansons extraites des Clairières dans le ciel de Boulanger ne contribue pas à la mise en valeur de ces dernières.
D’une façon générale, la logique dans la composition de ce récital, en deux parties, assorties de trois bis bien enthousiasmants pour leur part, ne ressort pas au premier abord. Les deux artistes ont visiblement voulu jouer sur les changements entiers et abrupts d’ambiance entre chaque pièce. De fait, on change de tonalité, de langue même, après chaque morceau, sans aucune interruption, sans marquer de pause (sans même parfois que le pianiste relève la pédale après le dernier accord, c’est dire !). Dommage, car quelques pièces de forte envergure comme « Erev shel shoshanim » (« Un soir de rose » composée par Yosef Hadar sur un texte en hébreu de Moshe Dor), « Du bist die Ruh » ou encore « Meinem Kinde » auraient mérité quelques instants de recul, avant de partir sur tout autre chose.
Pour en finir avec quelques menues réserves, l’équilibre voix-piano n’est pas parfait, la béquille du couvercle aurait mérité un positionnement moins vertical, l’accompagnement prenant, notamment sur les – nombreuses – pièces chantées piano, une part envahissante. Enfin le lieu lui-même, pour magnifique qu’il soit (l’auditorium du Cours Georges Clémenceau), semble bien peu propice à l’intimité requise et promise par Sabine Devieilhe dans ses mots de salutations initiales.
Mais enfin, quel beau moment ont passé les spectateurs bordelais ! Sabine Devieilhe sait où elle nous emmène et elle le fait avec une assurance crâne. Quel défi tout de même de commencer le récital par « Der Fischerknabe », peut-être la pièce vocalement la plus exigeante de la soirée où tout est requis : le souffle, la portée, les suraigus et les pianissimi aériens. Mais tout est en place et le restera pour les autres morceaux, aussi différents soient-ils les uns des autres. La technique est sans défaut, le timbre toujours aussi enjôleur qui, même dans les lignes de portée supplémentaires, ne perd jamais ni de sa chaleur ni de sa personnalité. Les différents styles (romantique, post-romantique, moderne, contemporain) sont maîtrisés, y compris la gravité de certains morceaux (« Meinem Kinde ») ou encore l’humour d’autres moments (les deux extraits des Clairières dans le ciel).
En parlant d’humour, Mathieu Pordoy n’en manque pas. Le régional de l’étape sait jouer de la voix pour imiter le chat (« Le petit chat triste ») ou le coq (« La nuit au poulailler »). A part cela, on aura de nouveau apprécié une écoute au plus près de la cantatrice et une maîtrise technique sans faille et quasiment sans…interruption.
Récital Sabine Devieilhe – Bordeaux
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Spectacle
29 janvier 2026
L’amour pluriel
- Œuvre
- Auteur
- Compositeur
- Editeur
- Labels
- Lieu
- Saison
- Orchestre
- Artistes
Note ForumOpera.com
3
Détails
Programme : « Hymnes à l’amour »
Franz Liszt, Der Fischerknabe S 292/1 (1ère Version) des 3 Lieder de « Guillaume Tell » de Schiller
Yosef Hadar, Erev shel shoshanim
Anonyme, Le petit chat triste
Franz Schubert, Du bist die Ruh op.59 n°3
Anonyme, Berceuse cosaque
Franz Schubert, Nacht und Träume D827
Franz Liszt, En rêve : Nocturne S207 (piano solo)
Richard Strauss, Meinem Kinde op.37 n°3
Richard Strauss, Die Nacht op.10 n° 3
Franz Liszt, Oh, quand je dors S282
Edvard Grieg, Ein Traum op.49 n° 6
ENTRACTE
Richard Strauss – Kornblumen, extrait des Mädchenblumen op.22 n°1 et 2
Lili Boulanger, Clairières dans le ciel –
1. Elle était descendue au bas de la prairie
2. Elle est gravement gaie
Richard Strauss – Mohnblumen, extrait des Mädchenblumen op.22 n°1 et 2
Lili Boulanger, Clairières dans le ciel – 4. Un poète disait
Richard Strauss – Epheu, extrait des Mädchenblumen op. 22 n°3
Cécile Chaminade, Ma première lettre
Germaine Tailleferre, Six chansons françaises –
Non la fidélité
Mon mari m’a diffamée
Les trois présents
Francis Poulenc, Improvisation n° 15, L’hommage à Édith Piaf (piano solo)
Darius Milhaud, Tay toy, babillarde Arondelle, de Quatre Chansons de Ronsard , op. 223 n°3
Édith Piaf, Hymne à l’amour
Bis
Guy Lafarge, Une nuit au poulailler, extrait de Schnock
Barbara, Gare de Lyon
Gabriel Fauré, Au bord de l’eau
Soprano
Sabine Devieilhe
Piano
Mathieu Pordoy
Bordeaux (Auditorium), mardi 27 janvier 2026, 20h
Commentaires
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❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier
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Franz Liszt, Der Fischerknabe S 292/1 (1ère Version) des 3 Lieder de « Guillaume Tell » de Schiller
Yosef Hadar, Erev shel shoshanim
Anonyme, Le petit chat triste
Franz Schubert, Du bist die Ruh op.59 n°3
Anonyme, Berceuse cosaque
Franz Schubert, Nacht und Träume D827
Franz Liszt, En rêve : Nocturne S207 (piano solo)
Richard Strauss, Meinem Kinde op.37 n°3
Richard Strauss, Die Nacht op.10 n° 3
Franz Liszt, Oh, quand je dors S282
Edvard Grieg, Ein Traum op.49 n° 6
ENTRACTE
Richard Strauss – Kornblumen, extrait des Mädchenblumen op.22 n°1 et 2
Lili Boulanger, Clairières dans le ciel –
1. Elle était descendue au bas de la prairie
2. Elle est gravement gaie
Richard Strauss – Mohnblumen, extrait des Mädchenblumen op.22 n°1 et 2
Lili Boulanger, Clairières dans le ciel – 4. Un poète disait
Richard Strauss – Epheu, extrait des Mädchenblumen op. 22 n°3
Cécile Chaminade, Ma première lettre
Germaine Tailleferre, Six chansons françaises –
Non la fidélité
Mon mari m’a diffamée
Les trois présents
Francis Poulenc, Improvisation n° 15, L’hommage à Édith Piaf (piano solo)
Darius Milhaud, Tay toy, babillarde Arondelle, de Quatre Chansons de Ronsard , op. 223 n°3
Édith Piaf, Hymne à l’amour
Bis
Guy Lafarge, Une nuit au poulailler, extrait de Schnock
Barbara, Gare de Lyon
Gabriel Fauré, Au bord de l’eau
Soprano
Sabine Devieilhe
Piano
Mathieu Pordoy
Bordeaux (Auditorium), mardi 27 janvier 2026, 20h
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