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	<title>Vicence - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Vicence - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>Un nouveau concours en Italie pour l&#8217;opéra baroque</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-nouveau-concours-en-italie-pour-lopera-baroque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 May 2019 05:58:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dans le cadre universellement célèbre du Théâtre Olympique de Vicence que se déroulera, du 1 au 7 novembre prochain, le nouveau Concours international pour opéra baroque, intitulé Voci Olimpiche. Conçu par le chef d’orchestre Andrea Marcon, ce projet unique en Italie, est soutenu par la Fondation Cariverona et organisé par la Société du Quatuor &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dans le cadre universellement célèbre du Théâtre Olympique de Vicence que se déroulera, du 1 au 7 novembre prochain, le nouveau Concours international pour opéra baroque, intitulé <em>Voci Olimpiche</em>. Conçu par le chef d’orchestre <strong>Andrea Marcon</strong>, ce projet unique en Italie, est soutenu par la Fondation Cariverona et organisé par la Société du Quatuor de Vicence en collaboration avec la Mairie. Il s’adresse à des chanteurs, italiens ou non, nés après le 1 janvier 1980, qui devront au cours des épreuves de sélection exécuter des airs de Monteverdi, Cavalli, Vivaldi et Haendel. Parmi les membres du jury, présidé par Andrea Marcon, la basse <strong>Lorenzo Regazzo</strong>. Ce dernier sera chargé, dans la deuxième phase du projet, de la réalisation semi-scénique des deux représentations d’<strong><em>Alcina</em></strong> prévues les 19 et 21 avril 2020 avec pour interprètes les lauréats du concours et l&rsquo;Orchestre baroque de Venise dirigé par Andrea Marcon. Plus d’informations sur le site <a href="http://www.quartettovicenza.org/">www.quartettovicenza.org</a>.</p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Vicence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-nozze-di-figaro-vicence-que-reste-t-il-de-nos-amours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jun 2016 16:31:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lorenzo Regazzo connaît-il la chanson de Charles Trenet ? A la question, il répondrait sans appel : rien ! Sa vision des Nozze di Figaro, dans le droit fil de son Don Giovanni, ne laisse aucune place à l’espoir d’un renouveau ou d’une rédemption des sentiments. Soit que les années aient changé les êtres, soit que leur nature &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Lorenzo Regazzo</strong> connaît-il la chanson de Charles Trenet ? A la question, il répondrait sans appel : rien ! Sa vision des <em>Nozze di Figaro, </em>dans le droit fil de son <em>Don </em>Giovanni, ne laisse aucune place à l’espoir d’un renouveau ou d’une rédemption des sentiments. Soit que les années aient changé les êtres, soit que leur nature profonde se révèle plus forte que leurs promesses, à partir de Da Ponte, Lorenzo Regazzo exploite les potentialités des situations et les pousse le plus loin possible. En danseur de corde, il reste sur le fil sans tomber dans des excès qui seraient des trahisons. Ainsi, Almaviva a–t-il renoué avec de vieux démons ou, tel les héros de Moravia, est-il victime de l’ennui ? Le voici érotomane, sans cesse à la recherche d’épices nouvelles, tenté par des mineures, voire par des galipettes homosexuelles, véritable personnage sadien qui se contente pour l’heure de mimer la cruauté. Mais est-ce un hasard si le maquillage de l’interprète évoque la tête de Landru, et que l’on découvre aux lumières finales que sa barbe est teinte de bleu ? Voilà qui en dit long sur le mille-feuilles d’intentions et de références que l’on peut repérer dans ce travail de mise en scène, sans nul doute fruit de longues réflexions. Autre preuve de cette recherche, la direction d’acteurs s’adapte au physique et à l’âge des interprètes. Comme Susanna est plus jeune que la comtesse, celle-ci compare avec mélancolie la peau de leurs mains respectives. Mais Susanna, qui la sait sentimentale, l’a réveillée en mettant dans le mange-disque la mélodie qui déclenche la bouffée d’apitoiement sur soi. Marcellina est bien mûre ? Voici une « cougar » qui s’habille rock and roll et mène par le bout du nez un Bartolo portant encore beau mais par instants bien proche de retomber en enfance. Curzio est un garnement monté en graine et en culottes courtes encore avide de sucreries mais prêt à toutes les expériences (et qui ressemble de façon si criante à un jeune et déjà célèbre chef d’orchestre italien que l’on en reste fasciné). Basilio, outre la soutane qu’il arbore avec ostentation, a lui aussi sa bizarrerie : pour chasser les mauvaises odeurs il s’arrose d’on sait quoi, et devient fétide pour son entourage. Et si Figaro dort avec son rasoir sous l’oreiller c’est qu’avec un maître aussi dépravé on ne sait jamais, et sa révolte n’est pas seulement protestation sociale. Evidemment le pardon final sera une réconciliation de façade. Tout se tient parfaitement, même si cela déconcerte. Un bémol cependant, qui ne touche pas à l’essentiel : l’addiction pour les selfies de Marcellina répète à l’excès un gag qui ne dit rien de l’œuvre et n’a d’autre fonction que de cajoler le public. Sans aucun doute cela fonctionne : nous avons été témoin de déclarations enthousiastes de spectateurs reconnaissants car « <em>cette mise en scène fait oublier la longueur de l’œuvre</em> ».</p>
<p>Ils ont dit « longueur ». Comment peut-on trouver longues <em>Le</em> <em>Nozze </em>? Si la lecture musicale les massacrait ? Mais il n’en est rien ici, et aussi bien le haut niveau des musiciens de l’orchestre de Padoue et de Vénétie que la direction inspirée de <strong>Giovanni Battista Rigon</strong> font de cette exécution une fête continuelle, ponctuée avec une élégante efficacité par le continuo au clavecin de <strong>Stefano Gibellato</strong>. Pas un instant l’intérêt musical ne fléchit : de l’ouverture tourbillonnante aux piani les plus subtils trouvés par Mozart pour exprimer les nuances des sentiments jusqu’à l’infime, le chef et l’orchestre maîtrisent la dynamique et les accents, netteté et vigueur, finesse et souplesse s’alliant sans la moindre défaillance, de l’exposition soliste des timbres à leurs riches combinaisons. Si les réussites sont multiples, on citera le final si complexe du deuxième acte, aussi endiablé qu’un final rossinien ! Giovanni Battista Rigon entoure les chanteurs autant que possible, car certains ont répété dans l’urgence et tous dans les contraintes que la destination du lieu, qui est aussi un musée, entraîne pour les séances de travail. Cette sollicitude est aussi rendue nécessaire par l’acoustique d’un lieu qui n’était pas conçu pour des ensembles mozartiens, et que sa qualité de monument historique classé au patrimoine de l’Unesco interdit de modifier pour, par exemple, fermer le décor à perspective de Scamozzi et obtenir ainsi un renvoi du son plus homogène. Cela entraîne que les chanteurs, selon leur position en scène, sont parfois noyés dans la sonorité de l’orchestre malgré la vigilance du chef. Cela n’est pas l’indice d’une faiblesse intrinsèque puisque les mêmes interprètes, chantant plus à découvert, font la preuve de leur sonorité. Reste que, si l’on excepte la Marcellina d’une <strong style="line-height: 1.5">Giovanna Donadini</strong> dont la pétulance scénique ne suffit plus à masquer l’usure des moyens, la distribution est globalement bonne, jusqu’à l’excellence. La Barbarina de <strong style="line-height: 1.5">Francesca Solevas</strong> est à la fois fraîche et délurée. Déjà mentionnée, la vis comica d’<strong style="line-height: 1.5">Elvis Fanton</strong> donne un étonnant relief à un personnage trop souvent sacrifié. La remarque est valable pour l’Antonio d’<strong style="line-height: 1.5">Antonio Zancopé</strong>, dont des lunettes à triple foyer et une bouteille de gin font un témoin de premier ordre. Elle vaut aussi pour <strong style="line-height: 1.5">Filippo Pina Castiglioni</strong> dont le Basilio zarbi récupère son air du quatrième acte, et qui nous a semblé s’inspirer, fût-ce de loin, du regretté Paolo Poli. C’est un Bartolo inédit pour nous que celui d’<strong style="line-height: 1.5">Antonio de</strong> <strong style="line-height: 1.5">Gobbi</strong>. Avec sa haute taille et sa voix profonde, il semble un Commandeur ayant survécu à sa gloire passée pour tomber sous la coupe d’une vieille maîtresse qui le traite comme un toutou. <strong>Margherita </strong><strong style="line-height: 1.5">Rotondi</strong> a bien l’apparence ambigüe qu’on prête à l’adolescent, et se tire avec honneur de sa romance, mais dans cette révision de la tradition, Cherubino reste assez conventionnel, même si les dessous féminins qu’il collectionne laissent planer le doute sur la réalité d’une « innocence », qui serait un habile prétexte pour susciter curiosité et désir chez d’éventuelles partenaires. Emporté et tourmenté, comme en témoigne son cauchemar initial, Figaro semble avoir perdu sa joie de vivre traditionnelle, et sa hargne est toute prête dès le début, probablement liée à sa dépendance à l’égard d’un maître qui transgresse toutes les règles de vie en bonne intelligence. La composition de <strong style="line-height: 1.5">Daniele Caputo</strong> est globalement bonne mais manque çà et là d’un rien de mordant, aussi bien vocal que scénique. On le remarquerait probablement moins si sa Susanna n’était aussi brillante, dotée d’une voix ronde et agile, d’un visage mobile et expressif, d’une plastique enviable et d’un aplomb scénique irréprochable. <strong style="line-height: 1.5">Carolina Lippo</strong> brûle littéralement les planches et sera saluée triomphalement. Moins spectaculaire mais tout aussi réelle la performance de <strong style="line-height: 1.5">Patricia Biccirè</strong> venue au secours du festival après l’accident survenu à Silvia Dalla Benetta. Désormais dans sa maturité vocale la soprano bolognaise a montré qu’elle n’a rien perdu de sa technique et de sa musicalité, entrant de plain- pied dans le personnage dont son interprétation, vibrante et juste, a fait ressentir à l’auditoire le marasme sentimental sans la moindre surcharge, un modèle d’expressivité et de sobriété. <strong style="line-height: 1.5">Marco Bussi</strong>, enfin, impressionne par sa haute taille et l’aspect qui lui a été donné : chauve et barbu, vaguement luciférien. Son jeu et sa voix connaissent des variations d’intensité qui témoignent d’un manque d’aisance, peut-être dû autant aux exigences de la mise en scène qu’à celles du rôle du Comte. Il sera intéressant de le suivre lors des deux prochaines représentations.</p>
<p>Il serait injuste de ne pas mentionner l’engagement du chœur des <strong>Polifonici vicentini</strong>, qui accomplissent de surcroit l’exploit de danser le fandango imaginé par <strong>Elisabetta Mascitelli</strong> en faisant du surplace. Honneur aussi aux lumières de <strong>Claudio Cervelli</strong>, qui animent de façon si suggestive la perspective et la façade du décor de Scamozzi. Les costumes de <strong>Riccardo Longo</strong>, jouent d’une large palette de couleurs, le blanc et le noir étant l’apanage du comte et de la comtesse avec des glissements progressifs. Evidemment les formes sont contemporaines, comme celles des meubles, comme si des formes ou des meubles d’époque pouvaient empêcher les spectateurs d’aujourd’hui de ressentir les émotions des personnages. Mais ne rouvrons pas le débat. Rappelons plutôt, puisque la menace se fait plus forte que jamais, que la survie de cette manifestation musicale, qui s’étend sur un mois entre mai et juin, est en danger du fait de l’amenuisement continu des subventions qui l’ont aidée à naître et à exister. Au-delà du prestige que le haut niveau de la programmation musicale apporte à la ville, les diverses langues européennes que l’on pouvait entendre au Teatro Olimpico attestent de la contribution des Semaines Musicales à l’économie locale. Les responsables le comprendront-ils avant qu’il soit trop tard ?</p>
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		<title>ROSSINI, Petite Messe solennelle — Vicence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/une-petite-messe-solennelle-vicence-rossini-chez-palladio/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Jun 2016 06:09:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rossini était un jeune homme lorsqu’il vint à Vicenza en juillet 1813 pour y diriger au Teatro Eretenio (malheureusement détruit par les bombes en 1944) une série de représentations de L’Italiana in Algeri qui venait de triompher à Venise. En ce mois de juin 2016, pour la XXVe édition des Semaines musicales au Teatro Olimpico, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rossini était un jeune homme lorsqu’il vint à Vicenza en juillet 1813 pour y diriger au Teatro Eretenio (malheureusement détruit par les bombes en 1944) une série de représentations de <em>L’Italiana in Algeri </em>qui venait de triompher à Venise. En ce mois de juin 2016, pour la XXVe édition des Semaines musicales au Teatro Olimpico, le dernier chef d’œuvre de Palladio sert de cadre à l’ultime chef d’œuvre d’un Rossini septuagénaire, sa <em>Petite Messe Solennelle </em>donnée dans sa version originale. Composée pour la chapelle de l’hôtel particulier du Comte Pillet-Will, dont le fils gérait une bonne part des affaires financières du musicien, elle fut d’abord créée dans leur salon familial. Ces circonstances auraient pu vouer l’œuvre à un académisme de bon aloi. Mais le compositeur qui vivait depuis longtemps sur les lauriers de son passé glorieux allait trouver en lui les ressources d’énergie et d’invention nécessaires à faire de sa « dernière fatigue » une œuvre singulière où il réaffirme sa personnalité, contre l’évolution du goût qui l’avait amené à se mettre en retrait. C’est une somme de ce qu’il aime et de ce qu’il sait faire qu’il rassemble avec une maîtrise et une malice qui semblent autant de pieds-de-nez à ceux qui le croient fini. Entre souvenirs, citations et trouvailles, il rend hommage à son professeur de contrepoint, à Bach, à Mozart, et ose pour le piano des audaces rythmiques qui anticipent largement sur l’avenir. Avec seulement douze chanteurs, deux pianos et un harmonium il traite l’ensemble des textes liturgiques inscrits au rite et multiplie les effets sonores en variant sans relâche les entrées vocales, soli, duos, trios, quatuors, chœur féminin, chœur masculin, chœurs confondus, a cappella, avec instrument unique, en duo ou en trio. Il se dégage de cette composition, écrite par un homme âgé et malade, une impression de force paradoxale, idéale pour exprimer celle de la foi ancrée en lui.</p>
<p>Le bonheur de cette exécution à Vicenza découle de l’option de Giovanni Battista Rigon, le chef d’orchestre qui est directeur artistique des Settimane Musicali. N’ayant pas les moyens d’engager, comme ce fut le cas à la création, des noms fameux, il a eu l’idée, certainement conforme aux désirs du compositeur, de recruter ses chanteurs parmi les élèves d’un conservatoire. Il en a trouvé onze sur douze au Benedetto Marcello de Venise, le douzième étant déjà en carrière depuis peu. Est-ce leur jeunesse, est-ce l’émulation, est-ce le plaisir de participer à une manifestation qui fait partie des Festivals Européens, leur engagement est entier. Le résultat est une interprétation où les quelques défauts, là une voix qui devient nasale dans la zone aigüe, là une voix trop gonflée qui s’engorge fugitivement, là une ostentation mal tenue en laisse, ne sont que peccadilles en regard de l’émotion qui naît du sérieux de l’investissement d’apprentis talentueux et zélés. Pour tout dire, dans ce décor étranger au culte catholique c’est la première fois que nous ressentons aussi directement le caractère liturgique que le brillant de l’écriture peut faire oublier. Mais c’est sans nul doute la direction passionnée de <strong>Giovanni Battista Rigon</strong> qui génère la réussite : il impose d’emblée un rythme soutenu, dont la fermeté stricte fait des textes rituels et de leur enchaînement une nécessité organique constitutive de la célébration. C’est un spectacle fascinant de voir comment il fait progresser l’œuvre, en modèle inlassablement les nuances, rendant lumineuse la richesse complexe de la composition, et comment chanteurs et instrumentistes – excellents pianistes, en particulier <strong>Alberto Boischio</strong> &#8211; en révèlent par leur précision tous les détails d’orfèvrerie. Alors, sans doute pourra-t-on déplorer une défaillance de ses soufflets qui transforment l’harmonium en bandonéon, surtout dans la perspective de la publication d’un enregistrement. Il reste encore une exécution de cette <em>Petite Messe Solennelle</em>. Le problème sera-t-il résolu d’ici-là ? On le souhaite, car une réalisation aussi mémorable mérite d’être conservée !</p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni — Vicence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-vicence-mene-de-mains-de-maitres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 May 2015 05:11:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui est Don Juan ? Devenu un mythe le personnage a été interprété de mille façons. Celle que propose la mise en scène de Lorenzo Regazzo est tout ensemble forte et dérangeante. Son Don Giovanni est (peut-être) un fils de famille qui semble ne manquer de rien et surtout pas d’argent, c’est aussi, c’est surtout un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qui est Don Juan ? Devenu un mythe le personnage a été interprété de mille façons. Celle que propose la mise en scène de <strong>Lorenzo Regazzo</strong> est tout ensemble forte et dérangeante. Son Don Giovanni est (peut-être) un fils de famille qui semble ne manquer de rien et surtout pas d’argent, c’est aussi, c’est surtout un jeune benêt aussi frimeur et vaniteux que ceux qui paradent dans les émissions de télé-réalité. Cela fait de lui une proie facile pour un proche machiavélique, tel un domestique (comment ne pas songer à Losey ?) qui a su se rendre indispensable en favorisant ses addictions, quelles qu’elles soient, et sans trop de formes le manipule méthodiquement pour en tirer le plus d’argent possible.  Ainsi Leporello projette-il à Don Giovanni des vidéos qui le programment à son insu pour  assassiner le Commandeur, car Donna Anna l’a payé et lui a fourni l’arme pour l’exécution de ce contrat, comme l’expose la pantomime pendant l’ouverture. Et donc, très logiquement, le drame s’achève quand Leporello tue son « maître », car il a sélectionné une proie nouvelle, le crédule Don Ottavio. Ainsi résumé ce parti pris semble insupportable et pourtant, c’est l’incontestable réussite de la mise en scène que d’en mener à bien le fonctionnement implacable. On pourra objecter, avec raison, que cette vision qui fait du valet le personnage clé, un <em>diabolus ex machina</em>, détourne l’intention des auteurs, il n’en reste pas moins que la conception, au montage aussi méticuleux que chez les Tarantino, a une cohérence et une efficacité qui l’imposent. Seul regret, la noirceur absolue à laquelle échappent seuls Masetto et Don Ottavio estompe le <em>giocoso</em> que la version de Vienne vise à accentuer, avec la scène ajoutée où Zerlina, Zorro en jupons, ligote Leporello, car ils ne sont ici ni le balourd peureux ni l’audacieuse naïve qui pourraient faire sourire. Au prisme de cette lecture, Donna Anna commandite le meurtre d’un père incestueux et ment délibérément à son fiancé à qui elle joue la comédie du désespoir, Elvira est devenue hystérique depuis qu’elle a plongé dans l’anonymat du catalogue des conquêtes de Don Giovanni, à ses yeux le <em>who’s who </em>de la réussite, et Zerlina se comporte en fausse ingénue et en vraie Marie-couche-toi-là adepte des accessoires sado-maso ! Et pourtant, répétons-le, cela fonctionne ! </p>
<p>Si ce parti pris radicalement pessimiste prend toute sa force, c’est d’abord grâce à l’entente – peut-être serait-il plus juste encore de parler de symbiose – entre le metteur en scène et le chef d’orchestre. Dans ce miroir qui nous est tendu d’une société où le narcissisme de la jeunesse est perpétuellement flatté par des exploitants cyniques, le sentiment désintéressé, altruiste, n’a pas de place. Le Mozart que <strong>Giovanni Battista  Rigon</strong>  dirige à partition fermée tire de ce constat sa sécheresse et sa netteté, même si elles ne sont jamais outrées car il ne s’agit pas que les dupes se cabrent ou regimbent. Tout est dosé pour maintenir ensemble excitation et contrôle, et rythmé pour empêcher l’attendrissement ou la réflexion. C’est souvent superbe, parfois excessif pour les récitatifs d&rsquo;Elvire, si rapides qu’ils sont privés du ton geignard qui peut les rendre comiques. Mais quand il s’agit de flatter la sensualité, le trait se fait courbe et le chef obtient de l’orchestre la souplesse caressante qui soumet au délice de l’instant. Seul petit regret, la sagesse du continuo au clavecin, présence attentive mais un peu effacée.</p>
<p>Un autre facteur essentiel de la réussite est l’engagement théâtral sans réserve des chanteurs à commencer par le chœur de l’Iris ensemble, dont les membres ont joué avec conviction les candidats à une sélection pour une émission de téléréalité. Même s’il est plus âgé que le créateur du rôle-titre, <strong>Luca Dall’Amico</strong> n’en reste pas moins un jeune interprète manifestement aussi doué vocalement que scéniquement : la tessiture ne lui pose aucun problème et il donne une vie criante à ce personnage émané directement d’une télé-réalité. Dans le double rôle de Masetto et du Commandeur, à l’image de la création viennoise, <strong>Abramo Rosalen</strong> sait colorer sa voix en fonction de ses interventions, avec une sobriété louable. Du trio féminin, <strong>Anna Viola</strong> semble la moins à l’aise vocalement ; sa Donna Anna fait entendre des tensions dans l’aigu et une verdeur assez peu séduisante. La Zerlina de<strong> Minni</strong> <strong>Diodati</strong>, outre un physique avantageux propre à tenter Don Giovanni, chante d’une jolie voix ronde, et dans le duo avec Leporello ajouté pour Vienne elle laisse entendre un brio et un brillant dignes d’intérêt. Bonne composition pour <strong>Arianna Venditelli</strong>, Elvire dépouillée de sa noblesse et de sa blessure sentimentale mais convaincante furie exaspérée par l’humiliation d’être confondue, voire oubliée dans la liste des « célébrités », dont la voix homogène et dense sert bien les airs qui lui sont dévolus. Privé dans cette version de <em>Il mio tesoro </em>,<strong>Matteo Macchioni</strong> campe très justement un Don Ottavio encore étranger à la foire aux vanités et dont la candeur s’exprime dans la rondeur d’une voix franche et sans affectation. Pour Leporello, enfin, le choix de <strong>Giovanni Furlanetto</strong> garantissait à l’avance qualité vocale et engagement scénique. L’artiste chevronné s’est manifestement coulé avec délice dans cet avatar d’un personnage qu’il connait si bien, devenu ici, comme le maquillage et l’éclairage l’indiquent dès l’ouverture, clairement méphistophélique. Toujours sur le fil, sans jamais tomber dans l’excès caricatural, l’acteur-chanteur suscite l’admiration et le personnage la répulsion. Lorenzo Regazzo, lui-même Leporello d’exception, a été bien servi !</p>
<p>Réalisé dans les conditions particulières des contraintes liées à la conservation des Monuments Historiques, qui constituent autant d’entraves pour metteur en scène et éclairagiste (beau travail de <strong>Claudio Cervelli </strong>sur les projections de couleurs et l’exploitation, à visée comique ou dramatique, des statues du décor de Scamozzi) et dans la précarité financière qui limite les ressources pour les accessoires servant de décor  et les costumes mais n’a pas limité l’ingéniosité et l’inventivité de <strong>Maria Elena Cotti</strong> pour les uns et les autres – encore qu’avec une Elvira en pantalon la ritournelle sur la <em>gonnella </em>tombe un peu à plat – ce spectacle, chaleureusement accueilli par le public qui avait pris d’assaut le merveilleux Teatro Olimpico, y sera donné cinq fois encore jusqu’au 14 juin. On espère que sa carrière ne s’arrêtera pas là : la proposition est peut-être iconoclaste mais en regard de bien d’autres elle a une cohérence telle que son arbitraire disparaît. Joli tour de force d’un Lorenzo Regazzo que cette mise en scène met au niveau des plus grands !</p>
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		<item>
		<title>Nouveau rendez-vous à Vicenza</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/nouveau-rendez-vous-a-vicenza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2015 15:40:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Contre vents et marées, les Semaines musicales du Teatro Olimpico de Vicenza maintiennent le cap ! Leur XXIVe  édition se déroulera du 17 mai au 14 juin. Si le programme propose nombre de concerts de musique de chambre, c’est Mozart et Rossini, Don Giovanni pour le premier et Il Signor Bruschino pour le second, qui tiennent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Contre vents et marées, les Semaines musicales du Teatro Olimpico de Vicenza maintiennent le cap ! Leur XXIVe  édition se déroulera du 17 mai au 14 juin. Si le programme propose nombre de concerts de musique de chambre, c’est Mozart et Rossini, <em>Don Giovanni </em>pour le premier et <em>Il Signor Bruschino </em>pour le second, qui tiennent l’affiche lyrique. Cette manifestation a su garder au fil des années un caractère intimiste, lié au cadre merveilleux du Théâtre Olympique et à la fidélité de ses spectateurs, qui n’est pas le moindre de ses charmes. Faut-il lui souhaiter, en cette année d’Exposition Universelle à Milan, de changer d’échelle ? Plus d’informations sur le site <a href="http://settimaneolimpico.it/">www.settimaneolimpico.it</a>.</p>
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		<item>
		<title>MOZART, Così fan tutte — Vicence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-vicence-le-diable-rafle-la-mise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2014 05:34:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/le-diable-rafle-la-mise/</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est sur un Cosi fan tutte remarquable que viennent de se terminer les XXIIIe Semaines Musicales de Vicenza. Dans le cadre prestigieux et contraignant du Teatro Olimpico, Lorenzo Regazzo en est le metteur en scène et l’interprète de Don Alfonso. Il propose une lecture qui, bien qu’elle achoppe sur la fin, renouvelle la vie théâtrale &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	C’est sur un<em> Cosi fan tutte</em> remarquable que viennent de se terminer les XXIIIe Semaines Musicales de Vicenza. Dans le cadre prestigieux et contraignant du Teatro Olimpico<strong>, Lorenzo Regazzo </strong>en est le metteur en scène et l’interprète de Don Alfonso. Il propose une lecture qui, bien qu’elle achoppe sur la fin, renouvelle la vie théâtrale de l’œuvre et lui donne, par-delà le recours aux accessoires que la technologie met à la disposition de quiconque aujourd’hui, une modernité insolite. A quoi bon, dira-t-on, puisque cette comédie sur l’éternel féminin repose sur une vision misogyne attestée depuis si longtemps qu’elle a acquis le statut d’une vérité intangible ? Pourtant Lorenzo Regazzo redonne du sel à l’œuvre en portant sur elle un regard inhabituel. Dès le début, avant même que les deux nigauds ne fassent assaut de vantardise en sa présence, Don Alfonso vient se poser là, comme un organisateur d’événements venu veiller à la mise en place. Et là, il y sera, encore et toujours, même quand il n’intervient pas directement, soit comme posté en observation à l’arrière-plan, soit comme absorbé dans une lecture et indifférent aux autres.</p>
<p>
	D’abord, cela semble peu pertinent. Mais dès que l’on a compris que ce Don Alfonso n’est pas l’aimable philosophe qui, au prix d’une initiation un peu rude, va éclairer pour la vie l’esprit des jeunes hommes et les libérer de leurs illusions, mais bien un avatar du Diable, tout s’éclaire soudain, son acharnement méchant et les privautés équivoques dont il entoure les deux sœurs ne sont que l’expression irréfutable de sa nature. Ce Don Alfonso n’est autre qu’Asmodée, le démon de la luxure, qui n’a de cesse de pousser à la faute ceux qui peut-être y penseraient le moins. D’où son indifférence affichée et son impatience pendant les épanchements lyriques et les protestations de fidélité des deux sœurs, « mômeries » pour lui insupportables. D’où son action sur la vanité des garçons : Guglielmo en chantant « Rimira Se meglio puo andar », retire sa moustache et sa barbe postiche, si bien que Dorabella, lorsqu’elle le suit tandis qu’il s’éloigne en se déshabillant, sait bien qu’elle va coucher avec le fiancé de sa sœur. Que peut faire Fiordiligi, dont les proclamations de fidélité héroïques tombent à plat, quand cet obligeant Don Alfonso lui montre la vidéo qu’il a faite des deux traîtres en pleine action ? Elle va évidemment sauter sur Ferrando pour se venger. Ainsi le parallélisme et la symétrie ne sont plus parfaits et du même coup un ressort comique disparaît, tout comme disparaît le « coup de théâtre « du retour des amants. La scène est jouée, mais elle prend l’allure d’un jeu sadique que Don Alfonso exploite à fond, tirant jouissance de sa cruauté. L’image finale, qui le montre à l’arrière-plan étreignant cette Lolita muette dont les apparitions ont ponctué l’œuvre, pourrait révéler chez ce diable le défaut de la cuirasse, mais renchérit sur la misogynie du titre, car cette anonyme est belle et se tait, comme elles le devraient toutes !</p>
<p>
	On pourra ne pas apprécier cette option, qui s’éloigne du canevas de Da Ponte. Elle va cependant de pair avec un souci méticuleux du texte – sinon des didascalies &#8211; et de sa signification et une exploitation intelligente des données relatives aux personnages, par exemple dans la scène où les deux très jeunes sœurs se retrouvent près de leur coffre à jouets. Par ailleurs Lorenzo Regazzo tire le meilleur parti possible de la scène du Teatro Olimpico et des contraintes liées à ce monument historique. Autour des éléments scéniques disposés par<strong> Michele Lisi </strong>symétriquement par rapport au centre, il organise la circulation, les confrontations, les jeux de miroir, les asymétries, de manière fluide et vivante. Les lumières, remarquablement réglées par un auteur non cité, contribuent efficacement au plaisir des yeux et aux effets dramatiques. Les costumes, eux aussi de Michele Lisi, sont de notre époque : tenues paramilitaires pour les garçons, tenues bcbg pour les péronnelles, bas bleu pour Fiordiligi, plus sexy pour Dorabella. Don Alfonso ressemble d’abord à l’inspecteur Gadget, dans son imperméable mastic, puis adopte le noir, peut-être pour signaler discrètement qu’il est un être des ténèbres. Despina, quand elle n’est pas un mage hindou drapé dans des oripeaux dignes de La Zingara ou le notaire emmitouflé dans la conventionnelle robe noire, porte l’uniforme des techniciennes de surface à la Yolande Moreau des Deschiens. Quant aux garçons, leur travestissement, outre moustaches et barbiches postiches, allie de superbes bérets colorés à des kilts trop courts dont l’effet comique est certain.</p>
<p>
	Cet agrément du spectacle, animé, varié, coloré, s’accompagne du plaisir né de l’interprétation vocale. Si le timbre de <strong>Daniele Zanfardino</strong> n’est pas aujourd’hui plus qu’hier de ceux qui nous séduisent, il s’acquitte honorablement du rôle de Ferrando et son engagement scénique est fort convaincant. Il est flanqué du Guglielmo de<strong> Marco Bussi</strong>, une nature qui se surveille sagement mais dont la stature, le visage expressif, l’apparente désinvolture scénique et la voix longue et claire promettent beaucoup. Fiordiligi a la finesse physique et vocale, l’étendue indiscutable, l’éloquence et la musicalité d’<strong>Arianna Venditelli</strong>, par ailleurs actrice assez investie pour donner vie à ce personnage complexe et rendre sensibles ses tourments. Dorabella s’incarne bellement grâce à <strong>Raffaella Lupinacci</strong> dont le timbre est assez sombre pour s’allier délicieusement à celui de sa sœur, et dont la souplesse et l’intensité vont de pair avec un engagement théâtral à la fois séduisant et convaincant. <strong>Giovanna Donadini </strong>apporte à Despina, manifestement en manque de contacts masculins et qui fait une fixation sur Don Alfonso, la truculence et la vis comica nécessaires, avec une présence chaleureuse et une appréciable aisance vocale. Les dominant de par le rôle qu’il s’est donné, de par son expérience et parce qu’il les met en scène,<strong> </strong>Lorenzo Regazzo confirme son engagement toujours plus théâtral, attesté par les intermèdes qui imposent silence à la musique – par exemple Despina faisant le ménage. Cette domination scénique va de pair avec une maîtrise vocale intacte qui lui permet de ciseler le rôle, jusqu’à soumettre parfois le rythme musical à l’intention expressive. Il le fait, et le fait bien. Là encore on pourrait s’en offusquer ; mais la théâtralité gagnée rejoint finalement celle de la musique.</p>
<p>
	Ces libertés de l’interprète sont bien sûr dépendantes du bon vouloir du chef d’orchestre. L’amitié qui unit le metteur en scène et <strong>Giovanni Battista Rigon</strong> ne permet pas le moindre doute sur leur bonne entente. Mais il en résulte une impression paradoxale puisque le premier, dans son rôle de diable, semble remettre en cause un genre que le second défend amoureusement, étroitement secondé par les musiciens. De façon globale, et même si, outre le percussionniste et le claveciniste (Alberto Boischio) tous les pupitres mériteraient d’être distingués, c’est la justesse de la direction qui enchante, et la précision exacte avec laquelle les musiciens y répondent. De la fosse monte un concert de timbres en relief, dans une transparence et une pulsation rythmique d’un dynamisme plein de vie et d’une richesse expressive constante. On retrouve avec bonheur la qualité et peut-être l’enthousiasme qui nous avait tant séduit il y a quelques années pour un <em>Barbiere di Siviglia</em>. Les choristes Polifonisti Vicentini, de ce point de vue, ne sont pas en reste. Ils prennent donc légitimement leur part de l’euphorie du public, parmi lequel des néophytes étrangers à nos interrogations et auprès duquel le spectacle fait l’unanimité. Aucun doute : le diable a raflé la mise !</p>
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		<item>
		<title>MOZART, Don Giovanni — Vicence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/sur-les-terres-de-casanova/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 May 2011 23:50:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Don Giovanni de Losey avait pour cadre les sublimes villas de Palladio, et c’est le non moins sublime Teatro Olimpico du même artiste qui abrite la production du chef d’œuvre de Mozart dans sa version de Prague, puisque cette ville était cette année l’étape choisie dans le parcours de la musique européenne programmé par la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Le <em>Don Giovanni</em> de Losey avait pour cadre les sublimes villas de Palladio, et c’est le non moins sublime Teatro Olimpico du même artiste qui abrite la production du chef d’œuvre de Mozart dans sa version de Prague, puisque cette ville était cette année l’étape choisie dans le parcours de la musique européenne programmé par la XXe édition des Semaines musicales de Vicenza. Des réductions successives des subventions nationales et locales ont mis les organisateurs dans l’obligation de renoncer au spectacle prévu et d’en proposer une version de concert.</p>
<p> </p>
<p>L’absence de décor a fait craindre, malgré la somptuosité de celui de Palladio à l’arrière-plan, que le long   plateau rectangulaire ne paraisse trop vide. D’où la décision d’y disposer l’orchestre en ménageant un praticable permettant aux chanteurs de se déplacer autour des musiciens. Ce qui se révèle à double tranchant : d’un côté les mouvements animent le concert, des rencontres, des poursuites, des fuites sont possibles ; de l’autre ces déplacements latéraux privent de la plénitude du chant les spectateurs qui n’ont pas la chance d’occuper une position centrale.</p>
<p> </p>
<p>Pas de costumes non plus ; les interprètes y ont suppléé par leur garde-robe personnelle, et leurs tenues sont parfaitement accordées à leur physique et à leur personnage. Pas de mise en scène, enfin, à peine quelques accessoires ; et pourtant cette mise en espace qui ne dit pas son nom témoigne d’une intimité profonde avec l’œuvre. Elle est nourrie de gags qui atteignent leur effet sans en trahir l’esprit, comme l’ipad sur lequel Leporello fait défiler les photographies des conquêtes de Don Giovanni, ou la carotte phallique que Don Giovanni propose à Elvira quand il l’invite à souper avec lui.</p>
<p>C’est le fruit de l’expérience de <strong>Lorenzo Regazzo</strong>, ami de longue date des Settimani musicali, qui trouve dans ce <em>Don Giovanni</em> l’occasion de satisfaire un désir de mise en scène et d’incarner le séducteur alors qu’il est un Leporello de référence. Comme à chacune de ses prises de rôle, il habite d’emblée le personnage ; la maîtrise vocale va de pair avec une composition dramatique d’une pertinence qui s’impose comme une évidence. Son Don Giovanni n’est ni l’adulte qui s’attarde dans l’adolescence ni le jouisseur vieillissant ; tel un héros sadien si habitué à vivre sans frein qu’il est agi par ses appétits et sa brutalité, cet anti-Casanova est exactement le dévoyé emporté par l’engrenage de ses débordements jusqu’à l’inéluctable : il ne peut que mal finir et effectivement il périt par où il a péché, victime de l’eustache avec lequel il a tué le Commandeur.</p>
<p>Autour de lui une compagnie inégale. Le Masetto d’ <strong>Omar Camatta</strong> déçoit franchement, d’évidents problèmes de souffle limitant la portée de l’émission, l’Ottavio de <strong>Dionigi D’Ostuno</strong> est correct, dans cette version qui lui épargne « Dalla sua pace » mais qui l’éprouve un peu dans « Il mio tesoro intanto ». Le Commandeur d’<strong>Abramo Rosalen, </strong>est d’un calibre vocal en phase avec sa stature imposante. Dans le registre aigu de Donna Anna, <strong>Isabel Rodriguez</strong> <strong>Garcia</strong>, bien qu’elle ait à son répertoire Olympia et la Reine de la Nuit, ne semble guère à son aise, et les résonances légèrement acides ne séduisent pas. En revanche <strong>Silvia Beltrami</strong> campe très justement une Elvira emportée jusqu’à frôler le comique et son engagement satisfait aussi bien aux difficultés vocales qu’aux nuances nombreuses des sentiments. Brillants débuts aussi pour <strong>Marco Filippo Romano</strong> dans Leporello ; avec un physique à la Sancho Pança il unit la vocalité adéquate à une forte présence scénique. C’est aussi vrai de <strong>Diana Mian</strong>, Zerlina d’une expressivité et d’une justesse aussi délicieuses à l’ouïe qu’au regard, qui fera parler d’elle.</p>
<p>A la tête d’un orchestre appliqué et discipliné (où se distingue le pianoforte tenu par Riccardo Mascia) et d’un chœur juvénile appliqué et ardent, <strong>Giovanni Battista Rigon</strong> est toujours le musicien sensible que nous connaissons. Exempte d’effets, sa direction scrupuleuse et probe maintient la tension sans solliciter la partition et veille à soutenir les chanteurs. Le public, composé en grande majorité d’étrangers, parmi lesquels un fort contingent de Français, a fait à tous un bruyant succès et les commentaires d’après spectacle étaient au diapason des visages : euphoriques ! Espérons que c’est de bon augure pour l’avenir des spectacles lyriques dans ce lieu merveilleux !</p>
<p><strong>Maurice Salles</strong></p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>DONIZETTI, Don Pasquale — Vicence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/norina-version-viardot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 21:24:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/norina-version-viardot/</guid>

					<description><![CDATA[<p>  Gaetano DONIZETTI(1797-1848)   Don Pasquale Dramma buffo en trois actes Livret de Giovanni Ruffini Première représentation 3 janvier 1843 Paris Théâtre des Italiens   Reconstitution de la version pour mezzo-soprano En collaboration avec la Fondation Donizetti de Bergamo      Mise en scène, Francesco Bellotto Dècor, Massimo Checchetto et Serena Rocco Costumes, Carlos Tieppo &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p><strong>Gaetano DONIZETTI</strong>(1797-1848)</p>
<p> </p>
<p><strong>Don Pasquale</strong></p>
<p>Dramma buffo en trois actes</p>
<p>Livret de Giovanni Ruffini</p>
<p>Première représentation 3 janvier 1843 Paris Théâtre des Italiens</p>
<p> </p>
<p>Reconstitution de la version pour mezzo-soprano</p>
<p>En collaboration avec la Fondation Donizetti de Bergamo</p>
<p> </p>
<p></p>
<p>  </p>
<p>Mise en scène, Francesco Bellotto</p>
<p>Dècor, Massimo Checchetto et Serena Rocco</p>
<p>Costumes, Carlos Tieppo</p>
<p> </p>
<p>Don Pasquale : Loenzo Regazzo</p>
<p>Malatesta : Gabriele Nani</p>
<p>Ernesto : Emanuele d’Aguanno</p>
<p>Norina : Federica Carnevale</p>
<p>Un notaro : Yiannis Vassilakis</p>
<p> </p>
<p>Orchestre de Padoue et de la Vènètie</p>
<p> </p>
<p>Chœur Dodecantus</p>
<p>Chef de chœur, Marina Malavasi</p>
<p> </p>
<p>Direction musicale, Giovanni Battista Rigon</p>
<p> </p>
<p>Vicenza, Teatro Olimpico, 6 juin 2010</p>
<p> </p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Norina version Viardot</strong></p>
<p> </p>
<p>Après Venise, Rome et Naples, les Semaines musicales de Vicenza passent cette année par Paris, où nombre de musicien italiens, Donizetti entre autres, vinrent chercher gloire et fortune. Pour élaborer des programmes sortant des sentiers battus, Giovanni Batista Rigon, le directeur musical de la manifestation s’évertue à dénicher des œuvres rares ou des versions inédites de grands titres du répertoire. Cette année, la curiosité à découvrir, à l’occasion du centième anniversaire de la mort de Pauline Viardot, est un Don Pasquale où Norina est mezzo-soprano, ainsi que l’illustre cantatrice se plut à l’interpréter à Berlin en 1847.</p>
<p> </p>
<p>C’est toujours un défi recommencé que monter un spectacle au Teatro Olimpico dans la mesure où le classement de la perspective urbaine signée Palladio qui occupe la scène  interdit à la fois l’installation d’un décor  qui la masquerait ou s’y appuierait et le moindre déplacement interne. Prenant acte de ces contraintes, usant d’éléments mobiles – paravents, échelle, diable, socles, banquette &#8211;  <strong>Massimo Checchetto</strong> et <strong>Serena Rocco</strong> font de l’étroit rectangle disponible pour le jeu théâtral la grande galerie d’un musée où vaquent personnel et visiteurs et où, dissimulé aux regards des visiteurs, se trouve le laboratoire de Don Pasquale. Est-il simple conservateur ou propriétaire ? La mise en scène ne le dit pas mais <strong>Francesco Bellotto</strong> donne au personnage une existence : quand il n’est pas absorbé par une restauration délicate, il veille avec un soin jaloux sur la collection de statues féminines dénudées. Autoritaire et maniaque, comme on peut déjà le déduire de ses rapports avec les employés du musée, sujet à des problèmes de santé qui impliquent l’utilisation d’un siège spécial, avec des faiblesses de vieil enfant vicieux, il ne pourra rien contre l’intrigant Malatesta, dont la jeunesse fait l’allié d’Ernesto. Entre ce dernier qui se la joue <em>rock star</em> et Norina <em>fashion victim</em>, le vieux débris n’a pas la moindre chance. Il assistera impuissant et désespéré au bouleversement de son univers, laboratoire supprimé, statues mutilées ou « revisitées » au nom d’un gout du jour qui archaïse le sien et fait de lui un vestige parmi d’autres. Les troupeaux de visiteurs se succèdent, les ados s’affalent sur les banquettes, les piqueniqueurs s’étalent et les tags des « artistes » vandalisent les statues. Ainsi va la vie.</p>
<p> </p>
<p>Cette conception qui dramatise un tant soi peu l’ouvrage de Donizetti correspond à la lecture de <strong>Giovanni Battista Rigon</strong>. Les tempi volontairement ralentis surprennent d’abord, mais la cohérence de la vision est indiscutable. Don Pasquale devient le représentant de valeurs aujourd’hui menacées plus que jamais par l’indifférence d’une génération pour laquelle la culture n’est plus un trésor à conquérir et un patrimoine à conserver mais le reliquat désuet d’une époque révolue. A l’oreille on perd de l’acide gaité des déhanchements rythmiques ici assagis, on gagne une mélancolie discrète et chantante à laquelle on n’échappe pas. Le climat est installé dès l’ouverture, où l’orchestre, bien que composé pour la circonstance, démontre cohésion et précision, avec une section de vents particulièrement brillante et des cordes capables de séduisantes subtilités. Il ne faiblira pas jusqu&rsquo;au finale où la version Viardot reconstituée donne à entendre un rondo billant en forme de valse tiré de l’opéra <em>The maid of Artois</em> du compositeur anglais Balfe, donné à Londres en 1836 avec en vedette Maria Malibran, l’ainée des sœurs Garcia.</p>
<p> </p>
<p>Si l’Ernesto d’<strong>Emanuele d’Aguanno</strong>, probablement handicapé par le trac, convainc plus scéniquement que vocalement, le Malatesta vaguement ruffian de <strong>Gabriele Nani</strong> ne manque pas d’aplomb et il chante fort bien, se tirant avec les honneurs du duo qui met à l’épreuve sa rapidité dans le chant syllabé, mais la voix semble petite même dans l’espace mesuré du Teatro Olimpico. <strong>Federica Carnevale,</strong> mezzo soprano clair, comme devait l’être Pauline Viardot, qui pouvait dans sa jeunesse chanter la Desdemona de Rossini, s’acquitte avec honneur du rôle de Norina ; si la voix n’est pas de celles qui vous captivent au premier moment elle est bien conduite et s’épanouit victorieusement dans le rondo final. Ces jeunes chanteurs sont probablement stimulés par le Don Pasquale de leur ainé <strong>Lorenzo Regazzo</strong>, qui quinze ans après une première approche à Lausanne retrouve le personnage. Grimé juste assez pour satisfaire à la décrépitude supposée, passant d’une tenue de travail stricte à un habit de cérémonie avant d’apparaitre dépenaillé, &#8211; les costumes de <strong>Carlos Tieppo </strong>contribuent à moderniser les personnages tout en exprimant leur personnalité &#8211;  il prête à Don Pasquale une épaisseur où affleurent perversion et fétichisme, selon les compositions théâtrales dont il a le secret. Dans une forme vocale olympique – pardon – il subjugue aussitôt par la variété des inflexions, la clarté de l’émission, la netteté des agilités, la justesse de l’expression, l’équilibre entre ridicule et pathétique, autant de qualités qu’on lui connaissait et qu’on retrouve tout entières avec bonheur.</p>
<p> </p>
<p>L’écrin du Teatro Olimpico ajoute à ces représentations une plus value qui attire un public international.  Cependant l’exigüité de la fosse et les dimensions du théâtre imposent des limites. Elles son atteintes avec ce <em>Don Pasquale</em> en termes d’effectif orchestral et de saturation sonore, celle-ci liée en partie à l’utilisation d’instruments modernes. L’ouverture récente d’un nouveau centre de spectacles pourrait offrir la possibilité d’élargir le répertoire proposé. Les semaines musicales de Vicenza devraient donc réserver encore de belles surprises.  </p>
<p> </p>
<p><strong>Maurice Salles</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le salon musical de Pauline Viardot — Vicence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-alla-russa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 07:05:21 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/viardot-alla-russa/</guid>

					<description><![CDATA[<p>LE SALON MUSICAL DE PAULINE VIARDOT EN COLLABORATION AVEC LE PALAZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANCAISE      Programme   Pauline Viardot : Cancion de la Infanta (texte anonyme) Gioachino Rossini : « Assisa al pié d’un salice » (Otello, III, 1 ; livret de Berio di Salsa) Frédéric Chopin / Pauline Viardot : Aime-moi (Transcription de la mazurka ; texte de L.Pomey Frédéric &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          <strong>LE SALON MUSICAL DE PAULINE VIARDOT</strong></p>
<p>EN COLLABORATION AVEC LE PALAZETTO BRU ZANE – CENTRE DE MUSIQUE ROMANTIQUE FRANCAISE</p>
<p> </p>
<p></p>
<p>  </p>
<p><strong>Programme</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Pauline Viardot : Cancion de la Infanta (texte anonyme)</p>
<p>Gioachino Rossini : « Assisa al pié d’un salice » (Otello, III, 1 ; livret de Berio di Salsa)</p>
<p>Frédéric Chopin / Pauline Viardot : Aime-moi (Transcription de la mazurka ; texte de L.Pomey</p>
<p>Frédéric Chopin : Zai (Transcription de l’étude op.10 n°3 ; texte de M.Jozefowicza)</p>
<p>Franz Liszt : Liebestraum (Transcription du nocturne S 541 ; texte de F.Freiligrath)</p>
<p>Pauline Viardot : Hai lulli (ttexte de Xavier de Maistre)</p>
<p>Pauline Viardot : Zeklinanie (Texte de A.Pouchkine)</p>
<p>Charles Gounod : « O ma lyre immortelle » (Sapho, III ; livret de E.Augier)</p>
<p>Christoph W. Gluck / Hector Berlioz : «  Che faro senza Euridice » (Orfeo, III ; livret de Calzabigi)</p>
<p>Gabriel Fauré «  Chanson du pêcheur » (Texte de Théophile Gautier)</p>
<p>Camille Saint-Saëns : « Mon cœur s’ouvre à ta voix » (Samson et Dalila, II ; livret F.Lemaire)</p>
<p> </p>
<p>Svetlana Novikova, mezzo-soprano</p>
<p>Pierangelo Piran, piano</p>
<p>Carlo Vitali, musicologue</p>
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<p>Vicenza, le 6 juin 2010</p>
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<p><strong>Viardot “alla russa”</strong></p>
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<p>En préambule aux représentations de la version de Don Pasquale arrangée pour Pauline Viardot, les Semaines Musicales de Vicenza proposaient un concert autour du salon de la célèbre cantatrice. Présentées par <strong>Carlo Vitali</strong>, les principales étapes de sa longue vie et en particulier ses rencontres les plus marquantes avec l’élite musicale de son temps, autant d’occasions de faire entendre des pièces extraites d’œuvres par elle composées ou interprétées. </p>
<p> </p>
<p><strong>Pierangelo Piran</strong> fournit le support instrumental, avec discrétion, efficacité et sensibilité. <strong>Svetlana</strong> <strong>Novikova</strong>, mezzo-soprano plutôt clair, chante avec goût, évite de poitriner et ne force que rarement une voix homogène.  Cependant  la justesse est parfois approximative, le suraigu difficile, comme dans l’extrait de <em>Sapho</em> et la prononciation du français largement perfectible, malgré une application évidente. Et pourtant quelques pièces donnent au concert sa raison d’être, comme le deuxième Chopin ou le Liszt. Ayant plus d’affinités avec le polonais et l’allemand, la musicalité de la cantatrice russe n’est plus entravée, et elle s’épanouit avec le texte de Pouchkine. Pauline Viardot, inspirée par la Russie où elle a séjourné et où elle a noué avec l’écrivain une intimité étroite, écrit une musique vibrante de l’émotion passionnée de ce poème tendu comme un arc et préfigure merveilleusement la veine mélodique d’Onéguine. Alors Svetlana Novikova devient une interprète captivante, et la reprise en bis à la fin du concert confirmera l’impression qu’il s’agit là de son véritable répertoire.</p>
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<p>La vie de Pauline Viardot, sa carrière, ses relations, ses dons, ses créations, ont bien de quoi susciter l’intérêt à travers conférences et concerts. On ne peut que se réjouir que de telles manifestations maintiennent vivante la mémoire de celle qui ne cessa de surprendre ses contemporains, même après son retrait des scènes, créant à soixante ans, en privé certes, la Dalila de Saint-Saëns et composant une Cendrillon à près de quatre-vingt trois ans !</p>
<p> </p>
<p><strong>Maurice Salles</strong></p>
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		<title>PICCINNI, Il finto turco — Vicence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/avantage-aux-bouffons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2009 19:15:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Il Turco in Italia, poursuivant une politique consistant à associer au programme des Semaines Musicales de Vicence une œuvre connue et un titre rare, voici Il finto Turco, curiosité absolue pour nous que cet opéra jamais représenté depuis le XVIII° siècle. Le livret d’ Antonio Palomba fait se croiser deux intrigues concernant deux couples &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Après <em>Il Turco in Italia</em>, poursuivant une politique consistant à associer au programme des Semaines Musicales de Vicence une œuvre connue et un titre rare, voici <em>Il finto Turco</em>, curiosité absolue pour nous que cet opéra jamais représenté depuis le XVIII° siècle. Le livret d’ Antonio Palomba fait se croiser deux intrigues concernant deux couples appartenant respectivement la paysannerie et à l’aristocratie. En fonction de cette origine les personnages s’expriment donc qui en dialecte napolitain qui en italien relevé, et leurs façons vont de la rusticité aux manières de cour. La musique de Niccolo Piccinni, calquée sur ces différences, présente un vaste répertoire de typologies vocales où s’enchaînent cavatines, airs <em>da capo</em> et airs de situation. Plus qu’une originalité qui ferait de l’œuvre un objet musical insolite c’est ce mariage du <em>buffo</em> et du <em>serio</em> et l’adéquation entre le sujet et le style qui lui donne son intérêt et son charme.</p>
<p>Pour le couple d’aristocrates tout a commencé dix ans plus tôt : la nuit célébrant leurs noces, un inconnu a tenté d’assassiner le jeune homme ; il a réussi à fuir, persuadé que cet attentat avait été commandité par celle qui allait devenir sa femme. Lassé de son exil volontaire, le voici de retour ; déguisé en Turc par précaution, que va-t-il découvrir ? Evidemment tout finira bien puisque son ancienne fiancée a refusé jusque là tout nouvel engagement malgré les sollicitations : cette fidélité suffit à démontrer son innocence.</p>
<p>Pour les paysans, leur couple récent est menacé par la jalousie aiguë d’un mari soupe au lait très soucieux de ne pas porter de cornes, et le caractère peu docile d’une jeune épouse que son père chouchoute tout en exaltant le modèle de la femme soumise, le seul admissible. Ajoutez un aristocrate mi-redresseur de torts mi-Don Giovanni, qui non content de s’interposer entre son ex-future belle-sœur – l’exilé est son frère &#8211; et un prétendant empressé s’immisce dans la querelle que le paysan fait à sa femme, pour la défendre et la séduire. Ainsi s’opère la liaison entre les deux univers.</p>
<p>On devine par ce résumé qu’une représentation scénique aurait exploité les situations et permis des contrastes ou des associations riches en couleur ; las, les dures nécessités ont entraîné même la suppression de la version semi scénique envisagée, et c’est donc en concert que la redécouverte est proposée. L’ensemble L’arte del arco est un ensemble composite en ce sens qu’instruments anciens – les vents – et semi anciens – cordes métalliques sur châssis anciens – s’y côtoient ; les récitatifs secs sont excellemment accompagnés au clavecin. <strong>Federico Guglielmo</strong> mène à bon port l’entreprise sans toutefois que sa lecture nous transporte particulièrement, peut-être parce que la musique reste souvent dans les limites d’une honnête facture, malgré quelques moments inspirés &#8211; dont l’un préfigure de manière troublante l’air de Barbarina &#8211; et dévolus de façon surprenante à la paysanne capricieuse, et qu’en l’absence de support dramatique son efficacité est amoindrie. </p>
<p>L’interprétation est d’un bon niveau général. <strong>Arianna Donadelli</strong> et <strong>Marina Bartoli</strong> chantent les deux amoureux de Florinda, le Faux Turc et le prétendant pressant ; si elles affrontent sans dommage la virtuosité et les tensions de l’écriture, on souhaiterait chez l’une comme chez l’autre plus de force dans les accents, des couleurs plus marquées et des voix plus sombres. Leur belle l’est en effet, et exprime bien les tourments des contraintes auxquelles sa condition de femme et son histoire particulière la soumettent. La voix est jolie et bien conduite, sans pour autant subjuguer.</p>
<p>Fabrizio, l’empêcheur de danser en rond et de rudoyer sa femme, est agréablement campé par le ténor bien stylé <strong>Krystian Adam</strong> dans un rôle à mi-chemin de l’héroïque et du comique involontaire. Le baryton-basse <strong>Gianpiero Ruggeri</strong> est le père partisan de l’ordre où les femmes restent à leur place que sa fille fait enrager de façon comique. <strong>Matteo Ferrara</strong> donne de sa voix profonde et ferme tout son relief au rôle exigeant de Bennardone, le mari jaloux, criard et amoureux. La palme revient cependant à <strong>Gabriella Colecchi</strong> qui compose une Carmosina d’un naturel et d’une séduction irrésistibles, alternant pétulance et fragilité, « vraie » et feinte, et dont le numéro de chanteuse des rues – il y a des simulacres d’évanouissement – a toute la saveur de l’authenticité puisque ce beau mezzo-soprano est d’origine napolitaine.</p>
<p>Les chanteurs étant parvenus pour la plupart à donner à leur interprétation toute la vie possible, l’absence de mise en scène n’a donc pas empêché le public de saluer longuement et chaleureusement les interprètes après le chœur final. Ce <em>Finto Turco</em>, où alternent scènes dramatiques et comiques, est probablement de nature à constituer un excellent spectacle ; merci aux Semaines Musicales de l’avoir associé au <em>Turco in Italia</em> et d’avoir permis son retour à la vie. </p>
<p><strong>Maurice Salles</strong></p>
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