L'Opéra de Limoges

Par Laurent Bury | jeu 01 Septembre 2016 | Imprimer

Depuis janvier 2016, la ville de Limoges possède son Opéra à part entière, après bien des changements d’appellations, sans parler des changements de lieu. Modestement dotée sur le plan financier, cette salle n’en présente pas moins des spectacles de grande qualité, souvent en association avec d’autres opéras de région, mais créée aussi ses propres productions.

Grâce à l’ouverture récente d’autres lieux pouvant accueillir d’autres types de spectacle, le Théâtre municipal de Limoges a pu devenir « Opéra-Théâtre » puis « Opéra » tout court, en se focalisant sur l’opéra, le ballet, le récital et le concert. Il reste le premier employeur culturel du Limousin, avec quelque 120 employés dont 55 permanents. Il accueille en moyenne 50 000 spectateurs par an, parmi lesquels on a pu constater un rajeunissement : on est passé en dix ans de 60% de plus de 60 ans à 60% de 30 à 60 ans, les moins de 26 ans passant de 10 à 25% du public.


Histoire : Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, le seul édifice pouvant accueillir musique ou théâtre dans la ville de Limoges était une ancienne écurie située à proximité de la porte Montmailler (aujourd’hui Place Denis-Dussoubs). En 1744, il est décidé d’accueillir les spectacles dans deux salles de l’Hôtel de Ville : on y donne des pièces de théâtre, de petits opéras, des concerts, et même des bals masqués. Intendant de la généralité de Limoges de 1761 à 1774, Turgot prévoit de construire un bâtiment qui servirait exclusivement à accueillir des spectacles payants, mais sa nomination en tant que ministre de la marine fait avorter le projet. En 1775, le sieur Besse transforme la salle du jeu de paume, rue du Banc Léger, en salle de spectacle, mais le lieu est détruit en 1790 par un incendie ; lors de la mise en vente des biens nationaux, Besse achète le couvert des Récollets Saint François et y installe un théâtre de 500 places. Il faut ensuite attendre 1829 pour que la municipalité envisage enfin la construction d’un véritable théâtre, et c’est le 29 mars 1840 qu’est inauguré le « Théâtre Municipal de Limoges », sur la Place Royale (aujourd’hui Place de la République). Ses 800 places s’avèrent pourtant vite insuffisantes. Rebaptisé « Salle Berlioz » en 1932, ledit théâtre restera longtemps désaffecté avant d’être démoli en 1953. Entre-temps, le projet d’un Cirque-Théâtre est approuvé en 1911 : ce doit être le premier équipement culturel moderne, polyvalent et adapté aux besoins de la ville, avec ses 3000 places. Hélas, la Première Guerre mondiale retarde les travaux et la salle n’ouvre qu’en octobre 1926. Avec ses superbes panneaux décoratifs peints par David-Ossipovitch Widhopff (aujourd’hui en partie conservés au Musée des beaux-arts de Limoges), le Cirque-Théâtre accueille tout le gratin lyrique français de l’entre-deux-guerres : Germaine Feraldy, Georges Thill, Ninon Vallin… Pourtant, en novembre 1955, le conseil municipal de Limoges se penche sur les problèmes de cette salle : « Sa forme hexagonale, la disposition de ses sièges et la défectuosité de son acoustique, ne remplissent pas les normes et les qualités exigées d’un public rendu difficile par la fréquentation, à Paris ou d’autres grandes villes, d’établissements confortables et modernes. On a soutenu avec pertinence que l’absence d’une bonne salle de théâtre était responsable pour large part de la désaffection manifestée depuis longtemps par le public limousin ». Plusieurs possibilités s’offrent alors : reconstruire sur les ruines de la Salle Berlioz un « Théâtre Cinéma » de 1500 places et un auditorium de 450 places ; rénover le Cirque-Théâtre ; construire un bâtiment neuf à l’emplacement dudit cirque-théâtre. C’est cette dernière solution qui est retenue, et dès 1956, un projet est présenté par l’architecte Pierre Sonrel, qui a également participé à la conception du nouveau Théâtre de Rouen. L’édifice doit inclure un théâtre à l’italienne, de 1600 places, un auditorium de 300 places et un conservatoire national de musique, pour une enveloppe totale de 500 millions d’anciens francs. La démolition du Cirque-Théâtre commence en 1958, et les forages commencent la même année pour la construction du nouveau bâtiment.

Adresse : 48, rue Jean Jaurès – 87000 Limoges

Statut : Régie d’une collectivité locale à caractère administratif

Site Web : www.operalimoges.fr

Année de construction : 1958-1963

Architecte : Pierre Sonrel

Style architectural : Parfait exemple du style « années 1950 », où l’on s’enivrait des charmes du béton. A ne pas manquer, la grande tapisserie tout aussi fifties qui orne le foyer du public.

Répertoire de prédilection : Après avoir longtemps proposé les piliers du répertoire d’opéra et énormément d’opérettes, l’Opéra de Limoges s’est recentré depuis quelques années sur des œuvres un peu moins fréquentées, du baroque au contemporain, et notamment dans le répertoire français.

Activités pédagogiques

  • Chaque saison depuis 2011-2012, programmation d’un opéra participatif « par des enfants et pour des enfants » : une centaine d’enfants participent chaque année à un projet pédagogique, avec visite de l’Opéra, interventions multi-disciplinaires à l’école et découvertes de trois spectacles de la saison
  • Collaboration avec les enseignants pour la sensibilisation du jeune public (parcours thématiques, ateliers découverte des coulisses d’un spectacle, réflexion sur la notion de création…)

Activités culturelles

  • Cycle de conférences
  • Rencontre avec les équipes artistiques des différentes productions
  • Tous à l’opéra
  • Visites thématiques au musée des beaux-arts
  • Projection de films à la BFM de Limoges
  • Présentation d’œuvres du Fonds régional d’art contemporain (foyer du public)
  • Orchestres en fête

Première œuvre dramatique représentée : Fortunio (17 mars 1963), « sous le parrainage de l’Opéra de Paris », avec des artistes de l’Opéra-Comique : Liliane Berton, Michel Lecoq, Jean-Christophe Benoît, Dominique Tirmont et André Vessières

Quelques productions marquantes :

  • Sur une scène pas si vaste, Aïda a été monté quatre fois en cinquante ans : en 1965, en 1978, en 1990 et dernièrement en 2004.
  • En janvier 1981, Benvenuto Cellini avec Alain Vanzo
  • Depuis le Fortunio de 1963, l’Opéra de Limoges est resté fidèle à Messager, remontant l’œuvre en 2013 pour fêter son demi-siècle d’existence, au cours duquel on a également pu voir, du même compositeur, Coups de roulis en 1965 et 1968, Monsieur Beaucaire en 1965 et 1976, Passionnément en 1967, L’Amour masqué en 2008, et bien sûr Véronique en 1964, 1967, 1971, 1979, 1985, 1998 et 2007…
  • Novembre 2009, création scénique des quatre opéras radiophoniques de Germaine Tailleferre, montés par J.F. Vinciguerra. Nouvelle production en novembre 2014 (M.-E. Signeyrole)
  • Septembre 2014, création mondiale de Daral Shaga, « opéra circassien » de Kris Defoort, sur un livret de Laurent Gaudé
  • Mai 2015, Steve V, opéra multimédia de Roland Auzet, livret de Fabrice Melquiot, inspiré par la vie de Steve Jobs, créé à Lyon en mars 2014

Meilleures places : Il n’y a pas de places aveugles dans ce théâtre moderne, mais évidemment, on voit mieux lorsqu’on est au milieu, que ce soit à l’orchestre ou au balcon.

Acoustique : Tout à fait satisfaisante.

Tarifs 2016 -2017 :

  • Pleins tarifs entre 14 et 53 euros.
  • Nombreuses formules d’abonnement, en particulier :
    • Kiosque Liberté
    • Un dimanche à l’opéra
    • Une saison à l’opéra  (26 spectacles)
  • Sur tous les spectacles :
    • places à 8 pour les moins de 15 ans, à 10 euros pour les étudiants (moins de 30 ans) et demandeurs d’emploi

Anecdote : Après avoir vu se succéder quatre directeurs entre 1963 et 1984, dont Georges-François Hirsch, le Théâtre de Limoges eut pour directeur artistique le chef d’orchestre Guy Condette, qui occupa le poste pendant un quart de siècle, ou même trente-cinq années si l’on compte la période pendant laquelle il avait d’abord été chef après une dizaine d’années en tant que chef invité. Alain Mercier est à la tête de l’Opéra depuis 2009.

Vestiaire : Il y en a plusieurs, aux différents étages. Attention, les jours de forte pluie, vous risquez de ne pas récupérer votre parapluie !

À l'entracte : Le Théâtre ouvre ses portes une heure avant le début du spectacle ; la salle une demi-heure avant. A l’entracte, le bar du foyer propose toutes les boissons habituelles.

Le bémol : Mieux vaut ne pas avoir de grandes jambes, l’espace manque cruellement entre les rangées de sièges des balcons.

Les dièses : La salle est dotée d’un plafond mobile, qui permet de réduire la capacité de 1500 à 900 places (en faisant disparaître le deuxième balcon), pour des spectacles plus intimes.

Accessibilité : L’Opéra de Limoges s’engage à recevoir dans les meilleures conditions les spectateurs déficients sensoriels. Un dispositif d’audiodescription est offert aux déficients visuels (il est bon de préciser si vous serez accompagné d’un chien guide). Tarif spécial de 12 euros pour les malvoyants.

Comment se rendre à Limoges sans voiture :

  • Liaisons ferroviaires régulières Paris – Limoges par trains intercités (trois heures pour les directs au départ de la gare d’Austerlitz)
  • Limoges a son aéroport (une heure de vol depuis Orly).

Transports conseillés  sur place :

  • Depuis la gare, l’Opéra est à moins de dix minutes à pied, mais un autobus peut également vous y conduire.

Boutique : Non

Où dîner a proximité ?

  • Le plus près de l’Opéra (sur le trottoir d’à côté) : la brasserie « Les Artistes », 4 rue Fitz James
  • Moins près, mais plus gastronomique, « L’Escapade du Gourmet », 5 rue du 71e Mobiles
  • Autres style, autre budget, « Hollywood Regal », 31 rue des Tanneries

Où dormir à proximité ? Il est possible de faire dans la journée l’aller-retour Paris-Limoges en train pour assister à un spectacle le dimanche en matinée, mais les six heures de voyages peuvent être assez fatigantes. D’où l’intérêt de passer une nuit sur place, ce qui permet également de découvrir les deux musées de la ville, sa cathédrale, ses rues anciennes…

  • Près de la gare : Hôtel Jeanne d’Arc (***), 17 avenue du Général de Gaulle
  • Près de l’opéra : Hôtel Ibis Limoges Cenre (***), 6  boulevard Victor Hugo
  • Hôtel Mercure Royal Limousin (****), Place de la République

 

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