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	<title>Stefan BLUNIER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Stefan BLUNIER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Passionnément</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/passionnement-un-peu-beaucoup/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jun 2021 04:47:50 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 1<sup>er</sup> février 1926, <em>La Rampe</em>, un magazine théâtral de l&rsquo;entre-deux-guerres, applaudissait à deux mains la création de <em>Passionnément</em> quinze jours auparavant au théâtre de la Michodière : « M. André Messager, plus jeune, plus en verve que jamais nous a ravis par la fraîcheur de ses idées mélodiques et la finesse pleine de science musicale de son orchestration si purement classique » – le compositeur venait alors de souffler ses 72 bougies, ce qui explique la mention de son admirable jeunesse. Et le critique musical de poursuivre : « Que d’esprit dans ces pages dont tant de charme se dégage et gagne le public qui se laisse bercer et séduire en les écoutant ! Voilà de la vraie musique d’opérette et d’opérette française ».</p>
<p>A l’écoute de l’enregistrement proposé par le Palazzetto Bru Zane au format désormais familier de livre-disque – le 28e de la collection « opéra français » –, on ne peut que se ranger à l’avis émis un siècle plus tôt. Ce n’est pas un hasard si l’article est intégralement cité aux côtés d’une brève analyse de <em>Passionnément</em> par Christophe Mirambeau et d’un portrait d’André Messager par Roland-Manuel : le témoignage d’époque a valeur d’affirmation. Sur un argument vaudevillesque mis en paroles par Maurice Hennequin et Albert Willemetz, André Messager a déposé un nuage de notes dont l’élégance, le charme et la grâce, pour reprendre la formule de Widor, sont de ceux que l’on associe à la musique française. Reynaldo Hahn, abordé dans les deux précédents volumes de la collection – <a href="https://www.forumopera.com/cd/lile-du-reve-hahn-retrouve"><em>L’Île du Rêve</em></a> et <a href="https://www.forumopera.com/cd/o-mon-bel-inconnu-ce-quil-faut-pour-etre-heureux"><em>Ô mon bel inconnu</em></a> – n’est pas loin, même si les deux compositeurs n’étaient pas particulièrement amis – Le second considérait le premier comme « l’inventeur de la planche pourrie » car on ne sait jamais ce qu’il dira, pensera ou fera »*.</p>
<p>Comme pour <em>Ô mon bel inconnu</em>, le Palazzetto Bru Zane a eu la bonne idée de ne pas enregistrer les dialogues mais d’en proposer l’intégralité dans le livre qui accompagne le disque. Place donc à la seule musique, confiée à la direction scrupuleuse de <strong>Stefan Blunier</strong> à la tête du Münchner Rundfunkorchester. La formation orchestrale et le maestro ne sont pas forcément les plus attendus dans un répertoire que l’on sait délicat comme une tasse de porcelaine, mais faut-il se plaindre que la mariée soit parfois trop vigoureuse ? En l’absence d’artifices théâtraux, l’œuvre l’exige pour convaincre l’auditeur de sa viabilité.</p>
<p>Conçu pour une salle de dimension modeste, <em>Passionnément</em> ne requiert ni chœur, ni ballet, ni figurants mais des artistes capables d’en respecter le genre autant que la manière. Tel est le cas de la distribution réunie par le Palazzetto Bru Zane. Chanteurs ou acteurs ? <em>That is the question</em>, dirait William Stevenson, le cocu de l’histoire interprété par<strong> Eric Huchet</strong>, aussi convaincant et idiomatique dans Messager que dans Offenbach, malgré l’accent anglais imposé par le livret. Choix a été fait de privilégier les voix si l’on en juge aux noms d’<strong>Etienne Dupuis</strong> et de <strong>Nicole Car</strong> en tête d’affiche, plus couramment associés à l’opéra que l’opérette. En femme de chambre « pas très exigeante », la soprano, bien qu’irréprochable dans un rôle qui ne réclame pas d’exploits vocaux, apparaît trop souvent impersonnelle. Le baryton, lui, évolue dans cet univers raffiné avec un chic, un art du phrasé et de la demi-teinte qui rendent son Robert Perceval incontestable et ses « Passionnément » irrésistibles. Face à l’empressement juvénile de son amant, <strong>Véronique Gens</strong> campe une digne Ketty, plus cougar que troublante. Avec trois couplets, un par acte, <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong> dispose d’arguments suffisants pour démontrer qu’Hélène est plus qu’un personnage secondaire. <strong>Armando Noguera</strong>, dont le Capitaine Harris se limite à quelques interventions dans les ensembles, n’a pas cet avantage.</p>
<p>* Lettre de Reynaldo Hahn à M. Brisson du 28 juin 1924 – cité par Philippe Blay dans <a href="https://www.forumopera.com/livre/reynaldo-hahn-etude-dun-cas">sa récente biographie du compositeur</a><br />
 </p>
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		<title>STRAUSS, Der Zigeunerbaron — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-baron-tzigane-geneve-le-jeu-du-cochon-a-deux-tetes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Dec 2017 08:35:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré diverses tentatives récentes pour redonner vie à Une nuit à Venise, difficile de nier que l’œuvre scénique de Johann Strauss fils ne s’est guère imposée au-delà de La Chauve-souris. Pour être un titre encore connu, Le Baron tzigane n’en est pas moins devenu une vraie rareté, dont on se réjouit que Genève ait eu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré diverses tentatives récentes pour redonner vie à <em>Une nuit à Venise</em>, difficile de nier que <a href="/livre/johann-strauss-le-pere-le-fils-et-lesprit-de-la-valse-les-valseurs">l’œuvre scénique de Johann Strauss fils</a> ne s’est guère imposée au-delà de <em>La Chauve-souris</em>. Pour être un titre encore connu, <em>Le Baron tzigane </em>n’en est pas moins devenu une vraie rareté, dont on se réjouit que Genève ait eu le courage de le mettre à l’affiche, fêtes de fin d’année aidant. Encore fallait-il se donner les moyens de ranimer un livret doublement daté, d’une part parce qu’il est inscrit dans un contexte historique (le début du XVIII<sup>e</sup> siècle), avec allusions à divers événements historiques, et d’autre part à cause de ficelles mélodramatiques un peu épaisses (un trésor caché dans un château, une tzigane qui se révèle en réalité être une princesse ravie à ses parents). Autre difficulté, l’ancrage dudit livret dans la réalité géopolitique de la double monarchie austro-hongroise. Autant de données qui lestent lourdement une opérette dont la musique est pourtant riche en mélodies connues, en superbes ensembles ou en allusions à la musique hongroise, dont la fameuse « marche » reprise par Berlioz dans <em>La Damnation de Faust</em>.</p>
<p><strong>Christian Räth</strong> a fait le choix de balayer d’un revers de la main tout ce contexte, électrochoc finalement salutaire, qui a le mérite de clarifier les enjeux de l’action  et de rendre plus acceptables certains éléments comme l’éloge du militarisme. Reste l’opposition entre deux camps, celui des éleveurs de cochon et celui des tziganes, transposée vers la deuxième moitié du XX<sup>e</sup> siècle, et dans le cadre d’un jeu de plateau, mi-jeu de l’oie, mi-monopoly. C’est la version française qui a été retenue, choix logique pour ce type de spectacle de fin d’année, mais avec des dialogues parlés revus et corrigés par Agathe Mélinand, complice habituelle de Laurent Pelly. L’imaginaire du cochon a particulièrement inspiré les décors et costumes inventifs de <strong>Leslie Travers</strong> : une famille d’humains-cochons visite le plateau à chaque début d’acte, le clan Zsupán arrive muni de statues de cochon, et la découverte du trésor est symbolisée par l’apparition d’un couple de danseurs vêtus d’or et de billets, et surtout à têtes de cochon… L’intrigue, gentiment absurde, se déroule dès lors dans un univers de fantaisie, où les tziganes devenus bikers ou punks et le personnel d’une porcherie industrielle sont réunis par l’urgence patriotisme d’une guerre contre… l’Espagne.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="274" src="/sites/default/files/styles/large/public/lebarontzigane_c_gtg-caroleparodi_06.jpg?itok=73O19lOE" title=" © GTG Carole Parodi" width="468" /><br />
	 © GTG Carole Parodi</p>
<p>Evidemment, un autre élément décisif devait être le choix des artistes chargés de porter des personnages assez dénués d’épaisseur et réduits à quelques affects simples. L’opérette n’est guère vaillante dans le monde francophone, et il est devenu difficile de distribuer ces rôles, car il faut trouver des artistes autant comédiens que chanteurs, et capables de faire comprendre leur texte. Pari en partie tenu seulement. Même une fois chauffée – le premier air de la partition, « Longtemps j’ai parcouru le monde », le cueille à froid –, la voix de <strong>Jean-Pierre Furlan – </strong>l’un des « Trois ténors français » du concert donné <a href="https://www.forumopera.com/les-3-tenors-francais-massy-les-3-tenors-francais-aussi-aiment-johnny">quelques jours auparavant à Massy</a> – reste assez peu séduisante, la diction manque de clarté et l’acteur est malhabile. Dans le rôle de Zsupán l’éleveur de porcs, <strong>Christophoros Stamboglis</strong> déploie un bel abattage, mais cet artiste dont nous avions apprécié la prestation <a href="https://www.forumopera.com/la-reine-de-chypre-paris-tce-la-deveine-dhalevy">dans <em>La Reine de Chypre</em></a> n’est hélas que l’ombre de lui-même : souffrant, il n’aura d’ailleurs pu assurer que la première représentation.</p>
<p>Malgré son nom, aux origines franco-belges, <strong>Eleonore Marguerre</strong> est une soprano allemande, et si son français chanté est tout à fait correct, le parlé est marqué par un accent assez net ; l’artiste déploie néanmoins de nombreux atouts, tant théâtraux que vocaux. Sa rivale Arsena trouve en <strong>Melody Louledjian</strong> une interprète assez idéale, tant par la qualité de sa diction que par la beauté de son timbre, seuls les aigus piqués étant parfois moins assurés, mais l’on se souviendra longtemps du numéro stupéfiant que devient, avec la complicité de la mise en scène, son air du troisième acte « On ne connaît, étant fillette ». <strong>Jeannette Fischer </strong>est comme toujours prête à tout, mais il semble que le rôle de mezzo de Mirabella, surtout son air du premier acte, soit néanmoins un peu trop grave pour elle. Aucun problème de ce genre pour<strong> Marie-Ange Todororovitch</strong>, très à l’aise dans la tessiture de Czipra.</p>
<p>En fosse, <strong>Stefan Blunier</strong> dirige la partition de Strauss avec verve et distinction, sans hélas pouvoir toujours éviter quelques décalages entre l’Orchestre de la Suisse romande et le plateau.</p>
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		<title>BERG, Wozzeck — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wozzeck-geneve-un-cri-urgent-pour-plus-de-compassion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Mar 2017 08:00:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>David McVicar, à qui l’on doit la mise en scène de ce Wozzeck, l’affirme et tient promesse : il s&#8217;agit d&#8217;un « cri urgent pour plus de compassion ». Familier ou non de l’ouvrage, on sort bouleversé. Tout y concourt : une distribution de haut vol, sans faiblesse, servie par une mise en scène d’anthologie. Cette &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>David McVicar</strong>, à qui l’on doit la mise en scène de ce <em>Wozzeck</em>, l’affirme et tient promesse : il s&rsquo;agit d&rsquo;un « cri urgent pour plus de compassion ». Familier ou non de l’ouvrage, on sort bouleversé. Tout y concourt : une distribution de haut vol, sans faiblesse, servie par une mise en scène d’anthologie. Cette création européenne de la production réalisée en novembre 2015 pour le <em>Lyric Opera</em> de Chicago, ici confiée à <strong>Daniel Ellis</strong>, se signale par son intelligence et sa prise en compte scrupuleuse des indications scéniques. Pour avoir du souffle, la réalisation n’en est pas moins extrêmement fouillée. Tout fait sens. N’était l’émotion forte à laquelle nul ne peut échapper, on se contenterait de tourner les pages de ce beau livre d’images, toujours justes, parlantes, servies par des éclairages judicieux. Pour autant, l’œil n’est jamais distrait du jeu des acteurs.</p>
<p>Visible dès l’entrée en salle, toujours présent, même occulté, un imposant cénotaphe nous donne la mesure du temps, des hommes broyés par la « grande » guerre. Le large cadre scénique, panoramique, se module ingénieusement dans les trois dimensions. La hauteur et la profondeur sont réduites par deux étroits rideaux coulissant latéralement. Les invraisemblables accessoires, authentiques (la baignoire à roulettes de la première scène) comme fantastiques (le fardier auquel est attelé Wozzeck, les appareils du cabinet du Docteur, avec cette pupille grossissante qui  nous défie, la voiture du Capitaine) sont autant de trouvailles bienvenues. Les costumes s’accordent idéalement aux personnages, du Capitaine, au casque à pointe, au Tambour-Major, roux, en veste bleu horizon, en passant par la pianiste en turban à plume des années folles. Les humbles ne sont pas moins caractérisés. Y compris dans les scènes les plus dépouillées, c’est toujours un régal pour l’œil. Ajoutez à cela une excellente direction d’acteurs, où tout est vrai, juste, réglé au millimètre, et vous aurez déjà pris conscience du caractère exceptionnel de cette production.</p>
<p>Pour David McVicar, Wozzeck est un pur, une âme simple, soumise, superstitieuse, broyée par un environnement sordide. Intensément humain, il n’est pas ce fou halluciné qui sert de cobaye au Docteur. Son amour, son besoin d’amour sont essentiels, comme sa solitude, ses incompréhensions. « <em>Il porte tout le poids du monde sur ses épaules, tourmenté, opprimé, oppressé</em> »,  « <em>le sadisme des autres le plonge dans la démence</em> » nous dit le metteur en scène. Ce ne sont pas tant le meurtre de Marie puis le suicide de Wozzeck qui constituent l’aboutissement, quelque horreur qu’ils portent, mais la promesse de transmission de sa pauvre condition à son fils, dans la scène ultime, après le bouleversant interlude en ré mineur. Vision cohérente, d’une grande fidélité au livret, si dense malgré sa brièveté.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="263" src="/sites/default/files/styles/large/public/wozzeck_red_c_caroleparodi_09.jpg?itok=gUFgJCPE" title="© Carole Parodi" width="468" /><br />
	© Carole Parodi</p>
<p>La distribution est homogène, sans la moindre faiblesse. Servis par des moyens vocaux hors du commun, le Capitaine, le Docteur et le Tambour-Major sont d’une vérité dramatique évidente, sans tomber dans la caricature. Les humbles, Wozzeck, Marie, Andres, Margret, ternes dans leur costume, n’en sont pas moins bien servis. Il en va de même des petits rôles (les deux apprentis, le fou) dont les brèves et ponctuelles interventions  sont remarquables. <strong>Mark Stone</strong> est un Wozzeck puissant, souple, la voix sait se faire humble, mais aussi incisive, projetée, volontaire. Comment la rossinienne <strong>Jennifer Larmore</strong> allait-elle chanter Marie ? Féminine sans  sensualité, âme simple, au caractère bien trempé cependant, robuste, on a connu des Marie plus tendres, plus émouvantes, mais le personnage est bien campé, vraisemblable. La berceuse ne nous attendrit pas vraiment,  par contre la scène (II-1) où elle mêle son admiration pour les boucles d’oreille à des bribes d’une chanson populaire qu’elle entonne pour son fils est particulièrement réussie.  L’intensité vocale et dramatique, du parlando au chant, est indéniable. Les moyens sont bien là.</p>
<p>Les personnages du Capitaine, du Docteur et du Tambour-Major sont exceptionnels. Ainsi les deux scènes réunissant les deux premiers constituent des réussites absolues. <strong>Stephan Rügamer</strong> (le Capitaine), ténor allemand – qui sera de nouveau le Capitaine à l’Opéra de Paris en avril-mai prochain – est l’homme de la situation. Voix sonore,  qui sait se faire tyrannique, insinuante, perverse. Le Médecin de <strong>Tom Fox</strong>, baryton américain trop rare en France, est superbe d’autorité vocale. Sa suffisance, son indifférence à autrui, considéré comme objet d’expérimentation, nous fascinent comme elles soumettent Wozzeck et le Capitaine. Leur rencontre (II-2) est un morceau d’anthologie, servi par une mise en scène stupéfiante. Avec le pauvre Wozzeck, les insinuations, chantées ou mimées, sont autant de blessures dont nous partageons la douleur. L’orchestre a-t-il  jamais été mêlé aussi intimement à l’action ?  Le Tambour-Major, coq prétentieux, vaniteux, violent est <strong>Charles Workman</strong>. Excellent comédien, le ténor américain ne manque ni de panache, ni de puissance vocale. Son chant est sonore, solidement charpenté. <strong>Tansel Akzeybek</strong> est Andres, la ligne est belle, le  timbre clair, lumineux. Voix attachante que l’on aimerait écouter dans Mozart. <strong>Dana Beth Miller</strong> joue (sprechgesang) et chante Margret. La mezzo américaine est impressionnante. On regrette que le rôle nous offre si peu l’occasion de l’apprécier (« Ins Schwabenland… ». Il en va de même des trois autres  petits rôles, tous remarquables.</p>
<p>Les chœurs sont si intimement tissés avec la trame orchestrale, si étroitement liés à l’action, qu’on oublierait de les mentionner. Ceux du Grand-Théâtre, bien sûr, dont le Chasseur du Palatinat reste en mémoire, mais aussi le chœur d’enfants de la scène finale. Familier de la musique du XX<sup>e</sup> siècle, <strong>Stefan Blunier</strong> dirige pour la première fois à Genève. Il communique toute son énergie à un Orchestre de la Suisse Romande pleinement engagé, jeune, réactif. La direction est très détaillée, attentive à chacun, elle cisèle, sculpte mais aussi conduit de formidables progressions, alliant une clarté pointilliste aux effluves plus ou moins vénéneuses d’un expressionnisme qui s’assume pleinement. La force dramatique est extraordinaire, amplifiée par une acoustique d’exception. Le provisoire Opéra des Nations, tout de bois, offrant un confort auditif et visuel exceptionnel, pallie le Grand-Théâtre, en réfection. C’est un bonheur décuplé de se trouver dans cette vaste caisse de résonance, odorante.</p>
<p>Faute d&rsquo;avoir la chance d&rsquo;assister aux dernières représentations, vous pourrez écouter ce <em>Wozzeck</em>,  diffusé dans l’émission <em>A l’opéra</em> de la RTS Espace 2, le samedi 25 mars à 20h.</p>
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		<title>Jennifer Larmore, une Marie peut en cacher une autre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jennifer-larmore-une-marie-peut-en-cacher-une-autre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Feb 2017 11:18:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jennifer Larmore s’apprête à faire ses débuts dans le rôle de Marie dans Wozzeck du 2 au 14 mars à l’Opéra des Nations de Genève. La mise en scène de David McVicar a été créée en novembre 2015 au Lyric Opera de Chicago. « Chaudement recommandée » alors par le Chicago Sun Times, elle sera &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jennifer Larmore </strong>s’apprête à faire ses débuts dans le rôle de Marie dans <em>Wozzeck</em> du 2 au 14 mars à l’Opéra des Nations de Genève. La mise en scène de <strong>David McVicar </strong>a été créée en novembre 2015 au Lyric Opera de Chicago. « <em>Chaudement recommandée</em> » alors par le <em>Chicago Sun Times</em>, elle sera reprise en Suisse par<strong> Daniel Ellis</strong>. Il s&rsquo;agira également d&rsquo;une première pour le chef d’orchestre, <strong>Stefan Blunier</strong>, et l’interprète de Wozzeck, le baryton <strong>Mark Stone</strong>. Pour l’anecdote, lorsque Tobias Richter, le directeur du Grand-Théâtre de Genève a proposé le rôle à Jennifer Larmore, il parait qu&rsquo;elle a immédiatement accepté croyant qu’il s’agissait de Mère Marie du <em>Dialogues des carmélites</em>, qu&rsquo;elle avait déjà interprétée au Caramoor Music Festival. Une fois son accord donné, plus moyen de reculer&#8230; Pas d&rsquo;inquiétude cependant. Si Marie est une prise de rôle, Jennifer Larmore n&rsquo;en est pas moins familière de l’univers d’Alban Berg. Elle a notamment chanté la Comtesse Geschwitz dans<em> Lulu </em>sur les plus grandes scènes : Londres,  Madrid, Paris, Amsterdam, Rome…. Plus d&rsquo;informations sur <a href="https://www.geneveopera.ch/programmation/saison-16-17/wozzeck/">www.geneveopera.ch</a>.</p>
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