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	<title>Carlos NATALE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Carlos NATALE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Turandot &#8211; Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chacun connaît la fable dont s’empare Puccini, au terme de son existence. Sa violence, sa cruauté, l’oppression, le désir et la tendresse en sont les ressorts dramatiques. Ses déclinaisons les plus fréquentes concentrent l’attention sur les trois principaux protagonistes à la faveur de mises en scène le plus souvent monumentales, où le hiératisme grandiose donne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Chacun connaît la fable dont s’empare Puccini, au terme de son existence. Sa violence, sa cruauté, l’oppression, le désir et la tendresse en sont les ressorts dramatiques. Ses déclinaisons les plus fréquentes concentrent l’attention sur les trois principaux protagonistes à la faveur de mises en scène le plus souvent monumentales, où le hiératisme grandiose donne le ton. La bouleversante réalisation à laquelle nous venons d’assister restitue la force expressive de la narration, à laquelle chacun prend part : l’excellence est propre à toutes les composantes, et, à rebours des habitudes, l’attention n’est pas limitée aux joutes vocales que se livrent Turandot, Calaf et Liù. La mise en scène, que signe<strong> Paolo Azorin</strong>, est reprise du festival de Macerata 2024. Si le public qui l’ignore se satisfait pleinement de la proposition, celle-ci porte la marque de sa destination première, au cadre immense du <em>Sferisterio</em>, et se trouve un peu à l’étroit dans le théâtre à l’italienne d’Avignon. Une Chine stylisée, que ne réfuterait pas l’actuelle, tant elle est juste : un décor unique, large structure légère qui ménage de façon symétrique plusieurs niveaux, se prêtera à toutes les scènes, à la faveur d’éclairages subtils, d’effets d’opacité, de cadrage et de projections en fond de scène.  Chacun des tableaux très figuratifs de la Chine éternelle est un régal pour l’œil, avec un souci confondant du détail, sans jamais tomber dans l’anecdotique. Les costumes traditionnels chinois sont de belle facture. A signaler l’esthétique des chapeaux de paille de riz ou de bambou dont l’uniformité variée et les mouvements vont caractériser la foule (1), nombreuse et soumise, comme celle de <em>Boris Godounov</em>. Aucun message ajouté, mais une vie et une force dramatique rendues plus intenses que jamais, sans soulignement. Ainsi, les valets du bourreau sont ici quatre archères, soumises à une de leurs semblables, et vont expliciter la violence et la cruauté du pouvoir de Turandot tout au long de l’ouvrage. Le malheureux prince de Perse, avant de périr, vivra ainsi le martyre de Saint-Sébastien, et la direction d’acteurs – chorégraphiée – fait de chacune des apparitions de nos amazones un moment fort. Les Masques, Ping, Pong et Pang, sont traités avec le même soin. Tout est explicite, y compris pour le public qui découvre l’opéra, sans que le mystère de Turandot en soit amoindri. La richesse et l’intelligence de la proposition relèvent du miracle, auquel participe chacun, de la direction au plus humble figurant.</p>
<p>La version retenue se signale par deux particularités. Même si l’on peine à comprendre le choix de l’orchestration de François Chaslin, que l’on confondrait aisément avec l’originale, sinon par des cordes réduites et l’interrogation sur les six ( ! ) trompettes de l’orchestre de scène, qui auraient dû s’ajouter aux trois en fosse, la réalisation n’altère en rien la perception d’un orchestre pleinement engagé, conduit avec maestria, nous y reviendrons. Heureuse surprise, la fin renoue avec le choix effectué il  y a un siècle par Toscanini, insatisfait de l’achèvement qu’il avait commandé à Alfano pour la création. Oubliées les trois versions habituelles, posthumes (* Alfano I et II, et Berio), pour s’arrêter sur la mort de Liu, là où Puccini avait dû cesser la composition. Dramatiquement, l’intensité poignante en lieu et place des effusions de Turandot métamorphosée par l’amour nous paraît rendre pleinement justice à l’ouvrage, le compositeur n’ayant pas eu coutume d’achever sur un dénouement convenu.</p>
<p>Le chœur, nombreux et puissant, sous toutes ses formes (2), intervient davantage qu’aucun des personnages, de façon quasi continue, intégrant la vingtaine d’enfants de la maîtrise de l’opéra. Ce soir, il s’impose comme acteur principal, malgré une superbe distribution. Un grand bravo à son chef, <strong>Alan Woodbridge</strong>, ainsi qu’à celui de la Maîtrise, <strong>Christophe Talmont</strong>. Les solistes jamais ne cèdent à la tentation de l’emphase ou du spectaculaire, et cette humilité au service de leur personnage aboutit à une vérité musicale et dramatique rare. Turandot, immaculée à sa première apparition, se parera d’une autre tenue traditionnelle, rouge bordée de bandeaux dorés, aux deux derniers actes. <strong>Catherine Hunold</strong>, dont c’est la prise de rôle scénique (3) met tout son art et son expérience wagnérienne au service de Puccini. Son redoutable « In questa reggia » traduit fort bien la complexité de sa personnalité. Habitée par la douleur, malgré une réserve altière, farouche, ses aigus sont tranchants, sans stridence, le chant jamais raide bien que puissant, tendu, et l’on apprécie les qualités d’émission de cette grande voix, sa longueur, sa ductilité, son autorité insolente. Ne manquait peut-être qu’un rien d’ambiguïté, de mystère. Si, dans sa toute première intervention (« Signore, ascolta ! »), Liù – <strong>Claire Antoine</strong> – semble en délicatesse avec un orchestre sonore, on l’oubliera vite pour la suite, particulièrement « Il nome che cercate », où elle donnera tout, jusqu’à son renoncement et sa mort par amour, intense, bouleversante. Toujours humble et digne, un soupçon de fragilité juvénile aurait contribué à la perfection. Mais ne boudons pas notre plaisir, l’aigu est lumineux, les <em>smorzandi</em> sublimes, assortis d’une science des nuances peu commune. Comment résister à l’émotion de l’ultime « Tu che di gel sei cinta » ?</p>
<p>Ardent, résolu, noble et sensible, Calaf est un être humain davantage qu’un roc inébranlable. <strong>Mickael Spadaccini</strong> en est une heureuse incarnation, renonçant aux effets faciles auxquels nombre de ses prédécesseurs nous ont habitués. La voix large, sonore, égale, ensoleillée comme caressante, est d’une aisance exceptionnelle, dont le souffle et la plénitude sont rares. D’autant que la subtilité du « Nessun dorma », sa poésie, sa tendresse, servie par un legato proche de l’idéal, est restituée avec justesse. Un nom à retenir, trop rare dans l’hexagone. Une mention spéciale à <strong>Vincenzo Nizzardo</strong>, qui a appris le rôle de Ping à la dernière minute, suite à la défection du titulaire. Rien ne le trahit ni dramatiquement, malgré la complexité de la gestique, ni vocalement tant l’ensemble paraît bien rôdé. Cette maîtrise du texte et du jeu est partagée par le trio, aussi espiègle que sadique. Ses deux compères de ténors, le Pang de <strong>Sébastien Droy</strong>, comme le Pong de <strong>Carlos Natale </strong>n’appellent que des éloges. La voix saine de<strong> Luciano Batinic</strong> nous vaut un Timur humain, noble, bien timbré. L’amertume de la déchéance se marie à la douceur de la douleur. <strong>Victor Dahhani</strong> campe avec bonheur l’empereur Altoum, le père inquiet. Aucun des petits rôles, le Mandarin de <strong>Jean-François Baron</strong>, le prince de Perse de <strong>Vladyslav Romankov</strong>, ne dépare cette équipe solide, cohérente et harmonieuse.</p>
<p>Nous avons réservé pour la fin la direction exemplaire de <strong>Federico Santi</strong> (4). A la tête de l’orchestre et des choeurs de l’opéra, dont il est chef associé, sous sa battue, les interprètes sont portés par un souffle continu, animé d’un puissant sens dramatique. Le souci des dynamiques, des équilibres, des couleurs, la précision et le raffinement des textures, la maîtrise parfaite du style sont au service d’une narration captivante de la première à la dernière note. Une soirée d’exception, dont les acclamations nourries d’un public comblé, dès la fin du premier acte, saluaient la reconnaissance.</p>
<pre>1. La foule omniprésente, dix-huit figurants en situation de handicap, « le peuple que l’on ne voit pas ou que l’on ne ne veut pas voir ». Belle initiative, à la fois pour l’ouverture et l’intégration, mais aussi pour la vérité dramatique. 
.2 La foule, les gardes, les valets du bourreau, les prêtres, les enfants, les sages, les héraults, les femmes, les sbires… 
3. Elle a chanté le rôle à Rennes, mais en version de concert.
4. Bien que simple homonyme de Nello Santi, un des grands chefs lyriques du répertoire italien, il s’inscrit dans la tradition des lointains descendants de Toscanini, le créateur.</pre>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor – Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une production très ambitieuse que nous propose l’Opéra de Rennes avec cette Lucia di Lammermoor vouée à être présentée pas moins de 15 fois avec trois orchestres différents, dans une vaste coproduction visible jusqu’à fin mai. L’originalité de la nouvelle version de ce monument du répertoire ? Un retour à la partition d’origine de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une production très ambitieuse que nous propose l’Opéra de Rennes avec cette <em>Lucia di Lammermoor</em> vouée à être présentée pas moins de 15 fois avec trois orchestres différents, dans une vaste coproduction visible jusqu’à fin mai. L’originalité de la nouvelle version de ce monument du répertoire ? Un retour à la partition d’origine de Donizetti, sans les fioritures coloratures devenues habituelles, notamment pour les airs du rôle-titre, et un retour à la tonalité authentique, nettement plus haute. Coupes et réorchestrations sont également supprimées sous la houlette du directeur musical <strong>Jakob Lehmann</strong>. Il faut donc oublier ses habitudes d’écoute pour aborder l’œuvre, qui bénéficie également de quelques prises de rôle et, comme c’est la vocation de l’Opéra de Rennes, la valorisation de jeunes chanteurs.</p>
<p>La mise en scène a été confiée à <strong>Simon Delétang</strong>, directeur du Théâtre de Lorient et ancien directeur du célèbre Théâtre du Peuple de Bussang, qui aborde ici pour la première fois une œuvre lyrique. De l’Écosse de Walter Scott ne subsistent que de la brume sous forme de fumée sur une scène dénudée et noire. Le décor est ainsi volontairement dépouillé, avec de beaux jeux d’éclairages créant une ambiance entre tableaux romantiques à la Caspar David Friedrich ou arcades minimalistes dignes des arrière-plans d’un Giorgio de Chirico. Nul doute que ces structures pourront aisément intégrer les différents théâtres de la tournée, dont celui de Lorient où l’on va rouvrir la fosse d’orchestre pour la première fois depuis une quinzaine d’années. Au fil des actes, le décor reste ainsi nu, sans accessoires superflus exceptés un puits sous forme de sphère futuriste et quelques canapés recouverts de draps. Il se passe bien peu de choses dans cette mise en scène où les protagonistes sont dirigés avec une apparente économie de moyens qui les met quelque peu à distance du spectateur, contribuant ainsi à une sorte d’artifice qui rend certains aspects de l’œuvre bien obscurs. Dans sa note d’intention, le metteur en scène précise bien, par exemple, que la folie de Lucia est avant tout un état second dû au choc. Mais cela apporte à sa Lucia une froideur très étrange, d’autant que son costume lui confère un look très sophistiqué années 1970. Il insiste également sur la traîtrise du frère, ici largement stigmatisée dans une gestuelle expressive. Sa volonté d’apporter un « mystère élégant » à l’œuvre fonctionne pourtant plutôt bien, quoique très éloignée de l’univers romantique de la pièce.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="707" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/6A7A4737-1024x707.jpg" alt="" class="wp-image-208169"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Laurent Guizard</sup></figcaption></figure>


<p>Pour sa prise de rôle en ce soir de première, la soprano cubaine <strong>Laura Ulloa</strong> semble vocalement très à son aise dans le rôle de Lucia. Évidemment, il faut oublier toutes les interprétations que nous connaissons pour s’adapter à ce respect d’une partition qui ne nous est pas familière, au détriment donc des coloratures habituelles, mais avec des chausse-trapes tout aussi périlleuses pour tout interprète dans ce rôle particulièrement exigeant. Chapeau bas à la jeune chanteuse qui a fait preuve de vaillance et de courage, même s’il lui faut ici et là batailler avec l’orchestre pour se faire entendre, par contraste avec celui qui incarne son frère, véritable phénomène vocal. Dans le rôle d’Enrico, le jeune baryton <strong>Stavros Mantis</strong> fait des étincelles. Il faut dire que la salle de l’Opéra de Rennes est idéale pour les voix, mais le jeune chypriote est doté d’un organe d’une puissance étonnante, au service d’une capacité à incarner le personnage avec toute sa haine et sa détermination ; la richesse de ses harmoniques est sublimée par un legato fluide et contenu, pour ce rôle éprouvant qui semble n’être qu’une promenade de santé pour l’interprète. On attend avec impatience de le suivre dans sa carrière en devenir. Magnifique Edgardo, le ténor colombien <strong>César Cortés</strong> est crédible dans tous les affects que ressent son personnage, en particulier dans la douleur et la passion amoureuse. Timbre caressant et velouté, très grande ductilité et puissance d’émission, tout est là pour combler l’auditoire. Les autres solistes se montrent à la hauteur de leur rôle : le célèbre sextuor, notamment, est particulièrement réussi. Et le <strong>Chœur de chambre Mélisme(s)</strong> encadre idéalement cette belle distribution.</p>
<p>Comme nous l’avons déjà dit, le chef Jakob Lehmann a voulu retrouver l’authenticité de la partition donizettienne. On ne peut que s’incliner devant le travail de recherche et de restauration, mais la direction d’orchestre manque parfois, à nôtre goût, de relief et de nuances. L’<strong>Orchestre National de Bretagne</strong> se montre toutefois au diapason de ce répertoire. Saluons au passage la belle intervention du glass harmonica, grande attraction de la soirée. Par son ambition et la qualité de son interprétation, voici un spectacle à découvrir avec de multiples dates possibles, comme à Lorient, les 3 et 5 mars, à Angers le 25 mars, à Nantes les 12, 14, 15 et 17 avril, à Massy les 22 et 24 mai et enfin le 30 mai à Compiègne, avec deux distributions en alternance.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-rennes/">DONIZETTI, Lucia di Lammermoor – Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>VERDI, La traviata &#8211;  Carcassonne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-carcassonne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Se rendre à Carcassonne entendre La traviata aiguise forcément les tympans ; à quasi mi-chemin entre Toulouse et Montpellier, deux places fortes de l’art lyrique en Occitanie, Carcassonne n’a, en la matière, qu’une seule carte à jouer, mais il s’agit d’un atout maître : la Cité médiévale avec ses trois tours, ses remparts et ses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Se rendre à Carcassonne entendre <em>La traviata</em> aiguise forcément les tympans ; à quasi mi-chemin entre Toulouse et Montpellier, deux places fortes de l’art lyrique en Occitanie, Carcassonne n’a, en la matière, qu’une seule carte à jouer, mais il s’agit d’un atout maître : la Cité médiévale avec ses trois tours, ses remparts et ses vieilles pierres datant de 2600 ans. Cette cité recèle en son sein, qu’il faut conquérir par une longue pérégrination escarpée, un théâtre antique à ciel ouvert, classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Et c’est ici, entre autres lieux, que depuis 20 ans se tient le Festival de Carcassonne qui attire chaque été près de 200 000 spectateurs. Démarré à la fin juin, l’événement s’étale tous les soirs jusqu’au 31 juillet. Or Pascal Dupont, le directeur, s’est essayé à y programmer des opéras. <em>Carmen</em> en 2024, et cette année donc, il confie à <strong>Henry-Jean Servat</strong> le soin de proposer une nouvelle <em>Traviata</em>.<br />
Servat n’en est pas à son coup d’essai ; en 2005, dans le cadre d’ « Opéra en plein-air », il avait mis en scène la dévoyée dans les jardins du Sénat. Servat n’est pas à proprement parler un metteur en scène – il est davantage un touche-à-tout, mondain d’entre les mondains, dont le carnet d’adresses, long comme le bras, lui permet de convoquer qui la Comtesse de Paris, qui Isabelle Adjani en personne, empêchée ce soir par l’accident de son… chat, comme naguère il avait convaincu Clotilde Courau de dire un prologue à la <em>Traviata</em> parisienne. Que celui qui a interviewé bon nombre des grands de ce monde pour le compte d’un magazine papier glacé mais aussi des chanteurs (Villazon, Caballé, Kaufmann), s’intéresse de près à la vie de la demi-mondaine Violetta Valéry nous semble tout compte fait aller de soi. Surtout Henry-Jean Servat est un amoureux de l’opéra et c’est bien cela qui importe. Ce soir toutefois, si Servat nous sert tout ce qu’il y a de plus de classique, de beau et de tape-à-l’œil en matière de décors et costumes, la conduite d’acteurs est entièrement minimaliste et la crédibilité du tout est à mettre entièrement au crédit des acteurs-chanteurs motivés en diable.<br />
En cette belle soirée estivale, le théâtre antique Jean-Duchamp est quasiment plein ; on annonce plus de 3000 billets vendus, alors réjouissons-nous avant toute chose que l’opéra touche un public si vaste, pas forcément habitué aux ambiances feutrées des grandes maisons. Démarrée au crépuscule, la pièce s’installe vite dans la nuit, douce et ventée. On parle, on se déplace, on filme avec son téléphone – qu’importe, la communion opère.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="" title="2025_FESTIVAL_8376_JR_2400px" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_FESTIVAL_8376_JR_2400px-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1751895567219" alt="" width="731" height="339" />
© Julien Roche - Manon Roux - Ville de Carcassonne</pre>
<p>D’emblée c’est la sonorisation qui titille les oreilles ; mais nous nous dirons qu’elle va permettre aux plus hauts gradins de tout percevoir d’une action non sur-titrée et surtout aux voix de s’économiser. Accessoirement aux 28 musiciens d’un orchestre malingre de se faire entendre. C’est dans la sonorisation individuelle des instruments que se situe toutefois la limite de l’exercice, le son perdant tout naturel. L’orchestre Mélodia, fondé en 1968 par <strong>Claude Cuguillère</strong> et composé, nous dit-on, d’anciens instrumentistes de l’orchestre du Capitole, tient sa place, en tout cas celle que lui donne son chef fondateur, qui a lui aussi côtoyé le Capitole, du temps de Michel Plasson. Mais une direction d’orchestre bien timorée avec des tempi d’une lenteur assoupissante. Dès le prologue la voie de langueur est montrée et, trois heures plus tard (il y a deux entractes), le prélude du IV peine à nous tenir en éveil. Au II, les deux arias de Giorgio sont également pris dans un tempo excessivement lent.<br />
C’est dans la distribution vocale que nous trouverons les vrais motifs de satisfaction. Aucun rôle n’est négligé :  l’Annina de <strong>Sonia Menen</strong>, la Flora de <strong>Mathilde Legrand</strong>, le Gastone de <strong>Carlos Natale</strong>, le Baron de <strong>Jivong Song</strong>, le Marquis de <strong>Guilhem Souyri</strong>, le Grenvil d’<strong>Olivier</strong> <strong>Dejean</strong> et le Giuseppe de <strong>Vincent</strong> <strong>Alary</strong> servent de la plus belle manière le trio vocal majeur. Pour celui-ci, la sonorisation nous a bien sûr empêché d’évaluer la capacité de projeter dans un contexte plus naturel. On sait gré à <strong>Yoann Dubruque</strong> de remplacer, quasiment au débotté, Laurent Arcaro initialement prévu pour le rôle de Giorgio. Il a dû batailler, on l’a dit, avec des tempi bien peu allants mais sa force d’incarnation a surmonté cette difficulté. <strong>Kévin Amiel</strong> est un Alfredo à la vaillance décidément intacte. Tout y est vocalement ou presque avec de surcroît des talents d’acteurs <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-versailles/">qu’il avait déjà démontrés</a>. Enfin des bravi enthousiastes réservés à <strong>Erminie Blondel</strong>, découverte ce soir en Violetta, qui offre une vision accomplie du personnage, vision servie, malgré quelques flottements dans la justesse ici et là, par tout ce qu’il faut de technique (des aigus filés tombés du ciel étoilé), une incarnation entièrement crédible, et, cerise sur le gâteau, un contre-mi bémol tenté et réussi !</p>
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		<title>Angers-Nantes Opéra 2025-26 : Fragilisé mais déterminé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/angers-nantes-opera-2025-26-fragilise-mais-determine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 08:24:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La création imminente et ambitieuse de la Messe pour une planète fragile sur un texte de &#160;de la poétesse sud-africaine Antjie Krog et une musique de Guillaume Hazebrouck viendra clore la semaine prochaine la saison 2024-25 d&#8217;Angers Nantes Opéra. Voilà huit ans maintenant qu&#8217;Alain Surrans a quitté l&#8217;opéra de Rennes pour Angers Nantes Opéra, tout &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La création imminente et ambitieuse de la <a href="https://www.angers-nantes-opera.com/messe-pour-une-planete-fragile"><em><i>Messe pour une planète fragile</i></em></a> sur un texte de &nbsp;de la poétesse sud-africaine <strong>Antjie Krog et une musique de Guillaume Hazebrouck viendra clore la semaine prochaine la saison 2024-25 d&rsquo;Angers Nantes Opéra.</strong></p>
<p>Voilà huit ans maintenant qu&rsquo;Alain Surrans a quitté l&rsquo;opéra de Rennes pour Angers Nantes Opéra, tout en conservant des liens forts avec la maison bretonne qu&rsquo;il avait dirigé pendant quatorze ans, impulsant de nombreuses et fructueuses collaborations. Il achèvera son mandat en Pays de Loire le 1er janvier prochain, cédant la place à Alexandra Lacroix de manière sereine et concertée.</p>
<p><a href="https://www.angers-nantes-opera.com/#3">L&rsquo;ultime saison</a> qu&rsquo;il programme conserve son ambition en dépit du contexte brutal qui est celui des coupes budgétaires drastiques imposées par la Région Pays de Loire ainsi que par le département de Loire Atlantique. Les deux métropoles ainsi que le ministère de la Culture ont partiellement amorti le choc par effort financier complémentaire. Si les levers de rideaux passent de 72 à 60, sacrifiant en particulier les programmations baroques, de danse et de certains projets du chœur, en revanche, il semble hors de propos de transiger avec la qualité des propositions.</p>
<p>Les coproductions les plus prestigieuses promettent le meilleur comme <em>La Calisto</em> de Francesco Cavalli avec le Festival d’Aix-en-Provence en novembre ou encore, début juin, <em>Robinson Crusoé</em> de Jacques Offenbach avec le Théâtre des Champs-Elysées sous la houlette de Laurent Pelly et des décors, costumes, réalisés par les ateliers d’Angers-Nantes Opéra.</p>
<p>En mars, une large coproduction rassemblera les opéras de Rennes et Massy, le Théâtre Impérial de Compiègne – Opéra de Compiègne et le Théâtre de Lorient – CDN pour <em>Lucia di Lammermoor</em>.</p>
<p>Alain Surrans ne renonce pas à l&rsquo;innovation avec <em>Solaris</em>, un vidéo-opéra contemporain écrit par Othman Louati dont l&rsquo;opéra &#8211; <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/louati-les-ailes-du-desir-rennes/"><em>les Ailes</em></a> <em>du Désir</em>, toujours avec Miroirs Etendus &#8211; avait déjà été applaudi dans le cadre de la Co[opéra]tive.</p>
<p>Cette dernière, incontournable, sera à nouveau présente en mars 2026 avec <em>Cendrillon</em> de Pauline Viardot.</p>
<p>Enfin Patricia Petibon illuminera dès novembre la version de concert de <em>l’Amour sorcier</em> et <em>La Vie brève</em> de Manuel de Falla,</p>
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		<title>VERDI, La Traviata – Angers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-angers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Mar 2025 05:51:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la belle ville d’Angers, pas une seule affiche du spectacle à venir ; sur la façade du Grand-Théâtre, la mention des deux dates de l’opéra est noyée dans d’autres informations. Et pour cause : les deux uniques représentations ont été prises d’assaut, surtout que cette Traviata a déjà été donnée à Nantes et à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la belle ville d’Angers, pas une seule affiche du spectacle à venir ; sur la façade du Grand-Théâtre, la mention des deux dates de l’opéra est noyée dans d’autres informations. Et pour cause : les deux uniques représentations ont été prises d’assaut, surtout que cette <em>Traviata</em> a déjà été donnée à Nantes et à Rennes, avec une <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-rennes/">critique</a> excellente. De fait, la version proposée par <strong>Silvia Paoli</strong> est véritablement passionnante. Les partis pris de la metteuse en scène transalpine sont à la fois classiques et très originaux. On pense beaucoup à Robert Carsen pour l’ambiance générale et au film de Zeffirelli (en plus sobre, évidemment&nbsp;!) pour la chorégraphie des Toreros.</p>
<p>Transposée à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, à une époque où l’on croisait des Sarah Bernhardt, Louise Weber dite la Goulue ou encore Yvette Guilbert, des stars dont certaines finiront dans le ruisseau, notre <em>Traviata</em> se déroule dans un lieu à la fois salle de réception et parterre face à la scène, mise en abyme qui nous plonge directement au cœur du drame dont nous sommes à la fois les voyeurs et les protagonistes. Dès l’ouverture, des notables se pavanent, fats et «&nbsp;la puzza sotto il naso », comme diraient les Italiens des Français snobs et suffisants. Ils se montrent tellement sans fard qu’en rang d’oignons et comme un seul homme, au lieu d’enjamber la pauvre Violetta à terre, ils lui passent littéralement dessus. Des images comme celle-là, qui donnent un équivalent visuel saisissant à la condition féminine quasi immémoriale, la production en fourmille. On assiste à une charge au vitriol, sans pour autant avoir envie de haïr qui que ce soit. Ce serait plutôt largement au bénéfice de Verdi, bien évidemment&nbsp;(qu’on se plaît à voir féministe avant l’heure) mais aussi de tous ceux qui luttent pour que les choses changent. L’art du travestissement masculin/féminin est ici mieux que pertinent, et pas seulement justifié par les fêtes qui émaillent le livret. Quand les hommes sont affublés d’un tutu qui ceint leur frac, ce n’est pas tant le ridicule qu’un début d’empathie qui sourd d’eux. Parmi les images les plus fortes, on retiendra cette neige qui s’abat soudainement quand Violetta décide de se sacrifier : son cœur entre en hiver et nous l’imitons, pour un « Amami Alfredo » des plus poignants. Et surtout, la fin, inattendue et géniale : Violetta gît, solitaire dans sa chambre, dans les bras d’Annina. Ni Alfredo, ni Germont père ne sont présents. Des silhouettes portant un tabarro et une capuche qui évoque celle des pleurants médiévaux en funeste danse macabre avaient entouré la mourante au moment de la scène du Bœuf gras et Alfredo n’était que l’un d’entre eux, ombre fugace. Comme au finale du premier acte, la jeune femme est seule et ressent des choses étranges. Les nombreux « strano » du livret prennent tout leur sens. On entend les deux hommes comme s’ils étaient présents auprès de la moribonde, alors qu’ils sont dans les coulisses. Quel puissant effet miroir et quelle formidable manière, pour Silvia Paoli, d’illustrer son propos : « la vraie maladie de <em>Traviata</em>, c’est l’horrible solitude qui lui a été imposée et le désespoir d’avoir vu la société entière lui tourner le dos&nbsp;». Rarement la solitude de l’héroïne n’a été aussi bien démontrée…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TRAVIATA-Maria-Novella_DPERRIN-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-185216" width="910" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Delphine Perrin / Hans Lucas.</sup></figcaption></figure>


<p>Cette mise en scène transcende et sublime le personnage de Violetta. Nous avons de la chance&nbsp;: la soprano italienne <strong>Maria Novella Malfatti</strong> se fond merveilleusement dans le rôle. À au moins deux reprises, elle est vocalement en décalage et rate une partie de la cabalette du premier acte, en avance sur l’orchestre. Qu’à cela ne tienne, ces toussotements vocaux ne font que rendre plus puissante encore sa performance. Timbre splendide, franchise et clarté de l’émission, pianissimi exquis, une palette d’émotions d’une richesse foisonnante et généreuse se dégagent de la jeune chanteuse au visage exprimant par ailleurs une grande noblesse. Cette très belle Traviata s’attire un tonnerre d’applaudissements d’un public conquis. L’autre grand triomphateur de la journée est <strong>Dionysios Sourbis</strong> dans le rôle de Giorgio Germont. Pourtant, la metteuse en scène florentine voit le père d’Alfredo comme un personnage cynique et hypocrite qui marchande avec la jeune femme, le transformant en une sorte de machine humaine ou de monstre froid&nbsp;: en témoigne l’admirable séquence de la rencontre des deux protagonistes, aux ombres expressives sur fond de papier peint qui semble évoquer le tableau de Gauguin <em>Les Misérables</em>, où l’artiste pas féministe pour un sou évoque « ce petit fond de jeune fille avec ses petites fleurs enfantines [qui] est là pour attester de notre virginité artistique ». Même si la référence n’est pas forcément celle-là, les petites fleurs du décor, rappelant ces jolis noms de dame aux camélias, Violetta ou autres Fiora, sont ici littéralement souillées par l’ombre du père carnassier et destructeur, comme dans un film expressionniste allemand. L’innocence et la beauté salies ne le sont que par des effets de lumière, que ne verrons que ceux qui veulent bien le voir… Cependant, alors que tout le charge, notre Germont père est incarné par le baryton grec avec une douceur et une grandeur d’âme rares, que lui confère sa voix aux nobles accents. Au départ, l’instrument est affecté d’un large vibrato qui disparaît peu à peu. Il se murmure en coulisses que le chanteur est souffrant, bien qu’aucune annonce officielle n’ait été faite avant le début du spectacle. <strong>Giulio Pelligra </strong>est bien moins convaincant en Alfredo. Une certaine difficulté à passer la rampe finit par faire de lui un amoureux bien effacé. Il se surpasse néanmoins au dernier acte où l’on apprécie un chant bien timbré et habité. Le personnage d’Annina est plus étoffé que d’habitude, témoin direct et bien que le plus souvent silencieux, très présent. <strong>Marie-Bénédicte Souquet</strong> lui donne énormément de relief, avec beaucoup de charme et une belle voix fruitée. Flora est campée avec autorité et charisme par <strong>Aurore Ugolin</strong>, chanteuse de caractère qu’on a envie d’entendre dans des rôles plus conséquents. Les autres comprimari sont impeccables. Le chœur d’<strong>Angers Nantes Opéra</strong> est à son meilleur, apparemment très à l’aise dans cette mise en scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TRAVIATA-Maria-Malfatti-Dyonisos-SOurbis_DPERRIN-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-185232"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Delphine Perrin / Hans Lucas.</sup></figcaption></figure>


<p>Si l’on ajoute à cela les superbes décors de <strong>Lisetta Buccelatto</strong> et les costumes très réussis de <strong>Valeria Donata Bettella</strong>, judicieusement éclairés par <strong>Fiammetta Baldisseri </strong>(en particulier pour l’arrivée soudaine de l’hiver en plein été), nous avons eu droit à une fort belle production. Dans la fosse, particulièrement profonde et tout en longueur, l’<strong>Orchestre national des Pays de la Loire</strong> sonne avec une solennité toute spéciale, ardemment mené par <strong>Laurent Campellone</strong> qui affine son Verdi de ville en ville. De soudaines accélérations contrastent avec des tempi lents, en contradiction avec nos habitudes d’écoute potentiellement paresseuses. Et pourtant, il ne s’agit que de respecter ce qui est écrit, nous rappelle le sémillant chef d’orchestre. Que tous soient remerciés&nbsp;: cette <em>Traviata</em> nous a fait dresser l’oreille pour l’écouter autrement, tout en l’appréciant à sa juste mesure. À savoir un spectacle où l’on n’a pas pu résister aux sanglots qui vous prennent immanquablement à chaque <em>Traviata </em>réussie. Le spectacle va être donné encore à Tours, où l’on a déjà rajouté des séances supplémentaires.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Bande-annonce | &quot;La Traviata&quot; de Giuseppe Verdi" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/wZQBpAeBuNI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="La Traviata | Interview de Silvia Paoli, metteuse en scène" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/nVtxP2ZLHf8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>VERDI, La traviata &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Feb 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La salle est comble, naturellement, en ce soir de première pour découvrir Traviata.  L&#8217;œuvre incontournable était à l&#8217;affiche de la capitale bretonne il y a une dizaine d’année avec une proposition assez sublime d&#8217;Emmanuelle Bastet qui avait marqué les esprits. Pour sa part, Silvia Paoli déplace l&#8217;action à la fin du dix-neuvième siècle dans une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La salle est comble, naturellement, en ce soir de première pour découvrir <em>Traviata</em>.  L&rsquo;œuvre incontournable était à l&rsquo;affiche de la capitale bretonne il y a une dizaine d’année avec une proposition assez sublime d&rsquo;<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/changer-en-ronces-les-roses-de-lamour/">Emmanuelle Bastet</a> qui avait marqué les esprits. Pour sa part, <strong>Silvia Paoli</strong> déplace l&rsquo;action à la fin du dix-neuvième siècle dans une salle de spectacle : Violetta s’y débat au milieu d&rsquo;un théâtre social cruel et décadent. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-traviata-liege/">L&rsquo;opéra de Liège</a> en début d&rsquo;année avait adopté le même parti pris de théâtre dans le théâtre avec une version ébouriffante de cette vie parisienne vue des coulisses où le désespoir perçait sous plumes et paillettes. Ici, le résultat est plus sobre mais malgré tout très prenant.</p>
<p>Le rideau se lève sur une danseuse en chemise qui exprime douleur et fragilité face à un mur d&rsquo;hommes en fracs, indifférents, qui l&rsquo;enjambent sans un regard. C&rsquo;est pareillement vêtue que Violetta expire deux heures plus tard dans la solitude du théâtre déserté. Simple et efficace, cette image qui ouvre et clôt la soirée est complétée par un jeu récurrent sur les costumes que l&rsquo;on revêt ou dont on se dépouille ainsi que sur une manifeste réflexion sur le genre, puisque les hommes arborent bientôt hauts de forme et tutus, que les femmes portent alors la moustache, que les travestis sont nombreux. Ce climat de carnaval entre malsain et sulfureux est mieux rendu encore par les chorégraphies inventives d&rsquo;<strong>Emmanuele Rosa</strong>.</p>
<p>Tout cela fonctionne parfaitement visuellement mais brouille quelque peu le propos: Violetta est victime d&rsquo;une société patriarcale, normée, étriquée qui pourtant s&rsquo;affiche ici crânement ouverte d’esprit, « gender fluid ».</p>
<p>Au second acte, les panneaux peints descendent des cintres pour projeter l’illusion d&rsquo;un bonheur fugace à l&rsquo;avant-scène. Cette chimère – encore une fois habilement soulignée par le ballet – ne résiste pas aux arguments assénés par Germont. Le décor, qui n’est pas sans évoquer <em>L</em><em>a desserte rouge</em> d&rsquo;Henri Matisse, s’effrite à chaque nouvel assaut du père. Les roses de l’amour se changent en ronces et le papier peint fleuri dévoile un cruel miroir où se reflète le public &#8211; clin d&rsquo;oeil à Robert Carsen? -tandis que Violetta y inscrit le prénom d’Alfredo au rouge à lèvres comme en lettres de sang.</p>
<p>Au dernier acte, le théâtre se fera intérieur, métaphore de l&rsquo;héroïne dont la flamme s&rsquo;étiole comme les becs de gaz, dont le cœur se glace comme la tempête de neige qui s&rsquo;abat sur les lieux et qui, seule et abandonnée, ne fait qu&rsquo;halluciner les retrouvailles avec le père et le fils qui chantent hors scène. Le « O Gioia » de la moribonde est celui d&rsquo;une âme égarée de douleur, basculant dans la folie.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TRAVIATA-G_110125_2152_DPERRIN-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183957"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Delphine Perrin</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Darija Auguštan</strong> est la révélation de la soirée. Elle s&rsquo;approprie le personnage de Traviata avec une vérité désarmante, sans coquetterie aucune. Son soprano solaire s&rsquo;enrichit d&rsquo;une conduite de la ligne remarquable, d&rsquo;un legato quasi sensuel. Les vocalises sont souples, les aigus faciles, la voix est pleine sur l&rsquo;ensemble des registres, le souffle long. Surtout, l&rsquo;incarnation est sincère, le jeu naturel et l&rsquo;art de la narration consommé. Chez une artiste aussi jeune, cela présage d&rsquo;une étincelante carrière. Elle fait ici ses débuts dans l&rsquo;hexagone. Gageons que nous l’y reverrons bientôt d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle confesse un goût particulier pour le répertoire français. Après avoir incarné Micaëla la saison passée à Zagreb, elle sera d&rsquo;ailleurs Antonia ce printemps à l&rsquo;opéra de Düsseldorf. </p>
<p><strong>Francesco Castoro</strong> donne la réplique à la jeune chanteuse croate sans jamais forcer le trait, proposant un Alfredo démuni, à la sincérité touchante. Le ténor jouit d&rsquo;un timbre clair, sonore, homogène, sans forçage, à la prosodie italienne irréprochable. La silhouette qu&rsquo;il dessine offre un fertile contraste avec le Germont tranchant de <strong>Dionysios Sourbis </strong>dont le vibrato un peu large empêche de profiter pleinement de la puissante projection et d&rsquo;un caractère qui semble hésiter entre noirceur et compassion.</p>
<p><strong>L&rsquo;Orchestre national des Pays de la Loire</strong> ainsi que le <strong>chœur d&rsquo;Angers Nantes Opera</strong>, très en place, investis, jouent des couleurs avec brio, du grinçant au plus chatoyant. Tous font preuve d&rsquo;une remarquable énergie sous la direction de <strong>Laurent Campellone</strong> qui assume des tempi rapides et une certaine brutalité. Cette dernière surprend et dérange quelque peu même si il s&rsquo;agit sans doute de dire la marche forcée vers l&rsquo;inéluctable et le drame. Elle s’adoucit heureusement de respirations et de moments suspendus opportuns pour laisser toute sa place à l&rsquo;émotion.</p>
<p>Les chanteurs, pour leur part, ne semblent pas en souffrir. <strong>Aurore Ugolin</strong> que l&rsquo;on avait pu applaudir dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/the-rakes-progress-la-carriere-du-libertin-rennes-mad-men/"><em>the Rake’s progress</em></a> irradie en Joséphine Baker travestie ou dans une sublime un robe manteau jaune – due comme l&rsquo;ensemble des très beaux costumes à <strong>Valeria Donata Bettella</strong>. Elle pare Flora de son timbre chaud, corsé et crée un contraste idéal avec la douce Annina de <strong>Marie-Bénédicte Souquet</strong>. Enfin, l&rsquo;aéropage d&rsquo;hommes gravitant autour de notre dame aux camélias complète avantageusement la distribution. <strong>Carlos Natale</strong> et <strong>Stavros Mantis</strong> entourent <strong>Gagik Vardanyan</strong>, Duphol aussi impeccable que le Docteur Genvil de <strong>Jean-Vincent Blot</strong>.</p>
<p>Ce<a href="https://www.youtube.com/watch?v=74Cmpcbj93w&amp;t=20s"> spectacle</a> est à découvrir à<a href="https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/la-traviata"> Rennes</a> jusqu&rsquo;au 4 mars avant un reprise à<a href="https://www.angers-nantes-opera.com/la-traviata"> Angers</a> les 16 et 18 mars et à <a href="https://operadetours.fr/fr/programmation?filtre%5Bliste_evenements%5D%5Btype%5D=125https://www.angers-nantes-opera.com/la-traviata">Tours</a> en juin.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-rennes/">VERDI, La traviata &#8211; Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>PUCCINI, Tosca &#8211; Orange</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-orange/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jul 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ainsi que Jean-Louis Grinda l’avait annoncé lors de la présentation à la presse de l’édition 2024 des Chorégies d’Orange, cette année serait une année de transition avec un seul opéra donné en version de concert, avant le retour à la normale dès 2025 avec deux opéras représentés par an. Les fidèles du lieu ont néanmoins &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ainsi que Jean-Louis Grinda l’avait annoncé lors de <a href="https://www.forumopera.com/breve/choregies-dorange-2024-une-annee-de-transition/">la présentation à la presse</a> de l’édition 2024 des Chorégies d’Orange, cette année serait une année de transition avec un seul opéra donné en version de concert, avant le retour à la normale dès 2025 avec deux opéras représentés par an. Les fidèles du lieu ont néanmoins répondu présent puisque c’est devant un Théâtre Antique comble que s’est jouée <em>La Tosca</em> choisie par les organisateurs en hommage à Puccini dont on commémore le centième anniversaire de la mort.</p>
<p>En réalité, plus qu’à une version de concert, c’est à une mise en espace que nous avons assisté, les interprètes ne s’étant pas contentés de chanter leur partie à l’avant-scène, ils ont joué leurs rôles comme lors d’une représentation normale avec tant de conviction que les spectateurs, captivés par le drame, ont fini par en oublier l’absence de décors. A chaque acte une image géante était projetée sur le mur, un portrait de sainte, sans doute Marie-Madeleine, au premier acte, le tableau <em>Diane et Callisto</em> du Titien au deuxième et une vue du château Saint-Ange au dernier.&nbsp;</p>
<p>Le Mistral s’est également invité à la fête, soufflant par rafales à intervalles réguliers sans pour autant déconcentrer les chanteurs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/tosca-2024-27-c-gromelle.-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-169278"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Tosca. Orange.© Gromelle </sup></figcaption></figure>


<p>Choisis avec soin, les seconds rôles étaient tous remarquablement tenus. Citons la délicieuse <strong>Galia</strong> <strong>Bakalov</strong>, berger au timbre clair et <strong>Jean-Marie Delpas</strong> convaincant dans son double emploi, Sciarrone ombrageux à souhait et geôlier empli de compassion. La voix sonore de <strong>Carlos Natale</strong> lui permet d’incarner un Spoleta qui marque les esprits tandis que <strong>Marc Barrard</strong> campe un sacristain efficace et sérieux, dépourvu cependant de la truculence inhérente à ce personnage. <strong>Bryn Terfel</strong> compense avantageusement une usure vocale désormais perceptible par une incarnation magistrale et subtile. Son Scarpia domine le plateau de sa présence inquiétante. Il ponctue certaines de ses répliques de rires démoniaques sans sombrer un seul instant dans la caricature du « méchant » de service. Sa grande scène de l’acte deux face à Aleksandra Kurzak est un grand moment de théâtre. Entièrement vêtu de noir, <strong>Roberto Alagna</strong> promène avec aisance sa silhouette juvénile sur le grand plateau du Théâtre Antique. Il connait sur le bout des doigts toutes les facettes de Cavaradossi qu’il a incarné sur les plus grandes scènes, et même au cinéma. Aujourd’hui, le ténor possède un medium puissant et riche en harmoniques qui confère davantage d’impact dramatique à son personnage, et si son aigu plafonne quelque peu au premier acte, ses « Vittoria ! Vittoria ! » percutants au deux déchaînent l’enthousiasme du public. C’est du fond de la scène qu’il interprète un « E lucevan le stelle » poignant et nuancé salué par une longue ovation. A l’applaudimètre c’est <strong>Aleksandra Kurzak</strong> qui remporte la palme. Vêtue d’une robe printanière de couleur claire au premier acte, puis d’une robe de soirée noire à paillettes aux actes suivants, la cantatrice offre une voix ronde et pleine, un timbre soyeux sur toute la tessiture et un aigu lumineux, comme en témoigne son contre-ut impeccable dans la phrase « Quella lama gli piantai nel cor ». Durant sa prière de toute beauté, chantée avec émotion et une résignation contenue, un silence recueilli s’installe, même le Mistral retient son souffle pendant cet instant magique qui s’achève sur une superbe<em> mezza-voce</em> flottante. Cette Tosca proche de l’idéal sait éviter avec brio les embûches de sa partie, ainsi la scène où elle tue Scarpia, impressionnante de réalisme, ne sombre jamais dans l’hystérie et lorsqu’elle découvre que son amant est mort au dernier acte, la douleur lui arrache des cris plaintifs et désespérés dépourvus d’excès grandiloquents.</p>
<p>Belle prestation des Chœurs des Opéras Grand Avignon et des Chorégies d’Orange, préparés par Stefano Visconti, qui ont offert un Te Deum grandiose à la fin du premier acte.</p>
<p><strong>Clelia Cafiero</strong> parvient à tirer le meilleur de l’Orchestre philharmonique de Nice en petite forme, dont on passera sous silence les quelques fausses notes dans le pupitre des cordes. En grande <a href="https://www.forumopera.com/puccini-vu-par-clelia-cafiero/">admiratrice de Puccini</a>, la cheffe italienne, habituée de l’œuvre qu’elle a dirigée à de nombreuses reprises cette saison, propose une battue tonique qui exalte l’aspect théâtral de la partition tout en demeurant attentive aux chanteurs. De la belle ouvrage, en somme. &nbsp;</p>
<p></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-orange/">PUCCINI, Tosca &#8211; Orange</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>MEYERBEER, Les Huguenots – Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/meyerbeer-les-huguenots-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jun 2023 07:17:23 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=133461</guid>

					<description><![CDATA[<p>Qui a dit que Les Huguenots était un ouvrage impossible à distribuer ? L’Opéra de Marseille a fourni la preuve éclatante du contraire en réunissant pour sa nouvelle production du chef-d’œuvre de Meyerbeer une équipe qui, sans atteindre sans doute les fastes de « la nuit des sept étoiles » que le Met avait affichée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qui a dit que <em>Les Huguenots</em> était un ouvrage impossible à distribuer ? L’Opéra de Marseille a fourni la preuve éclatante du contraire en réunissant pour sa nouvelle production du chef-d’œuvre de Meyerbeer une équipe qui, sans atteindre sans doute les fastes de « la nuit des sept étoiles » que le Met avait affichée en 1894, brille par son homogénéité et l’engagement de chacun des protagonistes. Hélas, on ne peut en dire autant de la production, minimaliste, et de la direction d’acteurs on ne peut plus succincte. On a connu <strong>Louis Désiré</strong> plus inspiré. Décors et costumes se déclinent dans des tonalités résolument sombres, noir, gris, bleu marine, avec cependant quelques touches de couleurs, la robe jaune vif de Marguerite de Valois et celle de Valentine au premier acte, d’un superbe bleu intense, ainsi que le long manteau rouge de Marcel. L’intrigue se déroule à une époque indéterminée. Rien ne distingue dans leur apparence les catholiques des protestants, ce qui est regrettable notamment au troisième acte où l’action, déjà confuse dans le livret, s’avère parfaitement incompréhensible. Quelques idées cependant retiennent l’attention comme la présence aux côtés de Marguerite de Boniface de la Môle qui fut son amant selon Alexandre Dumas. Les décors sont constitués de murs gris anthracite qui encadrent le plateau nu, et d’une cloison percée d’une large ouverture qui, selon les tableaux, descend au premier plan pour séparer la scène en deux parties. De grands poufs verts au deuxième acte, des rangées de chaises au trois, constituent les quelques rares accessoires. Des rideaux en plastique transparent maculés de sang apparaissent à chaque fois que la guerre entre les deux factions est évoquée ainsi que tout au long du dernier tableau où le massacre de la Saint-Barthélemy, à peine esquissé sur le plateau, inspire bien peu de terreur. On est loin de l’aspect spectaculaire qui caractérise le grand opéra à la française.</p>
<pre style="text-align: center"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1550023-photo-Christian-DRESSE-2023-1294x600.jpg">
© Christian Dresse</pre>
<p>En dépit de ce décor austère on se laisse néanmoins emporter par le drame qui nous est conté grâce à une interprétation solide qui capte durablement l’attention. <strong>Gilen Goicoechea</strong>, <strong>Thomas Dear</strong>, <strong>Frédéric Cornille</strong> et <strong>Jean-Marie Delpas</strong> forment un quatuor de basses impeccables et déterminées de gentilhommes catholiques, tout comme les ténors <strong>Kaëlig Boché </strong>et <strong>Carlos Natale</strong> dotés de voix sonores et bien timbrées. Ce dernier se révèle particulièrement crédible dans son emploi de «&nbsp;méchant&nbsp;». Le Bois-Rosé d’<strong>Alfred Bironien </strong>à la voix bien projetée ne manque pas d’attraits. Doté d’une belle présence scénique et d’un timbre de bronze, <strong>François </strong>L<strong>is</strong> est un Comte de Saint-Bris imposant notamment dans la scène de la bénédiction des poignards où il fait preuve d’une autorité saisissante. Avec sa bonhommie <strong>Marc Barrard</strong> campe un Nevers insouciant au premier acte qui se laisse peu à peu envahir par le drame qui se joue. Sa voix en impose, en particulier dans la scène où, face à Saint-Bris, il refuse de participer au massacre. <strong>Eléonore</strong> <strong>Pancrazi </strong>porte avec élégance le costume masculin et incarne avec justesse ce page encore adolescent, sorte de cousin de Chérubin, secrètement troublé par Marguerite de Navarre. Son timbre ne manque pas de séduction. On lui pardonnera aisément un ou deux aigus stridents tant sa présence scénique et son jeu subtil ont séduit le public, qui lui a réservé une belle ovation. Grand habitué de l’Opéra de Marseille, <strong>Nicolas Courjal</strong> ajoute avec Marcel, un nouveau rôle majeur à son répertoire. Il incarne avec subtilité ce personnage fanatique dont il exalte le côté paternel vis-à-vis de Raoul. La profondeur de sa voix lui permet d’émettre avec aisance les nombreuses notes graves qui parsèment sa partition. Sa chanson huguenote, sobre est racée, est sans conteste l&rsquo;une des plus magistrale que nous avons entendue. <strong>F</strong><strong>lorina Ilie</strong> est une belle surprise. Son port altier et sa classe naturelle font d’elle une future reine de Navarre tout à fait crédible. De plus la soprano roumaine possède une voix pure et liquide associée à un souffle inépuisable qui font merveille dans son air d’entrée « O beau pays de la Touraine ». Ses vocalises dans la cabalette sont impeccables, quoiqu&rsquo;un peu trop sages à notre goût. <strong>Enea Scala</strong> reprend avec brio le rôle de Raoul de Nangis qu’il avait abordé <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-huguenots-bruxelles-la-monnaie-les-braves-et-meyerbeer/">l’an passé</a> à Bruxelles. Sa voix sonne avec davantage d’assurance et il parsème désormais son interprétation de nuances, tout à fait bienvenues dans son air d’entrée «&nbsp;Plus blanche que la blanche hermine&nbsp;», impeccablement ciselé. Très à l’aise sur le plateau, le ténor sicilien incarne avec fougue ce héros romantique, idéaliste et passionné notamment dans son air poignant «&nbsp;A la lueur de leurs torches funèbres&nbsp;». Présent sur la scène pendant presque tout l’opéra aucun signe de fatigue n’est perceptible dans sa voix jusqu’au trio final mené à un train d’enfer par le chef. A ses côtés <strong>Karine Deshayes</strong>, également présente à La Monnaie la saison passée, a peaufiné son personnage dont elle fait une héroïne tragique et exaltée tout à fait convaincante. La voix est large, le timbre glorieux et le registre aigu opulent. Son duo avec Marcel plus développé qu’à l’accoutumée, son air du quatrième acte « Parmi les pleurs mon rêve se ranime », particulièrement déchirant, et le trio final comptent parmi les plus grands moments de la soirée.</p>
<pre style="text-align: center"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1540378-photo-Christian-DRESSE-2023-1294x600.jpg">© Christian Dresse</pre>
<p>Au pupitre <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong> propose une direction enfiévrée et contrastée. Certains passages sont ralentis afin de produire un effet de suspension, d’autres pris à un train d’enfer, sont d&rsquo;une efficacité spectaculaire. Cependant, le chœur « Bonheur de la table »&nbsp; au premier acte, trop rapide, y perd un peu de son éclat. L’ensemble n’en demeure pas moins d’un très haut niveau. La partition comporte relativement peu de coupures, on regrettera cependant l’absence du second couplet de la cabalette de Marguerite au deuxième acte. En revanche nous avons entendus plusieurs pages rarement jouées comme par exemple l’intervention de Bois-Rosé « Toute la nuit, mes chers amis » au début du troisième acte. Soulignons enfin la magnifique prestation des chœurs préparés par <strong>Emmanuel Trenque</strong>, si importants dans cet ouvrage.</p>
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		<title>ROSSINI, Guillaume Tell — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/guillaume-tell-marseille-entre-agacement-et-plaisir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Oct 2021 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est partagé entre le plaisir et l’agacement que nous sommes sorti de cette représentation de Guillaume Tell.  Plaisir de réentendre cette œuvre, dans une version basée apparemment sur l’édition critique de la Fondation Rossini – le programme de salle ne l’indique pas, et par instant les paroles s’en écartent – dirigée par un jeune chef &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est partagé entre le plaisir et l’agacement que nous sommes sorti de cette représentation de <em>Guillaume Tell</em>.  Plaisir de réentendre cette œuvre, dans une version basée apparemment sur l’édition critique de la Fondation Rossini – le programme de salle ne l’indique pas, et par instant les paroles s’en écartent – dirigée par un jeune chef prometteur et avec de bons chanteurs. Agacement dû à une mise en scène symptomatique des errements actuels, en ce qu’elle contraint le spectateur à s’interroger sur les intentions de son auteur au lieu de l’amener à réfléchir sur l’œuvre. Celles de <strong>Louis Désiré</strong> sont probablement bonnes mais il dilue l’essentiel par des options qui rendent obscures les situations. Ainsi pendant l’ouverture, dans le paysage de montagne projeté en noir et blanc en fond et prolongé sur la scène par des formes anguleuses dissimulées par des draps blancs – le manteau neigeux, suppose-t-on –il fait défiler les personnages. Peut-être a-t-il voulu trouver un équivalent à un éventuel défilé de thèmes dans l’ouverture ?</p>
<p>Le premier arrivant porte une plante en pot qu’il mettra plus tard en terre et qu’on verra d’acte en acte grandir et verdir. On découvrira qu’il s’agit de Guillaume Tell ; la plante symbolise-t-elle l’espérance ? On voit ainsi apparaître – les initiés s’y reconnaissent, mais les autres ? – l’épouse de Tell, son fils, Arnold, Walter, Melchthal, Rodolphe, Gessler. Une femme est présente, à jardin, immobile. Quel néophyte aura compris qu’il s’agit de Mathilde, la princesse Habsbourg, étrangère à la communauté suisse ? Et qui découvre l’œuvre comprendra-t-il que l’urne omniprésente anticipe la mort de Melchthal et le deuil d’Arnold ? <strong>Diego Méndez-Casariego</strong> qui a conçu les costumes, habille la princesse d’un long cache-poussière et les paysans conjurés d’uniformes militaires. Il signe aussi les décors ; une fois « la neige » disparue les formes cachées se révèlent, autant de parallélépipèdes dont l’agencement modifié pourra créer des espaces différents. Ainsi, au début de l’acte II en lieu et place de la forêt – espace naturel propice à la sincérité des sentiments – on voit une chambrée que la mise en scène montre à son lever en présence de Mathilde que certains viennent provoquer, Dieu sait pourquoi. Ainsi à l’acte III, le duo entre Arnold et Mathilde n’a pas pour cadre une chapelle en ruine – lieu saint qui garantit la pureté de la relation – mais un lit où ils s’étreignent. Ces options révèlent-elles quoi que ce soit sur l’œuvre ? Et la « construction » de la barque aux bords de miroirs ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/p1270542_photo_christian_dresse_2021.jpg?itok=rNxWTWMX" title="La famille Tell (Guillaume plante, Hedwige pétrit, Jemmy arrose). Au centre la barque et Ruodi le pêcheur. A droite Walter. © christian dresse" width="468" /><br />
	La famille Tell (Guillaume plante, Hedwige pétrit, Jemmy arrose). Au centre la barque et Ruodi le pêcheur. A droite Walter. © christian dresse</p>
<p>Il serait fastidieux de faire l’inventaire des faiblesses et des obscurités de cette proposition. Bornons-nous pour conclure à mentionner cet énigmatique bloc qui descend des cintres à plusieurs reprises, comme cache-misère dans les scènes de tir à l’arbalète, faute d’un dispositif de trucage efficace. Pendant l’hymne final à la liberté, il vient se poser au centre, comme un énorme bloc doré que les participants vont envelopper d’un linge protecteur, comme un trésor. Un lingot fondateur de l’unité suisse ? Faut-il préciser que l’ascension vers le sublime tourne au fiasco ?</p>
<p>C’est d’autant plus agaçant que le versant musical est délectable et que la distribution vocale, si elle n’est pas sans faiblesse, est globalement très digne et ne gâche pas le plaisir. Après un début difficile, où la voix sonne rêche et le phrasé ampoulé, <strong>Alexandre Duhamel</strong> se domine rapidement et entre dans le personnage, qui devient ce mélange complexe de tristesse et de révolte, de fierté et d’autorité, grâce à un chant expressif et stylé d’une sensibilité très juste, en général et en particulier dans la scène de la pomme. <strong>Enea Scala</strong>, dont la prononciation du français est globalement satisfaisante, compose l’Arnold confit dans le deuil qui lui a été prescrit mais vocalement sans doute plus proche de Duprez que du créateur Nourrit. Qu’importe, on peut préférer des montées dans l’aigu en voix mixte mais on ne peut qu’admirer la fermeté, la vigueur et la tenue de ces notes qui font rugir une partie du public. <strong>Camille Tresmontant </strong>et <strong>Cyril Rovery </strong>campent respectivement Rodolphe et Gessler. <strong>Patrick Bolleire</strong> confère à Walter sa présence imposante et le poids vocal qui en fait un partenaire à part entière dans le trio du deuxième acte. <strong>Thomas Dear</strong> compose un Melchthal senior très convaincant vocalement, malheureusement on peine à voir en  lui le doyen de l’assemblée, auquel son âge confère un rôle de guide spirituel, faute d’un grimage adéquat. On ne saurait passer sous silence dans le court rôle de Leuthold l’intervention de <strong>Jean-Marie Delpas</strong>, remarquable de projection et de clarté, et celle de <strong>Carlos Natale</strong> , le couard Ruodi.</p>
<p><strong>Angélique Boudeville</strong> remporte un vif succès, à juste titre, car elle nourrit son personnage d’une voix pleine et charnue, tant dans les duos avec Arnold que dans ses airs, qu’il s’agisse de « Sombre forêt » ou de « Pour notre amour plus d’espérance » où ses vocalises rendent justice aux ornements rossiniens. A <strong>Jennifer Courcier</strong>, dans le rôle de Jemmy, on ne fait guère jouer le rôle du travesti ; elle semble mal contrôler ses suraigus qui tendent vers le strident, mais à sa décharge l’orchestre sonne souvent fort et le souci de passer peut l’amener à outrer le son dangereusement. <strong>Annunziata Vestri, </strong>la malheureuse, est la grande sacrifiée de la production, car c’est surtout son rôle qui est affecté de coupures. On le regrette car le peu qu’elle chante est irréprochable, émission, projection et prononciation.</p>
<p>Coupures, le mot est lâché. La soirée dure quatre heures, dont deux fois vingt minutes d’entracte après l’acte I et l’acte II. C’est sur l’acte IV que les ciseaux se sont exercés le plus sévèrement, sans doute abusivement pour la continuité dramatique et musicale originale, mais parce que des considérations autres qu’artistiques ont pu amener à cette décision. Quoi qu’il en soit, saisissons l’occasion de rappeler qu’il n’existe pas une version « authentique » de l’œuvre, mais des versions. L’édition critique de la Fondation Rossini de Pesaro établie par M. Elisabeth C. Bartlet propose la version la plus probable de l’œuvre au soir de la première en 1829, y compris des musiques écartées par Rossini lui-même. Mais dès le lendemain il supprimait, par exemple, le trio Mathilde, Jemmy, Hedwige du dernier acte, et par la suite consentit à réaliser des versions abrégées, préférant le faire lui-même avant qui que ce soit.</p>
<p>L’orchestre sonne fort, disions-nous. Les instructions sanitaires préfectorales étant de ménager un intervalle entre les musiciens d’environ deux mètres, jouer dans la fosse était impossible. Six rangées de fauteuils d’orchestre ont donc été enlevées et c’est dans une configuration inédite que l’exécution a eu lieu, créant sans doute pour le chef d’orchestre bon nombre de difficultés. Il faut croire que <strong>Michele Spotti</strong> a su les résoudre, probablement aidé par la participation à la préparation musicale de Richard Barker, un des piliers de Pesaro. Son interprétation est évidemment tributaire du spectacle, dont la conception ne permet pas de ressentir la progression dramatique jusqu’à l’acmé du dernier acte, mais il obtient de l’orchestre une réponse très souple et très vigilante qui donne à entendre de la très belle musique. C’est un bonheur qui commence avec l’ouverture et qui sera ravivé tout au long de l’exécution, des morceaux de bravoure pour le violoncelle aux danses enlevées jusqu’à l’orage sidérant. Le chef garde une justesse rythmique qui écarte tout risque de pompiérisme et donne leur respiration aux moments lyriques, sans en rajouter dans le pathétique. Une leçon de fidélité.</p>
<p>On s’en voudrait d’oublier les chœurs dans ces louanges, même si on aurait souhaité par instants, par exemple à l’acte II, quand le chœur des chasseurs s’interrompt pour écouter le chœur des pâtres, un effectif plus nombreux, et la remarque vaut pour les interventions du chœur féminin. Mais là encore les strictes mesures de distanciation confinent les chanteurs en fond de scène, en coulisses, et ces conditions nous inclinent surtout à la gratitude.</p>
<p>Aussi, en dépit des réserves exprimées quant au spectacle, allez-y ! Quitte à fermer les yeux, on y retournerait volontiers !</p>
<p> </p>
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<p> </p>
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		<title>GOUNOD, Le Médecin malgré lui — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-medecin-malgre-lui-rennes-moliere-gounod-au-tableau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Nov 2017 06:21:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La belle équipe des Malins Plaisirs est une habituée de l’Opéra de Rennes. Ses Amants Magnifiques avaient constitué un temps fort de la saison dernière et leur nouvel opus ne déroge pas à la règle. Pour fêter les 150 ans du Médecin malgré lui, Vincent Tavernier et Claire Niquet décalent subtilement la tradition du théâtre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La belle équipe des Malins Plaisirs est une habituée de l’Opéra de Rennes. Ses <em><a href="https://www.forumopera.com/breve/les-amants-magnfiques-a-rennes-de-surprise-en-ravissement">Amants Magnifiques </a></em>avaient constitué un temps fort de la saison dernière et leur nouvel opus ne déroge pas à la règle. Pour fêter les <a href="https://www.forumopera.com/actu/le-medecin-malgre-lui">150 ans du <em>Médecin malgré lui</em>,</a><strong> Vincent Tavernier</strong> et <strong>Claire Niquet</strong> décalent subtilement la tradition du théâtre de foire en proposant une scénographie compacte et maligne : leur boite à tiroirs dotée d’un système d’estrades amovibles est parfaitement efficace. Ils renouvellent ainsi le système un peu trop vu du tréteau de théâtre pour les spectacles qui ont vocation à tourner dans les salles les plus diverses. C’est le cas justement de cette production accueillie dans <a href="https://www.youtube.com/watch?v=GnlAHbFua-M&amp;feature=youtu.be">six villes bretonnes</a> courant décembre pour une version à trois musiciens.</p>
<p>La scénographe détourne également la coutume des toiles peintes de la plus habile des manières : la surface du cube compose un tableau noir sur lequel les chanteurs dessinent à la craie les différents décors, mais également leurs accessoires (comme les bouteilles dont s’enivre Sganarelle). L’effet, plein de charme, occupe agréablement l’oeil pendant les intermèdes musicaux.</p>
<p>A cette sobriété des effets répond le beau travail de coloriste d’<strong>Eric Plaza-Cochet</strong> dont les costumes refusent de choisir entre le temps de l&rsquo;écriture théâtrale et celui de la composition lyrique. Ce jeu entre deux époques est tout à fait justifié puisque Gounod lui-même utilise le texte de Molière et adresse de nombreux clins d’oeils musicaux au XVIIe siècle dans sa partition.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_laurent_guizard.jpg?itok=L3Nhj6T0" title="© Laurent Guizard" width="468" /><br />
	© Laurent Guizard</p>
<p>Outre leur goût pour le lyrique, les Malins Plaisirs sont familiers du répertoire du théâtre classique. Cela est perceptible dans la direction d’acteur ciselée, où le rythme est fondamental, et qui permet aux chanteurs – tous excellents comédiens – de faire justice au texte parlé. L’absence de surtitrage leur impose une discipline supplémentaire dans les airs : ils doivent particulièrement soigner leur diction.</p>
<p>Ce n’est pas un souci pour <strong>Marc Scoffoni</strong> (Sganarelle), bien connu du public rennais, qui régale de son abattage plein d’allant, de sa voix bien placée, ronde et superbement projetée.</p>
<p><strong>Jean-Vincent Blot</strong> (Geronte)<strong>, Nicolas Rigas</strong> (Valère) et <strong>Olivier Hernandez</strong> (Lucas), au diapason, bouffonnent avec un entrain communicatif et leurs ensembles s&rsquo;avèrent très réussis, nets et équilibrés.</p>
<p>Argentin, <strong>Carlos Natale</strong> pourrait être plus fragile au chapitre de la diction, mais il propose un Léandre épatant au très beau timbre lumineux et pourtant percussif. Son air d’entrée, la tête dans les étoiles, soutenu par les pizzicati tout en délicatesse de l’orchestre offre un bien joli moment de poésie.</p>
<p>Chez les dames, <strong>Ahlima Mhamdi</strong> reprend le rôle de Martine qui lui avait fort réussi à Genève l’an passé. Le tempérament est là; si elle est parfaite scéniquement, si les aigus sont brillants, les graves veloutés à souhait, la projection du son se révèle un peu nasale. <strong>Sylvia Kévorkian</strong> souffre d’un défaut similaire qui empèse sa diction et son medium ; un rhume sévit peut-être dans la troupe en cette fin novembre ? <strong>Héloïse Guinard</strong> y  échappe heureusement. La jeune soprano, élève du Pont Supérieur, joue avec grand naturel le maitre d&rsquo;école comme la muette ou l&rsquo;amoureuse. Elle compose une Lucinde aux inflexions assurées, aussi fraiche que touchante.</p>
<p><strong>Gildas Pungier,</strong> à la direction de l’Orchestre de Bretagne, apporte sa rigueur, sa subtilité dans le dosage des voix, son écoute de chacun. Les vingts musiciens y gagnent en précision.</p>
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