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	<title>Alice COOTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 15 Sep 2025 14:30:56 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Alice COOTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>ROSSINI, Stabat Mater &#8211; Verbier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-stabat-mater-verbier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il suffit parfois d’un choix de distribution un peu erroné pour déséquilibrer un ensemble. Si les stars du lyrique ont le pouvoir magique de remplir les salles, elles peuvent avoir l’inconvénient de faire pencher la balance (sonore) de leur côté, pas forcément volontairement, mais parce que c’est leur nature. Sonya Yoncheva fait partie de ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il suffit parfois d’un choix de distribution un peu erroné pour déséquilibrer un ensemble. Si les stars du lyrique ont le pouvoir magique de remplir les salles, elles peuvent avoir l’inconvénient de faire pencher la balance (sonore) de leur côté, pas forcément volontairement, mais parce que c’est leur nature.<strong> Sonya Yoncheva</strong> fait partie de ce club restreint. Le<em> Stabat Mater</em> de Rossini aurait sans doute été tout autre avec un soprano plus proche de l’esprit d’une œuvre, qui, disons-le à sa décharge, a pâti d’avoir été donnée au <strong>Verbier Festival</strong> deux jours après une <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-messe-en-si-mineur-verbier/">sublime Messe en <em>si</em> mineur de Bach</a>.</p>
<p>Les deux partitions ne jouent évidemment pas dans la même catégorie. Rossini écrit une œuvre religieuse, mais ne change pas sa nature, celle d’un compositeur d’opéra, et Verdi n’en agira pas autrement avec son<em> Requiem</em>. Ce choix de rester soi-même, de ne pas adopter une personnalité musicale d’emprunt, est plutôt gage de sincérité. Et d’ailleurs une spiritualité romantique à l’italienne émane comme en catimini de cette œuvre flamboyante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/280725_1830_VFCO_HINDOYAN_-Sofia-Lambrou_HD_-80-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-196076"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sonya Yoncheva © Sofia</sub> <sub>Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le come-back d’un retraité</strong></h4>
<p>Dont la composition fut chaotique : Rossini l’avait écrite à demi en 1831, à la suite d’une commande, mais, malade, avait demandé à Giovanni Tadolini de compléter l’autre moitié. Un éditeur s’en était emparé, prétendant que le tout était de la main du maestro. De là quelques procès, à l’issue desquels Rossini, qui a posé sa plume miraculeusement féconde après <em>Guillaume Tell</em> et vit dans les délices sinon de Capoue, du moins du Boulevard, y revient, interrompant sa gastronomique retraite.</p>
<p>La création au Théâtre-Italien, installé alors à la salle Ventadour, va être un évènement bien parisien et triomphal, le 7 janvier 1842, d’autant que quelques-unes des têtes d’affiche du bel canto, Giulia Grisi, Mario, Tamburini, y participent sous la baguette de Louis-Antoine Julien, avec le chœur et l’orchestre maison.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/280725_1830_VFCO_HINDOYAN_-Sofia-Lambrou_HD_-27-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-196067"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Domingo Hindoyan © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<p>À Verbier, c’est <strong>Domingo Hindoyan</strong> qui dirige l’<strong>Orchestre de Chambre du Festival</strong>, à nouveau sur le pont deux jours après le chef-d’œuvre de Bach. Le rythme de travail au Verbier Festival &amp; Academy a toujours été stakhanoviste pour les musiciens. Certains pupitres, de vents notamment, ont changé de titulaire, mais<strong> Daniel Cho</strong> est à nouveau concertmeister.</p>
<h4><strong>Haydn ou la surprise permanente</strong></h4>
<p>Ici une parenthèse sortant de notre domaine lyrique pour dire que la très belle symphonie la <em>Passione</em> de Haydn donnée en première partie aura été une nouvelle démonstration de la qualité de cet orchestre. Dirigée sans partition par le chef vénézuélien, futur directeur musical de l’opéra de Los Angeles, c’est une œuvre étonnamment sombre, tardive (1790), très <em>Sturm und Drang</em> d’esprit, où l’on admire dans un premier mouvement <em>adagio</em> presque funèbre le velouté des cordes sous des archets caressants.</p>
<p>De cette gravité songeuse que Domingo Hindoyan fait respirer avec beaucoup de souplesse, il passe à la course ardente de l’<em>allegro di molto</em>, tout en nerfs et en changements de dynamique, en coups de boutoirs surprenants (Haydn ou la surprise permanente), ombragé par deux beaux cors au lointain. Il anime la conversation musicale entre les pupitres de cordes du troisième mouvement, un <em>Menuetto</em> triste avec élégance, qu’interrompt un <em>Trio</em> bonhomme, mais non moins mélancolique. Enfin le <em>Presto</em> final, nerveux et urgent, semble pressentir l’arrivée d’un nouveau monde.</p>
<p>La Révolution est survenue à Paris. Haydn en sent-il les ondes arriver jusqu’à Esterhaza, en tout cas il y a de l’inquiétude dans la sécheresse de ce dernier mouvement, qui semble courir vers on ne sait quoi.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/280725_1830_VFCO_HINDOYAN_-Sofia-Lambrou_HD_-57-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-196073"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les quatre solistes et le chef © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<p>Et d’ailleurs le prélude orchestral du <em>Stabat Mater</em>, sombre, inquiet, semblera dans le droit fil de cette gravité. Les quatre voix solistes viennent se poser sur les longues lignes angoissées du chœur, qu’interrompent de lancinants appels de cuivres appuyés sur les timbales. La direction de Domingo Hindoyan, très ample, solennelle, souligne l’austérité, la majesté, de cet incipit. Le<strong> Chœur de Chambre de Namur</strong> y est à nouveau admirable de ferveur et de cohésion. En accord avec un chef inspiré, soulignant la noblesse de cette musique, qui semble se souvenir de Mozart, celui de <em>Don Giovanni</em> ou du <em>Requiem</em>. Dès les premières notes du quatuor de solistes, on aura remarqué la grande voix de Sonya Yoncheva, très large, et sa tendance à prendre l’avantage sur ses partenaires…</p>
<h4><strong>L’esprit du bel canto romantique</strong></h4>
<p>On attend évidemment au tournant le ténor dans le célèbre <em>Cujus animam</em>. Le ténor sud-africain <strong>Sunnyboy Dladla</strong> n’a pas une très grande voix, mais si la puissance lui manque quelque peu pour une salle aussi grande et à l’acoustique peu gratifiante, en revanche il a un ravissant timbre de ténor <em>di grazia</em>, et une technique belcantiste, proche de celle du ténor Mario, créateur de la partition, une des grands vedettes du Théâtre-Italien, qui chantait en <em>falsettone</em>. <br />Au moment de la création, Gilbert Duprez venait de révolutionner le chant en poussant un <em>ut</em> de poitrine tonitruant dans l’air « Asile héréditaire » de <em>Guillaume Tell</em> en 1837, semant le désarroi chez les Nozzari et Rubini et autres virtuoses du belcanto romantique, comme était Mario. Sunnyboy Dladla use de cette technique ancienne retrouvée et joue avec art de la voix mixte, d’où un contre-<em>ré </em>bémol final comme allégé, très musical, et non pas athlétique. Pour ne rien dire de son <em>cantabile</em>, de la ductilité de la ligne musicale ou de la lumière que dégage son timbre. De l’élégance de ce chant romantique retrouvé.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/280725_1830_VFCO_HINDOYAN_-Sofia-Lambrou_HD_-45-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-196070"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sunnyboy Dladla © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>D’un autre monde musical</strong></h4>
<p>Par contraste, l’intervention de Sonya Yoncheva dans le <em>Quis est homo</em>, duetto pour soprano et alto, semble appartenir à un autre monde musical. La voix est d’une puissance et d’une projection saisissantes avec des couleurs de grand soprano dramatique, qui l’approchent trop du timbre d’<strong>Alice Coote</strong>, et son tempérament de feu la pousse vers des <em>fortissimos</em> un peu intempérants, qui couvrent la voix de sa voisine, dont la technique vocale est tout autre. Surtout ce timbre et cette émission en force semblent appartenir au monde d’un certain Verdi, voire à l’univers vériste. Giulia Grisi, créatrice de l’œuvre était un soprano dramatique colorature, célèbre pour l’agilité de ses ornementations. Et on peut penser que Rossini avait en tête un esprit musical différent et un dialogue tout autre pour ce duo qui pourrait être un extrait d’opéra.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/280725_1830_VFCO_HINDOYAN_-Sofia-Lambrou_HD_-47-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-196071"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Alice Coote © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Tézier en toute noblesse</strong></h4>
<p>Annoncé à grands renforts de trombones impressionnants, le <em>Pro peccatis</em> fait entendre un<strong> Ludovic Tézier</strong> impressionnant de grandeur et de simplicité, dans une partition qu’il aborde pour la première fois. La ligne est aussi superbe de tenue que la voix est solide, et l’entente parfaite avec le chef qui laisse la musique respirer avec naturel, avec ses pleins et ses déliés, son<em> legato</em> et sa noblesse. <br>À cette aria s’enchaîne l’<em>Eja, Mater</em>, la page la plus singulière du <em>Stabat Mater</em>, mettant toujours en avant le baryton qui dialogue avec le chœur : on entend d’abord les voix d’hommes <em>a cappella</em>, puis la voix du soliste lançant son <em>Fac ut ardeat cor meum</em>, et échangeant avec les voix de femmes. La page surprend par son invention, complètement libre puisque l’orchestre se tait toujours et n’impose pas une stricte mesure. Ludovic Tézier y est d’une sobriété totale, en grand diseur qu’il est. Étonnant moment d’un Rossini essayant des choses qu’il n’a jamais encore tentées.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/280725_1830_VFCO_HINDOYAN_-Sofia-Lambrou_HD_-67-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-196074"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sonya Yoncheva,  Alice Coote, Domingo Hindoyan © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Opératique sans complexes</strong></h4>
<p>Le tempo bondissant du <em>quartetto</em>, <em>Sancta Mater</em>, n’est pas sans rappeler la désinvolture de la <em>Petite Messe solennelle</em>. C’est une manière de cabalette à quatre, lancée par la voix solaire du ténor et qui verra dialoguer les quatre voix dans une paradoxale prière (le ténor chante par exemple : «&nbsp;Exauce-moi , ô Sainte Mère, / Et plante les clous du calvaire / Dans mon cœur profondément&nbsp;»). L’équilibre des quatre solistes s’établit beaucoup mieux ici, et même si la voix du soprano, par sa nature même, a tendance à «&nbsp;avancer&nbsp;», le morceau, opératique à souhait et dont la musique semble contredire les paroles sans complexe, fonctionne bien, tenu d’une main aimable par Domingo Hindoyan.</p>
<p>Autre belle page, et qui éclaire la spiritualité particulière de Rossini, qui transparaît derrière son langage coutumier, le <em>Fac ut portem</em>, dévolu au mezzo-soprano, une page à l’écriture assez tendue, avec des sauts de notes importants, écrite assez haut (jusqu’au <em>sol</em> dièse), dans une tessiture où Alice Coote est sans doute moins confortable que dans son dernier air de la Messe en <em>si</em> mineur, si magistral. Mais on y retrouve son autorité, sa tenue de ligne imperturbable, et surtout cette intensité dramatique qui lui est naturelle, ce timbre persuasif et troublant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/280725_1830_VFCO_HINDOYAN_-Sofia-Lambrou_HD_-53-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-196072"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Domingo Hindoyan © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un peu trop, décidément</strong></h4>
<p>En revanche, l’<em>Inflammatus et accentus</em> verra Sonya Yoncheva retomber dans ses travers. Encouragée peut-être par les trompettes et les trombones de l’introduction, elle montera tout de suite sur ses grands chevaux, lançant des sons agressifs et cinglants, d’un style exotique et incongrus dans une telle œuvre, certes impressionnants, mais d’une extraversion hors contexte. La page est grandiose et Domingo Hindoyan soulève le Chœur de Chambre de Namur, d’une plénitude et d’une puissance formidables à l’instar de l’Orchestre de Chambre, lui aussi monumental. Dommage qu’il n’incite pas le soprano, son épouse à la ville, à s’intégrer à l’ensemble plutôt qu’à rivaliser avec lui.</p>
<p>Est-ce pour se faire pardonner, elle se fera discrète dans un autre passage <em>a cappella</em>, le <em>Quando corpus morietur</em>, fusionnant sa voix avec celles de ses trois partenaires, dans une page étonnamment moderne, d’une spiritualité très intériorisée, une méditation sur la mort, lancée par le baryton, écrite en canon, où les quatre solistes, s’écoutant les uns les autres et dirigés d’une main légère par Domingo Hindoyan, sembleront habités par la même gravité.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/280725_1830_VFCO_HINDOYAN_-Sofia-Lambrou_HD_-41-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-196068"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<p>Le finale, spectaculaire et triomphant, impeccablement fugué par un Rossini qui semble avoir étudié son Haendel, mais interrompt l’élan par un passage suspendu qui semble annoncer le <em>Mors stupebit</em> de Verdi, s’achèvera par un <em>Amen</em>, à grands renforts de roulements de timbales et de trombones déchaînés, déclenchant des applaudissements nourris (il est fait pour ça), mais n’empêchera pas de laisser l’auditeur sur une impression mitigée, avec le sentiment d’être passé à côté de la grande version qu’on aurait aimé avoir aimée…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-stabat-mater-verbier/">ROSSINI, Stabat Mater &#8211; Verbier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>BACH, Messe en si mineur &#8211; Verbier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bach-messe-en-si-mineur-verbier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=195778</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une ferveur partagée, une interprétation d’une puissance formidable, un chœur et un orchestre en état de grâce, cette soirée restera gravée dans la mémoire de ceux qui étaient là. Mais pour commencer, une impression personnelle si on me la permet : je suis assis non loin d’une travée dans l’immense salle des Combins, comble jusqu’aux &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Une ferveur partagée, une interprétation d’une puissance formidable, un chœur et un orchestre en état de grâce, cette soirée restera gravée dans la mémoire de ceux qui étaient là.</p>
<p>Mais pour commencer, une impression personnelle si on me la permet : je suis assis non loin d’une travée dans l’immense salle des Combins, comble jusqu’aux derniers rangs pour la <em>Messe en </em>si<em> mineur</em>. Tout près, à ma gauche, quelques choristes du <strong>Chœur de Chambre de Namur</strong>, des alti, hommes et femmes, alignés sur les marches, leur partition en main éclairée d’une petite loupiote. C’est ainsi que je vais entendre le <em>Kyrie</em>, avec au premier plan sonore leurs voix d’une incroyable justesse, jusque dans les plus infimes pianissimi, au bord des lèvres dans les dernières notes, et avec au second plan toute la masse chorale et orchestrale, mais dispersée, répandue dans l’espace. <br>Dans l’autre travée, là-bas à droite, il doit y avoir les sopranos, qui donnent la même impression à d’autres spectateurs. On voit au pied de la scène les basses, je ne sais trop où sont les ténors. Sur la scène l’<strong>Orchestre de Chambre du Verbier Festival</strong>, et Leonardo García Alarcón qui dirige, face au public.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-020-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-195800"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Leonardo García Alarcón © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<p>Il vient d’évoquer dans un speech liminaire « cette cathédrale qu’on va construire ensemble… » et justement, cette impression ressentie, c’est comme d’être dans une église près d’un pilier et d’avoir son propre regard, unique, sur l’architecture.</p>
<p>On l’avait entendu en répétition (je poursuis avec les notations personnelles…) dire aux membres du chœur à propos de ce <em>Kyrie</em> « Allez chercher le ciel à chaque note », et le voilà levant les bras très haut pour emmener tout le monde avec lui.</p>
<h4><strong>Une cosmologie sonore</strong></h4>
<p>Dans la même petite adresse au public, où il avait beaucoup dit « Je », signe de l’importance de cette soirée pour lui, il avait évoqué sa découverte de cette Messe alors qu’il avait quinze ans, en Patagonie, et son bouleversement. Puis il avait expliqué le choix des images qu’on verrait sur l’immense écran de fond de scène : des images de galaxies, de constellations, de champs d’étoiles, de filaments étranges, issues de photos prises par le télescope James Webb ou le télescope spatial Hubble, images de la réalité, mais d’une réalité tellement immense et vertigineuse, qu’elle en devient abstraite comme une image mentale.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-149-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-195806"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Quelques membres du Chœur de Namur et de l&rsquo;Orchstre de chambre et le cosmos&#8230; © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<p>Ces images se déployant derrière la musique, sans cesse renouvelées et en mouvement, mises en œuvre et colorées par <strong>Laurent Cools</strong> pour en faire une création video, séduiront les uns et en agaceront d’autres qui les trouveront inutiles. On avouera s’être demandé si ce débat ne reprenait pas la vieille querelle culturelle (pas tout à fait obsolète en Suisse) entre les catholiques amateurs d’images et les protestants amateurs d’austérité…</p>
<p>Au reste, à l’instar de Johann Sebastian Bach jouant sur les deux tableaux, le choix d’illustrer cette sublime musique par des images que chacun peut lire à sa façon, les uns y voyant la main d’un Créateur, les autres la puissance inépuisable et merveilleuse de la nature, ne fait qu’acquiescer à l&rsquo;universalité de cette œuvre, qui célèbre le mystère absolu de ce qui est, le non-vivant et le vivant, et singulièrement de l’Homme, qui n’en est qu’un élément, fragile comme on sait.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-073-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-195801"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Ying Fang et LGA © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un puzzle musicalo-spirituel</strong></h4>
<p>Ce qui est mystérieux aussi, ce sont les intentions de Bach, à l’extrême fin de sa vie et presque aveugle, construisant cette œuvre colossale, injouable à l’époque, en raison de ses proportions et de l’effectif qu’elle demande. <br>Il reprend une <em>Missa brevis</em> de 1733, élaborée en guise de dossier de candidature envoyé au nouveau Grand&nbsp;<em>Électeur</em> de Saxe et roi de Pologne, Frédéric-Auguste II, qui vient de succéder à Auguste le Fort, et se limitant à un <em>Kyrie</em> et à un <em>Gloria</em>, où interviennent d’ailleurs des passages récupérés de quelques-unes de ses cantates.<br>À quoi il ajoute un <em>Credo</em>, fait à la fois de morceaux nouveaux (le <em>Credo</em>, le <em>Et incarnatus est</em>, le <em>Confiteor</em>) et de morceaux recyclés, dont un <em>Sanctus</em> vieux d’un quart de siècle et un <em>Osanna</em> guère plus récent.</p>
<p>Outre le souci de donner du travail aux musicologues de l’avenir, leur laissant le souci de démêler ce qui est d’esprit luthérien et ce qui appartient au monde catholique, cet assemblage baroque témoigne de son désir de laisser un testament spirituel, pour ne pas dire de lancer une bouteille à la mer. <br>Et peut-être de créer une œuvre, qui transcendant les disputes théologico-politiques entre papistes et anti-papistes, vise à l’universel.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-095-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-195802"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>LGA face aux étoiles et à l&rsquo;Orchestre de Chambre © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4>I<strong>mpressions de répétition (notées au vol)</strong></h4>
<p>À nouveau, on fera appel à une impression personnelle, à cette répétition à laquelle on avait assisté durant trois heures la veille du concert dans un gymnase à l’acoustique très sèche. C’était la deuxième journée de travail seulement, et le travail se poursuivrait jusqu’à une heure avancée de la soirée.<br>Ce qui est impossible à transcrire, c’est l’infinie attention de Leonardo García Alarcón à des détails minuscules de phrasé, d’équilibre des voix, de couleur sonore, toutes choses qui dans le moment du concert fusionnent et disparaissent dans le grand flux émotionnel.</p>
<p>On se rappelle le chef faisant chanter le <em>In incarnatus est</em> par les choristes à bouches fermées, pour éviter le vibrato (effet pédagogique immédiat), ou leur faisant fermer la partition et chanter un passage par cœur : « Dès que vous regardez la partition, vous êtes moins dans la musique, vous êtes dans le monde réel… » Là encore, la différence s’entend, d’où : « Vous imaginez, ce que ce serait, toute la messe par cœur… Évidemment il faudrait trois mois de répétitions… »</p>
<p>Ou des notations plus énigmatiques : «&nbsp;Ici, ce n’est pas un<em> fa</em> dièse de <em>ré</em> majeur, c’est un <em>fa</em> dièse de <em>si</em> mineur.. », ou encore, après le <em>Qui tollis</em> : « C’est très beau parce que les notes sont très belles et que vos voix sont très belles, mais il n’y a aucune conscience de la dissonance. Or Bach <em>est</em> dissonant. Il faut que vous sachiez où sont les dissonances », et alors de faire reprendre en tenant certaines notes pour que soient assumés les frottements harmoniques.</p>
<p>Autre citation : « Gardez la note, sinon on ne profite pas de toutes les septièmes diminuées que Bach a écrites. »</p>
<p>Enfin, cette dernière, à l’ensemble des choristes (et peut-être des instrumentistes aussi) : «&nbsp;Vous êtes acteurs, ce n’est pas moi.&nbsp;»</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-125-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-195803"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Leonardo García Alarcón et Mariana Flores © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Irrésistible ascension</strong></h4>
<p>Entrer dans le <em>Kyrie</em>, c’est entrer dans la cathédrale sonore évoquée plus haut. Au-delà de la science contrapuntique, de la complexité d’une fugue à cinq voix, toutes choses qu’on ressent physiquement, d’un mouvement ascensionnel par lequel on est emporté («&nbsp;le ciel dans chaque note&nbsp;»), c’est la gravité fervente de ce début qui saisit d’émotion. Avec laquelle contrastera le style opératique du <em>Christe eleyson</em>, par les soprano I et II, la voix très pure de <strong>Ying Fang</strong> et celle plus corsée de <strong>Mariana Flores</strong>. Enfin la reprise du <em>Kyrie</em> donnera à entendre le Chœur de Namur dans une page moins austère que la première, plus humaine, que le chef fera respirer plus librement, jouant des <em>diminuendo</em> et des accents, et que couronneront les voix lumineuses des sopranos (et on se souviendra de son insistance en répétition à les faire user de la <em>kopfstimme</em>, de leur registre le plus élevé, pour en somme illuminer la musique).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-176-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-195807"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Leonardo García Alarcón © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<p>Après ce Kyrie, le chœur prend place sur le plateau, mais on le verra au fil de la messe passer d’une disposition à une autre, derrière l’orchestre ou autour de lui, comme pour mettre en avant telles ou telles voix, mais aussi pour marquer le passage d’une séquence à l’autre.</p>
<p>L’acoustique de la salle des Combins n’est pas celle d’une église. Pas de réverbération ici, mais tout de même l’effet d’immersion sonore est sensible. On entend la plénitude du chœur (trente-cinq membres sauf erreur) et d’un orchestre de chambre, à peu près équivalent, s’équilibrant bien l’un l’autre. Leonardo García Alarcón cultive un son ample, riche, fruité, mais jamais épais. Témoin le contraste entre la flamboyance du <em>Gloria in excelsis</em>, qu’éclairent des trompettes quasi insolentes, puis le recueillement, l’intimité du premier <em>In terra pax</em>, et là encore les sopranos, dialoguant avec les altos, sur les ponctuations des violoncelles, installent cette prière, dans un luxe sonore radieux. Les écrans montrent le chef faisant le geste de faire surgir la musique des profondeurs pour la faire monter toujours plus haut, et éclater finalement à grands renforts de timbales.</p>
<h4><strong>Soli Deo Gloria</strong></h4>
<p>La partition reflète la curiosité universelle de Bach, informé de tout ce qui se faisait ailleurs, singulièrement en Italie, comme en témoigne le <em>Laudamus te,</em> une manière de double concerto pour violon (<strong>Daniel Cho</strong>, le premier violon très virtuose du VFCO, concertmeister ce soir) et pour la voix de Mariana Flores, aux vocalises pour le coup très italianisantes. Ou la volubilité charmeuse du <em>Domine deus</em> avec ses deux flûtes conversant dans un style presque galant avec Ying Fang et le ténor <strong>Bernard Richter</strong>, ceci venant après l’ampleur majestueuse du <em>Gratias</em> (sur fond d’anneaux de Saturne tour à tour verts, bleus ou orangés).</p>
<p>On dira encore la sérénité du <em>Qui tollis</em> où s’entend la certitude que nous serons tous sauvés, avec les longues tenues des voix du chœur se chevauchant, ou le rayonnement du <em>Qui sedes</em> où dialoguent la voix chaude du mezzo-soprano <strong>Alice Coote</strong> et un hautbois d&rsquo;amour (<strong>Emmanuel Laville</strong>) qui continuera à jubiler en arrière-plan du <em>Miserere nobis</em>, non moins virtuose que son collègue corniste <strong>David Sullivan</strong> dialoguant avec <strong>Benjamin Appl</strong> dans le <em>Quoniam</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-198-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-195808"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Alice Coote, LGA et Emmanuel Laville © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<p>Tout concourt à élaborer un son très plein, pour ne pas dire opulent, jouant de toute la richesse du pupitre de vents, qui rutilera dans l’exaltation du <em>Cum Sancto Spiritu</em>, apothéose en forme de fugue pour double chœur, couronnement de la première partie. Bach avait prévu de s’arrêter là, comme en témoignent les mentions de sa main les mentions <em>Fine</em> et <em>Soli Deo Gloria</em> au bas du manuscrit.</p>
<p>Fin provisoire, comme on l’a vu.</p>
<h4><strong>Lumière née de la lumière</strong></h4>
<p>Le Credo prend d’abord l’aspect d’une chevauchée trépidante sur les ponctuations vigoureuses des cordes graves, avant le <em>sol</em> majeur rayonnant du <em>Patrem omnipotentem</em>, célébrant «&nbsp;le père tout-puissant, créateur de toutes choses&nbsp;». Ce qu’illustrent de nouvelles images du cosmos, toutes plus invraisemblables les unes que les autres, dont les couleurs de vitrail s’harmonisent avec les voix de Ying Fang et de Alice Coote, dialoguant en toute jubilation avec les contrechants des hautbois dans le <em>Et in unum Dominum.</em> <br>Des couleurs éclatantes qui semblent répondre à la poésie du texte, évoquant «&nbsp;la lumière née de la lumière&nbsp;»…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-083-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-195809" width="910" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Le Chœur de Chambre de Namur avec son chef et quelques constellations © Sofia Lambrou</sup></figcaption></figure>


<p>Un sommet d’émotion, selon nous, sera atteint avec l’extatique <em>Et incarnatus est</em> : les cordes caressées de l’introduction, qui semblent respirer, l’entrée pianissimo des voix de sopranos, la lente progression, le jeu des lignes et des couleurs, l’étonnante horizontalité, un <em>rallentando</em> appuyé sur une tenue de l’orgue, la transparence des voix hautes, tout évoque le mystère de la création de Jésus, ou de l’Homme. « L’art sacré ne parle pas uniquement aux croyants, mais à tous ceux qui ressentent le mystère d’exister », dit García Alarcón. Et c’est qu’il donne à entendre là.</p>
<p>Non moins étonnamment, et dans des couleurs musicales d’abord semblables, vient immédiatement ensuite le <em>Crucifixus</em>, et l’expression de la douleur n’y sonne pas très différemment du bonheur de l’incarnation. Quatre des solistes sont apparus à l’avant-scène, mais leur voix ne se détachent pas de celles du chœur, ils ne sont là en somme que pour figurer l’humanité…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-032-2-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-195815"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Leonardo García Alarcón © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le sentiment de certitude</strong></h4>
<p>Il faudrait dire la jubilation de toutes les voix dans le triomphant <em>Et resurrexit</em>, la pétulance des bois, la solidité des voix mâles chantant en notes piquées le <em>Gloria</em>, l’éclat solaire des trompettes, et surtout la rapidité, l’élan du mouvement. Dans une manière d’opéra sacré.<br>Dire aussi le sentiment d’attente de la résurrection que dégage l’envol des voix dans le <em>Confiteor</em>, autre fugue complexe, au contrepoint savant, mais que LGA allège de telle sorte que d’une part tout semble limpide et évident, et que d’autre part le seul sentiment qui prévaut c’est le sentiment de confiance, de certitude (au passage quelques jolies dissonances, voir plus haut…)</p>
<p>Tout au long de la messe, une chorégraphie fait se déplacer le chœur (ce qui fera râler quelques râleurs). Pour le <em>Sanctus</em>, les chanteurs se constitueront en deux blocs, deux chœurs mixtes, à gauche et à droite du plateau, comme le demande l’écriture à double chœur de ce monument glorieux et spectaculaire. Le chef prend alors l’allure d’un démiurge en appelant au ciel, vers lequel se hissent ses gestes mais aussi ses regards. Attitude qu’il gardera pour le sautillant, galvanisant, somptueux <em>Osanna</em>… avant de s’asseoir sur son podium pour écouter le trio du ténor, de la flûte et du violoncelle dans le <em>Benedictus</em>, passage un peu moins réussi.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/260725_1830_Leonardo-Garcia-Alarcon_-Sofia-Lambrou_BD_-195-2-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-195816"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Alice Coote et Leonardo García Alarcón © Sofia Lambrou</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La voix d’Alice Coote</strong></h4>
<p>Un autre sommet d’émotion, véritablement magique, sera atteint avec l’<em>Agnus Dei</em>. Rien de plus simple : une voix au premier plan et au lointain l’accompagnement onctueux des cordes. La magie tient à la couleur de la voix d’Alice Coote, à la chaleur de ce timbre, à ce quelque chose de maternel et de consolant, mais aussi à une technique souveraine, toutes notes parfaitement homogènes, à la longueur des lignes s’appuyant sur un souffle infini, à ce vibrato léger qui loin d’être gênant ajoute à l’émotion, à des demi-teintes inspirées, à des notes hautes radieuses et à des notes graves profondes et troublantes. Tout cela concourant à une déchirante prière, emplissant cette nef immense et écoutée-partagée dans un silence évidemment religieux.</p>
<p>Pour finir, le chœur reprendra ses positions du tout début, dans une géographie inclusive donnant à chacun, croyant ou pas, l’impression qu’il est partie prenante de ce cérémonial sacré. Et, quelque savant que soit le contrepoint de ce<em> In Terra pax</em>, c’est bien sa ferveur et sa lumière, l’espoir qu’il veut faire naître, qui éclaireront la fin de cette superbe, pour ne pas dire sublime, interprétation.</p>
<p>En manière de bis, et de réponse à l’euphorie du public, Leonardo García Alarcón<sub>&nbsp;</sub> fera reprendre la dernière pièce de cette Messe, l’ultime message de Bach.</p>
<p>Non sans&nbsp; avoir rappelé les derniers mots entendus : « Donna nobis Pacem »…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bach-messe-en-si-mineur-verbier/">BACH, Messe en si mineur &#8211; Verbier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Les Lundis musicaux de l&#8217;Athénée, saison 2025-26</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-lundis-musicaux-de-lathenee-saison-2025-26/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2025 08:47:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alphonse Cemin entamera en 2025-26 une onzième saison comme directeur artistique des Lundis musicaux de l&#8217;Athénée depuis leur recréation. La manifestation parvient à se tailler un territoire original dans l&#8217;offre pléthorique parisienne en combinant récitals classiques de mélodie et Lied et propositions libres, et en invitant à la fois des artistes de premier plan (qu&#8217;on &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alphonse Cemin</strong> entamera en 2025-26 une onzième saison comme directeur artistique des Lundis musicaux de l&rsquo;Athénée depuis leur recréation. La manifestation parvient à se tailler un territoire original dans l&rsquo;offre pléthorique parisienne en combinant récitals classiques de mélodie et Lied et propositions libres, et en invitant à la fois des artistes de premier plan (qu&rsquo;on est parfois peu habitué à entendre dans le répertoire de la mélodie) et des jeunes chanteurs prometteurs. La prochaine saison confirme cette recette : on entendra ainsi <strong>Julie Fuchs</strong>, <strong>Jarrett Ott</strong>, <strong>Sandrine Piau</strong> ou <strong>Huw Montague Randall</strong> accompagnés de grands noms du piano comme <strong>Julius Drake</strong> ou <strong>David Kadouch</strong>, mais aussi <strong>Laurence Kilsby</strong> (apparu cette saison dans <em>Castor et Pollux</em> à Garnier et dans <em>Samson</em> salle Favart) ou <strong>Deepa Johnny</strong>, mezzo canadienne encore peu connue en France qui doit faire ses débuts à l&rsquo;Opéra de Paris dans <em>Ercole Amante</em> et dans <em>Satyagraha </em>en 2026. Le programme éclectique promet de belles surprises et &#8211; nouveauté &#8211; inclut une soirée sans chanteur autour de l&rsquo;altiste britannique <strong>Lawrence Power</strong>, pour un récital immersif inauguré cette saison au Southbank Centre de Londres.</p>
<p>L&rsquo;essentiel de l&rsquo;agenda est à découvrir ci-dessous, plus d&rsquo;informations sur <a href="https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacles.htm" target="_blank" rel="noopener">le site de l&rsquo;Athénée</a>.</p>
<ul>
<li>24 novembre : <strong>Deepa Johnny &amp; Alphonse Cemin</strong>. Œuvres de Monteverdi, Ravel, García Lorca.</li>
<li>22 décembre : <em>Christmas concert</em> : <strong>Neima Naouri,</strong> <strong>Pablo Campos, Damien Pass &amp; Alphonse Cemin</strong>.</li>
<li>12 janvier : <strong>Kunal Lahiry &amp; Jarrett Ott</strong>. Œuvres de Ravel, Copland, Schubert et de compositeurs contemporains américains (Adolphus Hailstork, Trevor Weston, Jasmine Barns, Curtis Stewart&#8230;).</li>
<li>26 janvier : <em>Soirée Satie</em> : <strong>Julie Fuchs, Félicien Brut, Alexis Cardenas, Davide Vittone &amp; Alphonse Cemin</strong>.</li>
<li>16 février : <em>Les Sept Péchés capitaux &#8211; cabaret</em> : <strong>Axelle Fanyo, Fleur Barron &amp; Julius Drake. Œuvres de Kurt Weill, Poulenc, Gershwin et Cole Porter</strong>.</li>
<li>23 février : <strong>Lawrence Power &amp; Âme</strong> : <em>Reflections</em>. Œuvres de Bach, Benjamin, Pärt, Saariaho, Berlioz.</li>
<li>16 mars : <strong>Alice Coote &amp; Julius Drake</strong>.</li>
<li>23 mars : <em>Contes</em> : <strong>Sandrine Piau &amp; David Kadouch</strong>. Œuvres de Ravel, Poulenc, Bernard, Wolf.</li>
<li>20 avril : <strong>Huw Montague Rendall &amp; Helio Vida</strong>. Œuvres de Poulenc, Fauré, Schönberg, Mahler.</li>
<li>18 mai : <em>Paris est une fête :</em> <strong>Laurence Kilsby &amp; Ella O&rsquo;Neill</strong>. Œuvres de Poulenc, Nadia Boulanger, Ned Rorem, Hahn, Honegger, Noël Coward.</li>
</ul>
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		<title>HAENDEL, Semele – Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-semele-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Feb 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À l&#8217;époque de la création de Semele, la mode britannique n&#8217;est plus aux opéras et un nouveau public attend une musique plus sérieuse et d&#8217;inspiration religieuse. À défaut d&#8217;un sujet biblique, Haendel compose pour le Théâtre de Covent Garden un ouvrage tiré des Métamorphoses d&#8217;Ovide. Ni opéra italien, ni œuvre édifiante pour le carême, l&#8217;ouvrage &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À l&rsquo;époque de la création de <em>Semele</em>, la mode britannique n&rsquo;est plus aux opéras et un nouveau public attend une musique plus sérieuse et d&rsquo;inspiration religieuse. À défaut d&rsquo;un sujet biblique, Haendel compose pour le Théâtre de Covent Garden un ouvrage tiré des <em>Métamorphoses d&rsquo;Ovide</em>. Ni opéra italien, ni œuvre édifiante pour le carême, l&rsquo;ouvrage ne trouve pas son public et n&rsquo;est joué que quatre fois (puis deux fois l&rsquo;année suivante) avant de sombrer dans l&rsquo;oubli. S&rsquo;agit-il d&rsquo;ailleurs d&rsquo;un oratorio ou d&rsquo;un opéra déguisé en oratorio ? Dans son ouvrage de 1760, première biographie jamais consacrée à un compositeur, John Mainwaring, qui semble avoir bien connu Haendel, écrit que « <em>Semele</em> est un opéra anglais, mais appelé oratorio, et exécuté en tant que tel. ». Le livret est d&rsquo;ailleurs calqué sur celui d&rsquo;un ouvrage lyrique homonyme de John Eccles. Contrairement à certains oratorios dont la représentation scénique pose problème, <em>Semele</em> se plie au contraire parfaitement à une production théâtrale, comme on a pu s&rsquo;en rendre compte à de nombreuses reprises.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="656" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20250202-092VP-1024x656.jpg" alt="" class="wp-image-182511"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Vincent Pontet </sup></figcaption></figure>


<p>La production d&rsquo;<strong>Oliver Mears</strong> (actuel directeur du Royal Opera, coproducteur du spectacle) situe l&rsquo;action dans une sorte de grand hôtel art déco, avec une touche d&rsquo;années 50 pour le mobilier du hall (Jupiter possède toutefois une platine stéréo vinyle et ses disques évoquent plutôt l&rsquo;esthétique des années 60-70). Les simples humains sont vêtus de l&rsquo;uniforme de l&rsquo;établissement tandis que les dieux ont des costumes plus élaborés. Jupiter est ici le propriétaire de l&rsquo;hotel, qui considère le personnel comme un territoire de chasse malgré la surveillance de sa blonde épouse, Junon. Mears transpose ainsi la relation humains-déités en rapports de classe : d&rsquo;un côté les employés de l&rsquo;hôtel, de l&rsquo;autre ses propriétaires et leurs relations familiales ou amicales. Ce parti permet de simplifier le dispositif scénique : le loft de Jupiter (qui symbolise l&rsquo;Olympe) est calqué sur le hall d&rsquo;entrée de l&rsquo;hôtel où trône d&rsquo;ailleurs une immense cheminée qu&rsquo;on retrouve à l&rsquo;étage supérieur. Vieux sommelier drogué, Somnus vit dans la cave au milieu d&rsquo;un réjouissant amoncellement de bouteilles vides (il est probable que le public britannique notera une ressemblance avec le comique Tommy Cooper). À la transposition près, les didascalies sont plutôt bien respectées, à une adaptation notable : Semele est enceinte de Jupiter. C&rsquo;est la raison pour laquelle il jure de lui accorder son voeu (manipulée par Junon, jalouse épouse de Jupiter qui veut se venger de la favorite du jour, Semele va demander à voir son amant sous sa forme divine, ce qui va causer sa mort par consumation). Semele accouchera en se repentant de son vœu. Après sa mort (brûlée dans la cheminée bien entendu), Jupiter (reprenant la tirade normalement dévolue à Apollon) vient annoncer un nouveau dieu de l&rsquo;Amour, Bacchus. Une nouvelle jeune fille vient remplacer Semele : on devine les projets de Jupiter. Ni révolutionnaire ni strictement illustrative, l&rsquo;astucieuse production de Mears est un compromis plein d&rsquo;esprit qui fonctionne parfaitement. La direction théâtrale est d&rsquo;un grand professionnalisme, et il est impossible d&rsquo;apprécier tous les détails dans le jeu des acteurs. Il est rare de voir un spectacle aussi bien réglé dès la première.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20250202-118VP-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-182516"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Vincent Pontet</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Pretty Yende</strong> est une Semele quasiment idéale. Les différentes facettes du personnage sont parfaitement rendues, avec justesse et sans caricature. On est surtout ravi d&rsquo;entendre enfin dans ce répertoire une voix véritablement belcantiste, capable de triller, d&rsquo;exécuter des roulades précises et d&rsquo;offrir des variations pyrotechniques dans les <em>da capo</em> (sept <em>si</em> naturels piqués à la fin de « Endless pleasure, endless love », ou encore quatre contre-ut piqués dans <em>« </em>Myself I shall adore <em>»</em>), même si la justesse n&rsquo;est pas toujours précise. Voix baroque expérimentée, <strong>Alice Coote</strong> offre un timbre chaud et une voix opulente, mais aussi quelques ruptures de registres un peu abruptes qui lui permettent toutefois d&rsquo;offrir des graves bien profonds ou des aigus aux forceps. Le mezzo britannique est également une interprète efficace dans cette mise en scène qui lui demande de forcer un peu le trait. <span style="font-size: revert;">Également très bon acteur, </span><strong style="font-size: revert;">Brindley Sherratt</strong><span style="font-size: revert;"> est excellent en Somnus dont il a le grave profond. Le chant est en revanche un peu trop épais pour le rôle de Cadmus, et il n&rsquo;a pas l&rsquo;aigu requis pour le Grand Prêtre, ce qui démontre que les chanteurs ne sont pas non plus des couteaux suisses.<strong> Carlo Vistoli</strong> est un Athamas proche de l&rsquo;idéal, avec une voix correctement projetée, un timbre chaud, de belles variations dans les<em> da capo</em> et offre une </span>technique belcantiste irréprochable. Le rôle étant sur le papier assez nul dramatiquement, Mears change le sens de son air final : « Despair no more shall wound me » qui devrait sonner comme un hymne à Apollon (remplacé ici par Jupiter) mais qui est transformé ici en une tirade sarcastique, les paroles étant à prendre en antiphrase. Ceci donne enfin une occasion au contre-ténor italien de jouer en exprimant le bonheur sur le registre vocal, et la colère sur le registre visuel. <strong>Niamh O’Sullivan</strong> est une Ino charmante et bien chantante, au timbre chaud, à laquelle il manque encore un peu de puissance de protection (la jeune chanteuse n&rsquo;a que trente ans). En Iris, <strong>Marianna Hovanisyan</strong> est également une intéressante découverte. La voix du soprano est fruitée et bien projetée, et la chanteuse varie justement les couleurs et les effets de souffle, et offre une belle aisance dans l&rsquo;aigu. <strong>Ben Bliss</strong> est un Jupiter quasiment parfait. Le timbre, un peu engorgé, n&rsquo;est pas particulièrement remarquable, mais le chant est impeccable. La voix est homogène sur toute la tessiture, ne donnant aucun signe d&rsquo;effort. La technique belcantiste n&rsquo;est jamais prise en défaut et la projection est suffisamment puissante. Enfin, le personnage est dessiné avec finesse.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20250128-017VP-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-182504" style="width:911px;height:608px"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Vincent Pontet</sup></figcaption></figure>


<p>Particulièrement sollicité dans cet ouvrage, le chœur du Concert d’Astrée est remarquable d&rsquo;homogénéité, pétillant, et jouant à la perfection. L&rsquo;orchestre est également superbe, avec un beau tapis sonore et une impeccable virtuosité. La direction musicale d&rsquo;<strong>Emmanuelle Haïm</strong> manque un peu de contrastes : on aimerait davantage de pétulance dans les airs virtuoses, davantage d&rsquo;alanguissement dans les scènes plus douces ou plus tristes, mais la chef reste sur une sorte d&rsquo;entre-deux certes élégant, mais parfois un peu fade dramatiquement. Au positif, la direction est attentive aux chanteurs tout en offrant de belles sonorités orchestrales.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-semele-paris-tce/">HAENDEL, Semele – Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BERLIOZ, Les Troyens &#8211; Londres (Royal Albert Hall)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-les-troyens-londres-royal-albert-hall/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Sep 2023 17:41:20 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=140645</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après une tournée triomphale débutée à la Côte-Saint-André et poursuivie à Versailles, Salzbourg, Berlin, cette série de représentations du chef d&#8217;oeuvre de Berlioz s&#8217;achève par une ultime représentation au Royal Albert Hall de Londres. Le spectacle est donné dans le cadre des concerts-promenades, les fameux Proms de la BBC : il s’agit d’ailleurs du 64e &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une tournée triomphale débutée à la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-les-troyens-la-cote-saint-andre">Côte-Saint-André</a> et poursuivie à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-les-troyens-versailles">Versailles</a>, Salzbourg, Berlin, cette série de représentations du chef d&rsquo;oeuvre de Berlioz s&rsquo;achève par une ultime représentation au Royal Albert Hall de Londres. Le spectacle est donné dans le cadre des concerts-promenades, les fameux <em>Proms</em> de la BBC : il s’agit d’ailleurs du 64e concert d’une saison qui s’achèvera le 9 septembre avec la traditionnelle <em>Last Night of the Proms</em>.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cDt5CrTj-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-140923"/><figcaption class="wp-element-caption">© Andy Paradise</figcaption></figure>


<p>En Cassandre, la voix d’<strong>Alice Coote</strong> nous a semblé mieux assurée qu’à Versailles, sans les tensions dans un aigu qui nous a paru moins strident. Le si naturel conclusif de son duo avec Chorèbe est ici parfaitement en place. Le mezzo britannique offre surtout une présence scénique particulièrement excitante, avec un engagement et une fougue remarquables, sans doute un peu hors style : on peut dire qu’elle brûle les planches, ce qui tombe à pic compte tenu du contexte dramatique. En Chorèbe, le baryton <strong>Lionel Lhote</strong> offre une belle musicalité, mais la voix manque de largeur et sonne un peu étriquée. Si on peut apprécier un étonnant si naturel à l’unisson de celui d’Alice Coote, la note est un brin écrasée par la puissance vocale de sa partenaire. <strong>Adèle Charvet</strong> est un luxe en Ascagne, dont elle fait une personnage à la fois touchant et drôle. <strong>Beth Taylor</strong> est l’une des révélations de la soirée. Dès sa première note, on est séduit par ce timbre sombre, chaud et rare dans cette tessiture de contralto. L’abattage scénique est également indéniable et on suivra de près la carrière de cette jeune chanteuse écossaise de 29 ans. Après quelques phrases un peu hésitantes au début du III, <strong>Laurence Kilsby</strong> offre un excellent Hylas, puis un Iopas encore meilleur, plein de poésie. La voix est bien conduite, l’aigu en mixte finement maîtrisé et la projection tout à fait correcte. Pour l’escale londonienne, la distribution est par ailleurs très légèrement renouvelée par rapport aux deux concerts en France. <strong>Alex Rosen</strong> campe Hector et une sentinelle, comme à la Côte-Saint-André et à Versailles, mais également Narbal en remplacement de William Thomas, souffrant. On ne perd certainement pas au change, les promesses de son Hector se réalisant largement dans le rôle plus important de Narbal. Le chant est stylé, et le timbre, sombre, est assez personnel : certainement un chanteur à suivre lui aussi. En remplacement de William Thomas également, <strong>Tristan Hambleton</strong> est un roi Priam bien chantant. <strong>Ashley Riches</strong> s’investit dramatiquement en Panthée mais l’émission est un peu débrayée. <strong>Paula Murrihy</strong>, qui incarne Didon, vient clairement du monde du baroque où l’on privilégie plutôt aujourd’hui des voix un peu blanches. La musicalité est parfaite, la technique impeccable et la tessiture ne lui pose aucun problème, mais ce manque de couleurs prive de corps son interprétation. Le mezzo-soprano irlandais est également plus à l’aise dans la douceur amoureuse pudique que dans les imprécations vengeresses finales. <strong>Michael Spyres</strong> livre une prestation remarquable. Le médium est solide et le chanteur a gagné dans l’homogénéité des registres. Le registre aigu est sûr, le contre-ut d’« Inutiles regrets », particulièrement exposé, ne lui posant d’ailleurs aucun problème. La puissance et le souffle du chanteur confère à son Enée une véritable vaillance, à laquelle manque toutefois le <em>spinto</em> héroïque qu’on associe spontanément au guerrier troyen. L’articulation de l’ensemble des solistes est toujours aussi excellente, mais la compréhension est souvent contrariée par l’acoustique réverbérée de l’auditorium, en particulier dans les passages <em>forte</em>. Plus important encore que la simple articulation, il faut insister sur un vrai travail sur la couleur des mots : par exemple sur « les grrrrrecs » où le « r » ainsi renforcé exprime le mépris des troyens pour leurs ennemis.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/By03XVwC-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-140928"/><figcaption class="wp-element-caption">© Andy Paradise</figcaption></figure>


<p>La direction de <strong>Dinis Sousa</strong> est particulièrement exaltante en première partie, avec des passages absolument stupéfiants comme un sidérant « Châtiment effroyable ». La tension retombe toutefois dans une seconde partie moins dramatique et plus élégiaque, et ce compris dans la grande scène finale de Didon. L’orchestre est ce soir parfaitement en place et nous n’aurons droit à aucun pains. La sonorité typique de la formation, la nervosité des attaques, pâtissent néanmoins de la réverbération de l’auditorium et du gigantisme des lieux. Les cuivres, éclatants à Versailles, sont davantage équilibrés avec les cordes. Les percussions sont également moins présentes et sonnent plus discrètes. Au global, la « sauvagerie » des représentations précédentes est ici un peu atténuée. Les chœurs, particulièrement sollicités, sont absolument parfaits, tant musicalement que dramatiquement, la mise en espace leur donnant l&rsquo;occasion un jeu de scène particulièrement élaboré.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/9Yn-nkqh-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-140925"/><figcaption class="wp-element-caption">© Andy Paradise</figcaption></figure>


<p>Un atout de cette série de concerts réside en effet dans la mise en espace de <strong>Tess Gibbs</strong>, laquelle explose les cadres habituels du genre avec une direction d’acteurs et des mouvements scéniques élaborés et bien venus. On oublie ainsi rapidement que l’on est au concert et non à une représentation. La pantomime de la <em>Chasse royale</em> ne respecte toutefois pas tout à fait le livret, figurant l’agitation des protagonistes sous l’orage plutôt que la rencontre et la séduction des deux amants. L’arrivée d’Andromaque accompagnée de son fils est en revanche particulièrement réussie, l’émotion surgissant de ces deux présences muettes et éplorées.<br>Malgré ces quelques réserves, le spectacle vaut mieux au final que la somme de ses parties grâce à une unité, une cohérence, un engagement et une théâtralité absolument époustouflants. Le triomphe final est à la hauteur de la qualité de cette longue soirée de près de 5h30. On saluera au passage les quelques 300 spectateurs debout au parterre (privé de sièges pour les <em>Proms</em>) dont l’endurance est un symbole des vertus britanniques.</p>


<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Les-Troyens-Alex-ROSEN-Londres-RAH-2023-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-140933" width="911" height="607"/><figcaption class="wp-element-caption">© Andy Paradise</figcaption></figure>
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		<title>BERLIOZ, Les Troyens &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-les-troyens-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Aug 2023 14:32:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le tapage autour de l’affaire Gardiner a étouffé le concert de louanges que méritent ces Troyens mis en espace par Tess Gibbs du 22 août au 3 septembre dans cinq villes européennes. Guillaume Saintagne nous a conté la première étape de la tournée à La Côte-Saint-André les 22 et 23 août. Le spectacle faisait halte &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le tapage autour de <a href="https://www.forumopera.com/breve/john-eliot-gardiner-ne-dirigera-pas-la-seconde-partie-des-troyens-au-festival-berlioz/">l’affaire Gardiner</a> a étouffé le concert de louanges que méritent ces <em>Troyens</em> mis en espace par <strong>Tess Gibbs</strong> du 22 août au 3 septembre dans cinq villes européennes. Guillaume Saintagne nous a conté <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-les-troyens-la-cote-saint-andre/">la première étape de la tournée</a> à La Côte-Saint-André les 22 et 23 août. Le spectacle faisait halte à Versailles ce 29 août en une seule représentation. Du Dauphiné à l’Ile-de-France, l’enthousiasme demeure, magnifié sur la scène de l’Opéra Royal par le « Palais de marbre rehaussé d’or », un décor en trompe l’œil conçu par le peintre et décorateur de théâtre Pierre Luc Charles Cicéri, dans lequel Berlioz lui-même dirigea un concert <em>in loco</em> le 29 octobre 1848.</p>
<p>Qu’ajouter – ou retrancher – aux premières impressions de notre confrère ? Redire d’abord l’excellence du Monteverdi Choir, l’expérience unique que représente l’immersion de l’auditeur dans un bouillonnement sonore à la cohésion exemplaire, capable à plus de soixante voix de nuances auxquelles une seule souvent ne parvient pas. Oui, il faut avoir vécu « l’élan formidable qui électrise le plateau » dès les premières minutes de la soirée pour prendre la mesure de la performance.</p>
<p>Répéter aussi combien Berlioz gagne à être joué sur instruments anciens, rincé d’un inutile empois, nerveux cependant, romantique en diable forcément, avec là aussi des découvertes orchestrales, des couleurs aveuglantes, des miroitements inédits qui nous propulsent dans une troisième dimension acoustique.</p>
<p>Saluer alors le travail de <strong>Dinis Sousa</strong>, appelé à remplacer Gardiner au pupitre, après l’avoir assisté et entièrement préparé les musiciens et chanteurs. Dans une partition touffue aux humeurs changeantes, la substitution ne souffre d’aucun décalage, d’aucune hésitation. Le souffle reste épique&nbsp;; les contrastes marqués. Le geste, fluide, ne donne jamais à sentir le poids que doit représenter pour le jeune chef d’orchestre (35 ans) la direction d’une telle œuvre dans de telles conditions.</p>
<p>Corroborer ensuite les impressions sur les solistes, à quelques détails près : <strong>Laurence Kilsby</strong> moins assuré ici en Hylas qu’en Iopas, intimidé, encore fragile même si le chant est nimbé de la lumière requise par ces deux rôles souvent confiés à deux chanteurs différents ; <strong>William Thomas</strong> en mal aussi de maturité auquel il faut un certain temps pour prendre la mesure hiératique de Narbal ; <strong>Alex Rosen</strong>, Ombre d’Hector imposante d’autorité puis sentinelle goguenarde, dont à la fin du concert on souligne le nom dans le programme afin de ne pas oublier de le suivre de près ; <strong>Beth Taylor</strong>, mezzo-soprano sombre proche du contralto, qui étonne avant de séduire par la justesse de ton, de la présence, par l’aimable effusion du duo avec Didon et à l’autre bout de l’échelle émotionnelle, par la puissance sourde de la malédiction finale&nbsp;; l’Ascagne d’<strong>Adèle Charvet</strong>, ô combien luxueux étant donné la modestie du rôle&nbsp;; le Panthée dégingandé d’<strong>Ashley Riches</strong> et le Chorèbe effectivement las de <strong>Lionel Lhote</strong> qui nous a habitué à plus de relief… Tous ont pour avantage une prononciation irréprochable de la langue française, indispensable faut-il le rappeler dans ce répertoire et essentielle aux oreilles francophones.</p>
<p>Pondérer enfin quelques réserves émises à La Côte-Saint-André, imputables peut-être à l’appréhension des premières représentations et à une acoustique moins favorable. <strong>Michael Spyres</strong> offre d’Enée un portrait homérique, sans cette fois trébucher sur son air d’entrée – le redoutable récit de la mort de Laocoon –, ni flancher dans le monologue du cinquième acte, d’une vigueur inentamée par les tensions de l’écriture, supérieur encore nous a-t-il semblé à sa <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-strasbourg-levenement-musical-de-lannee/">performance strasbourgeoise</a> (admirable pourtant). Solide, le médium vient en soutien d’un phrasé princier, d’un aigu infaillible, d’une fougue perceptible jusque dans le duo d’amour où l’on sent poindre derrière la tendresse des sentiments l’aiguillon du désir. <strong>Alice Coote</strong> est une Cassandre qui a grandi dans les faubourgs de Troie avant de rejoindre la cour du roi Priam. Quelques teintes verdâtres, quelques sons ouverts et autres stridences sont balayés par la longueur de la voix et la flamme de l’engagement. Ce feu sacré transfigure la harengère expressionniste en pythie héroïque. En Didon, <strong>Paula Murrihy</strong> atteint une forme d’idéal tant dans l’égalité et la douceur de la ligne que dans la noblesse de la composition. L’endurance n’affecte pas la beauté du chant, drapé d’abord dans une froide pudeur jusqu’à ce que le marbre se fende au cinquième acte pour laisser place à la tragédienne. La souffrance contenue des adieux comme l’éclat des imprécations n’entachent alors ni la dignité, ni la grandeur de celle que Berlioz voulait royale héritière des héroïnes de Gluck. Gageons qu’il aurait été satisfait.</p>
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		<title>BERLIOZ, Les Troyens &#8211; La Côte-Saint-André</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-les-troyens-la-cote-saint-andre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Aug 2023 06:11:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vingt ans après la légendaire production du Châtelet, le retour de John Eliot Gardiner et son orchestre à l’ultime opéra de Berlioz est d’autant plus immanquable que la production voyagera ensuite à Versailles, Salzbourg, Berlin et Londres. Malgré l’incident qui entachera nécessairement la carrière du chef et l’a poussé à quitter le public dès le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vingt ans après la légendaire production du Châtelet, le retour de <strong>John Eliot Gardiner</strong> et son orchestre à l’ultime opéra de Berlioz est d’autant plus immanquable que la production voyagera ensuite à Versailles, Salzbourg, Berlin et Londres. Malgré <a href="https://www.forumopera.com/breve/john-eliot-gardiner-ne-dirigera-pas-la-seconde-partie-des-troyens-au-festival-berlioz/">l’incident</a> qui entachera nécessairement la carrière du chef et l’a poussé à quitter le public dès le premier soir, le résultat ne semble pas en souffrir. Il faut dire que <strong>Dinis Sousa</strong> qui a remplacé au pied levé Gardiner pour la seconde soirée est non seulement le chef associé de l’orchestre mais également, à en juger par les applaudissements des musiciens eux-mêmes, manifestement très doué. Certes l’<strong>Orchestre Révolutionnaire et Romantique</strong> a dû suffisamment répéter et respire une telle collégialité, que l’on pourrait penser le rôle du chef tout relatif pendant le spectacle, mais atteindre un tel niveau d’excellence pour une première dans une œuvre aussi exigeante, lorsque l’on est un chef aussi jeune arrivé dans l’urgence, cela relève de l’exploit. Et les deux chemises trempées du chef portugais témoignent son engagement.</p>
<p>L’exploit reste avant tout celui de l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique. C’est bien simple, on a le sentiment de redécouvrir l’œuvre, ou à tout le moins d’enfin l’entendre en couleurs voire en 3D. Or la spatialisation mouvante de certains pupitres (les saxhorns pendant la chasse royale par exemple) ou le spectacle en soit que constitue le groupe des percussions originales à Cour ne suffisent pas à l’expliquer. Nous n’avons pas le souvenir d’avoir entendu une marche des Troyens aussi barbare que digne, des flûtes aussi perçantes mais jamais criardes dans l’entrée des Constructeurs, un hautbois si chantant dans son solo du premier acte, des saxhorns aussi sensuels et jazzy dans la chasse royale. C’est grâce à leur fièvre que les scènes à Troie sont si angoissantes et celles à Carthage si chaleureuses.</p>
<p>Ajoutons le <strong>Monteverdi Choir</strong> qui tutoie toujours l’excellence : leur prononciation est parfaite, ils sont capables de variations de volumes saisissantes sans jamais sacrifier la beauté du son et les acteurs font preuve d’un engagement extraordinaire. Il faut les voir surgir sur scène dans un élan formidable qui électrise tout de suite le plateau dès les premières minutes de l’acte I, avant de devenir les statues chantantes d’un « Dieu protecteur » glaçant, puis mimer les soldats grecs dans le cheval, protégés par leur partition bouclier, ou incarner les quasi dansantes troyennes suicidaires à l’avant-scène. Avouons également avoir été ému par la prestation d’Andromaque : même dans les rôles muets, ces choristes sont remarquables ! Les scènes à Carthage leur donnent moins l’occasion de jouer mais se maintiennent au même firmament, jusque dans la danse nubienne aux sonorités bien peu habituelles pour un chœur spécialisé dans le baroque. Orchestre et chœur justifient à eux seuls d’assister à cette production.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="660" height="439" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/top-left-10.jpg" alt="" class="wp-image-140051"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Bruno Moussier</sup></figcaption></figure>


<p>Du coté des solistes, la distribution est moins brillante et souffre de la comparaison avec les chanteurs réunis en 2003. <strong>Alice Coote</strong> d’abord est une tragédienne assez gauche. Certes le français est clair et ses descentes dans le grave semblent enfoncer la porte du Ténare, mais son jeu est forcé et ses aigus aussi solides que blancs évoquent bien peu la jeune prêtresse. Son meilleur moment reste sa vision terrifiée. Il faut dire aussi que choisir cette large robe en lamé doré n’était pas très judicieux : obligée de la retrousser pour marcher, la prophétesse prend des allures de campagnarde perdue au milieu des violons. Son amant dans l’œuvre,<strong>&nbsp;Lionel Lhote</strong> n’est pas plus séduisant, souffre d’une prononciation pâteuse et d’une émission engorgée qui retirent tout relief à ses interventions. Il éprouve aussi des difficultés à suivre le rythme haletant que le chef lui impose dans «&nbsp;Quitte-nous dès ce soir&nbsp;». <strong>Michael Spyres</strong> rate quant à lui son récit de Laocoon : texte difficilement compréhensible, couverture excessive et aigus ternes. Heureusement le ciel d’Afrique le retrouve à son meilleur dès son entrée (« Reine ! ») fracassante, il livre ensuite un duo d’amour étourdissant et un grand monologue suprême (n’était la fatigue sur la fin qui le pousse à sécuriser ses aigus, les privant un peu d’éclat). La beauté du timbre, l’élégance de la diction, l’engagement dramatique en font un Enée mémorable. <strong>Paula Murrihy</strong> est clairement dépassée par son exigeant air d’entrée : peu à l’aise dans la puissance et les écarts de tessiture, elle consacre trop d’énergie à exister face au chœur et néglige son français et la coloration de son timbre, de nature assez mate. Heureusement, les morceaux plus intimes la montrent diseuse intelligente et raffinée. Sa mort sauve la mise : son expressivité est mobile dès le contraste entre le très impérieux « Je suis reine et j’ordonne » et le terriblement sensible « Laissez-moi seule, Anna », puis entre les adieux timides et les invocations infernales ou l’extase prophétique.</p>
<p>Parmi les seconds rôles, bien des réussites également. Passé <strong>Ashley Riches</strong> qui campe un tumultueux Panthée mais mâchonne ses mots et force sa projection, on ne sait qui louer en premier. L’Anna aux graves surprenants glissés dans le fourreau d’une diction ensorcelante de<strong> Beth Taylor</strong>&nbsp;? L’Hector racé et puissant d<strong>’Alex Rosen</strong>&nbsp;? L’Ascagne juvénile, bondissant et drôle («&nbsp;Je suis son fils&nbsp;» attendrissant) d’<strong>Adèle Charvet</strong>&nbsp;? Ou l’extraordinaire <strong>Laurence Kilsby</strong>, aussi à l’aise dans l’élégie solaire d’«&nbsp;O blonde Cérès&nbsp;» que dans la nostalgie mélancolique de «&nbsp;Vallon Sonore&nbsp;»&nbsp;: timbre clair, mots délectables, émission pure, ligne nette, un idéal de style français. En Narbal, <strong>William Thomas</strong> fait vibrer une voix caverneuse à la diction d’abord molle et incompréhensible, puis bien plus travaillée dans un superbe « De quel revers menaces-tu Carthage ? ».</p>
<p>Pour notre plus grande joie, c’est aussi une version quasi-complète à laquelle nous assistons. A part la scène de Sinon, et le (faible selon nous) final étendu « Fuit Troja ! », le chef-d’œuvre de Berlioz brille dans son intégrité.</p>
<p><em>Article modifié le 26 août à 12h36 par le conseil de rédaction.</em></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/berlioz-les-troyens-la-cote-saint-andre/">BERLIOZ, Les Troyens &#8211; La Côte-Saint-André</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Les voix de la saison 2022 des Proms</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-voix-de-la-saison-2022-des-proms/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Apr 2022 03:43:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle saison des Proms, les célèbres concerts-promenades londoniens, s’étendra du 15 juillet au 9 septembre 2022. Parmi les soirées mettant plus particulièrement en valeur la voix, on pourra citer les concerts suivants, sans chercher toutefois l’exhaustivité dans cette riche programmation. Le 15 juillet, le Requiem de Verdi affichera le jeune ténor Freddie De Tommaso &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La <a href="https://www.bbc.co.uk/proms">nouvelle saison</a> des Proms, les célèbres concerts-promenades londoniens, s’étendra du 15 juillet au 9 septembre 2022. Parmi les soirées mettant plus particulièrement en valeur la voix, on pourra citer les concerts suivants, sans chercher toutefois l’exhaustivité dans cette riche programmation. Le 15 juillet, le <em>Requiem </em>de Verdi affichera le jeune ténor Freddie De Tommaso <a href="/actu/freddie-de-tommaso-deja-dans-la-cour-des-grands">qui avait récemment interviewé par notre confrère Sylvain Fort</a>. Alice Coote et James Newby chanteront <em>Dido and Aenas </em>le 19. L’opéra d’Ethel Smyth, <em>The Wreckers</em>, qui sera <a href="/breve/glyndebourne-feministe">recréé au Festival de Glyndebourne cet saison</a>, sera repris dans la foulée en concert le 24. Le <em>Deutsche Requiem </em>de Brahms sera donné le 28. Le concert du 30 juillet comprendra (entre autres) <em>Il Tabarro</em>, avec George Gagnidze sous la direction de Mark Elder. Le 31, Liudmyla Monastyrska participera à un concert avec l’Ukrainian Freedom Orchestra où elle chantera « Abscheulicher! », extrait de <em>Fidelio</em>. Le soprano Louise Alder interprétera les <em>Quatre derniers Lieder</em> de Richard Strauss et <em>Blumine </em>de Gustav Mahler sous la direction de Daniele Rustioni le 9 août. La Symphonie N<sup>o </sup>4 de Robert Schumann sera également au programme. A la tête du Chœur Monteverdi et de l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique, John Eliot Gardiner dirigera la <em>Missa solemnis </em>le 7 septembre. Lise Davidsen participera à la Dernière nuit des Proms le 9 septembre, mais là, c’est surtout le public qui chante ! </p>
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		<title>MASSENET, Cendrillon — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cendrillon-streaming-londres-roh-du-reve-et-du-rire-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;occasion de la rediffusion en streaming de Cendrillon, nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 16 juillet 2011. Si Laurent Pelly est devenu l’un des metteurs en scène les plus prisés des maisons d’opéra comme de la critique et du public, c’est qu’il sait conjuguer originalité avec respect &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l&rsquo;occasion de la rediffusion en streaming de <em>Cendrillon</em>, nous vous proposons de relire ci-après le compte rendu de la représentation du 16 juillet 2011.</strong></p>
<hr />
<p>Si <strong>Laurent Pelly</strong> est devenu l’un des metteurs en scène les plus prisés des maisons d’opéra comme de la critique et du public, c’est qu’il sait conjuguer originalité avec respect de la musique et du livret. Ici, le terme galvaudé de « lecture » de l’œuvre est à prendre au pied de la lettre. C’est en se remémorant les <em>Contes de Perrault</em> de son enfance que Pelly a choisi pour cette <em>Cendrillon </em>une scénographie en forme de livre d’images.</p>
<p>En plaçant cet <em>opéra comique </em>qui ne recule pas devant le mélange des genres dans un univers de pure fantaisie, Pelly lui restitue toute sa saveur. Avec lui, les gags d’une irrésistible drôlerie fourmillent. Le public s’en délecte et les interprètes y trouvent leur compte car si la farce alterne avec le merveilleux, tout est réglé au cordeau. Entre la fosse et la scène, le charme opère bel et bien. Et, sous la direction experte de <strong>Bertrand de Billy, </strong>le compositeur reste l’ordonnateur suprême d’un ouvrage qu’il a voulu à la fois souriant et sensuel.</p>
<p>En dessinant lui-même les costumes, le metteur en scène garde la haute main sur la conception visuelle du spectacle. La grisaille dont émerge Cendrillon avant que sa robe de lumière ne la transforme en Lucette, le prince en pyjama rouge, enfermé dans sa mélancolie, la fée scintillant de mille feux, les tenues cocasses de la marâtre et de ses filles… sont autant de signes qui caractérisent les personnages et reflètent leurs états d’âme. De surcroît, on ne peut qu’admirer la clarté de la direction d’acteurs qui insuffle à chaque entrée l’humeur de la scène ; on ne peut qu’applaudir la force comique des temps forts : la préparation au bal, le coup de foudre, l’apparition du carrosse, l’hilarante séance d’essayage de la pantoufle de verre, la révélation du triomphe de Cendrillon.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="357" src="/sites/default/files/styles/large/public/cendrillon-event-header.jpg?itok=iooOvGIN" title="Joyce DiDonato © Bill Cooper/ROH 2011" width="468" /><br />
	Joyce DiDonato © Bill Cooper/ROH 2011</p>
<p>Dans le rôle titre, <strong>Joyce Didonato</strong>, est annoncée enrhumée au début de la série de représentations. Si sa voix de mezzo au timbre soyeux et naturel paraît à priori adaptée à un rôle, chanté il y a cinq ans dans cette même production à Santa-Fe, et dont on attendait beaucoup, la star américaine déçoit quelque peu. Comme s’il lui fallait s’économiser, contrairement à son tempérament, elle semble en retrait du personnage ; sa diction est souvent imprécise. Néanmoins, la gémellité de timbre des deux mezzos donne toute sa grâce au duo d’amour avec sa délicieuse phrase musicale récurrente « Vous êtes mon prince charmant ». Scéniquement et vocalement, Le Prince d’<strong>Alice Coote </strong>est fort séduisant et le public londonien l’acclame à juste titre au moment des saluts. En Fée protectrice, compte tenu de ses moyens limités dans le suraigu et d’une voix parfois instable, l’élégante soprano cubaine <strong>Eglise Gutiérrez</strong> tire son épingle du jeu. Dans le rôle de la terrible marâtre, Madame de la Haltière, <strong>Ewa Podleś</strong> et ses deux filles bien chantantes forment un trio désopilant. Savourant chaque mot avec gourmandise et autorité, la contralto polonaise révèle pleinement sa veine comique dans un rôle en or pour elle – surtout à travers cette mise en scène débridée et dans la vaste salle de Covent Garden dont l’excellente acoustique convient à sa voix onduleuse.</p>
<p>Après les compliments dus aux nombreux personnages secondaires, aux choristes et aux danseurs, il convient d’ajouter que, selon l’applaudimètre, la dernière représentation, le 16 juillet, s’est avérée la meilleure pour tous les interprètes – y compris le Pandolfe de <strong>Jean-Philippe Lafont, </strong>toujours excellent scéniquement mais vocalement à la peine trois jours auparavant (le 13 juillet)<strong>. </strong>Sans doute le bénéfice du travail accompli et les bienfaits de soixante-douze heures de repos.</p>
<p><a href="https://www.roh.org.uk/tickets-and-events/cendrillon-stream-details">Voir la vidéo sur You Tube</a></p>
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		<title>Survivre au confinement : les conseils de la rédaction (2)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Mar 2020 01:22:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ces temps incertains où le meilleur rempart au virus ambiant est encore de rester chez soi, Forum Opéra vous propose quelques conseils de livres, enregistrements et DVD susceptibles d’occuper vos longues journées et soirées en musique. Nos conseils livres : Un livre qui ne parle évidemment pas que d&#8217;opéra, mais qui en parle quand &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/survivre-au-confinement-les-conseils-de-la-redaction-2/"> <span class="screen-reader-text">Survivre au confinement : les conseils de la rédaction (2)</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En ces temps incertains où le meilleur rempart au virus ambiant est encore de rester chez soi, Forum Opéra vous propose quelques conseils de livres, enregistrements et DVD susceptibles d’occuper vos longues journées et soirées en musique.</strong></p>
<hr />
<ul>
<li><strong>Nos conseils livres :</strong></li>
</ul>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/216_0.jpg?itok=ESPQSazq" style="width: 100px; height: 140px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Un livre qui ne parle évidemment pas que d&rsquo;opéra, mais qui en parle quand même un peu, et qui aborde surtout un sujet qui ne manque pas d&rsquo;intriguer : le silence de ceux dont le métier est de façonner la matière sonore pour en tirer de quoi nous envoûter. <a href="https://www.forumopera.com/livre/les-silencieux-les-compositeurs-a-lepreuve-du-silence-tout-a-coup-tu-tes-tu"><em>Les Silencieux</em> de <strong>Laurent Vilarem</strong></a>, où les mille raisons pour lesquels un compositeur peut choisir de se taire&#8230;</p>
<p>Aedam Musicae, 2018, 104 p.</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/61qu9psyrnl.jpg?itok=BDPaYxlr" style="width: 100px; height: 138px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Opéra et bandes dessinées n&rsquo;ont rien d&rsquo;incompatible, comme vient encore le rappeler le premier volume de la collection « Si l&rsquo;opéra m&rsquo;était dessiné » lancée par <a href="https://www.forumopera.com/actu/lopera-autrement-kifadasse-lopera-en-bande-dessinee">l&rsquo;éditeur Kifadassé</a>. Livret d&rsquo;origine revu par <strong>Guy Delvaux</strong> et illustrations dues à <strong>Antonio Ferrara</strong>, <em>Thaïs </em>inaugure de manière fort prometteuse une série où l&rsquo;on attend <em>Alcina, Norma, Fidelio</em> et <em>Lakmé</em>.</p>
<p>Kifadassé, novembre 2019, 60 p.</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/51wbsuo9b8l_aa278_pikin4bottomright-4822_aa300_sh20_ou08__0.jpg?itok=oAu3S9lf" style="width: 100px; height: 155px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Si vous pensez déjà tout savoir sur <em>Carmen</em>, évidemment, le conseil vous paraîtra superflu. Mais quand même, il y a tellement à apprendre dans <a href="https://www.forumopera.com/livre/la-habenera-de-carmen-naissance-dun-tube-tous-des-roms">le livre d&rsquo;<strong>Hervé Lacombe</strong></a> qu&rsquo;on serait surpris que personne n&rsquo;y trouve de quoi faire son miel. Fourmillant d&rsquo;anecdotes et parfaitement éclairant, le volume s&rsquo;impose pour tous les amateurs de musique française.</p>
<p>Fayard, octobre 2014, 224 p.<br />
 </p>
<p> </p>
<ul>
<li><strong>Nos conseils CD :</strong></li>
</ul>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/0825646395835_600_0.jpg?itok=2dnio_iR" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />On se faisait d&rsquo;avance une joie de l&rsquo;entendre incarner l&rsquo;héroïne d&rsquo;<em>Acante et Céphise</em>, de Rameau. Hélas, cette résurrection attendue en France n&rsquo;aura pas lieu ce mois-ci, comme prévu. En attendant son retour une saison prochaine, il est précieux de pouvoir écouter <strong>Sabine Devieilhe</strong> dans <a href="https://www.forumopera.com/cd/une-devieilhe-fait-le-printemps">ce magnifique disque sorti en 2013</a> et entièrement consacré au compositeur dijonnais, dans un programme concocté par <strong>Alexis Kossenko</strong>, qui aurait dû diriger le concert du TCE.</p>
<p>1 CD Erato<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/0034571178882_600_0.jpg?itok=jd5h4Ov-" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" /><strong>Alice Coote</strong> n&rsquo;est pas qu&rsquo;une haendélienne de choc sur les scènes internationales : au disque, la mezzo britannique cultive aussi avec raffinement l&rsquo;art de la mélodie, que ce soit en français ou dans sa langue natale. Laissez-vous séduire par ce disque qui ressemble à <a href="https://www.forumopera.com/cd/alice-au-pays-des-merveilleux-bonbons-anglais">un cornet de bonbons anglais</a>, au goût de menthe et de chocolat.</p>
<p>1 CD Hyperion<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/71ohr2bcmhl._sx425__0.jpg?itok=yi-zNHCO" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Si vous cherchez à vous initier à l&rsquo;opéra russe, Olga Peretyatko vous offre une très séduisante voie d&rsquo;accès à cet univers, dans <a href="https://www.forumopera.com/cd/russian-light-olga-peretyatko-aida-fais-donc-comme-olga">un récital tout à fait réussi</a>, où la soprano ne s&rsquo;aventure pas au-delà des limites de sa voix, et où elle chante dans son arbre généalogique, même si elle ne s&rsquo;est hélas que trop peu souvent perché sur ses branches.</p>
<p>1 CD Sony<br />
 </p>
<ul>
<li><strong>Nos conseils DVD :</strong></li>
</ul>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/1499182321_37769_0.jpg?itok=RNkoxEHy" style="width: 100px; height: 141px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Vous aimez <strong>Anna Pirozzi</strong> ? Vous avez raison. Vous ne la connaissez Pas ? Découvrez-la avec ce <em>Trouvère</em> dont la sobriété n&rsquo;exclut pas l&rsquo;inventivité, dans le spectacle signé <strong>Francesco Negrin</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/dvd/il-trovatore-la-pirozzi-et-la-pyromane">capté sur l&rsquo;immense plateau du festival de Macerata</a>. Une équipe solide entoure la soprano, et <strong>Daniel Oren</strong> dirige ses troupes avec efficacité. Bonne pioche pour Dynamic, qui n&rsquo;a pas toujours autant de chance avec les productions filmées sur les scènes italiennes.</p>
<p>1 DVD Dynamic<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/61xc5-0hyhl._sl1200__0.jpg?itok=_4KTcnib" style="width: 100px; height: 143px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />L&rsquo;opéra allemand de la première moitié du XXe siècle ne se résume par à Richard Strauss. Wolfgang Korngold mérite mieux qu&rsquo;un coup d&rsquo;oreille, et aurait pu faire une fort belle carrière si l&rsquo;ombre du nazisme ne s&rsquo;était abattue sur son pays natal. Cette production du <em>Miracle d&rsquo;Heliane</em> est <a href="https://www.forumopera.com/dvd/das-wunder-der-heliane-heliane-miraculeuse">une fort belle réussite</a>, dont le dépouillement fait d&rsquo;autant mieux rejaillir la somptuosité de la musique de Korngold, portée par les voix de <strong>Brian Jagde</strong>, le ténor américain qui monte, et de <strong>Sara Jakubiak</strong>, une soprano qui commence à faire parler d&rsquo;elle.</p>
<p>2 DVD Naxos</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/capture_decran_2020-03-18_20.44.32.png?itok=OshmS_dq" style="width: 100px; height: 141px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Le <em>Hamlet </em>de Brett Dean fut un choc et un éblouissement pour tous les spectateurs qui ont eu le privilège d&rsquo;assister à cette création, <a href="https://www.forumopera.com/hamlet-glyndebourne-le-reste-est-silence">en 2017 au festival de Glyndebourne</a>. Il fallait pourtant un certain culot pour s&rsquo;attaquer à ce sommet du théâtre occidental, mais le pari est ici brillamment tenu, avec une distribution impressionnante, Ophélie de <strong>Barbara Hannigan</strong> en tête. Si l&rsquo;opéra contemporain vous fait peur, essayez quand même d&rsquo;y entrer par cette porte, vous ne le regretterez pas.</p>
<p>1 DVD Opus Arte</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/survivre-au-confinement-les-conseils-de-la-redaction-2/">Survivre au confinement : les conseils de la rédaction (2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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