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	<title>Julius DRAKE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 27 Jun 2025 08:47:33 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Julius DRAKE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Les Lundis musicaux de l&#8217;Athénée, saison 2025-26</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-lundis-musicaux-de-lathenee-saison-2025-26/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2025 08:47:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alphonse Cemin entamera en 2025-26 une onzième saison comme directeur artistique des Lundis musicaux de l&#8217;Athénée depuis leur recréation. La manifestation parvient à se tailler un territoire original dans l&#8217;offre pléthorique parisienne en combinant récitals classiques de mélodie et Lied et propositions libres, et en invitant à la fois des artistes de premier plan (qu&#8217;on &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alphonse Cemin</strong> entamera en 2025-26 une onzième saison comme directeur artistique des Lundis musicaux de l&rsquo;Athénée depuis leur recréation. La manifestation parvient à se tailler un territoire original dans l&rsquo;offre pléthorique parisienne en combinant récitals classiques de mélodie et Lied et propositions libres, et en invitant à la fois des artistes de premier plan (qu&rsquo;on est parfois peu habitué à entendre dans le répertoire de la mélodie) et des jeunes chanteurs prometteurs. La prochaine saison confirme cette recette : on entendra ainsi <strong>Julie Fuchs</strong>, <strong>Jarrett Ott</strong>, <strong>Sandrine Piau</strong> ou <strong>Huw Montague Randall</strong> accompagnés de grands noms du piano comme <strong>Julius Drake</strong> ou <strong>David Kadouch</strong>, mais aussi <strong>Laurence Kilsby</strong> (apparu cette saison dans <em>Castor et Pollux</em> à Garnier et dans <em>Samson</em> salle Favart) ou <strong>Deepa Johnny</strong>, mezzo canadienne encore peu connue en France qui doit faire ses débuts à l&rsquo;Opéra de Paris dans <em>Ercole Amante</em> et dans <em>Satyagraha </em>en 2026. Le programme éclectique promet de belles surprises et &#8211; nouveauté &#8211; inclut une soirée sans chanteur autour de l&rsquo;altiste britannique <strong>Lawrence Power</strong>, pour un récital immersif inauguré cette saison au Southbank Centre de Londres.</p>
<p>L&rsquo;essentiel de l&rsquo;agenda est à découvrir ci-dessous, plus d&rsquo;informations sur <a href="https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacles.htm" target="_blank" rel="noopener">le site de l&rsquo;Athénée</a>.</p>
<ul>
<li>24 novembre : <strong>Deepa Johnny &amp; Alphonse Cemin</strong>. Œuvres de Monteverdi, Ravel, García Lorca.</li>
<li>22 décembre : <em>Christmas concert</em> : <strong>Neima Naouri,</strong> <strong>Pablo Campos, Damien Pass &amp; Alphonse Cemin</strong>.</li>
<li>12 janvier : <strong>Kunal Lahiry &amp; Jarrett Ott</strong>. Œuvres de Ravel, Copland, Schubert et de compositeurs contemporains américains (Adolphus Hailstork, Trevor Weston, Jasmine Barns, Curtis Stewart&#8230;).</li>
<li>26 janvier : <em>Soirée Satie</em> : <strong>Julie Fuchs, Félicien Brut, Alexis Cardenas, Davide Vittone &amp; Alphonse Cemin</strong>.</li>
<li>16 février : <em>Les Sept Péchés capitaux &#8211; cabaret</em> : <strong>Axelle Fanyo, Fleur Barron &amp; Julius Drake. Œuvres de Kurt Weill, Poulenc, Gershwin et Cole Porter</strong>.</li>
<li>23 février : <strong>Lawrence Power &amp; Âme</strong> : <em>Reflections</em>. Œuvres de Bach, Benjamin, Pärt, Saariaho, Berlioz.</li>
<li>16 mars : <strong>Alice Coote &amp; Julius Drake</strong>.</li>
<li>23 mars : <em>Contes</em> : <strong>Sandrine Piau &amp; David Kadouch</strong>. Œuvres de Ravel, Poulenc, Bernard, Wolf.</li>
<li>20 avril : <strong>Huw Montague Rendall &amp; Helio Vida</strong>. Œuvres de Poulenc, Fauré, Schönberg, Mahler.</li>
<li>18 mai : <em>Paris est une fête :</em> <strong>Laurence Kilsby &amp; Ella O&rsquo;Neill</strong>. Œuvres de Poulenc, Nadia Boulanger, Ned Rorem, Hahn, Honegger, Noël Coward.</li>
</ul>
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		<title>FRÖHLICH, Johannes und Esther</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/frohlich-johannes-und-esther/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Compositeur d’une rare fécondité (plus de 700 œuvres au catalogue), comparable à celle de Schubert, illustrant les mêmes poètes (1), Friedrich Theodor Fröhlich (1803-1836) sortirait-il de son oubli profond ? Ernst Haefliger fut le premier semble-t-il à enregistrer quelques-uns de ses lieder, en 1970. Depuis, le Suisse, du canton d’Argovie, demeure aussi rare au concert &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Compositeur d’une rare fécondité (plus de 700 œuvres au catalogue), comparable à celle de Schubert, illustrant les mêmes poètes (1), Friedrich Theodor Fröhlich (1803-1836) sortirait-il de son oubli profond ? Ernst Haefliger fut le premier semble-t-il à enregistrer quelques-uns de ses lieder, en 1970. Depuis, le Suisse, du canton d’Argovie, demeure aussi rare au concert qu’au disque (2). Ses études de droit à Bâle et Zürich, ne le détournèrent pas de la musique. Celle-ci va occuper le reste de sa courte existence, après Berlin (près de Zelter, il se lia d’amitié avec Mendelssohn) où il se rendit à deux reprises. De fait c’est à Aarau (éphémère capitale de la Suisse durant la Révolution) où il dirigea ensuite l’école de musique, qu’il écrivit l’essentiel de son œuvre, illustrant aussi bien la musique vocale (sacrée et profane) qu’instrumentale (symphonies, musique de chambre, sonates&#8230;). Dépressif, d’une santé fragile, à la différence de Schumann, il ne survivra pas à sa tentative de suicide, s’étant jeté dans l’Aar.</p>
<p>A moins qu’il ne constitue la première pierre d’une improbable intégrale, on comprend mal le choix effectué par les interprètes&nbsp;: le cycle, écrit au tout début de son œuvre, resté à l’état de manuscrit (3) n’est pas l’opus 1 de Schubert. Le sujet – les amours contrariées de Johannes et Esther, un chrétien et une juive – est tiré du recueil de Wilhelm Müller, publié en 1821, où fut puisée la matière de <em>die Schöne Müllerin</em>, et de <em>Winterreise </em>(4).</p>
<p>Impossible évidemment d’écouter cette musique sans avoir Schubert dans l’oreille, surtout servie par deux interprètes de cette envergure. Elle s’écoute avec bonheur&nbsp;: c’est sincère, juste de ton, d’un métier sûr, le sens mélodique est indéniable et la partie piano de qualité. On est cependant plus proche de l’écriture de Zumsteg ou Zelter, dans l’air du temps, que de celle de Schubert. Une certaine joliesse, se traduisant dans les formules mélodiques et l’ornementation, participe à la séduction. Il ne faut pas trop y chercher la profondeur ni le dramatisme, le souffle de l’inspiration est court. Aussi, remercions <strong>Ian Bostridge</strong>, dont les qualités ne sont plus à redire, et à son pianiste d’élection, <strong>Julius Drake</strong>, de participer à la redécouverte de ce compositeur. &nbsp;Tous deux s’y montrent sous leur meilleur jour, exemplaires d’expression et de conduite de leurs lignes. Celle de la voix est un modèle de souplesse, de longueur et d’intelligibilité. L’intelligence des textes est manifeste.</p>
<p>Cette découverte attise notre curiosité&nbsp;: le métier de Fröhlich l’a conduit à approfondir sa démarche et on aimerait en avoir d’autres témoignages, postérieurs, qui ne devraient pas tarder, une fondation suisse ayant pris en charge l’édition moderne de son œuvre.</p>
<p>Le CD est accompagné d’une plaquette comportant les textes chantés, en allemand, sans traduction, ce qui en limite l’accès aux seuls germanistes, malheureusement.</p>
<pre>(1) Outre Wilhelm Müller, il choisit Novalis, Goethe, Rückert, Kerner, Chamisso, Uhland, Hölderlin, Fallersleben, Tieck, Kerner, Wackernagel... ce qui traduit bien sa curiosité et sa culture (il était quadrilingue).&nbsp;
(2) Un remarquable enregistrement de lieder, centrés sur le thème de la maison [« Heimat »] a été publié en 2023 par le label Claves, chanté par Raphael Höhn, accompagné au pianoforte par Shin Hwang. La maturité du chant y est d’une rare séduction.
(3) Alors que dix recueils de lieder furent édités de son vivant, principalement à Berlin. Le premier, publié à Berlin, toujours sur des poèmes de Wilhelm Müller, intitulé <em>Wanderlieder</em>, le fut en 1828, deux ans après celui que nous écoutons.&nbsp;
(4) Sans oublier Brahms (<em>Vineta</em>, opus 42 et <em>Die Braut</em>, de l’opus 44).</pre>
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		<title>Récital Ian Bostridge &#8211; Julius Drake — Schwarzenberg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-ian-bostridge-julius-drake-schwarzenberg-entre-ravissement-et-deception/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jun 2022 08:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’a jamais rien fait comme tout le monde. Depuis le tout début de sa carrière, Ian Bostridge cultive son originalité, ces façons de faire qui ne sont qu’à lui, et qui, à côté d’un évident talent, l’ont porté à côté de quelques autres au sommet de l&#8217;univers du Lied. On pardonnait ses excentricités, son étrange maintien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il n’a jamais rien fait comme tout le monde. Depuis le tout début de sa carrière, <strong>Ian Bostridge</strong> cultive son originalité, ces façons de faire qui ne sont qu’à lui, et qui, à côté d’un évident talent, l’ont porté à côté de quelques autres au sommet de l&rsquo;univers du Lied. On pardonnait ses excentricités, son étrange maintien en scène (ou doit-on plutôt parler d’absence de maintien ?) sa prononciation exagérément articulée, aux limites de la préciosité, ses attaques agressives, sa façon aussi de faire ressortir une syllabe comme pour réveiller l’auditeur, au risque de briser la ligne du chant. La voix est belle, reconnaissable entre toutes, riche de mille couleurs, l’homme est intelligent, très cultivé et musicien, que demander de plus…</p>
<p>Alors, était-ce un soir de méforme, ou déjà un signe du temps qui passe sur la voix après presque trente ans de carrière, toujours est-il que ce que nous avons entendu hier n’était plus en mesure de faire oublier tout le reste : le visage torturé de grimaces et de rictus du chanteur, comme s’il subissait Dieu sait quelle souffrance épouvantable, le corps comme secoué de spasmes, les mains nouées, le balancement d’un pied sur l’autre sans jamais trouver de position d’équilibre, un incessant remue-ménage à l’opposé de ce qu’on pourrait attendre – dans Schubert du moins – de simplicité et de sérénité et qui détourne tant l’attention qu’on finit par décider de fermer les yeux.</p>
<p>La voix elle aussi, a un peu de mal à trouver son équilibre : les aigus sont un peu moins souples, moins gouleyants que par le passé, la couleur des voyelles est souvent altérée, avec des A très assombris, et des I pointus comme des flèches. Les qualités qu’on lui connaît depuis toujours sont bien présentes cependant : richesse des couleurs, soin apporté aux détails, diction très claire, sens du texte et parfaite connaissance du romantisme allemand.</p>
<p>Et lorsqu’on ferme effectivement les yeux, ainsi débarrassé des mimiques du chanteur et de son encombrant manège, ce qu’on entend le mieux, et c’est un pur délice, c‘est le pianiste. <strong>Julius Drake</strong>, partenaire de Bostridge depuis de très nombreuses années, apporte par sa réconfortante présence, sa régularité, son sens de la phrase et sa vision toujours inspirée du texte, le climat musical et poétique qu’il faut ; si l’un n’est que charge, caricature et exagération, l’autre n’est que rondeur, mesure et poésie.</p>
<p>Balançant ainsi entre émerveillement et agacement, l’auditeur fait son miel de quelques moments choisis, un magnifique <em>Lob der Tränen </em>où le pianiste développe des merveilles de poésie, un délicieux <em>Wiegenlied</em>, également superbement accompagné, <em>Die Sterne</em>, grand moment de poésie, un exceptionnel <em>Strophe aus « Die Götter Griechenlands », </em>au prix de quelques autres moments très contestables, <em>Rastlose Liebe</em> rempli de pitreries qui cachent mal une certaine faiblesse vocale, <em>Versunken</em> attaqué avec violence et beaucoup trop rapidement, jusqu’au <em>An dem Mond</em> final où le chanteur, complètement déconcentré butte sur un mot – ça arrive – ne parvient pas à se reprendre, se prend la tête entre les mains dans un geste de désespoir. Imperturbable et souriant, Julius Drake sans s&rsquo;interrompre rejoue l’introduction et le chanteur reprend, mais la magie, elle, a disparu pour de bon.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>La lumière Kleiter — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/paris-athenee-la-lumiere-kleiter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 18:00:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Est-ce parce qu&#8217;elle est apparue toute de blanc vêtue et de blondeur que l&#8217;on a songé d&#8217;abord à la lumière pour qualifier Julia Kleiter ? N&#8217;est-ce pas plutôt parce qu&#8217;elle met dans sa voix une clarté qui illumine chaque phrase ? C&#8217;est cela qu&#8217;en quelques années la voix de la soprano allemande a gagné : &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Est-ce parce qu&rsquo;elle est apparue toute de blanc vêtue et de blondeur que l&rsquo;on a songé d&rsquo;abord à la lumière pour qualifier <strong>Julia Kleiter </strong>? N&rsquo;est-ce pas plutôt parce qu&rsquo;elle met dans sa voix une clarté qui illumine chaque phrase ? C&rsquo;est cela qu&rsquo;en quelques années la voix de la soprano allemande a gagné : à la fois une assise nouvelle, et une capacité à détailler le moindre recoin de la partition sans effets ajoutés, par le simple modelé de la phrase, par la seule longueur du souffle.</p>
<p>Les Schubert modérément connus avec lesquels elle entre en matière (et se chauffe la voix) laissent d&#8217;emblée apparaître ce matériau lumineux et robuste, notamment dans<em> Ins stille Land</em>, dont les longues phrases nostalgiques sont ouvragées avec une délicatesse infinie. L&rsquo;on comprend que la chanteuse ait voulu rompre un peu l&rsquo;ambiance romantique allemande avec du jeune Schönberg, plus extérieurs et plus spontanément dramatiques : en définitive, ce qui lui réussit véritablement le mieux, c&rsquo;est <em>Waldsonne</em>, de facture et d&rsquo;esprit tout à fait romantiques </p>
<p>La brassée de Liszt est sans doute la plus belle partie du récital. La difficulté même des Lieder, cette tessiture haute, attestent un art souvent confondant, tant la chanteuse déjoue la technique par le soin de l&rsquo;expression. Les quatre mélodies françaises sont peut-être le sommet ;  elles sollicitent cette mi-voix et cette ligne haute dont Julia Kleiter dispense le sortilège, dans un français parfait d&rsquo;accent et de legato. Toutes qualités qui la désignent pour Mélisande. <strong>Julius Drake</strong> est le partenaire serein et inspiré d&rsquo;une chanteuse désormais très haut dans la galaxie du Lied. </p>
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		<item>
		<title>Paradise Lost</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/paradise-lost-un-paradis-jamais-atteint/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2020 05:00:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La couverture « trash» et le titre de ce CD nous préviennent : malgré le regretté Jean-Loup Dabadie et Michel Polnareff, le paradis très peu pour eux ! Anna Prohaska et Julius Drake ont fait le choix d’embrasser un ambitieux (trop ?) répertoire « qui va de l’éveil du premier être humain au sein de la nature – Adam et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La couverture « trash» et le titre de ce CD nous préviennent : malgré le regretté Jean-Loup Dabadie et Michel Polnareff, le paradis très peu pour eux ! <strong>Anna Prohaska</strong> et <strong>Julius Drake</strong> ont fait le choix d’embrasser un ambitieux (trop ?) répertoire « qui va de l’éveil du premier être humain au sein de la nature – Adam et Eve &#8211; jusqu’à notre époque avec ses souffrances et ses guerres, des débuts du baroque à des œuvres contemporaines ». Vaste programme qui eût mérité une réalisation plus aboutie. </p>
<p>Plusieurs écoutes de ce <em>Paradis perdu</em> confirment un double malaise. L’impression d’abord que, quelle que soit la langue, tout sonne pareil, consonnes absentes, voyelles pâteuses : Ravel (qui ouvre le disque), Bernstein qui le suit, même Wolf un peu plus loin (dans la langue maternelle de la chanteuse pourtant), on ne comprend pas un traître mot sans le secours du livret ! Défaut malheureusement commun à nombre de consoeurs de Mlle Prohaska. Où êtes-vous Régine Crespin, Felicity Lott, Susan Graham ?</p>
<p>Un défaut qui serait vite oublié si les couleurs de la voix, l’engagement de l’interprète y suppléaient. Mais Crumb, Rachmaninov, Debussy, Mahler, Schubert et quasiment tous les autres semblent passés au même tamis interprétatif. La monotonie nous gagne, à peine troublée par quelques stridences. Dommage pour une chanteuse qui a eu le courage de se confronter à l’épreuve du récital et mention pour Julius Drake qui fait mieux qu’accompagner !</p>
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		<item>
		<title>SCHUBERT, Die Winterreise — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-ian-bostridge-clermont-ferrand-voyage-au-bout-de-lhiver/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Dec 2017 06:16:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ian Bostridge possède au moins deux atouts essentiels pour aborder Winterreise : sa facilité à chanter l&#8217;Allemand sur la voyelle à laquelle le prédispose sa langue natale, l&#8217;Anglais, et la plasticité de son registre de ténor. On peut, et l&#8217;on doit également mettre en avant une parfaite élocution, condition sine qua non pour être dans &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ian Bostridge</strong> possède au moins deux atouts essentiels pour aborder <em>Winterreise</em> : sa facilité à chanter l&rsquo;Allemand sur la voyelle à laquelle le prédispose sa langue natale, l&rsquo;Anglais, et la plasticité de son registre de ténor. On peut, et l&rsquo;on doit également mettre en avant une parfaite élocution, condition<em> sine qua non </em>pour être dans l&rsquo;esprit du romantisme sursaturé de Wilhelm Müller, le poète qui a inspiré Schubert. Les esprits chagrins relèveront qu’eu égard au génie musical du compositeur, les vers plus que surannés de ce <em>Voyage d’Hiver</em> ne pèsent pas lourds. On rétorquera après avoir entendu Bostridge, que cette parfaite compréhension du texte portée par une diction souple et parfaitement articulée change radicalement la donne. Elle nous replace opportunément dans la culture d&rsquo;une époque où l&rsquo;éloquence dramatique constituait le vif de la poésie.</p>
<p>Mais ce récital fut pour le soliste prétexte à entraîner le mélomane dans un voyage à l’hiver plus âpre, où la violence des sentiments et la dureté des ressentiments, n’avaient jamais auparavant été exprimées avec une telle acuité voire une telle cruauté. Bostridge accuse judicieusement le trait tant il paraît dans ss déplacements, sans cesse lutter contre des éléments hostiles, déchaînés.</p>
<p>La projection franche et réfléchie, toujours posée avec précision, ainsi que l&rsquo;émission claire et haute dotent son chant de capacités expressives magnétiques. La justesse du phrasé s&rsquo;accompagne d&rsquo;une suavité ineffable sur le « Will dich im Traum nicht stören » d&rsquo;un « Gute Nacht » d&rsquo;une bouleversante humanité. Si Bostridge revendique une émotion à fleur de mots, il en fait néanmoins un usage maîtrisé au seul service de la mélodie qui reste l&rsquo;essence même de l&rsquo;œuvre. Mais dès l’introduction on sent déjà que le vent tourne : qu’il tourne la page des conventions pour faire souffler la morsure d’un vent plus clivant stylistiquement, plus tranchant : plus proche d’une véhémence expressionniste que des frémissements romantiques.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_mg_2563_galerie.jpg?itok=Lc4n5T0P" title="© Yann Cabello" width="468" /><br />
	© Yann Cabello</p>
<p>« Die Wetterfahne » devient ainsi une complexe alchimie de hardiesses timbriques et de révolte aux accents prométhéens. Bostridge ne recule pas : il insuffle une rage qui transfigure ce qui aujourd&rsquo;hui nous apparait d&rsquo;une piètre valeur littéraire en un cri de désespoir et de colère. Il nous confirme que l&rsquo;expression de la trahison est bien un sentiment universel qui transcende époques et cultures. D&rsquo;une intonation menaçante il balaye toute ambigüité sulpicienne dans un « Gefrome Tränen » halluciné, d&rsquo;une violence effrayante allant chercher des graves crépusculaires sur « Ei Tränen, meine Tränen » d&rsquo;un expressionnisme presque insupportable. Coloration visionnaire qu&rsquo;il instille également avec un « Erstarrung » secoué de sarcasmes et de fièvre protestataire. Fureur destructrice qu&rsquo;il libère sans retenue dans « Ich endelemich nicht » le final de l&rsquo;avant-dernière strophe de « Der Lindenbaum » avant de conclure sur une note d&rsquo;une mélancolie éthérée.</p>
<p>Bostridge nous guide dans un <em>Winterreise</em> moins sur le mode de l&rsquo;affliction victimaire, de la déploration flagellante, qu&rsquo;il n&rsquo;est plus ouvertement inspiré par un sentiment de révolte, un refus de la destiné qui l&rsquo;accable. Il s&rsquo;agit donc dans ce voyage initiatique, d&rsquo;aller à la rencontre de lui-même. Chaque épisode, chaque station de ce chemin de croix, est mue par un balancement entre passion et intense mélancolie à l&rsquo;image de cet insaisissable « Irrlicht ». Un vague à l&rsquo;homme qui ne saurait se résoudre au fatalisme comme s&rsquo;il se nourrissait de son propre désespoir. Pas plus de complaisance morbide dans cet art sévèrement contrôlé du rubato. Il nous fait les témoins d&rsquo;une inexorable fuite en avant traversée d&rsquo;instants de grâce du « Frühlingstraum ». Paradoxalement la puissance d&rsquo;évocation convoquée par le chant hyper cultivé de ce ténor sensible est trop lucide pour se satisfaire d&rsquo;un désespoir récurent. Ainsi « Die Post » qui ne devrait être que désenchantement devient un chant d&rsquo;orgueil. Bostridge porte la rébellion du Matin d&rsquo;orage (« Der stürmische Morgen ») à son point d&rsquo;incandescence sans ne rien renier des climats changeants de ce cycle aux éclats fragiles comme un cristal qui semble s&rsquo;éteindre sur les murmures de « Der Wegweiser ».</p>
<p>Ce <em>Winterreise</em> est aussi et surtout un dialogue au sommet avec<strong> Julius Drake</strong>, pianiste hors normes. Un jeu pur, dépouillé lui permet un toucher d’une plénitude franche et impressionnante d’autorité exempte de toute sècheresse.</p>
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		<title>Liszt &#8211; Intégrale des mélodies, vol. 4</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/liszt-integrale-des-melodies-vol-4-interieur-plus-que-virtuose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Aug 2016 05:21:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connaît peu l’œuvre vocale de Liszt. Il faut dire aussi qu’il a peu composé pour la voix. Lui, l’adorateur de Wagner, son ami de toujours, et dont il était l’indéfectible prosélyte. Lui qui dirigeait ses opéras à Weimar, devenue l’enclave de cette musique de l’avenir qu’il a cherché toute sa vie à sculpter. Lui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">On connaît peu l’œuvre vocale de <strong>Liszt</strong>. Il faut dire aussi qu’il a peu composé pour la voix. Lui, l’adorateur de Wagner, son ami de toujours, et dont il était l’indéfectible prosélyte. Lui qui dirigeait ses opéras à Weimar, devenue l’enclave de cette musique de l’avenir qu’il a cherché toute sa vie à sculpter. Lui qui s’est éteint sur les terres de la Colline sacrée et dont le dernier mot, lâché dans un murmure, fut « Tristan »… Jamais il n’a composé d’opéra. Tout juste un <em>Don Sanche ou le Château d’amour</em> à quatorze ans, sans doute un exercice de style comme il en existait de nombreux dans les conservatoires (où il n’étudia cependant pas). Pas d’opéras, mais quelques œuvres sacrées, composées non sans un certain élan de mysticisme, comme la <em>messe de Gran</em>, et tournées vers l’avenir encore, avec ce qu’il y a d’audace harmonique. Et puis il y a les mélodies, elles-mêmes rarement enregistrées, auxquelles le label Hypérion consacre ici son quatrième volume.</p>
<p class="rtejustify">Les lieder et chansons choisis pour cet enregistrement ont occupé une période assez vaste de la vie du compositeur – de 1842 à 1880, quoique composés par intermittence. Et malgré cet empan diachronique large, l’écoute de l&rsquo;album donne le sentiment d’une incroyable unité, comme s’il s’agissait du début à la fin d’un seul et même lied sujet à quelques variations – de ton, d’humeur, de registre. Plus surprenant encore, en regard de l’œuvre très virtuose de Liszt, est le dépouillement, l’intériorité calme et profonde de ses <em style="line-height: 1.5;">lieder</em> tardifs. Trois ou quatre notes suffisent parfois, itératives, hantées et entêtantes, avec une succession de noires pour seul rythme, et la voix, perdue dans le silence quand l’accompagnement se tait (« Des Tages laute Stimmen schweigen », « Verlassen » ou encore « Einst ») ou achève un accord suspendu. « Ver nie sein », superbe, très sombre, a déjà quelque chose de straussien quand « Die Loreley » ou « Mignons Lied » tranchent dans la cérébralité par un romantisme solaire et candide.</p>
<p class="rtejustify">Succédant au baryton Gerald Finley, interprète du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/avec-gerald-finley-le-bicentenaire-liszt-se-prolonge-bien-apres-2011">troisième volume de cette collection</a>, la mezzo-soprano <strong style="line-height: 1.5;">Sasha Cooke</strong> ne manque pas d’atouts. La voix est belle, légèrement voilée, ce qui lui confère un charme certain. Son medium est généreux, sonnant, et les aigus du haut-medium demeurent riches et pleins. La phrase est conduite, avec un beau legato et une tendance à détimbrer quelquefois, qui n’est pas désagréable ou hors de propos. Mais la nuance manque encore : si simple soit le lied lisztien, beaucoup de choses sont écrites, et le spectre des nuances pourrait être affiné pour donner plus de vie encore à la partition. Un tic enfin, le <em style="line-height: 1.5;">portando</em>, cette figure de style musicale que la mezzo-soprano dissémine un peu partout, donnant un tour sensuel à la poésie des mots, pas toujours justifié, loin s’en faut. Ainsi « Mignons Lied » prend des accents de cabaret que l’on devine assez éloignés de l’intention du compositeur. Mais l&rsquo;on apprécie la verve insolente qui habite Sasha Cooke dans son interprétation de « Il m&rsquo;aimait tant ! », malgré un français encore perfectible. A noter enfin le don assez rare avec lequel le pianiste <strong style="line-height: 1.5;">Julius Drake </strong>sait dialoguer avec la cantatrice jusque dans les silences expressifs de la partition.</p>
<p class="rtejustify">Note explicative en français mais traduction des textes en anglais uniquement.</p>
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		<title>Récital Bryan Hymel et Irini Kyriakidou — Peralada</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryan-hymel-et-irini-kyriakidou-peralada-un-annonce-deux-presentes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Aug 2016 06:57:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis sa naissance le Festival de Peralada met un point d’honneur à inviter les artistes les plus en vue dans les divers domaines artistiques figurant à son riche programme. Pour son trentième anniversaire il annonce un récital du ténor Bryan Hymel, désormais à l’affiche des plus grandes maisons. En fait cet artiste se produit ici, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis sa naissance le Festival de Peralada met un point d’honneur à inviter les artistes les plus en vue dans les divers domaines artistiques figurant à son riche programme. Pour son trentième anniversaire il annonce un récital du ténor <strong>Bryan Hymel</strong>, désormais à l’affiche des plus grandes maisons. En fait cet artiste se produit ici, comme <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/recital-bryan-hymel-et-irini-kyriakidou-paris-tce-letoffe-du-heros">en février dernier à Paris</a>, avec son épouse la soprano <strong>Irini Kyriakidou</strong>. Il lui revient d’ouvrir le concert. Est-ce le cadre de l’Eglise du Carme qui l’a induit à choisir les Quatre Hymnes pour ténor que le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams écrivit en 1920 ? Bien qu’issus de poètes différents, ces textes ont en commun de s’adresser au Christ pour le presser ardemment de hâter sa venue dans un monde dévasté et corrompu. Si le compositeur les a rassemblés, c’est probablement qu’ils exprimaient ses sentiments au sortir de la boucherie de 14-18, dont il avait été témoin direct comme brancardier en France et à Salonique. Est-ce le rejet des horreurs vécues qui donne à l’écriture cette force susceptible d’enfler jusqu’à la véhémence ? Passant de l’appel anxieux à la tristesse indignée le cycle s’achève dans un élan mystique où le croyant renouvelle sa profession de foi, source de joie et d’espoir. Certains commentateurs ont vu dans la composition l’influence de Purcell, dont Ralph Vaughan Williams avait collecté les œuvres dans sa jeunesse. Il nous a semblé plutôt percevoir, peut-être parce que les textes s’inspirent visiblement de passages de la Bible, un traitement de la voix qui s’apparente aux modulations et à la fougue des chantres de synagogue, quand, lancés dans leur prière-soliloque, cette voix enfle et s’élève et s’allonge, jusqu’à ses limites, comme pour mieux être entendue ou comme pour, à force d’insistance et d’intensité, obtenir à l’arraché une réponse, dans un véritable corps à corps avec l’Invisible. Bryan Hymel est-il croyant ? il s’engage en tout cas dans ces textes et cette musique exigeante sans aucune réticence, avec une générosité qu’on ne peut qu’admirer et qui donne à son interprétation un accent de sincérité très convaincante.</p>
<p>Irini Kyriakidou, aussi gracieuse qu&rsquo;à Paris, a peut-être fait des progrès dans sa prononciation du français car elle nous a semblé fort convenable et même, globalement, supérieure à son partenaire. Le problème, s’il y en a un, est que des pièces aussi célèbres que celles des <em style="line-height: 1.5">Nuits d’été</em> éveillent, quoi qu’on s’en défende, des souvenirs. L’interprétation de la jeune soprano grecque est sensible, juste, et la voix assez ronde et homogène pour séduire. Qu’a-t-il manqué pour nous emballer ? Peut-être un timbre plus prenant, peut-être de laisser brûler la flamme intérieure que la pudeur semble étouffer. Gautier eût vraisemblablement adoré cette beauté lisse, mais ne devrait-elle pas palpiter davantage, pour séduire Berlioz ?</p>
<p>Après l’entracte Bryan Hymel enchaîne une erreur et une réussite. Une erreur : ce « Ah lève-toi soleil » plombé par une prononciation et une interprétation d’une lourdeur qui lui ôte beaucoup de charme. Certes, les aigus sont au rendez-vous, encore que l’émission en voix mixte ne soit pas impeccable, mais les chanteurs ne sont pas des machines, et c’est la lumière qui fait défaut pour nous, malgré la conviction. En revanche, l’air de Turridu « Mamma, quel vino è generoso » lui va comme un gant, la clarté de sa diction est quasiment parfaite. Quant à la générosité sonore elle est telle qu’elle soulève l’enthousiasme, qui ne se déchaîne pourtant, c’est assez rare pour qu’on le souligne, qu’éteintes les dernières notes du piano. Irina Kyriakidou est de retour pour l’hymne à la lune tiré de <em style="line-height: 1.5">Rusalka</em>, où l’accompagnement de <strong style="line-height: 1.5">Julius Drake</strong> nous semble enfin s’élever au-dessus de la routine. Le même charme est à l’œuvre, avec les mêmes limites qui semblent empêcher un essor plus libre et plus déterminé. De<em style="line-height: 1.5"> Carmen </em>le duo « Parle-moi de ma mère » permet au couple d’échanger le baiser que Micaela doit à Don José. Il est chaste, assorti à la situation, bien éloigné de certaines démonstrations. Le partenariat fonctionne bien car Bryan Hymel dompte sa puissance vocale pour laisser son espace au gazouillis de son épouse. Il lui revient de conclure avec « La fleur que tu m’avais jetée », qu’il nuance avec soin, et qu’il clôt avec une <em style="line-height: 1.5">messa di voce </em>d’un irréprochable bon goût.</p>
<p>Au public qui, les morceaux connus aidant, a manifesté une approbation toujours plus dense et sonore trois bis seront accordés. Un délicieux « O mio babbino caro » par Irina Kyriakidou, entre deux chevaux de bataille pour ténor. Repris de l’album « Héroïques » l’air de Jean-Baptiste dans <em style="line-height: 1.5">Hérodiade </em>« Ne pouvant réprimer… » rend au ténor son aura de grand interprète du grand opéra français, tant il y met de sens et d’éclat. Et le « Nessun dorma » conclu triomphalement délivre Irina Kyriakidou, blottie en bord de scène, de son émotion en même temps que les ovations du public dont les rappels dureraient peut-être encore si le ténor, en saluant de la main, n’y avait mis un terme. Reverra-t-on Bryan Hymel à Peralada dans un grand opéra français ? Il n’est personne ici pour ne pas le souhaiter !</p>
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		<title>Récital Christophe Prégardien, Julius Drake — Bruxelles (La Monnaie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-christophe-pregardien-julius-drake-bruxelles-la-monnaie-romantisme-prudent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jun 2016 05:21:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le dernier récital de la saison de la Monnaie était confié jeudi soir au ténor allemand Christophe Prégardien, accompagné au piano par Julius Drake. Le cheveu grisonnant, vêtu d’une impeccable redingote bavaroise, aux lèvres un sourire bienveillant, Prégardien s’avance un rien austère sur la petite scène à l’italienne du Théâtre Royal des Galeries, et entame &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le dernier récital de la saison de la Monnaie était confié jeudi soir au ténor allemand <strong>Christophe Prégardien</strong>, accompagné au piano par <strong>Julius Drake</strong>. Le cheveu grisonnant, vêtu d’une impeccable redingote bavaroise, aux lèvres un sourire bienveillant, Prégardien s’avance un rien austère sur la petite scène à l’italienne du Théâtre Royal des Galeries, et entame prudemment le plus beau des cycles des Schumann. La voix est chaleureuse, déploie sa ligne avec lenteur, sculpte chaque phrase avec une infinie précision. Le chanteur, semblant douter de ses moyens, ménage son instrument pourtant intact ; il négocie ses aigus comme pour déjouer les pièges de la partition, qu’il traverse pourtant sans faillir. Jouant d’avantage sur les couleurs que sur la dynamique, il allège la voix autant que possible, semble tout contrôler, avec cependant une certaine réserve dans l’expression. Le résultat musical, fruit d’un long travail, poli par le temps, est particulièrement équilibré, au détriment peut-être d’une certaine spontanéité. Chaque lied est présenté sur le ton de la confidence, dans une délicieuse intimité, sans effet inutile, avec une grande justesse et un sens aigu du texte, dont on comprend chaque mot. Au piano, Julius Drake, particulièrement attentif à son partenaire, instaure l’atmosphère générale et déploie avec une grande simplicité les sublimes postludes de Schumann ; après quelques cafouillages dans « Das ist ein Flöten und Geigen » il réussit à rétablir un climat délicieusement poétique qui perdurera jusqu’à la fin du cycle, à une sonnerie de téléphone mobile près.</p>
<p>En seconde partie de programme, les musiciens présentent une série de lieder plutôt sombres de Schubert, subtilement choisis dans le registre médium, alternant les pages les plus connues avec quelques découvertes, qu’ils rendent avec une grande délicatesse de ton et toujours autant de soin dans la réalisation, pour le plus grand plaisir du public.</p>
<p>Comme libérés, enfin complètement détendus, ils termineront par un unique bis au terme d’un récital très homogène, « Ständchen », extrait du <em>Schwanengesang</em> de Schubert.</p>
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		<title>Autograph &#8211; Ian Bostridge</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/autograph-ian-bostridge-du-chant-et-de-lesprit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2015 05:46:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ian Bostridge n’est pas un ténor comme les autres. Sous son allure de Lord anglais brille un historien formé à Oxford et à Cambridge : ses passions, il les chante, et il en fait des livres. Schubert’s Journey : Anatomy of an Obsession, son dernier ouvrage paru en 2014, raconte sa passion première, immuable, pour Schubert, et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify"><strong>Ian Bostridge</strong> n’est pas un ténor comme les autres. Sous son allure de Lord anglais brille un historien formé à Oxford et à Cambridge : ses passions, il les chante, et il en fait des livres. <em>Schubert’s Journey : Anatomy of an Obsession</em>, son dernier ouvrage paru en 2014, raconte sa passion première, immuable, pour Schubert, et qui l’accompagne depuis ses débuts de jeune chanteur. Ainsi le travail de recherche, l’approfondissement du texte et de la musique précèdent et façonnent chacune de ses interprétations. Et ce qui est extrêmement plaisant, pour celui qui l’écoute, c’est que cela se sent.</p>
<p class="rtejustify">Amoureux transi de la poésie romantique allemande, admirateur de l’illustre Dietrich Fischer-Dieskau, Ian Bostridge est passé maître dans l’interprétation du lied auquel cette collection <em style="line-height: 1.5;">Autograph</em> consacre au moins deux disques. Si l’on a tendance à préférer le <em style="line-height: 1.5;">Winterreise</em> de Schubert et les <em style="line-height: 1.5;">Dichterliebe</em> de Schumann en voix de baryton, il se révèle toujours chez le ténor une intelligence fulgurante du texte et du contexte qui nous saisit dans l’instant. Sur ses lèvres, l’allemand est incisif, élégant même, et les poèmes se déclament et se murmurent tour à tour comme des contes : l’histoire d’<em style="line-height: 1.5;">Erlkönig</em> qui ouvre le premier disque n’effraie pas tant par la profondeur de la tessiture que par l’écrasante fatalité du discours du Roi des aulnes. Et dans cet engagement prodigieux, Ian Bostridge emmène avec lui des accompagnateurs hors pairs tels que <strong>Antonio Pappano</strong>, <strong>Julius Drake</strong> ou encore <strong>Leiv Ove Andsnes</strong>, avec qui se noue un dialogue d’une fluidité confondante. </p>
<p class="rtejustify">N’était l’éclectisme présenté par ce coffret, on aurait pu penser que Ian Bostridge était sur une niche. Son activité artistique récente, presque exclusivement tournée vers des récitals de lieder et la publication de livres nous faisait presque oublier l’existence d’un répertoire d’une grande diversité d’époques et de styles. Quoiqu’extrêmement consciencieux et exigeant dans ses choix, deux disques consacrés aux répertoires baroque et classique nous permettent d’apprécier la distinction et la virtuosité technique de son chant lunaire, en particulier dans « Dopo notte, atra e funesta » extrait d’<em>Ariodante </em>de Handel, malgré une tessiture certes un peu grave. Mais Ian Bostridge sait quitter la préciosité et le plaisir délicat lorsqu’il embrasse le répertoire contemporain. Sa maîtrise et son impudeur salutaire font de lui un grand interprète de Britten et de Adès, qui composa pour lui le rôle de Caliban dans son opéra <em style="line-height: 1.5;">The Tempest</em>, adapté de la pièce de Shakespeare, et poussant parfois la voix du ténor dans ses retranchements. </p>
<p class="rtejustify">Mais lui qui affectionne tant les correspondances entre littérature et musique, que n’a-t-il chanté et enregistré de la musique française, qui seule fait défaut dans ce magnifique paysage ? L’interview-portrait du ténor anglais ne répond pas à cette interrogation. Elle n’en constitue pas moins une promenade passionnante autour des œuvres marquantes de son répertoire et des grands textes littéraires desquels elles ont émergé.</p>
<p>_______</p>
<p><strong><a target="_blank" href="http://www.amazon.fr/gp/product/B010RQBBB8/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B010RQBBB8&amp;linkCode=as2&amp;tag=forumopera-21" rel="nofollow">&gt; Achetez ce coffret Autograph Ian Bostridge</a><img decoding="async" alt="" border="0" height="1" src="http://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=forumopera-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=B010RQBBB8" style="border:none !important; margin:0px !important;" width="1" /></strong></p>
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