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	<title>Ermonela JAHO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 24 Feb 2026 16:44:59 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Ermonela JAHO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Le Donizetti Song Project d&#8217;Opera Rara doublement récompensé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-donizetti-song-project-dopera-rara-doublement-recompense/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 09:31:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce lundi 23 février, au Theater Regensburg, le Donizetti Song Project d’Opera Rara a reçu le prix de la meilleure édition complète aux OPER! Awards, une distinction qui remplaçait exceptionnellement cette année celle du meilleur enregistrement d’opéra. Quelques semaines plus tôt, les volumes 5 et 6 du cycle discographique avaient également remporté le International Classical &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="0" data-end="466">Ce lundi 23 février, au Theater Regensburg, le Donizetti Song Project d’Opera Rara a reçu le prix de la meilleure édition complète aux OPER! Awards, une distinction qui remplaçait exceptionnellement cette année celle du meilleur enregistrement d’opéra. Quelques semaines plus tôt, les volumes 5 et 6 du cycle discographique avaient également remporté le <strong data-start="393" data-end="432">International Classical Music Award</strong> dans la catégorie Musique vocale.</p>
<p data-start="468" data-end="912" data-is-last-node="" data-is-only-node="">Porté par le chef <strong>Carlo Rizzi</strong>, la soprano<strong> Ermonela Jaho</strong> et le directeur général Henry Little, le projet vise à ressusciter l’intégrale des quelque 200 mélodies de Donizetti, dont beaucoup inédites à l’époque moderne. Parmi ses interprètes, outre <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/donizetti-songs-vol-5-6-e-jaho-c-rizzi/">Ermonela Jaho</a>, <strong><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/donizetti-songs-vol-3-m-spyres-c-rizzi/">Michael Spyres</a></strong> ou encore<strong> Marie-Nicole Lemieux</strong>. Lancée en 2020, cette entreprise éditoriale et discographique culminera en juin prochain avec un récital final au Wigmore Hall de Londres, confirmant l’engagement d’Opera Rara en faveur de la redécouverte du patrimoine lyrique.</p>
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		<title>Ermonela Jaho : « Nous sommes à chaque représentation des gladiateurs qui rentrons dans l’arène »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/ermonela-jaho-etre-chanteuse-dopera-est-un-long-voyage-spirituel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Brane]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une actualité double pour la soprano albanaise, alors qu’Opéra Rara vient de publier deux albums consacrés aux mélodies de Donizetti, l’un en français, l’autre en italien. La traviata sera retransmise en direct au cinéma le 14 janvier prochain. Combien de fois avez-vous incarné Violetta sur scène ? Je ne compte plus ! Je dirais environ &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une actualité double pour la soprano albanaise, alors qu’Opéra Rara vient de publier deux albums consacrés aux mélodies de Donizetti, l’un en français, l’autre en italien.</strong></p>
<p><strong><em>La traviata</em> sera retransmise en direct au cinéma le 14 janvier prochain. Combien de fois avez-vous incarné Violetta sur scène ?</strong></p>
<p>Je ne compte plus ! Je dirais environ trois cents fois, mais chaque représentation est un nouveau défi. Avec l’expérience, je me sens plus libre techniquement, mais l’émotion reste toujours intense. Cette fois, les caméras vont capter le moindre frisson : c’est un défi supplémentaire.</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="The Royal Opera: La traviata Cinema Trailer" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/2UMXXzIToFo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
<p><strong> Vous avez annoncé plusieurs fois vos adieux au rôle. Est-ce enfin votre dernier Violetta ?</strong></p>
<p>Je l’ai dit, mais je n’ai pas encore réussi à lui dire au revoir. Ce ne sont pas mes adieux, mais mes dernières représentations. Après Londres, je la chanterai encore au MET à New York et à Rome en 2026. J’ai donné tout mon cœur à ce personnage, mais il faut savoir, avec l’âge, être raisonnable et savoir s’arrêter.</p>
<p><strong> Cela signifie-t-il que vous ne chanterez plus jamais Violetta en France ?</strong></p>
<p>Il ne faut jamais dire jamais ! J’ai fait mes débuts dans ce rôle à l’Opéra de Marseille, et l’accueil du public y reste gravé dans ma mémoire. Puis il y a eu Orange, Paris, Montpellier… Si l’occasion se présente, je reviendrai avec plaisir.</p>
<p><strong><em> La traviata</em> a-t-elle selon vous une part de culture française, malgré ses racines italiennes ?</strong></p>
<p>Oui. L’âme de l’opéra est italienne, mais son élégance et sa grâce sont françaises. Verdi a capté l’esprit de <em>La Dame aux camélias</em> : la souffrance de Violetta y est toujours teintée de raffinement et de subtilité.</p>
<p><strong> Votre propre expérience nourrit-elle votre interprétation ?</strong></p>
<p>Absolument. J’ai quitté l’Albanie très jeune pour réaliser mon rêve, et cette séparation reste en moi. La nostalgie, la mémoire, l’exil : tout cela ressurgit naturellement sur scène. C’est une émotion universelle, partagée par tous.</p>
<p><strong> Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?</strong></p>
<p>J’arrive tôt, deux ou trois heures avant la représentation, je révise la partition et répète encore, et encore. Même après des centaines de représentations, je me sens toujours reconnaissante de chanter ce rôle. C’était mon rêve de jeune fille, et on ne quitte pas un rêve si facilement. Violetta m’enseignera toujours sur l’amour, le sacrifice et la vérité.</p>
<p><strong> Comment votre voix a-t-elle évolué au fil de toutes ces incarnations ?</strong></p>
<p>Je n’ai plus vingt ans. Mon timbre s’est enrichi, ma voix est moins agile qu’autrefois, mais elle a gagné en profondeur. J’ai suivi le vérisme, puis je reviens au bel canto, par exemple avec <em>Maria Stuarda</em> de Donizetti. J’ai toujours accepté ma voix telle qu’elle est.</p>
<p><strong> On conseille aux jeunes chanteuses de ne pas aborder Violetta trop tôt. Qu’en pensez-vous ?</strong></p>
<p>C’est très personnel et dépend de la technique et de la maturité. Callas disait qu’il fallait trois voix différentes pour chanter <em>La Traviata</em>. Il faut savoir passer d’une émotion à l’autre, avoir un corps solide et une technique sûre. Nous sommes à chaque représentation des gladiateurs qui rentrons dans l’arène, mais ce qui fait la différence, c’est l’intention et l’émotion que l’on y met.</p>
<p><strong> Avez-vous imposé une discipline stricte pour préserver votre voix ?</strong></p>
<p>Il n’y a pas le choix. Ces deux petites cordes vocales portent tout le rôle. Il faut en prendre soin et imposer à son corps une discipline rigoureuse. Plutôt qu’une discipline, c’est une méditation quotidienne. Être chanteuse d’opéra est un long voyage spirituel, un métier solitaire, exigeant, mais profondément gratifiant.</p>
<p><strong> Vous avez enregistré des albums de mélodies françaises et italiennes de Donizetti pour Opéra Rara. Sommes-nous proche ou loin de Verdi ?</strong></p>
<p><em>La traviata</em> de Verdi exige une endurance belcantiste. Dans ces enregistrements, la voix est seule, soutenue par le piano, dans l’intimité la plus pure. Chaque mot compte, et cela m’a appris à chanter avec précision et délicatesse. J’ai appris une quarantaine de mélodies et je recommande vivement cette formation à toutes les jeunes chanteuses.</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Donizetti Songs Vol.5 &amp; 6 | Out 26 September 2025 | Ermonela Jaho and Carlo Rizzi" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/0lL63JhxFH0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
<p><strong> Vous orienterez-vous davantage vers le bel canto dans les années à venir ?</strong></p>
<p>Oui, c’est un retour naturel. Je reviens vers Donizetti et je compte explorer Bellini prochainement. C’est un chemin que j’ai toujours voulu suivre.</p>
<p><strong> Vous venez d’enregistrer et de chanter à Londres <em>La rondine</em> dans sa version finale de 1921 présentée par Opera Rara. Que vous a-t-elle apporté ?</strong></p>
<p>J’ai eu la chance d’interpréter les trois versions existantes. La première est lumineuse ; les deux autres sont plus sombres et reflètent le désir de Puccini de dramatiser l’histoire. La version finale de 1921 que nous venons de donner et jamais entendue du vivant du compositeur, révèle une tristesse inattendue. Cela m’a permis de découvrir un autre visage de Puccini, comme une porte secrète ouverte sur son âme.</p>
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="The ending of &quot;Chi il bel sogno di Doretta&quot; with Ermonela Jaho, the BBC SO and Carlo Rizzi" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/fA7sxazMoyI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
<p style="text-align: right;">Propos recueillis par Edouard Brane le 10 décembre 2025</p>
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		<title>MASCAGNI, Iris &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-iris-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À 36 ans, Pietro Mascagni connait le triomphe avec son tout premier opéra, Cavalleria Rusticana (1890). Malheureusement pour lui, cet accueil critique et populaire ne se renouvellera pas et, sur une quinzaine d’ouvrages ultérieurs, aucun n’aura une destinée comparable. Certains titres connurent un succès relativement durable, encore qu’on ne les donne plus aussi régulièrement aujourd’hui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À 36 ans, Pietro Mascagni connait le triomphe avec son tout premier opéra, <em>Cavalleria Rusticana</em> (1890). Malheureusement pour lui, cet accueil critique et populaire ne se renouvellera pas et, sur une quinzaine d’ouvrages ultérieurs, aucun n’aura une destinée comparable. Certains titres connurent un succès relativement durable, encore qu’on ne les donne plus aussi régulièrement aujourd’hui :  <em>L’Amico Fritz</em> (et son aimable <em>Duo des cerises</em>) ou encore récemment<em> <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-il-piccolo-marat-angers/">Il Piccolo Marat</a></em> (quasi inchantable pour les ténors actuels). D&rsquo;autres subirent en revanche des chutes mémorables, ainsi d&rsquo;<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-le-maschere-wexford/"><em>I Maschere</em></a>, comédie créée simultanément à la Scala de Milan (avec Caruso, excusez du peu), Gênes, Parme, Rome, Venise, Vérone (au Teatro Filarmonico) et, deux jours plus tard à Naples. Comme quoi il ne suffit pas toujours d’une bonne idée markéting pour vendre le produit. Mascagni est donc aujourd&rsquo;hui l&rsquo;homme d&rsquo;un seul opéra. Il partage cette étrange fatalité avec son collègue Leoncavallo : le compositeur d’<em>I Pagliacci</em>, ouvrage régulièrement couplé avec <em>Cavalleria rusticana</em> (sauf dans les théâtres qui veulent faire leur intéressant (1)), eut même encore moins de succès dans la suite de sa carrière de compositeur.<br />Si <em>Cavalleria rusticana</em> reste un archétype de l’opéra vériste, Mascagni toucha à d’autres genres, comme on l’a vu avec<em> I Maschere</em>. <em>Il Piccolo Marat</em> est un drame historique, <em>Sì</em> une opérette&#8230; <em>Iris</em> fait partie de la veine symboliste. Le livret lui en a été proposé par Luigi Illica après le refus d&rsquo;Alberto Franchetti (qui dédaignera aussi le livret de <em>Tosca</em> !). À l’époque, on lui doit déjà de spendides réussites, seul ou accompagné : <em>La Wally</em>, <em>La bohème</em> (écrit avec Giuseppe Giacosa) ou <em>Andrea</em> <em>Chénier</em>, et plus tard <em>Tosca</em> et <em>Madama Butterfly</em> avec Giacosa dans les deux cas). Quand il travaillait en duo avec Giacosa, Illica se consacrait d&rsquo;abord à l&rsquo;architecture du livret, à sa progression dramatique, à son découpage, tandis que son acolyte intervenait ensuite pour reformuler les dialogues et offrir une versification plus harmonieuse, propice à la composition. Ces succès étaient de bon augure, mais, comme on dit à la Bourse, « Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ».</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="713" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0245-1024x713.jpeg" alt="" class="wp-image-201122"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>L’ouvrage commence par un saisissant prologue choral. Cette page est communément et improprement connue comme l’<em>Inno al sole</em> (<em>l’Hymne <strong>au</strong> soleil</em>) alors qu’il s’agit en fait de l’<em>Hymne <strong>du</strong> soleil</em>, l’astre étant ici symbolisé par le chœur. Iris est la très jeune fille d’un vieil aveugle. Simple et heureuse, elle en est encore à l&rsquo;âge des poupées. Alors qu’elle vient de faire un affreux cauchemar où, justement, sa poupée allait périr, elle remercie le soleil d’avoir dissipé son terrible songe. Sans le savoir, elle a attiré l’attention d’Osaka, jeune homme d’une riche famille noble. Osaka exige de son âme damnée Kyoto qu’il lui obtienne la jeune fille. Kyoto est un proxénète à la tête d&rsquo;une maison de geishas. Un chœur de lavandières se fait entendre. Iris chante les fleurs de son jardin. En dépit de son infirmité, son père remercie les divinités qui lui ont donné Iris pour le soutenir dans son malheur. Osaka et Kyoto, déguisés en comédiens ambulants, paraissent dans la rue, accompagnés d&rsquo;un cortège de musiciens, de geishas et d&rsquo;acrobates. Kyoto invite la foule à assister à leur spectacle de marionnettes : le Fils du soleil y viendra au secours d&rsquo;une belle et malheureuse jeune fille, Dhia. La représentation commence. Dhia a perdu sa mère. Elle a la voix d&rsquo;une des geishas de Kyoto. Elle est tourmentée par son père qui la maltraite et qui veut la vendre au marché (voix de Kyoto). Celle-ci est désespérée. Jor, le « Figlio del sole », apparait et lui lance, avec la voix d&rsquo;Osaka : « Veux-tu mourir ? Je te ferai mourir, mais je te ferai mourir embrassée par le soleil, puis je te conduirai à la terre éternelle où, ô ma fille, tu seras aimée ! ». Iris est débordée par l’émotion. Osaka prend la place de la poupée pour le dénouement final. Au milieu des danses, la jeune fille est enlevée par un comparse déguisé en vampire. Iris, pensant vivre un rêve, ne se débat même pas. Kyoto laisse au père aveugle une note (écrite !) accompagnée de quelques pièces, lettre dans laquelle il lui laisse croire que sa fille l’a abandonné de son plein gré. Le père maudit sa fille. Acte II : à Yoshiwara, le quartier tokyoite des geishas et des prostituées, « où le soleil ne pénètre jamais ». On entend la voix d&rsquo;une geisha qui chante une triste mélopée sans parole. Elle est interrompue par Kyoto. Le proxénète séquestre Iris dans sa maison de geishas. Kyoto et Osaka observent Iris dans son sommeil. Le jeune homme chante son amour pour la jeune fille. Iris se réveille et son chant confus démontre que la jeune fille est convaincue qu’elle est morte et qu’elle est au paradis. Osaka tente vainement de la séduire. Malheureusement pour lui, Iris associe sa voix à celle de Jor, le Fils du soleil : elle refuse les avances du jeune homme qu’elle persiste à confondre avec ce « Figlio del sole ». Elle demande à revoir son père, sa maison et son jardin. Dans l&rsquo;<em>aria della piovra</em> (<em>l&rsquo;air de la pieuvre</em>), elle se rappelle avoir vu, alors qu&rsquo;elle n&rsquo;était qu&rsquo;une toute jeune fille, des dessins dans un temple représentant une enfant se faisant violer et tuer par un poulpe (étonnante allusion à une forme typique de pornographie japonaise, les <em>tentacules érotiques</em>, où les pires horreurs sont montrables dès lors que l&rsquo;un des participants n&rsquo;est pas totalement humain). Osaka embrasse la jeune fille, s&rsquo;attendant à ce qu&rsquo;elle se livre à lui, mais la jeune fille ne demande à nouveau qu&rsquo;à retrouver son père, sa maison et ses fleurs. L&rsquo;impatient jeune homme finit par se lasser et, considérant le cas d&rsquo;Iris comme désespéré vis-à-vis de ses projets, il exige de Kyoto que celui-ci le débarrasse d’Iris. Le souteneur choisit de revendre la jeune fille pour en tirer bénéfice. Avec violence, il a vite fait de la mettre au pas. Il la menace de rappeler le vampire. La malheureuse enfant est mise à l’encan, exposée sur le balcon de la maison de geishas. Pris de remords, Osaka revient sur les lieux et clame son amour pour elle. Simultanément, venu retrouver sa fille, son père la reconnait à sa voix, la maudit, et lui jette de la boue à la figure (!). Iris, qui se croit toujours au paradis, est désemparée par cette réaction. Elle se jette dans le puits des égouts. Acte III : dans l&rsquo;égout, des chiffonniers dépouillent Iris de ses riches vêtements. Elle revient à elle, la raison définitivement perdue (mais a-elle jamais été très nette ?). Elle croit entendre Osaka, Kyoto, puis son père, se moquer d’elle sur un ton égoïste. L’aurore commence à poindre. Iris se réjouit de sentir sur elle les chauds rayons du soleil levant. Elle meurt. Sous le baiser du soleil, son corps est transformé en iris. Une myriade de fleurs élèvent alors son âme au paradis (y retrouvera-t-elle un pote âgé ?), tandis que retentit à nouveau l’<em>Hymne au soleil</em>. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="814" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0153-1024x814.jpeg" alt="" class="wp-image-201123"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>A côté de celui d&rsquo;Iris, le sort de Madama Butterfly ferait donc presque figure de partie de plaisir. Le drame d&rsquo;Iris, c&rsquo;est que sa candeur, sa jeunesse, sa bonté naturelle, sa douce passivité, libèrent de fait les barrières mentales de ses bourreaux, à la manière de Claggart envers Billy Budd. Dans son retour en rêve, Osaka lance d&rsquo;ailleurs à Iris : « Il tuo gentile vezzo (&#8230;) è un&rsquo;umana tortura » (« Ton doux charme est une torture pour les hommes » ). Dans cet opéra à la charnière du vérisme et du symbolisme, l&rsquo;héroïne incarne la pureté, la nature, et elle est associée à la lumière et au soleil. Elle est comme tombée accidentellement dans un monde qui n&rsquo;est pas le sien. Osaka et Kyoto symbolisent la civilisation moderne, urbaine, la corruption et la nuit. On supposera que c&rsquo;est à dessein que ces patronymes ont été choisis parmi des noms de grandes villes : Osaka est un nom de famille rare, et Kyoto encore plus (une centaine de personnes) et par dessus le marché il se prononce&#8230; Miyakoto ! Comme nous l&rsquo;avons vu plus avant, Yoshiwara est désigné par Illica, dans les commentaires un brin pompeux qui accompagnent le livret, comme le quartier « où le soleil ne pénètre jamais ». Le père aveugle, dépourvu de la moindre compassion pour sa fille, pourrait aussi se rattacher à ce monde de la nuit. Sa voix se joint d&rsquo;ailleurs à celles d&rsquo;Osaka et Kyoto au dernier acte, chacun des trois hommes s&rsquo;exprimant égoïstement dans le dernier rêve d&rsquo;Iris. En dépit de sa mort, immolation d&rsquo;une âme pure, Iris n&rsquo;est pas non plus une figure christique : sa fin ne sauve personne. Pire : à l&rsquo;acte III, elle est déjà complètement oubliée, la nuit une fois passée. Personne n&rsquo;est venu à son secours. Elle meurt invisible de tous, dans un sacrifice vain et caché et seul le chœur lui répond. On est pourtant loin du miracle déchirant qui clôt <em>Suor Angelica. </em>Sa transmutation finale est d&rsquo;une beauté essentiellement formelle : venue de la lumière, elle retourne à la lumière après son court passage terrestre. Iris n&rsquo;était simplement pas de ce monde, de notre monde. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="750" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0097-1024x750.jpg" alt="" class="wp-image-201129"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>Il est probable que Mascagni ne voulait pas se contenter de variations faciles sur son premier succès et qu&rsquo;il souhaitait au contraire diversifier sa palette, ce qui est tout à son honneur. Il est probable aussi que le public attendait strictement l&rsquo;inverse : <em>Iris</em> fut un relatif succès à sa création, notamment critique, et fut repris dans quelques villes, mais l&rsquo;œuvre ne tarda pas à disparaitre de l&rsquo;affiche. En dépit d&rsquo;une indéniable richesse mélodique, l&rsquo;absence de grands airs immédiatement mémorisables eut probablement un impact négatif sur l&rsquo;accueil à long terme du grand public. Illica se refuse aux effets dramatiques faciles. De fait, l&rsquo;opéra ressemble parfois à un oratorio. Il ne se passe étrangement rien ou presque au premier acte, l&rsquo;enlèvement intervenant au bout de près de quarante-cinq minutes sur les cinquante de la première partie. Encore est-il suivi de la réaction assez apathique du père, qui appelle longuement et mollement sa fille disparue avant d&rsquo;apprendre les raisons (mensongères) de ce départ : on est très loin du <em>climax</em> verdien à la fin de l&rsquo;acte II de <em>Rigoletto </em>(mais peut-être cette absence d&rsquo;effet est-elle due au format concertant de la représentation). Alors qu&rsquo;à l&rsquo;entracte on se demande un peu ce qu&rsquo;on fait là, l&rsquo;ouvrage se met en place en seconde partie et devient captivant, notamment dans le contraste avec son démarrage, jusqu&rsquo;à une scène finale prenante sur laquelle nous reviendrons. La partition est par ailleurs d&rsquo;un grand intérêt musical. Mascagni s&rsquo;était lancé préalablement dans l&rsquo;étude de la musique japonaise, mais il sait éviter toute contrefaçon japonisante, contrairement à Puccini. Au passage, on se demande quelques fois si ce dernier ne se serait pas servi de quelques motifs de Mascagni pour des ouvrages ultérieurs. La musique offre de nombreuses originalités : le duo d&rsquo;Iris et de son père aveugle (l&rsquo;une chantant, l&rsquo;autre déclamant) ; le faux duo d&rsquo;amour qui est plutôt une suite de courts airs indépendants ; le sinistre air de la pieuvre d&rsquo;une étrange animation ; des danses qui préfigurent étonnamment celles de <em>Salome</em> sept ans plus tard ; les interventions rêvées chantées en coulisse ; le prélude aux cordes de l&rsquo;acte III ; et, finalement, le puissant chœur initial, dont la reprise créée l&rsquo;émotion qui nous est refusée dans la mort de l&rsquo;héroïne. Pour l&rsquo;anecdote, on signalera que l&rsquo;hymne a été utilisé à l&rsquo;occasion de l&rsquo;ouverture des Jeux Olympiques de Rome en 1960 et que le Met l&rsquo;avait choisi pour mettre en valeur ses forces chorales à l&rsquo;occasion de son gala du centenaire. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="718" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0008-718x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-201125"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>L&rsquo;ouvrage réserve l&rsquo;essentiel de la musique à Iris. <strong>Ermonela Jaho</strong> offre ici une magnifique composition dramatique, évoquant avec justesse les différentes émotions de la jeune fille : sa joie simple et pure initiale, la terreur (culminant dans l&rsquo;air de la pieuvre, longuement applaudi), le désespoir et finalement la résignation. La projection n&rsquo;est pas très puissante, mais Mascagni épargne le plus souvent à son héroïne les déchainements d&rsquo;un orchestre par ailleurs puissant, et cette fragilité convient bien à l&rsquo;héroïne. Bien utilisé, le léger vibrato de la chanteuse apporte même un surcroit d&rsquo;émotion. Le timbre, chaud et coloré, est idéal, les piani et pianissimi sont de toute beauté, dramatiquement en situation, au service d&rsquo;une interprétation frémissante. Le rôle d&rsquo;Osaka correspond parfaitement à la <em>vocalità</em> actuelle de <strong>Gregory Kunde</strong>. On pourrait même parler d&rsquo;une promenade de santé tant le ténor américain semble dominer sans effort cette tessiture tendue, avec une voix d&rsquo;une incroyable jeunesse. Le haut médium est très sollicité et les aigus <em>spinto</em> du ténor font vibrer les murs. Alors que le personnage est totalement antipathique, le chanteur essaie de l&rsquo;adoucir par son jeu, suggérant un amour et un remords sincères. <strong>Germán Enrique Alcántara</strong> offre un Kyoto au chant agréablement naturel, avec une voix chaude et puissante. Le baryton argentin campe un souteneur plus amoral que maléfique, oscillant entre l&rsquo;espiègle et l&rsquo;inquiétant. <strong>Jongmin Park</strong> déploie une impressionnante voix de basse, au timbre riche et profond et au noble phrasé. Après sa courte intervention à l&rsquo;acte II (il lit le message pour le père d&rsquo;Iris). <strong>Pablo García-López</strong> a davantage l&rsquo;occasion de briller dans l&rsquo;assez longue intervention du chiffonnier au début de l&rsquo;acte III, avec une voix bien posée, un aigu facile et un bon phrasé. On aura également apprécié la voix chaude et bien conduite de <strong>Carmen</strong> <strong>Solís</strong>, en particulier le mélancolique air de la geisha. Le <strong>Chœur du Teatro Real</strong> est impressionnant, homogène, sonore tout en restant musical. Les différents plans de la polyphonie de l&rsquo;Hymne au soleil sont rendus avec précision et clartés. Deux artistes du chœur, <strong>Iñigo</strong> <strong>Martín</strong> et <strong>Alexander</strong> <strong>González</strong>, interviennent en tant que solistes dans les rôles de deux autres chiffonniers avec des voix bien timbrées et qui passent la rampe malgré leur éloignement en fond de scène. Sous la baguette attentive et dévouée de <strong>Daniele Callegari</strong>, l&rsquo;<strong>Orchestre du Teatro Real</strong> rend parfaitement justice à la luxuriante orchestration de Mascagni et son éventail de couleurs. Le chef italien sait être attentif aux chanteurs et privilégie ici la douceur et la poésie sur les accents plus vifs ou dramatiques.</p>
<p>En dépit de la rareté de l&rsquo;œuvre, somme toute assez difficile, surtout en concert, le spectacle affiche complet ou presque. Le public est attentif et connaisseur, applaudissant par exemple les quelques airs aux bons endroits, et réserve un accueil chaleureux aux artistes au rideau final, dont une standing ovation bien méritée pour Ermonela Jaho.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="569" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Iris-0141-1024x569.jpeg" alt="" class="wp-image-201124"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> © Javier del Real | Teatro Real</sup></figcaption></figure>


<p>Quelques heures plus tôt, près du Théâtre Royal, dans la rue Hileras, un ancien bâtiment en cours de transformation en hôtel s&rsquo;est effondré. Près de 40 ouvriers travaillaient sur le chantier et plusieurs d&rsquo;entre eux ainsi que l&rsquo;architecte du projet étaient recherchés sous les décombres. Les causes de l&rsquo;accident ne sont pas encore connues et le bilan est actuellement de quatre morts. Avant le début du spectacle, un message de solidarité a été lu : « Les artistes et les employés du Théâtre Royal qui participent au concert de ce soir expriment leur solidarité avec toutes les personnes touchées par l&rsquo;accident survenu dans la rue Hileras. Merci beaucoup. »</p>
<ol>
<li>
<pre>L’initiative en revient au Metropolitan Opera. Il faut dire que leurs autres couplages laissent songeurs.<em> Cavalleria rusticana</em> fut créé par la compagnie dès 1891 à l’occasion d’une tournée à Chicago, en première partie... du premier acte de <em>La Traviata</em> ! L'ouvrage fut ensuite associé à <em>Orfeo ed Euridice</em>, à la création locale de <em>Philémon et Beaucis</em> de Gounod, et enfin à <em>I Pagliacci</em> (le 22 décembre 1893) sans que ce couplage ne s’impose d’ailleurs immédiatement : ultérieurement, il fut encore joué avec <em>Philémon et Beaucis</em> (avec la scène de folie d’<em>Hamlet</em> en bonus), l’acte II de<em> L’Amico Fritz</em>, <em>La Traviata</em> (complète cette fois),<em> Lucia di Lammermoor</em>, les deux premiers actes de <em>Carmen</em>... De son côté,<em> I Pagliacci</em> y pouvait être associé à<em> Orfeo ed Euridice</em>,<em> Lucia di Lammermoor</em>, <em>La Fille du Régiment</em> ou donné tout seul. Ces couplages divers, parfois complètement baroques, avec des opéras ou des ballets, ont bien sûr eu lieu à travers le monde et pas seulement au Metropolitan qui offre le mérite d'avoir des archives en ordre !</pre>
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		<title>Donizetti Songs vol. 5 &#038; 6 (E. Jaho, C. Rizzi)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/donizetti-songs-vol-5-6-e-jaho-c-rizzi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Opera Rara poursuit son entreprise d’enregistrement des chansons de Donizetti, entamée à l’occasion du cinquantième anniversaire du label. Que le Bergamasque ait été l’un des compositeurs les plus prolifiques de l’histoire de l’opéra, personne ne l’ignore (plus de 70 partitions à son actif, soit presque trois fois plus que Verdi – sans parler de Wagner &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Opera Rara</strong> poursuit son entreprise d’enregistrement des chansons de Donizetti, entamée à l’occasion du cinquantième anniversaire du label. Que le Bergamasque ait été l’un des compositeurs les plus prolifiques de l’histoire de l’opéra, personne ne l’ignore (plus de 70 partitions à son actif, soit presque trois fois plus que Verdi – sans parler de Wagner ou de Puccini). Mais on lui doit aussi plus de 200 mélodies, écrite tout au long de ses trente années de carrière (1818-1848), entre l’Italie et Paris. Ces dernières n’ayant jamais encore été systématiquement recherchées, réunies, comparées et enregistrées, un immense travail de recréation a été mené sous l’égide de <strong>Roger Parker</strong>, l’un des plus grands spécialistes de Donizetti, et du chef <strong>Carlo Rizzi</strong>. Il ne faut pas négliger l’ampleur de la tâche et des choix qui ont été accomplis : il s’agit parfois de trancher sur l’attribution douteuse d’une partition, de compléter en grande partie un accompagnement lacunaire, de supposer à quel stade de sa carrière Donizetti a écrit ces morceaux, ou encore de décider à quel type de voix ils doivent être confiés.</p>
<p>Quatre volumes sont déjà sortis : les deux premiers avec Lawrence Brownlee (ténor) et Nicola Alaimo (piano), <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/donizetti-songs-vol-3-m-spyres-c-rizzi/">le troisième avec Michael Spyres (ténor) et Carlo Rizzi (piano)</a> et le quatrième avec Marie-Nicole Lemieux (contralto) et Giulio Zappa (piano). Avec ces deux nouveaux volumes (le vol. 5 en italien et le vol. 6 en français), c’est à une soprano que revient pour la première fois le rôle, l’Albanaise <strong>Ermonela Jaho</strong>, en duo avec Carlo Rizzi lui-même.</p>
<p><strong>Ermonela Jaho</strong>, qui a conquis le public hambourgeois en début d’année en Maria Stuarda, retrouve ici avec bonheur l’écriture belcantiste de Donizetti. Sa ligne de chant superbe constitue une leçon d’élégance et d’expressivité et elle est capable de produire ces sons suspendus inscrits dans de longues lignes mélodiques qui font toute la beauté éthérée des mélodies géniales de Donizetti. Surtout, elle donne de sa personne pour incarner comme des saynètes chacun des textes, rendant justice à l’efficacité dramatique si caractéristique de l’art du compositeur. On entend néanmoins un registre medium plus fragile et des graves forcés et secs, le tout donnant une voix aux registres peu égalisés. On note en outre un vibrato un peu rapide, tirant sur le vibratello, mais qui n’entrave pas la pureté de la ligne. Le français de la soprano, dans le volume 6, est perfectible, moins en raison de l’accent (très discret) que d&rsquo;étourderies de prononciation, avec des consonnes substituées à d’autres. L’ensemble n’en demeure pas moins un régal pour les inconditionnels de Donizetti et autres amateurs de longues lignes mélodiques et de cadences a cappella.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" title="Ermonela Jaho Carlo Rizzi" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ermonela-Jaho-Carlo-Rizzi-1294x600.png" alt="" />© DR</pre>
<p>La première chose qui frappe à l’écoute de ces deux CD est la grande diversité des compositions qui sont rassemblées : des chansons de moins d’une minute (« Amor, che nullo amato ») et des scènes structurées dignes d’un opéra (<em>Il pescatore </em>qui s’ouvre sur un vrai récitatif), de la chanson napolitaine (« Lu trademiento »), d’élégantes compositions aux carrures régulières et élégantes tournées vers le XVIII<sup>e</sup> siècle (« Che non mi disse un dì! » sur un texte de Métastase), des compositions de salon à la française en trois strophes au sentimentalisme déchirant (« La Mère et l’enfant »), une ritournelle séductrice où la voix mime le son des castagnettes (« Au tic-tac des castagnettes ») et puis des passages inclassables, mondains, comiques, ou au contraire pleinement dramatiques voire mélodramatiques. À tel point qu’on hésite sur le nom à leur attribuer : ni mélodies françaises, ni Lieder allemands, trop divers pour être réunis sous l’étiquette (vague) de « composizioni da camera » comme on le fait pour Verdi et Bellini… on s’en tient ici à <em>mélodie</em> ou <em>chanson</em>, faute de mieux.</p>
<p>La grande découverte de cette série est la façon dont Donizetti a exploité la souplesse de la chanson pour mener des expérimentations entre les styles, les langues, les modes narratifs et les manières de traiter la voix. Malgré la diversité de ces deux CD, on sent se dégager un compositeur toujours efficace pour planter des décors et suggérer des atmosphères, toujours apte, même dans des mélodies qui ne durent qu’une poignée de secondes, à évoquer avec justesse un sentiment. Le mélodiste italien se prête aussi à un style déclamatoire plus français, les longues lignes d’une romance plaintive alternant avec des récitatifs en bonne et due forme. L’écriture du piano n’est pas toujours du plus grand intérêt, mais elle va de la « grande guitare » belcantiste à d’agréables audaces de sinuosité harmonique pour coller aux soubresauts du texte. <strong>Carlo Rizzi</strong> fait évidemment merveille derrière son clavier, et on ne peut que regretter que l’enregistrement semble pousser en avant la voix de la soliste, au détriment d’une fusion entre les deux membres de ce qui reste un duo : citons par exemple la remarquable mélodie « Le Bal masqué », petit opéra mélodramatique où la soprano dévorée de jalousie découvre l’infidélité de son amant tandis que le piano continue à jouer la ritournelle du bal qui est la toile de fond de ce petit drame, tout le sel du morceau étant dans le décalage très opératique entre les deux.</p>
<p>Remarquable aventure intellectuelle que cette exhumation minutieuse, servie par des artistes intelligents et amoureux de l’art de Donizetti. On ne peut que recommander son écoute attentive, surtout en compagnie du livret très bien fait et très instructif : pour chaque mélodie on trouvera des informations sur l’époque et le lieu de composition, les éventuels dédicataires, les auteurs du texte, le lieu de conservation, ainsi qu’une petite analyse du style et de la structure de chaque pièce. Tout amateur sera ravi, en tendant l’oreille, de croire entendre des fragments de <em>Maria Stuarda</em>, de <em>Poliuto</em>, de <em>La Fille du Régiment </em>ou de<em> L&rsquo;elisir d&rsquo;amore</em> ; il sera peut-être même ému de surprendre Donizetti dans son réseau mondain, dédiant à un ami pour le nouvel an la mélodie « Dell’anno novello » ou rendant un hommage à son confrère et rival emporté trop jeune par la mort dans le « Lamento per la morte di Bellini » qui témoigne de la grande familiarité que Gaetano avait de toute évidence avec le style de Vincenzo. Une boîte à pépites instructive et délicate où l’on pourra piocher à son gré !</p>
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		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#8217;Hoffmann &#8211;  Londres (RBO)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-contes-dhoffmann-londres-rbo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après deux belles réussites londoniennes, le doublé Cavalleria rusticana / Pagliacci et Carmen, Damiano Michieletto s&#8217;est vu confiée la lourde tache de remplacer la magnifique production des Contes d&#8217;Hoffmann de John Schlesinger créée en décembre 1980 et régulièrement reprise avec succès jusqu&#8217;en décembre 2016. La compagnie londonienne n&#8217;a pas lésiné sur les moyens, et cette &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après deux belles réussites londoniennes, le doublé <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-i-pagliacci-londres-roh-contre-vents-et-marees/"><em>Cavalleria rusticana / Pagliacci</em></a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-londres/"><em>Carmen</em></a>, <strong>Damiano Michieletto</strong> s&rsquo;est vu confiée la lourde tache de remplacer la magnifique production des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em> de John Schlesinger créée en décembre 1980 et régulièrement <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-londres-roh-derniers-feux-dune-production-legendaire/">reprise avec succès jusqu&rsquo;en décembre 2016</a>. La compagnie londonienne n&rsquo;a pas lésiné sur les moyens, et cette nouvelle production est particulièrement spectaculaire, propre à enchanter un nouveau public. Elle n&rsquo;est toutefois pas non dépourvue d&rsquo;incongruités à l&rsquo;occasion. Le prologue s&rsquo;ouvre classiquement dans l&rsquo;auberge de Luther sous des éclairages verdâtres. La Muse est, elle aussi, habillée en vert, allusion à la « Fée verte », surnom que l&rsquo;on donnait autre fois à l&rsquo;absinthe. Nicklausse est interprété par une artiste différente de la Muse, ce qui constitue un retour en arrière par rapport aux versions récentes. Il est étonnamment habillé en perroquet (les paroles et sous-titres sont modifiées pour l&rsquo;occasion : « Du fidèle Nicklausse empruntons le visage, changeons la Muse en <em>perroquet</em> (au lieu d&rsquo;<em>écolier</em>) <span style="font-size: revert;">»</span>). Il s&rsquo;agit peut-être d&rsquo;une allusion au conte, <em>Le Vase d&rsquo;or </em>(un peu plus tard, on verra des danseurs grimés en souris, allusion cette fois à <em>Casse-Noisette et le Roi des souris</em>, autre célèbre conte d&rsquo;Hoffmann). Lindorf offre un tour de magie en faisant disparaitre Stella pour la remplacer par un danseur. Cette saison, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-paris-garnier/">les cabarets transformistes sont à la mode</a>&nbsp;et l&rsquo;animation de l&rsquo;auberge semble avoir été confiées &nbsp;à des danseurs masculins et féminins « dégenrés ». Les mouvements sur le plateau sont particulièrement tapageurs : chœurs qui tapent des pieds, chaises lourdement baladées, danseurs qui retombent lourdement&#8230; beaucoup de bruits parasites viennent ainsi brouiller l&rsquo;écoute.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TalesOfHoffmann_ROH_6414-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-176570"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© 2024 Camilla Greenwell </sub></figcaption></figure>


<p>Puis la production s&rsquo;articule autour de trois âges de la vie du poète, les actes étant donnés dans leur ordre logique. Hoffmann, en culottes courtes (comme dans la production de Richard Jones pour Munich), n&rsquo;est qu&rsquo;un des nombreux élèves de Spalanzani. Sa jeunesse inexpérimentée doit nous faire rendre plus crédible son amour pour une simple poupée. Passons sur les contradictions mineures avec le texte (par exemple : « Allons Messieurs, la main aux dames, le souper nous attend » adressé aux écoliers par Spalanzani). La très attendue scène de la poupée tombe ensuite un peu à plat. Elle chante ici ses deux couplets sans pause, alors que traditionnellement elle tombe en panne au milieu de l&rsquo;air et qu&rsquo;il est nécessaire de remonter son ressort à grands bruits. Ici, Michieletto a choisi de remplacer les gags habituels, qui fonctionnent, par les siens propres, qui sont moins convaincants. Ainsi, sur le tableau noir de la salle de classe, les données d&rsquo;une équation s&rsquo;animent avec les vocalises d&rsquo;Olympia ; des chiffres géants dansent au plafond avant de retomber sur le sol, là encore avec beaucoup de bruit&#8230; Pas de banqueroute : Coppélius, habituellement plus méfiant, s&rsquo;est fait refilé une mallette remplie de chiffons de papier. Pas de valse venant étourdir Hoffmann. Pas de lunettes magiques pendant ses duos avec la poupée alors que le texte est clair à ce sujet (« Est-il mort ? Non, en somme, son lorgnon seul est en débris »). Au final, l&rsquo;acte manque un peu de son brio habituel par une recherche d&rsquo;originalité qui ne convainc pas totalement.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TalesOfHoffmann_ROH_7388-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-176557"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© 2024 Camilla Greenwell </sub></figcaption></figure>


<p>L&rsquo;acte d&rsquo;Antonia évoque cette foi un amour d&rsquo;adolescent. Une fois encore, Michieletto ne cherche pas à respecter à la lettre le livret. Nous ne sommes pas dans le monde lyrique, mais dans celui du ballet (pourquoi pas, mais aussi : pourquoi ?). Frantz est un maître de danse tourmenté par des petits rats indisciplinés (rires, cris, claquements de pieds&#8230;) qui ont par ailleurs le mérite d&rsquo;attendrir le public. La mère d&rsquo;Antonio n&rsquo;est pas une cantatrice mais une danseuse dont la fille a une jambe déformée. Même si certains surtitres sont modifiés (« Ta mère t&rsquo;a laissé son talent » plutôt que « sa voix »), le décalage entre le texte et la proposition du metteur en scène est gênant : Antonia n&rsquo;a aucune raison de mourir en essayant de danser, et d&rsquo;ailleurs elle s&rsquo;effondrera en forçant sa voix (ce qui est plus logique quand on la sait phtisique). Au positif, l&rsquo;acte est visuellement splendide et spectaculaire, à défaut d&rsquo;être vraiment émouvant, notamment quand les petits rats et les danseurs (de vrais professionnels du ballet) viennent se produire devant Antonia. Tout ceci fait toutefois encore beaucoup de bruit (béquilles, jambe qui traine, chutes&#8230;), l&rsquo;apogée étant atteint quand le Docteur Miracle brise sur le sol un violoncelle en plâtre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TalesOfHoffmann_ROH_8066-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-176558"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© 2024 Camilla Greenwell</sub></figcaption></figure>


<p>L&rsquo;acte de Venise nous présente un Hoffmann plus cynique, dans un décor relativement conventionnel de casino vénitien. La fin de l&rsquo;acte est étrangement modifiée : Hoffmann se retrouve prisonnier derrière le miroir et n&rsquo;aura donc pas l&rsquo;occasion de se battre en duel, ni de tuer Pitichinaccio avant de s&rsquo;enfuir avec Nicklausse. Toutes les répliques correspondantes sont supprimées. Ultime surprise à l&rsquo;épilogue : Lindorf a pris les habits de Stella. Pour ce dernier acte, la mise en scène gagne en simplicité et l&rsquo;intervention finale de la Muse sera peut-être le seul moment vraiment poignant de la soirée, plus bruyante que brillante.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TalesOfHoffmann_ROH_8241-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-176563"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© 2024 Camilla Greenwell</sub></figcaption></figure>


<p>Alors que la précédente production utilisait la version Choudens traditionnelle, le choix s&rsquo;est porté ici sur une version mixte et nous invitons les lecteurs que ces détails n&rsquo;intéresseraient pas à sauter carrément ces paragraphes.</p>
<p>Commençons par quelques généralités &nbsp;: il existe plusieurs versions des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann, </em>Offenbach étant mort quelques mois avant la première. La première version était écrite pour un baryton dans le rôle-titre mais la faillite de la<span style="font-size: revert;"> Gaîté Lyrique annula la création de l&rsquo;ouvrage. Les années suivantes virent d&rsquo;incessantes modifications (ajouts, suppressions, déplacements, modifications de tessitures). L&rsquo;ouvrage rentra en répétitions en septembre 1880 mais Offenbach </span>mourra<span style="font-size: revert;">&nbsp;quelques semaines plus tard sans avoir achevé la totalité de l&rsquo;orchestration qui sera terminée par </span>Ernest<span style="font-size: revert;">&nbsp;</span>Guiraud<span style="font-size: revert;">. L&rsquo;ouvrage fut modifié au cours des répétitions, le plus important changement étant la suppression de l&rsquo;acte de Giulietta dont une partie de la musique fut réutilisée ailleurs ! Tout ceci donna lieu à l&rsquo;édition d&rsquo;une première version chez Choudens. En 1904, Raoul Gunsbourg, directeur de l’Opéra de Monte-Carlo, conçut une nouvelle version à partir de manuscrits </span>d&rsquo;Offenbach, <span style="font-size: revert;">version trafiquée par ses soins et qui inclut le célébrissime « Scintille diamant » pour Dapertutto à l&rsquo;acte de Giulietta, </span><span style="font-size: revert;">la musique de la page originale étant recyclée dans </span>l&rsquo;acte<span style="font-size: revert;"> d&rsquo;Olympia pour l&rsquo;air « J&rsquo;ai des </span>yeux » de Coppélius, lequel remplace le trio original. Rappelons que la <span style="font-size: revert;">musique de « Scintille diamant » peut être entendue dans l&rsquo;ouverture du <em>Voyage dans la Lune</em>, mais aussi d&rsquo;un</span><span style="font-size: revert;"> ballet antérieur, <em>Le Royaume de Neptune</em> (comme Rossini, Offenbach n&rsquo;hésitait pas à recycler ses compositions). Gunsbourg ajouta enfin un septuor de son cru dans l&rsquo;acte de Venise, ensemble destiné à devenir l&rsquo;un des moments les plus excitants de la partition : Gunsbourg avait le nez creux. La version Choudens évolua en fonction de ces modifications. Dans les années 70, Fritz Oeser proposa une révision complète réutilisant sans trop de complexes des passages des <em>Filles du Rhin</em> qu&rsquo;Offenbach n&rsquo;avait pas déjà recyclés (une version plus <em>osée</em> que Oeser, donc). Après la redécouverte de manuscrits ayant appartenu à Gunsbourg, Michael Kaye établit une nouvelle édition critique dans les années 80. Enfin Jean-Christophe Keck offrira une nouvelle édition suite à la découverte du final de l&rsquo;acte de </span>Giulietta puis des partitions d’orchestre du prologue et de l’acte d’Olympia ! <a href="https://www.forumopera.com/v1/opera-n18/hoffmann.htm">On trouvera ici un article détaillé sur les différentes versions</a>.</p>
<p>Passons à l&rsquo;édition proposée à Covent Garden. Vu la complexité du sujet, nous nous contenterons ici de lister les modifications majeures par rapport à la version Choudens traditionnelle&#8230; en espérant ne pas nous être trop trompés. <span style="font-size: revert;">Peu de choses au prologue, si ce n&rsquo;est que quelques pages sont un peu plus longues que d&rsquo;habitude : le choeur « Glou ! Glou ! », une réaction des </span>étudiants<span style="font-size: revert;"> suite à l&rsquo;allusion aux </span>cornes : « Ne les raillons pas, nous serons un jour dans le même cas <span style="font-size: revert;">»&#8230;</span><span style="font-size: revert;">. </span></p>
<p><span style="font-size: revert;">À l&rsquo;acte d&rsquo;Olympia, toute la première scène entre Hoffmann et Spalanzani (« Là, dors en paix&#8230; La </span>physique<span style="font-size: revert;"> est tout mon cher : Olympia vaut très cher. ») et la suite est coupée. Plus tard dans </span>l&rsquo;opéra<span style="font-size: revert;">, Spalanzani fera une allusion désormais incompréhensible au dialogue disparu ( « Ah ! La physique ! »). Après </span>l&rsquo;introduction orchestrale, l<span style="font-size: revert;">&lsquo;acte démarre </span>directement<span style="font-size: revert;"> par « Allons, courage et confiance, je deviens un puits de science ». L&rsquo;air de Nicklausse de la </span>version<span style="font-size: revert;"> Choudens / Kaye « Une poupée aux yeux d&rsquo;émail » est conservé (on lui substitue parfois « Voyez-la sous son éventail » de la version Oeser). Le court air d&rsquo;Hoffmann « Ah ! Vivre deux ! N’avoir qu’une même </span>espérance <span style="font-size: revert;">»</span><span style="font-size: revert;"> est donné vers la fin de l&rsquo;acte, après le dialogue d&rsquo;Hoffmann avec Olympia (et non au début, après « C&rsquo;est elle ! Elle sommeille ! » &nbsp;et le second couplet comprend quelques légères </span>variations<span style="font-size: revert;"> (et un si naturel final). Le trio original (rétabli chez Oeser) remplace l&rsquo;air traditionnel « J&rsquo;ai des yeux » déjà évoqué. « Ange du Ciel, est-ce bien toi » est rétabli. La scène entre Coppélius et Spalanzani qui consacre leur arrangement financier sur la propriété des yeux est </span>intégralement<span style="font-size: revert;"> coupée (on </span>imagine<span style="font-size: revert;"> qu&rsquo;il s&rsquo;agit </span>d&rsquo;éviter<span style="font-size: revert;"> des accusations </span>d&rsquo;antisémitisme<span style="font-size: revert;"> au sujet du Juif Elias). Le duo Nicklausse / Hoffmann « Malheureux fous, suivez la belle » est coupé. Le final de l&rsquo;acte n&rsquo;est pas écourté comme souvent. </span></p>
<p><span style="font-size: revert;">À l&rsquo;acte d&rsquo;Antonia, une reprise orchestrale est (mal) insérée entre le récitatif de Frantz et son air (il s&rsquo;agit de la même musique que celle qui sépare peu après les deux couplets)</span><span style="font-size: revert;">. Le</span><span style="font-size: revert;"> savoureux dialogue de sourds entre Hoffmann et Frantz puis celui entre Hoffmann et Nicklausse sont coupés. On passe donc directement de l&rsquo;air bouffe de Frantz au duo entre Hoffmann et Antonia, mais introduit par l&rsquo;air de Nicklausse « Vois, sous l’archet frémissant » (Oeser). Niklausse agit dès lors comme une sorte de Cupidon, </span>alors<span style="font-size: revert;"> que dans le livret il </span>fait tout pour dissuader Hoffmann à chacune de ses nouvelles amours. L&rsquo;acte offre une version longue du trio Hoffmann / Crespel / Miracle. Le dialogue qui suit, entre Hoffmann et Antonia, est en revanche coupé, et on enchaine directement avec la scène « Tu ne chanteras plus ».</p>
<p>L&rsquo;acte de Venise est encore plus charcuté. Les micro-coupures se multiplient (« Vivat ! Au Pharaon » par exemple). Le « Scintille diamant » introduit par Gunsbourg est remplacé par le « Tourne, tourne, miroir » original (Oeser). « L&rsquo;Amour dit à la belle » est restauré. Il est immédiatement suivi du septuor apocryphe de Gunsbourg (Choudens) qui devrait s&rsquo;insérer après la perte du reflet d&rsquo;Hoffmann et non pas avant comme ici. Hoffmann chante ensuite <span style="font-size: revert;">«</span>&nbsp;Ô Dieu! de quelle ivresse <span style="font-size: revert;"> »</span><span style="font-size: revert;"> couronné d&rsquo;un si bémol. Giulietta a droit à son air « L&rsquo;amour lui dit : la belle » (Kaye). Après son duo avec Giulietta, Hoffmann perd son reflet et reste condamné à peu près au silence : les intentions parlées de Pitichinaccio, Schlemil, Nicklausse et Dappertutto sont aussi coupées. </span></p>
<p><span style="font-size: revert;">L&rsquo;épilogue est relativement épargné : quelques mesures des chœurs sont coupées et c&rsquo;est Hermann et non Lindorf qui s&rsquo;exclame « À moi la Stella »&#8230; « Oublie ton rêve de joie et d&rsquo;amour » est confié à la Muse et non à Nicklausse (les deux interprètes sont différents dans cette production). La Muse conclut avec le sublime « Des cendres de ton cœur » (Oeser).</span></p>
<p>Au-delà des problèmes de sens induites par ces coupures (et qui affectent certainement moins un public novice non francophone), il faut surtout regretter que les enchainements des différents morceaux s&rsquo;en ressentent, manquant de fluidité et de naturel. Les altérations sont généralement mieux réussies quand elles sont faites par des musicologues professionnels.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TalesOfHoffmann_ROH_6218-1024x683.jpg" alt="©2024 Camilla Greenwell
" class="wp-image-176573"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© 2024 Camilla Greenwell</sub></figcaption></figure>


<p><strong>Juan Diego Flórez</strong> avait fait <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-monte-carlo-charme-et-elegance/">sa prise de rôle à l&rsquo;opéra de Monte-Carlo</a> en 2018. Quelques années plus tard, l&rsquo;interprétation du ténor péruvien n&rsquo;a pas beaucoup changé. La voix manque toujours de la largeur attendue pour ce rôle et on attendra en vain des élans dramatiques semi véristes à la Shicoff. Flórez offre en revanche un Hoffmann racé, à la Kraus, sans les moyens de ce dernier, mais avec la même exigence vocale. Il est d&rsquo;ailleurs assez incroyable qu&rsquo;une voix ait si peu évolué au fil des années, pour le meilleur davantage que pour le pire, d&rsquo;ailleurs. Ces limitations mises de côté (on ne va pas reprocher à Flórez d&rsquo;avoir la voix de Flórez), le ténor péruvien offre un Hoffmann de grande tenue, d&rsquo;une belle retenue aristocratique. Dans l&rsquo;acoustique favorable aux voix de Covent Garden, le chanteur n&rsquo;a aucun problème pour se faire entendre, y compris dans les nuances les plus fines (plutôt que de rénover Bastille, pourquoi ne pas la raser pour reconstruire une salle à l&rsquo;identique de celle de l&rsquo;institution londonienne ?). Les aigus, sonores, sont délivrés avec générosité et le chanteur multiplie les extrapolations dans l&rsquo;aigu (à celles que nous avons signalées plus haut, ajoutons un contre-ut à la fin de la chanson de Kleinzach et un si bémol concluant<b> « </b>Ô Dieu, de quelle ivresse »). Cerise sur le gâteau, la prononciation du français est parfaitement intelligible, teintée d&rsquo;un délicieux accent latin. L&rsquo;acteur reste mesuré, mais finalement touchant et en cohérence avec l&rsquo;interprétation vocale.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TalesOfHoffmann_ROH_5776-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-176564"/><figcaption class="wp-element-caption">© 2024 Camilla Greenwell</figcaption></figure>


<p><strong>Alex Esposito</strong> est moins diable que diablotin. Ricanements, cris gutturaux, notes graves exagérément écrasées&#8230; alors que le chanteur semblerait en capacité de chanter sobrement le rôle, ne serait-ce qu&rsquo;en raison d&rsquo;une certaine expérience belcantiste, pourquoi se livrer à des excès histrioniques de mauvais goût ? On pense parfois à un mauvais Mefistofele de Boïto, quand d&rsquo;autres passages mettent au contraire en valeur les qualités du chanteur : un timbre plaisant, une émission franche. Il faut dire que la mise en scène ne l&rsquo;aide pas : Michieletto en fait davantage un satyre vulgaire, violent et impulsif qu&rsquo;un démon complexe et froid. Déjà une magnifique Giulietta en 2016, <strong>Christine Rice</strong> est ici une Muse exceptionnelle, au français impeccable, pleine de charme et d&rsquo;une grande musicalité. <strong>Julie Boulianne&nbsp;</strong>est un Nicklausse d&rsquo;un certain charme, à la voix charnue mais manquant de mordant : la chanteuse québécoise semble souvent chanter dans sa barbe sans vraiment chercher à remplir la salle. Elle n&rsquo;est pas non plus gâtée par la mise en scène qui en fait un gamin déguisé en perroquet jouant avec un autre perroquet, empaillé cette fois. <strong>Olga Pudova</strong> souffre également d&rsquo;une mise en scène qui refuse d&rsquo;en faire une poupée comique. La voix est d&rsquo;une belle largeur, bien plus corsée que celle des coloratures légères auxquelles nous sommes habitués, mais aussi sans le côté mécanique de celles-ci (tant musicalement que théâtralement). C&rsquo;est d&rsquo;autant plus dommage que l&rsquo;ambitus du soprano russe est assez époustouflant, les contre-notes se succédant quasiment sans effort jusqu&rsquo;au contre-sol dièse. L&rsquo;Antonia d&rsquo;<strong>Ermonela Jaho</strong> est bien connue. Avec les années, le vibrato, court, s&rsquo;est accentué. Les aigus n&rsquo;ont plus l&rsquo;aisance d&rsquo;autrefois : le contre ré en coulisse est plutôt raté, le contre-ut dièse final plus réussi. Il n&rsquo;en demeure pas moins que les exceptionnelles capacités du soprano albanais à émouvoir restent intactes, en dépit d&rsquo;une mise en scène qui tend détourner l&rsquo;attention de son personnage avec des agitations annexes. Cataloguée <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-paris-bastille-somptueuse-anita-rachvelishvili/">soprano</a>, <strong>Marina Costa-Jackson</strong> ferait presque songer à un alto par la profondeur de son timbre et des graves somptueux, tandis que la voix est au contraire tendue dans l&rsquo;aigu. Il arrive parfois qu&rsquo;une voix qui chante ponctuellement dans une tessiture trop grave éprouve alors des difficultés nouvelles dans l&rsquo;aigu : serait-ce le cas ici ? Les <em>comprimari</em> sont de qualité. <strong>Christophe Mortagne</strong> incarne superbement ses quatre rôles, dans un français superlatif, mais avec un aigu de poitrine parfois tendu. <strong>Vincent Ordonneau</strong> est un Spalanzani efficace pour ce qui lui reste à chanter. Malgré une voix désormais un peu usée, <strong>Alastair Miles</strong> est un Crespel émouvant. <strong>Jeremy White</strong> est un Luther truculent. Dans leurs petits rôles respectifs, <strong>Ryan</strong> <strong>Vaughan Davies</strong> et <strong>Siphe</strong> <strong>Kwani</strong> (excellent remplaçant de dernière minute de Grisha Martirosyan) savent également se faire remarquer.</p>
<p>La direction d&rsquo;<strong>Antonello Manacorda</strong> est efficace à défaut d&rsquo;être subtile, attentive aux chanteurs, plus professionnelle qu&rsquo;inspirée. Les chœurs sont excellents.&nbsp;</p>
<p>Si ces <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em> ne sont pas, pour nous, le coup de <span style="font-size: revert;">cœur</span> espéré, ils reçoivent un accueil chaleureux du public : il sera intéressant de voir comment cette production évolue au fil des reprises, notamment en ce qui concerne les bruits qui parasitent la musique !</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-contes-dhoffmann-londres-rbo/">OFFENBACH, Les Contes d&rsquo;Hoffmann &#8211;  Londres (RBO)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>La boîte à pépites : Ermonela Jaho en Butterfly, âmes sensibles s’abstenir</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-boite-a-pepites-ermonela-jaho-en-butterfly-ames-sensibles-sabstenir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jul 2024 04:34:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Ce rôle lui va si bien », écrit Thierry Verger à propos de Madame Butterfly chantée cette année par Ermonela Jaho au Festival d’Aix-en-Provence. De fait, nulle mieux que la soprano albanaise en geisha puccinienne pour tirer des larmes au plus sec des cœurs, elle qui lors d‘un entretien avec Antoine Brunetto avouait chanter « comme &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Ce rôle lui va si bien », écrit Thierry Verger à propos de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madama-butterfly-aix-en-provence/">Madame Butterfly chantée cette année par <strong>Ermonela Jaho</strong> au Festival d’Aix-en-Provence</a>. De fait, nulle mieux que la soprano albanaise en geisha puccinienne pour tirer des larmes au plus sec des cœurs, elle qui lors <a href="https://www.forumopera.com/ermonela-jaho-je-chante-comme-si-cetait-la-premiere-et-la-derniere-fois/">d‘un entretien avec Antoine Brunetto</a> avouait chanter « comme si c’était la première et la dernière fois ».</p>
<p>Tel serait donc le secret d’une interprétation qui, au fil des ans, conserve intact son pouvoir émotionnel : un investissement sans limite, un don de soi inconditionnel, une immersion jusqu’au-boutiste, au plus profond du personnage et de la partition. Certes, mais à regarder sur <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/119040-001-A/giacomo-puccini-madama-butterfly/">Arte Concert la retransmission d’une de ces représentations aixoises</a>* ou visionner sur le Web des extraits partagés de ci, de là, telle cette scène finale captée à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivant-et-sincere/">Avignon en 2013</a>, où Butterfly se donne la mort reliée à son fils par une longue bande d’étoffe en forme de cordon ombilical, on se dit qu’il y a plus qu’un engagement absolu, plus qu’un chant agrippé au texte, qu’un souffle inépuisable ou qu’un de ces aigus filés auxquels nous sommes si sensible. Il y a la fusion, a priori inconciliable, de puissance – dans la projection  – et de fragilité – dans la silhouette et dans les registres grave et médian de la voix – qui est l’essence même de Butterfly, vulnérable et obstinée jusqu’au sacrifice. Et à chaque fois, inévitablement, la gorge se serre…</p>
<pre>* disponible jusqu’au 13 juillet 2025</pre>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Ermonela JAHO the death of BUTTERFLY" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/R52KcCybXlE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madama-butterfly-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jul 2024 08:52:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Madama Butterfly est un de ces opéras porté à bout de bras par le rôle-titre&#160;; les personnages qui gravitent autour de la célèbre geisha font figure de faire-valoir, guère plus. Bien sûr Pinkerton a un premier acte survitaminé, mais plus rien ensuite ou presque. Suzuki tourne sans cesse autour de Cio-Cio-San, mais c’est pour lui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Madama Butterfly</em> est un de ces opéras porté à bout de bras par le rôle-titre&nbsp;; les personnages qui gravitent autour de la célèbre geisha font figure de faire-valoir, guère plus. Bien sûr Pinkerton a un premier acte survitaminé, mais plus rien ensuite ou presque. Suzuki tourne sans cesse autour de Cio-Cio-San, mais c’est pour lui servir le thé. Les autres rôles, pour indispensables à l’action qu’ils soient, sont sans commune mesure. Il faut donc des bras solides pour porter un rôle harassant, des bras et une voix. <strong>Ermonela Jaho</strong>, dont c’était l’anniversaire à l’occasion de l’avant-dernière de <em>Madama Butterfly</em> au Théâtre de l’Archevêché d’Aix-en-Provence, n’a peut-être pas la stature physique d’un colosse mais possède avec sa voix l’arme absolue pour tout emporter sur son passage. Et c’est ce qu’elle fait à Aix où elle se produit pour la première fois, après avoir emporté avec elle ce rôle qui lui va si bien un peu partout dans le monde.<br />
La soprano albanaise délivre une prestation ébouriffante de vérité, d’engagement, de justesse et surtout d’émotion. Si l’on met de côté les dix premières minutes, avant qu’elle fasse son entrée, son personnage est ensuite présent sur scène d’un bout à l’autre, y compris dans le long intermède musical qui sépare les actes II et III. Le rideau est alors fermé, mais elle est là, accroupie, face au public&nbsp;: elle scrute l’<em>Abraham</em> <em>Lincoln</em> qui doit lui ramener celui qui est tout pour elle. Sa première apparition est magique&nbsp;: silhouette frêle, tout de blanc vêtue, en costume japonais traditionnel. Elle est déjà entrée dans son personnage, elle est déjà toute à l’Américain, rien ne peut l’éloigner de lui&nbsp;; elle s’obstine, se voile la face, refuse de voir la vérité et lorsque, enfin, celle-ci s’impose à elle, elle butte contre son destin qui prend la forme d’un soldat lui présentant le poignard fatal.<br />
Si l’engagement de l’actrice est stupéfiant, la réussite de la chanteuse est absolue et la copie absolument parfaite&nbsp;: la voix épouse en permanence les tempêtes de la pensée. La douceur, la tendresse – ces suraigus filés semblant couler directement du ciel aixois- , la colère, la violence – les <em>forte</em> qui passent la rampe tant la projection est volontaire. Avant de recevoir les saluts enthousiastes du public, celui-ci avait bruyamment manifesté à l’issue d’un « Un bel dì vedremo » qu’on avait rarement entendu de ce calibre. Ermonela Jaho ressort visiblement épuisée de sa prestation, de longs moments s’écoulent où elle reçoit, seule sur scène, les acclamations tellement méritées.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Madama-Butterfly_Festival-dAix-en-Provence-2024_©-Ruth-Walz_2-1294x600.jpg" alt="" width="718" height="333">
© Ruth Walz</pre>
<p>Le reste du plateau vocal est à la hauteur des attentes. Le Pinkerton d’<strong>Adam Smith</strong> est bien campé en Américain totalement incapable de se rendre compte de la situation. Sa gaucherie, sa veulerie, mais aussi sa prise de conscience ultime et trop tardive sont fort bien rendues. On sait que le Britannique a le ténor vaillant. Il le confirme ce soir, mais on aurait aussi souhaité davantage de nuances dans les moments où le personnage est capable de prise de conscience, c’est-à-dire essentiellement le duo d’amour du I, seul moment où <a href="https://www.forumopera.com/adam-smith-je-crois-que-pinkerton-est-vraiment-amoureux/">Pinkerton semble véritablement épris de Cio-Cio-San</a>. Les deux, dans ce moment-là, n’étaient pas bien accordés&nbsp;; mais reconnaissons que cela correspond aussi à la réalité de leurs personnages. Mention spéciale pour le Sharpless de <strong>Lionel Lhote</strong>. Un baryton tout à la fois cassant et souple, chaleureux même, dans son dialogue avec Butterfly au II. La Suzuki de <strong>Mihoko Fujimora</strong> fait bien plus que servir le thé à sa maîtresse&nbsp;; elle a tout de suite compris quel personnage était Pinkerton&nbsp;; son autorité, portée par une belle projection, donne à son personnage une épaisseur que l’on ne trouve pas souvent dans ce rôle. L’oncle Bonzo (<strong>Inho Jehong</strong>) est effrayant à souhait, Goro (<strong>Carlo Bosi</strong>) a l’abattage nécessaire.<br />
Ce soir, l’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Lyon sont en belle forme. Equilibre savant entre la fosse et la scène, grâce à une attention de tous les instants de <strong>Daniele Rustioni</strong> qui soigne particulièrement les plages orchestrales.<br />
Quant à la mise en scène, elle se fait un peu oublier et ce n’est pas un reproche. <strong>Andrea Breth</strong> (de retour à Aix après sa <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/salome-aix-en-provence-elsa-dreisig-devoilee/">Salome en 2022</a></em> ) reprend les stéréotypes japonisants, les préjugés pourrait-on dire qui étaient ceux de Puccini, lequel ne connaissait absolument pas cette culture. Elle s’est intéressée au travail de deux photographes autrichiens qui se sont rendus au Japon à la fin du XIXe siècle et ont réalisé des clichés très esthétiques de femmes japonaises – avec par exemple un fond peint dans un style japonisant et le recours aux masques. Ce qui est intéressant c’est la manière dont les univers américain et japonais se heurtent l’un à l’autre, esthétiquement parlant. Le tout donne une image de sobriété tout à fait bienvenue et qui a laissé, une fois n’est pas coutume, toutes leurs places aux voix.</p>
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		<title>Gala d&#8217;adieux d&#8217;Antonio Pappano &#8211; Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-dadieux-dantonio-pappano-londres-roh/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 May 2024 06:27:06 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=163274</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quand Antonio Pappano prend la direction musicale du Royal Opera House en 2002, il a déjà derrière lui dix années à la tête de l&#8217;Orchestre de la Monnaie où il a été nommé à seulement 32 ans. Parallèlement, le chef anglais dirige l&#8217;orchestre de l&#8217;Accademia Santa Cecilia à Rome depuis 2005. Répétiteur au New York &#8230;</p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-dadieux-dantonio-pappano-londres-roh/">Gala d&rsquo;adieux d&rsquo;Antonio Pappano &#8211; Londres (ROH)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand Antonio Pappano prend la direction musicale du Royal Opera House en 2002, il a déjà derrière lui dix années à la tête de l&rsquo;Orchestre de la Monnaie où il a été nommé à seulement 32 ans. Parallèlement, le chef anglais dirige l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Accademia Santa Cecilia à Rome depuis 2005. Répétiteur au New York City Opera à seulement 21 ans, Antonio Pappano aura donc  consacré plus de quatre décennies essentiellement au théâtre, dont plus de 700 représentations à Covent Garden, et souhaitait légitimement passer à d&rsquo;autres défis. C&rsquo;est chose faite depuis sa nomination en 2021 à la tête du London Symphony Orchestra pour succéder à Simon Rattle, comme directeur musical désigné en 2023-24, et prochainement comme chef principal à partir de septembre 2024. Choisi en octobre 2022, Jakub Hrůša le remplacera en tant que directeur musical à compter de septembre 2025, <a href="https://www.forumopera.com/breve/2024-25-covent-garden-une-saison-de-transition/">la période intermédiaire servant de transition.</a> Antonio Pappano n&rsquo;abandonne pas totalement le lyrique pour autant puisqu&rsquo;il dirigera <em>La Rondine</em> en concert avec le LSO en décembre 2024 et reviendra au Royal Opera pour <em>Die Walküre</em> en mai 2025.</p>
<p>C&rsquo;est une salle surchauffée et enthousiaste qui a donc accueilli <strong>Antonio Pappano</strong> à son arrivée en fosse. La température a encore monté de quelques degrés lorsque l&rsquo;orchestre a entamé le <em>God Save the King</em>, repris par la salle à pleins poumons, l&rsquo;hymne signalant la présence du roi Charles III, présence espérée mais <a href="https://www.forumopera.com/breve/charles-iii-ovationne-au-gala-dadieux-dantonio-pappano/">confirmée très peu de temps avant le concert</a>. Antonio Pappano ouvre le bal avec l&rsquo;ouverture des <em>Nozze di Figaro</em>, alerte mais de style traditionnel comme on s&rsquo;en doute. Le ton est donc donné, celui d&rsquo;une « folle soirée ». En effet, à quelques exceptions près, le programme sera enjoué et la soirée placée sous le signe de la fête. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-londres/">Triomphatrice de récentes <em>Carmen</em> au Royal Opera</a> (un ouvrage qu&rsquo;elle reprendra la saison prochaine), <strong>Aigul Akhmetshina</strong> est tout aussi captivante en Rosina du <em>Barbiere di Siviglia</em>, un autre de ses rôles-signatures. Sa très belle contribution au trio final du <em>Rosenkavalier</em> laisse également présager une éventuelle carrière dans les pas d’une Frederica von Stade. Elle est accompagnée du jeune <strong>Huw Montague Rendall</strong>, baryton élégant et virevoltant, particulièrement remarquable dans le duo de <em>Don Pasquale</em> où il réussit à merveille le <em>canto silábico </em>(1) aux côtés d’un <strong>Carlos Álvarez </strong>un peu moins souple : une <em>vis comica </em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/pelleas-et-melisande-rouen-un-chef-et-quatre-prises-de-role/">qu’on n’attendrait pas nécessairement d’un excellent Pelléas</a>. Le baryton espagnol est en revanche tout à fait à l’aise dans son autre scène de ce même opéra, aux côtés d’une délicieuse <strong>Lisette Oropesa</strong> en très grande forme et toujours aussi bête de scène. Le soprano sait également trouver des trésors de délicatesse pour le trio du <em>Rosenkavalier</em>. <strong>Nadine Sierra</strong> et <strong>Xabier Anduaga </strong>q<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-londres-roh/">ui ont également triomphé récemment dans <em>Lucia di Lammermoor</em> </a>se retrouvent pour deux extraits de <em>Rigoletto</em> : le quatuor du dernier acte, « Bella figlia dell&rsquo;amore » (avec Aigul Akhmetshina et Amartuvshin Enkhbat) qui met particulièrement en valeur la voix claire et bien projetée du ténor basque, et surtout le duo « Signor né principe », donné sans coupures, et conclu par un impressionnant <em>ut</em> dièse à l’unisson. Une fois de plus le soprano américain sait faire montre d’une émotion à fleur de peau. On notera une très belle Giovana en la personne de <strong>Veena Akama-Makia </strong>et la belle voix de basse de <strong>Jeremy White</strong>. Très attendu, <strong>Jonas Kaufmann</strong> chante d’abord le duo de <em>Die Fledermaus </em>aux côtés d’une <strong>Diana Damrau</strong> totalement déjantée, rare occasion de voir ces deux artistes exceller dans le registre de la comédie. On retrouve Jonas Kaufmann dans le répertoire tragique pour le dernier duo de<em> La Forza del Destino, </em>« Le minaccie, i fieri accenti », <em> </em>avec le remarquable <strong>Amartuvshin Enkhbat</strong>, modèle de chant verdien<em>. </em>Un peu précautionneux, le ténor allemand ne semble pas tout à fait remis de ses problèmes de santé, mais son interprétation reste toujours un grand moment de musicalité. Le duo est suivi du trio final, qui permet d’apprécier l’excellente basse, <strong>Insung Sim</strong>, chanteur racé injustement méconnu au regard de plus de vingt années de scène. En grande forme, <strong>Sondra Radvanovsky </strong>ne fait qu’une bouchée du trio, mais c’est surtout dans le duo « Teco io sto » d&rsquo;<em>Un Ballo in maschera</em>  qu&rsquo;elle se révèle le plus excitant, ce qui augure bien de ses prochaines Maddalena di Coigny d’<em>Andrea Chénier </em>dans ces mêmes lieux fin mai. Face à ce faste vocal, le ténor britannique<strong> Freddie De Tommaso</strong> n’est pas en reste et les deux partenaires concluent leur duo passionné avec un contre-ut d’une étonnante facilité pour des voix plutôt dramatiques. Les extraits d&rsquo;<em>I Lombardi alla prima crociata </em>valent en particulier pour le magnifique violon solo de <strong>Vasko Vassilev</strong>. <strong>Ermonela Jaho</strong> est tout aussi émouvante qu’incompréhensible dans son duo de <em>Thaïs</em> aux côtés d’un <strong>Gerald Finley </strong>au français parfaitement articulé et à l’interprétation vibrante. Enfin, le vétéran <strong>Bryn Terfel </strong>aborde le « Te Deum » de <em>Tosca</em> avec un histrionisme réjouissant. Outre le « Te Deum », les chœurs du Royal Opera House sont également mobilisés pour <em>Nabucco</em>, <em>Guillaume</em> <em>Tell</em> et, plus étonnamment, <em>I Pagliacci </em>: ils  démontrent le niveau d&rsquo;excellence auquel ils sont parvenus depuis quelques années. Seconde pièce entièrement orchestrale, l&rsquo;<em>Intermezzo</em> de <em>Manon</em> <em>Lescaut</em> est un des plus beaux qui soient avec une direction au scalpel et un orchestre totalement impliqué. Enfin, le programme s’achève sur le sublime finale de <em>Guillaume Tell</em> dont Antonio Pappano fait un puissant moment d’émotion. On pourra s’étonner toutefois de l’absence de Wagner dans ce programme : une Chevauchée des Walkyries ou un simple « Winterstürme » n’auraient pas refroidi l’ambiance.</p>
<p>Journaliste spécialisé dans la musique classique, présentateur télé (il anime la retransmission du concert du nouvel an viennois depuis 2011) et contributeur à de nombreuses œuvres en faveur de la diffusion de la musique, <strong>Petroc Trelawny</strong> anime la soirée en vrai professionnel, avec sobriété et intelligence. Deux séries de témoignages vidéos, un brin longuets, viennent également ponctuer l’hommage au maestro. Les extraits lyriques sont joués en version semi-scénique dans un décor unique, sans saluts individuels entre les différents morceaux, ce qui accentue la fluidité de la soirée. À la fin du spectacle, Antonio Pappano est acclamé sur scène, entouré de ses solistes, des chœurs et de l’orchestre. À la surprise générale, le roi Charles alors vient en personne se joindre à l’équipe, félicitant chaleureusement un maestro tout sourire, et déclenchant une tempête d’applaudissements hystériques. Une soirée unique à tous les sens du terme.</p>
<pre>1. Dans le <em>canto silábico</em>, chaque syllabe correspond à une note. Associé à un débit très rapide, <a href="https://youtu.be/cssPOwU1jNo?t=299">comme c'est le cas dans <em>Don Pasquale</em></a><a href="https://youtu.be/Aa2_FyYMPgk?t=268"><em>, </em></a>il est supposé produire  un effet comique.</pre>
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		<title>Hambourg 2024-25 : les belles semaines italiennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/hambourg-2024-25-les-belles-semaines-italiennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Mar 2024 16:46:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis quelques années, l’opéra d’Etat de Hambourg a coutume d’insérer dans sa programmation des semaines italiennes (« Italienische Opernwochen »). Celles prévues pour la saison 2024-25 comportent six titres dont la trilogie populaire de Verdi ( Olga Peretyatko sera Leonora, Vera-Lotte Boecker incarnera Violetta). Autre Verdi, un Falstaff avec Danielle de Niese en Alice et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques années, l’opéra d’Etat de Hambourg a coutume d’insérer dans sa programmation des semaines italiennes (« Italienische Opernwochen »). Celles prévues pour la saison 2024-25 comportent six titres dont la trilogie populaire de Verdi ( <strong>Olga Peretyatko</strong> sera Leonora, <strong>Vera-Lotte</strong> <strong>Boecker</strong> incarnera Violetta). Autre Verdi, un <em>Falstaff</em> avec <strong>Danielle de Niese</strong> en Alice et <strong>Anna Kissjudit</strong> en Mrs. Quickly. Par ailleurs, <strong>Ermonela Jaho</strong> interprétera le rôle-titre de <em>Maria Stuarda </em>et il ne faudra pas manquer <em>La Fanciulla del West</em> avec <strong>Anna Pirozzi</strong> en Minnie et <strong>Gregory Kunde</strong> en Dick Johnson.<br />
Parmi les nouvelles productions, le rare <em>Trionfi</em> de Carl Orff dirigé par <strong>Kent Nagano</strong><em>, Ariadne auf Naxos</em> mis en scène par <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> avec <strong>Nadezhda Pavlova</strong> en Zerbinetta et <strong>Anja Kampe</strong> en Ariadne.<br />
Pour les reprises nous noterons un <em>Carmen</em> avec le José de <strong>Vittorio Grigolo</strong> et d’autres blockbusters comme <em>Tosca</em>, <em>Zauberflöte</em>, <em>La</em> <em>bohème</em> ou <em>Don</em> <em>Giovanni</em>.<br />
L’intégralité de la saison est à retrouver <a href="https://www.staatsoper-hamburg.de/de/spielplan/stuecke_uebersicht_2425.php?type=premieren&amp;season=2425">ici</a>.</p>
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		<title>Jaho, Stutzmann, Spyres, Dubois&#8230; : le palmarès des OPER! AWARDS 2024</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jaho-stutzmann-spyres-dubois-le-palmares-des-oper-awards-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jan 2024 07:22:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les lauréats des OPER ! AWARDS 2024 ont été annoncés hier, lundi 29 janvier 2024, lors d’une cérémonie organisée à Amsterdam Parmi les lauréats des principales catégories figurent la soprano albanaise Ermonela Jaho (meilleure interprète féminine), le ténor américain Michael Spyres (meilleur interprète masculin), la chef d&#8217;orchestre française Nathalie Stutzmann (meilleur chef d&#8217;orchestre) et l’album &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les lauréats des OPER ! AWARDS 2024 ont été annoncés hier, lundi 29 janvier 2024, lors d’une cérémonie organisée à Amsterdam Parmi les lauréats des principales catégories figurent la soprano albanaise <strong>Ermonela Jaho</strong> (meilleure interprète féminine), le ténor américain <strong>Michael Spyres</strong> (meilleur interprète masculin), la chef d&rsquo;orchestre française <strong>Nathalie Stutzmann</strong> (meilleur chef d&rsquo;orchestre) et <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/so-romantique-cyrille-dubois/">l’album <em>So Romantique !</em></a> de <strong>Cyrille Dubois </strong>(meilleur album). <strong>Waltraud Meier</strong> a reçu un prix honorifique pour l&rsquo;ensemble de la carrière (voir palmarès complet ci-dessous) et le prix Golden Rasperry épingle la programmation timide de certaines maisons d&rsquo;opéra.</p>
<p>Les OPER ! AWARDS récompensent chaque année les meilleurs artistes et institutions de la scène lyrique internationale. Les lauréats de vingt catégories sont sélectionnés par un jury de journalistes musicaux. La cérémonie de remise des prix avait lieu pour la première fois hors d’Allemagne.</p>
<p>BEST OPERA COMPANY: Dutch National Opera<br />BEST FEMALE SINGER: Ermonela Jaho<br />BEST MALE SINGER: Michael Spyres<br />BEST CONDUCTOR: Nathalie Stutzmann<br />BEST DIRECTOR: Lydia Steier<br />BEST ORCHESTRA: Orchestra del Teatro alla Scala di Milano<br />BEST CHOIR: The Monteverdi Choir<br />BEST WORLD PREMIERE: <i>Lili Elbe</i>, Konzert und Theater St. Gallen<br />BEST PRODUCTION: <i>The Greek Passion</i>, Salzburg Festival<br />BEST STAGE DESIGNER: Paul Zoller<br />BEST COSTUME DESIGNER: Klaus Bruns<br />BEST SOLO ALBUM: Cyrille Dubois – <i>So Romantique!</i><br />BEST OPERA RECORDING: <i>La princesse de Trébizonde</i> (Opera Rara)<br />BEST NEWCOMER: Huw Montague Rendall<br />BEST REDISCOVERY: <i>Ivan IV.</i>, Staatstheater Meiningen<br />BEST FUTURE PROJECT: Green Opera, La Monnaie / De Munt Brussels<br />BEST FESTIVAL: Bayreuth Baroque<br />HONORARY LIFETIME ACHIEVEMENT: Waltraud Meier<br />BEST BENEFACTOR: Foundation of the Royal Opera of Versailles<br />GOLDEN RASPBERRY FOR THE BIGGEST NUISANCE: Programmatic timidity of some opera houses</p>
<p> </p>
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