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	<title>Gary McCANN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Gary McCANN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Nabucco – Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-milan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé à la Scala de Milan le 9 mars 1842, Nabucco fait partie intégrante de l&#8217;ADN du théâtre milanais où il a été défendu par les plus grands interprètes et dans une optique mêlant à la fois modernité et tradition. La touche de modernité est ici apportée par la mise en scène d&#8217;Alessandro Talevi. La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Créé à la Scala de Milan le 9 mars 1842, <em>Nabucco</em> fait partie intégrante de l&rsquo;ADN du théâtre milanais où il a été défendu par les plus grands interprètes et dans une optique mêlant à la fois modernité et tradition. La touche de modernité est ici apportée par la mise en scène d&rsquo;<strong>Alessandro Talevi</strong>. La scénographie est plutôt spectaculaire et assez abstraite. Une coupole qui rappelle celle du Panthéon vient évoquer le Temple. Le char de Nabucco évoque les Machines de l&rsquo;Ile de Nantes. Les costumes  mélangent les époques : mi-science-fiction, mi <em>Risorgimento</em> pour les assyriens, loques intemporelles pour les hébreux. Quelques effets spéciaux viennent contrecarrer le risque de statisme de certaines scènes : un double de Nabucco funambule figure ainsi le roi dans sa folie. La direction d&rsquo;acteurs reste classique pour les solistes mais très détaillées pour les chœurs, danseurs et figurants. Au global, le spectacle est très élégant et convaincant.</p>
<p><strong>Luca Salsi</strong> offre un Nabucco de belle facture. Sans être d&rsquo;une grande puissance, la voix est d&rsquo;une belle autorité (toutefois, pas de suraigu spectaculaire à la fin de sa cabalette). On apprécie ici un authentique phrasé verdien, plutôt  raffiné, et un portrait psychologique assez nuancé, le baryton parmesan faisant bien évoluer son personnage, du tyran mégalomane au père brisé. Anna Netrebko devait chanter Abigaille. Las, quelques minutes avant le début de la représentation, le surintendant et directeur artistique de la Scala, Fortunato Ortombina, vient lui-même annoncer au public la mauvaise nouvelle : la diva russe n&rsquo;est pas arrivée à temps pour la représentation en raison d’un problème de transport (!). Il est normal qu&rsquo;un chanteur qui ne sent pas au mieux de sa forme annule ou demande une annonce : ceci fait partie des risques que le spectateur prend en achetant un billet. En revanche, annuler au denier moment en raison d&rsquo;une escapade qui s&rsquo;éternise ne témoigne pas d&rsquo;un respect excessif envers le public. Celui-ci prend d&rsquo;ailleurs la chose avec une certaine philosophie, les encouragements pour sa remplaçante, <strong>Marta Torbidoni</strong>, étant plus chaleureux que les quelques protestations. Heureusement, celle-ci connait bien la mise en scène puisqu&rsquo;elle devait faire y ses débuts quelques jours plus tard avec la seconde distribution. Vocalement, ses moyens sont plus proches de ceux d&rsquo;une Julia Varady que de ceux d&rsquo;une Netrebko ou d&rsquo;une Dimitrova, mais sans l&rsquo;engagement scénique de celle-ci : or, on attend en Abigaille une interprète un peu hors du commun, avec un brin de folie. De ce point de vue, le soprano manque d&rsquo;ampleur et d&rsquo;animalité. Le chant reste néanmoins très correct, la voix est plutôt blanche, avec un vibrato serré, les (terribles) vocalises sont bien exécutées (même si les consonnes disparaissent dans les montées chromatiques) et l&rsquo;aigu est sûr. Reconnaissons que les conditions n&rsquo;étaient pas optimales pour ces débuts et que la chanteuse s&rsquo;en est finalement bien tirée. Après plus de 40 ans de carrière, la voix de <strong>Michele</strong> <strong>Pertusi</strong> connait une inévitable usure, avec un vibrato un peu instable dans le bas de la tessiture, et un aigu un peu dur, mais la noblesse du chant est impeccable, avec un legato parfait, et le phrasé est idéalement verdien. Son Zaccaria est d&rsquo;une belle dignité, à la fois noble et fragile. Dans ce rôle en dessous de ses moyens naturels,<strong> Francesco Meli</strong> offre une voix largement surdimensionnée, d&rsquo;une splendide projection, au vibrato un peu ample. <strong>Veronica Simeoni</strong> est une Fenena plus discrète, toujours excellent musicienne mais contrainte par une tessiture un peu trop grave. Les <em>comprimari</em> sont excellents : <strong>Haiyang Guo</strong> est un Abdallo à l&rsquo;aigu tranchant, <strong>Simon Lim</strong> est un Gran Sacerdote bien chantant et d&rsquo;une belle autorité, <strong>Laura Lolita Perešivana</strong> est impeccable en Anna. Les <strong>Chœurs de la Scala</strong> sont un autre élément de grande satisfaction, particulièrement uniques dans ce répertoire dont ils perpétuent la tradition.</p>
<p>La direction de <strong>Riccardo Chailly</strong> surprend au début par un tempo initialement un peu ample. Dès le début de l&rsquo;ouverture la phalange milanaise est incroyablement dense et l&rsquo;orchestration en ressort avec une richesse inusitée. Au fur et à mesure des scènes, l&rsquo;énergie contenue semble se libérer, avec des moments paroxystiques (la fin de l&rsquo;acte I, la cabalette de Nabucco), balancés par des  pages plus intimistes (la partie lente de l&rsquo;air d&rsquo;Abigaille, l&rsquo;air de Nabucco, le chœur des hébreux). Au global, la direction est éminemment dramatique et théâtrale, contrastée et toujours juste, avec une texture néanmoins quasi symphonique, l&rsquo;<strong>Orchestre de la Scala</strong> étant quant à lui absolument exceptionnel. Dernière nouvelle production dirigée par le directeur musical de la Scala avant la fin de son mandat, ce <em>Nabucco</em> fait figure d&rsquo;un remarquable testament.</p>
<p style="font-weight: 400;">La Scala a par ailleurs eu l&rsquo;excellente idée de proposer pour cette série une rare page, quasiment inédite : l&rsquo;improbable ballet de <em>Nabucco.</em></p>
<p style="font-weight: 400;">On doit à Knud Arne Jürgensen la redécouverte assez miraculeuse de cette partition, plus exactement intitulée « divertissement de <em>Nabuchodonosor</em> ». Entre autres docteur en musique de l’Université de Copenhagen et auteur de nombreuses publications sur le ballet (en particulier sur Bournonville), Jürgensen est l’auteur d’une somme de près de 400 pages, <em>The Verdi Ballets</em> (Parma, Istituto Nazionale di Studi Verdiani) dont la première édition remonte à 1995. L’exposé résumé de Knud Arne Jürgensen est le suivant (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.studiverdiani.it/pubblicazioni/studi-verdiani-29-2/">on en trouvera une version complète en anglais ici</a>, plus développée que dans le programme de salle). À l’occasion de la création bruxelloise de <em>Nabuchodonosor</em> (<em>Nabucco</em>) en français au  Théâtre Royal de la Monnaie (1848), Verdi se voit demander un divertissement pour l’acte III, devant être placé juste après le chœur « È l’Assiria una regina » (dans la version française de Ferdinand Gravrand et Jules Guillaume : « Comme le Dieu Bel notre grande reine »). Sans doute s’agit-il là de se rapprocher du modèle (1) du grand opéra français (<em>Nabucco</em> avait eu sa création parisienne en 1845, mais au Théâtre italien). Le fait qu’Édouard Duprez, le propre frère du ténor Gilbert Duprez, soit le tout nouveau directeur du Théâtre de la Monnaie (avec Eugène Massol) a dû contribuer à ce que Verdi accueille favorablement cette demande un peu incongrue. Toutefois, et pendant longtemps, seul le livret imprimé pour l’occasion venait appuyer l’existence de ce ballet, ou d’un projet de ballet (n’oublions pas que ces opuscules, imprimés avant les répétitions, pouvaient différer de la représentation effective). Il n’en précisait toutefois pas le thème et rien ne venait confirmer que la musique était bien de Verdi. Divers éléments précisés par Jürgensen dans son étude (correspondance, articles de presse&#8230;) démontrent que le ballet a bien été joué, que la musique en est bien de Verdi, et qu’elle a été donnée sans modifications. La chorégraphie, due à un ancien danseur français, Adrien, est conçue pour une demi-douzaine d’interprètes. L’accueil est en général excellent. Au milieu des années 90, à l’occasion d’une visite à la Villa Verdi de Sant’Agata, Jürgensen se voit présenter divers manuscrits par Gabriella Carrara-Verdi, descendante de la petite-cousine et fille adoptive de Verdi, Maria Filomena. Il remarque deux partitions complètes orchestrées et finalisées (car signées en tête par Verdi) de musique de ballet. Les documents indiquent sobrement : « N. 1. Passo a 3 » et « N. 3. Pas d’Ensemble ». Rien ne précise en revanche de quel opéra il s’agit, et il manque le numéro 2. On imagine la frustration de Jürgensen dont l’ouvrage sur les ballets de Verdi en est déjà au stade du bon-à-tirer ! Ce n’est qu’en 2019, dans la foulée de la numérisation de ces manuscrits, que Jürgensen se trouve en mesure de les identifier formellement comme parties intégrantes du divertissement de <em>Nabuchodonosor</em>. Quant au n°2, peut-être a-t-il disparu, peut-être a-t-il été réutilisé pour un autre ouvrage : en procédant par élimination, Jürgensen conclut que seul le ballet du <em>Trouvère</em> pourrait avoir servi à un recyclage, mais l’absence de manuscrit pour ce dernier rend impossible toute conclusion. On n’en appréciera pas moins ces quelques dix minutes de musique quasi inédite (ces pages ont été recréées en concert au Festival Verdi de Parme en 2021). On y retrouve le Verdi mélodiste encore une fois parfaitement à l’aise dans une musique de ballet particulièrement réjouissante. Scéniquement, Alessandro Talevi et son chorégraphe <strong>Danilo Rubeca</strong> propose un intermède à mi-chemin entre danse et pantomime, racontant la légende de Sémiramis (un « inter-« Mèdes », donc). La jeune fille est née des amours de Dercète, une déesse aquatique, et d&rsquo;un jeune humain, Caÿstros. Le jeune homme est tué par la déesse qui retourne dans les eaux. Sémiramis abandonnée est nourrie par des colombes puis recueillie par des bergers. Abigaille y joue elle-même le rôle de Sémiramis dans une sorte de théâtre de cours qui rappelle la salle assyrienne de l&rsquo;Opéra de Rio de Janeiro.</p>
<p>La production était dédiée au chef d&rsquo;orchestre Gianandrea Gavazzeni pour le trentième anniversaire de sa mort et pour les soixante ans de son <em>Nabucco</em>, le 7  décembre 1966. À la Scala, on sait se souvenir des grands artistes.</p>
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<pre>Le mélange du ballet et du chant constitue une véritable spécialité française. Composé et chorégraphié par Balthasar de Beaujoyeulx, le <em>Ballet comique de la Reine</em> (1581) est une des premières expérimentations en ce sens. Au XVIIe siècle, Cambert, fondateur de l’Académie royale de musique, puis Lully, son successeur, continuent dans cette voie avec l’opéra-ballet. Au XVIIIe, Jean-Philippe Rameau poursuit ce mélange hybride. Supposé novateur <em>Le Devin du village</em> de Jean-Jacques Rousseau continue à faire la part belle au ballet. Au siècle suivant, Cherubini ou Spontini perpétuent le genre, mais c’est probablement le succès phénoménal de <em>La Muette de Portici</em> d’Auber (1828) qui va amener une inflexion capitale pour le XIXe siècle, en « inventant » le grand opéra français : la chorégraphie est cette fois totalement intégrée à l’action dramatique, et non juxtaposée comme un divertissement parallèle vaguement lié à l’intrigue. Avec le ballet des nonnes de <em>Robert le diable</em> (1831), Meyerbeer enfonce le clou. Par ailleurs, les membres du Jockey Club aiment à contempler leurs protégées passé leur dîner : l’introduction d’un grand ballet au troisième acte devient un quasi rituel (ce n’est toutefois pas le cas dans <em>Les Huguenots</em>). On se rappelle comment Wagner fit scandale en contournant cette obligation : la version de Paris de son <em>Tannhäuser</em> comporte bien un ballet, mais au premier acte, ce qui aurait causé la colère des membres du Jockey Club (une raison parmi d’autres de la cabale dont fut victime la première (1861). Paris est alors la capitale mondiale de la culture. Verdi, comme beaucoup de compositeurs, souhaite y être consacré, ce qui implique donc pour lui l’écriture de ballets dans ses opéras. Alors qu’il semble avoir considéré cette obligation comme une contrainte, les ballets constituant pour lui une interruption de l’action dramatique, certaines pages chorégraphiques composées par Verdi vont se révéler d’une qualité exceptionnelle. Qui plus est, elles sont bien intégrées à l’action dramatique (à titre d’exemple, le quiproquo qui conduit Don Carlos à prendre Eboli pour la reine Élisabeth est incompréhensible avec la coupure du ballet <em>La Pelegrina</em>). Verdi écrira donc des ballets pour <em>Jérusalem</em> (1847), <em>Les vêpres siciliennes</em> (1855), <em>Le Trouvère</em> (1857), <em>Macbeth</em> (1865), <em>Don Carlos</em> (1867), <em>Aida</em> (1871-1880) et <em>Otello</em> (1894). On se prend à rêver que l'Opéra de Paris monte ces pièces chorégraphiques, à l'occasion d'une nouvelle production ou parallèlement dans une soirée de ballets donnée la même saison (on pourrait même utiliser pour ces ballets les mêmes décors)</pre>
</li>
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		<title>ROSSINI, Soirées Musicales / La cambiale di matrimonio &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-soirees-musicales-la-cambiale-di-matrimonio-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un drôle d’attelage que le Festival Rossini de Pesaro propose ce soir, en couplant Soirées Musicales (recueil de mélodies) avec Il cambiale di matrimonio (opéra en 1 acte). Les Soirées musicales sont un recueil de mélodies publié par Rossini en 1835, comportant 8 mélodies solo et 4 duos, n’ayant pas de lien entre elles, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div data-olk-copy-source="MessageBody">C’est un drôle d’attelage que le Festival Rossini de Pesaro propose ce soir, en couplant <em>Soirées Musicales</em> (recueil de mélodies) avec<em> Il cambiale di matrimonio</em> (opéra en 1 acte).</div>
<div></div>
<div>Les <em>Soirées musicales</em> sont un recueil de mélodies publié par Rossini en 1835, comportant 8 mélodies solo et 4 duos, n’ayant pas de lien entre elles, si ce n&rsquo;est les auteurs des textes, Pietro Metastasio et Carlo Pepoli. La plus célèbre d’entre elles est sans conteste la star des bis, <em>La danza</em>. Les formes sont d&rsquo;ailleurs variés, de la barcarole au bolero en passant par la tyrolienne ou la tarentelle.</div>
<div></div>
<div>La particularité de la proposition de ce soir (outre de les présenter en une seule traite) est d&rsquo;offrir  une version orchestrée de ces mélodies, accompagnées originellement au piano.</div>
<div></div>
<div>Dans ces mélodies, le ténor <strong>Paolo Nevi</strong> et la soprano <strong>Vittoriana de Amicis</strong> se partagent les mélodies solo, n’étant rejoints brièvement par <strong>Gurgen Baveyan</strong> (baryton) et <strong>Andrea Niño</strong> (mezzo) que pour les duos.</div>
<div></div>
<div>Parmi la distribution réunie ce soir, composée de jeunes chanteurs intervenant par ailleurs dans d’autres œuvres programmées cette année par le festival (on retrouvait les trois derniers le lendemain dans <em>L’Italiana in Algeri</em>), <strong>Paolo Nevi</strong> est celui qui fait la plus forte impression: déjà remarqué la veille dans ses brèves interventions en Eacide dans <em>Zelmira,</em> le ténor semble souvent contenir ses moyens conséquents dans les miniatures proposées. Voilà un chanteur prometteur ! La soprano, elle, est piquante, mais nous avouons préférer une voix de ténor dans la fameuse <em>danza</em>.</div>
<div></div>
<div>Après l’entracte, changement d’ambiance total avec la farce en un acte <em>La cambiale di matrimonio</em>, premier opéra créé par Rossini en 1810 à Venise.</div>
<div></div>
<div>Il s’agit de la reprise d’une production imaginée par <strong>Laurence Dale</strong> en 2020, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/giovanna-darco-la-cambiale-di-matrimonio-pesaro-un-decor-envahissant/">déjà décrite avec force détails par Maurice Salles</a> lors de sa création (mais avec un couplage différent). Nous renvoyons d’ailleurs à son article pour la description détaillée de l’intrigue, on ne peut plus simple : par intérêt financier, un barbon (Tobia Mill) veut marier sa fille soprano (Fanny) à un baryton arrivant du Canada (Slook), alors qu’elle est amoureuse d’un ténor (Milfort).</div>
<div></div>
<div>La façade de la demeure victorienne qui accueille le spectateur est pleine de surprises, s’ouvrant, dévoilant différentes pièces, et animant avec une certaine maestria le spectacle. Nous ne serons pas aussi sévère que notre confrère sur les ajouts du metteur en scène et avouerons avoir souri aux facéties du plantigrade arrivé avec le sieur Slook du Canada. De même le jeu est très enlevé, profitant des qualités comiques indéniables des chanteurs, en particulier de <strong>Pietro Spagnoli</strong> (Tobia Mill), qui illumine le spectacle par sa verve communicative et sa science de chant rossinien. C’est drôle, superbement bien chanté, en un mot, irrésistible.</div>
<div></div>
<div>Il trouve un partenaire et adversaire à sa taille avec <strong>Mattia Ollivieri</strong> (Slook). Au-delà d’une silhouette élancée et d’un physique fort agréable (ce dont joue la mise en scène), le baryton campe un canadien dont les premiers abords un peu rustres cachent intelligence et empathie. La voix claire et puissante sait se plier aux circonvolutions vocales chères au maître de Pesaro.</div>
<div></div>
<div>On est moins séduits par la Fanni de <strong>Paola Leoci</strong>, non pas à cause d’une quelconque défaillance, la tessiture et la technique belcantiste étant sans conteste parfaitement maîtrisées. Il manque cependant un zeste de charme, de volupté dans le timbre de cette jeune fille amoureuse. <strong>Jack Swanson</strong> a bien peu à se mettre sous la dent en amoureux transi (Milfort), mais il le fait très bien, avec un moelleux fort appréciable.</div>
<div></div>
<div>Le couple de domestiques (<strong>Ramiro Maturana</strong> et <strong>Inés Lorans</strong>) est charmant, cette dernière interprétant avec beaucoup de pétulance son aria « Anch’io son giovane ».</div>
<div></div>
<div>Après un concert Pertusi qui nous avait inquiétés, la Filarmonica Gioachino Rossini semble transfigurée ce soir, que ce soit au niveau de la virtuosité ou de la couleur des instruments soli. La direction dynamique mais jamais précipitée de <strong>Christopher Franklin</strong> se coule avec aisance que ce soit dans les mélodies ou dans la farce.</div>
<div></div>
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		<title>THOMAS, Hamlet – Turin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/thomas-hamlet-turin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 May 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps dédaignés des scènes françaises, l&#8217;Hamlet d&#8217;Ambroise Thomas fait progressivement un vrai retour depuis une quinzaine d&#8217;années. L&#8217;excellent Franco Pomponi a défendu le rôle à Marseille en 2010. Jean-François Lapointe en fut un interprète poétique en 2015 à Avignon et à Marseille pour la reprise de 2016. Stéphane Degout a superbement habité le prince du &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps dédaignés des scènes françaises, l&rsquo;<em>Hamlet</em> d&rsquo;Ambroise Thomas fait progressivement un vrai retour depuis une quinzaine d&rsquo;années. L&rsquo;excellent Franco Pomponi a défendu le rôle <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/de-confirmations-en-revelation/">à Marseille en 2010</a>. Jean-François Lapointe en fut <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-avignon-le-souffle-de-shakespeare/">un interprète poétique en 2015</a> à Avignon et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-marseille-la-fosse-ou-le-plateau/">à Marseille pour la reprise de 2016</a>. Stéphane Degout a superbement habité le prince du Danemark à l&rsquo;Opéra-comique en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-paris-opera-comique-etre-et-ne-pas-etre/">2018</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-paris-opera-comique/">2022</a> (après Strasbourg en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/degout-hamlet-princier/">2011</a> et Bruxelles en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/chapeau-bas-a-stephane-degout/">2013.</a>&nbsp;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/thomas-hamlet-salzbourg/">Même Salzbourg</a> s&rsquo;est laissé convaincre de remonter avec le baryton français un ouvrage qui n&rsquo;est pourtant pas dans les gênes du festival). En 2022, Jérôme Boutillier <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-saint-etienne-de-grands-moyens-pour-une-reussite-magistrale/">captivait le public de l&rsquo;Opéra de Saint-Étienne</a>. L&rsquo;Opéra de Paris, d&rsquo;ordinaire plutôt frileux envers son répertoire historique, a permis à Ludovic Tézier d&rsquo;offrir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/thomas-hamlet-paris-onp/">une de ses incarnations majeures</a> en 2023 (il avait aussi chanté le rôle&#8230; à Turin en 2001). Signal peut-être encore plus important de cette réhabilitation en devenir, en 2024, l&rsquo;Opéra de Massy osait proposer cette œuvre rare portée cette fois par l&rsquo;interprétation convaincante d&rsquo;Armando Noguera.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/11-Hamlet-Foto-Daniele-Ratti-Mattia-Gaido_8185-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190326"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Daniele Ratti-Mattia Gaido</sup></figcaption></figure>


<p>En 1868, <em>Hamlet</em> fut le dernier ouvrage créé à la salle de la rue Le Peletier avant l’ouverture du Palais Garnier. Si la réaction de la critique fut partagée, l&rsquo;accueil du public fut chaleureux, notamment grâce à l&rsquo;incarnation du créateur du rôle, le baryton <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=63PFdrI3YKo">Jean-Baptiste Faure</a>, star lyrique de l&rsquo;époque (il créa entre autres les rôles de Nélusko dans <em>L&rsquo;Africaine</em> et Posa dans <em>Don Carlos</em>). L&rsquo;ouvrage connait ensuite un succès international et est accueilli triomphalement à Londres (dans une version révisée, disponible en appendice de l&rsquo;enregistrement de Michel Plasson), Budapest, Bruxelles, Prague, New-York, Saint-Pétersbourg, Berlin ou encore Vienne. Depuis, le nombre de productions de l&rsquo;ouvrage a bien diminué, mais sans que celui-ci ne disparaissent totalement des scènes, les barytons célèbres réussissant à faire monter l&rsquo;ouvrage sur leur réputation, celui-ci étant l&rsquo;un des rares où ils ne risquent pas d&rsquo;être éclipsés par le ténor. On citera entre autres interprètes les exceptionnels Sherrill Milnes (Chicago, 1990), Thomas Hampson (Châtelet, 2000) ou encore Simon Keenlyside (Metropolitan, 2010). On sait moins pourtant que l&rsquo;ouvrage fut initialement prévu pour un ténor et que, faute de trouver un interprète à la hauteur de l&rsquo;enjeu, Ambroise Thomas révisa la partition pour un baryton, de sorte que la survie continue de l&rsquo;ouvrage doit beaucoup à cette transposition opportuniste. L&rsquo;<em>Hamlet</em> version ténor aurait-il eu la même longévité, rien n&rsquo;est moins sûr. Cette version originelle (qui a été jouée   sporadiquement toutefois), <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-montpellier-festival-etre-hamlet/">fut recréée en 2022 au Festival de Montpellier</a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/hamlet-montpellier-festival-etre-hamlet/"> en version concert,</a> avec déjà John Osborn et la regrettée Jodie Devos, trop tôt disparue. Le Teatro Regio en propose ici la création scénique mondiale à l’époque moderne.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="549" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/4-Hamlet-Foto-Daniele-Ratti-Mattia-Gaido_1520725-1024x549.jpg" alt="" class="wp-image-190334"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Daniele Ratti-Mattia Gaido</sup></figcaption></figure>


<p>Cette version pour ténor offre un certain nombre de différences qui, sans être nécessairement immédiatement perceptibles, modifient l&rsquo;atmosphère générale du drame. Il s&rsquo;agit notamment de tonalités différentes. Aucun changement toutefois pour le premier air, « Vains regrets ». Les couplets bachiques « Ô vin, dissipe la tristesse » sont en revanche un ton plus haut (avec deux contre ut, pour chœurs et soliste). « Allez dans un cloître » n&rsquo;est pas modifié. « Être ou ne pas être » est un ton et demi plus haut, Le dernier air d&rsquo;Hamlet, « Comme pâle fleur » est aussi plus haut, mais d&rsquo;un ton seulement. Il s&rsquo;agit aussi de lignes vocales qui s&rsquo;envolent dans l&rsquo;aigu chez le ténor au lieu de rester dans le centre de la tessiture pour le baryton. Nous n&rsquo;en donnerons qu&rsquo;un exemple (ceux qui trouveraient la chose fastidieuse peuvent passer directement au paragraphe suivant). Entre les deux refrains de « Ô vin », Hamlet chante la &nbsp;phrase « Chacun, hélas, porte ici-bas sa lourde chaîne ! Cruels devoirs, longs désespoirs, de l&rsquo;âme humaine ! ». Dans la version baryton, les huit syllabes « Cruels devoirs, longs désespoirs » sont chantées sur les quatre notes répétées <em>Fa# Sol# Fa# La</em> (nous avouerons que nous ne sommes pas aller vérifier dans la partition s&rsquo;il s&rsquo;agissait de Fa# ou de Sol bémol : vu les tarifs pratiqués par Forumopera.com, vous en avez quand même pour votre argent). Dans la version ténor, alors qu&rsquo;on attendrait une attaque sur un <em>Sol</em># (compte tenu de la transposition d&rsquo;un ton), on entend une modulation différente et une attaque quatre tons plus aigüe : <em>Mi Mi Mi Mib </em>(deux fois). On se rappelle que le <em>Werther</em>&nbsp;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/massenet-werther/">avait connu des déboires similaires</a> : le résultat est tout autre ici. Autant la version baryton du chef-d&rsquo;œuvre de Jules Massenet peut être frustrante (dès que l&rsquo;orchestre monte à l&rsquo;aigu de la version ténor, le baryton fait du surplace), autant les deux versions d&rsquo;Ambroise Thomas sont parfaitement réalisées. Sans aller jusqu&rsquo;à parler de deux ouvrages fondamentalement différents, on peut affirmer que ces deux versions ont chacune leurs qualités propres et mériteraient de coexister. Dans la version ténor, Hamlet est ainsi moins neurasthénique, plein de fougue juvénile au contraire. La colère impétueuse remplace la sombre déréliction. L&rsquo;ouvrage est moins uniformément noir, plus contrasté. Les deux options se défendent : avis aux volontaires, s&rsquo;il en est chez les ténors, dussent-ils risquer les foudres des barytons.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/7-Hamlet-Foto-Daniele-Ratti-Mattia-Gaido_7614-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190330"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Daniele Ratti-Mattia Gaido</sup></figcaption></figure>


<p>Reprenant sa prise de rôle montpelliéraine de 2022, <strong>John Osborn</strong> est un Hamlet de grande classe, d&rsquo;une superbe musicalité. On regrette un peu un certain manque de largeur dans le médium, le rôle exigeant une voix plus corsée, mais l&rsquo;aigu est confondant de facilité (notamment son contre-ut à la fin de la chanson bachique). Le legato est impeccable, avec une utilisation toujours à propos de la voix mixte, notamment quand il s&rsquo;agit d&rsquo;exprimer la douceur ou le renoncement, avec par exemple un « Être ou ne pas être » totalement suspendu. L&rsquo;interprétation scénique est de première force, enflammée. Le finale de l&rsquo;acte II est un paroxysme de folie, dramatiquement (et techniquement) impressionnant. Hamlet lance ses imprécations perché sur une table, tandis que les histrions meuvent celle-ci à toute vitesse, faisant un tour complet du plateau entre chaque intervention du chanteur. La prononciation et la diction sont exemplaires, dispensant un francophone de la lecture des surtitres, et chaque mot est coloré avec soin. On peut comprendre que Thomas ait pu avoir des difficultés à trouver la perle rare des ténors pour créer son ouvrage, mais le chanteur américain n&rsquo;est pas loin de cocher toutes les cases. Du grand art.</p>
<p><strong>Sara Blanch</strong> est une Ophélie proprement phénoménale, probablement la meilleure interprète du rôle depuis bien longtemps. Là encore, le français est doté d&rsquo;une excellent technique belcantiste, le soprano catalan maîtrise toutes les difficultés de la partition mais sait surtout les transcender dans une composition bouleversante qui touche au sublime dans la scène de folie où elle n&rsquo;hésite pas à modifier sa voix, avec des phrases chuchotées, détimbrées (« Et vous ? Pourquoi vous parlez bas ? »), tremblantes, précipitées, ou au contraire des alanguissements évaporés (« Hamlet est mon époux, et je suis Ophélie »). Blanch sait aussi traduire le potentiel sous sous-texte de ses interventions. Ainsi, dans « Et si quelqu&rsquo;un vous dit qu&rsquo;il me fuit et m&rsquo;oublie, n&rsquo;en croyez rien ! », son ton exprime qu&rsquo;elle n&rsquo;en croit rien elle-même justement, et qu&rsquo;elle ne cherche qu&rsquo;à se convaincre au travers d&rsquo;un dialogue avec des interlocuteurs imaginaires. Là encore, du grand art.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1-Hamlet-Foto-Daniele-Ratti-Mattia-Gaido_8162-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190346"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Daniele Ratti-Mattia Gaido</sub></figcaption></figure>


<p><strong>Clémentine Margaine</strong> est une Reine Gertrude captivante, à la projection impressionnante et aux aigus dardés réjouissants. Sa composition scénique est tout aussi remarquable. Le mezzo français traduit parfaitement toutes les facettes du personnage et son évolution, de la reine hautaine à la mère brisée, en passant par la pécheresse confrontée à ses remords. Son duo avec Hamlet est l&rsquo;un des sommets de la soirée. Loin d&rsquo;avoir la projection de sa partenaire, <strong>Riccardo Zanellato</strong> est un Claudius de belle prestance, avec une bonne diction, au timbre chaud, bien chantant et à la voix homogène sur toute la tessiture. Déjà Laërte à Salzbourg, le jeune <strong>Julien Henric</strong> (né en 1992) confirme sa stature internationale. La voix est bien projetée, d&rsquo;une bonne puissance, la diction et le phrasé sont impeccables, le timbre est agréable, l&rsquo;aigu généreux et la composition dramatique impeccable. La voix profonde et la maturité d&rsquo;<strong>Alastair Miles</strong> conviennent parfaitement au spectre du roi. Les autres rôles n&rsquo;appellent que des éloges (en particulier sur la qualité du français d&rsquo;un niveau bien supérieur à celui de bien des maisons internationales) : <strong>Nicolò Donini</strong> est un Polonius inquiétant. En Horatio, <strong>Tomislac Lavoie</strong> sait se faire remarquer dans ses brèves mais décisives interventions, de même qu&rsquo;<strong>Alexander Marev</strong> dans le rôle plus court de Marcellus. Les deux fossoyeurs,&nbsp;<strong>Janusz Nosek</strong> et&nbsp;<strong>Maciej Kwasnilowski</strong> sont impeccables. La qualité d&rsquo;un théâtre se mesure aussi à celle des interprètes auxquels il a recours pour les seconds rôles : de ce point de vue, c&rsquo;est un sans faute. Comme de coutume dans le grand opéra français, les chœurs sont particulièrement sollicités. Les artistes du <strong>Chœur du Regio de Turin</strong> sont particulièrement enthousiasmants, sonores, vibrants, avec un français impeccable. Les pupitres sont homogènes et à l&rsquo;aise sur les diverses tessitures parfois très tendues (rappelons les contre-ut de la chanson bachique). Leur toute première intervention, impressionnante, est d&rsquo;ailleurs spontanément applaudie par le public avant la fin de la coda orchestrale. Très sollicités par la mise en scène, ils se révèlent également excellent acteurs. Les mouvements des figurants sont habillement chorégraphiés par <strong>Ron Howell</strong> : la scène est animée, sans donner l&rsquo;impression d&rsquo;une vaine agitation.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2-Hamlet-Foto-Daniele-Ratti-Mattia-Gaido_8356-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190322"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Daniele Ratti-Mattia Gaido</sup></figcaption></figure>


<p>Créateur du Cercle de l&rsquo;Harmonie en 2005, formation sur instruments d&rsquo;époque, <strong>Jérémie Rhorer</strong> a beaucoup dirigé le répertoire du XVIIIe et début du XIXe siècles. Dans cette ouvrage plus tardif, cette expérience lui permet d&rsquo;apporter un supplément de sveltesse à une partition qui pourrait être pesante sous une autre baguette. L&rsquo;orchestre est comme dégrossi, plus vif et plus virtuose. C&rsquo;est une vision tout à fait en adéquation avec cette version ténor, qui incite à être plus alerte, moins ténébreux. Si l&rsquo;on revient à notre exemple de la chanson bachique, chez Plasson, la phrase « La vie est sombre. Les ans sont courts ; De nos beaux jours. Dieu sait le nombre. Chacun hélas ! Porte ici-bas. Sa lourde chaîne ! » est comme ralentie : Hampson semble traîner sa misère. Ici, le tempo est plus vif : un ténor ne s&rsquo;encombre pas de tels soucis ! Il est tout à sa haine. Ajoutons que le chef est attentif aux chanteurs qu&rsquo;il se garde de couvrir. Enfin, l&rsquo;<strong>Orchestre du Teatro Regio</strong> est impeccable, ce qui rend cette lecture renouvelée passionnante. La partition est assez complète (environ 2h40 de musique) mais comprend néanmoins quelques coupures, notamment les ballets, le chœur des comédiens à l&rsquo;acte II (« Princes sans apanages ») et celui des paysans qui introduit la scène de folie « Voici la riante saison »).&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Hamlet-Foto-Daniele-Ratti-Mattia-Gaido_8422-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190361"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Daniele Ratti-Mattia Gaido</sup></figcaption></figure>


<p>La production de <strong>Jacopo Spirei</strong> est une totale réussite. On gardera en mémoire un certain nombre d&rsquo;images fortes : le spectre du roi promenant Hamlet et Ophélie enfants, leur cheval de bois qui deviendra la monture dérisoire d&rsquo;Hamlet couronné, les immenses marionnettes qui jouent le <em>Meurtre de Gonzague</em>, le final exalté de l&rsquo;acte II déjà évoqué, la scène de folie où un immense rideau de tulle fait à la fois figure de voile de mariée et de surface des eaux où Ophélie disparait, les Willis qui l&rsquo;accompagnent et qui évoquent les films d&rsquo;horreurs britanniques de la Hammer dans les années 50&#8230; Qui plus est, grâce aux somptueux décors de <strong>Gary McCann</strong>, aux costumes un brin déjantés de <strong>Giada Masi</strong> et aux lumières élaborées de <strong>Fiammetta</strong> <strong>Baldiserri</strong>, ce spectacle, à la mise en scène intelligente et impeccablement réglée, est aussi un régal esthétique. Le succès public est au rendez-vous, avec près de 10 minutes d&rsquo;applaudissements enthousiastes aux saluts.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/thomas-hamlet-turin/">THOMAS, Hamlet – Turin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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