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	<title>Olivier GOURDY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Olivier GOURDY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>RAMEAU, Castor et Pollux &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-castor-et-pollux-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la version originale, celle de 1737, que <strong>Leonardo</strong> <strong>García</strong> <strong>Alarcón</strong> a choisi de monter pour une tournée qui emmène les musiciens d’abord à Genève, ici à Namur et dès ce dimanche à Versailles. L’œuvre a été considérablement remaniée par Rameau en 1754, et c’est habituellement cette version-là, considérée comme définitive, qu’on entend. Dans cette proposition, qui est aussi une version de concert, pas de prologue. Dès après l’ouverture, roulez tambour, on plonge directement dans le drame avec le magnifique chœur <em>Que tout gémisse, que tout s’unisse,</em> ce qui donne à l’œuvre un tout autre caractère, beaucoup plus condensé, plus direct, plus intense. En grand connaisseur de l’esthétique baroque, le chef choisit d’exacerber les affects, d’exagérer les nombreuses ruptures abruptes de la partition, mettant un accent particulier sur sa théâtralité, accentuant les contrastes, variant sans cesse les tempi, les intentions, les couleurs, avec un grand souci du détail. Il use aussi abondamment, et de façon très démonstrative, des ralentis en fin de phrase. Les musiciens répondent plus ou moins fidèlement à toutes ces injonctions, mais pas toujours avec grande précision. Certaines attaques du chœur sont un peu approximatives, les tempi extrêmement rapides des passages purement orchestraux sont aussi causes de quelques désordres, qui seront rapidement rattrapés. L’ensemble, somptueusement coloré, très engagé, donne néanmoins une impression de très grande richesse sonore, mais pas toujours de grande précision. Ce souci du détail, dont le chef fait preuve à maintes reprises, frise le maniérisme ou l’affectation, parfois au détriment d’une sereine grandeur ou de l’unité de l’œuvre. On retiendra tout de même – et à titre d’exemple – la somptueuse intervention des quatre bassons dans le grand air de Télaïre (<em>Tristes</em> <em>apprêts</em>, <em>pâles</em> <em>flambeaux</em>) créant un effet dramatique intense, les solos de flûte ou de trompette, et les efforts d’imagination du percussionniste pour déclencher les tempêtes ou les entrées fracassantes des dieux, tentant de compenser par ses effets de surprise tout ce qu’une version de concert peut avoir de frustrant sur le plan visuel.</p>
<p>La distribution vocale est globalement de très grande qualité. Les deux rôles titres sont tout simplement somptueux : <strong>Thomas</strong> <strong>Dolié</strong> prête sa voix sombre et puissante, aux harmoniques particulièrement riches à Pollux, et parvient à rendre toute la subtilité des traits du personnage avec beaucoup de crédibilité. <strong>Reinoud</strong> <strong>Van</strong> <strong>Mechelen</strong> est un Castor parfait, émouvant, rayonnant, à la voix magnifiquement timbrée, impressionnante de volume et de couleurs, créant à chacune de ses interventions de puissantes émotions musicales. Son premier grand air au début de l’acte IV, <em>Séjour</em> <em>de</em> <em>l’éternelle</em> <em>paix</em>, qui ici ouvre la deuxième partie du spectacle, fait très grande impression ; ce rôle, c’est évident, semble écrit pour lui. Cet artiste exceptionnel confirme d’années en années ses qualités vocales rares, sa parfaite diction française, mais aussi son engagement sans faille au service du répertoire le plus exigeant.</p>
<p>A l’inverse, <strong>Judith</strong> <strong>van</strong> <strong>Wanroij </strong>(Télaïre), le nez dans la partition alors que tous les autres chantent de mémoire, semble nettement moins préparée que ses compagnons, de sorte qu’on se demande ce qui se passe, chez une chanteuse qu’on connait bien par ailleurs et dont on apprécie habituellement le timbre magnifique et les véritables qualités de musicienne. On apprendra plus tard qu’elle a rejoint la production en toute dernière minute en remplacement d’une collègue malade, ce qui explique tout, mais pourquoi ne pas l’avoir annoncé ? Il n’empêche, le déséquilibre avec le reste de la troupe est flagrant, la prononciation française laisse à désirer et la communication avec le public fait largement défaut. Les deux autres solistes féminies, <strong>Victoire</strong> <strong>Bunel</strong> en Phébé, et <strong>Giulia</strong> <strong>Bolcato</strong>, voix fraîche et charmante, donnent pleine satisfaction.</p>
<p><strong>Olivier</strong> <strong>Gourdy</strong> (Jupiter) possède beaucoup de qualités vocales, mais manque de charisme pour incarner le roi des dieux dont l’impact symbolique requiert une personnalité forte. <strong>Clément</strong> <strong>Debieuvre</strong>, dans les différents petits rôles qu’il incarne, fait preuve d’une fort belle vaillance, et d’une voix particulièrement brillante dans l’aigu, sans difficulté apparente malgré la tessiture.</p>
<p>Le chœur aussi a du préparer ce spectacle en peu de temps, encore occupé il y a deux jours par la <em>Création</em> de Haydn au TCE. Cela explique sans doute les quelques imprécisions, dues sans doute aussi aux déplacements inutiles entre les bords de la salle, le fond de scène ou au contraire l’avant-scène, ce qui ne facilite guère le contact visuel avec le chef. En dépit de ces quelques réserves, la soirée fut de grande tenue, au service d’une partition exceptionnelle à bien des égards et d’un livret d’une belle richesse morale et émotionnelle, tout cela largement salué par les applaudissements très enthousiastes d’un public ravi.</p>
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		<title>FISZBEIN, L&#8217;homme qui aimait les chiens &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fiszbein-lhomme-qui-aimait-les-chiens-paris-theatre-de-lathenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nommé en 2001 à la tête du Théâtre de Caen, Patrick Foll, qui a pris sa retraite en décembre dernier, en a fait un lieu de création singulier en France notamment en ce qui concerne l&#8217;art lyrique. C&#8217;est son dernier spectacle lyrique, créé à Caen le 28 janvier dernier, qui est repris les 19, 20 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nommé en 2001 à la tête du Théâtre de Caen, Patrick Foll, qui a pris sa retraite en décembre dernier, en a fait un lieu de création singulier en France notamment en ce qui concerne l&rsquo;art lyrique. C&rsquo;est son dernier spectacle lyrique, créé à Caen le 28 janvier dernier, qui est repris les 19, 20 et 21 février au Théâtre de l&rsquo;Athénée à Paris. Le niçois Grégory Cauvin, directeur de la scène nationale de Forbach depuis 2020, a repris le flambeau.<br />
L’œuvre est annoncée dans la presse et le programme comme une pièce de « théâtre musical » composée sur un livret adapté par <strong>Agnès Jaoui</strong> du roman cubain de Leonardo Padura <em>L’homme qui aimait les chiens</em>, publié en Espagne en 2009, dont le succès international a été impressionnant, ce qui a attiré un grand nombre de spectateurs au Théâtre de l’Athénée. Et c’est là que le bât blesse : les admirateurs de l’œuvre de Léonard Padura, sont sortis particulièrement déçus car le spectacle, malgré son titre, n’est en rien une adaptation de cette œuvre majeure de l’écrivain cubain !<br />
Comment Agnès Jaoui<strong>,</strong> passionnée de culture latino-américaine, a-t-elle pu oublier Cuba où se déroule une grande partie du récit et réduire son livret à un de ces nombreux récits historiques consacrés à l’exil de Trotski et à la vie de son assassin, l’Espagnol Ramón Mercader ? Aucune référence à Padura même sur les trois courts textes très anecdotiques qui s’affichent à l’écran. Les nombreux chapitres consacrés aux événements vécus à la Havane par Leonardo Padura sont passés à la trappe ! Le mot même de Cuba n’est jamais mentionné ! Dieu sait, pourtant, combien ce roman a compté dans la vie de Padura qui, face au totalitarisme en vigueur dans son pays, a porté ce récit en lui durant des années avant de l’achever au point de se cacher derrière son alter ego qui raconte l’histoire, un jeune écrivain dénommé Iván confronté sans cesse à la censure. « Comme Rimbaud à Hara<em> – </em>écrit Padura – j’avais préféré oublier que la littérature existait. J’avais opté pour  « écrire en silence » <em>. </em>Au moins en fermant la bouche je pouvais me sentir en paix et maintenir enfermées mes peurs ».</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/L_Homme_qui_aimait_les_chiens_27.01.2026_759-1-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1771666047870" />© Pierre Grosbois</pre>
<p>Le jeune écrivain évoque ses rencontres fréquentes, sur la plage de Santa María del Mar, avec un homme mystérieux qui y promène ses deux lévriers. C’est un récit de Raymond Chandler, auteur favori de Padura, « <em>The man who loved dogs</em> » qui lui vient aussitôt à l’esprit. L’enquête avance au rythme de ces promenades, où l’inconnu, sous le nom de López, lui raconte l’horreur de la guerre civile espagnole, le destin tragique de Trotski et l’ambiance glaçante de Moscou où il s’est réfugié. Ce n’est qu’à la fin du roman que le lecteur comprend qu’il s’agit bien de Ramón Mercader, l’assassin de Trotsky accueilli par Fidel Castro à Cuba en 1974.  Or ce qui fait la grandeur du roman de Padura c’est justement l’enchevêtrement de ces deux histoires avec le récit de sa propre expérience à Cuba et du destin tragique de ses compatriotes souvent condamnés à l’exil au péril de leur vie. En ce sens le chapitre 23 est bouleversant : en 1994, Iván assiste au port de Cojimar au départ en exil de nombreux Cubains désespérés sur des embarcations de fortunes et comme « des centaines de milliers d’hommes et de femmes » à travers le pays ils fuient la dictature. « Dans ces trois histoires –explique Padura – l’une est la conséquence de l’autre ». Toute cette dimension disparaît malheureusement dans le spectacle, lui ôtant la véritable portée à laquelle on s’attendait. La mise en scène dépouillée de <strong>Jacques Osinski</strong> est efficace, et les projections réalisées sur la toile d’avant-scène par <strong>Yann Chapotel</strong> magnifiques même si la présence en permanence de cette toile contraint le spectateur à une certaine distanciation avec les personnages en scène. En réalité, le spectacle doit beaucoup à ses interprètes, à commencer par les chanteurs, tous excellents, notamment le ténor <strong>Pierre Emmanuel Robert</strong>, impressionnant dans le rôle de Trotsky, qui se confronte avec virtuosité à une écriture vocale aussi périlleuse qu’artificielle, les suraigus brillants qu’il parvient à négocier aisément succédant régulièrement aux graves profonds. La désarticulation de la phrase et les accents toniques de la langue française souvent mis à mal font que, sans les sous-titres, on comprendrait difficilement les interprètes. C’est au point qu’on est heureux (voire soulagés) de les entendre dans les scènes parlées où leur diction est parfaite et leur talent de comédiens affirmés. Cette écriture vocale nous ramène à des schémas trop rebattus par une certaine école de composition qui a de moins en moins cours aujourd’hui heureusement. Le rôle de l’agent soviétique Todov est remarquablement interprété par le baryton <strong>Vincent Vantyghem</strong>, à la voix ample et sonore et celui de Ramón Mercader chanté avec une belle sensibilité par le baryton <strong>Olivier Gourdy</strong>. Il parvient à rendre la fragilité du personnage particulièrement touchante face à une mère fanatique et autoritaire dont le rôle convient parfaitement à la voix sonore de la soprano <strong>Léa Trommenschlager</strong>. Les musiciens de l’ensemble Court-circuit sont tous excellents sous la direction précise de <strong>Jean Deroyer</strong>. Dans la musique du compositeur <strong>Fernando Fiszbein</strong> (né en Argentine en 1977 et installé en France depuis l’an 2000), dont le pointillisme omniprésent à l’orchestre semble parfois un peu suranné, il faut noter le très beau moment de lyrisme lors de la lecture de la longue lettre adressée à Trotsky et son épouse en exil à Barbizon en 1933 et 1934. Un moment trop rare de belle émotion musicale dans cette soirée plutôt éprouvante.</p>
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		<item>
		<title>HAENDEL, Orlando &#8211; Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-luxembourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parti du théâtre du Châtelet à Paris, passée par Nancy en octobre dernier , la production de l’Orlando de Haendel par les Talens Lyriques faisait une dernière étape au Grand Théâtre de Luxembourg. Inutile de revenir sur la description du spectacle, déjà couverte par deux fois, mais on ne saurait faire l’impasse sur l’inutilité des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Parti du théâtre du <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-paris-chatelet/">Châtelet à Paris</a>, passée par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-nancy/">Nancy en octobre dernier</a> , la production de l’Orlando de Haendel par les Talens Lyriques faisait une dernière étape au Grand Théâtre de Luxembourg. Inutile de revenir sur la description du spectacle, déjà couverte par deux fois, mais on ne saurait faire l’impasse sur l’inutilité des partis pris de la metteuse en scène : pourquoi situer l’action dans un musée, et pourquoi peupler ce musée d’une classe entière d’enfants, alors que le sujet de l’opéra – la jalousie conduisant à la folie et au crime – semble bien éloigné du monde enchanté de l’enfance. Les quelques explications à ces choix, données dans le programme du spectacle, ont trait au rapport au temps : <strong>Jeanne Desoubeaux</strong> souhaite permettre au public de jeter un regard d’aujourd’hui sur une œuvre du passé, dont acte. Elle rassemble donc pour son musée imaginaire quelques toiles ayant trait à l’époque de la création de l’œuvre et au sujet qu’elle traite. Tout cela est néanmoins peu cultivé et très imprécis : la toile d’Elisabeth Vigée-Le Brun, magnifique autoportrait de la peintre avec sa fille censé évoquer le XVIIIème siècle, est en décalage de plus d’un demi-siècle avec l’opéra de Haendel, et c’est une toile éminemment française sans grand rapport avec l’esthétique de l’œuvre, qu’on peut si l’on veut rattacher à l’Italie, à l’Allemagne ou à l’Angleterre, mais surement pas à la France. Il en va de même pour les costumes, eux-aussi très fin de siècle et très français d’inspiration. La présence quasi constante des enfants et leurs mouvements incessants présentent bien entendu l’avantage d’apporter un peu d’animation sur la scène, bienvenue pour meubler les longs <em>arias da capo</em> qui constituent le cœur musical de l’opéra et où il ne se passe rien, mais sont rarement porteurs de sens : sont-ils les anges gardiens des personnages perdus dans leurs affects, des putti baroques à l’italienne ou les doubles innocents des différents intervenants ? Si c’est le cas, le travail est inabouti et n’éclaire guère le spectateur. Tout un travail sur la gestuelle des protagonistes, aux limites de la chorégraphie, peine à caractériser les personnages, leurs sentiments, l&rsquo;irruption soudaine du surnaturel et de la violence, ne suscite guère d&rsquo;émotion, et parait très vain. Peut-être l’ensemble de la production manque-t-il simplement de l’intervention d’un bon dramaturge, qui aurait pu canaliser l’inspiration de la metteuse en scène…</p>
<p>Les photos en témoignent, le spectacle apporte cependant son lot de beaux tableaux scéniques, mais un peu chichement éclairés, de sorte que l’action se déroule dans un univers esthétique plutôt favorable, que renforce encore la présence de quatre arbres de belle taille, figurant les jardins du musée.</p>
<p>Au plan musical, la satisfaction est bien plus grande. La rigueur stylistique, la précision de la réalisation et l’enthousiasme des Talens Lyriques que dirige l’infatigable <strong>Christophe Rousset</strong> – aidé ici par <strong>Korneel Bernolet</strong> – sont remarquables. L’orchestre, fort mis en avant par les caractéristiques acoustiques de la salle, sonne magnifiquement bien et livre tout une série de détails de la partition qui charment l’oreille. La sonorité très originale des violette marines, sorte de violes d’amour qui interviennent au troisième acte est une véritable découverte, et le continuo particulièrement dynamique et inspiré soutient sans cesse l’intérêt musical.</p>
<p>La distribution qui a un peu varié au fil des reprises du spectacle tout au long de l&rsquo;année semblait dominée hier par l’Angelica de <strong>Mélissa Petit</strong>, souveraine par l’ampleur de la voix, fort à son aise dans les difficiles vocalises du rôle, et maîtrisant son personnage avec autorité. La mezzo <strong>Katarina Bradic</strong> qui tenait le rôle-titre, originellement écrit pour un castrat, le célèbre Senesino, alors coqueluche de la Royal Academy of Music de Londres, possède une voix aux résonances graves magnifiques qu’elle exploite fort à propos, mais finit par montrer une certaine fatigue lors des scènes de folie au troisième acte.</p>
<p>Délicieuse dans le rôle de Dorinda, <strong>Michèle Bréant</strong> à la voix pleine de charme parvient à préserver le caractère de pureté de son personnage, même lorsque la mise en scène l’oriente de façon inexplicable – à placer au Panthéon des provocations inutiles &#8211; vers un plan à trois avec Angelica et Medoro. C’est <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong>, contralto d’origine canadienne, qui interprète ce dernier rôle, avec beaucoup d’aisance scénique et une belle force de conviction. <strong>Olivier Gourdy</strong>, transposé par la mise en scène de démiurge en technicien de surface peine un peu à s’imposer. La voix possède les graves nécessaires, mais la diction est fort paresseuse et le légato peu soutenu. L’autorité du personnage en souffre, ainsi que sa crédibilité, beaucoup de scènes paraissent sur-jouées.</p>
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		<item>
		<title>HAENDEL, Orlando – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour son ouverture de saison, l’Opéra national de Nancy-Lorraine propose Orlando de Haendel, adapté de l’Orlando furioso de l’Arioste, et reprend une production créée en janvier dernier au théâtre du Châtelet (chroniquée par Yannick Boussaert). Merveilleusement chanté, le spectacle laisse toutefois quelque peu perplexe quant à la mise en scène, pas toujours très claire. Mais &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour son ouverture de saison, l’Opéra national de Nancy-Lorraine propose <em>Orlando</em> de Haendel, adapté de l’<em>Orlando furioso</em> de l’Arioste, et reprend une production créée en janvier dernier au théâtre du Châtelet (chroniquée par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-orlando-paris-chatelet/">Yannick Boussaert</a>). Merveilleusement chanté, le spectacle laisse toutefois quelque peu perplexe quant à la mise en scène, pas toujours très claire. Mais la beauté de l’œuvre, l’élégance de la scénographie et des décors ainsi que le charme de l’interprétation, appuyée par les performances des jeunes interprètes et placée sous le patronage de<strong> Christophe Rousset</strong> font que l’ensemble finit par emporter l’adhésion.</p>
<p><em>Orlando</em> est l’un des chefs-d’œuvre de Haendel, sans conteste, dont le livret est émaillé de didascalies où la magie est omniprésente. On imagine les jeux de scène extravagants et féeriques de l’époque du compositeur sans peine (changements à vue, <em>deus ex machina</em>…). Tous ceux qui ont vu les adaptations modernes de Robert <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/au-lit-avec-bartoli/">Carsen</a> pour <em>Semele</em>, par exemple, ou de Max Emanuel <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/serse-karlsruhe-ma-vie-avec-libera-ser-ce/">Cencic</a> pour <em>Serse</em>, pour ne citer que celles-là, savent à quel point les œuvres de Haendel peuvent être drôles, passionnantes, dynamiques et ultra contemporaines. La démarche de <strong>Jeanne Desoubeaux</strong> se veut elle aussi un « équilibre entre le passé et la modernité d’<em>Orlando</em> ». Ainsi, c’est dans un musée que se situe l’intrigue, où des enfants se laissent enfermer de nuit plutôt que de rejoindre leur classe lors d’une sortie scolaire. C’est devant les yeux émerveillés des enfants que vont s’animer les personnages du récit, sortant de leur tableau ou s&rsquo;émancipant de leur torpeur de statues. Mais si certaines saynètes sont épatantes de fraîcheur et d’efficacité, le rythme faiblit rapidement et les correspondances peinent à faire sens, ce qui nuit à un opéra où le manque d’action généré par l’exploration des sentiments des protagonistes et une subtile introspection gagnerait à être compensé par les effets visuels idoines. Heureusement, le décor élaboré par <strong>Cécile Trémolières</strong> est pur enchantement que les lumières de <strong>Thomas Coux dit Castille</strong> subliment, le tout s’imprimant durablement dans les mémoires, tout comme les costumes où le rose, même s’il s’agit d’un hasard du calendrier, n’est pas sans faire judicieusement écho aux dossards fuchsia des participants de l’Octobre rose croisés partout dans la ville à l&rsquo;occasion de la marche-course du jour. Reste la sensation de voir la fureur noire du héros transposée en colère rose pour un spectacle en décalage avec l&rsquo;original, donc, mais sans perdre totalement son pouvoir de séduction, loin s&rsquo;en faut.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Orlando-©-Jean-Louis-Fernandez-28-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-201375"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean-Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>L’idée d’introduire dans le spectacle le regard des enfants est excellente ; le procédé séduit manifestement un public d’ailleurs très jeune pour partie. Les artistes en herbe de la <strong>Maîtrise citoyenne itinérante de l’Opéra national de Nancy-Lorraine</strong> et les <strong>Élèves du Conservatoire régional du Grand Nancy</strong> font merveille. Ils donnent une autre dimension aux péripéties vécues par les adultes qui s’aiment, se déchirent, deviennent fous d’amour puis reviennent à la raison sous leur regard avide et innocent. Les failles, faiblesses et fêlures des différents protagonistes n’en apparaissent que plus profondes, émouvantes et sincères. Dans le rôle écartelé d’un Orlando déchiré par sa passion amoureuse ourlé d’une insoutenable jalousie, la soprano <strong>Noa Beinart</strong> met son bel instrument ambré et voluptueusement moiré au service des affres amoureux du guerrier tourmenté jusqu’à la folie. La noblesse de sa prestation est toutefois tempérée par une retenue qui annonce le retour à la raison du personnage. Annoncée souffrante, la contralto <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong> ne semble absolument pas à la peine, s’appuyant sur une technique solide et rayonnante. Son Medoro est mieux que convaincant. Mais ce sont les deux rôles féminins qui s’avèrent les plus remarquables, par la richesse de leurs vocalises et la brillance de leurs aigus passionnés ou déchirants. La soprano <strong>Melissa Petit</strong> (qui nous a également ravis récemment à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-le-triomphe-du-temps-et-de-la-desillusion-strasbourg/">Strasbourg</a> dans le <em>Triomphe du Temps et de la Désillusion</em>) est décidément fort à son aise avec Haendel et, si elle est largement reconnue Outre-Rhin, sa notoriété ne devrait pas tarder à s’amplifier de ce côté de la frontière. Son Angelica est de toute beauté. Elle trouve cependant une rivale de choix en la personne de la soprano <strong>Michèle Bréant</strong>, épatante Dorinda au timbre clair, délicieusement frais et fruité, dotée de mille charmes. Le quatuor est superbement épaulé par la basse <strong>Olivier Gourdy</strong>, dont on apprécie les qualités de comédien presque autant que la beauté des graves et l’ampleur d’une voix équilibrée et délicatement sonore.</p>
<p>Délaissant provisoirement ses Talens lyriques au profit de l’<strong>Orchestre de l’Opéra national de Nancy-Lorraine </strong>toutefois largement rompu aux exigences baroques, <strong>Christophe Rousset</strong> parvient à les aider à magnifier la partition, dont on peut à loisir goûter la richesse et les exquises sonorités, y compris sur instruments modernes. On se laisse volontiers emporter dans ces tourments amoureux si passionnément servis. </p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Orlando, Georg Friedrich Haendel | Opéra national de Nancy-Lorraine" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/0xXBlVlUf28?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>LULLY, Proserpine &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-proserpine-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux jours avant Beaune, point culminant de la tournée de cette production, mais plus de deux semaines après Versailles où elle avait commencé, les Talens Lyriques étaient de passage à Namur, fief du chœur de chambre, investissant la très belle salle du Grand Manège. Ce concert fait partie du festival de Namur 2025, qui présente &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux jours avant Beaune, point culminant de la tournée de cette production, mais plus de deux semaines après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-proserpine-versailles/">Versailles</a> où elle avait commencé, les Talens Lyriques étaient de passage à Namur, fief du chœur de chambre, investissant la très belle salle du Grand Manège. Ce concert fait partie du festival de Namur 2025, qui présente cette année une programmation d’une fort grande richesse.</p>
<p>Devant une salle un peu clairsemée, et c’est grand dommage quand on sait comme les places à Beaune s’arrachent à vil prix, c’est une prestation de grande qualité, sans véritable faiblesse que <strong>Christophe Rousset</strong> a dirigée d’une main très sure, insufflant, selon son habitude, énergie, rigueur et charme tout au long des plus de trois heures de spectacle.</p>
<p>Certes, <em>Proserpine</em> n’est sans doute pas le meilleur opéra de Jean-Baptiste Lully, et certainement pas le meilleur livret de Philippe Quinault. Comme l’a très bien expliqué mon confrère Clément Mariage, l’intrigue principale, qui ne manque pas de force dramatique dans la deuxième partie de l’œuvre, se trouve très diluée dans les deux premiers actes par des intrigues secondaires un peu fades, dont la lente évolution peine à émouvoir, et que la musique convenue de Lully ne parvient pas à relever. La présentation de cette tragédie en version de concert dessert probablement le propos de l’œuvre, dont l’attrait réside aussi dans les ballets et les machineries qui en accompagnaient la création en 1680. Aux dires des contemporains de l’événement, la participation du décorateur Jean Berain (1640-1711), très apprécié du Roi et élève de Le Brun, relevait grandement l’intérêt du spectacle. Même si les équipes des Talens Lyriques ont tenté d’en suggérer l’idée en incluant les didascalies dans les surtitres (c’est une bonne initiative qui permet aux spectateurs de savoir et regretter ce qu’ils ratent…) les somptueux décors manquent, comme manquent aussi la visualisation des surprises scéniques et les pyrotechnies, orages, éruption volcanique, tremblement de terre, incendie des moissons etc… qui émaillent le livret.</p>
<p>L’absence de ballet se fait aussi sentir ; de nombreux spectateurs regretteront les nymphes peu vêtues auxquelles Pluton jetait un regard lubrique, et trouveront que les intermèdes dansés paraissent bien fades lorsqu’ils sont seulement musicaux. Et que dire des machineries, qui vous envoyaient le char de Cérès dans les cieux, ou celui de Pluton dans les enfers, nacelles de carton-pâte traversant les airs à grands renforts de poulies grinçantes ! Toute cette théâtralité très en vogue à la cour de Louis XIV, outre qu’elle impressionnait le spectateur, relevait aussi l’intérêt du livret et contribuait au divertissement. Ce qu’on essaye de dire ici, c’est que, indépendamment de la qualité des intervenants, le spectacle est fort long et les effets dramatiques trop dilués pour soutenir efficacement l’intérêt du public. L’œuvre se termine pourtant sur une puissante ode à la paix, toujours bienvenue par les temps qui courent.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Proserpine@Alexandra-Syskova-11-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193786"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p>On soulignera néanmoins la grande qualité musicale de l’interprétation, tant du côté de l’orchestre, des chœurs comme des solistes, et la belle énergie qui traverse l’ensemble des troupes tout au long de la soirée.</p>
<p>De <strong>Marie Lys</strong>, qui chante le rôle-titre, on retiendra la très belle souplesse vocale, la grande efficacité dramatique, qui lui permet de trouver la juste couleur vocale pour faire face à une grande diversité de situations ou de sentiments. Elle n’est jamais prise en défaut de virtuosité, donne beaucoup de relief au rôle et fait preuve d’un grand professionnalisme. A ses côtés <strong>Ambroisine Bré</strong>, qui chante Aréthuse, paraît plus neutre, même si la voix est très plaisante et la diction précise. Son air du premier acte, «&nbsp;Vaine fierté, faible rigueur&nbsp;» est donné avec une émouvante intériorité. <strong>Véronique Gens</strong> qui cumule le plus d’expérience au sein de cette distribution, chante le rôle de Cérès. Il concentre sur lui une part importante de l’intrigue, principalement dans la deuxième partie de la soirée, à partir de l’acte III. Semblant ménager sa voix pendant toute la première partie, elle renoue ensuite avec ses talents de grande tragédienne qu’elle déploie avec autorité et vigueur. Quatrième figure féminine de la distribution, <strong>Appoline Raï-Westphal</strong>, voix légère et bien timbrée, endosse le rôle de la nymphe Cyané, témoin malgré elle du rapt de l’héroïne.</p>
<p>Du côté des rôles masculins, on relèvera surtout la très belle prestation de <strong>Olivier Gourdy</strong> en Pluton, rôle qu’il endosse avec beaucoup d’impact, et dont il donne une vision nuancée, entre virilité conquérante et émotion sincère. Il brille surtout à l’acte IV. La voix est puissante et sonore et la diction française excellente. Puissant également mais nettement moins soigné et un peu caricatural, <strong>Jean-Sébastien Bou </strong>(Crinise) pousse l’expressivité à ses limites, crachant son texte avec plus d’énergie que de réelle musicalité. On a beaucoup aimé la prestation de <strong>Nick Pritchard</strong> dans le modeste rôle de Mercure. Sa voix de ténor très expressive et pleine de charme convainc sans peine, même si la diction est encore améliorable. Excellente performance également de la part de <strong>Laurence Kilsby</strong>, à qui est dévolu le rôle de Alphée, le jeune premier de la distribution, rôle qu’il endosse avec une belle ardeur juvénile et une projection impeccable. Seule petite déception, l’Ascalaphe de <strong>Olivier Cesarini</strong>,&nbsp;dont la voix nous a paru engorgée par moment et la diction manquant de clarté. <strong>David Witczak</strong> prête sa profonde voix de basse et sa belle prestance scénique au tout petit rôle, mais ô combien symbolique, de Jupiter&nbsp;!</p>
<p><strong>Thibaut Lenaerts</strong> sur qui repose toute la préparation des chœurs s’est aussi vu confier de petits rôles de complément. On ne saurait trop souligner l’importance dramatique et la qualité de réalisation du chœur de chambre de Namur, qui joue ici un rôle essentiel dans le déroulement de l’intrigue en venant soutenir le propos des solistes et commenter l’action. Ses interventions, nombreuses et très réussies, en particulier à l’acte III, sont essentielles à l’introduction du climat tragique de l’œuvre, à laquelle ils consacrent toute leur énergie et tout leur talent.</p>
<p>L’orchestre des Talens Lyriques, particulièrement en forme, déroule la partition sans faiblir, le chef assurant les enchaînements de façon très dynamique, en mettant en exergue tout ce qui peut apporter du relief et de la couleur à la musique de Lully. Marie-Ange Petit, infatigable percussionniste, s’y entend comme personne pour faire tomber les éclairs, gronder la foudre ou évoquer les enfers, le continuo est d’une remarquable inventivité, les cuivres ajoutent une touche d’authenticité par la nuance un peu crue de leurs instruments, et les cordes moulinent tant qu’elles enflamment une partition qui ne réussit pourtant pas à convaincre complètement en version de concert.</p>
<p>Cette production fera prochainement l’objet d’une parution discographique pour le label Château de Versailles Spectacles.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-proserpine-namur/">LULLY, Proserpine &#8211; Namur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>LULLY, Proserpine – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-proserpine-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1677, Philippe Quinault est contraint à l’exil&#160;: son dernier livret écrit pour Lully, Isis, a été perçu à la Cour de manière trop évidente comme une transposition mythologique des déboires de Madame de Montespan avec certaines des autres favorites du roi. Quinault est autorisé à revenir peu de temps après et écrit pour Lully &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">En 1677, Philippe Quinault est contraint à l’exil&nbsp;: son dernier livret écrit pour Lully, <em>Isis</em>, a été perçu à la Cour de manière trop évidente comme une transposition mythologique des déboires de Madame de Montespan avec certaines des autres favorites du roi. Quinault est autorisé à revenir peu de temps après et écrit pour Lully en 1680 le livret de <em>Proserpine</em>. Cette tragédie lyrique rapporte l&rsquo;épisode bien connu de l&rsquo;enlèvement de Proserpine par Pluton, en accordant une place prépondérante à la figure de Cérès, la mère de Proserpine, qui apparaît dès le premier acte délaissée par le père de son enfant, Jupiter. Audacieux choix, puisque là encore, la figure de la femme délaissée par « le plus puissant des dieux » pouvaient évoquer des intrigues d&rsquo;actualité&#8230; On ne s&rsquo;étonnera pas cependant qu&rsquo;une œuvre sur le thème de l&rsquo;amour maternel ait pu faire dire à Madame de Sévigné, dans une lettre adressée à sa fille le 9 février 1680 : « [cet] opéra est au-dessus de tous les autres ».</p>
<p style="font-weight: 400;">Peuplée d&rsquo;une multitude de personnages, l’action est traversée d’intrigues secondaires qui, si elles peuvent parfois brouiller la lisibilité du drame, composent une véritable carte du Tendre. Chaque détour offre une variante du sentiment amoureux, de ses douceurs comme de ses violences, et forme un florilège du discours galant. Le fleuve Alphée aime avec constance la nymphe Aréthuse malgré ses réserves – elle l&rsquo;aime en retour, mais ne peut lui avouer. Le fleuve lui annonce alors qu&rsquo;il préfère soupirer à présent pour Proserpine, ce qui ne manque pas de blesser et désespérer Aréthuse, qui finira par avouer ses sentiments à Alphée de manière détournée. Dans le même temps, la nymphe est poursuivie par Ascalaphe, qui sera finalement changé en hibou par Proserpine. Quant à Pluton, sa passion est brutale : il tombe sous le charme de Proserpine dès qu’il l’aperçoit, l’enlève sans ménagement, puis tente de la retenir aux Enfers à coups de menaces voilées et de chantages mesquins. L&rsquo;amour maternel et filial qu&rsquo;entretiennent Cérès et Proserpine complète cette cartographie du sentiment et des inclinations, menée de manière très subtile par Quinault, chaque situation donnant lieu à la formulation d&rsquo;une maxime édifiante telle que « c&rsquo;est quelquefois un grand malheur que d&rsquo;être trop aimable » ou « c&rsquo;est toujours un bien de changer de peine ».</p>
<p>La partition de Lully ménage quelques beaux moments, mais il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;elle fasse partie des plus inoubliables du compositeur. C&rsquo;est surtout dans les scènes entre Alphée et Aréthuse que le compositeur déploie son art musical, si étroitement lié à l&rsquo;expression dramatique. La mélodie et l&rsquo;expression vocale y soutiennent le texte avec une grâce qui suscite un intérêt constant. L&rsquo;orchestre se déploie dans les danses, les divertissements et les ensembles, mais Lully commence aussi à s&rsquo;émanciper de l&rsquo;alternance stricte entre le continuo et l&rsquo;orchestre. Les scènes les plus frappantes du livret, comme la chute des Géants à la fin de l&rsquo;acte I ou l&rsquo;incendie des récoltes par Cérès à la fin de l&rsquo;acte III, devaient gagner en force grâce aux machineries déployées sur la scène, la musique n&rsquo;étant pas forcément des plus évocatrices en l&rsquo;occurence. On retiendra surtout, outre les duos Alphée-Aréthuse déjà cités, un prologue éclatant et glorieux, un chœur avec échos au troisième acte, les lamentations de Cérès dans le même acte et le divertissement du quatrième, plein de charmes.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Christophe Rousset</strong> et ses <strong>Talens lyriques</strong> déploient comme à leur habitude dans cette musique une splendeur de timbres et de couleurs qui chavirent assurément l&rsquo;auditeur. L&rsquo;attention est portée à la caractérisation de chaque scène et les instrumentistes sont irréprochables. Pourtant, cette excellence plastique dans l&rsquo;exécution musicale tend parfois plus vers la contemplation que vers la tension dramatique : oserait-on dire que tout cela nous a semblé parfois un peu trop beau, et pas assez théâtral ? De même, bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de partis pris interprétatifs toujours discutables et liés à des sensibilités particulières plutôt qu&rsquo;à une quelconque vérité historique, on notera que les chanteurs de la distribution ont une tendance à un peu trop « chanter », à couvrir excessivement leur émission vocale plutôt qu&rsquo;à laisser le texte vibrer à fleur de lèvres, aspirant plus au « beau chant » qu&rsquo;à l&rsquo;immédiateté théâtrale de la tragédie en musique.</p>
<p>Ses quelques réserves émises, on ne peut que saluer l&rsquo;excellence d&rsquo;ensemble de cette distribution. <strong>Marie Lys</strong> offre à Proserpine une voix charnue, qui charme d’emblée par la pulpe du timbre et le mordant de l’expression. Que la chanteuse célèbre d’abord les plaisirs de la vie bucolique puis exprime aux Enfers sa douleur déchirante, le portrait est toujours brossé avec justesse. C’est surtout dans les imprécations adressées à Ascalaphe à l&rsquo;acte III, le condamnant à être métamorphosé en hibou, que l’interprète atteint des sommets : grâce à un usage audacieux et expressif de la voix de poitrine, elle confère à la jeune fille la densité d’une figure autoritaire et tragique. <strong>Véronique Gens</strong>, qui a marqué de son empreinte tant de grands rôles de la tragédie lyrique, ne semble pas très inspirée par le personnage de sa mère, Cérès. On redoute d’abord une méforme, tant sa voix paraît éteinte et atone dans la première partie. Heureusement, elle retrouve en deuxième partie l’éclat de sa projection, le sens de son phrasé et sa noblesse déclamatoire, sans pour autant parvenir à faire palpiter pleinement son personnage de femme outragée et de mère abandonnée. Tout cela manque du feu que Cérès répand sur les récoltes à la fin de l&rsquo;acte IV. &nbsp;La troisième héroïne féminine de l’œuvre est la nymphe Aréthuse, incarnée avec<span class="Apple-converted-space"> une grande sensibilité par </span><strong>Ambroisine Bré</strong>. Le timbre si singulier de la chanteuse confère d&#8217;emblée dans le prologue une présence glorieuse et émouvante à la figure allégorique de la Paix. Les reflets moirés de la voix apporte ensuite un caractère vibrant à son Aréthuse, d’autant plus qu’elle ne perd jamais de vue la justesse de l’incarnation et la saveur des mots.</p>
<p>Son soupirant Alphée est interprété par <strong>Laurence Kilsby</strong>, lumineux de timbre et de présence scénique. Le phrasé est ciselé dans un français cristallin, avec ce qu&rsquo;il faut de retenue et d&rsquo;élan pour donner sa chance au personnage d&rsquo;enfin séduire Aréthuse. Comment lui résister ? Le Pluton d&rsquo;<strong>Olivier Gourdy</strong> offre un parfait contraste à cet Alphée, présentant un soupirant plus violent et autoritaire. La voix est puissante et le chanteur impressionne par sa fougue et son assurance. De son côté, <strong>Olivier Cesarini</strong> est un Ascalaphe plus discret, un peu pâle de timbre et timide de projection, mais l&rsquo;artiste mériterait d&rsquo;être entendu en une autre occasion. Quant à <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, sa ligne de chant est un peu débraillée par endroits mais l&rsquo;interprète est plein de verve, accordant une présence affirmée au personnage de la Discorde et à ses récitatifs tortueux. On l&rsquo;aperçoit hélas assez peu en Crinise dans la suite de l&rsquo;œuvre. Enfin, <strong>Nick Pritchard</strong> en Mercure délicat, <strong>David Witczak</strong> en Jupiter providentiel, <strong>Apolline Raï-Westphal</strong> en Cyané émouvante et <strong>Thibaut Lenaerts</strong> dans divers petits rôles complètent avec bonheur cette distribution.</p>
<p>Le <strong>Chœur de Chambre de Namur</strong> est idéal d&rsquo;équilibre, de présence et de musicalité d&rsquo;ensemble. Les choristes donnent à la fin de l&rsquo;ouvrage un élan irrésistible, glorieux et lumineux dans leurs habits de divinités infernales et terrestres enfin réconciliées, scandant cet ordre : « Que l&rsquo;on enchaîne pour jamais / la discorde et la guerre / dans les enfers, dans les cieux, sur la terre, / tout doit jouir d&rsquo;une éternelle paix. » Puisse-t-il être mieux entendus d&rsquo;ici que ce concert soit repris, à Namur le 3 et à Beaune le 5 juillet prochains ! Ce très beau concert nous aura en tout cas offert une parenthèse heureuse dans un monde où la Discorde n&rsquo;a toujours pas été terrassée.</p>
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		<title>MOZART, Une petite Flûte &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/une-petite-flute-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Brane]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Feb 2024 08:17:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour celles et ceux qui l’ignorent encore, le Théâtre des Champs-Elysées propose depuis plusieurs années un programme d’opéra participatif pour jeune public, où des enfants de classes primaires sont initiés à l’opéra grâce à un apprentissage sur mesure qui mélange pratique du chant et de la gestuelle. Cette année, c’est au tour de La Flûte &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour celles et ceux qui l’ignorent encore, le Théâtre des Champs-Elysées propose depuis plusieurs années un programme d’opéra participatif pour jeune public, où des enfants de classes primaires sont initiés à l’opéra grâce à un apprentissage sur mesure qui mélange pratique du chant et de la gestuelle. Cette année, c’est au tour de <em>La Flûte enchantée</em> de Mozart d’être programmée pendant dix-sept représentations sous la forme d&rsquo;<em>Une petite Flûte</em> mise en scène par <strong>Julie Depardieu</strong>.</p>
<p>Pour les habitués du Théâtre des Champs-Elysées, voir des enfants investir la salle et chanter de l’opéra à gorge déployée pendant une heure et demie relève presque du miracle. Il faut le voir pour le croire, mais surtout vivre cette expérience hors du commun pour comprendre que l’avenir de l’art lyrique se joue peut-être bien ici et maintenant.</p>
<p>Le concept est simple : chaque début d’année, de nombreuses classes primaires d’Ile-de-France sont invitées à suivre un programme conçu sur mesure par le théâtre où les élèves découvrent un opéra dans une version réduite, en français avec partie chantée et mimée. De quoi laisser le temps aux enfants de se familiariser avec une œuvre du grand répertoire jusqu’à faire partie intégrante de la mise en scène. Onze représentations scolaires sont par la suite programmées, ainsi que six représentations tout public où n’importe quel parent peut <a href="https://www.calameo.com/read/0030455155631f1cfd847?authid=aREXf1qKXQ7B">télécharger le livret d’apprentissage sur le site internet du théâtre</a> et chanter avec ses enfants avant leur venue au théâtre. Au cours de la représentation, les lumières de la salle s’allument de temps à autre comme par magie pour laisser le public chanter quelques airs en version française appris au préalable.</p>
<p><strong>De Klapisch à Depardieu</strong></p>
<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-paris-tce/"><em>La Flûte enchantée</em> revisitée par Cedric Klapisch</a> à l’automne dernier, le Théâtre des Champs-Élysées a confié à Julie Depardieu l’adaptation de cette <em>Petite Flûte </em>qui a déjà tout d’une grande. Avec ses décors minimalistes et ses subtils jeux de lumières, la metteuse en scène, accompagnée de <strong>Damien Robert</strong> à la collaboration artistique et de <strong>David Belugou</strong> pour la scénographies et les costumes, penche davantage du côté de l’orientalisme et du Douanier Rousseau. Ils nous proposent un spectacle ludique, drôle et malicieux qui ne manquera pas de faire réagir le jeune public tout au long de la représentation. Les enfants deviennent ainsi complices de Tamino et de Papageno en les suivants dans leurs aventures tout en leur prodiguant conseils, avertissements et commentaires en tout genre. Sous la direction précise et toute en finesse du chef<strong> Joël Soichez</strong>, l’orchestre Les Siècles participent eux aussi à l’opéra en intervenant à leur propre manière au fil de la représentation.</p>
<p>En situant son action dans l’Egypte ancienne, Julie Depardieu s’inspire des dieux mi-humain, mi-animal de la mythologie des Pharaons. Monostatos devient un dieu crocodile sorti tout droit du Nil, la reine de la nuit une déesse-chatte gardienne du foyer et Sarastro un ibis sacré porteur de la connaissance. Librement inspiré des <em>Mystères d’Isis</em>, première adaptation en français de <em>La Flûte</em> écrite en 1801, Henri Tresbel propose ici une lecture sincère et proche du livret original, bien différente de l’adaptation contemporaine de Cédric Klapisch.</p>
<p>Ce programme permet aussi chaque année de découvrir de nouveaux talents, comme c’est le cas cette année avec <strong>Fabien Hyon</strong> et <strong>Adrien Fournaison</strong>, dont le duo Tamino / Papageno fonctionne en symbiose parfaite face au Monostatos de <strong>Charlie Guillemin</strong> dont on découvre tout le ressort de comédien et dont les enfants ne manquent pas de conspuer le personnage. Tel n’est pas le cas avec la Papagena de <strong>Louise Pingeot</strong> qui campe aussi une première dame avec assurance. En alternance avec <strong>Manon Lamaison</strong>, la Pamina de <strong>Lauranne Oliva </strong>touche particulièrement grâce à une véritable présence scénique à la voix claire et sensible. Une artiste prometteuse à suivre de très près. <span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">Pour l’occasion, les deux autres dames sont remplacées par les comédiens </span><strong style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Eric Afergan</strong><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> et </span><strong style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Fitzgerald Berthon</strong><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> qui apportent de leur dose de comique avec une dose de dérision. Plus discret, le Sarastro d’</span><strong style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Olivier Gourdy</strong><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> et la Reine de la nuit d’</span><strong style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Anne-Sophie Petit</strong><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> ne manquent pas de séduire le jeune public qui ne moufte guère lors de leurs fameux airs. Dernier conseils pour le lecteur quel que soit son âge : ne pas hésiter à se rendre sur le site du Théâtre où des tutoriels vidéos sont proposés </span><a style="font-size: revert; background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;" href="https://soundcloud.com/th-tre_champs-elys-es/sets/une-petite-flute">pour apprendre à chanter</a><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;"> et </span><a style="font-size: revert; background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;" href="https://www.youtube.com/watch?v=NImmoI_C-R4&amp;feature=youtu.be">bouger sur du Mozart</a><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif; font-weight: inherit;">. Que demander de mieux !</span></p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Une Petite Flûte, d&#039;après Mozart | Chorégraphie" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/NImmoI_C-R4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>VERDI, Messa da Requiem — Paris (Sorbonne)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-messa-da-requiem-version-du-camp-de-terezin-paris-sorbonne-voyage-au-bout-de-lenfer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Nov 2022 08:00:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En novembre 1941, les nazis installent dans l’ancienne ville forteresse de Theresienstadt (en thèque, Terezín) un ghetto et un camp de concentration qui n’est pas à proprement parler un « camp de la mort », mais plutôt son antichambre. Sous le prétexte d’une « ville donnée aux Juifs par le Führer » (comme le prétend &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En novembre 1941, les nazis installent dans l’ancienne ville forteresse de Theresienstadt (en thèque, Terezín) un ghetto et un camp de concentration qui n’est pas à proprement parler un « camp de la mort », mais plutôt son antichambre. Sous le prétexte d’une « ville donnée aux Juifs par le Führer » (comme le prétend la propagande allemande), c’est une étape avant la déportation dans un camp d’extermination. Les premiers prisonniers sont des Juifs tchèques, puis allemands et autrichiens l’année suivante, hollandais et danois à partir de 1943, enfin toutes sortes de nationalités. Les camps de la mort étaient présentés comme des camps de travail. Terezín est officiellement une « villégiature » pour les Juifs âgés, malades, notamment des artistes et des personnes connues, juives ou non, tel le poète, journaliste et résistant Robert Desnos.</p>
<p>Cette étape intermédiaire vise également à masquer le projet nazi, du moins aux yeux de ceux qui ne veulent rien voir. Le Danemark, entre autres, s’inquiétant du sort de ses ressortissants, exige une visite de la Croix-Rouge. Celle-ci a lieu le 23 juin 1944, en présence d&rsquo;Adolf Eichmann, et le camp est remis à neuf pour la circonstance, ce qui entraine l’envoi prématuré de 7 000 prisonniers vers Auschwitz afin de masquer la surpopulation initiale… Maurice Rossel, le délégué de la Croix-Rouge ne voit rien d’anormal : « J’étais chargé d’aller voir ce qu’on me montrait ». A l’occasion de cette inspection, un film de propagande est tourné, <em>Theresienstadt. Ein Dokumentarfilm aus dem jüdischen Siedlungsgebiet </em>(<em>Theresienstadt. Un documentaire sur la zone de peuplement juif</em>,&nbsp;également connu sous le titre <a href="https://www.youtube.com/watch?v=P9V6d2Y1WjE" rel="nofollow"><em>Le Führer offre une ville aux Juifs</em></a>). On organise un match de football, on donne une représentation <em>Brundibár</em>, l&rsquo;opéra pour enfants de Hans Krása, qui y avait été créé quelques mois plus tôt au camp, et qui y connut cinquante-cinq représentations. Krása fut déporté l&rsquo;année suivante à Auschwitz où il fut gazé dès son arrivée. On y donne enfin le <em>Requiem </em>de Verdi, la troisième représentation dans le camp. La première exécution a en effet eu lieu en septembre 1943. Rafael Schächter (1905-1944), un jeune chef d&rsquo;orchestre roumain, a eu l’autorisation d&rsquo;en monter une version réduite à une heure (il montera également&nbsp;<em>La Flûte enchantée</em> et <em>Les Noces de Figaro</em>). Il a recours à quatre choristes professionnels pour interpréter les rôles solistes et à cent-vingt amateurs pour le chœur. L’accompagnement est limité à deux pianos. A l’issue du concert, les cent-vingt participants seront déportés à Auschwitz et, pour la plupart, exécutés. Les responsables du camp exigent alors de Schächter qu&rsquo;il organise une nouvelle représentation, à laquelle Eichmann lui-même assistera. Les exécutants seront également déportés dans les jours suivant le concert. Pour la visite de la Croix-Rouge, Schächter doit accepter d’organiser un nouveau concert : mais il implore de ne plus être séparé de ses artistes. Il sera exaucé puisqu’il sera déporté avec eux et mourra, soit durant le transfert vers Auschwitz, soit à son arrivée au camp.</p>
<p>Comme l’écrit Stéphane Lelièvre dans sa passionnante introduction au concert, « La présence de tant d’artistes eut sur la vie du camp des conséquences singulières : même si les conditions de vie y étaient absolument effroyables, même si Terezin était, en réalité, une « antichambre de la mort », la barbarie ne parvint jamais à réduire les artistes au silence : l’art, sous toutes ses formes, dessin, peinture, théâtre, écriture, musique (toutes les musiques), fit continûment entendre sa voix (…) L’Art s’exprima tout d’abord de façon clandestine. Il fut par la suite tour à tour interdit, toléré, encouragé, voire imposé lorsque les Nazis comprirent qu’il pouvait servir leur dessein : donner du nazisme, grâce à Terezín, une image acceptable, voire positive, censée apporter un démenti aux accusations et à la dénonciation d’un « meurtre de masse des Juifs » qui se firent jour, notamment à partir de 1942 ».</p>
<p>Non sans une terrible ironie tragique, quand on songe que les artistes chantent devant leurs bourreaux, ce <em>Requiem </em>débute directement par le<em> Dies irae</em>, suivi par le <em>Liber scriptus</em> (« On lira le Livre dans lequel tout est écrit, et le monde sera jugé. Quand le Juge siégera, tout ce qui a été caché sera révélé, rien ne restera impuni », puis le <em>Lacrymosa </em>(« Jour de larmes que ce jour-là, où l’homme coupable ressuscitera de ses cendres pour être jugé ») et l’<em>Agnus Dei</em>. Le <em>Libera me</em> clôt cette version et laisse un goût amer, presque surréaliste. Quelle liberté espérer en effet&#8230; Cette série de concerts a pu faire l’objet de quelques témoignages de la part de rares rescapés. Doug Shultz a ainsi réalisé un documentaire en 2012, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=dgimWmMqav4" rel="nofollow"><em>Defiant Requiem</em></a>. Précédemment, en 1963, Josef Bor publie&nbsp;un court récit, romancé : pour la présente exécution, des extraits en sont lus entre les différentes parties musicales, le rôle du récitant étant assuré par le metteur en scène <a href="/podcast/regards-croises-par-christophe-rousset-pierre-emmanuel-rousseau-metteur-en-scene"><strong>Pierre-Emmanuel Rousseau</strong></a>,&nbsp;qui s&rsquo;en acquitte avec une sobriété qui n&rsquo;exclut pas une juste émotion. Ces extraits nous permettent de mieux nous pénétrer de l&rsquo;atmosphère tragique et pesante qui règne dans la préparation et l&rsquo;exécution de ce <em>Requiem</em>.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="179" src="/sites/default/files/styles/large/public/sch_1.jpg?itok=uh2J76Cd" width="468"><br />
La seule photo connue d&rsquo;une exécution du <em style="font-size: 0.8em;text-align: center">Requiem</em> de Verdi à&nbsp;Terezín, prise pendant la visite de la Croix-Rouge</p>
<p>Les parties dédiées aux voix masculines sont très limitées dans cette version et interprétées avec retenue par le ténor <strong style="font-size: 14.000001px">Sébastien Droy </strong>et la basse <strong style="font-size: 14.000001px">Olivier Gourdy</strong>. Les voix féminines sont davantage exposées. Les moyens du soprano <strong style="font-size: 14.000001px">Camille Claverie</strong> sont un peu en-dessous de ceux (importants) exigés par le rôle, mais son interprétation force le respect par l’émotion qu’elle sait transmettre. On appréciera le beau mezzo de <strong style="font-size: 14.000001px">Marie Gautrot </strong>,au timbre charnu et à la musicalité impeccable. Aux pianos, les excellents&nbsp;<strong style="font-size: 14.000001px">Paméla Hurtado</strong> et <strong style="font-size: 14.000001px">Frédéric</strong> <strong style="font-size: 14.000001px">Rouillon </strong>déploient leurs talents pour compenser la richesse de l’orchestration originale où trompettes du Jugement dernier, tambour, cymbales, soulignent d&rsquo;ordinaire les passages les plus dramatiques. Le <strong style="font-size: 14.000001px">Choeur de Paris</strong>, formation amateur, n&rsquo;a pas la solidité de forces professionnelles, mais ce n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;on attend de lui ce soir. Si certains pupitres forcent un peu leur voix dans les passages les plus tendus, les ensembles sont bien en place, malgré leur difficulté (la fugue finale par exemple) et il faut saluer le travail de leur chef, <strong style="font-size: 14.000001px">Till Aly</strong>. Le concert est impeccablement dirigé par <strong style="font-size: 14.000001px">Salvatore Caputo</strong>, à l&rsquo;origine de ce projet. Egalement très ému à la fin de cette soirée hors du temp, il prendra la parole pour rappeler qu&rsquo;à l&rsquo;heure où la guerre résonne à nouveau aux portes de l&rsquo;Europe, cet événement hors du commun est tout autant une commémoration d&rsquo;un passé dramatique qu&rsquo;un avertissement pour l&rsquo;avenir.&nbsp;</p>
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		<title>L&#039;Amor conjugale</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lamor-conjugale-demi-caractere-succes-entier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’opéra italien entre 1790 et 1810 reste chroniquement mal connu. De l’opéra seria finissant, nous n’avons rien (ou presque) des trois « morts » (La Morte di Cleopatra, La Morte di Mitridate et La Morte di Semiramide) composées par Nasolini et d’autres sur les livrets à succès de Sografi qui signa aussi Gli Orazi ed i Curiazi de Cimarosa, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’opéra italien entre 1790 et 1810 reste chroniquement mal connu. De l’opéra seria finissant, nous n’avons rien (ou presque) des trois « morts » (<em>La Morte</em> <em>di Cleopatra</em>, <em>La Morte</em> <em>di Mitridate</em> et <em>La Morte</em> <em>di Semiramide</em>) composées par Nasolini et d’autres sur les livrets à succès de Sografi qui signa aussi <em>Gli Orazi ed i Curiazi</em> de Cimarosa, dont il manque encore un grand enregistrement de studio, sans parler du <em>Romeo e Giulietta</em> de Zingarelli, dont des <a href="https://www.forumopera.com/cd/giulietta-e-romeo-zingarelli-extraits-bonbon-napoleon">extraits</a> ont été publiés seulement récemment… De fait, le compositeur le mieux documenté de cette période est Giovanni Simone Mayr, nom italianisé d’un Bavarois qui figure parmi les musiciens les plus en vue du temps.</p>
<p>Quasiment seul représentant de cette époque à nos oreilles, Mayr est toujours désigné comme le chaînon manquant entre Mozart et Rossini. Certes pratique, cette description réductrice dénonce surtout nos lacunes. Mayr intéresse, et l’un de ses derniers chefs-d’œuvre, <em>Medea in Corinto</em>, retrouve parfois les planches. Il a même trouvé un champion en la personne de Franz Hauk, à la tête d’une myriade d’enregistrements plus ou moins frustrants de platitude interprétative, dont on ne sait s’ils rendent vraiment service au compositeur.</p>
<p>Le premier grand succès de Mayr fut <a href="https://www.forumopera.com/cd/le-chainon-manquant"><em>La Lodoiska</em></a> (Venise 1796), inspirée de <a href="https://www.forumopera.com/cd/la-reconquete-est-en-marche">celle de Cherubini </a>(Paris 1791), exemple d’opéra à sauvetage dans la lignée des drames de Monsigny, Grétry ou encore Dalayrac. Puisant dans le climat révolutionnaire, l’héritage de l’opéra-comique mais aussi l’inspiration <em>Sturm und Drang</em>, le genre cultive le mélange de tons pour exalter <em>in fine</em> des actes héroïques inspirés par la vertu individuelle. Traduites, ces œuvres se répandent à travers l’Europe, influençant le <em>Singspiel</em> et le nouvel opéra semi-seria. Le principal avatar de l’opéra à sauvetage, désormais connu dans toutes ses déclinaisons, en est l’illustration : Pierre Gaveaux ouvre le bal en 1798 avec une <em>Léonore, ou l’amour conjugal </em>qui a eu les honneurs du DVD ; Paër reprend le livret de Jean-Nicolas Bouilly en 1804 pour une <em>Leonora</em> (gravée deux fois) ; l’année suivante, c’est au tour de Mayr de s’en emparer, en même temps que Beethoven qui remaniera plusieurs fois cette <em>Leonore</em> de 1805 jusqu’au <em>Fidelio</em> de 1814 (moutures disponibles en plusieurs versions).</p>
<p>Ce <em>dramma sentimentale</em> sera l’un des plus solides succès de Mayr, avec plus d’une vingtaine de productions en vingt ans. L’œuvre est ensuite balayée par la vague romantique, le semi-séria passant vite de mode ; mais lorsque paraît <em>L’Amor conjugale</em>, ce genre pluriel est particulièrement chéri du public. Acte unique de moins de deux heures, ce <em>Fidelio</em> sauce Mayr est particulièrement efficace dramatiquement. La disparition de Jaquino permet de mieux caractériser le trio formé par Zeliska (travestie en Malvino, « Fidelio » donc), Peters (équivalent de Rocco) et Floreska (Marzelline). Rien ne traîne en longueur, notamment les babillages charmants des premières scènes, là où Beethoven et surtout Paër se perdent parfois dans le couple secondaire ; après la scène de la prison, les ensembles mènent au finale sans temps mort. De bout en bout, on admire la fluidité d’une écriture qui passe sans rupture du pittoresque au touchant. On ne trouvera pas ici le souffle et l’humanisme d’un Beethoven (les chœurs sont d’ailleurs ici absents, et le finale est anecdotique), mais un demi-caractère qui ne signifie pas fadeur.</p>
<p>L’écriture vocale se souvient de Cimarosa, dans un style belcantiste dont Rossini fera son miel, et dans lequel frémit déjà la promesse romantique. Fidèle à son ascendance germanique, Mayr combine sans cesse divers instruments pour varier les couleurs – on songe à l’école viennoise illustrée par Mozart et Salieri –, jusqu’à se montrer parfois trop ostentatoire dans ses <em>obbligati. </em>Il s’accorde une vraie liberté formelle qui contribue grandement à la cohérence de l’œuvre, dont les numéros s’enchaînent sans heurt. Pas de long développement mélodique, mais des motifs accrocheurs : manière de faire avancer le drame, rien ne se répète dans la grande scène de Zeliska (« Sì, ne profitterò… Rendi il consorte amato », déjà gravée par Eiddwen Harrhy pour Opera Rara) ou dans le remarquable quatuor « Fra l’orror di questo abisso ». Témoignage d’un impeccable instinct musico-dramatique, cet <em>Amor conjugale</em> serait certainement viable en scène.</p>
<p>La réalisation de <strong>David Stern</strong> a l’immense mérite d’être fidèle à la sensibilité <em>semi-seria</em> et à sa mélancolie si fragile. <strong>Opera fuoco</strong> respire cette musique et ces couleurs avec un grand naturel, les contrastes sont dosés avec justesse pour éviter les hiatus, et le chef sait ménager pauses et respirations pour faire vivre l’interprétation, ce qui passe aussi par une ornementation idoine.</p>
<p>On pourrait trouver de plus grands belcantistes, plus d’italianité et de couleurs, cependant l’équipe paraît soudée autour de cette réalisation, sans maillon faible. <strong>Chantal Santon Jeffery</strong> puise dans sa longue fréquentation de l’opéra français pour varier ses accents et affronter un rôle assez central en phase avec les moyens de la très éminente Teresa Giorgi-Belloc<sup>1</sup>. Ni trop dramatique, ni trop légère (l’aigu sent l’effort çà et là), elle convainc dans ses divers registres et sait déclamer ou vocaliser quand il le faut. L’air d’Amorveno prisonnier est plutôt conventionnel. Sans flamboyance particulière, le ténor <strong>Andrés Agudelo</strong> offre des couleurs chaudes et de la sensibilité au personnage<sup>2</sup>. Très présent, <strong>Olivier Gourdy</strong> a beaucoup de truculence en Peters (irrésistible « L’oro a un colore »), sans surcharge. L’autre baryton, <strong>Adrien Fournaison</strong>, plus mat, restitue les affres de Moroski/Pizzaro. Vive et colorée, <strong>Natalie Pérez</strong> anime avec brio le délicieux « Non sò, cosa sia ». <strong>Bastien Rimondi</strong> enfin n’a pas grand-chose à chanter, mais le fait tout à fait bien. Son ténor plus lumineux éclaire le finale, qui couronne une fort belle découverte. Ces deux disques viennent avantageusement compléter un précédent coffret Naxos capté sur le vif.</p>
<p>1. Selon Fétis, « mezzo-soprano de peu d’étendue, mais d&rsquo;une qualité de son très pur ; son accent était en général expressif et touchant. » De fait, <a href="http://www.quellusignolo.fr/sopranos/giorgi-belloc.html">Giorgi-Belloc</a> a touché à tous les styles, mais connut de beaux succès dans le demi-caractère : après Zeliska elle fut la créatrice de deux opéras de Rossini correspondant à cet esprit, <em>L’Inganno felice</em> et <em>La Gazza ladra</em>. Incarnation du trait d’union entre deux époques, elle fut aussi une interprète mozartienne.<br />
2. Écrit dans une tessiture point trop haute pour <a href="http://www.quellusignolo.fr/tenors/gentili.html">Serafini Gentili</a>, loin des envolées suraiguës et virtuoses du Lindoro qu’il créera pour Rossini.</p>
<p> </p>
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		<title>LIGETI, Le Grand Macabre — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-grand-macabre-paris-le-macabre-lui-va-si-bien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Dec 2018 06:58:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les superproductions autour d’œuvres-phare de la musique contemporaine semblent fleurir en cette fin d’année 2018. Après un Stockhausen d’anthologie qui rassemblait les forces du Balcon et du CRR de Paris, voici un Ligeti tout aussi ébouriffant, mêlant les effectifs de l’Ensemble intercontemporain et de l’Orchestre du Conservatoire de Paris, avec la participation remarquée du Chœur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les superproductions autour d’œuvres-phare de la musique contemporaine semblent fleurir en cette fin d’année 2018. Après <a href="https://www.forumopera.com/donnerstag-aus-licht-paris-favart-und-es-ward-licht">un Stockhausen d’anthologie</a> qui rassemblait les forces du Balcon et du CRR de Paris, voici un Ligeti tout aussi ébouriffant, mêlant les effectifs de l’Ensemble intercontemporain et de l’Orchestre du Conservatoire de Paris, avec la participation remarquée du Chœur national hongrois. </p>
<p>Ce concert aux allures pantagruéliques donnait à entendre deux chefs d’œuvre du compositeur hongrois, se complétant mieux qu’on ne l’imagine. En effet, la farce breughelienne du <em>Grand Macabre</em> peut être vue comme une parodie du sentiment d’angoisse qui domine dans le <em>Requiem</em>. On dresse ici avant tout le portrait d’un Ligeti torturé par la question de la finitude, se réfugiant dans l’humour noir et scabreux, ou affrontant le problème à bras le corps, avec un soupçon de religieux. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/48046290_1656216571144433_8863856434928943104_n.jpg?itok=pE5dphc4" title="© Ensemble intercontemporain" width="468" /><br />
	© Ensemble intercontemporain</p>
<p>Un des défis majeurs du <em>Requiem</em> est de trouver la concentration suffisante pour instaurer l’ambiance mortifère de rigueur. Le moindre écart de nuance ou d’articulation suffit pour déchirer la toile contrapuntique finement tissée par un compositeur qui tenait Ockeghem pour l’un de ses maîtres. Pour cela, la battue ramassée et sans équivoque de <strong>Matthias Pintscher</strong> s’avère très efficace. Sa gestion des nuances est tout à l’honneur de la partition, et le chef peut compter sur la qualité des interprètes qui l’entourent pour tisser une magnifique tapisserie musicale.</p>
<p>Il faut avant tout rendre hommage à la grande qualité du Chœur national hongrois, préparé par <strong>Csaba Somos</strong>, qui ne laisse poindre aucune difficulté lorsqu’il s’agit de sortir des extrêmes graves ou aigus, tels que la partition en regorge. </p>
<p>Ces lignes vocales escarpées, les deux solistes de la soirée n’y échappent pas non plus. Dans l’ensemble, la mezzo <strong>Victoire Bunel</strong> s’en tire encore un peu mieux que sa partenaire <strong>Makeda Monnet</strong>, mais l’une comme l’autre épatent par leur intonation infaillible et leur souplesse vocale. Plus que les zig-zags du Dies irae, c’est le calme recueilli des sons tenus du Lacrimosa qui nous laissera la plus belle impression de la soirée.</p>
<p>Changement d’ambiance le plus radical après l’entracte : la mort est ici tournée en bourrique. L’intérêt du livret du <em>Grand Macabre</em>, œuvre commune du compositeur et de Michael Meschke réside dans sa gouaille absurde, dans son humour désespéré. Pour présenter un opéra aussi ambitieux, sans pour autant devoir se farcir les deux heures de musique (un peu fatigante à la longue), on a opté ici pour une version allégée de l’œuvre, réduite à une quarantaine de minutes. Si l’on peut regretter l’absence des ébouriffants « Mystères du Macabre », on constate que cette réduction donne un aperçu assez fidèle de ce qu’est l’œuvre dans toute sa durée.</p>
<p>Pourtant, ce qui devait être plus aisé à mettre en place que le <em>Requiem</em> n’est pas non plus gagné d’avance. En effet, la battue de Matthias Pintscher est toujours aussi énergique, mais les tempi très rapides de la partition déroutent parfois les interprètes, à l’image d’une première scène un peu trop précipitée. De plus, le vacarme instrumental orchestré par Ligeti et exacerbé par Pintscher couvre souvent des chanteurs mis en difficulté par les registres extrêmes de leur rôle. </p>
<p>Le ton nonchalant et bouffon du ténor <strong>Benoît Rameau</strong> sied tout à fait au rôle de Piet-le-Pot, et à part un allemand perfectible, il n’y a rien à reprocher à une interprétation on ne peut plus vivante. Le même constat scénique vaut pour le Nekrotzar de <strong>Jean-Christophe Lanièce</strong>. Si le baryton doit encore consolider ses graves pour pouvoir camper de tels rôles, la prononciation est de nouveau l’atout du chanteur. Côté féminin, le duo Amando/Amanda formé par <strong>Marie Soubestre</strong> et <strong>Victoire Bunel</strong> déborde comme il faut de sensualité. Si les aigus puissants de la première couvrent un peu le registre de la seconde, leurs interventions brillent avant tout par leur musicalité. Les voix de <strong>Borbála Kiss</strong>, <strong>Makeda Monnet</strong>, <strong>Olivier Gourdy</strong> et <strong>Jenö Dékán</strong> viennent honorablement compléter la distribution pour le canon final.</p>
<p>On constate avec toujours autant de bonheur que les collaborations entre conservatoires et salles de spectacles autour d’œuvres contemporaines se déroulent à merveille. La récompense pour l’organisation d’une telle production est avant tout le public venu se masser dans une Grande salle de la Philharmonie pleine jusqu’au dernier siège.</p>
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