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	<title>Jennifer JOHNSTON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jennifer JOHNSTON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MAHLER, Symphonie N° 8</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2026 03:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après des Deuxième et Troisième Symphonies marquées par des bonheurs divers, où Semyon Bychkov avait tendance à trop triturer le texte mahlérien, les planètes semblent enfin s&#8217;aligner parfaitement pour l&#8217;intégrale du chef russo-américain, qui signe une Huitième de haute volée. Le célèbre critique américain Dave Hurwitz (on vous recommande chaudement ses vidéos sur YouTube) a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après des <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mahler-symphonie-n2/">Deuxième</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mahler-symphonie-n-3-semyon-bychkov/">Troisième Symphonies</a> marquées par des bonheurs divers, où <strong>Semyon Bychkov</strong> avait tendance à trop triturer le texte mahlérien, les planètes semblent enfin s&rsquo;aligner parfaitement pour l&rsquo;intégrale du chef russo-américain, qui signe une <em>Huitième</em> de haute volée.</p>
<p>Le célèbre critique américain Dave Hurwitz (on vous recommande chaudement ses vidéos sur YouTube) a comparé le rôle du chef d&rsquo;orchestre dans la <em>Symphonie des Mille</em> à celui d&rsquo;un agent de police chargé de la circulation : il suffit de gérer les flux. Très différente en cela des autres œuvres de Mahler, qui font toutes appel à la subjectivité de l&rsquo;interprète, la <em>Huitième</em> se veut tout entière une célébration du monde existant et de la vie. Elle se situe donc du côté de l&rsquo;objectivité. Bychkov l&rsquo;a bien compris, et il se garde de sursolliciter le texte. Il laisse parler la musique, dont l&rsquo;éloquence emporte tout sur son passage.</p>
<p>C&rsquo;est particulièrement vrai dans le « Veni Creator », que Mahler comparaît à des astres tournoyant dans le ciel. En invoquant le Saint-Esprit et son pouvoir démiurgique, et en suivant strictement les formes musicales les plus éprouvées (forme-sonate et fugue), le compositeur s&rsquo;agenouille devant le réel et l&rsquo;histoire du monde. Il s&rsquo;agit de laisser tomber ses conflits intérieurs (qui avaient si bien été traités dans la <em>Septième Symphonie</em>) et de se laisser emporter par la houle du monde. Bychkov fait rugir son <strong>Orchestre philharmonique tchèque</strong>, qui sonne plein et franc. Les <strong>chœurs philharmoniques de Prague et de Brno</strong> sont homogènes, enthousiastes et justes. Les preneurs de son réussissent l&rsquo;exploit de contourner tous les pièges de l&rsquo;acoustique du Rudolfinum pour nous livrer un enregistrement tout en rondeur et générosité. Les solistes sont engagés, sans qu&rsquo;aucun d&rsquo;entre eux ne cherche à tirer la couverture vers lui. C&rsquo;est important dans une pièce où doit régner l&rsquo;esprit de la musique sacrée. Les 25 minutes s&rsquo;écoutent dans un ravissement constant, et la péroraison finale laisse l&rsquo;auditeur aussi sonné qu&rsquo;heureux.</p>
<p>La seconde partie de la Symphonie pose d&rsquo;autres défis, notamment celui de parvenir à animer les dix premières minutes et leurs répétitions lancinantes. Bychkov y parvient en faisant appel à son habituel point fort : l&rsquo;art du détail. Toutes les couches sonores de l&rsquo;orchestre sont exposées l&rsquo;une après l&rsquo;autre, et les bois du Philharmonique tchèque sont à la hauteur de leur réputation, même s&rsquo;ils ont perdu une part de leur spécificité et sonnent d&rsquo;une manière pas très différente de celle de leurs collègues de Vienne ou de Berlin.</p>
<p>Arrivent les différents solos vocaux, et c&rsquo;est un festival de beauté : <strong>Adam Plachetka</strong> et <strong>David Steffens</strong> rivalisent de somptuosité, <strong>David Butt Philip</strong> ne fait qu&rsquo;une bouchée de ses aigus, si exposés, et les dames n&rsquo;appellent que des éloges. Le flot des chœurs s&rsquo;écoule avec un naturel confondant. Manœuvrant discrètement tout cela, Bychkov soigne les équilibres, garde un tempo régulier, fait sonner son orchestre avec ampleur. Il conduit son monde avec méthode vers l&rsquo;apothéose du « Alles Vergängliche ist nur ein Gleichnis », exultation véritablement orgasmique.</p>
<p>C&rsquo;est donc la symphonie de Mahler la plus vocale qui aura réussi le mieux au chef. Sans doute faut-il y voir un présage heureux pour son mandat à la tête de l&rsquo;Opéra de Paris.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>MAHLER, Deuxième symphonie &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mahler-deuxieme-symphonie-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Mar 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Monumentale, c’est peut-être – au fond – par la démesure de ses ambitions que la Deuxième de Mahler tranche le plus dans le paysage globalement monotone de toute vie. Mahler ne manque d’ailleurs pas de le rappeler quand, aux scènes joyeuses ou dansées, répondent des dissonances aujourd’hui intégrées mais qui, alors, pouvaient encore relever de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Monumentale, c’est peut-être – au fond – par la démesure de ses ambitions que la <em>Deuxième </em>de Mahler tranche le plus dans le paysage globalement monotone de toute vie. Mahler ne manque d’ailleurs pas de le rappeler quand, aux scènes joyeuses ou dansées, répondent des dissonances aujourd’hui intégrées mais qui, alors, pouvaient encore relever de l’inaudible – pas tant ce qu’on ne <em>peut</em> entendre que ce qu’on ne <em>veut </em>entendre. Car la <em>Deuxième </em>porte bien un discours à certains égards insupportable. Et s’il est question de <em>Résurrection</em> (bien que Mahler n’ait jamais donné de titre – ni celui-là, ni un autre – à sa symphonie), c’est qu’il est d’abord question de mort. Pas de résurrection sans vie préalable, sans souffrance, sans mort. Pas de lumière sans ténèbres. Après deux millénaires de christianisme, on connaît la rengaine. Pourtant, rien n&rsquo;est plus insupportable et, dès lors, difficile. « Travaillons donc à bien penser », écrivait Pascal. Puisque l’homme a la conscience de sa propre fin, à lui d’en tirer les conclusions et, précisément, de <em>vivre</em> – le cas échéant, joyeusement – avec cette certitude. Une merveilleuse amie avait laissé un post-it sur son exemplaire des <em>Pensées </em>avant de partir<em> </em>: « médecin de l’âme ». L’ambition démesurée de la <em>Deuxième </em>peut sans doute se lire à cette aune : relire la vie à partir de la mort, dans une perspective heureuse – guérir l’âme à grands renforts de cuivres et contrebasses.</p>
<p style="font-weight: 400;">Si Mahler n’a pas donné de titre à son grand poème, il est certain qu’il avait une vision très précise de l’histoire qu’il racontait – parce qu’il a écrit une partie des textes chantés, mais aussi parce qu’il attachait une grande importance à la manière dont l’œuvre serait comprise (elle ne l’a pas toujours été, ni tout de suite). Le compositeur écrit plusieurs programmes à l’occasion des exécutions de la <em>Deuxième</em> : « Dans le <em>premier mouvement</em>, le héros symphonique est porté en terre après un long combat “contre la vie et le destin”. Il lance un regard rétrospectif sur son existence, d’abord sur un moment de bonheur (<em>deuxième mouvement</em>), puis sur le tourbillon cruel de l’existence, sur la “mêlée des apparences” et “l’esprit d’incrédulité et de négation” qui s’est emparé de lui (<em>Scherzo</em>) ». Sous la baguette de <strong>Gergely Madaras</strong>, violoncelles et contrebasse semblent en effet remuer le sol, manière de figurer le tremblement des enfers ou les coups de pelle donnés par les hommes eux-mêmes – ces coups de pelle que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/resurrection-aix-en-provence-les-vaincus-de-lhistoire/">Romeo Castellucci</a> avait si justement mis en lien avec l’œuvre mahlérienne dans sa propre <em>Résurrection</em>. L’attaque est incisive, pas directement terrifiante, laissant au thème la place qui convient pour déployer sa démesure. Car l’art du chef consiste peut-être d’abord en un exercice de dosage, tant la partition semble indomptable. Si, dans la <em>Seconde</em>, c’est bien la moindre des choses de parvenir à faire parler les cordes dès la première attaque, le vrai défi consiste peut-être à trouver l’équilibre juste entre les intentions – mais c’est une banalité de l’écrire – et entre les timbres. Aux grincements des damnés – que l’on aurait parfois aimé plus violents encore – répond le son plein, suave et rond, presque voluptueux et à certains égards comme beurré, des bois. Très vite, l’attention du chef est de nouveau axée sur la portée bucolique de l’œuvre, servie par une excellente flûte traversière qui n’abandonne toutefois jamais l’inquiétude des premières mesures. La véritable illumination se produit à l’entame du troisième mouvement, tandis que les cordes apportent une scansion qui permet peu à peu à la lumière de jaillir du précipice creusé jusqu’alors. C’est là que naît l’espoir – espoir qui n’existe que dans une lutte entre obscurité et lumière, entre cuivres et bois, entre trompettes (apocalyptiques, cela va toujours de soi) et flûtes (peut-être angéliques, cela va un peu moins de soi). Et quand on entr’aperçoit un choral de Bach aux cuivres, on sait que, au fond, il est bien question de résurrection.</p>
<p style="font-weight: 400;">Au terme de l’épopée orchestrale surgit l’homme – ou, plus justement d’ailleurs, la femme – et ce qui le caractérise peut-être en premier chef : la parole, la poésie, le mysticisme et la pensée de la mort, la capacité de penser cette pensée, de l’exprimer en un souffle qui surgit d’abord du corps – c’est-à-dire de la chair mortelle et donc d’un lieu éphémère et périssable, celui de toutes ses angoisses ; celui qui doit, pourtant, renaître malgré la décomposition (biologiquement ou, de manière plus concrète, politiquement – ce qu’avait remarquablement compris <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/resurrection-aix-en-provence-les-vaincus-de-lhistoire/">Castellucci</a>). <strong>Jennifer Johnston </strong>offre le timbre souple et chaud qu’appelle l’émergence de la petite rose rouge (« O Röschen rot »)  sur son champ de ruines (« Der Mensch liegt in größter Not, der Mensch liegt in größter Pein ») – comme un souffle vital. On regrette des cuivres un peu à côté de leurs pistons depuis le début de l’œuvre et qui, à cet instant, tranchent trop franchement. Johnston dirige sa phrase en une direction tendue et toute entière dirigée vers la lumière : son « leuchten mir » est ancré dans un médium-grave large mais plein d’harmoniques. C’est la parfaite jonction entre les deux pôles que charrie sans cesse Mahler. Mais l’énergie la plus intense surgit du chœur (<b>Chœur </b><strong>symphonique de Namur</strong>)<strong>.</strong> La première attaque est éblouissante d’ancrage et de sérénité. Le son est ample. Il émerge et éclot des profondeurs. D’ailleurs, sans que l’équilibre se trouve perturbé, ce sont les basses que l’on entend d’abord – pas tant le pupitre, que la  granularité vocale qui confère à l’ensemble largeur et présence. <strong>Polina Pastirchák </strong>peine d’abord à passer l’orchestre mais, peu à peu, elle affirme un timbre clair et une projection efficace qui, dans le duo « O Schmerz, du Alldurchdringer ! », offre un très beau contrepoint à l’alto.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le 22 janvier 1899, Mahler donnait la première exécution d’une de ses œuvres hors territoires germaniques, à Liège, en la salle philharmonique, avec sa <em>Deuxième symphonie </em>qui avait déjà été jouée dans la même salle le 6 mars 1898 sous la direction de Sylvain Dupuis. À l’évidence, l’œuvre y a une vie particulière. A-t-elle pu y ressusciter ?</p>
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		<title>Glyndebourne : le riche programme de l&#8217;édition 2023</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/glyndebourne-le-riche-programme-de-ledition-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Nov 2022 07:07:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle édition du Festival de Glyndebourne se tiendra du 19 mai au 27 août 2023.  Mariame Clément signera la nouvelle production de Don Giovanni dirigée par le jeune chef américain Evan Rogister. Andrey Zhilikhovsky et Andrei Bondarenko  alterneront dans le rôle-titre. Donna Anna sera interprétée par Venera Gimadieva et Donna Elvira par Ruzan Mantashyan. Oleksiy Palchykov sera &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle édition du Festival de Glyndebourne se tiendra du 19 mai au 27 août 2023. </p>
<p><strong>Mariame Clément </strong>signera la nouvelle production de <em>Don Giovann</em>i dirigée par le jeune chef américain <strong>Evan Rogister.</strong> <strong>Andrey Zhilikhovsky</strong> et<strong> Andrei Bondarenko</strong>  alterneront dans le rôle-titre. Donna Anna sera interprétée par <strong>Venera Gimadieva</strong> et Donna Elvira par <strong>Ruzan Mantashyan</strong>. <strong>Oleksiy Palchykov </strong>sera Don Ottavio. Issu de l&rsquo;Atelier Lyrique / Académie de l’Opéra national de Paris, le jeune (et déjà remarqué) <strong>Mikhail Timoshenko </strong>sera Leporello.</p>
<p>La création <em>in loco</em> de <em>Dialogues des Carmélites </em>risque d&rsquo;être un des must de la saison : elle sera signée par <strong>Barrie Kosky</strong> et dirigée par Robin Ticciati à la tête du London Philharmonic Orchestra. La distribution inclue <strong>Danielle de Niese</strong> en Blanche de la Force et <strong>Katarina Dalayman </strong>en Madame de Croissy. </p>
<p>Ticciati dirigera également une nouvelle reprise de la production de <strong style="font-size: 14px;">John Cox </strong>du <em style="font-size: 14px;">Rake&rsquo;s progress</em> (créée en 1075), avec le London Philharmonic Orchestra, <strong style="font-size: 14px;">Thomas Atkins</strong> (Tom Rakewell), <strong style="font-size: 14px;">Sam Carl</strong> (Nick Shadow) et <strong style="font-size: 14px;">Louise Alder</strong> (Ann Trulove). </p>
<p><em style="font-size: 14px;">L’Elisir</em> <em style="font-size: 14px;">d’amore</em> sera donné dans une reprise de la production d&rsquo;<strong style="font-size: 14px;">Annabel Arden</strong>, transposée dans les années 40. <strong style="font-size: 14px;">Liparit Avetisyan </strong>et <strong style="font-size: 14px;">Matteo Desole </strong>seront Nemorino en alternance, aux côtés de la Norina de<strong style="font-size: 14px;"> Nardus Williams</strong>. <strong style="font-size: 14px;">Biagio Pizzuti</strong> en Belcore et <strong style="font-size: 14px;">Renato Girolami </strong>en Dulcamara complètent la distribution. Le London Philharmonic Orchestra est placé sous la direction de<strong style="font-size: 14px;"> Ben Gernon</strong>.</p>
<p><em style="font-size: 14px;">Semele </em>connaitra aussi sa première scénique locale dans une mise en scène d&rsquo;<strong style="font-size: 14px;">Adele Thomas</strong>. <strong>Václav Luks </strong>dirigera l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightment et une distribution de jeunes chanteurs parmi lesquels<strong> Joélle Harvey </strong>(Semele), <strong>Jennifer Johnston</strong> (Juno), <strong>Stuart Jackson </strong>(Jupiter) et<strong> Samuel Mariño</strong> (Iris).</p>
<p>Enfin, Dalia Stasevska dirigera le  London Philharmonic Orchestra pour une reprise de la production de Peter Hall d&rsquo;<em>A Midsummer night&rsquo;s dream</em>. L&rsquo;opéra de Britten ser interprété par<strong> Liv Redpath</strong> et <strong>Soraya Mafi </strong>(Tytania en alternance), <strong>Samuel Dale Johnson</strong> (Demetrius), <strong>Rachael Wilson</strong> (Hermia) et<strong> Caspar Singh</strong> (Lysander).</p>
<p>Plus d&rsquo;informations sur <a target="_blank" href="https://www.glyndebourne.com/" rel="nofollow">www.glyndebourne.com</a></p>
<p> </p>
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		<title>MAHLER, Symphonie n° 3 en ré mineur — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/3e-symphonie-de-mahler-klaus-makela-paris-philharmonie-une-3e-symphonie-de-mahler-incandescente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurore Tillac]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 May 2022 06:18:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mardi 10 mai dernier, le public de la Philharmonie de Paris eut droit à une 3e symphonie de Mahler on ne peut plus mémorable. Une distribution idéale au service d’une musique géniale, parfaite concision de puissance, d’emphase, de douceur, de sacré, et préfiguratrice des symphonies suivantes.  Une symphonie qui exalte la nature et qui reprend &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mardi 10 mai dernier, le public de la Philharmonie de Paris eut droit à une 3e symphonie de Mahler on ne peut plus mémorable. Une distribution idéale au service d’une musique géniale, parfaite concision de puissance, d’emphase, de douceur, de sacré, et préfiguratrice des symphonies suivantes. </p>
<p>Une symphonie qui exalte la nature et qui reprend les étapes de la Création : le premier mouvement symbolise les forces telluriques, le second la végétation, le troisième les animaux, le quatrième la naissance de l&rsquo;homme, le cinquième les anges (chœur d’enfants et choeur de femmes) et le dernier l&rsquo;amour. Un septième mouvement devait la conclure, mais servit en fait de finale à la Quatrième Symphonie. </p>
<p>Aussi, pour servir cette écriture si extraordinaire et nous permettre de visualiser ces images si marquées, il faut un talent certain. Nous ne fûmes donc pas en reste, <strong>Klaus Mäkelä</strong> fut prodigieux, avec une maîtrise absolue de la partition, le geste sûr, fluide, évident, permettant une conduite et un phrasé impeccables. L’orchestre philharmonique d’Oslo fut quant à lui à l’image de son chef. Une symbiose totale avec un Klaus Mäkelä incandescent, au service de l’émotion et de la précision. Mention spéciale à la corniste solo qui a jonglé entre puissance et douceur avec une rare agilité. </p>
<p><strong>Jennifer Johnston</strong>, époustouflante, a fait scintiller le texte de Nietzsche par une voix parfaitement maîtrisée et une diction à faire rougir les linguistes les plus tatillons.</p>
<p>Et enfin, un chœur d’enfants et de femmes (chœur de femmes de l’orchestre de Paris, chœur d’enfants de l’orchestre de Paris et chœur d’enfants d’Oslo) que l’on aurait attendu plus fourni en nombre, surtout quand on connaît l’effectif total du chœur de l’orchestre de Paris. Il n’en demeure pas moins que leur prestation fut superbe, précise, engagée, avec un son parfaitement homogène et dont les timbres grâcieux se mélangent dans une élégante fluidité. </p>
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		<title>KORNGOLD, Die Tote Stadt — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-tote-stadt-munich-jonas-kaufmann-nouvelle-etape-nouveau-triomphe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Dec 2019 22:51:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’était l’événement annoncé de la fin de l’année 2019, c’est désormais un triomphe avéré, tant pour Jonas Kaufmann qui affrontait un nouveau rôle aux exigences extrêmes que pour les acteurs émérites de cette Ville morte. Le ténor bavarois poursuit donc l’ascension qui doit le mener vers Tristan – un troisième acte en avril à Boston et &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’était l’événement annoncé de la fin de l’année 2019, c’est désormais un triomphe avéré, tant pour <strong>Jonas Kaufmann</strong> qui affrontait un nouveau rôle aux exigences extrêmes que pour les acteurs émérites de cette <em>Ville morte</em>. Le ténor bavarois poursuit donc l’ascension qui doit le mener vers Tristan – un troisième acte en avril à Boston et Carnegie, et une prise de rôle en 2021 en Bavière, si l’on en croit les on-dit locaux (Krzysztof Warlikowski mettrait en scène) – et l’étape « Paul » le conduit déjà très près de ce sommet. Le rôle, proprement écrasant, mobilise le chanteur dans de longs monologues, exige un médium solide tout en sollicitant fréquemment l’aigu dans des phrases à la tension extrême. Jonas Kaufmann ne s’économise pas et galbe les muscles vocaux dès ses premières répliques. Celui à qui certains ont reproché un certain maniérisme par le passé en seront pour leur frais : émission claire, voix à la puissance certaine et aigus de poitrine claironnants, il se réserve les demi-teintes et <em>piani </em>dont il a le secret pour les passages les plus tendres, les instants d’intimité et de fragilité de Paul. L’endurance du ténor ne laisse aucun doute, et même, après un premier acte tendu, il retrouve une souplesse exemplaire, brûle les planches de sa voix et de sa présence dans le duo du deuxième acte et couronne son incarnation dans un final à la poésie magnifiée par un timbre qui aura conservé toute sa fraîcheur. Il s’impose déjà comme un grand Paul et laisse entrevoir le Tristan qu’il pourrait être demain.</p>
<p>Une telle réussite est rendu possible en partie par l’équipe autour du chanteur. <strong>Marlis Petersen</strong> s’avère l’aiguillon parfait pour piquer ce Paul. Présence scénique encore plus magnétisante que celle du ténor, elle le pousse dans ses retranchements et porte leurs disputes et ébats dans des confins torrides. Pourtant ses premières interventions font craindre un sous-dimensionnement comme pour la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/salome-munich-la-grenouille-et-le-boeuf"><em>Salome</em> </a>de l’été passé. Certes, la matière vocale n’est pas aussi étoffée qu’on pourrait le souhaiter et cette Marietta s’avère davantage espiègle vocalement que pleinement séductrice, faute des moirures suffisantes. Pourtant, de scène en scène, Marlis Peterson installe son personnage en même temps qu’elle caracole, véritable furie scénique. Sa transformation en apparition de Marie, jeune femme en phase terminale d’un cancer, sidère le public, de même que le cristal pur avec lequel elle chante ces quelques répliques déchirantes. Les duos des actes suivants, qu’elle charge de tout l’érotisme physique et vocal qu’elle peut mobiliser, finissent d’emporter toutes les réserves. Chanceux Jonas Kaufmann, qui après Kristine Opolais à Londres dans Puccini, trouve en Marlis Petersen une égale bête de scène. Chanceux les spectateurs qui assistent à pareille rencontre.<br />
	Le bémol de la soirée vient du reste de la distribution qui, sans démériter, ne se hisse pas aux mêmes sommets. <strong>Jennifer Johnston</strong> compose une Birgitta émouvante mais parfois en mal de justesse ; <strong>Andrzej Filonczyk</strong> s’avère bien trop prosaïque de timbre et de ligne pour enchanter le lied de Pierrot ou sortir Frank de l’anonymat amical que lui a dévolu le livret. Pas de sensation particulière chez les autres rôles secondaires, certes courts : même le Comte Albert de <strong>Dean Power</strong> ou le Gaston de <strong>Manuel Gunther</strong> s’oublient aussi vite qu’ils quittent la scène. A tout le moins, reconnaîtra-t-on à tous, y compris à <strong>Mirjam Mesak</strong> (Juliette) et <strong>Corinna Scheurle</strong> (Lucienne), un abattage scénique jubilatoire. Les chœurs, notamment ceux des enfants, s’avèrent excellents.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/lm0a5745.jpg?itok=mpnrHAFG" title="© Wilfried Hösl" width="468" /><br />
	© Wilfried Hösl</p>
<p>La proposition scénique de <strong>Simon Stone</strong>, créé avec sensation à Bâle en 2016, convainc, elle, tout à fait. L’action est transposée à notre époque dans une maison à la décoration design où trônent deux affiches, deux références filmographiques sous lesquelles le metteur en scène australien place sa lecture : <em>Blow-up</em> d’Antonioni et <em>Pierrot le Fou </em>de Godard. Ces clés de lecture sont aussi évidentes que pertinentes eu égard au livret du compositeur. Le rendu scénique trahit également l’homme du septième art qu’est Simon Stone. Cette maison en kit juchée sur une tournette fonctionne comme un implacable travelling dans la solitude et la démence de Paul, où les apparitions dédoublées de sa défunte épouse donnent à voir la santé mentale détraquée du veuf. La maison se disloque, ses pièces se retrouvent pour ainsi dire sens dessus dessous, comme dans le mauvais rêve que Paul est en train de faire. La virtuosité de ce dispositif achève de bluffer le spectateur au dernier acte, où la maison se recompose pour retrouver son agencement à la propreté maniaque du début. Manière de dire que, malgré ses dénégations, Paul n’en a pas fini avec son deuil qui l’empêche de vivre ?</p>
<p>Si l’on avait oublié la virtuosité de la baguette de <strong>Kirill Petrenko</strong>, il la rappelle dès les premières mesures, déployant un orchestre translucide et liquide où chaque détail se fond en un instant dans un tout ordonné. On se régale des interventions des deux harpes, on grimace un peu devant des timbales toujours très mises en avant par le chef russe. Couleurs et timbres, le directeur musical les manie comme un alchimiste : chaque scène trouve sa juste ambiance, chaque soliste reçoit l’équilibré soutien dont il a besoin. Pourtant cette direction de haut vol laisse un regret : <em>Die tote Stadt</em> comporte aussi ses envolées lyriques, celles qui galvanisent les deux chanteurs sur scène et l’on aurait aimé que la maîtrise maniaque de Kirill Petrenko s’abandonne parfois dans l’hédonisme d’un sentiment exprimé de manière simple et immédiate.</p>
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		<title>Doctor Atomic</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/doctor-atomic-cest-de-la-bombe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Aug 2018 15:44:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au risque de se répéter, il faut bien le redire : c’est miracle que John Adams parvienne encore à composer une musique d’une telle qualité malgré l’inconsistance des livrets que lui soumet Peter Sellars. Ces collages de citations sont si dénués de force dramatique qu’il ne faut pas s’étonner si les œuvres scéniques d’Adams ne produisent &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au risque de se répéter, il faut bien le redire : c’est miracle que John Adams parvienne encore à composer une musique d’une telle qualité malgré l’inconsistance des livrets que lui soumet Peter Sellars. Ces collages de citations sont si dénués de force dramatique qu’il ne faut pas s’étonner si les œuvres scéniques d’Adams ne produisent pas tout l’impact qu’elles pourraient avoir. Malgré tout, si <em>Doctor Atomic</em> – première mondiale à San Francisco en octobre 2005, création française <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/une-terrible-beaute-est-nee">à Strasbourg en mai 2014 </a>– a des chances de s’imposer aux côtés de <em>Nixon in China</em> et de <em>The Death of Klinghoffer</em>, c’est peut-être grâce aux scènes où, par bonheur, les protagonistes sont réunis en de véritables dialogues. Faire chanter aux personnages des poèmes empruntés ici et là, cela peut fonctionner pour introduire une pause dans le déroulement de l’intrigue, mais rarement davantage ; les premiers instants de <em>Doctor Atomic</em> pâtissent un peu de ce travers, mais par chance la scène 3 est portée par un souffle théâtral qui rend aussi la musique tout à coup bien plus mouvementée. Le deuxième acte, de longueur identique au premier, lui répond de manière assez symétrique, puisqu’il se termine comme l’opéra avait commencé, avec une ultime scène plongée dans un climat de relative torpeur, en évitant toute tentative trop réaliste d&rsquo;évocation sonore du premier essai atomique en juillet 1945.</p>
<p>Jusqu’ici, <em>Doctor Atomic</em> avait été particulièrement bien servi en vidéo, avec déjà deux DVD : chez Opus Arte, la production signée Peter Sellars pour la création mondiale, mais filmée en 2007 à Amsterdam ; <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/un-promethee-americain">chez Sony,</a> le spectacle commandé par le Met à Penny Woolcock en 2011. Autant le dire, ni l’un ni l’autre de ces deux spectacles n’avait en son temps totalement convaincu, l’œuvre s’avérant difficile à animer d’une authentique vie scénique, compte tenu des remarques formulées plus haut au sujet du livret. Peut-être finalement la version de concert est-elle un bon choix, et c’est à l’occasion d’une telle interprétation à Londres en 2017 qu’a pu être réalisé le disque publié par Nonesuch, label associé de longue date à John Adams. Les deux concerts d’avril 2017 ayant été immédiatement précédés d’une semaine d’enregistrement en studio, il est difficile de déterminer d’où vient exactement tout ce que l’on entend sur le disque. Contrairement aux deux DVD, c’est ici le compositeur en personne qui dirige l’orchestre et les chœurs de la BBC ; son récent passage à la Philharmonie de Paris <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/el-nino-paris-philharmonie-feliz-re-navidad">en décembre 2016, pour <em>El Ni</em><em>ño</em></a>, a montré que John Adams dirigeait fort bien ses propres œuvres. En l’absence de tout accompagnement visuel, la musique de <em>Doctor Atomic</em> se déploie ici avec toute la force d’une partition déjà « classique », au sens où elle semble s’être affranchie de toute mode pour exploiter toutes les ressources utilisables.</p>
<p>Une fois de plus, comme à la création en 2005 et comme pour les deux DVD disponibles, Robert Oppenheimer a ici la voix de <strong>Gerald Finley </strong>: douze ans après la première, bien des prises de rôle se sont ajoutées (Guillaume Tell, Hans Sachs…), mais sans que la voix du baryton canadien ne perde rien de sa souplesse élancée. Le personnage a trouvé son interprète d’élection, dont les couleurs contrastent parfaitement avec les deux autres grands rôles masculins. Avec le général Groves, le baryton <strong>Aubrey Allicock</strong> hérite d’un rôle dont les incursions dans les extrêmes de la tessiture rappellent un peu ce que John Adams faisait jadis chanter à son Mao ténor dans <em>Nixon in China</em> ; les aspects comiques du personnage, ici peu mis en évidence, ont peut-être besoin de la scène pour être plus sensibles. Inoubliable en Claggart dans <em>Billy Budd</em>, <strong>Brindley Sherratt </strong>confirme une fois de plus, dans le rôle de Teller, qu’il est l’une des meilleures basses britanniques du moment ; ce n’est pas un hasard s’il cumule cet été Ochs et Arkel au festival de Glyndebourne. En Wilson, <strong>Andrew Staples</strong> apporte le contraste de sa voix claire dans les deux scènes où il intervient. Du côté des voix féminines, <strong>Jennifer Johnston</strong> prête une belle densité à la servante Pasqualita. <strong>Julia Bullock</strong> s’avère assez idéale dans un rôle qu’elle chante d’ailleurs en ce moment à l’Opéra de Santa Fe et qui, sans atteindre la virtuosité hystérique de Madame Mao, n’en exige pas moins de brusque sauts vers l’aigu, qui ont dû rendre le rôle particulièrement difficile pour les mezzos qui s’y sont risquées. La soprano fait désormais partie de l&rsquo;équipe Adams-Sellars, puisqu&rsquo;on la retrouvera en février prochain à Amsterdam dans <em>Girls of the Golden West</em>​. </p>
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		<title>STRAUSS, Die Liebe der Danae — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-liebe-der-danae-salzbourg-tout-lor-du-monde-sur-la-scene-du-festspielhaus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Aug 2016 15:41:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant dernier opéra composé par Richard Strauss (deux ans avant Capriccio) mais créé seulement après le décès du compositeur, la production initiale de 1944 ayant été finalement annulée par décision de Goebels, Die Liebe der Danae est une dissertation sur les limites du pouvoir de l’or face à l’amour véritable. En filigrane, Hofmansthal distille quelques &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant dernier opéra composé par Richard Strauss (deux ans avant Capriccio) mais créé seulement après le décès du compositeur, la production initiale de 1944 ayant été finalement annulée par décision de Goebels, <em>Die Liebe der Danae</em> est une dissertation sur les limites du pouvoir de l’or face à l’amour véritable. En filigrane, Hofmansthal distille quelques vérités utiles à caractère universel, relatives à l’insondable du cœur des femmes et des amours en général, au poids du matériel face aux sentiments humains, sans jamais se départir de sa délicieuse légèreté viennoise.</p>
<p>Partition très dense et particulièrement chatoyante, orchestration très fournie, grandes envolées lyriques, cette fable mythologique est une œuvre qui, sans être d’un accès facile, ne manque pourtant pas d’atouts et si elle n’est pas plus souvent au répertoire, c’est sans doute qu’elle exige une distribution de très haut niveau, mais aussi très nombreuse, et donc forcément très couteuse.</p>
<p>Mais à Salzbourg on ne compte pas, et c’est donc un très grand spectacle auquel il nous a été donné d’assister tant sur le plan visuel que musical.</p>
<p>Le livret est censé se passer dans la Grèce antique, qui reçoit régulièrement les visites de Jupiter en manque de conquêtes. <strong>Alvis Hermanis</strong> pousse un peu plus à l’Est, et transporte l’action aux portes de Samarcande ou dans un monde de rêves, un véritable conte des mille et unes nuits avec un chatoiement de costumes et de décor inouï par lesquels il crée un visuel d’une beauté stupéfiante. Pantalons bouffant, coiffes enturbannées, tuniques chamarrées et abondance de tapis – sans craindre l’excès –  donnent l’impression d’un luxe sans limites, avec pour points culminants les vêtements d’or apportés par Midas et le ballet non moins doré, façon girls du Lido, qui accompagne la scène du rêve de Danaé. Le spectaculaire est à son comble lorsque Jupiter fait son entrée richement paré sur le dos d’un éléphant blanc !</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="330" src="/sites/default/files/styles/large/public/hires-die_liebe_der_danae_2016_tomasz_konieczny_ensemble_c_sf_forster.jpg?itok=-ZDzCGyw" title="Tomasz Konieczny (Jupiter) © Salzburger Festspiele/Michael Pöhn" width="468" /><br />
	Tomasz Konieczny (Jupiter) © Salzburger Festspiele/Michael Pöhn</p>
<p>Tout cela est parfaitement en adéquation avec les scintillements d’une partition très riche elle aussi, créant un spectacle complet particulièrement cohérent. Musicalement, l’œuvre connaît un tournant spectaculaire (et une concentration de sens)  lorsque Danaé dans son magnifique air « Lebe wohl, mein Traum » renonce à tout l’or du monde pour se consacrer à son amour pour Midas.</p>
<p>A la fin de la pièce, le metteur en scène opposera à ce luxe de couleurs la blancheur presque monacale de l’univers des amants lorsqu’ils auront choisi la pauvreté pour pouvoir vivre leur amour. Un petit âne, blanc lui aussi, aura remplacé l’éléphant, créant une émotion intense par sa simplicité et sa poésie. Entourée de ses compagnes en niqab blanc, Danaé tisse humblement. L’orchestration se fera plus sage, elle aussi, pour une très longue dernière scène, planante comme Strauss en a le secret (rien à envier à la scène finale de Capriccio), d’une beauté musicale à couper le souffle, trente minutes d’intense bonheur, dont on voudrait qu’il ne s’arrête jamais.</p>
<p>Car une grande partie de la réussite de ce spectacle, on la doit à l’orchestre du Wiener Philhamoniker qui déploie la partition avec une précision, un luxe de détails exemplaires, un sens aigu du lyrisme straussien doublé d’une chaude sensualité. <strong>Franz Welser-Möst</strong> maître de la fosse, olympien, conduit le tout à la perfection, sans jamais perdre son sang-froid. Ni l’ampleur de l’orchestre ni le nombre des chanteurs et l’importante masse des choristes à diriger sur scène ne semblent l’impressionner, et sa vision particulièrement claire de l’œuvre, pourtant fort touffue, s’impose très naturellement d’un bout à l’autre.</p>
<p>La distribution vocale est dominée par la Danaé de <strong>Krassimira Stoyanova</strong>, voix large et bien timbrée, à laquelle on pourrait juste souhaiter encore plus de moelleux dans l’aigu pour encore mieux épouser les suaves courbes straussiennes. <strong>Tomasz Konieczny</strong> fait un Jupiter d’une noble prestance avec un très beau timbre de baryton, mais la performance vocale connaît par moments quelques faiblesses, un manque de projection, qui le conduisent à se laisser couvrir par l’orchestre – dont la partition, il faut bien le reconnaître, est particulièrement chargée. Il en va de même pour <strong>Gerhard Siegel</strong>, émouvant Midas, mais touchant à plusieurs reprises aux limites de son instrument. Ces trois grands rôles sur qui repose toute la partie musicale du spectacle sont entourés d’une multitude de personnages secondaires généralement très bien tenus, mais eux aussi un peu écrasés par la masse de l’orchestre. On mentionnera le ténor <strong>Norbert Ernst</strong> (Merkur) qui réussit à donner beaucoup de caractère à ses brèves apparitions, la mezzo-soprano <strong>Regine Hangler</strong>, émouvante dans le rôle de la nourrice Xanthe, <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke</strong> qui se démène comme un beau diable pour s’imposer (sans y réussir pleinement) dans le rôle du roi Pollux, et parmi les quatre reines, la très belle performance de <strong>Jennifer Johnston</strong> en Leda.</p>
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		<title>MAHLER, Symphonie n° 3 en ré mineur — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/symphonie-ndeg3-g-mahler-paris-philharmonie-mahler-lenteurs-et-langueurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2015 06:35:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’ancien directeur musical du Wiener Staatsoper, Franz Welser-Möst, faisait étape à la Philharmonie de Paris à la tête du Cleveland Orchestra, pour donner la symphonie III de Gustav Mahler, accompagné de la mezzo-soprano britannique Jennifer Johnston et des chœurs et chœurs d’enfants de l’Orchestre de Paris. Evocation de la nature, du granit et des racines du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’ancien directeur musical du Wiener Staatsoper, <strong>Franz Welser-Möst</strong>, faisait étape à la Philharmonie de Paris à la tête du Cleveland Orchestra, pour donner la symphonie III de Gustav Mahler, accompagné de la mezzo-soprano britannique <strong>Jennifer Johnston</strong> et des chœurs et chœurs d’enfants de l’Orchestre de Paris.</p>
<p>Evocation de la nature, du granit et des racines du monde aux cimes apaisées de l’amour, la troisième symphonie est une des plus lyriques de son compositeur. La déambulation dans cette fresque commence dans la lenteur que les soubresauts du premier mouvement agiteront à peine. Les gestes du chef sont au diapason, lents ou frénétiques. Le Cleveland Orchestra, en conséquence caresse la surface de la partition, perdant son nerf et sa profondeur dans trop de langueurs ou, au contraire, s’épuisant dans des phrases trop rapides. Le lyrisme n’est abordé que du bout des lèvres, la tristesse profonde à peine esquissée, et les riantes évocations ne sont que petits sourires. Pourtant les couleurs des pupitres sont belles et Franz Welser-Möst a raison de se reposer davantage sur un orchestre qui brille par son collectif que sur les qualités individuelles de ses musiciens. Quelques scories émaillent la perfection de la performance, notamment le solo du cor dans le troisième mouvement.</p>
<p>	Jennifer Johnston prête son phrasé et la beauté intrinsèque d’un timbre soyeux et opulent au texte de Nietzsche. Les premiers « O mensch » résonnent tristes dans l’acoustique réverbérée de la grande salle de la Philharmonie. Un lamento, plus qu’une méditation dans ce quatrième mouvement, qui, grâce à la britannique, atteint enfin la profondeur que l’on cherchait en vain jusqu’à cet instant. D’autant que l’attention portée aux mots et la langue allemande est remarquable. Dans l’avant-dernier mouvement, l’entrée des<strong> </strong>chœurs et chœurs d’enfants de l’Orchestre de Paris accentuera cette impression. Situés dans les gradins de l’arrière-scène, leurs voix se répandent ouatées dans la Philharmonie presque transformée en Eglise, heureux effet pour ce mouvement intitulé « ce que me montre les anges ». Un chant séraphique dans lequel les chœurs, enfants et sopranos tout particulièrement, excellent. Dommage que l’élévation finale du dernier mouvement où le chant s’efface, reste comme prisonnière d’un plafond de verre.</p>
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