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	<title>Magdalena KOŽENÁ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Magdalena KOŽENÁ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Ariodante &#8211; Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ariodante n’est entré au répertoire du Teatro Real de Madrid qu’en 2007, dans une version de concert proposée par Les Talens Lyriques de Christophe Rousset. En ce mois de juin, Ariodante fait son grand retour pour une représentation unique, toujours en version de concert. Après Bâle le 26 mai et Oviedo le 31 mai, et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ariodante</em> n’est entré au répertoire du Teatro Real de Madrid qu’en 2007, dans une version de concert proposée par <em>Les Talens Lyriques</em> de Christophe Rousset. En ce mois de juin, Ariodante fait son grand retour pour une représentation unique, toujours en version de concert. Après Bâle le 26 mai et Oviedo le 31 mai, et avant Paris (TCE) le 7 juin et Halle, Madrid accueille donc six solistes, <strong>Andrea Marcon</strong> et son ensemble <em>La Cetra Barockorchester Basel</em> fondé en 1999 à Bâle et qu’il dirige depuis 2009.<br />
<em>Ariodante</em> avait été la première création de Haendel pour le théâtre de Covent Garden en 1735 ; curieusement la pièce connut peu de succès : onze représentations seulement, une modeste reprise en 1736 et puis un oubli sur presque deux siècles, avant une première résurrection à Stuttgart entre deux guerres et, surtout, à la toute fin du XXe la renaissance grâce à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-haendel-ariodante-minkowski-archiv-produktion-1997/">Marc Minkowski</a>.<br />
Il est toujours difficile de comprendre comment une telle pièce, qui regorge de pépites, ait pu rester si longtemps sous le boisseau. Peut-être à cause de l’exigence de la technique musicale puisque six des sept protagonistes sont dotés de partitions diablement relevées.<br />
Le livret est certes loin d’être passionnant mais il n’est pas non plus inintéressant : Ginevra, la fille du roi d&rsquo;Écosse, est courtisée par le fourbe Polinesso (l’un des rôles les plus noirs des opéras de Haendel), mais elle est amoureuse d&rsquo;Ariodante et s&rsquo;est fiancée à lui. Polinesso, cherchant à se venger d&rsquo;Ariodante, profite de l&rsquo;amour non partagé que lui porte Dalinda, la servante de Ginevra, pour la convaincre de revêtir les habits de Ginevra et de le laisser entrer dans les appartements royaux : il veut faire croire à Ariodante que Ginevra le trompe. Ariodante se rend à son rendez-vous avec Ginevra mais voit Dalinda, déguisée donc en Ginevra faire la cour à Polinesso. Il est tellement bouleversé par ce qu’il voit qu’il se jette d’une falaise dans la mer. Le frère d’Ariodante, Lurcanio, a secrètement été témoin de la scène et raconte tout au roi, qui condamne sa fille à mort pour infidélité. Mais Ariodante n’est finalement pas mort et lorsqu’il rencontre Dalinda, celle-ci, stupéfaite de la rouerie de Polinesso,  décide de révéler la supercherie qu’il a ourdie. Pour défendre l’honneur d’Ariodante, Lurcanio provoque Polinesso en duel et le tue. Ariodante apparaît pour sauver Ginevra de la mort et raconter au roi la vérité : le happy end traditionnel.</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ConcAriodante-_0230-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1780487743329" /><br />
© Javier del Real | Teatro Real</p>
<p>Pour venir à bout d’une telle partition, il faut un plateau vocal solide et homogène. C’est grandement le cas ce soir où nous assistons, dans un Teatro Real quasiment plein, à une représentation de très haut niveau et sans aucun maillon faible. La distribution de chaque rôle a été soignée et confiée à des spécialistes de la musique baroque avec ce que, techniquement, cela veut dire.<br />
<strong>Magdalena Kožená</strong> magnifie le rôle-titre en lui conférant une bouleversante humanité. Elle est un Ariodante tour à tour amoureux, meurtri, défait et finalement réjoui. Toutes ces émotions passent dans le chant grâce à une technique toujours solide, une application de chaque instant. Le tant attendu « Scherza, infida » a été un moment de grâce et ovationné par le public. Qu’il nous soit pourtant permis d’émettre une réserve sur la reprise A’ de l’aria. Les ornements (tous parfaitement réussis) ont pris une place par trop invasive, ils ont pour ainsi dire pris le dessus, au risque de dénaturer la ligne mélodique. Et puis, ce que dit le texte de cette aria c’est un désespoir sans fond, un repli sur soi d’Ariodante, ce qui, à notre sens, doit passer par davantage de sobriété. Ce sera notre seule réserve sur ce concert.<br />
Nous découvrons en la soprano russo-américaine <strong>Erika Baikoff</strong> une magnifique Ginevra. Une superbe clarté de voix au service d’une technique jamais prise en défaut, et une aisance qui l’amène à danser spontanément sur son « Volate, amori ». Une voix à retenir.<br />
<strong>Shira Patchornik</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-idomeneo-re-di-creta-bruxelles-la-monnaie/">remarquée en Ilia à Bruxelles</a> en mars dernier) a certes un rôle (Dalinda) un peu moins conséquent mais son aria du II « Se tanto piace » permet d’admirer la qualité des coloratures.<br />
Chez les hommes, c’est sans conteste l’affreux Polinessa de l’excellent <strong>Christophe Dumaux</strong> qui remporte la palme auprès du public. A juste titre. Christophe Dumaux avait déjà été un Polinesso apprécié en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-paris-garnier-3/">septembre dernier à Paris (Garnier)</a> . Son aisance, presque sa décontraction dans le maniement d’une partition piégeuse à souhait sont admirables. Cet été, on pourra entendre le contre-ténor français au Deutsche Oper Berlin dans le rôle-titre de <em>Giulio Cesare</em>. <strong>José Antonio López</strong> est un roi d’Ecosse toujours très digne. La ligne de chant est bien tenue, la projection satisfaisante mais les basses sont moins sonores.<br />
<strong>Emiliano González Toro</strong> tient, outre celui d’Odoardo, le rôle de Lurcanio, le frère d’Ariodante. C’est notamment dans l’aria « Tu vivi, e punito » du II, que le ténor et chef suisse fait montre de sa maîtrise de ce répertoire.<br />
Enfin les 24 musiciens du Cetra Barockorchester Basel font preuve d’une complicité qui fait plaisir à voir. Andrea Marcon les dirige d’une main de maître, tantôt depuis son clavecin, tantôt debout (tout en jouant parfois du clavecin !). L’ensemble sonne magnifiquement dans une salle il faut le dire à l’acoustique qui fait rêver.<br />
Les Parisiens pourront prochainement assister à ce spectacle au Théâtre des Champs-Elysées. On ne peut que le leur recommander.</p>
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		<title>MOZART, Idomeneo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-idomeneo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Simon Rattle fait partie de ces chefs qui, tout en étant familiers des compositeurs modernes et contemporains, reviennent de temps en temps à des pièces de facture plus classique. De là son attachement à Hippolyte et Aricie de Rameau, aux symphonies de Haydn, ou encore à l’Idomeneo de Mozart. Pièce magistrale jetée par un compositeur &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Simon Rattle</strong> fait partie de ces chefs qui, tout en étant familiers des compositeurs modernes et contemporains, reviennent de temps en temps à des pièces de facture plus classique. De là son attachement à <em>Hippolyte et Aricie </em>de Rameau, aux symphonies de Haydn, ou encore à l’<em>Idomeneo </em>de Mozart. Pièce magistrale jetée par un compositeur de 25 ans au carrefour de ses opéras de jeunesse et des chefs-d’œuvre à venir, encore portée par les épaisses structures de l’<em>opera seria </em>mais gagnée déjà par une fièvre théâtrale et mélodique, une spiritualité et un à-propos inimitables, elle a souvent été remise sur le métier par Simon Rattle : à Glyndebourne (dans une mise en scène de Peter Sellars) et à Lucerne en 2003, à Salzbourg en 2004. Arrivé à la tête de <strong>l’Orchestre de la Radio Bavaroise</strong>, le chef britannique ne pouvait pas perdre l’occasion de remettre sur le métier l’ouvrage dans la ville même de sa création, Munich. Cette longue affinité s’entend d’emblée : prise dans un tempo assez large, mais avec ce qu’il faut de contrastes et de rebonds pour maintenir la tension de l’ensemble, l’ouverture donne le ton d’une lecture qui sait allier solennité et vivacité. Ce Mozart-là se souvient des baroqueux (quelques notes accentuées bien marquées, des silences parfois appuyés, un clavecin qui s’invite au milieu de l’orchestre) sans chercher à faire une leçon de philologie : l’orchestre avance et se mêle aux voix, les cordes viennent délicatement caresser le superbe chœur dans « Placido è il mar », « Andro, ramingò e solo » se pare de superbes couleurs automnales, tout cela respire avec tant de naturel et d’élégance que pour un tel orchestre, on oublie avec plaisir d’autres lectures plus fiévreuses.</p>
<p>Tout cela vient aussi soutenir les chanteurs : <strong>Magdalena Kožená</strong> était déjà des aventures de Simon Rattle dans <em>Idomeneo </em>il y a plus de vingt ans. Son Idamante reste pourtant ce jeune homme éperdu d’amour, qui trouve dans les diaprures intactes et les frémissements du timbre l’expression d’une ardeur toute spontanée. D’Ilia, <b>Sabine Devieilhe</b> a la légèreté, mais aussi la gravité, et les couleurs pastel idoines pour réussir un « Zeffiretti lusinghieri » d’une mélancolie irrésistible, tandis qu’<b>Elsa Dreisig</b>, toute de fureur rentrée et d’harmoniques généreuses, assume les chausse-trappes dont Mozart a parsemé les airs d’Elettra avec une musicalité et une intégrité qui forcent l’admiration ; chauvinisme à part, on a quelque émotion à se dire que ces deux mozartiennes de premier plan sont aussi parmi les plus belles représentantes d’une nouvelle génération du chant français. Sans déparer irrémédiablement cette intégrale, les hommes présentent l’inconvénient de ne pas se hisser sur les mêmes hauteurs (même si l’on compte parmi eux le remarquable <strong>Tareq</strong> <strong>Nazmi</strong>, <em>Voce </em>de luxe). La probité d’<strong>Andrew Staples</strong>, qui se lance sans trembler dans les vocalises du « grand » « Fuor del mar », n’est pas en cause ; mais les teintes pâles d’un timbre blanchi sonnent un peu trop oratorio pour exprimer de façon pleinement convaincante tout le cercle d’émotions d’un roi qui passe du soulagement à l’effroi, puis de l’angoisse à la colère, avant de retrouver le soulagement. De même, <strong>Linard Vrielink</strong>, qui hérite d’une partition archi-complète  (c’est-à-dire, au troisième acte, d’une scène de près d’un quart d’heure), ne montre pas une palette de nuances suffisamment variée pour donner du relief à ses deux airs. Des réserves à prendre pour ce qu’elles sont : certes pas assez solides pour  se passer d’un enregistrement qui trouvera naturellement sa place tout en haut d’une discographie toujours à la recherche d’une référence incontournable.</p>
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		<item>
		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ressort perplexe de cette nouvelle production de Don Giovanni au Grand théâtre de Provence (c’est la huitième fois depuis 1949 que ce titre est à l’affiche du Festival international d’Art lyrique d’Aix-en-Provence). Perplexe et même frustré tout à la fois, tant la mise en scène de Robert Icke, qui agite les esprits sur Aix &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On ressort perplexe de cette nouvelle production de <em>Don Giovanni</em> au Grand théâtre de Provence (c’est la huitième fois depuis 1949 que ce titre est à l’affiche du Festival international d’Art lyrique d’Aix-en-Provence). Perplexe et même frustré tout à la fois, tant la mise en scène de <strong>Robert Icke</strong>, qui agite les esprits sur Aix et au-delà, est parfaitement engageante dans ses présupposés mais, aussi, se révèle incapable de tenir ses promesses sur la longueur. Disons pour faire simple que le premier acte tient son spectateur en haleine alors que dans le second les ficelles tenues par le metteur en scène sont bien trop grosses et ne séduisent plus.<br />
L’idée de départ est l’interrogation : qui est Don Giovanni et qui le Commandeur ? Ne sont-ils pas les deux facettes d’un même personnage ? Telle est la question qui reviendra à plusieurs reprises dans la soirée, comme quand, alors que Don Giovanni termine par un rire sardonique son Air du Champagne, le rideau juste derrière lui projette alternativement les images stroboscopiques de son visage et de celui du Commandeur. Autre trouvaille : quand celui-ci entraîne Don Giovanni dans la mort, c’est lui-même qui chante les derniers mots à la place du séducteur.<br />
En réalité, le Commandeur ne meurt pas. Dans la scène de départ, avant même que résonne le premier accord à l’orchestre (qui va figurer l’attaque cardiaque dont il est victime), le père de Donna Anna est installé dans son salon, écoutant de vieux vinyles. L’apoplexie survient, le rideau retombe sur l’ouverture mais quand il se relève à l’issue de celle-ci, c’est Don Giovanni qui a pris sa place. Voilà, tout est dit de l’idée fondatrice dans la proposition de Robert Icke. Le Commandeur n’est pas mort, il va réapparaitre régulièrement. Il est en fait le pendant permanent du personnage de Don Juan qu’il finira par rejoindre une dernière fois – dans la mort cette fois.<br />
Ainsi, la question que pose Leporello dans le premier récitatif prend-elle tout son sens : « Qui est mort ? Vous, ou le vieux ? ». De fait, le doute s’immisce et perdurera tout du long .<br />
Cette interrogation, dont on peut supposer qu’elle participait pour Da Ponte du « gioccoso » plus que du tragique, est relue par Icke sous le prisme purement dramatique. Pour le jeune metteur en scène britannique (plus jeune récipiendaire du <em>Laurence Olivier Award</em> et connu pour ses transpositions radicales des classiques) qui signe là sa première mise en scène d’opéra, tout est prétexte à relecture. Tout doit contribuer à ce que le spectateur s’interroge en permanence sur la vraie nature du séducteur. Il est omniprésent sur scène, quitte à se rendre invisible, comme lorsqu’il assiste à la déploration d’Anna découvrant son père allongé par terre après son duel (mais le Commandeur va vite se relever !), il semble commander les éléments (déclenche la foudre ou la tempête), il entretient avec toutes les femmes qu’il côtoie des relations toujours profondément ambiguës, voire carrément malsaines – y compris avec cette fillette qui apparaît à plusieurs reprises et que Don Giovanni est à deux doigts de séduire.<br />
Mais en réalité, le Don Juan se consume de l’intérieur et le duel avec le Commandeur qui ouvre le premier acte, il ne le gagne qu’en apparence. Mieux, ce duel marque pour lui le début de la fin. Son sweatshirt blanc va se maculer de sang tout au long de la soirée et lui-même va trainer avec lui pendant presque tout le dernier acte une perfusion qui va – peut-être ? – nous renvoyer à la scène initiale, celle de l’apoplexie du Commandeur. Comment expliquer sans cela que la partie haute du décor au second acte soit une chambre d’hôpital et que les principaux protagonistes (Anna, Zerlina, Masetto, Leporello et Ottavio) soient habillés en soignants ? Il faut bien que tous se penchent sur le cas de Don Giovanni pour le saisir entièrement, mais sans jamais y parvenir, puisqu’à la fin c’est la mort qui l’emporte.<br />
Et c’est dans cette deuxième partie que l’on perd le fil. Plus rien, dans la vision de Icke, ne correspond plus au texte de Da Ponte. Ni la scène du balcon, ni celle du cimetière et encore moins celle du banquet – le fil conducteur étant alors un Don Giovanni épuisé, blessé, et finalement mourant.<br />
En résumé, une idée de départ intéressante, mais inaboutie et donc bien frustrante pour le spectateur.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Giovanni_Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_18-1294x600.jpg" alt="" width="587" height="272" />
© Monika Rittershaus</pre>
<p>Le plateau vocal est à la hauteur des attentes. <strong>Clive Bayley</strong> en Commandeur fait montre d’une autorité implacable dans la scène du banquet, <strong>Andrè Schuen</strong> est un Don Giovanni bluffant de réalisme et dont le timbre pourrait bien séduire toutes les femmes du monde. On le voit sombrer avant même qu’il meure, comme enivré de ses propres échecs. Don Giovanni est dominé par un Leporello tout d’autorité. <strong>Krzysztof Baczyk</strong> peut en remontrer à son maître ; il possède pour cela un baryton percutant et toujours bien posé. La basse polonaise <strong>Pawel Horodyski</strong> nous propose un Masetto qui ne se laisse pas faire ; il a dans la voix toute l’autorité nécessaire. Il manque à <strong>Amitai Pati</strong> la projection nécessaire mais les deux airs d’Ottavio sont techniquement maîtrisés et ce n’est pas un mince compliment. Du côté des femmes, le trio est somptueux, dominé par l’Anna  tout en majesté de <strong>Golda Schulz</strong> ; ses deux arias sont pour nous l’occasion de découvrir un timbre chaleureux et une technique à la hauteur des enjeux. Belle découverte que la Zerlina de <strong>Madison Nonoa</strong> : son « Batti, batti » est un pur régal de suavité et de délicatesse. Enfin <strong>Magdalena Kožena</strong> tient son rang et nous propose une Elvira ravagée par les doutes et les contradictions intérieures. La voix doit toutefois souvent forcer pour surnager au milieu d’un orchestre parfois envahissant.<br />
Ce n’est pas la première fois que <strong>Sir Simon Rattle</strong> dirige à Aix mais nous n’avions jamais entendu son orchestre, celui de la radio de Bavière. Nous sommes entièrement convaincus par l’intelligence dans la lecture dramatique de l’œuvre, qui tient son auditeur en haleine trois heures durant, beaucoup moins toutefois par la réalisation technique. Les vents sont souvent envahissants, au détriment des cordes qui avaient pourtant beaucoup de belles choses à dire.</p>
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		<title>Discothèque idéale : Haendel &#8211; Alcina (Minkowski, Pentatone – 2024)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-haendel-alcina-minkowski-pentatone-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2024 13:24:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce qui frappe d’abord dans cette version, c’est l’énergie incisive de la direction de Marc Minkowski, qui insuffle à l’ouvrage un mouvement dramatique constant, sans jamais sacrifier la souplesse du phrasé baroque. L’ouverture donne le ton : élancée, claire, résolument vivante, elle prépare un spectacle musical où récitatifs et arias révèlent tour à tour les &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="954" data-end="1778">Ce qui frappe d’abord dans cette version, c’est l’énergie incisive de la direction de <strong>Marc Minkowski</strong>, qui insuffle à l’ouvrage un mouvement dramatique constant, sans jamais sacrifier la souplesse du phrasé baroque. L’ouverture donne le ton : élancée, claire, résolument vivante, elle prépare un spectacle musical où récitatifs et arias révèlent tour à tour les enjeux et les drames intérieurs des personnages. L’orchestre, d’une remarquable cohésion, offre des couleurs raffinées, soutenues par un continuo nerveux qui rend au théâtre de Haendel toute sa richesse expressive.</p>
<p data-start="954" data-end="1778">La distribution contribue largement à cette réussite. <strong>Magdalena Kožená</strong> campe une Alcina à la fois souveraine et vulnérable, dotée d’un timbre souple qui porte admirablement la douleur dissimulée derrière les sortilèges. <strong>Anna Bonitatibus</strong> est un Ruggiero d’une grande finesse, alliant <em>bel canto</em> raffiné et poésie touchante. Morgana (<strong>Erin Morley</strong>), lumineuse et agile, et Bradamante (<strong>Elizabeth DeShong</strong>), affirmée et sombre, se distinguent également.</p>
<p data-start="954" data-end="1778">Dans la discographie lyrique haendélienne, cet enregistrement se place sur le podium, aux côtés des <em>Ariodante</em> ou <em>Giulio Cesare</em> &#8230; dirigés par le même Marc Minkowski.</p>
<p data-start="1780" data-end="2825"><em>Magdalena Kožená (Alcina), Anna Bonitatibus (Ruggiero), Erin Morley (Morgana), Elizabeth DeShong (Bradamante), Valerio Contaldo (Oronte), Alois Mühlbacher (Oberto), Alex Rosen (Melisso)</em><br />
<em>Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski (direction)</em><br />
<em>Pentatone, 2024</em></p>
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		<item>
		<title>MAHLER, Symphonie n° 3 &#8211; Verbier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mahler-symphonie-n-3-verbier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jul 2024 06:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Construire une grande arche depuis les larges appels des cors et les telluriques roulements de grosse caisse du début, à faire trembler les parois de la salle des Combins, jusqu’à la sérénité de l’adagio final en forme de méditation, d’apaisement, d’union avec la création (et avec soi-même), c’est la gageure à tenir (pendant une heure &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mahler-symphonie-n-3-verbier/"> <span class="screen-reader-text">MAHLER, Symphonie n° 3 &#8211; Verbier</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Construire une grande arche depuis les larges appels des cors et les telluriques roulements de grosse caisse du début, à faire trembler les parois de la salle des Combins, jusqu’à la sérénité de l’adagio final en forme de méditation, d’apaisement, d’union avec la création (et avec soi-même), c’est la gageure à tenir (pendant une heure trente), le défi de la Troisième symphonie de Mahler. <strong>Simon Rattle</strong> y a offert une formidable démonstration de maîtrise pour l’ouverture du Verbier Festival 2024.</p>
<p>Et on hésite à dire qu’il dirigeait un orchestre de jeunes, tant le <strong>Verbier Festival Orchestra</strong> y a été prodigieux de souplesse et de plénitude à la fois. Et de sonorité. Car c’est sans doute le travail sur le son qui saisit tout d’abord.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/VF240719-VFO-Rattle-c-Nicolas-Brodard-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-168984"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Sir Simon Rattle à Verbier © Nicolas Brodard</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>D’un sublime à l’autre</strong></h4>
<p>Comme on sait, Mahler n’a pas lésiné, huit cors pour lancer le premier thème, et ensuite des effectifs à l’avenant, les bois par quatre, les cuivres aussi, huit timbales, des cloches et des cordes que nous avons renoncé à compter tant on avait l’impression sur la grande scène d’une mer de violonistes, cellistes et bassistes, Rattle trouve le moyen de donner une lecture qui semble claire et lisible de cet archipel de sonorités débridées.</p>
<p>On connaît le mot de Mahler à Bruno Walter : «&nbsp;Inutile de regarder le paysage, il est passé tout entier dans ma musique&nbsp;». De fait, quitter le fantastique paysage de sommets enneigés, de glaciers (en voie de fonte rapide, hélas), de prairies fleuries comme jamais (grâce à un printemps bien arrosé et à un été tardif) qui entoure Verbier de toutes parts pour entrer dans la vaste salle du festival, c’est délaisser un sublime pour entrer dans un autre.</p>
<p>Œuvre surhumaine que cette symphonie composée par Mahler en 1895-96, à Steinbach-am-Attersee, entre deux randonnées dans la montagne et deux plongées dans les eaux fraîches du lac. «&nbsp;Le terme Symphonie signifie pour moi : avec tous les moyens techniques à ma disposition, bâtir un monde&nbsp;».</p>
<h4><strong>Une collection de départs</strong></h4>
<p>Mais la démiurgie n’est pas facile et le premier mouvement le démontre. S’il s’agit d’évoquer «&nbsp;l’éveil du Dieu Pan et l’entrée de l’été&nbsp;», c’est une formidable collection de faux départs qui s’y donne à entendre. Ni la marche funèbre du début, ni les marches plus ou moins militaires qui suivront n’iront à leur terme,<br>L’étendue de la palette sonore, l’éclat éblouissant des trompettes, l’imposant choral des trombones (« ce que le racontent les rochers de la montagne »), les ponctuations des cordes graves, et soudain un chant d’oiseau à la flûte, puis une marche goguenarde (où Richard Strauss croyait entendre un défilé de travailleurs sur le Prater un 1er mai), le tout saupoudré de cette dérision mahlérienne, de cette ironie grinçante, qui côtoie le grandiose et le solennel…, de tout cela Rattle donne une lecture rutilante, éclatante, vive, fluide, rapide, et constamment claire. « Voilà de la polyphonie ou je ne m’y connais pas » disait Mahler. Il aurait été content.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/VF240719-VFO-Rattle-c-Nicolas-Brodard-5-edited-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-168987" width="909" height="567"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Le Verbier Festival Orchestra ©&nbsp;Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>De formidables jeunes solistes</strong></h4>
<p>Ajoutons que l’énormité de l’effectif et le raffut des fortissimos sont à la mesure de la salle gigantesque des Combins (1700 places, toutes occupées).<br>Il faudrait citer le jeune trombone solo, <strong>Ethan Shrier</strong>, merveilleusement expressif, bouleversante voix humaine dans ce grand tohu-bohu génialement dégingandé, et dialoguant avec le <em>kapellmeister</em> de la soirée (il s’établit une rotation au fil des différents concerts, ici c’est <strong>Arthur Trælnes</strong>, vingt-deux ans, au violon lui aussi extraordinairement chantant). Et dire la truculence des sonorités, leur acidité à l’occasion, une verdeur voulue, des appels de trompettes astringents, la tendresse soudaine des cordes, le contrepoint d’un basson bonhomme, et par-dessus tout le dynamisme d’un Rattle survolté et à l’évidence aux anges (les écrans vidéos en témoignent).</p>
<p>On dira d’un mot la douceur élégiaque du deuxième mouvement, menuet tranquille traversé de chants d’oiseaux et parfois de grandes harmonies fondantes, «&nbsp;la page la plus insouciante que j’ai composée, insouciante comme seules savent l’être les fleurs&nbsp;». Là encore, la clarté de la palette de Rattle émerveille, les dosages minutieux de sonorités, la prestesse des changements de tempo ou de climat, cette élégance et cette manière de faire respirer familièrement cette musique, tellement <em>Mitteleuropa</em>, par de jeunes musiciens (âge maximum : 28 ans) venus de toute la planète et qui l’abordent pour la première fois.</p>
<p>Le troisième mouvement est un bavardage d’oiseaux («&nbsp;ce que me racontent les animaux de la forêt&nbsp;»), une manière de scherzo, qui se souvient d’un lied du <em>Knaben Wunderhorn.</em> De cette volière enchantée, Rattle donne une lecture d’une clarté virtuose, quasi chambriste dans le dialogue des pupitres, qu’illumine soudain le solo <em>da lontano</em> d’une trompette ensoleillée (sur des harmonies de cuivres qui sonnent un peu Guillaume Tell, mais c’est sans doute de l’autosuggestion), avant que des fanfares vaguement militaires viennent s’entremêler au concert d’oiseaux. Là encore, Rattle semble dessiner une arche musicale qui viendra achopper sur un nouveau choral puissant des trombones.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/VF240719-VFO-Rattle-c-Nicolas-Brodard-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-168983"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Magdalena Kožená © Nicolas Brodart</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La fervente simplicité de Kožená</strong></h4>
<p>Mais c’est surtout pour les parties chantées de cette symphonie que nous sommes là. Comment exprimer le bouleversant tremblement de la voix de <strong>Magdalena Kožená</strong> sur le «&nbsp;O Mensch !&nbsp;» de Nietzsche et l’intériorité de son «&nbsp;Gib Acht !&nbsp;» (Ô homme, prends garde&nbsp;!), le frémissement de ce timbre, aussi émouvant par sa couleur même que jadis celui de Janet Baker, sa sincérité profonde, son dénuement, sur les appels déchirants d’un cor, ou les glissandos d’un hautbois strident. Une voix qui crée l’intimité, qui va chercher ce qu’elle a de plus grave, son plus chaud pour «&nbsp;Doch all&rsquo; Lust will tiefe Ewigkeit !&nbsp;» (Mais toute joie veut la profonde éternité&nbsp;!&nbsp;) en duo avec le violon hypersensible d’Arthur Trælnes. <br>Il y a quelques semaines nous l’entendions à Evian dans les <em>Rückert Lieder</em> de Mahler (avec Rattle aussi, évidemment) et le même lyrisme intensément vécu avait bouleversé le public, appuyé sur une adhésion profonde au message musical et poétique. La même simplicité, la même candeur peut-être.</p>
<p>Après cette page d’une lenteur extatique, le «&nbsp;Bimm, bamm, bimm, bamm,…&nbsp;» venu du <em>Knaben Wunderhorn</em> sera d’une fraicheur de printemps revenu et la voix de Magdalena Kožená, avec ses couleurs un peu maternelles se posera sur les voix acidulées du chœur <strong>«&nbsp;Cantiamo&nbsp;»</strong> de l’école de chant du Haut-Valais pour établir un délicieux contraste. Non moins étonnante la netteté des voix féminines du <strong>Oberwalliser Vokalensemble</strong> dans des effets gauche-droite d’une incroyable précision.`</p>
<h4><strong>L’apaisement enfin</strong></h4>
<p>Enfin viendra la page qui semble être la clé de toute la symphonie, le sixième mouvement : noté <em>Langsam. Ruhevoll. Empfunden</em>. (Lent. Tranquille. Ressenti.)</p>
<p>Longue page dédiée aux seules cordes. Elle aussi sous le signe du récit («&nbsp;Was mir die Liebe erzählt&nbsp;» &#8211; Ce que l&rsquo;Amour me raconte)<br>Conclusion inattendue à toute l’agitation précédente. Et qui sonne, sinon comme une prière, plutôt comme une adhésion, un assentiment, un consentement. À quoi ? Peut-être aux paysages décrits plus haut, mais surtout à ce qui est, au monde, à la création, au destin humain. Une acceptation. Sereine.</p>
<p>On entend alors voler dans l’air, au-dessus des auditeurs, quelque chose qui tient de la ferveur, mais aussi de l’enchantement, à la mesure de la qualité sonore des cordes de ce jeune orchestre, de leur fusion parfaite, dans un sentiment profond.</p>
<p>Peu à peu, les vents viendront se mêler à cette douceur, à ces harmonies apaisées, à ces effusions de plus en plus exaltées, à ce climat mystique un peu brucknérien, sans plus aucun sarcasme, jusqu’à un crescendo triomphant, et à des ponctuations de timbales nécessaires après ce long moment suspendu, dont Rattle aura conduit les longues lignes avec autant de science que de rayonnement.</p>
<p>Et le long silence qui s’instaurera avant des applaudissements évidemment enthousiastes sera encore de Mahler et de Rattle…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/VF240719-VFO-Rattle-c-Nicolas-Brodard-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-168985"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sir Simon Rattle à Verbier © Nicolas Brodard</sub></figcaption></figure>
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		<title>HAENDEL, Alcina</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-alcina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Feb 2024 21:15:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme notre confrère, nous avions été quelque peu frustré par la version de concert de cette Alcina donnée il y a tout juste un an à la Philharmonie de Paris. En dépit d’une direction en tout point renversante, certaines voix peinaient en effet à s’imposer. La sortie de cet album constitue donc une excellente surprise, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Comme notre confrère, nous avions été quelque peu frustré par la </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-paris-philharmonie-alcina-symphonique/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">version de concert</span></a><span style="font-weight: 400;"> de cette </span><i><span style="font-weight: 400;">Alcina</span></i><span style="font-weight: 400;"> donnée il y a tout juste un an à la Philharmonie de Paris. En dépit d’une direction en tout point renversante, certaines voix peinaient en effet à s’imposer. La sortie de cet album constitue donc une excellente surprise, où l’harmonie entre plateau vocal et orchestre sont pleinement restaurés.&nbsp;</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Avec </span><b>Marc Minkowski</b><span style="font-weight: 400;">, nous tenons enfin un chef capable d’insuffler le souffle requis par ces quelque trois heures d’</span><i><span style="font-weight: 400;">opera seria</span></i><span style="font-weight: 400;">, en imposant le parfait équilibre entre respect des règles (les </span><i><span style="font-weight: 400;">da capi</span></i><span style="font-weight: 400;"> sont des modèles du genre) et théâtralité. Dès les premières notes pointées de l’Ouverture à la française, puissante et rythmée comme il le faut, le pari semble gagné. Décidément incomparable dans Haendel, Minkowski anime les récitatifs (formidable </span><i><span style="font-weight: 400;">continuo</span></i><span style="font-weight: 400;"> assuré par </span><b>Maria Shabashova</b><span style="font-weight: 400;"> et </span><b>Yoann Moulin</b><span style="font-weight: 400;">) et pousse les chanteurs à donner le meilleur d’eux-mêmes. Les </span><b>Musiciens du Louvre</b><span style="font-weight: 400;">, en état de grâce, font virevolter les danses et apportent l’assise nécessaire aux chanteurs pour dérouler l&rsquo;enchaînement des tubes baroques qui composent l’opéra.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Marc Minkowski a eu en outre l&rsquo;idée géniale de confier le rôle-titre à </span><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/magdalena-kozena-jattends-alcina-avec-impatience/"><b>Magdalena Kožená</b></a><span style="font-weight: 400;">, une artiste qui, forte de près de trente ans d&rsquo;expérience, trouve probablement ici le plus grand rôle de sa déjà magnifique carrière. Certaines de ses consœurs ont bien sûr brillé dans ce rôle par le passé, mais il leur manquait toujours ce petit quelque chose : Arleen Auger n&rsquo;avait pas trouvé le chef capable de la faire se surpasser, Renée Fleming se laissait emporter par des variations vers l’aigu inappropriées, tandis que Joyce DiDonato restait uniformément véhémente. Avec intelligence, Kožená s&rsquo;appuie sur une technique sans faille; quel aplomb dans « Ma quando tornerai », quelle précision et quel souffle dans « Ombre pallide » ! La mezzo tchèque sait prendre des risques, comme en témoignent ses incursions dans le registre grave d&rsquo;un bouleversant « Ah mio cor ». Surtout, parfaitement à l&rsquo;aise dans la tessiture du rôle, mais sans perdre sa froideur naturelle, elle incarne pleinement un rôle décidément inépuisable. Quelle autre cantatrice de la discographie affiche à la fois passion et pulposité dans « Di cor mio », fragilité dans « Si son quella » et abandon dans un « Mi restano le lagrime » final à faire pleurer les pierres ?</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le choix d&rsquo;</span><b>Anna Bonitatibus</b><span style="font-weight: 400;"> pour le rôle de Ruggiero pourrait surprendre au premier abord. Bien que légèrement en retrait en termes de puissance vocale, elle offre une véritable leçon de </span><i><span style="font-weight: 400;">bel canto</span></i><span style="font-weight: 400;"> baroque. Certes, son interprétation de Ruggiero ne possède pas la virilité ni l’ampleur de Della Jones, et certains enregistrements de « La bocca vaga </span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;"> ou « Sta nell’Ircana</span><span style="font-weight: 400;"> »</span><span style="font-weight: 400;"> pourraient sembler plus immédiatement percutants. Cependant, Bonitatibus choisit judicieusement une voie différente, plus introvertie et raffinée : quelle merveille que ce « Verdi prati </span><span style="font-weight: 400;">» </span><span style="font-weight: 400;">délicatement orné ! Les larmes coulent naturellement lors de « Mio bel tesoro </span><span style="font-weight: 400;">»</span><span style="font-weight: 400;"> tandis que « Mi lusinga un dolce affeto </span><span style="font-weight: 400;">» est superbement poétique.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La technique superlative et la musicalité d’</span><b>Erin Morley </b><span style="font-weight: 400;">lui permettent de dresser le portrait le plus complet de Morgana au disque. Elle triomphe sans surprise d’un </span><span style="font-weight: 400;">« Tornami a vagheggiar », dans lequel l’éclat des suraigus (ajoutés) ne se fait pas au détriment de la précision (trilles, appogiatures). Erin Morley n’oublie pas l’écriture centrale du rôle et va droit au coeur dans ses deux arias avec instrument solo : « Ama, sospira » (merveilleuse </span><b>Alice Piérot</b><span style="font-weight: 400;"> au violon), « Credete al mio dolore » (sublime </span><b>Gauthier Broutin</b><span style="font-weight: 400;"> au violoncelle).</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">La Bradamante d’</span><b>Elizabeth DeShong</b><span style="font-weight: 400;"> et l’Oronte de </span><b>Valerio Contaldo</b><span style="font-weight: 400;"> bénéficient grandement de ce passage au disque. La première, grâce un grave puissant, habite d’une présence peu commune son personnage, sans négliger pour autant la pure virtuosité (époustouflant </span><span style="font-weight: 400;">« </span><span style="font-weight: 400;">Vorrei vendicarmi</span><span style="font-weight: 400;"> »). Le second incarne un Oronte plein de tendresse et d’une belle agilité. </span><span style="font-weight: 400;">Enfin, le timbre un peu vert d’</span><b>Alois Mühlbacher</b><span style="font-weight: 400;"> convient parfaitement au personnage du jeune Oberto &#8211; la parfaite différenciation vocale de tous les personnages est d’ailleurs un grand atout de cette version. </span><b>Alex Rosen</b><span style="font-weight: 400;"> est enfin un excellent Melisso.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On l’aura compris : théâtrale, superbement chantée, cette version d’</span><i><span style="font-weight: 400;">Alcina</span></i><span style="font-weight: 400;"> s’installe, de très loin, comme la référence tant attendue du chef d&rsquo;œuvre de Haendel. Elle rejoint ainsi au sommet de la discographie deux autres enregistrements haendéliens du </span><i><span style="font-weight: 400;">maestro</span></i><span style="font-weight: 400;"> Minkowski : </span><i><span style="font-weight: 400;">Ariodante</span></i><span style="font-weight: 400;"> et </span><i><span style="font-weight: 400;">Giulio Cesare</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span></p>
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		<title>Festival de Verbier 2024, une édition entre Mahler et montagne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/festival-de-verbier-2024-une-edition-entre-mahler-et-montagne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jan 2024 03:18:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si le froid de janvier s&#8217;installe, les annonces sur la future saison des festivals d&#8217;été laissent déjà entrevoir les beaux jours à venir. Le Festival de Verbier, dans le canton du Valais en Suisse,&#160; se déroulera cette année du 18 juillet au 4 août 2024. La recette du succès, inventée il y a tout juste &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si le froid de janvier s&rsquo;installe, les annonces sur la future saison des festivals d&rsquo;été laissent déjà entrevoir les beaux jours à venir. Le Festival de Verbier, dans le canton du Valais en Suisse,&nbsp; se déroulera cette année du 18 juillet au 4 août 2024. La recette du succès, inventée il y a tout juste 30 ans, reste la même : « une pléiade de stars internationales et de jeunes talents prometteurs. » Montagnes obligent, Gustav Mahler sera présent en majesté, à travers l&rsquo;ascèse panthéiste de la Troisième Symphonie, dirigée par <strong>Simon Rattle</strong>, puis avec la Cinquième, sous la baguette de <strong>Klaus Mäkelä</strong>.</p>
<p>Pour la suite, <strong>Yuja Wang, Antonio Pappano, Daniel Harding, Nikolaï Luganski, Vasily Petrenko</strong> ou <strong>Alexandre Kantorow</strong>, en récital et en concert sous la direction de <strong>Lahav Shani</strong>, seront les principales étoiles d&rsquo;une constellation de concerts d&rsquo;où se détachent deux opéras en version de concert. Les <em>Noces de Figaro </em>de Mozart, dirigées par <strong>Gabor Takacs-Nagy</strong>, avec un couple Comte-Comtesse formé par <strong>Peter Mattei</strong> et <strong>Golda Schultz</strong>, et un&nbsp;<em>Falstaff&nbsp;</em>verdien qui mettra à l&rsquo;honneur, sous la baguette de<strong> James Gaffigan</strong>, les jeunes voix de l&rsquo;Atelier lyrique du Festival. Au rayon des récitals, un Liederabend de <strong>Magdalena Kozena</strong> (Wolf et Janacek notamment au programme) et une soirée jazz autour de <strong>Thomas Quasthoff</strong> complèteront une programmation toujours plus éclectique, qui permettra également d&rsquo;applaudir Angélique Kidjo et le violoncelliste et chanteur sud-africain Abel Selaocoe.</p>
<p>Tous les renseignements disponibles sur le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.verbierfestival.com/programme/?">site du Festival</a></p>
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		<title>Staatsoper Berlin 2023-24 : trois créations mondiales</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/staatsoper-berlin-2023-24-trois-creations-mondiales/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Mar 2023 05:34:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>38 opéras seront présentés au total lors de cette nouvelle saison au Staatsoper Unter den Linden mais seulement 7 nouvelles productions ; parmi celles-ci 3 créations mondiales : Don’t you Nomi ? de Julia Lwowski, The Timeless Moment de Silvia Costa et Melancholie des Widerstands de Marc-André Dalbavie. Les autres nouvelles productions sont : Aida mis en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>38 opéras seront présentés au total lors de cette nouvelle saison au Staatsoper Unter den Linden mais seulement 7 nouvelles productions ; parmi celles-ci 3 créations mondiales : <em>Don’t you Nomi ?</em> de Julia Lwowski, <em>The Timeless Moment </em>de Silvia Costa et <em>Melancholie des Widerstands</em> de Marc-André Dalbavie.</p>
<p>Les autres nouvelles productions sont : <em>Aida</em> mis en scène par <strong>Calixto Bieito</strong> avec <strong>Elīna Garanča </strong>en alternance avec <strong>Ekaterina Semenschuk</strong> (Amneris), <strong>Marina Rebeka</strong> /<strong>Maria José Siri</strong> (Aida) ainsi que <strong>Yusif Eyvasof</strong> et <strong>René Pape</strong> ; <em>Médée</em> (Charpentier) mis en scène par <strong>Peter Sellars</strong> et dirigé par <strong>Simon Rattle</strong> avec <strong>Magdalena Kozena</strong> , Rusalka avec <strong>Christiane Karg</strong>, <strong>Pavel Cernoch</strong> et <strong>Anna Kissjudit</strong> et <em>Kowanchtschina</em> dirigé par <strong>Simone Young</strong> et mis en scène par <strong>Claus Guth</strong> avec <strong>Mika Kares</strong> dans le rôle du Prince Ivan.</p>
<p>Parmi les nombreuses reprises, le Ring de <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> sera donné deux fois sous la direction cette fois de <strong>Philippe Jordan</strong>, <em>Macbeth</em> avec <strong>Anna Netrebko</strong> et <strong>Luca Salsi</strong> (direction <strong>Bertrand de Billy</strong>), l’<em>Elektra</em> de <strong>Patrice Chéreau</strong> (<strong>Merbeth, Meier</strong>), <em>Idomeneo</em> par <strong>David McVicar</strong> (<strong>Pirgu</strong>, <strong>Peretyatko</strong>), <em>Medea</em> (<strong>Rousset/Rebeka, Barbeyrac</strong>), <em>Daphne</em> (<strong>Boecker, Pape, Kissjudit</strong>), <em>Madama Butterfly</em> avec <strong>Sonja Yoncheva</strong> qui sera aussi de la partie dans <em>Tosca</em> avec <strong>Calleja</strong>, un <em>Lohengrin</em> avec en alternance, <strong>Klaus Florian Vogt </strong>et <strong>Andreas Schager</strong>, <em>La Fanciulla del West</em> avec <strong>Anja Kampe</strong> et <strong>Brandon Jovanovich.  </strong></p>
<p>Toute la programmation est à retrouver sur le site du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.staatsoper-berlin.de/de/extra/programmbestellung/">Staatsoper Berlin</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/staatsoper-berlin-2023-24-trois-creations-mondiales/">Staatsoper Berlin 2023-24 : trois créations mondiales</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>HAENDEL, Alcina — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-paris-philharmonie-alcina-symphonique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-paris-philharmonie-alcina-symphonique/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alcina a beau être l&#8217;un des opéras les plus populaires et donc joué de son compositeur, il n&#8217;existe toujours aucune version discographique, ni même live radiophonique, faisant figure de référence incontestable : il y a toujours quelque chose qui fait que, non, ce n&#8217;est pas parfait. Alors quand Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre décident &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm"><i>Alcina</i> a beau être l&rsquo;un des opéras les plus populaires et donc joué de son compositeur, il n&rsquo;existe toujours aucune version discographique, ni même live radiophonique, faisant figure de référence incontestable : il y a toujours quelque chose qui fait que, non, ce n&rsquo;est pas parfait. Alors quand <strong>Marc Minkowski</strong> et ses <strong>Musiciens du Louvre </strong>décident de s&rsquo;y atteler de nouveau après leurs deux premiers essais viennois (dont une première avec Anja Harteros captée en DVD), les espoirs sont grands. Mais cela ne sera pas pour cette fois non plus, malgré de nombreuses réussites.</p>
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<p style="margin-bottom: 0cm">C&rsquo;est d&rsquo;abord du coté des rôles secondaires que le compte n&rsquo;y est pas vraiment. A commencer par l&rsquo;Oberto d&rsquo;<strong>Alois Mühlbacher</strong>. Alors certes, on est déjà heureux que le rôle n&rsquo;ait pas été coupé, car même s&rsquo;il n&rsquo;apporte rien à l&rsquo;action principale, l&rsquo;amour filial a toute sa place dans ce panorama de l&rsquo;amour et du désir qu&rsquo;est l&rsquo;île de la magicienne ; certes également, on entend bien dans cette voix l&rsquo;écho du créateur du rôle (un enfant), et c&rsquo;était d&rsquo;ailleurs lui qui chantait le rôle <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/deux-revolutions-et-un-miracle">à Vienne en 2010</a>, il avait alors 12 ans ! Aujourd&rsquo;hui on entend surtout la verdeur du timbre que la qualité de la projection et de la prononciation ne suffisent pas à compenser. Le Melisso d&rsquo;<strong>Alex Rosen</strong> ensuite est très élégant, mais manque de présence pour animer l&rsquo;air le moins intéressant de la partition, il faut bien l&rsquo;avouer. Pour Bradamante, on est d&rsquo;abord très émoustillé par les graves somptueux, ronds et sonores d&rsquo;<strong>Elizabeth DeShong</strong>, enfin un vrai contralto pour ce rôle. Malheureusement, c&rsquo;est presque une autre chanteuse que l&rsquo;on entend dans les vocalises rapides, la voix change subitement de registre, détimbre et tricote les croches mécaniquement. C&rsquo;est son dernier air qu&rsquo;elle réussit le mieux, alors que c&rsquo;est traditionnellement celui laissé pour compte. <strong>Valerio Contaldo</strong> déçoit beaucoup en Oronte : lui dont nous admirions il y a quelques années la qualité de l&rsquo;émission, nasalise ce soir à l&rsquo;excès, et maltraite la ligne de chant dans ses deux premiers airs ; l&rsquo;acteur est le plus vivant du plateau grâce à son inventivité dans les effets, il tire toutefois trop l&rsquo;amant malheureux vers l&rsquo;opéra bouffe, et il faut attendre son « Un momento di contento » pour enfin retrouver la noblesse d&rsquo;accents et le cantabile racé attendus. En s&rsquo;approchant des rôles principaux, on est guère convaincus non plus par la prestation d&rsquo;<strong>Erin Morley</strong> : Morgana tout aussi bouffe que son mari dans les récitatifs, elle fait oublier qu&rsquo;elle est sœur d&rsquo;Alcina ; ses deux splendides airs concertants arrivent comme un cheveu sur la soupe dramatique, tant on peine à croire qu&rsquo;une telle coquette puisse soudain faire preuve d&rsquo;un sincère repentir (« Credete al mio dolore » pourtant son meilleur moment de la soirée) ou d&rsquo;inquiétude amoureuse (« Ama, sospira » dont la cruelle ambiguïté et l&rsquo;abandon rêveur lui échappent). Ses deux airs virtuoses du premier acte permettent néanmoins d&rsquo;admirer une technique solide et un art certains de la vocalise qui lui valent un beau succès aux applaudissements.</p>
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<p style="margin-bottom: 0cm">Dans le rôle de primo uomo écrit pour Carestini, on échappe enfin à un contre-ténor soprano incapable de chanter la moitié du rôle. Le rôle arrive néanmoins un peu tard dans la carrière d&rsquo;<strong>Anna Bonitatibus</strong> qui n&rsquo;a plus la vaillance nécessaire pour traduire la superbe arrogance de ses deux premiers airs (elle semble presque apeurée dans « La bocca vaga » qui manque vraiment de suffisance). Heureusement la suite lui permet de reprendre le dessus : dans la mélancolie bien sûr, où elle reste suprême (« Mi lusinga un dolce affeto » très poétique et d&rsquo;une puissante introversion, puis « Verdi prati » au mezzo voce caressant presque susurré) tout en signalant quelle technicienne hors-pair et fine actrice elle reste (belle messa di voce pour lancer « Qual portento » ; le fallacieux « Mio bel tesoro » et son jeu d&rsquo;aparté). Reste « Sta nelle ircana » qu&rsquo;elle aborde avec beaucoup d&rsquo;intelligence : prenant le parti du livret en jouant la tigresse hésitante, toutes ses vocalises sont comme retenues à l&rsquo;image de l&rsquo;assaut du félin, et elle maintient la tension à grand renfort de coloratures retorses plutôt que de décibels éclatants ; c&rsquo;est plus que malin, c&rsquo;est très efficace, sa puissance se devine sans avoir à se montrer.</p>
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<p style="margin-bottom: 0cm">Alors qu&rsquo;elle enregistrait « Ah mio cor » dans son très bel album Handel il y a 15 ans, il est étonnant que <strong>Magdalena Kožená</strong> n&rsquo;aborde le rôle entier que maintenant car elle a énormément à y offrir, et pas uniquement dans les moments dramatiques où un certain raidissement de l&rsquo;émission pourrait passer pour une illustration de la souffrance de la femme trahie. Dès « Di cor mio » on est heureux de trouver une voix toujours aussi bien projetée, capable de délicatesse, et pulpeuse dans la vocalise. C&rsquo;est surtout la franchise de son interprétation qui impressionne : toutes ses phrases sont lancées avec un aplomb parfois téméraire quitte à parfois rater certains effets, voire étrangler quelques notes, la prestation est périlleuse mais oh combien excitante ! Sa première déploration est moins poseuse qu&rsquo;à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/soiree-40e-anniversaire-des-musiciens-du-louvre-haendel-gluck-forty-is-the-new-thirty">Versailles</a> quelques semaines plus tôt, plus authentique, même si pas aussi confiante qu&rsquo;elle pourrait l&rsquo;être dans les da capo, sans doute trop concentrée encore sur l&rsquo;exécution des variations. « Ombre pallide » est une vraie réussite : le récitatif qui précède est évidemment royal, et on est marqué par les différences d&rsquo;intensité de l&rsquo;émission, partagées avec l&rsquo;orchestre et qui fait crier la magicienne plus fort à mesure que les ombres approchent puis s&rsquo;éloignent. Et toujours ces graves superbement poitrinés et lancés (beau <em>canto di sbalzo</em> pour le dernier « Forza » de la partie B). Ce qu&rsquo;il manque encore à cette Alcina très combative, c&rsquo;est peut-être de la fragilité, notamment pour « Mi restano le lagrime » et le dernier trio, où la prudence l&rsquo;a un peu emporté sur la lassitude désespérée.</p>
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<p style="margin-bottom: 0cm">Les vrais triomphateurs de la soirée, ce sont les Musiciens du Louvre et leur chef, plus symphoniques que jamais. Quel plaisir déjà d&rsquo;entendre du Haendel joué par un effectif convenable (40 musiciens, dont 6 vents, 2 clavecins et 3 contrebasses – mises à contribution jusque dans l&rsquo;imitation du surgissement d&rsquo;un fauve), surtout lorsque, comme pour leur récent <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/ariodante-paris-quand-lorchestre-vole-la-vedette"><i>Ariodante</i></a>, l&rsquo;osmose est si frappante, le sens du rythme si affûté (« Semplicetto » le plus rapide que nous ayons entendu ; danses grisantes) et leurs solistes si excellents (Alice Piérot au premier violon et Gauthier Broutin au violoncelle). Les ritournelles sont tellement excitantes qu&rsquo;on en souhaiterait presque qu&rsquo;ils enregistrent une <i>Alcina</i> sans parole comme certains chefs l&rsquo;ont fait avec le <i>Ring </i>de Wagner. Un tel torrent orchestral doit être canalisé, et Minkowski joue les Moïse à la perfection tant les eaux semblent s&rsquo;ouvrir pour laisser entendre les chanteurs (placés derrière l&rsquo;orchestre) avant d&#8217;emplir de nouveau la Philharmonie et noyer de plaisir tous les égyptiens consentants que nous sommes ce soir. Évidemment il faut aimer les contrastes et parfois avoir le cœur bien accroché, on est très loin d&rsquo;une interprétation égalisée à l&rsquo;anglaise. Le seul reproche que l&rsquo;on trouve à faire concerne les variations pour les da capo (nous supposons qu&rsquo;elles sont de la main du chef lui-même) : elles sont à la fois originales et complexes mais ne traduisent pour le moment pas d&rsquo;évolution chez les personnages, les reprises sont variées mais n&rsquo;apportent pas de nuances nouvelles dans l&rsquo;expression de l&rsquo;affect. Espérons qu&rsquo;au fur et à mesure des représentations prévues (Bordeaux, Hambourg, Madrid, Barcelone et Valence), les interprètes les auront mieux intégrées et pourront y apporter tout le théâtre et le sens psychologique nécessaires.</p>
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		<title>Magdalena Kožená : « J’attends Alcina avec impatience ! »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/magdalena-kozena-jattends-alcina-avec-impatience/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2023 05:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 7 février prochain, Magdalena Kožená retrouvera Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre pour ses débuts très attendus dans le rôle-titre d’Alcina de Haendel à la Philharmonie de Paris. Nous retrouvons pour l’occasion la mezzo-soprano tchèque, qui nous parle de baroque, de musique française et de ses multiples nouveaux projets ! Vous ferez dans quelques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 7 février prochain, Magdalena Kožená retrouvera Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre pour ses débuts très attendus dans le rôle-titre d’<em>Alcina</em> de Haendel à la Philharmonie de Paris. Nous retrouvons pour l’occasion la mezzo-soprano tchèque, qui nous parle de baroque, de musique française et de ses multiples nouveaux projets !</strong></p>
<hr />
<p align="left"><strong>Vous ferez dans quelques jours vos débuts dans le rôle-titre d’<em>Alcina</em>. Pouvez-vous nous parler de ce nouveau projet ?</strong><br />
	C’est une prise de rôle que j’attends avec impatience ! Alcina est un rôle de soprano, ce qui constitue pour moi un véritable défi, un peu comme lorsque j’avais incarné Cleopatra dans <em>Giulio Cesare</em>, déjà en compagnie des Musiciens du Louvre. Je suis ravie de les retrouver ainsi que Marc Minkowski avec qui j’ai tant travaillé par le passé. Le rôle d’Alcina est non seulement musicalement magnifique, mais c’est également l’un des rares rôles où l’on assiste à un tel développement du personnage tout au long de l’œuvre. Chaque aria présente Alcina dans un état d’esprit particulier, avec des émotions différentes.</p>
<p align="left"><strong>Fin 2020, vous deviez interpréter le rôle de Ruggiero dans cette même œuvre, aux côtés de Cecilia Bartoli en Alcina. Un projet malheureusement annulé en raison de la crise sanitaire…</strong><br />
	J’ai en effet étudié le rôle de Ruggiero, mais sans pouvoir le chanter. C’est un rôle particulièrement long, notamment dans les récitatifs. En dépit de son feu d’artifice final, il est très différent de celui d’Alcina et nettement plus uniforme en termes d’émotions.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="356" src="/sites/default/files/styles/large/public/magdalena_kozena.jpg?itok=yPgCnkMf" title="Magdalena Kožená ©Julia Wesely" width="468" /><br />
	Magdalena Kožená © Julia Wesely</p>
<p class="legende" dir="ltr"><strong style="color: rgb(59, 59, 59); font-size: 14px;">Vous avez travaillé avec Marc Minkowski à de nombreuses reprises, comment votre collaboration s’est-elle développée ?</strong><br />Nous nous sommes connus il y a plus de vingt ans. Je me souviens très précisément de mon premier projet avec lui : un second rôle dans <em style="color: rgb(59, 59, 59); font-size: 14px;">Armide</em> de Gluck. Lorsque nous nous sommes rencontrés, je venais comme lui de signer avec Deutsche Grammophon. J’ai au fil du temps chanté des rôles de plus en plus importants sous sa direction. À une époque, j ’avais presque l’impression de vivre à Grenoble, où l’orchestre répétait, c’était un peu comme ma deuxième maison ! Cette rencontre a eu une influence déterminante pour moi, car Marc était l’un des premiers grands chefs baroques avec lequel je collaborais. C’était une période extrêmement stimulante.</p>
<p align="left"><strong>Fin janvier 2023, vous reprendrez le rôle de Donna Elvira à la Mozartwoche de Salzbourg, après vos débuts dans le rôle l’an passé à Verbier.</strong><br />
	Ce <em>Don Giovanni</em> sera donné en version semi-scénique, avec une mise en scène de Rolando Villazón. Donna Elvira est souvent interprétée par des sopranos, donc ce rôle est pour moi un challenge techniquement parlant. De toute façon, chanter Mozart n’est jamais facile. On ne peut pas tricher, le chant doit être pur et précis. Des trois rôles féminins de <em>Don Giovanni</em>, Donna Elvira est pour moi le plus intéressant. Bien que trahie, elle pardonne tout ; c’est un personnage très touchant, dans lequel on peut exprimer de la fureur, mais également beaucoup d’émotion.</p>
<p align="left"><strong>Après avoir chanté le rôle de Nerone, vous incarnerez pour la première fois Ottavia dans <em>Le Couronnement de Poppée</em> de Monteverdi au Liceu de Barcelone.</strong><br />
	Oui, et j’en suis ravie car j’avais déjà chanté le « Addio, Roma » d’Ottavia mais sans jamais aborder le rôle en entier. Le rôle d’Ottavia est assez court, mais chacune de ses apparitions est très marquante. <em>Le Couronnement de Poppée</em> est pour moi, qu’il s’agisse de la musique ou du livret, l’un des plus beaux opéras jamais composés. En outre, ce sera pour moi l’occasion de collaborer pour la première fois avec Jordi Savall, que j’admire depuis tant d’années. Il m’arrive d’écouter ses disques en conduisant ma voiture ! Nous nous retrouverons également l’année prochaine dans <em>La Clemenza di Tito</em> à la Mozartwoche de Salzbourg. Ma prochaine saison est des plus enthousiasmantes : outre ce que nous avons déjà mentionné, je reprendrai le rôle de Médée dans l’opéra de Charpentier en octobre prochain.</p>
<p align="left"><strong>Est-il important pour vous d’aborder des œuvres moins connues, notamment dans le baroque, autour de compositeurs comme Marcello, Caldara, Giacomelli par exemple ?</strong><br />
	Le baroque restera toujours mon répertoire de cœur. Même si je chante beaucoup d’autres compositeurs, comme Mahler par exemple, il m’est important de toujours revenir au baroque comme à Mozart. Ce répertoire aide à maintenir la jeunesse de la voix, à atteindre une certaine pureté, sans trop de vibrato. En outre, dans le baroque, il reste beaucoup de territoires inexplorés voire inconnus. J’ai d’ailleurs enregistré récemment des œuvres de Benedetto Marcello avec le Collegium 1704, dont certaines venaient tout juste d’être redécouvertes. C’est toujours merveilleux de présenter de nouvelles œuvres au public !</p>
<p align="left"><strong>Avez-vous d’autres projets dans l’opéra français ?</strong><br />
	J’adore le répertoire français, qu’il s’agisse de l’opéra ou de la mélodie, et j’y suis toujours restée fidèle. Au cours de cette saison, je présenterai en tournée avec Mitsuko Uchida un programme 100% français, qui comprendra notamment les <em>Chansons de Bilitis</em> et <em>Poèmes de Baudelaire </em>de Debussy ainsi que les <em>Poèmes pour Mi</em> d’Olivier Messiaen. Même si je ne suis pas parfaitement bilingue, j’accorde une grande importance au texte – je dis souvent par plaisanterie que je préfère les récitatifs aux arias. La langue française donne à cet égard davantage l’occasion de jouer avec les mots que les autres langues, comme l’italien par exemple.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="348" src="/sites/default/files/styles/large/public/magdalena_kozena_1.jpg?itok=wSHF93Yo" title="Magdalena Kožená © Julia Wesely" width="468" /><br />
	Magdalena Kožená © Julia Wesely</p>
<p align="left"><strong>Quels sont vos projets discographiques pour le label Pentatone ?</strong><br />
	Nous nous apprêtons à enregistrer l’<em>Alcina</em> que nous venons d’évoquer. J’ai également capté en live deux albums avec le Czech Philharmonic. Le premier regroupe des Folk Songs avec orchestre de plusieurs compositeurs : Berio, Ravel (<em>Cinq Mélodies populaires grecques</em>), Montsalvatge (<em>Cinco Canciones Negras</em>) ainsi qu’un cycle de Béla Bartók. Le second comprend notamment un cycle de Martinů, l’opus 1 de Hans Krása (jamais enregistré à ce jour), <em>Lullaby </em>de Gideon Klein. Je prévois enfin d’enregistrer un album faisant écho à notre tournée avec Mitsuko Uchida. C’est une grande chance pour moi de pouvoir concrétiser tous ces projets discographiques, dans une période où ce marché n’est plus aussi florissant que par le passé.</p>
<p align="left"><strong>Quels rôles aimeriez-vous aborder à l’avenir ?</strong><br />
	Je rêve toujours de rôles que je ne pourrai jamais chanter (<em>rires</em>). J’incarnais précisément hier à Londres le rôle de Varvara dans <em>Kátya Kabanová</em>, dont je rêverais de chanter le rôle-titre, mais celui-ci est trop aigu pour ma voix. À l’avenir, la Judith du<em> Château de Barbe-Bleue</em> de Bartók ou encore le rôle-titre d’<em>Ariodante</em> de Haendel, dont je n’ai interprété que certaines arias, m’intéresseraient particulièrement.</p>
<p align="left"><strong>Envisageriez-vous de retourner à Carmen ?</strong><br />
	Absolument ! J’ai beaucoup aimé chanter ce rôle, même si tout le monde n’a pas été du même avis. Je suis convaincue qu’il n’a pas nécessairement été composé pour une puissante voix poitrinante. Ce que je trouve particulièrement intéressant dans l’opéra de Bizet est ce contraste entre les rôles de Don José et Micaëla, où l’on perçoit un caractère italien dans l’écriture musicale, et de Carmen qui chante plutôt des chansons, presque du cabaret ! Je retournerais sans hésitation vers ce rôle si on me le proposait.</p>
<p align="left"><strong>Comme vos collègues, votre carrière s’est trouvée affectée par la crise sanitaire. Comment avez-vous vécu cette période ?</strong><br />
	Au début de la pandémie, j’étais presque heureuse de pouvoir passer plusieurs semaines d’affilée à la maison avec ma famille et mes enfants. C’était une période totalement inédite qui m’a donné l’occasion de faire des choses inhabituelles, comme par exemple me mettre au piano et déchiffrer un recueil de <em>Lieder </em>de Schumann. Évidemment, cette période s’est révélée un peu trop longue en fin de compte ! Mais j’ai eu beaucoup de chance, car j’avais du travail, notamment par le biais de représentations en ligne, à la différence de beaucoup de mes collègues qui se sont retrouvés brutalement sans rien. Au-delà de l’aspect financier, c’est le fait de ne plus pouvoir pratiquer son art qui les a beaucoup affectés. Les choses sont de plus en plus difficiles pour le secteur culturel, qui est toujours le premier à souffrir de coupes budgétaires. L’avenir ne sera pas simple pour les artistes, en particulier pour ceux qui entrent dans le métier. </p>
<p align="left"> </p>
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