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	<title>Alix LE SAUX - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Alix LE SAUX - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART : Don Giovanni &#8211; Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-clermont-ferrand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette production de l’ « opéra des opéras » (Wagner) est maintenant aussi bien connue que rôdée (*). C’est peu dire que Jean-Yves Ruf s’est pleinement approprié l’ouvrage. On se souvient ainsi d’un Don Giovanni dijonnais et lillois (2013) dont il tirait les ficelles avec ses complices, qui l’accompagnent toujours dans une démarche minimaliste. Plus que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette production de l’ « opéra des opéras » (Wagner) est maintenant aussi bien connue que rôdée (*). C’est peu dire que <strong>Jean-Yves Ruf</strong> s’est pleinement approprié l’ouvrage. On se souvient ainsi d’un <em>Don Giovanni</em> dijonnais et lillois (2013) dont il tirait les ficelles avec ses complices, qui l’accompagnent toujours dans une démarche minimaliste. Plus que jamais, il évacue tout apparat, tout faste pour focaliser l’attention sur les protagonistes, dont la direction d’acteur est particulièrement fouillée. Pas de fosse, sur le plateau une formation au complet, qui va être intégrée à la dramaturgie.  Le choix a été de jouer sur deux plans : celui de l’orchestre, lieu de déambulations des acteurs, et une passerelle, en fond de scène, le plus souvent réservée aux nobles. La lisibilité musicale y gagne à la faveur d’une proximité renforcée avec le public. Une grande humilité dans une lecture qui laisse le spectateur libre de sa propre interprétation. Transcendance, expressionnisme ne sont ni évacués, ni soulignés, aucune référence à MeToo ni à Epstein. Au sortir de cette soirée, on est toujours porté par la magie musicale, servie par une distribution jeune, sans faiblesse, dont l’ardeur, la vivacité, comme l’engagement et l’écoute collective sont les maîtres mots. L’esprit de troupe est manifeste, lié à la fréquentation régulière et collective de l’ouvrage. <strong>Julien Chauvin</strong>, mozartien d’élection, insuffle l’énergie, les accents dramatiques, tout en gardant la souplesse des phrasés et les équilibres. L’ouverture, impressionnante, intensément dramatique, est la promesse d’une lecture inspirée, et l’on ne sera pas déçu, d’autant que les couleurs et la dynamique de ses musiciens sont confirmées. Seules relatives surprises : le tempo très rapide et la sécheresse des accents orchestraux de l’air « Ah chi mi dice mai », où Elvire exprime sa détresse, et l’absence de mise en évidence des trois orchestres requis pour le bal de la fin du premier acte, imperceptibles ce soir par le public non initié. L’attention portée au chant comme au drame est constante. Bien que placé au cœur de la démarche, et donc de plain-pied avec le public, jamais l’orchestre ne couvre les voix, ce qui est particulièrement méritoire. L’intelligence de son traitement mérite d’être soulignée, ainsi de la circulation des réparties entre les pupitres dans l’air du catalogue, vérité dramatique de l’air où Donna Anna se confie à Ottavio (« Or sai chi l’onore »)&#8230;</p>
<p>Les récitatifs secco sont toujours animés, car les chanteurs sont d’excellents comédiens, bien que soutenus par un piano-forte aussi scolaire qu’étique. Le chœur se réduit à un quatuor vocal. Ce qui fait bien peu, tant vocalement que scéniquement : les paysannes et paysans formant le cortège des futurs époux (« Giovinette che fate all’ amore ») se limitent à deux couples ; oubliées les brèves et puissantes vociférations des démons souterrains de la scène infernale où la punition divine s’accomplit, c’est de l’homéopathie musicale et dramatique. La frugalité gouverne la fête, le bal, les libations, et les spaghettis du festin nous laissent sur notre faim. L’ascèse est la règle. Seuls, les éclairages sobres et efficaces de <strong>Victor Egéa</strong>, et les mouvements du rideau de fond de scène permettent le renouvellement des situations.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/M0A5879-e1777288780511-1294x600.jpg" alt="" />© Yann Cabello</pre>
<p>Au cœur de l’action, un Don Giovanni accompli, et un Leporello sans gémellité avec son maître, ce qui renforce d’autant le comique de l’échange des tenues et des rôles.  « Ni héros, ni crapule sans nom » (J.-Y. Ruf), manipulateur et manipulé, le premier, qu’incarne <strong>Anas Séguin, </strong>croit régner sur son monde. Il en a l’arrogance, la prestance, le panache, la voix est mâle, gourmande et chargée de séduction et c’est un bonheur constant que son chant comme son jeu. Comédien hors-pair, <strong>Adrien Fournaison </strong>campe un Leporello jeune, gauche, soumis et rebelle, d’une grande justesse, servi par d’authentiques moyens vocaux et une diction exemplaire, y compris dans le débit le plus rapide. Plus qu’honorables, sans pour autant susciter l’enthousiasme, sont Donna Anna et Donna Elvira. <strong>Chantal Santon Jeffery</strong>, familière de l’emploi, compose une Donna Anna classique, d’une voix chaude et souple, d’une technique solide. <strong>Alix Le Saux</strong>, toute aussi familière d’Elvira, convainc en trouble-fête délaissée, ardente, possessive. Elle atteint la plénitude de ses moyens dans le « Mi tradi quell’alma ingrata » dont la vocalise sensuelle et triste est remarquablement conduite. Ni mièvre, ni efféminé, Don Ottavio prend ce soir une épaisseur psychologique et expressive. <strong>Abel Zamora </strong>est une heureuse découverte, belle émission, égale, aisée, d’une conduite admirable. Ses accents dans son duo consolateur avec Donna Anna, d’une grande justesse, avec ses couleurs propres, rejoignent ceux des grands. <strong>Nathanaël Tavernier</strong>, noble, impressionnant, a toutes les qualités requises pour l’emploi du Commandeur, tant dans le fatal duel que revenu d’outre-tombe. Particulièrement ovationné par le public, à juste titre, le couple de paysans. <strong>Michèle Bréant </strong>nous avait bouleversé, dans <em>les Dialogues des Carmélites</em> (Sœur Constance) à Nancy, en janvier. Elle se mue en Zerlina, petite fille bellinienne, fraîche et complexe, non sans ambiguïté. L’émission est aussi juvénile que le maintien, la sincérité apaisée du « Vedrai carino » relève du petit miracle. <strong>Mathieu Gourlet</strong>, dont on se souvient du formidable Osmin qu’il campait ici-même en 2023, nous vaut un Masetto d’exception, athlétique, robuste et puissant, jamais caricaturé, sympathique et juste. La souplesse, l’agilité, les nuances dynamiques sont au rendez-vous avec la projection. Un grand bravo !</p>
<p>Est-il besoin de souligner la qualité rare des ensembles (duos, quatuor, trio des masques, &#8230;amples finales de chaque acte) ? Toujours équilibrés, servis par une direction d’acteurs efficace, tous sont à retenir. Une soirée mémorable, à plus d’un égard.</p>
<pre>(*) créée à l’Athénée-Louis Jouvet le15 nov. 2024, elle est passée par Meudon, La Rochelle, Maisons-Alfort, Colombes, <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">Compiègne</a>, Massy, Tourcoing, Foix, Perpignan, avant d’arriver en Auvergne.</pre>
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		<title>LULLY, Roland – Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-roland-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Composé en 1685, <em>Roland</em> est l&rsquo;avant-dernier opéra de Jean-Baptiste Lully et Philippe Quinault. Situé entre <em>Amadis</em> et <em>Armide</em>, il forme avec eux une trilogie d&rsquo;inspiration épique. En effet, alors même que toutes leurs tragédies lyriques précédentes se fondaient sur des mythes antiques, ces trois œuvres puisent leur intrigue dans des romans de chevalerie. Roland – paladin invincible, rendu fou par la trahison amoureuse d&rsquo;Angélique – est né sous la plume de l&rsquo;Arioste, dans son poème épique <em>Roland furieux. </em>Ce texte connaîtra une grande fortune lyrique au siècle suivant, aussi bien chez Haendel que Haydn, sans oublier Rameau avec ses <em>Paladins</em>. Le sujet offre au poète comme au compositeur un terrain dramatique d&rsquo;une richesse rare, avec des touches de merveilleux, des personnages passionnés, une méditation sur l&rsquo;amour et la gloire. Quinault y distille une subtile ironie dans son rapport à l&rsquo;œuvre originale, qui affleure dans les situations les plus convenues et confère à l&rsquo;ensemble une dimension légère que l&rsquo;on pourrait aisément manquer : on ne rit pas à gorge déployée dans <em>Roland</em>, moins franchement en tout cas que dans <em>Cadmus et Hermione</em>, mais on est autorisé à sourire plus d&rsquo;une fois.</p>
<p style="font-weight: 400;">C&rsquo;est précisément cette dimension qu&rsquo;<strong>Emiliano González Toro</strong> et <strong>Mathilde Étienne</strong> entendent pleinement révéler, en opposition à l&rsquo;interprétation de référence de Christophe Rousset, parue chez Naïve en 2005, où <em>Roland</em> apparaît comme une œuvre plus grave et solennelle. La mise en espace, vraisemblablement signée par Mathilde Étienne (même si le programme crédite les deux artistes à la « direction », indiquant par là que le travail scénique et musical ne font qu&rsquo;un), se concentre ainsi sur le travestissement burlesque de la source épique. Les personnages sont tous un peu ridicules, par leur comportement extrême ou maladroit, rejoignant par là l&rsquo;apparence bizarre que pouvait revêtir pour la cour de France les personnages de ces romans de chevalerie, éloignés du canon français de l&rsquo;époque. Mais la caractérisation et la gestuelle adoptées par les interprètes versent trop souvent dans le cartoonesque, forçant un trait que le texte ménage avec soin. Là où Quinault instille l&rsquo;ironie par touche, la scène tend parfois à l&rsquo;asséner, proposant une lecture au forceps de l&rsquo;œuvre. Ce déséquilibre entre l&rsquo;intention dramaturgique et son exécution demeure le principal bémol de la soirée, même si on peut saluer cette approche singulière de Lully et Quinault, qui ne demanderait qu&rsquo;à être affinée.</p>
<p style="font-weight: 400;">Dans la fosse, ou plutôt face aux chanteurs, selon une disposition historiquement informée qui favorise le dialogue entre le continuo et les voix, les instrumentistes d’<strong>I Gemelli</strong> font merveille, sous la direction souple et attentive de González Toro. Chaque scène est justement caractérisée et on retrouve dans l’accompagnement la subtilité qui manque parfois sur le plateau. Le continuo miroitant constitue l&rsquo;un des attraits majeurs de la soirée : violes et clavecin tissent sous les voix un réseau de couleurs changeantes, sensibles à la moindre inflexion du texte. On retiendra surtout la manière dont le duo d&rsquo;Angélique et Médor au troisième acte, avant même que n&rsquo;advienne la vaste chaconne, en emprunte déjà la forme : le continuo y établit une pulsation obstinée, presque monteverdienne, sur laquelle les deux voix s&rsquo;enlacent avec une grâce confondante. González Toro et ses instrumentistes savent mettre à profit leur connaissance du répertoire italien pour révéler ce qui reste d’influence italienne dans la musique de Lully.</p>
<p>Pour incarner le rôle-titre, <strong>Jérôme Boutillier</strong> n&rsquo;était peut-être pas un choix idéal. On sait l&rsquo;interprète admirable dans le répertoire du XIXe siècle et son Cadmus était honorable à la Philharmonie en janvier, mais la couleur vocale est ici trop uniforme pour épouser les contours de la déclamation exigés par le genre. Le parti pris d&rsquo;un Roland exclusivement bouffe (une sorte d&rsquo;enfant outragé dont le jeu et la gestuelle appuient chaque effet jusqu&rsquo;à l&rsquo;épuisement) est par ailleurs d&rsquo;une lisibilité si univoque qu&rsquo;il prive le personnage de toute profondeur. Reste que l&rsquo;interprète a un charme et un charisme naturels qui font assurément leur effet. <strong>Karine Deshayes</strong> possède elle aussi une voix a priori plus bâtie pour le répertoire du XIXe siècle. Elle incarne Angélique avec une voix très ronde et ample, qu&rsquo;elle allège cependant avec soin pour épouser les exigences du style. Les éclats sont ménagés, réservés à des moments choisis, comme cette montée soudaine sur le mot « gloire » à l&rsquo;acte III, qui saisit par sa densité inattendue. Elle trouve dans cet emploi une noblesse et une forme d&rsquo;expressivité qui font aisément oublier ce que l&rsquo;instrument peut avoir de surdimensionné dans ce répertoire. En Médor, <strong>Juan Sancho</strong> confirme qu&rsquo;il est l&rsquo;une des voix de haute-contre les plus accomplies de sa génération. Aussi éloquent dans la plainte que dans l&rsquo;éclat, aussi engagé dramatiquement que ciselé dans le phrasé, il donne au personnage une présence lumineuse et constante qui emporte tout sur son passage.</p>
<p><strong>Alix Le Saux</strong>, un peu en retrait dans le prologue, gagne en mordant et en autorité au cinquième acte : c&rsquo;est avec un charisme puissant que sa fée Logistille convie Roland à suivre son destin glorieux. De son côté, <strong>Lila Dufy</strong> offre à Témire une voix ductile et joliment colorée, même si l&rsquo;articulation, parfois un peu pâteuse, nuit à la saveur du texte. <strong>Victor Sicard</strong> prête à Démogorgon une belle voix homogène, portée par un soin réel de la déclamation et une longueur de souffle qui impressionne. <strong>Morgan Mastrangelo</strong> révèle dans les rôles de Coridon et Astolfe une voix de haute-contre d&rsquo;une grande finesse et souplesse, mais dont la projection semble légèrement sous-dimensionnée pour l&rsquo;Opéra Royal. <strong>Nicolas Brooymans</strong> est un Ziliante expressif et bien caractérisé. Quant à <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong>, il éblouit en Tersandre par l&rsquo;éloquence et la précision de son expression, surtout dans son récit frémissant du quatrième acte, grand moment de théâtre.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Les Pages et les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles</strong>, placés sous la direction de <strong>Fabien Armengaud</strong>, s&rsquo;imposent comme l&rsquo;un des points forts de la soirée. La franchise des timbres de tous les pupitres fait merveille, y compris la verdeur savoureuse des voix des pages, ainsi que la précision de la prononciation. Les quelques chanteuses extraites du chœur se montrent remarquables, en particulier une soprano dont le moelleux du timbre et la finesse déclamatoire rappellent, avec une troublante évidence, Agnès Mellon dans ses plus grandes heures. On se prend à rêver à l’allure différente qu’aurait pu prendre la soirée si les rôles principaux avaient été tenus par ce type de voix. Il faudra attendre la parution de l’enregistrement audio pour juger si la prise de son aura su capter ce que la soirée avait de meilleur – et espérer que González Toro et Étienne auront l’occasion d’affiner, dans de futures productions, leur approche singulière, qui ne demande qu’à trouver son plein équilibre.</p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni (distr. B) &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-distr-b-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du fait de la popularité de l’artiste, ce projet d’une mise en scène de Don Giovanni par Agnès Jaoui a suscité une petite curiosité dans le milieu lyrique français, avec la couverture médiatique associée. Si le spectacle a rapidement été loué par la presse pour sa réussite musicale, l’aspect scénique a pu, non pas décevoir, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du fait de la popularité de l’artiste, ce projet d’une mise en scène de Don Giovanni par <strong>Agnès Jaoui</strong> a suscité une petite curiosité dans le milieu lyrique français, avec la couverture médiatique associée. Si le spectacle a rapidement été loué par la presse pour sa réussite musicale, l’aspect scénique a pu, non pas décevoir, mais frustrer certains. On sait qu’une production doit se roder pour trouver son juste tempo, et qu’elle va généralement en se bonifiant avec l’avancée des représentations. Qu’en est-il donc en arrivant aux dernières représentations, et avec une autre distribution que <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-toulouse/">celle chroniquée par Thierry Verger</a> ?</p>
<figure id="attachment_204456" aria-describedby="caption-attachment-204456" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-204456" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DG1-1-1-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-204456" class="wp-caption-text">Alix Le Saux, Kamil Ben Hsaïn Lachiri<br />©️Mirco Magliocca</figcaption></figure>
<p>Effectivement, Jaoui fait le choix de la littéralité et de la lisibilité : les très beaux décors (<strong>Eric Ruf</strong>) et costumes (<strong>Pierre-Jean Larroque</strong>) nous plongent ainsi immédiatement dans le cadre de l’Espagne baroque, où les statuts sociaux des personnages sont très identifiables visuellement. Il ne faut pas y voir une absence de point de vue. En tant que cinéaste et scénariste des classes, elle représente avec justesse Don Giovanni comme un être privilégié, de classe supérieure, qui se sait protégé (même de l’enfer) et n’est donc jamais réellement en danger. Sa direction d’acteurs est entièrement tournée vers la dignité et le parcours individuel des victimes, chacune très caractérisée, tandis qu’elle accorde peu de sympathie aux personnages masculins (si ce n’est Masetto, dont l’alchimie sexuelle avec Zerline est palpable). Sans grands effets, le spectacle est très efficace, bien rythmé, et surtout particulièrement bien joué. La metteuse en scène <a href="https://www.forumopera.com/agnes-jaoui-on-connait-tous-des-don-giovanni/">disant en interview s’adapter aux interprètes</a>, il y a fort à parier que le résultat sur ce dernier point était assez différent avec une autre distribution. On y trouve simplement une limite esthétique très subjective quant au fond de scène projeté, et à quelques éclairages qui paraissent trop artificiels.</p>
<p>Le grand triomphateur de la soirée est assurément l’<strong>Orchestre National du Capitole</strong>, en grande forme sous la baguette du jeune chef italien <strong>Riccardo Bisatti</strong>. Dès l’ouverture, l’ensemble frappe par sa cohésion et sa clarté, tandis que Bisatti trouve le juste tempo d’une urgence dramatique qui n’est pas précipitation. Sa direction vaut par sa cohérence et par sa stabilité, y compris dans des tempi assez rapides. Tout au plus regrette-t’on quelques scènes un peu trop uniformément sonores et concrètes à l’orchestre (« Batti, batti » « Mi tradì »). Aucun souci d’équilibre n’est à déplorer depuis notre place ce soir.</p>
<figure id="attachment_204473" aria-describedby="caption-attachment-204473" style="width: 15000px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-204473" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_1772.jpeg" alt="" width="15000" height="15000" /><figcaption id="caption-attachment-204473" class="wp-caption-text">Marianne Croux, Valentin Thill<br />©️Mirco Magliocca</figcaption></figure>
<p>La deuxième distribution de chanteurs, majoritairement plus jeune, brille par son équilibre, avec des voix caractérisées mais complémentaires. C’est particulièrement le cas des trois dames, idéalement différenciées. <strong>Alix Le Saux</strong> (Elvira) comme <strong>Marianne Croux</strong> (Anna) sont deux belles musiciennes, avec un instrument très corsé pour la première, ancienne mezzo, et au contraire, très lumineux pour la seconde, tout en ayant l’ampleur requise. Le « Non mi dir » désarmant par la sincérité de son expression, est l’un des moments les plus chaleureusement applaudis. Chacune laisse entendre de menus défauts vocaux ce soir, qui n’entachent pas des prestations émouvantes. Surtout, les deux chanteuses sont des modèles d’engagement et de justesse, que ce soit dans l’emprise absolue pour Elvira, et dans le traumatisme de la victime pour Anna. <strong>Francesca Pusceddu</strong> est quant à elle assez idéale en Zerlina sûre de sa sensualité, au phrasé gracieux et d’une voix facile et fruitée. L’actrice est particulièrement fine, jusqu’aux expressions faciales. Elle forme avec le Masetto de <strong>Timothée Varon</strong>, lui aussi acteur naturel, un couple tout à fait crédible. Ce dernier a pour lui une autorité vocale qui le fait largement dépasser le rôle de faire-valoir que le personnage peut avoir.</p>
<figure id="attachment_204458" aria-describedby="caption-attachment-204458" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-204458" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DG3-1-1-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-204458" class="wp-caption-text">Timothée Varon, Mikhaïl Timoshenko, Francesca Pusceddu<br />©️Mirco Magliocca</figcaption></figure>
<p>Les autres personnages masculins sont distribués avec le même soin. <strong>Valentin Thill</strong> en Ottavio se prête à la rigueur que lui impose la mise en scène, sans pour autant se priver de nuances. Le ténor est une belle découverte, avec une voix solide y compris dans le médium et le grave. <strong>Adrien Mathonat</strong>, alternant avec le rôle de Masetto dans l’autre cast, est la basse sombre nécessaire pour asseoir la stature du Commandeur, avec une présence naturellement imposante.<br />
Leporello est un rôle assez peu gâté par les choix de mise en scène, dans le sens où la farce n’est pas l’aspect le plus saillant de la production. C’est donc essentiellement dans le deuxième acte qu’on peut apprécier <strong>Kamil Ben Hsaïn Lachiri</strong>, baryton sain, précis dans l’italien comme dans le jeu, auquel on ne souhaiterait que davantage de projection dans le grave. Enfin, <strong>Mikhaïl Timoshenko</strong> en Don Giovanni est une évidence, en composant un personnage assez agaçant, particulièrement sûr de lui et hautain, mais pourtant capable de la plus grande sensualité. Son sourire en coin, son port de tête, le rangent immédiatement du côté des aristocrates, de même qu’une voix noble et conduite. « Deh vieni alla finestra » est parfait de nuances et d’inventivité.</p>
<figure id="attachment_204457" aria-describedby="caption-attachment-204457" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-204457" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DG2-1-1-1024x534.jpg" alt="" width="1024" height="534" /><figcaption id="caption-attachment-204457" class="wp-caption-text">Kamil Ben Hsaïn Lachiri, Adrien Mathonat, Mikhaïl Timoshenko©️Mirco Magliocca</figcaption></figure>
<p>On l’a dit, toutes excellentes que soient les individualités, le plus marquant de cette distribution est finalement son équilibre, où chacun est à sa place sans jamais couvrir les autres, donnant lieu à des ensembles de grande qualité dramatique. Il y a une réactivité sur le plateau, une intelligence du collectif, qui donne toute sa force à l’action de l’opéra. Qu’il soit du fait de la mise en scène, des chanteurs ou d’une direction musicale attentive, cet esprit de troupe porte en lui un enthousiasme communicatif. Toute acerbe que soit la conclusion du spectacle, c’est donc avec un sentiment positif qu’on part, empli en quelque sorte de l’esprit de solidarité qui se noue entre les protagonistes contre leur prédateur. Viva la libertà, très certainement, mais pas pour les agresseurs.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-distr-b-toulouse/">MOZART, Don Giovanni (distr. B) &#8211; Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>ROSSINI, La Cenerentola &#8211; Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-luxembourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Reprise d’une production présentée l’hiver dernier à Nancy, La Cenerentola mise en scène par Fabrice Murgia, homme de spectacle au sens large, ne manque pas d’étonner. Je renvoie à la brillante chronique de ma consoeur pour ce qui est de la description du spectacle, de ses nombreuses références cinématographique ou télévisuelles, son univers gentiment gothique, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Reprise d’une production présentée l’hiver dernier à Nancy,</p>
<p>La Cenerentola mise en scène par <strong>Fabrice Murgia</strong>, homme de spectacle au sens large, ne manque pas d’étonner. Je renvoie à la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-nancy/">brillante chronique</a> de ma consoeur pour ce qui est de la description du spectacle, de ses nombreuses références cinématographique ou télévisuelles, son univers gentiment gothique, avec force recours aux crânes et aux squelettes, son esthétique décalée qui nous ramène trente ans en arrière au temps des premiers films de Tim Burton. Techniquement, la  réalisation est bien maîtrisée, les effets comiques sont calculés pour faire mouche et apporter la petite touche de transgression qui évite de verser dans les bons sentiments, dont chacun sait qu’ils ne font pas de bons spectacles ! Esthétiquement, c’est d’un mauvais goût et d’une vulgarité assumés, juste pour faire rire.</p>
<p>Pour efficace qu’elle soit, la mise en scène passe cependant un peu à côté de son sujet : les contes de fées ne sont pas que des histoires à raconter aux enfants, ils contiennent leur lot de phantasmes, de sens plus ou moins caché, d’effroi, de leçons de vie ou de morale que la psychanalyse s’est largement efforcée de décrypter au cours du dernier siècle, et qui sont finalement peu présents ici. Faute d’une dramaturgie un peu structurée, Murgia se contente de mettre en scène la narration du spectacle, brillamment certes, mais d’une façon fort littérale et finalement convenue, sans en éclairer le sens.</p>
<p>La scénographie de <strong>Vincent Lemaire</strong> est grandiose, propre à impressionner. Mais il y a tout de même dans ce spectacle quelque chose qui ne prend pas, qui empêche qu’on entre complètement dans le scénario et fait qu’on en observe les ficelles plutôt que d’y adhérer sans réserve. Les mouvements des personnages sont peu travaillés, la plupart des airs sont chantés immobiles face au public, ce qui facilite le travail du chef d’orchestre, certes, mais n’est guère propice à la fluidité scénique du spectacle. La vidéo prend une grande place, réalisée sur le vif avec des cadrages souvent très approximatifs mais de beaux moments d’intimité saisis au débotté. L’abondance d’éléments visuels n’aide pas à focaliser l’attention du spectateur, fort sollicité, et ne remplace pas une proposition forte qui donnerait un sens à l’œuvre.</p>
<p>Par bien des aspects, la partition fait penser au <em>Barbier de Séville</em>, créé un an plus tôt : même grammaire, mêmes moyens expressifs, mêmes contrastes, les deux œuvres sont musicalement presque jumelles. Cette proximité est largement soulignée par le travail de mise en place extrêmement précis réalisé par le jeune chef <strong>Giulio Cilona</strong>, lauréat en 2022 du concours de direction d’opéra de Liège. Tant à l’orchestre que sur le plateau, les ensembles sont réglés au cordeau, l’écriture tellement délicate de Rossini, tout en contrastes et virtuosité vocale, est parfaitement rendue. On n’évite pas toujours une surenchère sonore dans les ensembles de chanteurs, parfois au détriment de la lisibilité de la partition, mais certains moments sont très réussis et le final du premier acte (par exemple) est éblouissant.</p>
<p>La distribution, qui réunit une belle brochette de jeunes talents, est légitimement dominée par <strong>Beth Taylor</strong> dans le rôle-titre ; sa voix de mezzo particulièrement chaude et vibrante, parfaitement timbrée, très agile dans les vocalises, parvient à se faire entendre entre toutes les autres sans forcer le volume à force de clarté dans la diction. <strong>Dave Monaco</strong> est très brillant également dans le rôle du Prince Ramiro, avec des aigus impressionnants (c’est ce que tout le monde attend) mais peu de variété de couleurs. Vocalement un peu en retrait des autres chanteurs, <strong>Gyula Nagy</strong> en Don Magnifico, compense par un jeu de scène fort drôle, dégoulinant de vulgarité et de veulerie. On soulignera l’excellente prestation de <strong>Alessio Arduini</strong> dans le rôle de Dandini, virtuose, très musical et fort attachant dans son jeu de scène. Dans la même veine, <strong>Sam Carl</strong> campe un Alidoro reconverti ici en livreur de pizzas. L’un et l’autre reprennent à leur compte les éléments de <em>Commedia del’Arte </em>bel et bien présents dans la pièce, malgré des costumes qui évoquent plutôt Halloween. Les deux sœurs de Cendrillon, respectivement <strong>Héloïse Poulet</strong> (Clorinda) et <strong>Alix Le Saux</strong> (Thisbe), parfaitement assorties physiquement, ne quittent pas la grossière caricature dans des costumes peu flatteurs, mais s’acquittent honorablement de leur rôle.</p>
<p>L’orchestre de l’Opéra national de Lorraine, sans être un phalange de tout premier plan, a bénéficié du travail en profondeur fourni par le chef. La précision des attaques et la rigueur métronomique rendent justice à la partition, même si la recherche de couleurs aux cordes peut encore progresser. On soulignera le travail très abouti aussi du pianofortiste qui assure les récitatifs, particulièrement imaginatif et farceur. Les chœurs (exclusivement masculins) peuvent eux aussi encore gagner en mordant et affiner leur diction.</p>
<p>Le spectateur aura donc passé une bonne soirée, il aura ri de bon cœur, l’œuvre s’y prête volontiers, mais ne ressortira guère nourri de la représentation.</p>
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		<title>ROSSINI, La Cenerentola – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fidèle à son habitude, l’Opéra national de Lorraine propose une œuvre tous publics pour les fêtes de fin d’année. Après un Don Pasquale épatant l’année passée, voici le tour de La Cenerentola, qu’on n’avait pas revue dans la ville depuis la production de 2008. La thématique générale de la Saison 2024/2025 étant placée sous le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fidèle à son habitude, l’Opéra national de Lorraine propose une œuvre tous publics pour les fêtes de fin d’année. Après un <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-nancy/">Don Pasquale</a></em> épatant l’année passée, voici le tour de <em>La Cenerentola</em>, qu’on n’avait pas revue dans la ville depuis la production de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-trionfo-di-rossini/">2008</a>. La thématique générale de la Saison 2024/2025 étant placée sous le signe de la transgression, c’est à une mise en scène très éloignée de la vision des studios Disney et du conte de fées traditionnel qu’on a droit ici, pour une <em>Cendrillon</em> plutôt punk et déjantée.</p>
<p>Déjà invité à Nancy pour une production du <em>Palais enchanté </em>de Rossi qui a marqué les esprits (donnée également à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-palazzo-incantato-dijon-un-fabuleux-palais-enchante-ou-lalbergo-de-i-folli/">Dijon</a>), <strong>Fabrice Murgia</strong> s’est emparé de la mécanique bien huilée et rythmée de Rossini pour en faire ressortir la cruauté des situations et des personnages, en particulier pour Cendrillon, inspirée de l’univers gothique au cinéma, entre Carrie au bal du diable ou l’une des héroïnes de Beetlejuice. L’univers visuel qui en découle est à la fois trash et stylisé, entre Tim Burton et le Tarantino quasi gore qui rend hommage aux séries Z. Fidèle à sa pratique – devenue pour ainsi dire sa marque de fabrique – l’acteur, metteur en scène et réalisateur belge accorde une large place à la vidéo en live dans le spectacle. Deux caméramen traquent ainsi les protagonistes de très près, les images (très belles au demeurant) étant projetées sur une sphère évoquant une pleine lune digne des films de zombies les plus esthétisants. Les amateurs auront de quoi relever les citations visuelles tout au long de l’opéra. Las, l’abondance de références dont on ne comprend pas forcément le rapprochement avec notre histoire a tendance à encombrer l’esprit. Dommage, il y avait de quoi faire. Par ailleurs, le léger décalage entre l’image filmée et sa projection a tendance à fausser et ralentir le rythme de la mécanique, pourtant si bien articulée, de l’œuvre de Rossini. De quoi potentiellement frustrer le spectateur qui ne sait plus où donner de la cervelle. Cela dit, si l’on s’en tient à l’aspect purement visuel, ce bric-à-brac entre petite boutique des horreurs et Frankenstein Junior a de quoi enthousiasmer les amateurs de cinéma d’horreur, toutes époques confondues. Tout a été conçu pour ne pas dégoûter les âmes sensibles (la tronçonneuse ne se fait que menaçante et l’utilisation de l’hémoglobine n’épouvantera pour ainsi dire personne, le sang se matérialisant en perles de couleur essentiellement). À noter qu’au cours de la seconde partie, on s’est complètement habitué au macabre gentiment domestiqué de notre petite famille Addams recomposée et qu’on prend vraiment plaisir à observer nos marginaux à l’œuvre, dont la psychologie un peu sommaire correspond grosso modo à celle d’adulescents rebelles finalement bien sympathiques (on comprend aussi pourquoi les sœurs ne supportent plus d’entendre la scie qu’est « Una volta c’era un re » dans la bouche d’Angelina…).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2024_08_La-Cenerentola-©-Simon-Gosselin-0-copie-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-179484" width="910" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Simon Gosselin</sup></figcaption></figure>


<p>Côté distribution, on se délecte des qualités vocales de ce septuor à qui on demande les plus acrobatiques pyrotechnies et qui s’en tire avec maestria. Les voix s’harmonisent agréablement entre elles, ce qui provoque un plaisir jubilatoire d’entendre les prouesses de groupe attendues parfaitement et rondement menées. La mezzo écossaise <strong>Beth Taylor</strong> impressionne en Angelina punkette qui ne s’en laisse pas conter, coloratures ébouriffées à l’appui et autorité naturelle évidente qui la fait émerger du lot. Elle est à l’aise dans tous les registres et s’impose dans un rôle exigeant qui lui va décidément comme un gant. Le ténor italien <strong>Dave Monaco</strong> n’est pas en reste. Un timbre suave et chaud à la Juan Diego Flórez, une diction impeccable et une facilité apparente en font un Don Ramiro idéal. Les deux sœurs sont au diapason, voix à l’unisson dans tout le registre qui leur est imposé : la mezzo <strong>Alix Le Saux</strong> et la soprano <strong>Héloïse Poulet</strong> sont deux affreuses, bêtes et méchantes du plus bel effet, impeccables, voire souveraines. <strong>Sam Carl</strong> est un Alidoro qui ne manque pas de coffre ni de caractère, tout comme <strong>Alessio Arduini</strong>, épatant Dandini, tous deux dotés d’une efficace <em>vis comica</em>. Un peu plus en retrait, mais conforme à son rôle de père pas très glorieux, <strong>Gyula Nagy</strong> réussit toutefois à tirer avantageusement son épingle du jeu, surtout dans les ensembles.</p>
<p>Les chœurs, est-ce dû à leur maquillage de zombies ou de victimes d’Hannibal Lecter, cervelle à l’air, semblent un peu à la peine dans le premier acte, mais on les retrouve, à l’aise et en forme comme à leur habitude, pour un délectable numéro de monstres en roue libre. L’orchestre de l&rsquo;<strong>Opéra national de Lorraine</strong> est à son meilleur, remarquablement guidé par le chef invité belgo-américain <strong>Giulio Cilona</strong>. Une fois de plus, l’Opéra national de Lorraine nous gâte pour les fêtes.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-cenerentola-nancy/">ROSSINI, La Cenerentola – Nancy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CACCINI, La liberazione di Ruggiero dall’isola d’Alcina &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/caccini-la-liberazione-di-ruggiero-dallisola-dalcina-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2024 05:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le premier mérite de cette représentation unique de La liberazione di Ruggiero dell’isola d’Alcina (abrégé Alcina et à ne pas confondre avec celle de Haendel) au Théâtre du Capitole de Toulouse est sans conteste de nous permettre de découvrir une œuvre on ne peut plus rare (elle ne figure pas dans les 1001 opéras de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le premier mérite de cette représentation unique de <em>La liberazione di Ruggiero dell’isola d’Alcina</em> (abrégé <em>Alcina</em> et à ne pas confondre avec celle de Haendel) au Théâtre du Capitole de Toulouse est sans conteste de nous permettre de découvrir une œuvre on ne peut plus rare (elle ne figure pas dans les <em>1001 opéras</em> de Piotr Kaminski, c’est dire !). On se souvient d’une représentation chroniquée par Forumopéra <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-liberazione-di-ruggiero-dallisola-dalcina-bruxelles-lopera-ca-ne-simprovise-pas/">à Bruxelles en 2016</a>.<br />
On la doit, et c’est une deuxième caractéristique intéressante, à une compositrice : Francesca Caccini (1587-après 1641) était d’abord et avant tout chanteuse, luthiste, poétesse et professeur de musique italienne. Francesca Caccini, née à Florence, est la fille de Giulio Caccini et de Lucia di Filippo Gagnolandi, chanteuse. À sa naissance, son père est au service des Médicis et l’initie très jeune à la musique. Il lui apprend le chant, le clavecin, le luth, la théorie musicale et la composition. À l&rsquo;âge de vingt ans, elle est engagée comme musicienne sous l&rsquo;autorité du Grand-duché de Toscane.<br />
L’excellente réputation de Francesca l’a conduite à répondre à des propositions de la cour d’Henri IV ; c’est du reste au mariage de ce dernier avec Marie de Médicis que fut donné ce qui est considéré aujourd’hui comme le tout premier opéra, <em>Euridice</em>, composé par Jacopo Peri en 1600. Elle fait partie des premières chanteuses virtuoses qui sont alors l’objet d’une adulation « furieuse » de la part de la noblesse comme du clergé. Et elle était très généreusement défrayée, dit-on.<br />
Cette <em>Alcina</em> est considérée comme le premier opéra composé par une femme. Elle est classée <em>opera comica</em>, en quatre scènes, écrite à partir d’un livret de Ferdinand Saracinelli d’après l’<em>Orlando furioso</em> de l’Ariosto. Cet opéra aurait été créé le 3 février 1625 à la Villa Poggio Imperiale de Florence. L’œuvre eut un tel succès que deux nouveaux opéras furent commandés à Caccini. Malheureusement, ceux-ci n’ont pas été préservés, ni retrouvés à ce jour.<br />
La trame est somme toute assez indigente : l’enchanteresse Melissa arrive sur l’île d’Alcina, avec l’intention de libérer Ruggiero des griffes de la maléfique sorcière qui a ensorcelé le héros et l’a éloigné de son véritable amour, Bradamante. Melissa prend l’apparence d’Atlante et réveille Ruggiero. Elle se moque de lui et lui reproche d’être tombé sous le charme d’Alcina et l’exhorte à redevenir soldat. Ruggiero se ressaisit et décide de quitter Alcina. Celle-ci revient, découvre que Ruggiero l’a quittée et devine que sa propre fin ne saurait tarder. Alcina s’en va, furieuse, avouant sa défaite.<br />
C’est sans doute la pauvreté du livret qui prive cette pièce de véritables moments dramatiques, le point culminant étant sans conteste le final de la scène 2 avec la confrontation entre Alcina et Ruggiero ; et encore s’agit-il essentiellement d’un quasi monologue de la sorcière, sorte de lamento où se perçoivent les tempêtes qui traversent l’esprit d’Alcina.<br />
Il faut rendre hommage à l’ensemble <em>I Gemelli</em> et ses onze musiciens qui nous permettent cette découverte. <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong>, qui chante Ruggiero et, cette fois-ci, ne dirige pas (c’est <strong>Violaine Cochard</strong> qui le relaie discrètement depuis son clavecin) est donc de retour à Toulouse. Son <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/">Il ritorno d’Ulisse in patria</a> avait connu un franc succès la saison dernière. Le rôle masculin principal est peu caractérisé et son duo avec Alcina tourne court. Les rôles principaux sont ceux de la sorcière et de l’enchanteresse. Melissa est fièrement incarnée par <strong>Lorrie</strong> <strong>Garcia</strong> au mezzo envoûtant : on comprend qu’il ait agi sur l’esprit de Ruggiero. <strong>Alix</strong> <strong>Le</strong> <strong>Saux</strong> qui, à Bruxelles était en décembre dernier l’Euryclée du <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/">Ritorno </a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/">donné par I Gemelli</a> tient le rôle de la sorcière. Son morceau de bravoure est donc le final de la scène 2 qu’elle rend avec force et conviction. Il faut remarquer la belle homogénéité de l’ensemble vocal. <strong>Juan</strong> <strong>Sancho</strong> (Neptune et Astolfo), <strong>Natalie</strong> <strong>Perez</strong> (la demoiselle et la messagère), <strong>Cristina</strong> <strong>Fanelli</strong> (la sirène) et <strong>Pauline</strong> <strong>Sabatier</strong> (sirène) composent, en plus de leurs rôles, un chœur très cohérent. Mention spéciale à <strong>Nicolas</strong> <strong>Brooymans</strong> (le monstre) et <strong>Jordan</strong> <strong>Mouaissia</strong> (le berger et la Vistule) pour leur duo enchanteur à la première scène. Enfin <strong>Mathilde Etienne</strong> ne se contente pas de –bien – chanter une sirène, elle propose une mise en espace astucieuse. L’ensemble orchestral de tout premier plan est séparé en deux : cordes frottées et vents à jardin, cordes pincées et percussions à cour. Entre les deux, un espace où peuvent se mouvoir les personnages et où auraient dû se donner les ballets – incontournables dans l’opéra du début du XVIIe siècle.</p>
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		<title>MONTEVERDI, Il Ritorno d&#8217;Ulisse in Patria &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Dec 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Elle voyage, elle voyage cette belle production du Retour d’Ulysse. Après Toulouse, la voici pour un soir au Palais des Beaux-arts de Bruxelles. Et reconstituer un opéra de Monteverdi dans l’atmosphère art-déco du grand vaisseau bruxellois n’est pas chose facile. Si la disposition des lieux permet un déploiement des troupes sensiblement plus large qu’à Toulouse, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Elle voyage, elle voyage cette belle production du <em>Retour d’Ulysse</em>. Après Toulouse, la voici pour un soir au Palais des Beaux-arts de Bruxelles. Et reconstituer un opéra de Monteverdi dans l’atmosphère art-déco du grand vaisseau bruxellois n’est pas chose facile. Si la disposition des lieux permet un déploiement des troupes sensiblement plus large qu’à Toulouse, si j’en crois mon collègue Thierry Verger  (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/">MONTEVERDI, Il Ritorno d’Ulisse in Patria – Toulouse</a>), l’absence de décor nécessite que les interprètes redoublent d’imagination communicative pour imposer leur propos. La magie opère pourtant bel et bien, et la mise en espace conçue par <strong>Mathilde Etienne</strong> se révèle parfaitement efficace : les mouvements suggérés, les attitudes et les mimiques de chacun suffisent à évoquer toutes les situations du récit, la magie narrative de Monteverdi fait le reste. Tous sont mis à contribution, les membres de l’orchestre se joignent aux chanteurs pour former le chœur, certains instrumentistes cumulent plusieurs instruments comme certains chanteurs cumulent plusieurs rôles, de sorte que c’est une véritable troupe, très cohérente, unie, qui se présente à nous. Le grand avantage de ces mises en espace peu invasives, c’est qu’elles laissent au spectateur le soin d’imaginer lui-même les éléments manquants, que le propos n’est jamais dévoyé et que toute l’énergie est concentrée sur la musique, dont la pureté n’a peut-être jamais été aussi sensible.</p>
<p>Les rôles les plus exposés, Ulysse (<strong>Emiliano Gonzales Tores</strong>) et Pénélope (<strong>Fleur Barron</strong>) sont vocalement très solides : lui avec une voix très bien placée qui permet beaucoup de nuances de couleur et une grande clarté du récit, elle avec un timbre bien sombre, presque envoûtant, une sorte de mélancolie naturelle dans la voix particulièrement bien utilisée dans ce rôle. Le fait qu’il assume également la direction musicale du spectacle – à laquelle contribue aussi grandement<strong> Violaine Cochard</strong>, infatigable continuiste qui passe avec aisance du clavecin à l’orgue, renforce encore la cohérence de la troupe au sein de laquelle on donnera également une mention spéciale au jeune berger Eumée (<strong>Nicholas Scott</strong>), à la candeur très émouvante.</p>
<p>La jeunesse des chanteurs, leur enthousiasme, mais aussi leur belle connaissance du style contribue à la fluidité du spectacle, (un petit bémol pourtant pour le Télémaque de <strong>Zachary Wilder</strong>, excellent chanteur, mais qui semble avoir deux fois l’âge de son père – ou est-ce l’Ulysse d’Emiliano Gonzales Toro dont le physique paraît trop jeune pour le rôle ? Toujours est-il que le rapport scénique entre eux deux est peu crédible). Les trois prétendants de Pénélope ( <strong>Anders Dahlin</strong> (Pisandre), <strong>Nicolas Broymaans</strong> (Antinoüs) et <strong>Juan Sancho </strong>(Amphinome)) sont très bien différenciés, caricaturaux à souhait dans le genre macho infatués, faisant ressortir le côté comique des scènes auxquelles ils participent. Tout cela vous a un petit côté <em>Commedia dell&rsquo;Arte</em> avant la lettre, l’émotion filtre à travers les scènes comiques, l’énergie circule d’un climat à l’autre, contribuant à la délicieuse légèreté du spectacle tout en soutenant la narration. La nourrice Euryclée (<strong>Alix Le Saux</strong>) est parfaitement voluptueuse et les autres rôles ne déméritent pas, au sein d’une distribution très homogène, même si globalement, les humains sont plus convaincants que les Dieux.</p>
<p>La partie instrumentale d’une grande diversité de couleurs, très attentive à soutenir les chanteurs, est pleinement intégrée au spectacle, dont on ressort revigoré, à la fois ému et heureux. Vieille de presque 400 ans, la partition n’a pas pris une ride !</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/">MONTEVERDI, Il Ritorno d&rsquo;Ulisse in Patria &#8211; Bruxelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>MONTEVERDI, Il Ritorno d&#8217;Ulisse in Patria &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Nov 2023 09:54:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=150843</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après Bordeaux, Angers et La Corogne et avant le Bozar à Bruxelles puis Madrid pour terminer, l’ensemble I Gemelli a posé ses valises à Toulouse pour deux représentations mises en espace du Ritorno d’Ulisse in Patria. Un rythme de représentations serré qui ne restera pas sans conséquence pour Mathilde Etienne, victime la veille d’un accident &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/"> <span class="screen-reader-text">MONTEVERDI, Il Ritorno d&#8217;Ulisse in Patria &#8211; Toulouse</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Bordeaux, Angers et La Corogne et avant le Bozar à Bruxelles puis Madrid pour terminer, l’ensemble I Gemelli a posé ses valises à Toulouse pour deux représentations mises en espace du <em>Ritorno d’Ulisse in Patria</em>. Un rythme de représentations serré qui ne restera pas sans conséquence pour<a href="https://www.forumopera.com/mathilde-etienne/"> <strong>Mathilde Etienne</strong></a>, victime la veille d’un accident de scène à l’Opéra de La Corogne, mais qui tient tout de même sa place à Toulouse au prix d’une mobilité plus que réduite puisque celle qui réalise la mise en espace et tient le rôle de Melanto doit être littéralement portée sur scène lors de chacune de ses apparitions ; défection par ailleurs de <strong>David Hansen</strong>, pour le &#8211; petit &#8211; rôle de la Fragilité Humaine. C’est <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong>, à la direction musicale et titulaire du rôle-titre, qui reprend au débotté cette partie.<br />
Mise en espace donc, sur une avant-scène réduite (les décors imposants du <em>Boris Godounov</em> se jouant pendant cette même période, sont cachés derrière le rideau de scène). Les quinze instrumentistes de l’ensemble I Gemelli sont placés aux extrémités cour et jardin. Au milieu trône l’imposant clavecin posé sur l’orgue positif de <strong>Violaine Cochard</strong>, magnifique continuo, seule à tourner le dos au public. Reste un espace étroit mais suffisant pour qu’évoluent les 19 (!) personnages de la pièce, qui tantôt slaloment entre les instruments ou autour du clavecin, tantôt se posent sur l’estrade en fond de scène lorsqu&rsquo;ils ne s&rsquo;assoient pas à trois sur le siège de la continuiste ! Quelques accessoires seulement pour Ulysse : une cape et un bâton de vieillard et, au deuxième acte, le fameux arc qui révélera son identité.</p>
<pre>                   <img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR1186-1294x600.jpg" alt="" width="716" height="332" />
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<pre style="text-align: center;">© Mirco Magliocca</pre>
<p>Emiliano Gonzalez Toro à la tête de son ensemble reprend à peu de choses près la distribution qui figure dans l’enregistrement réalisé entre 2021 et 2023, et sorti cet automne.<br />
Il semble évident, à voir les protagonistes évoluer, se chercher et se trouver toujours, que le spectacle est bien rôdé. Les complicités se font jour, les ensembles tombent toujours juste, point n’est besoin d’une battue explicite pour être dans le bon tempo. Ajoutons à cela un parfait équilibre des voix et un accompagnement instrumental sans faille. A noter que certains instrumentistes sont également convoqués comme choristes lors des rares interventions collectives.<br />
La distribution vue ce soir n’est pas exactement celle du CD, notamment pour ce qui est du rôle de Pénélope, tenue ici par <strong>Fleur Barron, </strong>toute de noir vêtue. Une occasion pour la mezzo singapouro-britannique (dont la tessiture flirte avec l’alto) de briller dans ce rôle qu’elle porte magnifiquement. C’est la belle surprise de la soirée. Le port est superbe, altier comme il se doit, et la présence vocale captivante. Le public est à juste titre sensible aux couleurs chaudes et pleines, du bas au sommet de la gamme. On se régale, on se noie dans ses lamentations du III, avant que ses yeux enfin se décillent.<br />
Emiliano Gonzales Toro est un Ulysse aussi convaincant sur scène qu’au disque ; on devine, en plus d’une voix capable d’emprunter de multiples facettes (dont celles d’un vieillard) avec quelques nasalités qui rappellent dans les <em>forte</em> le ténor de Rolando Villazón, un acteur heureux de se mouvoir sur scène.<br />
Il n’y a en fait pas de point faible dans cette distribution. <strong>Zachary Wilder</strong> figure un Télémaque prudent puis revigoré lorsqu’il reconnaît son père. <strong>Fluvio Bettino</strong>, formidable acteur qui fait de Iros un parasite que l’on adore détester. <strong>Juan Sancho</strong> n’a peut-être pas le physique de Jupiter mais la carrure vocale est là ; de même pour le Neptune de <strong>Christian Immler</strong> dont le monologue du I reste en mémoire. Le trio des prétendants, <strong>Anders Dahlin</strong> (Pisandre), <strong>Nicolas Broymaans</strong> (Antinoos) et <strong>Juan Sancho</strong>, le même qui tient aussi Jupiter (Amphinome) propose un manège bien huilé et une belle complicité. Il ne faudrait pas passer sous silence, l’Eurimée d’<strong>Alvaro</strong> <strong>Zambrano</strong> et le berger Eumée de <strong>Nicholas Scott</strong> tous deux à l’enthousiasme contagieux. Enfin quelques belles voix féminines qui n’avaient pas besoin de puissance pour faire passer toutes les émotions : outre Mathilde Etienne, n’oublions surtout pas <strong>Emöke Barath</strong> (Minerve et la Fortune) l’Euryclée touchante d’<strong>Alix</strong> <strong>Le Saux</strong> et <strong>Lisa Menu</strong> en Junon/l’Amour.</p>
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		<title>MONTEVERDI, Le Couronnement de Poppée – Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-le-couronnement-de-poppee-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 May 2023 22:16:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après l’Orfeo et Il ritorno d’Ulisse in patria, le chef d’orchestre et ténor Emiliano Gonzalez Toro clôt son triptyque des opéras (conservés) de Monteverdi. Comme pour les deux opus précédents, la version de concert se trouve enrichie d’une mise en espace de Mathilde Etienne. Les deux artistes donnent d’ailleurs de leur personne tout au long &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après l’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lorfeo-paris-tce-mieux-quune-creme-de-beaute/" target="_blank" rel="noopener"><em>Orfeo</em></a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-ritorno-dulisse-in-patria-geneve-une-recreation-enchantee/" target="_blank" rel="noopener"><em>Il ritorno d’Ulisse in patria</em></a>, le chef d’orchestre et ténor <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong> clôt son triptyque des opéras (conservés) de Monteverdi. Comme pour les deux opus précédents, la version de concert se trouve enrichie d’une mise en espace de <strong>Mathilde Etienne</strong>. Les deux artistes donnent d’ailleurs de leur personne tout au long de la soirée puisqu’on les retrouve dans plusieurs seconds rôles.</p>
<p>Avec son livret flamboyant et riche en rebondissements, l’<em>Incoronazione di Poppea</em> a donné lieu aux propositions scéniques les plus délirantes. Rien de tel ce soir avec cette mise en espace très dépouillée (quelques costumes, un fauteuil central comme décor) et qui présente l’intérêt de coller au plus près des personnages. Après deux représentations à Metz et Genève, le spectacle est désormais bien rodé et la scénographie donne à voir la quintessence de ce qui fait l’originalité de la <em>Poppea</em> monteverdienne – et c’est déjà beaucoup : l’érotisme, les jeux de pouvoir, les trahisons, l’ensemble étant teinté d’un humour et d’une ironie toujours présents en filigrane.</p>
<p>Il faudrait sans doute une salle aux dimensions deux fois plus modeste que le TCE pour goûter pleinement aux plaisirs auxquels nous convient les musiciens de <strong>I Gemelli</strong>, conduits du clavecin et de l’orgue de façon impeccable par <strong>Violaine Cochard</strong>. Les violes de gambe de <strong>Louise Pierrard</strong> et d’<strong>Agnès Boissonnot-Guilbault</strong> apportent de la sensualité et de la couleur, et l’on admire la harpe renversante – arpèges, glissandos, transitions – de <strong>Marie-Domitille Murez</strong>. Mais, avec une dizaine d’instrumentistes au total (dont quatre seulement hors continuo), les intermèdes restent trop sages et manquent de chair. C’est ce déficit de densité et de contraste qui contribue à donner l’impression d’une soirée qui ne décolle jamais vraiment musicalement. Même les « tubes » de l’opéra tombent quelque peu à plat, à l’instar de cet « Addio Roma ! » d’Ottavia qui nous a laissé de marbre. Le duo final, mal accordé, a quant à lui dû être interrompu en plein milieu puis repris en raison d’un décalage persistant entre voix et instruments.</p>
<p>Foudroyant dans l’aigu, perçant du regard, le Nerone de <strong>David Hansen</strong> fait un bel effet, au prix toutefois d’une incarnation parfois trop uniformément brutale. Poppea se trouve ce soir incarnée par la plus belle Pamina en activité, la soprano norvégienne <strong>Mari Eriksmoen</strong>. Malgré une ligne radieuse et un bel investissement scénique, elle semble toutefois gênée dans les graves, et ne parvient pas à traduire toutes les ambivalences du personnage.</p>
<p>En Ottavia, <strong>Alix Le Saux</strong> est superbe d’autorité dans son « Disprezzata Regina » d’entrée, mais moins marquante par la suite. L’Ottone de <strong>Kacper Szelazek</strong> déçoit quelque peu également ; si la présence scénique est louable, le timbre reste monochrome. L’impression est similaire concernant le Seneca de <strong>Nicolas Brooymans</strong>, tremblant et peu audible dans l’extrême grave. La Drusilla (et Virtù du prologue) virevoltante de <strong>Lauranne Oliva</strong> apporte quant à elle un joli rayon de fraîcheur et c’est peut-être la seule interprète que l’on sent totalement en adéquation avec son personnage. Dans les deux rôles de <em>Nutrice</em> enfin, <strong>Mathias Vidal</strong> et <strong>Anders Dahlin</strong> rivalisent d’énergie et d’humour, au détriment parfois de la ligne vocale. Ils permettent toutefois d’insuffler un brin de folie à ce Couronnement resté bien trop sage.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-paris-tce-un-spectacle-revigorant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Nov 2022 07:29:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette année aura marqué le grand retour de La Périchole sur les scènes parisiennes où pas moins de trois productions se sont succédé, celle proposée par Les Tréteaux Lyriques au Théâtre du Gymnase en janvier, les représentations de l’Opéra-Comique en mai et enfin celles qui sont actuellement à l’affiche du Théâtre des Champs-Élysées. La partition est celle &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-paris-tce-un-spectacle-revigorant/"> <span class="screen-reader-text">OFFENBACH, La Périchole — Paris (TCE)</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette année aura marqué le grand retour de <em>La Périchole</em> sur les scènes parisiennes où pas moins de trois productions se sont succédé, celle proposée par Les Tréteaux Lyriques au Théâtre du Gymnase en janvier, les représentations de l’Opéra-Comique en mai et enfin celles qui sont actuellement à l’affiche du Théâtre des Champs-Élysées. La partition est celle élaborée par le Palazzetto Bru Zane qui coproduit le spectacle et qui a publié un enregistrement discographique de l’œuvre, également dirigé par <strong>Marc Minkowski</strong>. Elle est majoritairement fondée sur la version de 1874, établie par Offenbach lui-même. Les dialogues parlés, astucieusement actualisés par <strong>Agathe Mélinand, </strong>s’insèrent parfaitement entre les parties chantées. Pour l’occasion le chef français retrouve son complice <strong>Laurent Pelly</strong> avec qui il a collaboré sur de nombreux ouvrages d’Offenbach, notamment <em>Orphée aux enfers</em> à Lyon en 1997 ainsi que <em>La Belle Hélène</em> et <em>La Grande Duchesse de Gerolstein</em> qui ont fait les beaux soirs du Châtelet en 2000 et 2004. C’est la première fois que les deux artistes travaillent ensemble sur <em>La Périchole</em> qu’ils avaient abordé chacun de leur côté, Pelly dès 2002 à Marseille et Minkowski lors des représentations bordelaises de 2018 qui ont servi à l’enregistrement du Palazetto.</p>
<p>L’action est située de nos jours. Lorsque le rideau se lève, les personnages portent des tenues d’été assez frustes, bermudas, chemisettes et T Shirts. Piquillo est en « marcel », La Périchole est vêtue d’un short en jean, d’un blouson en cuir sans manche et de bas en résille. A partir du deuxième acte, elle arbore une somptueuse robe du soir fuchsia. Le décor représente une place avec côté cour un immeuble vétuste dont la façade est taguée et aux fenêtres duquel on aperçoit du linge qui sèche ; côté jardin, trône un gigantesque portrait du vice-roi dont on ne voit que le bas du visage. Sur la place, des tables et des bancs devant une sorte de food truck où les trois cousines font commerce d’alcools et de victuailles. Au deuxième acte, des canapés noirs et de gigantesques miroirs amovibles représentent le palais du vice-roi, les courtisans et Piquillo sont en smokings, les dames en robes à crinoline argentées qui tranchent avec la robe « flashy » de la Périchole. Au troisième acte, la cellule de Piquillo est figurée par des grilles qui en constituent les parois et le plafond. La mise en scène est brillante, émaillée de quelques gags bienvenus. La direction d’acteurs, extrêmement précise, ne laisse aucun personnage livré à lui-même. Laurent Pelly s’est montré particulièrement inspiré par l’ouvrage, comme toujours lorsqu’il aborde Offenbach. Au salut final lui et son équipe ont été acclamés, ce qui n’est pas courant par les temps qui courent.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="287" src="/sites/default/files/styles/large/public/20221110-01vp_0.jpg?itok=um8snLMa" style="font-size: 11.2px;text-align: center" title="La Périchole (TCE) © Vincent Pontet" width="468" /><br />
	La Périchole (TCE) © Vincent Pontet</p>
<p class="legende"> La distribution réunie pour l’occasion est d’un niveau élevé jusque dans les seconds rôles. <strong style="font-size: 14px">Natalie Pérez</strong> est une Frasquinella pimbêche à souhait, <strong style="font-size: 14px">Chloé Briot</strong>, <strong style="font-size: 14px">Alix Le Saux</strong> et <strong style="font-size: 14px">Éléonore Pancrazi</strong> campent avec le même bonheur les trois cousines, malicieuses et pétillantes et le trio des courtisanes, hautaines et méprisantes. <strong style="font-size: 14px">Rodolphe Briand</strong> et <strong style="font-size: 14px">Lionel Lhote</strong> rivalisent de rouerie dans leur emploi de courtisans obséquieux et serviles et déclenchent les rires à chacune de leurs apparitions. <strong style="font-size: 14px">Laurent Naouri</strong> excelle dans son emploi de monarque veule et libidineux, avec sa voix rocailleuse et ses divers accoutrements. <strong style="font-size: 14px">Stanislas de Barbeyrac</strong> se glisse aisément dans la peau de cet amoureux transi, un peu benêt mais tellement attachant. La voix est claironnante et bien projetée et si la ligne de chant est par moment hachée, il interprète avec délicatesse et de jolies nuances son air « On me proposait d’être infâme » au dernier acte. De plus, le ténor français possède une diction impeccable et offre un jeu d’acteur pleinement convaincant. A ses côtés, <strong style="font-size: 14px">Antoinette Dennefeld</strong> tire son épingle du jeu en incarnant une Périchole piquante et volontaire, la voix est fraîche et bien conduite, le timbre est clair mais le volume demeure par moment confidentiel. Sa lettre est déclamée avec beaucoup de sensibilité, son air de la griserie avec toute la gouaille nécessaire, sans tomber dans la caricature. En revanche, l’on aurait souhaité un peu plus d’ironie voire de sensualité sur le refrain « Mon Dieu que les hommes sont bêtes ». L’air « Tu n’es pas beau » convainc davantage. Enfin, très à l’aise sur le plateau, la soprano se révèle fine comédienne.</p>
<p>Les Musiciens du Louvre qui viennent de fêter leur quarantième anniversaire, offrent des sonorités chatoyantes sous la baguette de Marc Minkowski qui adopte des tempos alertes propres à faire progresser l’action sans temps mort, tout en demeurant attentif à ses interprètes. Belle prestation des Chœurs de l’Opéra National de Bordeaux qui contribuent eux aussi à la réussite de ce spectacle revigorant.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-paris-tce-un-spectacle-revigorant/">OFFENBACH, La Périchole — Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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