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	<title>Gianfranco MONTRESOR - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>PUCCINI, La Bohème – Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-la-boheme-verone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un espace aussi vaste que les Arènes de Vérone, difficile de se sentir au plus près des protagonistes et c’est avec un peu d’appréhension que nous abordons cette <em>Bohème</em>. Il aurait pourtant fallu faire confiance d’emblée à la fréquence de la programmation de l’opéra dans le festival depuis 1938 (80 représentations), car la belle mécanique de Puccini fonctionne à plein dans la nuit véronaise. Ma voisine s’essuie très régulièrement les yeux et nous pleurons pendant tout le dernier acte… La mise en scène d’<strong>Alfonso Signorini</strong> a été conçue en 2024 pour l’anniversaire de la mort de Puccini. Très classique, dans un esprit zeffirellien, elle se déploie sur un large plateau flanqué de deux avant-scènes aux extrémités, sur lesquelles évoluent des patineurs. Lesquels patineurs sont en fait des danseurs chaussés de faux patins qui glissent et élaborent des figures gracieuses ou faussement maladroites. On aperçoit rapidement de chaque côté, un jeune homme et une jeune femme qui flirtent à distance pour finir par se rejoindre et partir ensemble. Le tableau, très beau, ne manque pas d’attirer l’œil qui, par ailleurs, a beaucoup à faire. Car les figurants sont nombreux pour la sortie chez Momus où culmine la fréquentation du décor-rue, alors que se croisent, se parlent, se provoquent ou s’affrontent les protagonistes d’une population bigarrée. Tous les petits métiers de Paris semblent s’être donné rendez-vous sur les gradins ce soir, du vendeur de ballons au marchand de balais, perdus dans la masse des bourgeois chargés de cadeaux. Le Père Noël (en vert) a un double qui lui fait concurrence, deux funambules placés en miroir évoluent dans un cerceau placé en hauteur, certains agitent leur ruban comme des gymnastes de GRS. On pense beaucoup au boulevard du crime des <em>Enfants du paradis</em> et la profusion visuelle du chef-d’œuvre de Marcel Carné où l’on se perdrait à vouloir tout saisir. Il en va de même ici mais l’on s’en contente, emportés par la foule.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaBoheme_170726_EnneviFoto_FNH27729-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217657"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 103° Opera Festival 2026</sup></figcaption></figure>


<p>Avant cela, on avait pu découvrir la chambre de Mimi sous les toits au-dessus de l’appartement des quatre artistes, dans une sorte de maison de poupées géante, où Mimi s’affaire à ses travaux d’aiguille (elle a même un sapin de Noël dans son petit réduit) alors que les quatre amis s’amusent et batifolent. L’idée de juxtaposer les espaces et de montrer une Mimi qui réfléchit aux tentatives d’approche de Rodolfo est très excitante et fait sens. Derrière les mansardes, des toiles peintes distendues nous montrent les rues parisiennes et les affiches sont des reproductions de réclames anciennes, pour une ambiance entre réalisme et évocation poétique. La direction d’acteurs est efficace et confère à l’ensemble des protagonistes un aspect très naturel.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="800" height="534" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaBoheme_EnneviFoto_058.jpg" alt="" class="wp-image-217665"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 103° Opera Festival 2026</sup></figcaption></figure>


<p>Dans le rôle de Mimi, <strong>Carolina López Moreno</strong> est magnifique de justesse, de timidité feinte, de courage et de noblesse. La voix est ample et charnue, le timbre subtilement moiré et d&rsquo;une autorité vocale impressionnante, qui confèrent encore plus de force à la jeune femme dont performance et personnage incarné inspirent tous deux le plus grand respect. À ses côtés, <strong>Yusif Eyvazov</strong> est un Rodolfo idéal, aux moyens immenses qui se bonifient au fil des années. Lumineuse et solaire, délicate et sensible, sa prestation vocale en impose et ravit les tympans sur toute l’étendue de la tessiture. On adhère pleinement à cet amoureux qui feint de se détacher de son aimée pour mieux s’abandonner à son retour et se laisser aller à son désespoir final.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaBoheme_170726_EnneviFoto_FNH27790-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-217661"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 103° Opera Festival 2026</sup></figcaption></figure>


<p>Formidable de légèreté et faussement superficielle, <strong>Enkeleda Kamani</strong> est une Musetta adorable, délicieuse quand elle feint la douleur au pied et se lance dans ses vocalises ébouriffantes, mais surtout magnifique tragédienne quand elle accompagne les derniers moments de la pauvre Mimi. Nous retrouvons avec plaisir à Vérone celle que nous avions tant appréciée à Nancy en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-nancy/">Violetta</a> et en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-nancy/">Tatiana</a>. Autour de ce trio, les trois compères sont eux aussi superbes et parfaitement crédibles. <strong>Mihai Damian</strong> est un Marcello intense, à la fois histrion et amoureux jalousement irrésistible de tendresse quand il fait son ours mal léché. Au charisme scénique s’additionne une puissance vocale étonnante qui avait valu au baryton <a href="https://www.forumopera.com/breve/mihai-damian-la-revelation-doperalia/">trois prix</a> au concours d’Operalia 2025. Infiniment touchant en Colline qui se décide à sacrifier son vieux manteau pour contribuer aux frais, <strong>Alexander Roslavets</strong> impose sa sombre voix toute de velours et <strong>Jan Antem</strong> cabotine superbement de sa voix bien timbrée en Schaunard dont on remarque surtout la diction impeccable. Du reste de la distribution, très équilibrée, on retiendra la verve comique de <strong>Nicolò Ceriani</strong> en Benoît inénarrable.</p>
<p>À la tête d’un orchestre en grande forme et en parfaite adéquation avec l’univers de Puccini, <strong>Francesco Lanzillotta</strong> parvient à sublimer la soirée grâce à une direction précise et fluide, sans fioritures mais avec un éclat tout particulier, qui contribue à rehausser les accents tragiques de la partition. Une soirée magique dont on se dit qu’elle est parfaite pour tous les publics, à commencer pour ceux qui assistent à un opéra pour la première fois. Et en termes de publics, les Arènes ratissent large (plus de 130 pays fréquentent les Arènes pendant le festival), considérant qu’il n’est jamais trop tôt pour se mettre à l’opéra (des spectacles sont proposés pour les moins de quatre ans et leurs parents). Cette année, les enfants ont également pu découvrir une production adaptée de <em>Turandot. Enigmi al museo</em> au printemps dernier. 2407 futurs amateurs d’opéra en culottes courtes avaient participé à l’opération. L’opéra a de l’avenir, c’est rassurant !</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-la-boheme-verone/">PUCCINI, La Bohème – Vérone</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Tristan und Isolde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/tristan-und-isolde-malevitch-et-obelix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Dec 2019 08:53:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile d’échapper à la fâcheuse impression de se répéter, mais ce Tristan et Isolde méritait-il vraiment une commercialisation en DVD ? La réponse est évidemment dans la question, toute rhétorique, et ce ne sont sans doute pas ceux qui ont vu ce même spectacle au Théâtre des Champs-Elysées au printemps 2016. Le nom de Pierre Audi &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Difficile d’échapper à la fâcheuse impression de se répéter, mais ce <em>Tristan et Isolde</em> méritait-il vraiment une commercialisation en DVD ? La réponse est évidemment dans la question, toute rhétorique, et ce ne sont sans doute pas ceux qui ont vu ce même spectacle au Théâtre des Champs-Elysées <a href="https://www.forumopera.com/tristan-et-isolde-paris-tce-tristan-et-isolde-illustres">au printemps 2016</a>.</p>
<p>Le nom de <strong>Pierre Audi</strong> est pourtant associé à quelques beaux souvenirs lyriques, y compris dans des répertoires où, comme dans ce Wagner, le livret n’offre pas forcément grand-chose à se mettre sous la dent en matière d’action scénique : en dehors de quelques péripéties, <em>Tristan</em> est un opéra où l’on se dit longuement sa haine, son amour ou sa déception, et tout le génie du metteur en scène consiste dès lors à trouver des images fortes pour accompagner ce sublime discours.</p>
<p>On est assez loin du compte avec la représentation captée à l’Opéra de Rome, coproducteur avec le TCE et l’Opéra d’Amsterdam. Réduit à quelques photos d’ensemble, le spectacle peut paraître d’un dépouillement subtil, relevé par des éclairages raffinés. Hélas, le visionnage du DVD ne confirme pas cette impression, et les gros plans de la captation montrent surtout une production statique et sombre. L’immense carré noir sur fond blanc que l’on découvre pendant l’ouverture peut rappeler la mise en scène jadis réglée à Bayreuth par Heiner Müller, mais on s’étonne du décalage entre les espaces abstraits que délimitent sur les grands panneaux qui descendent des cintres ou pivotent sur le plateau, et le look néo-celte de costumes assez peu seyants, sortes de pyjamas bleu-gris portés sous d’informes manteaux unisexes. Au dernier acte coexistent le primitivisme d’un corps momifié juché sur une structure en branchages et l’actualisation des tenues paramilitaires et des coupes de cheveux (les dames ont coupé leur chignon, tout comme Kurwenal et Melot), cette brusque avancée vers notre époque signifiant peut-être le monde postlapsaire, une fois l’adultère démasqué. L’ennui guette, donnant l’impression que <em>Tristan</em> est une œuvre dont il est impossible de donner une vision scénique convaincante (la réussite de quelques spectacles, comme celui d’Olivier Py à Genève en 2005, a prouvé qu’il n’en est rien).</p>
<p>Heureusement, l’aspect sonore est bien plus satisfaisant. L’orchestre de l’Opéra de Rome dispense pendant près de quatre heures une voluptueuse opulence sonore qui enveloppe l’auditeur et le plonge au cœur même de la dramaturgie wagnérienne, le travail de <strong>Daniele Gatti </strong>convainquant par son soin du détail.</p>
<p>Par rapport à ce qu’ont pu voir les spectateurs du Théâtre des Champs-Elysées, la distribution diffère pour deux des cinq rôles principaux, ce qui est tout de même loin d’être négligeable. Avant d’en venir aux personnages de premier plan, signalons la présence inattendue de l’ex-mozartien <strong>Rainer Trost</strong> en jeune marin ; dans un parcours plutôt consacré à la musique des siècles antérieurs, le ténor allemand s’accorde malgré tout des incursions wagnériennes, comme son Steuermann du <em>Vaisseau fantôme</em> à Bayreuth en 2018.</p>
<p>Découverte en 2016 comme <a href="https://www.forumopera.com/breve/rachel-nicholls-la-nouvelle-isolde-du-tce">remplaçante d’Emily Magee</a> initialement annoncée, <strong>Rachel Nicholls </strong>est une Isolde assez superbe de jeunesse et de fraîcheur de timbre, très loin des voix lourdes de quasi mezzo que l’on entend parfois dans le rôle. On soupçonne que dans une production moins obscure, elle pourrait rayonner davantage, mais par sa limpidité enthousiaste, sa mort chantée à contre-jour est un beau résumé de ses qualités. On sera nettement moins enthousiaste face à la Brangäne de <strong>Michelle Breedt</strong>, avare de volume dans le grave et qui passe la soirée à rouler de gros yeux. <strong>Brett Polegato</strong> est un Kurwenal d’abord distant, mais se révèle par la suite tourmenté et nerveux, avec un investissement qui impressionne au troisième acte.</p>
<p>Terminons par les deux nouveaux venus. Futur Hunding de la nouvelle Tétralogie de l’Opéra de Paris, <strong>John Relyea </strong>est lui aussi un roi Marke moins mûr qu’à l’accoutumée, à la voix bien ancrée dans le grave, et il est le seul à bénéficier d’un costume relativement majestueux au deuxième acte. Wagnérien confirmé, <strong>Andreas Schager</strong> surprend par les libertés qu’il s’autorise au dernier acte, où ses cris semblent parfois assez proches d’un Sprechgesang que le compositeur ne prévoyait probablement pas. Auparavant, l’interprétation a la solidité qu’on connaît au ténor, même si l’on a parfois la sensation qu’il se laisse couvrir par l’orchestre, ce qui ne correspond pas vraiment à l’effet qu’il produit généralement en scène.</p>
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