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	<title>Laurent NAOURI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Laurent NAOURI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ADAMS, The Death of Klinghoffer &#8211; Florence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/adams-the-death-of-klinghoffer-florence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la 88e édition du festival du Teatro Maggio Musicale Fiorentino du 19 avril au 1er juillet 2026, le choix du spectacle inaugural est remarquable. Il s’agit en effet d’un opéra rarement donné, car objet de polémiques depuis sa création en 1991 à Bruxelles. Divine surprise, The Death of Klinghoffer, fruit de la deuxième collaboration entre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Pour la 88e édition du festival du Teatro Maggio Musicale Fiorentino du 19 avril au 1er juillet 2026, le choix du spectacle inaugural est remarquable. </span><span class="s1">Il s’agit en effet d’un opéra rarement donné, car objet de polémiques depuis sa création en 1991 à Bruxelles. Divine surprise, <em>The Death of</em> <em>Klinghoffer,</em> fruit de la deuxième collaboration entre le metteur en scène, Peter Sellars et <strong>John Adams,</strong> avec la complicité de la librettiste <strong>Alice Goodman</strong> reparaît enfin à la scène. Après <em>Nixon in China,</em> John Adams continue de s’attaquer aux grandes questions politiques de son temps et fonde dans le même geste le genre de l’opéra américain par excellence.<br />
Mais le sujet de ce deuxième opus sent particulièrement le soufre, car il prend pour sujet la situation tragique au Moyen-Orient – en l’occurrence la fondation de l’état d’Israël, dont la prise d’otages juifs américains et anglais sur un bateau de croisière, l’<em>Achille Lauro</em>, en 1985 par des terroristes palestiniens, constitue un des nombreux chapitres douloureux de son histoire. On se souvient qu’une victime fut à déplorer lors de cette prise d’otages, Leon Klinghoffer, un retraité américain paralysé, abattu puis jeté avec son fauteuil par-dessus bord avant que les preneurs d’otages ne soient arrêtés (pour certains exfiltrés d’Italie), après une errance de plusieurs jours du bateau. L’exigence des membres du Front de Libération de la Palestine consistait en la libération de cinquante activistes prisonniers en Israël.</span></p>
<p>Créée en 1991, l’œuvre n’a jamais été reprise dans de grandes maisons d’opéra en raison de l’agitation extrême que sa programmation a entraîné à chaque tentative, entre bruyantes manifestations et prises à partie violentes des deux camps. L’opéra en effet se refuse à juger l’une ou l’autre partie et comme dans un film de Jean Renoir veut montrer que tout le monde a ses raisons, sans renoncer évidemment à plaider in fine pour la paix et le dialogue par la voix du Capitaine. L’opéra raconte par conséquent l’événement désormais historique, commenté par de sublimes chœurs comme dans une tragédie grecque. Le spectateur suit le destin de chacun des protagonistes, américains, juifs comme palestiniens avant (leurs aïeuls), pendant et après le drame.<br />
On saluera donc ici l’extrême courage du festival florentin qui met à l’affiche cette œuvre magnifique de grandeur et d’émotion, surtout au vu du contexte international actuel. L’affiche a de surcroît de quoi intéresser (outre la rareté de l’opéra) puisque la mise en scène a été confiée au réalisateur de A <em>bigger</em> <em>splash</em> et <em>Call me</em> by <em>your name,</em> connu par ses drames intimistes sur grand écran. Ce n’est pas d’aujourd’hui que les œuvres de Adams et de Guadagnino se rencontrent puisque le premier a composé la bande originale d’un film du second, « I sono l’amore »(2009). Le résultat de cette collaboration pour cette fois à Florence n’est cependant pas enthousiasmant, alors qu’on aurait adoré l’aimer.</p>
<p>Le metteur en scène nous propose un froid Rothko (actuellement exposé au Palazzo Strozzi) avec sa scène souvent partagée en deux plans égaux saturés par deux couleurs froides antagonistes (avec les belles lumières de <strong>Peter</strong> <strong>van Prae</strong><strong>t,</strong> le complice habituel de Robert Carsen) plutôt qu’une vision plus incarnée. Très abstraite, peut-être trop dépolitisée (c’est le vœu même de <strong>Luca Guadagnino</strong>), la mise en scène et la scénographie, visuellement belles mais glacées, dispersent les personnages dans un vaste espace, habilement il est vrai traversé de lignes droites et de courbes (pont du bateau, coursives, etc), où se détachant sur une gigantesque toile bleue parsemée de lumières (le cosmos). Les cabines surgissent du sol, une sculpture descend des cintres (une sorte de Christ) à la mort de Klinghoffer, les espaces déserts sont parfois occupés ou traversés par les chœurs et les six danseurs (qui révèlent les subconscients des personnages ou donnent à voir de belles fresques antiques grâce au travail <strong>d’Ella Rotschild,</strong> ancienne collaboratrice de Ohad Naharin et Crystal Pite).<br />
Tout est vraiment pensé pour désidéologiser l’évènement et nous livrer sa dimension religieuse (Bible et Coran sont effectivement évoqués dans le livret), mythologique, et parfois (rarement) humaine (avec l’exécution froide de Klinghoffer au deuxième acte). Soit. <span style="font-size: revert;">Mais l’entreprise se heurte à l’inefficience de l’orchestre (malgré la présence du sound designer <strong>Mark Grey)</strong> et aux à peu-près du choeur, aux interventions trop souvent inégales voire déstructurées.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Si l’élégie adamsienne est parfois au rendez-vous et la méditation prenante, dès le Prologue opposant le chœur des Palestiniens exilés racontant la Nakba à celui des Juifs exilés rappelant leur amour de la Terre promise, la fosse comme le chant manquent de la pulsation et du drame attendus. Les lignes musicales retombent,<span class="Apple-converted-space">  </span>semblent manquer de précision dynamique. Les antagonismes doivent pourtant s’entendre dans la fosse. Juste avant l’entracte, à la fin du premier acte, on entendra enfin la ferveur et la grandeur du Chœur de la Nuit menaçant et la force de l’orchestre, tragiquement absentes ailleurs.<br />
Cet orchestre dirigé par <strong>Lawrence Renes</strong> ne sait pas vraiment rendre justice au langage d’Adams, lui qui offre sous une baguette plus inspirée un paysage sonore dramatique varié et riche, lumineux et rythmé, dissonant à bon escient quand il faut peindre les âmes torturées. Notons tout de même les beaux accompagnements solos du hautbois (premier tableau), du basson dans le second, accompagnant la méditation du jeune Mamoud tiraillé entre le désir du martyre et l’appétit de liberté de l’oiseau (c’est le superbe baryton <strong>Levent Bakirci,</strong> émouvant alors qu’il chante parmi le public comme rejoignant brièvement l’humanité ordinaire) ou encore les impressionnants cuivres au deuxième acte alors que la tragédie bascule.<br />
Le baryton-basse <strong>Daniel Okulitch</strong> est un Capitaine convaincant dès son premier récit (« It was just after one fifteen »). <strong>Laurent Naouri</strong> donne toute la noblesse possible au personnage de Klinghoffer et son discours à ses bourreaux comme son chant d’agonie rompent l’ennui dominant la deuxième partie du spectacle (« I’ve never been a violent man »). <strong>Susan Bullock,</strong> dans le rôle de l’épouse de la victime et dotée de deux airs importants, n’est guère audible au-delà du quinzième rang (un manque de projection peut-être passager). Face aux Palestiniens, la basse autrichienne <strong>Andreas Mattersberger</strong> dessine clairement son personnage d’officier loyal (et premier lieutenant) face aux impressionnants <strong>Roy Cornelius Smith</strong> (Molqi) et <strong>Joshua Bloom</strong> (Rambo).<br />
Même décevante, la soirée ne se regrette pas car la rareté de l’ouvrage lui donne tout son prix. Troisième et dernière dimanche 26 avril. </span></p>
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		<title>OFFENBACH, Robinson Crusoé &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-robinson-crusoe-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Dec 2025 05:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tout vient à point à qui sait attendre : rarement soirée d’opéra se sera si justement prêtée à vérifier l’adage. D’attente, il était question avant même le lever de rideau. Offenbach, Minkowski, Pelly : le tiercé gagnant – depuis Orphée aux Enfers en 1998 – avait donné des allures d’événement à cette exhumation prato-élyséenne de Robinson Crusoé. L’ouvrage était présenté comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tout vient à point à qui sait attendre : rarement soirée d’opéra se sera si justement prêtée à vérifier l’adage.<em> </em>D’attente, il était question avant même le lever de rideau. Offenbach, Minkowski, Pelly : le tiercé gagnant – depuis <em>Orphée aux Enfers</em> en 1998<em> </em>– avait donné des allures d’événement à cette exhumation prato-élyséenne de <em>Robinson Crusoé</em>. L’ouvrage était présenté comme un chef-d’œuvre méconnu – le titre est absent de l’affiche en France depuis 1986 ; une unique intégrale enregistrée à ce jour offre en anglais une pâle idée de la partition* ; un seul air a surmonté l’épreuve du temps : la valse d’Edwige roucoulée par Joan Sutherland en son temps où, plus près de nous, par la regrettée Jodie Devos.</p>
<p>En 1867, Jacques Offenbach, au faîte de sa gloire, entreprend de renouer avec son vieux rêve de conquête de l’Opéra-Comique. Apres les échecs de <em>Barkouf</em> (1860) et de <em>La Baguette</em> (1862), l’adaptation de <em>Robinson Crusoé</em> lui offre une occasion de revanche. Dans le même temps, le compositeur, toujours infatigable, multiplie les projets, raison peut-être de la moindre attention qu’il prête à l’écriture du livret. Loin du héros philosophe et introspectif imaginé par Defoe, Robinson, sous l’influence conjuguée de Cremieux et Cormon devient un jeune rêveur égaré sur son île déserte par naïveté. Empêtré dans ses illusions, il trouve en Vendredi un compagnon plein d’humour et d’humanité. L’irruption d’Edwige, la fiancée anglaise, pourchassée par une tribu de cannibales avides de chair fraîche et une bande de pirates en quête de trésors, ramènera le héros sur le chemin de la réalité. Bien que servie par une distribution prestigieuse – rien moins que Célestine Galli-Marié la créatrice de Carmen dans le rôle de Vendredi –, l’œuvre rencontre un succès mitigé. La critique moque les prétentions sérieuses de celui qu’elle considère comme un simple amuseur ; le public est déconcerté par le mélange des genres – comme nous le sommes aujourd’hui.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20251203-134VP-1294x600.jpg" /> © Vincent Pontet</pre>
<p>D’attente, il est aussi question sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées. Il faut un acte entier et la moitié d’un autre pour que la bouffonerie consente à ébouriffer les plumes d’un scénario rachitique, et que par voie de conséquence le spectacle prenne son envol. Le plus fantaisiste des metteurs en scène ne peut transformer en or théâtral le plomb dramaturgique. Seule la direction alerte de <strong>Marc Minkowski</strong> parvient à tirer l’œuvre de sa torpeur scénique – il est d’ailleurs révélateur dans cette première partie que l’attention soit d&rsquo;abord stimulée par les pages symphoniques. Comme en famille à la tête de ses musiciens du Louvre et du chœur accentus, le chef d’orchestre rappelle les affinités électives qu’il entretient avec ce répertoire. Le traitement avivé des couleurs – bois incisifs, cuivres goguenards –, la mise en valeur des détails – un soupir suggéré là, un clin d’œil appuyé ici –, l’élan théâtral qu’il insuffle à l’ouvrage dans une juste mesure, rythmée, nerveuse mais toujours structurée : beaucoup repose sur sa baguette.</p>
<p>Pour représenter l’intérieur bourgeois de la famille Crusoé sous différents angles, Laurent Pelly use d’une tournette. L’île de Robinson est une tente Quechua au milieu des buildings – façon de rappeler que les SDF sont aujourd’hui les naufragés de notre société, sans cependant que l’analogie ne sombre dans le manifeste. Peu de dialogues, beaucoup de (bonne) musique ne compensent pas le manque d’action. Puis survient le personnage farfelu de Jim Cocks – et on sent le public réfugié jusque-là dans un rire contraint, se laisser gagner par un réel amusement. La chanson du pot au feu articulée aux petits oignons par <strong>Rodolphe Briand </strong>renoue avec la fantaisie de l’absurde. Les numéros s’enchaînent gaiement ; les gags se succèdent à vive allure pour culminer dans une valse d’Edwige jubilatoire où la loufoquerie de <strong>Julie Fuchs</strong>, en clone de Blake Lively, n’a d’égal que l’agilité et la précision de ses coloratures. On ne détaillera pas davantage cette deuxième partie pour ne pas gâcher l’effet de surprise. Il suffit de savoir que l’on s’amuse beaucoup et que l’on rit souvent, l’inventivité de la mise en scène se mettant au diapason d’une partition à cheval entre la farce des <em>Brigands</em> et le lyrisme des <em>Contes d’Hoffmann</em>.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20251125-034VP-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p>La partie est gagnée, mais inévitablement, le retard à l’allumage pénalise les chanteurs. Les parents Crusoé en font les frais. Enfermés dans une succession d’ensembles au premier acte, <strong>Laurent Naouri</strong> et <strong>Julie Pasturaud</strong> n’ont ni l’espace ni le loisir de laisser parler leur tempérament, pourtant rompu à ce répertoire.</p>
<p>À l’inverse, <strong>Marc Mauillon</strong> (Toby) et <strong>Emma Fekete</strong> (Suzanne) se voient offrir, dans les deux derniers actes – et surtout dans le duo du sacrifice – l’occasion de tirer leur épingle d’un jeu mal engagé. Lui impose une présence et une diction d’une évidence souveraine ; elle apporte la fraîcheur d’un soprano léger qui fait mouche. Au troisième acte, Atkins devient le faire-valoir de la basse claire et franche de <strong>Matthieu Toulouse</strong>.</p>
<p>Malgré quelques limites dans les passages les plus lyriques,<strong> Sahy Ratia</strong> confirme en Robinson les espoirs placés dans son ténor : un timbre suave, une ligne souple, des registres habilement mêlés et une candeur proche de la grâce. Annoncée souffrante, <strong>Adèle Charvet</strong> n’apporte peut-être pas à Vendredi le relief vocal attendu mais sa composition « djeune » et dynamique contribue au succès de la représentation acclamée au tomber de rideau.</p>
<pre>* On nous signale également <a href="https://youtu.be/asOqpvNtLHU?si=8NyOoBXxE3efEGas">une version de concert enregistrée au Théâtre des Champs-Elysées en 1980</a> avec Michel Sénéchal dans le rôle titre</pre>
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		<title>OFFENBACH, Les Brigands (reprise) – Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-reprise-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Jun 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Palais Garnier termine sa saison lyrique en reprenant jusqu&#8217;au 12 juillet son spectacle d’ouverture, Les Brigands d&#8217;Offenbach, dans la mise en scène de Barrie Kosky. Les changements sont mineurs, à l’exception de la substitution de Michele Spotti à Stefano Montanari&#160;: une nouvelle distribution dans quatre petits rôles et des blagues rafraichies dans la tirade &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Palais Garnier termine sa saison lyrique en reprenant jusqu&rsquo;au 12 juillet son spectacle d’ouverture, <em>Les Brigands </em>d&rsquo;Offenbach, dans la mise en scène de Barrie Kosky. Les changements sont mineurs, à l’exception de la substitution de Michele Spotti à Stefano Montanari&nbsp;: une nouvelle distribution dans quatre petits rôles et des blagues rafraichies dans la tirade du caissier confiée à Sandrine Sarroche. Nous serons donc brefs, puisque l’essentiel de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-paris-garnier/">l’article écrit par notre confrère en septembre</a> reste d’actualité.</p>
<p>La mise en scène, d&rsquo;abord, garde sa redoutable efficacité et trouve moyen, en introduisant des brigands à la sauce <em>drag</em>, de redynamiser la folie exubérante du texte original sans rien ôter aux gags prévus par le livret. L&rsquo;affinité entre l&rsquo;opéra-bouffe et l&rsquo;esthétique <em>camp</em> retenue par <strong>Barrie Kosky</strong> s&rsquo;impose avec la force de l&rsquo;évidence. Dans <em>Notes on Camp</em> (1964), Susan Sontag s’essayait à une définition du <em>camp</em>, qui rejoint par plusieurs aspects la définition qu&rsquo;on pourrait donner de l&rsquo;art de l&rsquo;oiseau moqueur du Second Empire :&nbsp; « L’essence du <em>camp</em> est son amour pour ce qui n’est pas naturel, pour l’artifice et l’exagération. […] Tout l’intérêt du <em>camp</em> est de détrôner le sérieux. Le <em>camp</em> est malicieux, anti-sérieux. Plus précisément, il implique un nouveau rapport, plus complexe, avec « le sérieux ». [&#8230;] C&rsquo;est l&rsquo;amour de l&rsquo;exagéré, du trop-plein, des choses-qui-prétendent-être-ce-qu’elles-ne-sont-pas » (notre traduction).</p>
<p>Qu’on retienne comme définition du <em>camp</em> son amour de l’excès, sa valorisation de l’artifice ou son intérêt pour ce qui excède les limites du bon goût, on voit bien en quoi l’idée de Barrie Kosky d’introduire le <em>camp</em> dans l’opéra-bouffe d’Offenbach est pertinente. Les brigands ainsi devenus une bande délurée d’hurluberlus pailletés et emplumés fonctionne à merveille. D’autant plus que Kosky a eu la bonne idée de mettre une limite à ce monde fantasque, en introduisant, en regard, des Espagnols à la morgue surjouée absolument impayables, des Italiens mi-dévots mi-concupiscents et surtout une troupe de carabiniers tout droit sortis de l’univers de Guignol. Cette débauche comique réactive avec verve l’esprit de la fête impériale dont <em>Les Brigands</em> sont l’ultime témoin (leur création en septembre 1869 précède de peu la guerre franco-prussienne et&nbsp; l&rsquo;effondrement du régime).</p>
<p>La réussite du pari de Barrie Kosky tient pour une grande part à l’extraordinaire prestation de <strong>Marcel Beekman</strong> (à tel point que l’on se demande si des reprises futures sont possibles avec un ténor moins idoine). Il se glisse avec une aisance confondante dans le personnage exubérant de la <em>drag queen</em> Divine, régale par son comique gestuel, l’usage mesuré de son accent néerlandais (pour le reste de son texte, assez long, on saluera un français presque impeccable), et surtout une voix sonore, légèrement nasale, qui joue à merveille des ambiguïtés de l’émission mixte pour monter avec humour dans les aigus, sans jamais négliger la justesse, la précision des quelques ornementations, la compréhension du texte. Il trouve des partenaires comiques à son niveau mais dans des rôles plus ponctuels. La distribution (abondante) ne connaît aucun point faible, mais citons quelques réussites marquantes : côté chanteurs, <strong>Philippe Talbot</strong> en hilarant comte espagnol qui ne s’exprime, dans ses parties parlées, qu’en faisant référence aux titres les plus rebattus de la pop espagnole, <strong>Laurent Naouri</strong> en brigadier benêt aux allures de clown triste et, côté acteurs, une <strong>Sandrine Sarroche</strong> qui fait mouche avec ses jeux de mots et son humour tout carnavalesque ainsi que le très doué <strong>Jules Robin</strong> qui, en plus de camper un cuisinier truculent, anime dans un numéro muet très réussi le court intervalle entre les actes II et III. Notons le très beau timbre d’<strong>Eugénie</strong> <strong>Joneau</strong> en princesse de Grenade au costume hilarant. <strong>Marie Perbost</strong> et <strong>Antoinette Dennefeld</strong> tirent aussi leur épingle du jeu en duo de jeunes premiers, même si l’intrigue amoureuse, assez plate, passe au second plan dans le livret comme dans la musique en comparaison des bouffonneries des brigands.</p>
<p>Au pupitre, le nouvel arrivant <strong>Michele Spotti</strong> tient sans fausse note les rênes de l’orchestre de l’Opéra, forcé ce soir d’être un grand cheval galopant à un rythme effréné à travers les tableaux loufoques. Notons un très beau moment musical dans la supplique fuguée des mendiants à l’acte II, et un très brillante interprétation du numéro d&rsquo;entrée de l’ambassade espagnole. La souplesse de ses tempi permet d’emballer l&rsquo;assistance dans les strettes sans lasser par une cavalcade ininterrompue et il gère avec finesse l’équilibre et la coordination avec le plateau, si essentiels pour assurer l’efficacité de cette forme d’opéra-bouffe qui flirte avec l’opéra-comique. L’énergie contagieuse du nouveau directeur musical de l’Opéra de Marseille consacre le triomphe de ce spectacle, qu&rsquo;on recommande sans réserve à tous les amoureux de l&rsquo;impertinence et de la verve d&rsquo;Offenbach.</p>
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		<item>
		<title>PHILIDOR, Ernelinde, princesse de Norvège &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/philidor-ernelinde-princesse-de-norvege-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=191543</guid>

					<description><![CDATA[<p>Encore une superbe résurrection au crédit du CMBV. Un an après le Télémaque et Calypso de Destouches , après le concert donné à Oslo et alors que sort le disque, Versailles fait place à François-André Danican Philidor, resté surtout connu pour ses traités de stratégie&#8230; au jeu d’échecs. Peu donné de nos jours et presqu’exclusivement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span data-contrast="auto">Encore une superbe résurrection au crédit du CMBV. Un an après le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/destouches-telemaque-et-calypso-versailles/">Télémaque et Calypso</a> de Destouches </span><span data-contrast="auto">, après le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/philidor-ernelinde-princesse-de-norvege-oslo/">concert donné à Oslo </a></span><span data-contrast="auto"> et alors que sort <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/philidor-ernelinde-princesse-de-norvege/">le disque</a>, Versailles fait place à François-André Danican Philidor, resté surtout connu pour ses traités de stratégie&#8230; au jeu d’échecs. Peu donné de nos jours et presqu’exclusivement pour sa contribution clef à l’histoire de l’opéra-comique (</span><i><span data-contrast="auto">Tom Jones</span></i><span data-contrast="auto">, </span><i><span data-contrast="auto">Les Femmes vengées</span></i><span data-contrast="auto">), on ignorait qu’il connut également le succès à l’Académie Royale de Musique et on découvre ce soir tout ce que cette réussite a également de novateur, ouvrant la voie à Gluck. L’</span><i><span data-contrast="auto">Orfeo</span></i><span data-contrast="auto"> de Vienne, c’était 1762 ; la première version de cette </span><i><span data-contrast="auto">Ernelinde</span></i><span data-contrast="auto">, c’est 1767 ; Gluck à Paris, ce sera 1773. Il est toutefois évident que Philidor avait déjà entendu la musique du Chevalier puisqu’au-delà d’utiliser sa grammaire, il cite ouvertement l’ouverture d’</span><i><span data-contrast="auto">Orfeo ed Euridice </span></i><span data-contrast="auto">et même « Che fiero momento » dès la ritournelle du premier air, lequel est un duo </span><i><span data-contrast="auto">in medias res </span></i><span data-contrast="auto">très dramatique</span> <span data-contrast="auto">entre la fille et le père. Hélas le livret de Poinsinet (même remanié pour la version de 1769 donnée ce soir) pêche par bien des répétitions ou maladresses : avec le premier acte on a tout vu et ce ne seront ensuite qu’interminables négociations entre le méchant Ricimer et la princesse </span><i><span data-contrast="auto">Ernelinde </span></i><span data-contrast="auto">pour sauver son honneur, son père ou son amant. Sans compter l’inévitable présence de divertissements dommageables à l’économie du drame et dont l’italianité nous semble insuffisamment originale pour retenir l’attention. Il faudra encore attendre plusieurs années avant qu’en 1780 un Grétry puisse proposer une </span><i><span data-contrast="auto">Andromaque </span></i><span data-contrast="auto">fusant en</span> <span data-contrast="auto">moins d’une heure trente. On est cependant vite ébloui par cette arrivée inédite des innovations de l’opéra-comique dans la grandiloquence de la tragédie lyrique (ton très direct voire violent, ou cet étonnant final qui voit s’enchainer un trio halluciné sur pizzicati des cordes, une gavotte discrète et une ariette du ténor). Certainement influencé par la Réforme donc, tout en y ayant contribué lui-même, voilà un nouveau témoignage passionnant d’une époque charnière. </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Dans cet espace exigu à l’acoustique très mate qu’est la salle des Croisades, le son de l’ensemble n’a jamais le temps de se former (d’autant que nous sommes très près de la scène) mais les différents pupitres de l’<strong>Orkester Nord</strong> y gagnent un relief proportionnel à leur assertivité et leur investissement. Alors tant pis si c’est loin d’être un son poli, et si le souffle l’emporte souvent sur la rigueur d’exécution. Après tout, ce bruit de guerre constant convient bien à la férocité quasi constante de l’action et les passages originaux ou intimes sont loin d’être négligés (l’introduction très visuelle du récitatif accompagné « Où suis-je » d’Ernelinde au II). Demeurent pourtant de nombreux problèmes d’équilibre entre les solistes et le chœur d&rsquo;un côté, et la trentaine d’instrumentistes de l’autre.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto">Les chœurs mêlés de <strong>Vox Nidrosiensis</strong> et des <strong>Chantres du CMBV</strong> n’appellent que des éloges pour leur énergie parfaitement canalisée entre le gore brutal et la dignité délicate (« Dieu des combats, Dieu du carnage » et ses multiples parties en canon). Sortis du chœur, <strong>Jehanne Amzal</strong> et <strong>Clément Debieuvre</strong> campent les différents personnages des divertissements avec un métier d’autant plus indiscutable que leurs airs sont loin d’être simples.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
<p><span data-contrast="auto"><strong>Laurent Naouri</strong> obtient le rôle du père et roi norvégien vaincu puis finalement <em>deus ex machina</em>. C’était Thomas Dolié au disque (hélas retenu par un médiocre </span><i><span data-contrast="auto">Dr Miracle</span></i><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-larlesienne-le-docteur-miracle-paris-chatelet/"><span data-contrast="auto"> ailleurs</span></a><span data-contrast="auto">) et on perd ce soir en finesse de caractérisation : le grand baryton n’a manifestement pas eu l’opportunité de beaucoup travailler sa partie, car après une erreur très audible à l’acte I, il se contente d’un portrait assez générique. Reste une autorité sidérante, une prononciation au claquement inimitable et une projection souveraine.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span><span data-contrast="auto"><strong>Judith van Wanroij</strong> a toujours pour elle une grande vivacité du jeu, un registre aigu très tranchant et un soin certain porté à son texte, hélas c’est insuffisant pour exister face à ses partenaires à la projection bien supérieure, et aux tessitures plus généreuses. Elle est convaincante lorsque l’orchestre la laisse étaler son art certain du parlando (scène du suicide au dernier acte), mais peine à porter son « Oui je cède au coup qui m’accable » au degré d’incandescence nécessaire : faute de moyens suffisants et variant insuffisamment les répétions d’une même phrase, son expressivité est comme cadenassée.</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span><span data-contrast="auto">Sandomir jouit d’une entrée très impressionnante : après une symphonie militaire il apparait soutenu par un chœur vengeur au-dessus de « monceaux de corps sanglants » avant d’enchainer sur un très tendre puis belliqueux « O toi chère âme ». Favorisé par les dimensions réduites de la salle et très en forme ce soir, <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> brille dans les moments héroïques tout en assurant une continuité vocale et psychologique à travers les changements d’humeur du héros danois. Il ne manque pas non plus de combattivité et de rage dans des duos d’une rare violence, tels le superbe « J’excuse ton jeune courage ».</span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span><span data-contrast="auto">C’est pourtant le vilain Ricimer de <strong>Matthieu Lécroart</strong> qui nous marque le plus : avec une élocution d’une rare acuité et évidence, un ambitus qu’on ne lui connaissait pas, un jeu fiévreux il livre coup sur coup un parfait « Né dans un camp, parmi les armes » et un formidable « Transports, tourments jaloux », sommet de la partition avec sa structure héritière l’aria da capo.  </span><span data-ccp-props="{&quot;134233117&quot;:false,&quot;134233118&quot;:false,&quot;201341983&quot;:0,&quot;335551550&quot;:1,&quot;335551620&quot;:1,&quot;335559685&quot;:0,&quot;335559737&quot;:0,&quot;335559738&quot;:0,&quot;335559739&quot;:160,&quot;335559740&quot;:259}"> </span></p>
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		<title>STRAVINSKY, Le Rossignol</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/stravinsky-le-rossignol-sabine-devieilhe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la bande-son, très belle, d’un spectacle présenté en mars 2023 au Théâtre des Champs-Elysées. Un enregistrement qui semble confirmer ce que Stravinsky disait de Wagner : que c’est mieux au concert qu’au théâtre… La mise en scène d’Olivier Py avait laissé les spectateurs perplexes (à la différence des Mamelles de Tirésias, proposées en deuxième &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la bande-son, très belle, d’un spectacle présenté en mars 2023 au Théâtre des Champs-Elysées. Un enregistrement qui semble confirmer ce que Stravinsky disait de Wagner : que c’est mieux au concert qu’au théâtre… La mise en scène d’Olivier Py <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-le-rossignol-poulenc-les-mamelles-de-tiresias-paris-tce/">avait laissé les spectateurs perplexes</a> (à la différence des <em>Mamelles de Tirésias,</em> proposées en deuxième partie, beaucoup plus réussies). <br>Sans l’image, la féérie de ce mini-opéra retrouve tout son pouvoir d’enchantement.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1709" height="1710" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rossignol-4-edited.jpg" alt="" class="wp-image-183207"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sabine Devieilhe © Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<p>D’autant que c’est une interprétation merveilleuse d’une œuvre hybride : Stravinsky en écrivit le premier acte en 1908, puis il passa à autre chose, en l’occurrence <em>L‘Oiseau de feu</em> pour Diaghilev. Ensuite ce fut <em>Petrouchka</em> et le <em>Sacre</em>. Et ce n’est justement qu’au sortir du <em>Sacre du printemps</em> (et dans l’urgence d’une commande du Théâtre libre de Moscou) qu’il y revint. Il ressortit son premier acte du tiroir, auquel il eut la sagesse de ne pas toucher. De sorte que dans ce <em>Rossignol</em> le Stravinsky de 1908, encore sous influence (celle de Rimsky), côtoie (aux deuxième et troisième actes) le Stravinsky de 1913, fringant de ses dernières inventions.</p>
<p>Lequel affirme d’ailleurs à la même époque ne pas aimer l’opéra, dont «&nbsp;le principe artistique [lui] paraît erroné&nbsp;». Il n’empêche, le chant du pêcheur qui ouvre l’opéra est une bien jolie chose et <strong>Cyrille Dubois</strong> le chante de manière exquise. Sa ligne vocale ondoie comme les friselis de l’eau qu’il a sous les yeux, son timbre limpide (idéal tant il est à l’unisson de la grâce de cette page) dialogue avec la flûte aérienne de Marion Ralincourt et les bois fruités des <strong>Siècles</strong>. Qui jouent sur des instruments français contemporains de la création (en 1914 à l’Opéra de Paris sous la direction de Pierre Monteux, et non pas finalement à Moscou).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mamelles-6-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-126523"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jean-Sébastien Bou et Sabine Devieilhe © Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Luxuriance et transparence</strong></h4>
<p>Ce pêcheur apparaît après un prélude qui semble pressentir <em>L’Oiseau de feu.</em> Il y a là un sentiment d’attente, des frôlements, une palette clarteuse, l’acidité de flûtes, d’abord trillant au-dessus des cordes divisées, puis dialoguant avec les clarinettes, avant l’entrée magique des harpes et du célesta, puis des accords fauves des cors, sur la ponctuation sous-jacente des cordes graves, bref une écriture orchestrale qui joue de la luxuriance, mais de la transparence en même temps. Des couleurs de la musique russe telle qu’on l’aimait à Paris, mais dans une version aquarellée. La réalisation qu’en donne <strong>François-Xavier Roth</strong> est aussi fluide qu’élégante.</p>
<p>Au pêcheur répondra le « chant délicieux » – c’est lui qui le dit, et il a raison –&nbsp;du Rossignol , un collier de vocalises où <strong>Sabine</strong> <strong>Devieilhe</strong> fait des merveilles d’agilité, évidemment.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20230308-01VP-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-126558"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Au TCE en 2023 © Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<p>Le grand ensemble final du premier acte n’est pas moins savoureux. On a l’impression que Stravinsky s’amuse. Au jeu des sonorités (clarinette basse et contrebasson, trombones avec sourdines, pour évoquer la génisse du pêcheur et les grenouilles), s’ajoute une polyphonie tarabiscotée qu’il empile joyeusement. Les cordes sont divisées, de même que les voix des ténors et les basses du chœur des courtisans (l’ensemble <strong>Aedes</strong>), à quoi s’entremêlent les voix barytonantes et pleines d’humour du chambellan (<strong>Laurent Naouri</strong>) et du bonze (<strong>Victor Sicard</strong>), polémiquant avec la cuisinière (<strong>Chantal Santon Jeffery</strong>).</p>
<p>Tout cela est impeccablement mis en place et sera d’une richesse sonore encore plus savoureuse quand viendront se poser au sommet de l’édifice les touches légères de Sabine Devieilhe et Cyrille Dubois.</p>
<h4><strong>Un travail collectif bluffant</strong></h4>
<p>Dès les premières mesures du deuxième acte, on mesurera la chemin parcouru en cinq ans. Non moins de virtuosité d’écriture, des pupitres encore plus divisés, mais une révolution s’est accomplie. D’un monde voluptueux on est passé à un monde brutal –&nbsp;c’est la fameuse année 1913 où dans tous les domaines artistiques on semble pressentir la catastrophe. <br>Rythmes martelés, (un piano percussif s’est ajouté à l’orchestre), chœurs homophones, voix féminines acides, stridences de violons, passages furtifs de cellules rythmiques qu’on dirait issues du <em>Sacre</em>, puis marche claudicante caricaturalement chinoise et fanfares grotesques annonçant l’entrée burlesque de l’empereur sur des ostinatos de harpes et des gammes pentatoniques à foison…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="673" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mamelles-3-1024x673.jpg" alt="" class="wp-image-126520"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub> © Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<p>Avec tout ce bric-à-brac musical au second degré contrastera la pureté du chant du Rossignol a cappella, puis délicatement soutenu par flûtes, clarinette et violons pianissimo avant quelques vocalises perchées dont Sabine Devieilhe ne fera qu’une bouchée… Ensuite, on connaît l’histoire d’Andersen : trois émissaires japonais apporteront en cadeau un Rossignol mécanique (confié au hautbois d’Hélène Mourot) dont s’entichera l’Empereur (<strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, feignant avec humour la cachochymie), d’où le bannissement du Rossignol, le vrai.</p>
<p>À nouveau, c’est un cocktail astringent de sonorités et de rythmes et un travail collectif assez bluffant de précision que propose F.-X. Roth, d’autant plus remarquable s’agissant d’un enregistrement sur le vif.</p>
<h4><strong>Subtilités diaphanes</strong></h4>
<p>Le troisième acte est peut-être le plus beau, dans sa mélancolie. <br>L’heure n’est plus au tintamarre humoristique (et virtuose), ni aux pseudo-chinoiseries. L’Empereur est malade et la Mort est à son chevet. Des spectres passent : ses actes passés. Aux sonorités étouffées, grisâtres, des cuivres avec sourdine et des cordes pianissimo et «&nbsp;sul tasto&nbsp;» s’ajoutent les voix blanches des altos. C’est une manière de lavis, un travail sur la couleur sonore, pâle, estompée, que donnent à entendre les Siècles. Très beau. Et, très justement, Jean-Sébastien Bou timbre davantage la plainte de l’Empereur.</p>
<p>Alors le Rossignol revient de son exil, et Stravinsky lui ménage d’abord un solo presque atonal, d’une grâce immatérielle, auquel succède son duo avec la Mort (<strong>Lucile Richardot</strong>), sans doute le sommet de cette partition. Sabine Devieilhe n’est plus là dans le registre de la virtuosité vertigineuse. C’est autre chose, et qui défie la description, une couleur de voix quasi surnaturelle, d’une poésie diaphane. Le temps semble se suspendre tandis que le Rossignol évoque le «&nbsp;jardin tranquille clos d’un mur blanc&nbsp;» qu’il a survolé, le cimetière voilé de brume où les morts dorment sous «&nbsp;la lune triste&nbsp;», une page d’une pureté impalpable.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mamelles-5-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-126522"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Laurent Naouri, J.-S. Bou, Vnatham DSanton Jeffery, Victor Sicard</sub> <sub>© Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<p><strong>En apesanteur</strong></p>
<p>L’orchestration, en apesanteur (quelques ponctuations des harpes, du piano, du célesta, des tenues de clarinette), est d’une ténuité inouïe, si l’on s’avise que Stravinsky émerge à peine du <em>Sacre</em>.<br>On pense à la poésie des premières aquarelles abstraites de Kandinsky, à la même époque. Il s’invente là quelque chose de nouveau et c‘est un Stravinsky très secret qui semble s’y révéler. La partition multiple les double et triple piano, et des notations d’une précision folle (il y a même des scordatures indiquées aux violoncelles). La prise de son au plus près ne perd rien de toutes ces finesses, ni de la couleur des instruments «&nbsp;anciens&nbsp;».</p>
<p>Après la guérison de l’Empereur, un cortège solennel qui semblera un écho ironique et apaisé du cortège du Sage du <em>Sacre</em>, puis une nouvelle intervention limpide du Pêcheur, tirant la morale de l’histoire («&nbsp;Dans la voix de l’oiseau, reconnaissez la voix du ciel&nbsp;») mettront un point final, tout de douceur, à cette lecture du <em>Rossignol,</em> qui se hisse évidemment tout en haut de la discographie de ce chef-d’œuvre si méconnu.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/stravinsky-le-rossignol-sabine-devieilhe/">STRAVINSKY, Le Rossignol</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>La vie d&#8217;Adèle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-vie-dadele/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a oublié Adèle Hugo. On l’a oubliée dès après son internement en 1872 sur demande de ce père écrasant qui l’aimait sans la comprendre. On l’a oubliée à sa mort 43 ans plus tard. On a d’ailleurs oublié les deux Adèle de Victor, mère et fille, parce qu’il y avait Juliette et Léopoldine, femme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">On a oublié Adèle Hugo. On l’a oubliée dès après son internement en 1872 sur demande de ce père écrasant qui l’aimait sans la comprendre. On l’a oubliée à sa mort 43 ans plus tard. On a d’ailleurs oublié les deux Adèle de Victor, mère et fille, parce qu’il y avait Juliette et Léopoldine, femme et fille préférées.</p>
<p style="font-weight: 400;">Puis on a redécouvert Adèle H, un jour, sous les traits d’Isabelle Adjani dans le long-métrage de François Truffaut, obsédée par son officier anglais jusqu’à en perdre la raison, déroutante, capricieuse, violente, jusqu’à devenir ce spectre enfermé, perdue pour le monde, pour un nouvel oubli.</p>
<p style="font-weight: 400;">« Pauvre Adèle », comme soupirait souvent son père. Lui-même avait-il oublié que sa fille était une artiste et que son monde à elle, c’était la musique ? Le patriarche, ami de Berlioz et de Liszt, savait pourtant bien qu’Adèle était une excellente pianiste et qu’elle avait suivi des cours de composition par correspondance avec Adoplhe Samuel, professeur au Conservatoire et même avec Ambroise Thomas. Mais celui qui aida tant Louise Bertin à se faire un nom n’a pas eu la même prévention pour sa fille.</p>
<p style="font-weight: 400;">Comme le rappelle la notice de ce très bel album consacré aux mélodies que la jeune femme a composées sur des extraits de poèmes de son père, on a redécouvert tardivement les partitions de la compositrice qui, telle une Belle au bois dormant, se réveille à travers elles 100 ans après sa disparition.</p>
<p style="font-weight: 400;">Parfois incomplètes, ces pages couvrent plusieurs années d’écriture reconstituées patiemment, autour de poèmes et d’extraits des <em>Misérables</em> ; de même qu’elles révèlent des courtes partitions instrumentales, qui témoignent d’une inspiration parfois sombre (le « Bourdon ») ou pleine de mélancolie comme ce « Chant sans parole » pour violoncelle et piano.</p>
<p style="font-weight: 400;">Après ce long travail, les mélodies avec voix ont fait l’objet d’une orchestration subtile confiée par Jean-François Verdier, directeur musical de l’orchestre de Besançon &#8211; Victor Hugo (faut-il rappeler que ce dernier est né bisontin ?), à Richard Dubugnon avant de les enregistrer pour le label Alpha.</p>
<p style="font-weight: 400;">Disons-le d’emblée, on ne boude pas son plaisir en écoutant ces pages aimables, dont la simplicité parfois maladroite de l’autodidacte qui n’en est pas moins douée, n’atténue pas la fraîcheur, et elles s’inscrivent dans le style des mélodies de leur temps.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les artistes réunis pour l’occasion autour des musiciens de l’orchestre précité défendent avec une belle conviction ces pages délicates, avec la voix gorgée de soleil qu’<strong>Anaïs Constans</strong>&nbsp;prête au joyeux « Oiseau qui passe », mais aussi à « Gavroche », avec notamment cette si célèbre et si poignante troisième chanson, celle des barricades, qui s’achève sur le dernier soupir de l’enfant atteint par une balle, « Je suis tombé par terre »&#8230; On frémira à l’écoute de l’excellent <strong>Laurent Naouri</strong> dans « l’Hymne des Transportés » où résonnent Les échos poignants des proscrits portés avec lui par le chœur de l’Opéra de Dijon. <strong>Karine Deshayes</strong> magnifie l’amer « Regret » des <em>Odes et ballades</em>, et <strong>Isabelle Druet</strong>, le funèbre «&nbsp;Priez pour les morts&nbsp;» (extraits de la « Prière pour tous » des <em>Feuilles d’automne</em>), tandis qu’<strong>Axelle Fanyo</strong> prête sa voix chaude aux « Chants du crépuscule » et à « Flebile nescio quid » des <em>Feuilles d’Automne</em>, puis dans quelques strophes d’ « Encore à toi <em>»</em> tiré des juvéniles <em>Odes et Ballades</em>. Quant à <strong>Sandrine Piau</strong>, tour à tour espiègle et grave dans l’étonnante chanson des Châtiments, elle nous entraine délicatement dans la jolie ronde de la « Chanson de Jean Prouvaire », tirée des <em>Misérables</em>.</p>
<p style="font-weight: 400;">Une belle découverte, trop courte, qui rend justice à cette artiste malmenée par la vie, écrasée par ses ombres et pourtant si éloquente.</p>
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		<title>OFFENBACH, Les Brigands &#8211; Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2024 06:08:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Brigands est loin d’être l’œuvre la plus connue d’Offenbach. Cela tient en partie au long purgatoire qu’elle a connu, puisque, malgré quelques reprises sporadiques, on ne l’a véritablement redécouverte qu’à partir de 1986 à Genève dans la mise en scène d’Alain Marcel, à Lyon en 1989 dirigée par John Eliot Gardiner, et bien sûr &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Les Brigands</em> est loin d’être l’œuvre la plus connue d’Offenbach. Cela tient en partie au long purgatoire qu’elle a connu, puisque, malgré quelques reprises sporadiques, on ne l’a véritablement redécouverte qu’à partir de 1986 à Genève dans la mise en scène d’Alain Marcel, à Lyon en 1989 dirigée par John Eliot Gardiner, et bien sûr à La Haye en 1992 puis Paris-Bastille l’année suivante, mise en scène par Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, production suivie de nombreuses reprises entre la fin du siècle dernier et 2011. Il faut dire que la troupe des Deschiens déferlant au grand complet en 1993 sur la scène de l’Opéra-Bastille (avec notamment Yolande Moreau, François Morel et Philippe Duquesne, accompagnés de poules picorant à droite et à gauche) est restée gravée dans les esprits (une captation vidéo TV – difficile à trouver aujourd’hui – a gardé le souvenir de la version de la création de cette production). Des troupes d’amateurs semi-professionnels se sont également frottées, à leur niveau, et souvent avec bonheur, à cette œuvre difficile à monter.</p>
<p>Le choix de <strong>Barrie Kosky</strong> pour assurer la nouvelle production de l’Opéra de Paris-Garnier laisse plutôt bien augurer de ce qu’il pourrait insuffler de novateur à cet opéra-bouffe. Parmi ses récentes productions, on avait tout particulièrement aimé sa <em>Fanciulla del West</em> de Zurich (2014), et surtout <em>Die Perlen der Cleopatra</em>, opérette d‘Oscar Straus, qu’il recréa magistralement au Komische Oper de Berlin (2016 et années suivantes). La qualité d’ensemble de la production des <em>Brigands</em> que l’on découvre ce soir, malgré quelques petits bémols, est étonnante de tenue, de suivi du style et de drôlerie. Les spectateurs les plus guindés de l’orchestre, plutôt retenus dans la première partie, ont fini par rire de bon cœur à la seconde. Parmi ces petits bémols, on pense beaucoup quand même aux Branquignols et aux Deschiens, et plus encore à Jérôme Savary, Olivier Py ou Pierre-André Weitz, ce qui retire un peu d’effet de surprise à la démonstration de Barrie Kosky et la date un peu dans le passé. Les textes ont été réécrits – de façon acceptable – avec des allusions à la politique actuelle. Également quelques adaptations orchestrales un peu tonitruantes. Mais tout cela est tellement dans l’esprit qu’au total il sera beaucoup pardonné.</p>
<p>Les brigands – sublimes bras cassés qu’on ne peut prendre au sérieux – squattent un vieux théâtre destroy, et récupèrent dans ses magasins et entrepôts des éléments de décors et accessoires qui vont servir à leurs transformations successives. Un grand espace occupe ainsi la plus grande partie de la scène, ce qui permet d’accueillir un nombre d’interprètes inhabituel dans cette œuvre. Des toiles peintes « à l’ancienne » descendent des cintres et permettent de diviser le plateau autant que de besoin. Choristes, danseurs, figurants et acrobates sont mêlés de manière telle qu’on a du mal à les distinguer, composant une troupe de malfrats au demeurant très sympathiques. Le rôle de leur chef, Falsacappa, a été confié au ténor néerlandais <strong>Marcel Beekman</strong>, que l’on a vu en France notamment en 2014 dans le rôle de Platée à l’Opéra Comique. Il est déguisé ce soir en clone parfait de la célèbre drag queen Divine (Harris Glenn Milstead, 1945-1988), avec son front démesurément dégagé, ses maquillages immenses, ses perruques choucroute de couleurs variées et sa robe rouge à volants. C’est plutôt drôle, tant c’est bien fait, et l’humour trash qui s’en dégage colle assez bien à l’action. Il faut dire que l’acteur comme le chanteur est extraordinaire, avec une large palette de voix, d’attitudes et de gestuelle, et une excellente prononciation du français. La puissance vocale est là aussi, et ainsi, il est vraiment la cheffe des bandits, sorte de Calamity Jane pour rire, avec une autorité toute naturelle.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sans-titre-7-texte-1024x497.jpg" alt="" class="wp-image-172827" width="910" height="441"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Falsacappa (Marcel Beekman) © Opéra national de Paris / Agathe Poupeney</sup></figcaption></figure>


<p>Si l’on essaie de mettre en parallèle les raisons invoquées par le metteur en scène pour sa réalisation avec ce qui se passe sur scène, un hiatus apparaît néanmoins : Barrie Kosky (<a href="https://www.forumopera.com/barrie-kosky-il-est-crucial-daller-au-theatre-et-de-profiter-de-quelque-chose-de-delicieusement-absurde/">lire ici son interview par Sonia Hossein-Pour</a>) déclare avoir voulu présenter « un Offenbach d’une nouvelle manière, moins aseptisée, plus proche de la volonté du compositeur. […] Il nous fallait quelque chose de subversif ; et la culture drag queen est subversive, et Divine était subversive. J’ai donc pensé que ce serait beaucoup plus intéressant de les traiter comme des pirates queer. » Le seul problème est simplement qu’autant les drag queens pouvaient être subversives dans les années 1980, autant elles ne le sont plus aujourd’hui. Donc des brigands queer et punks, ça peut encore paraître à certains un peu exotique, d’accord, mais aujourd’hui à Paris ça n’est plus guère subversif…</p>
<p>Bien sûr, au-delà de l’intrigue, <em>Les Brigands</em> est un opéra du travestissement, aussi bien au propre qu’au figuré&nbsp;: d’abord déguisé en ermite, Falsacappa et toute sa troupe vont prendre la place de marmitons, puis de la délégation de la cour de Mantoue, des carabiniers, avant finalement de remplacer la délégation de la cour de Grenade. Le propos est parfaitement clair, et l’on suit avec ravissement la dégradation successive des imitations (320 costumes et 180 perruques réalisés dans les ateliers de l’Opéra de Paris). Bien sûr, les choix du metteur en scène permettent tous les excès. Et il rejoint bien là l’esprit d’Offenbach qui cherchait visiblement à dérouter le spectateur, tout en lui permettant d’y prendre du plaisir. Et ce soir, c’est très nettement réussi, à entendre les acclamations du public à la fin de la représentation (noter que l’équipe artistique a été fortement huée le soir de la première de samedi dernier).</p>
<p>Tout cela ne peut vraiment fonctionner que mené à un train d’enfer, sans une seconde de temps mort. Et c’est le cas. La direction d’orchestre de <strong>Stefano Montanari</strong> est endiablée, avec des tempi soutenus et une bonne précision. Les chœurs sont également de fort bonne tenue, avec une articulation exemplaire et des jeux scéniques bien suivis. Les solistes s’intègrent tous avec bonheur dans la production. Le couple Fiorella-Fragoletto (<strong>Marie Perbost </strong>et <strong>Antoinette Dennefeld</strong>) est tout simplement délicieux. Les voix sont fraîches, puissantes et claires, le jeu scénique est naturel, c’est un ravissement. Le Comte de Gloria Cassis est fort bien chanté par <strong>Philippe Talbot</strong> (il faut dire que l’entrée des Espagnols, un des morceaux de bravoure de la partition, est une totale réussite qui a soulevé l’enthousiasme des spectateurs). Et le chef des carabiniers est particulièrement bien campé, la voix de stentor de <strong>Laurent Naouri </strong>faisant merveille dans le rôle (l’arrivée des carabiniers, que tout le monde attend, est également fort amusante). <strong>Mathias Vidal</strong> chante excellemment le prince de Mantoue et <strong>Yann Beuron</strong> le baron de Campo Tasso. Également rompus à Offenbach, <strong>Éric Huchet</strong> et <strong>Franck Leguérinel</strong> sont eux aussi parfaits. Une mention spéciale pour <strong>Adriana Bignani Lesca</strong> (la princesse de Grenade) dont on a apprécié à la fois la voix chaude et veloutée, et le sens comique. Tous les autres interprètes chanteurs sont excellents, de même que les danseurs qui, par une mise en place impeccable, donnent un côté music-hall bien inhabituel au Palais Garnier&nbsp;!</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-paris-garnier/">OFFENBACH, Les Brigands &#8211; Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>DEBUSSY, Pelléas et Mélisande &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/debussy-pelleas-et-melisande-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jul 2024 09:17:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La reprise au Festival d’Aix-en-Provence du Pelléas et Mélisande applaudi, y compris dans ces colonnes, en 2016, est moins convaincante que l’original et la vision que nous propose à nouveau Katie Mitchell aujourd’hui semble avoir pris quelques rides. Elle le dit elle-même : « la perspective féministe que j’ai choisie [en 2016]  pour cette production &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La reprise au Festival d’Aix-en-Provence du <em>Pelléas et Mélisande</em> applaudi, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/pelleas-et-melisande-aix-en-provence-reussir-limpossible/">y compris dans ces colonnes</a>, en 2016, est moins convaincante que l’original et la vision que nous propose à nouveau <strong>Katie Mitchell</strong> aujourd’hui semble avoir pris quelques rides. Elle le dit elle-même : « la perspective féministe que j’ai choisie [en 2016]  pour cette production était alors sans précédent : je suis presque certaine que personne n’avait pensé à mettre en scène cet opéra du point de vue de la femme – soi-disant dangereuse et mystérieuse – qui en est pourtant au centre ».<br />
Certes, mais tant de choses se sont passées depuis, les scandales à caractère sexuel révélés, y compris dans l’univers culturel, se sont multipliés, le mouvement <em>#</em><em>Me too</em> a surgi. Tout cela conjugué fait que le trait utilisé alors par la metteuse en scène britannique, et resservi aujourd’hui, nous semble maintenant par trop grossier. Attention, la démonstration reste brillante, violente, les moyens utilisés, nous le verrons, relèvent d’une mécanique parfaitement huilée, mais les efforts dispensés pour affirmer la démonstration sont au final contre-productifs et finissent par desservir la cause défendue. Katie Mitchell revendique, dans les notes d’intention, une vision « pas seulement esthétique, mais aussi politique. Pour moi, mettre en scène un opéra sous un angle féministe est un acte politique. Je m’attaque ainsi à la misogynie au sein de l’œuvre, et j’interroge la misogynie dans la société au sens large, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des maisons d’opéra. » D’où cette idée-force qui relève d’une inspiration réfléchie, de narrer le récit selon la vision de Mélisande. Dont acte. Du reste l’artifice est classique et parfaitement défendable : toute l’action sera comprise comme le rêve que fait une Mélisande qui, de retour dans sa chambre d’hôtel, au soir d’une fête ou de son propre mariage, se précipite dans sa salle de bain pour réaliser un  test de grossesse. Sur ces entrefaits, elle s’endort et l’action peut commencer. Et quelle action !<br />
On retrouve alors tous les artifices dont raffole Katie Mitchell et qu’elle avait magnifiquement fait valoir ici-même dans une <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/alcina-aix-en-provence-ruggiero-fais-moi-mal/">Alcina</a> qui reste dans les mémoires (2015). Une scène sur deux niveaux, des volumes imbriqués, des cloisons ouvrant et fermant en permanence de nouveaux volumes, des personnages passe-murailles qui changent d’univers en traversant les murs, des acteurs se mouvant soudainement au ralenti ; bref on reconnaît la pâte Mitchell qui sait être si convaincante. Alors qu’est ce qui pèche ici ? Deux choses essentiellement.<br />
Tout d’abord, nous l’indiquions, la démonstration féministe est lourde, très lourde et tourne à la condamnation d’une obsession lubrique dont tous seraient atteints. Aucun des personnages n’est épargné (sauf peut-être Geneviève) et surtout pas Mélisande (elle-même dédoublée !). Tout est alors prétexte à enlever sa culotte, descendre la braguette, déboutonner la chemise ou se perdre dans des contorsions lascives qui finissent par lasser. On en arrive à en perdre le fil et ne plus discerner le pourquoi du comment.<br />
Et aussi et surtout : <em>Pelléas et Mélisande</em> se prête-t-il à ce genre de démonstration ? C’est un opéra à part, au charme unique et inimitable ; celui-ci tient à la poésie de Maeterlinck, au permanent clair-obscur, aux frémissements de la musique, aux innombrables non-dits des personnages qui leur permettent de préserver leur part de mystère. Briser cela c’est perdre la magie de l’œuvre et la transformer en vulgaire épisode de série B. <em>Pelléas</em> ne se laisse pas confisquer par quelque slogan, aussi louable soit-il. La poésie qui lui est consubstantielle n’y survit pas. La scène d’adieu entre Pelléas et Mélisande faisant l’amour frénétiquement au fond d’une piscine vidée de son eau est la parfaite illustration d’un contre-sens manifeste doublé d&rsquo;un mauvais goût abyssal. Pour qui est sensible à la magie de l’univers debussyste, cette scène est à tout le moins outrancière pour ne pas dire incompréhensible.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Pelleas-et-Melisande_Festival-dAix-en-Provence-2024_©-Jean-Louis-Fernandez_19-1294x600.jpg" alt="" width="749" height="347" />
© Jean-Louis Fernandez</pre>
<p>Une fois dit cela, convenons que le manifeste féministe de Katie Mitchell est magnifiquement porté par un plateau vocal de premier plan dans lequel seul subsiste de la version de 2016 le Golaud de <strong>Laurent Naouri</strong> (qui a du reste enrichi la vision de la metteuse en scène) toujours aussi impérial. La voix ne prend pas de ride, elle s’affirme superbement quand nécessaire et distille des nuances touchantes. Le Pelléas du britannique <strong>Huw Montague Rendall</strong> est un jeune homme placide et sans relief. La voix en revanche est formidable de précision, de qualité de diction et d’expressivité. A aucun moment on ne décèle le non-francophone et c’est une performance. <strong>Vincent Le Texier</strong> campe un majestueux Arkel qui se dévoile en grand-père lubrique. Le vibrato prend de la place dans les <em>forte</em>, sans excès toutefois. <strong>Emma Fekete</strong> démontre qu’Yniold est en réalité une fille (!), objet de tant de convoitises. Elle est tourmentée, désemparée, assaillie de doutes à se voir ainsi désirée. Formidable <strong>Lucile Richardot</strong> en Geneviève qui tente par tous les moyens de se tenir à l’écart de ce lupanar. Chaleur et force dans son mezzo envoutant. <strong>Chiara Skerath</strong> enfin qui a dû <a href="https://www.forumopera.com/breve/chiara-skerath-sera-melisande-a-aix-cet-ete/">remplacer au dernier moment Julia Bullock</a> pour le rôle-titre. Choix on ne peut plus judicieux puisque la Suissesse a dans la voix toute l’autorité pour porter le message de Katie Mitchell. Elle n’est pas la douce brebis blessée, à la merci du premier venu. Elle est bien plus cette femme qui reste maîtresse de sa destinée et la choisit, fût-ce au prix de maintes blessures. <strong>Susanna Mälkki</strong> n’imprime que le minimum de chaleur à l’Orchestre de l’Opéra de Lyon, lui aussi co-constructeur d’une froide démonstration militante.</p>
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		<title>CHARPENTIER, Médée &#8211; Paris (ONP)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-medee-paris-onp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Apr 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour le retour de Médée à l’Opéra de Paris après 300 ans d’absence, c’est la production de David McVicar, créée en 2013 à l’English National Opera (ENO) et reprise à Genève en 2019 qui a été choisie. Et pour cause, elle est d’une grande efficacité, même si force est de constater qu’elle a avant tout &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour le retour de <em>Médée</em> à l’Opéra de Paris après 300 ans d’absence, c’est la production de <strong>David McVicar</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-confort-apres-le-coup-de-poing/">créée en 2013 à l’English National Opera (ENO)</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/marc-antoine-charpentier-medee-geneve-splendide-et-profanee/">reprise à Genève en 2019</a> qui a été choisie. Et pour cause, elle est d’une grande efficacité, même si force est de constater qu’elle a avant tout été pensée pour un public à la fois anglais et peu familier du répertoire baroque français.</p>
<p>Ainsi, l’action se voit transposée en Angleterre durant la Seconde guerre mondiale. Ce déplacement ne sert que de prétexte à de beaux tableaux et vise certainement à diminuer la distance qui nous sépare du mythe grec pour favoriser l’identification. Le décor, signé <strong>Bunny Christie</strong>, déploie l’élégant intérieur des bureaux de l’Armée, dirigée en l’occurrence par le personnage de Créon. Jason devient pour l’occasion capitaine de la marine tandis qu’Oronte appartient à l’armée de l’air, rivalité facile mais efficace. S’en dégage une beauté esthétique évidente, ne serait-ce qu’au niveau des costumes, de Bunny Christie également, particulièrement somptueux. Le tableau du divertissement de l’acte II est une réussite totale, transformé en cabaret avec l’Amour surgissant d’un avion militaire recouvert de paillettes. Le jeu de lumières de <strong>Paule Constable</strong> transcende le tout et voit le rouge de l’Amour se muer <em>in fine</em> en rouge sanguinolent, annonciateur du drame à venir. Les chorégraphies de <strong>Lynne Page</strong> assurent de belles transitions et des ballets très rythmés.</p>
<p>Toutefois, l’approche trouve ses limites dès qu’elle n’est pas poussée jusqu’au bout. Une forme de légèreté généralisée domine et jamais les horreurs de la guerre ne trouvent ne serait-ce qu’un écho. En outre, la transposition ne fonctionne plus à compter de l’irruption de la magie de Médée. La folie ensorcelée et démoniaque de l’héroïne détonne en ces lieux et au milieu des soldats et ne trouvera pas spécialement d’explication. Pourquoi ne pas être resté réaliste jusqu’au bout, par cohérence, en transformant par exemple les sorts de Médée en de simples empoisonnements ?</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/23873-Elisa_Haberer___Opera_national_de_Paris-Medee-23-24-Elisa-Haberer-OnP-28-1600px-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-160282"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Elisa Haberer</sup></figcaption></figure>


<p>Reste que la beauté des tableaux assure un réel divertissement et que ces quelques réserves sont largement éclipsées par l’excellence du plateau vocal. <strong>Lea Desandre</strong> crève la scène. La voix est d’une chaleur remarquable, généreuse et pleine de fines nuances. Son jeu théâtral est en parfaite osmose avec son instrument, ce qui est assez rare pour être souligné. La palette d’états émotionnels convoquée est large et toujours très juste. Sa Médée accomplit une évolution fascinante et chacune des intentions de la mezzo-soprano est toujours crédible. Brava ! Le Jason de <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> est, comme à l’accoutumée, techniquement irréprochable. La capacité du ténor à allier un volume de voix très important et une douceur de gaze est toujours aussi sidérante et si singulière. Le timbre se prête parfaitement au rôle, sans surprise. On peut toutefois regretter un jeu d’acteur qui gagnerait à développer plus de nuances.</p>
<p><strong>Ana Vieira Leite</strong> est une Créuse idéale : sa voix d’une pureté cristalline lui permet d’incarner l’innocente victime de l’héroïne éponyme avec brio. Sa dernière scène est particulièrement bien menée, la soprano sachant doser volume et vibrato en fonction de la torture imposée par la robe empoisonnée et de l’état de ses forces qui la quittent. <strong>Laurent Naouri</strong> est un Créon exceptionnel. La profondeur du timbre et la présence scénique en font un titulaire marquant du rôle, passant de la noblesse d’un chef de guerre à l’absurdité d’une scène de folie totalement maîtrisée. En Oronte, <strong>Gordon Bintnet</strong> convainc plus par son jeu scénique que par sa voix qui manque parfois de projection. Mais il campe une version triomphante et toxique du personnage qui se marie idéalement à l’approche de Mc Vicar.</p>
<p><strong>Emmanuelle de Negri</strong> est une Nérine de luxe et offre une performance bouleversante, notamment lors de la dernière scène. Au-delà d’une technique évidemment impeccable, tout son art s’accomplit dans une diction ultra travaillée et très intelligente. La Cléone d’<strong>Élodie Fonnard </strong>emporte l’adhésion à chacune de ses apparitions, notamment lorsqu’elle rapporte la poignante mort d’Oronte et le suicide de Créon. <strong>Lisandro Abadie</strong> est un Arcas solide sur ses appuis tandis que <strong>Mariasole Mainini</strong> propose une Italienne pétillante.</p>
<p><strong>Julie Roset</strong> est le joyau de la soirée : ses aigus d’une facilité déconcertante sont à l’image d’une grâce et d’un charisme évidents. Le tableau de l’Amour est le plus réussi et la malice de la chanteuse ravit le spectateur. C’est peu dire que ce sont là de fracassants débuts à l’Opéra de Paris et il est évident que la soprano a vocation à prendre des rôles titres, sur cette même scène, dans les années qui viennent.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/23857-Elisa_Haberer___Opera_national_de_Paris-Medee-23-24-Elisa-Haberer-OnP-9-1600px-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-160280"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Elisa Haberer</sup></figcaption></figure>


<p>Les captives, <strong>Juliette Perret</strong> et <strong>Julia Wischniewski</strong>, offrent d’envoûtantes envolées, tandis que <strong>Maud Gnidzaz </strong>et <strong>Alice Gregorio</strong> charment le spectateur durant le chœur des trois voix. <strong>Virginie Thomas</strong> est un fantôme glaçant lorsqu’elle dédouble Créuse. Enfin, <strong>Clément Debieuvre</strong>, <strong>Bastien Rimondi</strong> et <strong>Matthieu Walendzik</strong> sont des démons, Jalousie et Vengeance déterminants dans le succès des scènes d’incantations, contribuant à leur conférer toute leur étrangeté par une nasalisation bienvenue.</p>
<p>Le chœur des <strong>Arts Florissants</strong>, dirigé <strong>Thibaut Lenaerts</strong>, réalise un sans faute de rythme, de justesse et de diction. Qu’il soit en coulisse ou sur scène, chaque apparition fonctionne. Au pupitre, <strong>William Christie</strong> est ici chez lui : il connait et surtout adore cet opéra plus que quiconque lui qui, pour rappel, en a proposé le tout premier enregistrement mondial à la fin des années 1980 et considère Chaprentier comme supérieur à Lully. Sa battue est un franc succès, le jeu des volumes, des tempi et des contrastes est habilement tissé et instaure une interaction intelligente entre scène et fosse. <strong>L’orchestre des Arts Florissants</strong> se trouve dans une grande forme pour cette première et déploie avec aisance son excellence bien connue.</p>
<p>Le succès de ce retour de Médée à l’ONP se mesure aussi et surtout à l’applaudimètre et devrait peut-être appeler encore plus de baroque sur cette scène. <em>Castor et Pollux</em> est programmé pour la saison 2024-2025, mais ne pourrait-on pas espérer prochainement un Lully également ?</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-medee-paris-onp/">CHARPENTIER, Médée &#8211; Paris (ONP)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Opera Fuoco fête ses 20 ans &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/opera-fuoco-fete-ses-20-ans-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Apr 2024 12:30:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2003, le chef d’orchestre américain David Stern fondait à Paris une compagnie lyrique sur instruments d’époque avec pour objectif la formation des jeunes chanteurs. Deux décennies et cinq générations de solistes plus tard, Opera Fuoco compte parmi ses rangs quelques-unes de nos plus grandes voix. Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ? Avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2003, le chef d’orchestre américain <strong>David Stern</strong> fondait à Paris une compagnie lyrique sur instruments d’époque avec pour objectif la formation des jeunes chanteurs. Deux décennies et cinq générations de solistes plus tard, Opera Fuoco compte parmi ses rangs quelques-unes de nos plus grandes voix. Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?</p>
<p>Avec le Théâtre des Champs-Elysées comme gâteau d’anniversaire, une soirée de gala invite certains de ces artistes à souffler les vingt bougies. Le programme, généreux, balaye plus d’un siècle de répertoire, de l’aurore baroque aux derniers feux du romantisme. Las, il est des soirées où rien ne se passe comme on le voudrait. Victimes du refroidissement soudain des températures, Adèle Charvet et Vannina Santoni ont jeté l’éponge. Dans l’ouverture de la rare <em>Arianna </em>de Marcello, qui amorce les festivités, cors et trompettes sont également enroués, et c’est l’orchestre entier qui tousse.</p>
<p>Il faut pour dégripper la salle l’ardeur d’<strong>Axelle Fanyo</strong>, dont les couleurs ambrées laissent planer le doute sur la tessiture – mezzo ou soprano ? – avant que l’éclat fulgurant de l’aigu n’apporte la réponse. Les vocalises d’Oralia dans <em>Orpheus </em>de Telemann sont crânement affrontées – car cette voix que l’on pourrait penser lourde au premier abord a de la souplesse à revendre –, tout comme plus tard les registres de « Come scoglio » sont aisément enjambés. Mais est-ce vraiment Fiordiligi cherchant à dissimuler sous des airs bravaches la fragilité de ses sentiments, ou une reine outragée qui livre un terrible combat ? L’expression s’immole sur l’autel de la performance vocale. Là se trouve la limite de l’exercice – limite qui s’étend à l’ensemble de ses partenaires, ou presque. La succession des numéros n’aide pas à la caractérisation.</p>
<p>Privée d’intentions dramatiques, « Che fai, », la grande scène de Berenice chantée par <strong>Natalie Pérez </strong>paraît encore plus longue qu’elle ne l’est. « Qui la voce », initialement dévolu à Vannina Santoni, repéché par la jeune soprano ukrainienne <strong>Iryna Kyshliaruk</strong>, inévitablement intimidée, se transmute en rengaine lorsqu’il n’est pas habité d’un feu sacré – et d’une science du chant qui sache en renouveler les effets. Que vaut « V’adoro pupille », même tracé d’une ligne appliquée par <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong>, s’il n’est paré des atours de la séduction – et d’un trille digne de ce nom ? En deuxième partie, la romance de Zelinska voudrait plus d’italianité pour faire valoir sa parenté avec « una volta c&rsquo;era un re » de la<em> Cenerentola</em> rossienne – qui lui est postérieure d’une dizaine d’années. Ténor à la prononciation française irréprochable, dans la droite ligne de ses illustres aînés, Benjamin Bernheim, Roberto Alagna – et au-delà Georges Thill –, <strong>Léo Vermot-Desroches</strong> doit encore adoucir son aigu pour que le soleil se lève radieux dans la romance de Roméo. Et que dire des jeunes chanteurs d’Opera Fuoco, dont le nom n’est pas cité dans le programme, astreint à un périlleux jeu de relais dans un finale des <em>Noces</em> encore hors de portée, auquel l’arrivée impromptue de <strong>Laurent Naouri</strong> apporte une insuffisante fantaisie.</p>
<p>Restent en dépit de légers défauts d’intonation « D’Oreste et d’Aiace » drapé dans une soie moirée, dardé d’aigus lumineux par <strong>Cyrielle Ndjiki Nya,</strong> et chacune des interventions de <strong>Karine Deshayes</strong>, marraine de la soirée, dont rien ne semble pouvoir venir à bout de la technique et de l’engagement, ni l’agitation haletante de « Dopo notte » ajouté in extremis à son programme en remplacement d’Adèle Charvet, ni la détermination de Rosine, ni la fougue du Roméo bellinien. Virtuosité et musicalité ne sont pas étalées comme à la parade mais placées chaque fois au service des personnages et situations interprétés. Un exemple à suivre pour les chanteurs des générations présentes et futures d’Opera Fuoco et d’ailleurs.</p>
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