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	<title>Neima NAOURI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 26 Apr 2026 16:32:30 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Neima NAOURI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Natalie Dessay chante Broadway &#8211; Saint-Malo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/natalie-dessay-chante-broadway-saint-malo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est un bien plaisant choc des cultures que propose le festival Classique au Large pour sa journée d&#8217;ouverture. Après un beau – et fort baroque – concert « Ni muses ni soumises » face à la mer, la famille Dessay-Naouri met le feu au Palais du Grand Large. Leur programme autour des comédies musicales de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est un bien plaisant choc des cultures que propose le festival Classique au Large pour sa journée d&rsquo;ouverture. Après un beau – et fort baroque – concert « Ni muses ni soumises » face à la mer, la famille Dessay-Naouri met le feu au Palais du Grand Large. Leur programme autour des comédies musicales de Broadway connaissant un tel engouement qu&rsquo;il a fallu – fait suffisamment rare pour être noté  ouvrir le troisième balcon à la location.</p>
<p>Si <strong>Natalie Dessay</strong> connait parfaitement l&rsquo;univers de Michel Legrand, elle est également, depuis l&rsquo;an dernier, à l&rsquo;affiche de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/styne-gypsy-paris-philharmonie/"><em>Gypsy</em></a> de Styne avec sa fille. Le répertoire de la comédie musicale leur est donc familier. Ce spectacle survolté et pétillant, qui tourne depuis sa présentation à la Seine Musicale en 2019 avec les quatre membres de la famille, est proposé ce soir sans le père, Laurent Naouri.</p>
<p><strong>Neima Naouri</strong> y épanouit une voix jazzy assez sublime qui s&rsquo;adapte parfaitement aux accents de Barbara Streisand ou des <em>Demoiselles</em> <em>de Rochefort</em>. Forte d&rsquo;une double formation lyrique et jazz, d&rsquo;une technique au cordeau, la jeune femme possède également un formidable abattage. À elle, les morceaux exprimant la puissance féminine, la joie, la passion. C&rsquo;est une véritable tornade qui embarque le spectateur en quelques mesures de « What you don&rsquo;t know about women » de Cy Coleman ou « Everybody says don&rsquo;t » de Stephen Sondheim.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/%C2%A9Laurent-Guizard-B-1294x600.jpg" />© Laurent Guizard</pre>
<p>Dans la famille <strong>Naouri</strong>, demandons ensuite le fils,<strong> Tom</strong>, qui, en homme déconstruit de sa génération, préfère les ballades sentimentales. Il développe un timbre suave, une présence douce et et intime qui charme notamment dans « Alone again » de Gilbert O&rsquo;Sullivan.</p>
<p>La mère de ces deux talentueux musiciens, Natalie Dessay, fait montre du professionnalisme sans faille qu&rsquo;on lui connaît. De très jolis moments pleins de délicatesse comme « Somewhere » extrait du <em>West Side Story</em> de Leonard Bernstein ou « Between yesterday and tomorrow » de Michel Legrand alternent avec un volcanisme qui est tout autant dans son tempérament.<br />
Seul bémol, elle reste un peu cauteleuse avec les aigus dont elle restreint la puissance sans doute volontairement, pour aller au bout de cette soirée extrêmement généreuse.</p>
<p>Les moments de duos et trios sont particulièrement touchants, parce que nous nous reconnaissons tous dans ce microcosme familial universel comme enfant, père, mère, frère ou sœur et que la symbiose, l&rsquo;évidente connivence, la tendresse qui se dégagent de ces moments musicaux partagés sautent aux yeux. « Come on, get happy » s&rsquo;encouragent mère et fille dans un duo craquant. « I&rsquo;ve got a friend » affirment le frère et la sœur, plein d&rsquo;affection. Tous, nous voudrions ainsi chanter avec nos proches, pour le moins métaphoriquement, partager avec eux des moments de complicité comparables.</p>
<p>En dépit de l&rsquo;absence du père, rien ne manque à la soirée, d&rsquo;autant plus que le trio de jazz qui les accompagne apporte beaucoup. Contrebasse et batterie bénéficient des arrangements de l&rsquo;excellent <strong>Yvan Cassar</strong> au piano. La balance son, les micros voix sont impeccablement gérés à la technique et les vingt-six numéros passent comme l&rsquo;éclair, expression d&rsquo;un « family business » tout de joie et de sensibilité. Le plaisir est total et la salle retrouve la brise marine des remparts de Saint-Malo le sourire aux lèvres.</p>
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		<title>KILAR, Bram Stoker&#8217;s Dracula (ciné-concert) &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/kilar-bram-stokers-dracula-cine-concert-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour un génial cinéaste comme Francis Ford Coppola, il est impossible de ne pas s&#8217;approprier une œuvre de commande sans en faire un manifeste très personnel (ici de déférence cinéphile passionnée). Cette œuvre, c&#8217;est Dracula (Bram Stoker&#8217;s Dracula en VO) sortie en 1992, une commande acceptée pour survivre à la faillite de son propre studio &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour un génial cinéaste comme <strong>Francis Ford Coppola</strong>, il est impossible de ne pas s&rsquo;approprier une œuvre de commande sans en faire un manifeste très personnel (ici de déférence cinéphile passionnée). Cette œuvre, c&rsquo;est <em>Dracula</em> (<em>Bram Stoker&rsquo;s Dracula</em> en VO) sortie en 1992, une commande acceptée pour survivre à la faillite de son propre studio Zoetrope et sur les instances de <strong>Winona</strong> <strong>Ryder</strong> (rôle de Mina Murray), actrice puissante alors à Hollywood. Francis Ford Coppola va réunir les meilleurs artisans et techniciens pour reconstituer en studio les atmosphères et décors extraordinaires rêvés à partir du scénario du brillant roman épistolaire de Bram Stoker, revisité dans le scénario de <strong>James V. Hart</strong> en une histoire d&rsquo;amour éternel plutôt que d&rsquo;horreur. Pour Coppola, de surcroît, la figure du vampire traversant les siècles et abolissant la mort va devenir une métaphore du pouvoir du cinématographe créé en 1895 (soit deux ans avant la publication du roman), capable lui aussi de conjuguer fascinante dévoration (la fameuse pulsion scopique), dons d&rsquo;ubiquité et d&rsquo;éternité par l&rsquo;image. Le Comte Dracula emmène d’ailleurs l’héroïne au cinématographe, suscitant les images muettes de ses fantasmes. Après des siècles de déréliction, la découverte en 1897 par le Comte Dracula du sosie (Mina Murray, rencontrée dans un plan tourné avec une antique caméra Pathé) de sa fiancée suicidée, Elisabeta pour laquelle il s&rsquo;est damné en 1462 et la victoire finale de l&rsquo;amour et du Bien sur le Mal sont donc au coeur d&rsquo;un film magnifique où le travail de recherches cinématographiques va se révéler tout aussi vampirique que le héros. Avec son fils Roman à la tête de la Seconde équipe, Coppola va refuser les trucages modernes des années 90 pour revisiter (après ingurgitation vient la régurgitation, à l&rsquo;image des nombreuses scènes sanglantes horrifiques) les procédés des films fantastiques mais pas seulement, de son propre panthéon ; hommages répétés à G. Méliès, effets à la J. Cocteau (on passe à l&rsquo;équipe <em>La Belle et la Bête</em> avant le tournage), séquences hantées par les surimpressions inspirées du <em>Nosferatu</em> et du <em>Faust</em> de F. W. Murnau, dues au V. Sjöström de <em>La Charrette fantôme</em>, fausses perspectives et plans inversés expressionnistes, agogique cinétique du récit et cadrages délirants venus des avant-gardes (tel le Ciné-Oeil expérimenté par Dziga Vertov dans <em>L&rsquo;Homme à la caméra), </em>entre autres. Les recherches iconographiques ne sont pas moins riches, des églises orthodoxes de Bucarest (voir la photo ci-dessous prise dans l&rsquo;église de l&rsquo;ancienne cour princière de la capitale représentant Mircea Voevod et Doamna Chiajna, modèles évidents des personnages joués par Gary Oldman et W. Ryder en souverains médiévaux), de l&rsquo;autoportrait d&rsquo;Albrecht Dürer aux tableaux de Gustav Klimt, sans oublier les romans d&rsquo;anticipation à la Jules Verne voire les décadents. Comment plonger le spectateur dans une expérience visuelle désorientante, celle d&rsquo;un génie du Mal venu de Transylvanie ? en apportant une âme slave à la bande originale. Coppola songe d&rsquo;abord à confier la musique à Witold Lutoslawski qui refuse, puis choisit <strong>Wojciech Kilar</strong>, compositeur contemporain et compagnon de longue haleine de cinéastes tels A. Wajda, K. Zanussi, Paul Grimault (depuis Wojciech Kilar a composé plus d&rsquo;une centaine de musiques de films pour les plus grands noms du cinéma mondial). Il a déjà composé de la musique religieuse, des symphonies, des concertos, de la musique de chambre, avec une inspiration venue du folklore polonais, mais aussi de la musique française grâce à l&rsquo;enseignement de Nadia Boulanger.</p>
<p>Pour <em>Dracula</em>, le compositeur formé au Conservatoire de Katowice, membre de l&rsquo;avant-garde dans les années soixante avec Krzysztof Penderecki et Henryk Górecki, enrichit son écriture de facture minimaliste, rythmée par la répétition, à l&rsquo;atmosphère méditative, de thèmes mélodiques élégiaques portés par les cordes mais aussi de chants religieux, parfois dignes d&rsquo;une messe noire. Après un Prologue (scène de Vlad Tepes en 1462) porté par un choeur aux mélopées angoissantes, et le thème lié au vampire identifié par le crescendo des traits pulsés, rageurs et répétés des cordes graves (particulièrement ceux du violoncelle), dont la rythmique puissamment expressive évoque la circulation sanguine que meut le coeur battant de ses victimes (circuit que Dracula peut deviner à travers la chair des corps grâce à ses pouvoirs monstrueux), s&rsquo;opposera (avec l&rsquo;entrée du personnage de Mina Murray) à celui de l&rsquo;amour et de la lumière développé par les violons, les bois, la harpe et une mélopée aérienne du soprano (magnifique <strong>Bérénice Arru</strong>). L&rsquo;utilisation souveraine des dissonances, des déformations sonores extrêmes, des éclats bruitistes de sa jeunesse par Wojciech Kilar contribuent pleinement à ajouter à la vision de ce film d&rsquo;horreur gothique une expérience sensorielle du malaise. Avec des moyens ambitieux (un double choeur doté d&rsquo;une centaine d&rsquo;artistes &#8211; les superbes <strong>Choeurs de</strong> <strong>l&rsquo;Orchestre de Paris</strong>, celui des jeunes maintenant la tension dramatique et l&rsquo;inquiétude grâce à des mélopées lancinantes, avec une phalange quasi wagnérienne composée d&rsquo;interprètes impeccables de l&rsquo;<strong>Orchestre de Paris</strong>) au service d&rsquo;une orchestration à la science très sûre, la musique de Wojciech Kilar a donc été à l&rsquo;honneur dans ce ciné-concert dirigé d&rsquo;une main experte par le chef allemand,<strong> Frank Strobel </strong>(en lieu et place d&rsquo;Anton Coppola pour la bande originale). L&rsquo;expérience se révèle géniale : revoir avec un accompagnement musical d&rsquo;une telle force émotionnelle (irremplaçable grâce au direct) ce film à la grandiose beauté, non dénuée d&rsquo;ironiques citations de l&rsquo;esthétique trash des studios de la Hammer, est une redécouverte. Avec cet orchestre et ces choeurs en phase parfaite avec le déroulement des séquences, leur donnant des couleurs uniques, le public jeune venu nombreux à la Philharmonie de Paris, visiblement pas habitué au concert classique, a manifesté un enthousiasme qui augure bien de l&rsquo;avenir de la musique savante, quand elle sait susciter le désir &#8211; en l&rsquo;occurrence ici par le biais de la musique de films d&rsquo;excellente facture. Quoi qu&rsquo;on dise, le chant a capella pour la séquence finale du Choeur des Jeunes de l&rsquo;Orchestre de Paris bien préparés s&rsquo;est révélé bien plus bouleversant que la chanson (écrite et chantée par Annie Lennox au générique) ici interprétée par <strong>Neima Naouri</strong>. De quoi oublier la qualité médiocre de l&rsquo;image numérique de la copie du film (seul bémol à l&rsquo;exercice).</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_8034-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-202343"/></figure>
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		<title>Karine Deshayes/Neïma Naouri – Saint-Rémy-de-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/karine-deshayes-neima-naouri-saint-remy-de-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de Glanum, qui investit tous les ans le site archéologique éponyme à Saint-Rémy-de-Provence, fête ses dix ans. Il s’agit en même temps de la première édition que Mathieu Herzog signe en tant que nouveau directeur artistique. Les enjeux qu’il a précisés l’année dernière commencent à prendre forme. «&#160;La nouvelle marque de Glanum, c’est &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival de Glanum, qui investit tous les ans le site archéologique éponyme à Saint-Rémy-de-Provence, fête ses dix ans. Il s’agit en même temps de la première édition que <strong>Mathieu Herzog</strong> signe en tant que nouveau directeur artistique. <a href="https://www.forumopera.com/mathieu-herzog-il-y-a-pour-la-musique-classique-un-grand-interet-a-croiser-des-chemins/">Les enjeux qu’il a précisés l’année dernière</a> commencent à prendre forme. «&nbsp;La nouvelle marque de Glanum, c’est l’idée d’avoir systématiquement un concert symphonique, une soirée avec du chant ainsi qu’une soirée <i>cross-over</i>, en restant pourtant tout près de la musique classique&nbsp;», explique Herzog, « cette année, nous affichons complet trois jours de suite, et je rêve d’imaginer qu’on puisse faire un quatrième jour, par exemple. J’ai aussi l’intention de reprendre “Glanum off”, un format plus expérimental que nous avons malheureusement dû sacrifier cette fois-ci pour des raisons de budget.&nbsp;» Herzog dit vouloir relever le défi qui consiste à rester à l’écoute du public, sans pour autant perdre de vue ses aspirations créatives. «&nbsp;Je souhaite que ma programmation soit “intelligente” dans le sens où je tiens à réfléchir à ce que veut le public, tout en gardant mon exigence, mon esthétique, et tout cela dans une enveloppe financière – tout ces paramètres entrent en ligne de compte pour que le nom de Glanum puisse grandir petit à petit.&nbsp;»</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC3425-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-195333"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Mathieu Herzog, Neïma Naouri © David Richalet, Festival de Glanum</sup></figcaption></figure>


<p>L’édition 2025 propose d’abord un spectacle consacré à Tchaïkovski, avec le violoniste Maxime Vengerov, l’Orchestre national Avignon-Provence sous la baguette de Débora Waldman, et – autre signe d’un «&nbsp;esprit de Glanum&nbsp;» – une chorégraphie pour deux danseurs conçue par Alice Psaroudaki. Le deuxième concert, intitulé <i>De Broadway à Hollywood</i>, aborde les plus grands succès de plusieurs types de comédie musicale, allant d’exemples modernes (<i>Porgy and Bess</i>), plus hybrides (<i>West Side Story</i>), plus ouvertement <i>jazzy</i> (<i>All that jazz</i>), jusqu’à nos jours (<i>Cats</i>, <i>Miss Saigon</i>). L’Orchestre Appassionato rejoint un effectif de jazz, et les arrangements très colorés, signés Jérémy Bruyère et Mathieu Herzog, se plaisent à faire alterner des moments davantage classiques, avec des éruptions propres au jazz pur. La chanteuse <strong>Neïma Naouri</strong> fait preuve d’une grande versatilité ainsi que d’une intuition scénique certaine. Dotée d’un inépuisable répertoire de couleurs, sa voix réserve des surprises et convainc aussi lors d’improvisations vocales sans paroles (<i>scat</i>). Son partenaire sur scène, Bastien Jacquemart, passe habilement du <i>crooner</i> au jeune premier, ajoutant un autre aspect à ce programme entre tradition et modernité.</p>
<p>Enfin, la troisième soirée présente un «&nbsp;monochrome&nbsp;» Mozart, faisant dialoguer deux éléments de l’œuvre du compositeur : le mezzo-soprano lyrique et la clarinette.<strong> Karine Deshayes</strong> maîtrise à merveille ce répertoire entre <i>Don Giovanni</i>, <i>Così fan tutte </i>et <i>La Clémence de Titus</i>. Sa voix est à la fois puissante et souple. En laissant naître, par les seuls moyens de son timbre, des moments de «&nbsp;mise en scène&nbsp;», elle rend aux œuvres leur caractère dramatique dans un cadre concertant. Sous la direction de <strong>Débora</strong> <strong>Waldmann</strong>, l’orchestre développe un son particulier, délicat et très juste, ni trop exubérant ni trop discret. La prestation du clarinettiste Pierre Génisson – entre effervescence et notes aériennes et éthérées – se marie parfaitement à cette conception sonore. S’il braconne sur les terres de Karine Deshayes, interprétant quelques airs à la clarinette et soulignant ainsi la «&nbsp;vocalité&nbsp;» de son instrument, les deux musiciens se retrouvent finalement lors des deux deniers airs. Dans «&nbsp;<i>Parto, ma tu ben mio…</i>&nbsp;», Mozart lui-même crée un duo intime entre la voix et la clarinette.</p>
<p>Pour l’année prochaine, Mathieu Herzog annonce déjà un temps fort vocal ainsi qu’une excursion dans le domaine du baroque. «&nbsp;J’explore des pistes.&nbsp;» Si l’idée de consacrer une édition du festival aux relations diplomatiques entre la France et les États-Unis – enjeu fort actuel –, vues à travers le prisme de la musique, n’a pas été retenue, ces considérations font partie des réflexions qui l’animent.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/karine-deshayes-neima-naouri-saint-remy-de-provence/">Karine Deshayes/Neïma Naouri – Saint-Rémy-de-Provence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Les Lundis musicaux de l&#8217;Athénée, saison 2025-26</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-lundis-musicaux-de-lathenee-saison-2025-26/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2025 08:47:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alphonse Cemin entamera en 2025-26 une onzième saison comme directeur artistique des Lundis musicaux de l&#8217;Athénée depuis leur recréation. La manifestation parvient à se tailler un territoire original dans l&#8217;offre pléthorique parisienne en combinant récitals classiques de mélodie et Lied et propositions libres, et en invitant à la fois des artistes de premier plan (qu&#8217;on &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alphonse Cemin</strong> entamera en 2025-26 une onzième saison comme directeur artistique des Lundis musicaux de l&rsquo;Athénée depuis leur recréation. La manifestation parvient à se tailler un territoire original dans l&rsquo;offre pléthorique parisienne en combinant récitals classiques de mélodie et Lied et propositions libres, et en invitant à la fois des artistes de premier plan (qu&rsquo;on est parfois peu habitué à entendre dans le répertoire de la mélodie) et des jeunes chanteurs prometteurs. La prochaine saison confirme cette recette : on entendra ainsi <strong>Julie Fuchs</strong>, <strong>Jarrett Ott</strong>, <strong>Sandrine Piau</strong> ou <strong>Huw Montague Randall</strong> accompagnés de grands noms du piano comme <strong>Julius Drake</strong> ou <strong>David Kadouch</strong>, mais aussi <strong>Laurence Kilsby</strong> (apparu cette saison dans <em>Castor et Pollux</em> à Garnier et dans <em>Samson</em> salle Favart) ou <strong>Deepa Johnny</strong>, mezzo canadienne encore peu connue en France qui doit faire ses débuts à l&rsquo;Opéra de Paris dans <em>Ercole Amante</em> et dans <em>Satyagraha </em>en 2026. Le programme éclectique promet de belles surprises et &#8211; nouveauté &#8211; inclut une soirée sans chanteur autour de l&rsquo;altiste britannique <strong>Lawrence Power</strong>, pour un récital immersif inauguré cette saison au Southbank Centre de Londres.</p>
<p>L&rsquo;essentiel de l&rsquo;agenda est à découvrir ci-dessous, plus d&rsquo;informations sur <a href="https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacles.htm" target="_blank" rel="noopener">le site de l&rsquo;Athénée</a>.</p>
<ul>
<li>24 novembre : <strong>Deepa Johnny &amp; Alphonse Cemin</strong>. Œuvres de Monteverdi, Ravel, García Lorca.</li>
<li>22 décembre : <em>Christmas concert</em> : <strong>Neima Naouri,</strong> <strong>Pablo Campos, Damien Pass &amp; Alphonse Cemin</strong>.</li>
<li>12 janvier : <strong>Kunal Lahiry &amp; Jarrett Ott</strong>. Œuvres de Ravel, Copland, Schubert et de compositeurs contemporains américains (Adolphus Hailstork, Trevor Weston, Jasmine Barns, Curtis Stewart&#8230;).</li>
<li>26 janvier : <em>Soirée Satie</em> : <strong>Julie Fuchs, Félicien Brut, Alexis Cardenas, Davide Vittone &amp; Alphonse Cemin</strong>.</li>
<li>16 février : <em>Les Sept Péchés capitaux &#8211; cabaret</em> : <strong>Axelle Fanyo, Fleur Barron &amp; Julius Drake. Œuvres de Kurt Weill, Poulenc, Gershwin et Cole Porter</strong>.</li>
<li>23 février : <strong>Lawrence Power &amp; Âme</strong> : <em>Reflections</em>. Œuvres de Bach, Benjamin, Pärt, Saariaho, Berlioz.</li>
<li>16 mars : <strong>Alice Coote &amp; Julius Drake</strong>.</li>
<li>23 mars : <em>Contes</em> : <strong>Sandrine Piau &amp; David Kadouch</strong>. Œuvres de Ravel, Poulenc, Bernard, Wolf.</li>
<li>20 avril : <strong>Huw Montague Rendall &amp; Helio Vida</strong>. Œuvres de Poulenc, Fauré, Schönberg, Mahler.</li>
<li>18 mai : <em>Paris est une fête :</em> <strong>Laurence Kilsby &amp; Ella O&rsquo;Neill</strong>. Œuvres de Poulenc, Nadia Boulanger, Ned Rorem, Hahn, Honegger, Noël Coward.</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/les-lundis-musicaux-de-lathenee-saison-2025-26/">Les Lundis musicaux de l&rsquo;Athénée, saison 2025-26</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>STYNE, Gypsy &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/styne-gypsy-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=187806</guid>

					<description><![CDATA[<p>La salle était comble ce mercredi à la Philharmonie de Paris pour assister à la première de cette Gypsy, qui correspond quasiment à la première de l’œuvre en France, à peine devancée par la création de cette même production à Nancy. Il y a de quoi s’en étonner, tout d’abord parce que tout amateur de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La salle était comble ce mercredi à la Philharmonie de Paris pour assister à la première de cette <em>Gypsy</em>, qui correspond quasiment à la première de l’œuvre en France, à peine devancée par la création de cette même production à Nancy. Il y a de quoi s’en étonner, tout d’abord parce que tout amateur de Broadway a déjà écouté « Rose’s Turn » en boucle , que ce soit avec les versions cultes de Bernadette Peters, Imelda Staunton ou Ethel Merman. Certains ont aussi pu voir le film de 1963 avec Rosalind Russell et Natalie Wood, certes déjà plus niche. Indépendamment de sa popularité, la comédie musicale a un certain nombre d’atouts qui auraient pu justifier sa programmation. La musique de Jule Styne est extrêmement efficace, facile à retenir, et remplie d’une énergie et d’une opulence très communicatives. Surtout, le livret est écrit par le même binôme de talent qui avait œuvré sur celui de <em>West Side Story</em> : Arthur Laurents au livret et Stephen Sondheim aux paroles. Ainsi, à partir des mémoires de la véritable Gypsy Lee, ils dressent le portrait d’une mère vampirisante, qui exploite ses filles June et Louise/Gypsy <span style="font-size: revert;">et les prive d’éducation pour vivre l’euphorie d’une carrière scénique par procuration. Le personnage a cela de fascinant qu’on comprend également qu’elle a elle-même été empêchée et délaissée plus jeune, aussi pense-t’elle sincèrement donner ce qu’il y a de mieux à ses filles en s’investissant de la sorte. Le livret fait par ailleurs l’impasse sur la bisexualité (ou le lesbianisme) du personnage historique, et surtout sur la rumeur d’un meurtre qu’elle aurait commis dans la pension de femmes qu’elle tenait. On voit donc bien la richesse thématique qu’on peut tirer de l’ouvrage : les répercussions d’une frustration personnelle sur l’éducation de ses enfants, le galvaudage de l’image de l’enfance, la cruauté du monde du spectacle, l’exploitation des femmes, même la lutte des classes… Tout ceci étant évidemment contrebalancé, Broadway oblige, par une galerie de seconds rôles de caractère, des grandes scènes de show, et un rythme comique à toute épreuve. Les dialogues sont ainsi remplis de moments qui, avec le bon tempo, sont d’une drôlerie irrésistible : &#8211; « Mr. Weber, vous m’avez coupé en plein milieu d’une phrase » &#8211; « Mme Rose, vous êtes toujours au milieu d’une phrase ».</span></p>
<p>Sans surprise, c’est à ce dernier aspect que <strong>Laurent Pelly</strong> semble s’être le plus attaché, en tant que référence française du répertoire léger. Dans un espace limité, construit autour de l’orchestre, il signe un spectacle assez cartoonesque, avec une direction d’acteurs qui semble délibérément s’écarter de toute psychologisation. Les spectacles ringards de Mme Rose sont ainsi aussi drôles qu’attendus, et les seconds rôles, d’abord les boys puis les stripteaseuses, apportent toujours une énergie bienvenue. Il faut d’ailleurs citer les chorégraphies de Lionel Hoche, dans le style Broadway d’origine, qui contribuent grandement au rythme du spectacle alors qu’elles auraient pu être contraintes par l’espace scénique. Globalement, le spectacle est parfaitement lisible, et très recommandable pour découvrir l’œuvre. Et pourtant, si l’on passe une excellente soirée, on arrive à l’entracte avec une impression en demi-teinte. La faute d’abord à un vrai problème de ton : à toujours être dans une forme de divertissement un peu caricatural, on perd une grande partie du potentiel thématique de l’œuvre. L’un des intérêts majeurs de <em>Gipsy</em> est en effet pour nous cet équilibre constant entre le comique involontaire de Rose et la glauquerie, voire la profonde tristesse de la situation. Ce n’est qu’à la toute fin de la première partie, avec un regard déchirant de <strong>Natalie Dessay</strong> suite au départ de June, qu’on perçoit pour la première fois ce doux-amer qui nous semble au cœur de l’œuvre. On est aussi gêné dans ce début de représentation par le tempo comique, notamment dans les scènes de rencontre entre Rose et les directeurs de théâtre, qui nous paraissent très en dessous de l’hyperactivité à laquelle elles appellent. Il faut dire que les comédiens-chanteurs ne sont pas aidés par une traduction des dialogues très littérale, qui aurait nécessité plus de liberté pour avoir autant d’impact que la version originale. Connaissant l’enfer des droits d’auteur dans ce répertoire, on ne saurait cependant le reprocher à <strong>Agathe Mélinand</strong>, qui a probablement été contrôlée et limitée dans sa marge d’interprétation par les ayant-droits. Enfin, évoquons notre dernier (léger) grief : ces bruitages enregistrés qui reviennent régulièrement pour expliciter le lieu de l’action nous paraissent non seulement superflus, mais un peu faciles. Le problème n’est pas leur réalisation, mais bien la façon dont ils sont mobilisés à plusieurs reprises pour compenser un certain manque d’activité sur scène. La deuxième partie nous amène moins de réserves, notamment du fait de l’interprétation, sur laquelle nous allons maintenant nous attarder.</p>
<p><figure id="attachment_187808" aria-describedby="caption-attachment-187808" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-187808" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0146-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187808" class="wp-caption-text">Natalie Dessay, Daniel Njo Lobé<br />©️Jean-Louis Fernandez</figcaption></figure></p>
<p>Le choix de donner le rôle de Rose à Natalie Dessay, à ce stade de sa carrière, s’inscrit dans une certaine tradition. En effet le rôle est souvent donné à des chanteuses qui brillent en premier lieu par leur présence sur scène et leur intensité, ce que Dessay a largement exploré ces dernières années en multipliant les projets au théâtre. De fait, son dernier air, le fameux « Rose’s Turn », est assez bouleversant par l’énergie du désespoir qu’elle y met, sans prendre le temps de s’apitoyer sur elle-même. On reconnaît par de simples regards la fine comédienne qu’elle a toujours été, capable de toucher immédiatement sans rien dire. Les quelques moments d’émotion de sa prestation sont ainsi assez saisissants. Pourtant, en ce soir de première, il nous semble que la direction d’acteurs ne rend pas justice à l’étendue de sa palette de jeu. Avec ce parti pris uniformément léger, les effets qu’elle met dans sa voix parlée (en jouant sur les ruptures de registres) nous semblent confiner le personnage à une espèce de marâtre de vaudeville, et en cela diminue l’empathie que pourrait avoir le public pour elle ou pour ses filles. On s’amuse souvent, certes, mais en restant un peu extérieur la plupart du temps. Ce n’est pas que nous voudrions faire de cette comédie musicale un drame social grisaillant à la Dardenne ou à la Ken Loach, mais encore une fois, il nous semble que l’intérêt de la pièce repose sur le contraste entre les paillettes qu’elle fantasme et la misère de la situation. Cela ne nous paraît pas tellement à attribuer à la chanteuse, mais aux partis pris de la mise en scène. En revanche, on est un peu plus gêné par un anglais compréhensible mais peu percutant, avec des voyelles assez françaises.<br />
Son binôme, le Herbie de <strong>Daniel Njo Lobé</strong>, a pour lui une grande élégance et un jeu très naturel. Le personnage permet moins d’extravagance, mais le calme et le charisme de son interprète offrent un contrepoint bienvenu aux névroses de Rose. Il est par ailleurs très convaincant dans ses parties chantées, alors qu’on ne trouve aucune mention de formation musicale dans sa biographie. Peut-être faut-il alors également saluer le travail du chef de chant de la production, <strong>Stéphane Petitjean</strong>.</p>
<p><figure id="attachment_187811" aria-describedby="caption-attachment-187811" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-187811" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0149-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187811" class="wp-caption-text">Medya Zana, Rémi Marcoin, David Dumont, Antoine Le Pruvost, Léo Gabriel<br />©️Jean-Louis Fernandez</figcaption></figure></p>
<p>L’une des grandes forces du spectacle est pour nous l’ensemble de jeunes chanteurs réuni pour l’occasion, tous formés à la comédie musicale, et ainsi maîtrisant aussi bien le belting, la comédie que la danse, sans compter une diction absolument irréprochable. <strong>Neïma Naouri</strong> (Gypsy), en plus d’avoir une alchimie évidente sur scène avec sa mère, continue de se positionner comme l’un des grands espoirs français de ce répertoire, avec une voix corsée et libre, très reconnaissable, et un tempérament affirmé. Son « Let me entertain you » est ainsi l’un des moments les plus applaudis de la soirée, à juste titre tant elle réussit à y rendre palpable le cheminement intérieur du personnage, jusqu’à lâcher tous les chevaux. Elle forme également un duo très convaincant avec la soprano kurde <strong>Medya Zana</strong>, qui interprète sa sœur June à l’âge adulte. Le rôle est plus court, plus uniformément comique, mais elle s’en sort avec beaucoup d’auto-dérision, en surjouant la femme-enfant et trafiquant sa voix, pour un résultat très drôle. L’effet est d’autant plus convaincant qu’on voit bien derrière toute la technique qui lui permettrait d’assurer également des parties plus sérieuses. Un autre grand moment de la soirée est le trio des strip-teaseuses « You gotta have a gimmick », qui rend le public hilare grâce à l’interprétation volcanique de <strong>Barbara Peroneille</strong> (Mazeppa), <strong>Marie Glorieux</strong> (Electra), et <strong>Kate Combault</strong> (Tessie Tura). Le numéro est assez payant en soi, mais chacune s’empare de son moment avec un humour, une présence, et des moyens vocaux qui produisent un effet immédiat. A la question « comment abordez-vous les seconds rôles », Annie Girardot répondait « je les joue comme si c’était des premiers » : c’est exactement l’impression que nous donnent ces trois chanteuses ce soir. Pour clôturer ce casting féminin, <strong>Juliette Sarre</strong> montre un vrai talent pour la caricature, d’abord avec sa Miss Cratchitt pincée comme rarement, puis avec une Agnès délicieusement cruche.</p>
<p>Les seconds rôles masculins ont moins le temps de briller individuellement, à l’exception remarquée d’<strong>Antoine Le Provost</strong>, qui offre avec son numéro de claquettes le moment le plus spectaculaire de la soirée. Le danseur est impressionnant, mais le chanteur n’est pas moins excellent, avec une voix claire et agréable. Déjà réduit dans le livret, son personnage semble cependant avoir encore moins de temps que d’habitude pour exister ce soir, peut-être en raison de coupes. Il forme avec ses trois acolytes <strong>Rémi Marcoin</strong>, <strong>David Dumont</strong> et <strong>Léo Gabriel</strong> un quatuor extrêmement vif, sur lequel repose largement le rythme de la première partie dans cette production. Enfin, <strong>Pierre Condemine</strong> et <strong>Pierre Aussedat</strong>, eux exclusivement comédiens, visent juste à chacune de leurs interventions.</p>
<p>Le spectacle n’aurait pas été le même sans la luxueuse présence de l’<strong>Orchestre de chambre de Paris</strong>, en grande forme ce soir, et particulièrement déchaîné sous la baguette de <strong>Gareth Valentine</strong>. Ce dernier, visiblement familier de ce répertoire, choisit des tempi globalement très allants ce soir, avec beaucoup d’énergie, mais qui font toujours sens théâtralement. Il réussit ainsi à stimuler le plateau en permanence sans jamais les pousser dans leurs retranchements. On n’est pas forcément habitué à entendre ce son très symphonique classique dans le musical, notamment au niveau des cuivres, habituellement un peu moins ronds, mais c’est aussi très agréable à partir du moment où on sent le même rebond rythmique dans tout l’ensemble.</p>
<p><figure id="attachment_187809" aria-describedby="caption-attachment-187809" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-187809" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0147-1-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-187809" class="wp-caption-text">©️Jean-Louis Fernandez</figcaption></figure></p>
<p>On ne peut que recommander à ceux qui ne connaîtraient pas l’œuvre d’aller dans les lieux de reprise de la production la découvrir, avec la garantie de voir une production enthousiasmante et très accueillante. Pour ceux qui la connaîtraient déjà, il faut tout de même y aller pour découvrir le futur de la comédie musicale en France, alors qu’il reste encore beaucoup à faire pour lui donner la place qu’il mérite. Quoi qu’il en soit, voilà un spectacle qui sort largement le public de la Philharmonie de la léthargie dont il peut être familier, avec des spectateurs enthousiastes, réactifs, contribuant largement à la joie qu’on retient de cette soirée.</p>
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		<title>STYNE, Gypsy – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/styne-gypsy-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Feb 2025 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la première fois qu’est donné Gypsy en France et l’on peut s’étonner que ce standard de Broadway, considéré comme un chef-d’œuvre du genre, ait été si longtemps ignoré dans l’Hexagone. Pourtant, d’aucuns considèrent que le musical de Jule Styne est en quelque sorte la mère des comédies musicales et l’œuvre a été proposée plus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la première fois qu’est donné <em>Gypsy </em>en France et l’on peut s’étonner que ce standard de Broadway, considéré comme un chef-d’œuvre du genre, ait été si longtemps ignoré dans l’Hexagone. Pourtant, d’aucuns considèrent que le musical de Jule Styne est en quelque sorte la mère des comédies musicales et l’œuvre a été proposée plus de 2000 fois depuis sa création en 1959, avec à l’affiche toutes les divas de Broadway au style mature dans le rôle de Rose. Ce personnage de mère abusive, pour ne pas dire toxique, décidée coûte que coûte à faire de ses enfants des stars, est inspiré d’une femme bien réelle, qui a voulu sortir de sa condition en se servant de ses filles et pour cela n’hésite pas à falsifier leurs actes de naissance pour contourner les lois en vigueur sur le travail des enfants dans les années 1930. La comédie musicale s’appuie sur les Mémoires de Gypsy Rose Lee, l’une des filles de Rose, célèbre pour ses numéros de striptease. Car oui, si l’une des filles se marie, l’autre devient bien une star, mais de l’effeuillage… Le musical de Jule Styne jouit d’une partition virtuose qui swingue, d’airs captivants, d’un livret d’Arthur Laurents très bien équilibré et surtout des lyrics du jeune Stephen Sondheim.</p>
<p>C’est donc avec grand intérêt et curiosité que les amoureux du musical se sont pressés à la Première du spectacle, ambitieuse coproduction de l’Opéra national de Lorraine et de la Philharmonie de Paris avec les Théâtres de la Ville de Luxembourg, le Théâtre de Caen et l’Opéra de Reims. Très alléchante, la présence des complices <strong>Laurent Pelly </strong>et <strong>Natalie Dessay</strong> dans une version semi-scénique pour un hommage appuyé au monde du music-hall est un attrait supplémentaire. Une fois accepté le dispositif scénique minimaliste pour une scène plongée dans le noir, sachant que l’orchestre est placé en contrebas au centre de la scène encadrée par des allées et des passerelles bordées de néons, ce sont un peu plus de deux heures de numéros entraînants et efficacement chorégraphiés qui se succèdent.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2025_01_Gypsy-©-Jean-Louis-Fernandez-13-copie-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-182466"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>Laurent Pelly, en grand routinier, réussit sans peine à animer les espaces de circulation et dynamiser l’action. Les changements de scènes sont simplement signifiés par des panneaux sur lesquels sont inscrits les noms des lieux successifs, cartels portés par de jeunes gens qui traversent la scène comme autant d’intertitres pour un show stylisé à l’extrême. Les chorégraphies de <strong>Lionel Hoche</strong> sont bien réglées et les costumes de Laurent Pelly rehaussent les personnalités des différents protagonistes. Le choix du rouge pour les vêtements de Natalie Dessay contrastant sur le noir des costumes de ville de ses partenaires ne fait que renforcer l’omniprésence de la diva sur scène. Le vrai personnage principal de cette œuvre, c’est elle, sans conteste. Un rôle qui est une véritable prise de risque, puisque la soprano colorature qui a changé de registre se produit aux côtés de celle qui est sa propre fille dans la vie, <strong>Neïma Naouri</strong>, dans le rôle de Gypsy. Rappelons tout de même que la jeune fille est exploitée pendant toute son enfance, faire-valoir de sa sœur aînée plus douée qu’elle. Elle sera poussée sur le devant de la scène après que sa sœur a convolé avec l’un de ses partenaires et finira par devenir effeuilleuse, dans un genre assez différent de celui rêvé par son ambitieuse génitrice. La mise en abyme entre le théâtre et la vraie vie est délicate… Mais Natalie Dessay aborde son personnage avec gourmandise et enthousiasme, selon ses propres dires, car cela lui permet de jouer avec sa fille notamment dans un duo où toutes les deux sont magnifiques. Il est vrai que Neïma Naouri est très douée, qu’elle a le sens du rythme et une technique très sûre, avec une bonne prononciation de l’anglais, magnifiée par une capacité à faire vibrer son auditoire dans les moments où l’émotion la submerge et jaillit jusqu’à nous. Natalie Dessay, de son côté, force l’admiration par son énergie débordante toujours intacte, son expressivité tant vocale que gestuelle et ce charisme qui la caractérise. Elle semble avoir pris un plaisir fou à incarner cette mère exclusive et égoïste à l’extrême avec une jouissance non déguisée. De ce personnage à l’emporte-pièce qui pourrait être perçu comme purement négatif, elle parvient sans peine à révéler toute l’humanité et le combat sans faille pour sortir ses enfants d’une condition peu enviable et d’une vie décevante. La soprano colorature qui avait fasciné le public de Nancy en 1996 dans <em>Lakmé</em> a développé une voix où les graves se sont affirmés, avec une technique qui correspond bien au répertoire du musical. Cela dit, on pourra reprocher à la diva son anglais pas toujours très convaincant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2025_01_Gypsy-©-Jean-Louis-Fernandez-10-copie-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-182464"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean Louis Fernandez</sup></figcaption></figure>


<p>À leurs côtés, <strong>Medya Zana</strong> tient la dragée haute dans le rôle de June, la sœur aînée, parfaitement à son avantage tant dans le chant que les numéros dansés et parlés. On retiendra également la très belle et noble prestation de <strong>Daniel Njo Lobé</strong> dans le rôle de Herbie, l’amoureux de Rose qui sert d’agent dévoué à la petite famille. L’anglais ne présente aucune difficulté pour lui et lui aussi est à l’aise dans tous les registres, sorte de figure tutélaire du spectacle. La très belle surprise du spectacle réside dans la présence époustouflante et bluffante du jeune <strong>Antoine Le Provost</strong>, 19 ans, dans le rôle de Tulsa. Quelque part entre Fred Astaire et Gene Kelly, le jeune homme a de l’or dans ses jambes, tout en élégance et élasticité. Quant à la prestation débridée des trois stripteaseuses incarnées crânement par <strong>Barbara Peroneille, Marie Glorieux </strong>et <strong>Kate Combault</strong>, on ne peut que s’incliner. Les autres partenaires équilibrent harmonieusement la distribution.</p>
<p>Cependant, on peut regretter la traduction des dialogues en français. Ce qui gagne en facilité de compréhension pour le public souffre de ruptures de style et surtout de la perte du rythme et de la scansion originales. Heureusement, l’ensemble du spectacle emporte l’adhésion, surtout que, sous la direction de <strong>Gareth Valentine</strong>, l’ensemble des <strong>Frivolités parisiennes</strong> est formidable, toujours au service de la richesse sonore de la partition et parfait faire-valoir de l’ensemble des voix. Le public nancéen a ovationné le musical qui va à présent partir en tournée, ce qui va sans doute permettre de bien le roder.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/styne-gypsy-nancy/">STYNE, Gypsy – Nancy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Saoû chante Mozart du 8 au 24 juillet</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/saou-chante-mozart-du-8-au-24-juillet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Apr 2022 04:02:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si le Festival de Saoû dans la Drôme s&#8217;immerge du 8 au 24 juillet dans l&#8217;oeuvre de Mozart pour claviers – Piano, piano-forte, clavecin… –, la voix n&#8217;en fera pas moins partie de la fête avec notamment une « Diva en forêt » (Natalie Dessay et sa fille Neïma Naouri, accompagnées au piano par Yvan Cassar le 11 juillet) et une « Diva au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si le Festival de Saoû dans la Drôme s&rsquo;immerge du 8 au 24 juillet dans l&rsquo;oeuvre de Mozart pour claviers – Piano, piano-forte, clavecin… –, la voix n&rsquo;en fera pas moins partie de la fête avec notamment une « Diva en forêt » (<strong>Natalie Dessay </strong>et sa fille <strong>Neïma Naouri</strong>, accompagnées au piano par <strong>Yvan Cassar </strong>le 11 juillet) et une « Diva au château » (<strong>Sandrine Piau </strong>et le Quatuor Psophos le 15 juillet). Plus d&rsquo;informations sur <a href="http://www.saouchantemozart.com/">saouchantemozart.com</a>. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/94a42f5ca8be4bd1e40ecd8cd6a812208b2dc7f7997fd15785d47556e7682b1b.jpg?itok=s1e_kJqR" width="312" /></p>
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		<title>BOCK, Fiddler on the Roof — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-violon-sur-le-toit-strasbourg-tombe-la-neige/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Dec 2019 22:05:24 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/tombe-la-neige/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour son spectacle de fin d’année, l’Opéra national du Rhin propose la version française de Fiddler on the Roof, comédie musicale initialement produite à New York en 1964, puis adaptée au cinéma en 1971 par Norman Jewison. Un violon sur le toit est le résultat d’une collaboration avec le Komische Oper Berlin, où l&#8217;on avait &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour son spectacle de fin d’année, l’Opéra national du Rhin propose la version française de <em>Fiddler on the Roof</em>, comédie musicale initialement produite à New York en 1964, puis adaptée au cinéma en 1971 par Norman Jewison. <em>Un violon sur le toit</em> est le résultat d’une collaboration avec le Komische Oper Berlin, où l&rsquo;on avait pu découvrir <a href="https://www.forumopera.com/anatevka-berlin-komische-oper-quand-le-shtetl-sort-du-placard">ce beau spectacle</a> (en allemand) l’année passée. C’est donc en français et avec une autre distribution que le musical est repris à Strasbourg, l’occasion de se familiariser avec le petit monde du shtetl Anatevka, autour du laitier Tevye, dont on ne connaît souvent que le fameux air « Ah si j’étais riche ».</p>
<p>Puisqu’il s’agit avant tout d’un théâtre musical, c’est le décor de <strong>Rufus Didwiszus</strong> et la mise en scène de <strong>Barrie Kosky</strong> qui interpellent de prime abord. Et pour ces deux aspects, le spectacle est une réussite éclatante. Le travail sur le décor est particulièrement intéressant : Barrie Kosky ne souhaitait pas montrer un shtetl proche des visions de Chagall ou des scènes de village caricaturales du <em>Bal des vampires</em>, mais voulait quelque chose de plus intemporel qui résonne en tout un chacun. Et de fait, le décor consiste essentiellement en armoires empilées qui habillent l’espace et servent tour à tour de lits ou de maisons, les battants utilisés pour les entrées et les sorties. Le résultat est du plus bel effet mais ce qui pourrait tourner au vaudeville avec des portes qui claquent se teinte de nostalgie et de mélancolie pour ensuite tendre vers l’intemporel, notamment vers la fin où la neige tombe drue et sans discontinuer sur un plateau nu. Au rejet des traditions des filles de Tevye qui aiment selon leur cœur plutôt que de céder aux alliances imposées par la marieuse Yente, aux tensions entre la communauté juive et les goys russes, aux pogroms qui s’annoncent et contraignent nos héros à l’exil s’ajoutent des dialogues teintés d’ironie et d’humour noir qui masquent à peine le désespoir sous-jacent à l’intrigue. Le metteur en scène australien sait de quoi il parle, son grand-père ayant fui un shtetl en 1905. Et pourtant, le sens de la fête, la gaieté de la musique et la force de vie sont constamment présentes. Difficile de résister, en particulier, aux accents klezmer de la tradition musicale yiddish qui contribuent à énergiser ce spectacle de trois heures où l’on ne s’ennuie pas une seconde. Il faut notamment saluer le travail remarquable du chorégraphe <strong>Otto Pichler</strong> et des merveilleux danseurs qui ont rencontré un succès mérité au cours de la première.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/a_acte_2_violon_sur_le_toit_gp5852_photoklara_beck.jpg?itok=BFmV-bW1" title="© Klara Beck" width="468" /><br />
	© Klara Beck</p>
<p>Du côté des voix, il faut s’habituer à la sonorisation, quasi systématiquement de mise pour les comédies musicales, et surtout prendre en considération le fait que la pièce a été écrite pour des comédiens chanteurs et non l’inverse. Oublions donc momentanément le Tevye d’Ivan Rebroff ou encore celui de Bryn Terfel qui s’en donnait à cœur joie à <a href="https://www.forumopera.com/gala-2016-anja-harteros-ekaterina-gubanova-jonas-kaufmann-et-bryn-terfel-baden-baden-le-diable-a">Baden-Baden</a> dans un « If I were a Rich Man » d’anthologie pour écouter <strong>Olivier Breitman</strong>, magnifique comédien dont la voix bien timbrée met en valeur ses monologues ou plutôt ses conversations avec l’Éternel. Son épouse Golde, maîtresse femme dont la lassitude cache une force et un courage intacts est magistralement interprétée par <strong>Jasmine Roy</strong>. Les trois filles à marier se complètent avec grâce et <strong>Neïma Naouri</strong> (fille de Natalie Dessay) affiche une belle maturité fièrement acquise dans le rôle de Tzeitel, secondée par une vaillante Hodel (<strong>Marie Oppert</strong>) et une très touchante Chava (<strong>Anaïs Yvoz</strong>). Les maris tirent aussi leur épingle du jeu, en particulier le doux rêveur qu’est le tailleur Motel Kamzoil dont le rôle va comme un gant à <strong>Alexandre Faitrouni</strong>, sans oublier le volontaire voire exalté Perchik habité par <strong>Sinan Bertrand</strong>, ou encore le serein mais volontaire Lazar Wolf (<strong>Denis Mignien</strong>). Tous les autres soutiennent bravement les rôles principaux, avec une mention spéciale pour la formidable marieuse Yente (<strong>Cathy Bernecker</strong>). Les chœurs, quant à eux, sont à leur meilleur, très à l’aise également dans le jeu théâtral et l’occupation de l’espace, tout comme dans les chorégraphies. Ils savent décidément tout faire…</p>
<p>L’Orchestre symphonique de Mulhouse semble se régaler des sonorités d’Europe centrale et le plaisir de jouer qui émane de la fosse provoque de furieuses envies de gigoter chez les spectateurs. Nul doute que le chef <strong>Koen Schoots</strong> y ait également trouvé son compte.</p>
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		<title>L’Instant Lyrique de Natalie Dessay  — Paris (Elephant Paname)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/linstant-lyrique-de-natalie-dessay-paris-elephant-paname-breakfast-at-natalies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Dec 2018 08:17:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entre deux représentations de La Légende d’une vie de Stefan Zweig au Théâtre Montparnasse, un lundi de relâche a permis à Natalie Dessay de venir à l’Eléphant Paname chanter un répertoire entre jazz et comédie musicale reprenant en partie le programme de « Pictures of America », son disque sorti l’année dernière chez Sony. Pour l&#8217;occasion, et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre deux représentations de <em>La Légende d’une vie </em>de Stefan Zweig au Théâtre Montparnasse, un lundi de relâche a permis à <strong>Natalie Dessay</strong> de venir à l’Eléphant Paname chanter un répertoire entre jazz et comédie musicale reprenant en partie le programme de « Pictures of America », son disque sorti l’année dernière chez Sony. Pour l&rsquo;occasion, et comme à chacune de ses apparitions depuis son départ des scènes d&rsquo;opéra, le public s&rsquo;est déplacé nombreux, rassemblant tout à la fois nostalgiques de la cantatrice qu’elle fut et curieux de l’artiste versatile qu’elle a voulu devenir.</p>
<p>Et cette artiste-là montre aujourd’hui une joie à se tenir sur scène que ceux qui la suivirent depuis ses débuts ne lui connurent pas toujours : elle sourit, plaisante sur son penchant pour les « chansons molles », fait des trous de mémoire qui lui sont coutumiers un motif d’amusement plutôt qu’un symptôme de stress. Leonard Bernstein, Michel Legrand, Irving Berlin ou Stephen Sondheim sont sa liberté retrouvée, à elle qui ne voyait plus rien d&rsquo;autre dans l’opéra qu’un amoncellement de contraintes. C’est pourtant en chanteuse d’opéra qu’elle aborde ces <em>Songs</em>. Elle leur apporte sa discipline, qui a fini par devenir sa nature. Comme une danseuse étoile qui s’encanaille dans le Modern Jazz mais conserve le port d&rsquo;une ballerine, sa technique lui donne un maintien et une stature qui viennent de loin. Les aigus filés de « Somewhere », la ligne de « Send in the clowns » révèlent la cantatrice. La sonorisation autorise un placement de voix plus intimiste et les raucités qui, dans le Lied, la mélodie ou l’opéra, apparaitraient comme des scories, passent ici pour autant d’effets ou de fantaisies ; mais même quand les rythmes heurtés de « There’s no business like show business » bousculent passablement sa diction, c’est en artiste lyrique que Natalie Dessay assoit son timbre, distille les mots, dose ses nuances.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/dessay_3.jpg?itok=ApzrVMIu" title="© Maria Stuarda" width="322" /><br />
	© Maria Stuarda</p>
<p>La prestation extravertie de <strong>Gilda Solve</strong>, à ses côtés pour des duos et seule en scène pour un Gershwin des plus typiques, montre ainsi combien une chanteuse éduquée aux rythmes, aux phrasés et aux couleurs des <em>musicals </em>gère différemment sa voix. Eclairante comparaison qui ne vire jamais à la confrontation dans un répertoire qui, issu d’influences multiples, autorise toutes les sensibilités, et même des synthèses : une certaine <strong>Neima Naouri</strong>, dont l’arrivée sur scène fait croire quelques secondes à la réapparition de sa mère telle qu&rsquo;elle était lors de ses passages télévisés chez Jacques Martin au début des années 1990, agrège ainsi, dans « A piece of sky » ou dans « What you don’t know about women », une appétence spontanée pour le jazz et la pop tout autant que les probables influences parentales sur sa personnalité vocale, déjà très affirmée.</p>
<p>Jazz et pop forment aussi le langage naturel d’<strong>Yvan Cassar</strong>, surtout connu du grand public pour son travail de producteur avec de grands noms de la variété française, ce soir allié irremplaçable des chanteuses, imposant depuis son clavier une rythmique implacable qui vaut tous les filets de sécurité. A la contrebasse, <strong>Benoît Dunoyer de Segonzac</strong> a des épaules tout aussi solides, au point que l’absence de percussions ou de cuivres passe inaperçue auprès d&rsquo;un public aux anges qui obtient même, avec Claude Nougaro, un bis en français : les nostalgiques comme les curieux ont de quoi être charmés !</p>
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