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	<title>Amitai PATI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Amitai PATI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Glyndebourne : programme 2027</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/glyndebourne-programme-2027/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 08:12:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;édition 2027 du festival proposera cinq ouvrages dont trois nouvelles productions. Idomeneo ouvrira le bal le 20 mai, avec l&#8217;Orchestra of the Age of Enlightenment sous la baguette du directeur musical de l&#8217;institution, Robin Ticciati, dans une nouvelle production de Stephen Langridge qui en est le directeur artistique (il est également le fils du ténor &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;édition 2027 du festival proposera cinq ouvrages dont trois nouvelles productions.</p>
<p><em>Idomeneo</em> ouvrira le bal le 20 mai, avec l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightenment sous la baguette du directeur musical de l&rsquo;institution, <strong>Robin</strong> <strong>Ticciati</strong>, dans une nouvelle production de <strong>Stephen Langridge</strong> qui en est le directeur artistique (il est également le fils du ténor Philip Lagridge). La distribution comprendra <strong>Ian</strong> <strong>Koziara</strong> (Idomeneo), <strong>Deepa</strong> <strong>Johnny</strong> (Idamante), <strong>Katharina Konradi</strong> (Ilia) et <strong>Golda Schultz</strong> (Elettra). La reprise de la Carmen de <strong>Diane</strong> <strong>Paulus</strong> (2024) suivra dès le lendemain, avec cette fois le London Philharmonic Orchestra sous la direction de <strong>Ben Glassberg</strong>. <strong>Danielle de Niese</strong> et <strong>Rihab Chaieb</strong> alterneront en Carmen face au Don José d&rsquo;<strong>Atalla Ayan</strong>. <strong>Elsa</strong> <strong>Benoit</strong> et <strong>Vuvu</strong> <strong>Mpofu</strong> alterneront en Micaëla. La nouvelle production de <em>La Cenerentola</em> de <strong>Max Webster</strong> sera créée le 13 juin. <strong>Enrique Mazzola</strong> et <strong>Tess Jackson</strong> alterneront à la tête de l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightenment. La distribution comprendra <strong>Svetlina Stoyanova</strong> (Angelina), <strong>Levy Sekgapane</strong> (Ramiro), <strong>Mikhail</strong> <strong>Timoshenko</strong> (Dandini), <strong>Marco Filippo Romano</strong> (Don Magnifico) et <strong>Michael Mofidian</strong> (Alidoro). La reprise de <em>La traviata</em> de<strong> Tom Cairn</strong> (2012) sera dirigée par <strong>Riccardo Frizza</strong> à la tête du London Philharmonic Orchestra<strong>. </strong>À partir du 27 juin, <strong>Louise Alder</strong> et<strong> Elisa Verzier</strong> alterneront en Violetta, <strong>Amitai Pati </strong>et <strong>Julien Dran</strong> en Alfredo, <strong>Ricardo José Rivera</strong> et <strong>Audun Iversen</strong> en Germont. Enfin, à partir du 18 juillet, <em>Jenůfa</em> fera l&rsquo;objet de la dernière nouvelle production, confiée à <strong>Yaël</strong> <strong>Farber</strong>. On retrouvera Robin Ticciati et l&rsquo;Orchestra of the Age of Enlightenment. <strong>Yaritza Véliz</strong> sera Jenůfa, <strong>Tanja Ariane Baumgartner</strong> sera Kostelnička aux côtés de <strong>Jamez McCorkle</strong> (Laca) et <strong>Oleksiy Palchykov</strong> (Števa).</p>
<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.glyndebourne.com/festival/">Détails ici</a>.</p>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-entfuhrung-aus-dem-serail-paris-tce-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 07:37:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tous les opéras de Mozart se finissent mal : Florent Siaud avait peut-être en tête le vieil adage de Nikolaus Harnoncourt en préparant sa mise en scène de l’Enlèvement au Sérail. Dès le lever de rideau, la neutralité des décors signés Romain Fabre, et composés de panneaux blancs discrètement ajourés que traversent quelques lignes bleues, indique &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Tous les opéras de Mozart se finissent mal :<strong> Florent Siaud</strong> avait peut-être en tête le vieil adage de Nikolaus Harnoncourt en préparant sa mise en scène de <em>l’Enlèvement au Sérail</em>. Dès le lever de rideau, la neutralité des décors signés <strong>Romain Fabre</strong>, et composés de panneaux blancs discrètement ajourés que traversent quelques lignes bleues, indique assez que cette turquerie-là ne jouera pas la carte de la couleur locale, ni de la farce. Idée sans doute bienvenue, qui permet tout à la fois d’éviter les grilles de lecture anachronique d’une œuvre devenue trop rare sur nos scènes pour lui infliger pareil traitement, et de rapprocher l’<em>Enlèvement</em> des clair-obscur de <em>Cosi</em>, des <em>Noces </em>ou de <em>Don Giovanni</em>, en somme des authentiques chefs-d’œuvres de Mozart, auxquels il se rattache sans aucun doute. La réalisation donne un résultat plus mitigé. Le harem laisse place à une villa design ; les gardiens, en costumes et écouteurs à l’oreille, ressemblent à des vigiles de centres commerciaux ; le pacha lui-même s’est mué en l’un de ces gourous new age qui sévissaient en Californie dans les années 70. Une froideur qui s’infiltre jusque dans la scène finale, où l’on voit Selim faire abattre Osmin avant de forcer les anciens otages à chanter ses louanges face caméra. Cette vision laquée et glacée marche à rebours de la trépidante partition de Mozart, un des plus grands succès remportés par le compositeur de son vivant ; et pourtant elle marche, grâce à un propos cohérent et à une direction d’acteurs qui évite la provocation facile. Et si les courtes vidéos présentées au début de chaque acte n’apportent aucune révélation fracassante, le bruiteur placé sur le côté du proscenium aura au moins le mérite d’habiller et de rythmer des dialogues parlés que l’on a d’ailleurs réduits au strict nécessaire.</p>
<p>Il n’empêche que l’émotion comme l’humour reposent sur la bonne volonté de chanteurs qui, heureusement, en ont à revendre ! <strong>Jessica Pratt</strong> aborde Constance comme la belcantiste qu’elle est, sans frein ni fausse pudeur. Et l’on admire, tout au long de la soirée, la discipline et la virtuosité de ce chant où la technique se met toujours au service de la musicalité. Si le vibrato s’est élargi dans le haut de la tessiture, si « Traurigkeit » manque peut-être d’ombres et de murmures, on rend forcément les armes face à un « Martern aller Arten » si souverainement maîtrisé, et brûlant d’une telle fierté ! <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/amitai-pati-avec-mozart-on-narrete-jamais-dapprendre-a-chanter/"><strong>Amitai Pati</strong></a>, qui chante ce soir son premier Belmonte, compose un personnage qui touche par sa bonhomie comme par sa maladresse, et convainc davantage par les couleurs juvéniles du timbre et la délicatesse de son legato que par des graves pas toujours audibles. On pourrait faire le même reproche à <strong>Ante Jerkunica</strong>, excellent musicien qui ne fait certes pas de miracle dans « O, wie viel ich triumphieren » (les Kurt Moll ou Martti Talvela n’ont jamais couru les rues), mais s’impose avec bonheur partout ailleurs, en penchant sa longue silhouette menaçante sur les autres personnages. Voix claire et insolemment projetée, <strong>Brenton Ryan</strong> aussi peut compter sur un tempérament de bête de scène pour rendre immédiatement attachant un Pedrillo doté ce soir d’une épaisseur théâtrale peu commune. Les harmoniques et le fruité du timbre de <strong>Manon Lamaison</strong> nous change des Blondchen qui ne savent être que piquantes, même s’il faut ce soir faire l’impasse sur les suraigus tandis que, dans le rôle ingrat qui lui est réservé par la mise en scène, <strong>Uli Kirsch</strong> rend crédible son Selim plus aigre que doux.</p>
<p>Plus aigre que doux sonne également l’Insula Orchestra, dont les bois et les cuivres devraient gagner en précision au fil des représentations. Un reproche qui ne saurait être fait aux choristes d’Accentus, d’une cohésion parfaite à chacune de ses interventions. A la tête de ces ensembles, <strong>Laurence Equilbey</strong> empoigne vivement la partition, pour en faire saillir les angles et les apprêtés, davantage que les rondeurs et les traits d’humour. La cohésion entre la scène et la fosse est, à cet égard, exemplaire. Mais honorer la gravité de Mozart, n’est-ce pas se condamner à ne célébrer qu&rsquo;une partie de son génie ?</p>
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		<title>Amitai Pati : « avec Mozart, on n&#8217;arrête jamais d&#8217;apprendre à chanter » </title>
		<link>https://www.forumopera.com/amitai-pati-avec-mozart-on-narrete-jamais-dapprendre-a-chanter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 04:14:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que pouvez-vous nous dire sur votre personnage, Belmonte ? C’est un personnage très riche, une personnalité à plusieurs facettes. Il possède évidemment un aspect comique, léger, mais dévoile progressivement une véritable profondeur psychologique. C’est la première fois que j’interprète ce personnage et il représente un défi important pour moi. J’ai échangé avec plusieurs collègues afin &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Que pouvez-vous nous dire sur votre personnage, Belmonte ?</strong></p>
<p>C’est un personnage très riche, une personnalité à plusieurs facettes. Il possède évidemment un aspect comique, léger, mais dévoile progressivement une véritable profondeur psychologique. C’est la première fois que j’interprète ce personnage et il représente un défi important pour moi. J’ai échangé avec plusieurs collègues afin de mieux le comprendre et de le situer dans l’œuvre. Lorsque je suis arrivé pour préparer cette production, je n’avais pas d’a priori sur le rôle. J’ai donc beaucoup discuté avec le chef d’orchestre et avec le metteur en scène afin de comprendre leur vision et de m’y adapter.</p>
<p>Ce qui est intéressant, c’est qu’il peut paraître sûr de lui à certains moments, mais il est également très anxieux, nerveux et parfois frustré. Il a le sens du devoir, considère qu’il doit rester fort pour soutenir les autres personnages. J’aime beaucoup son évolution au fil de l’histoire. Au début, il est un peu réservé et curieux. Puis vient la fin du deuxième acte, avec cette scène de jalousie qui constitue pour moi un tournant dans la pièce. À partir de ce moment-là, l’œuvre quitte partiellement le registre de la comédie pour explorer la complexité des sentiments humains et amoureux.</p>
<p>Belmonte s’imagine que Constance s’est peut-être rapprochée d’un autre homme. Même s’il aimerait la retrouver, il comprend aussi que les choses peuvent avoir changé et que sa place dans sa vie n’est pas acquise. C’est ce qui me touche dans cette partition : les personnages semblent réels. En faisant abstraction du lieu de l’action et de certaines péripéties, on pourrait facilement imaginer qu’ils existent encore aujourd’hui.</p>
<p><strong>La partition de Belmonte est très virtuose, presque belcantiste, c’est d’ailleurs un rôle qui a été chanté par des ténors rossiniens. Mais il est aussi écrit en allemand, une langue que l’on n’associe pas spontanément à ce genre d’écriture vocale.</strong></p>
<p>La langue allemande représente pour moi un défi considérable. J’aime chanter sur les voyelles, ce qui est plus facile dans les répertoires français ou italiens. En allemand, les consonnes jouent un rôle essentiel et demandent beaucoup de précision dans le phrasé et la façon dont vous colorez les phrases. Cette écriture vocale est effectivement très exigeante. Je m’inspire aussi de grands interprètes du rôle, notamment Francisco Araiza qui a pour lui à la fois la beauté du chant, la profondeur et la capacité à faire vivre chaque mot. Pour ma part, j’essaie d’apporter une certaine souplesse belcantiste à cette partition. Mon objectif est de laisser la musique s’exprimer naturellement.</p>
<p><strong>Comme dans tout Singspiel, les dialogues parlés constituent un aspect parfois jugé problématique dans l<em>’Enlèvement au Sérail </em>; comment ont-ils été abordés par Florent Siaud ?</strong></p>
<p>Passer du chant à la parole demande d’ajuster constamment la technique. Il faut conserver la projection vocale tout en restant naturel dans le débit et le phrasé. La mise en scène nous aide énormément. Le décor est simple, à la fois élégant, moderne et très efficace. Cela nous permet de nous concentrer davantage sur la musique et sur le jeu plutôt que sur des contraintes techniques complexes. Cela favorise aussi une forme de naturel dans les dialogues. Les échanges ressemblent davantage à de véritables conversations, ce qui renforce la crédibilité de l’histoire. Je trouve qu’ils s’enchainent de façon très fluide avec les airs.</p>
<p><strong><em>L’Enlèvement au Sérail</em> traite aussi des différences culturelles, d’une façon qui peut d’ailleurs paraitre choquante aux auditeurs actuels&#8230;</strong></p>
<p>Le metteur en scène a créé un univers plus proche de la fantaisie que de l’ultra-réalisme. C’est très intéressant de mon point de vue, car ça permet de prendre de la distance avec certains stéréotypes qui pourraient être perçus différemment aujourd’hui. Ici, nous entrons quasiment dans un monde de cinéma ou d’aventure. Quand vous regardez <em>Indiana Jones</em>, vous ne vous demandez pas si le film est réaliste dans sa façon de traiter les personnages. Ici aussi, c’est l’action qui est au premier plan. Ainsi, l’objectif n’est pas de provoquer ou d’offenser, mais d’inviter le public dans un univers théâtral. C’est l’esprit même du spectacle.</p>
<p><strong>Mozart occupe une place importante dans votre carrière. On a l’habitude de dire qu’avec sa musique, les musiciens ne peuvent pas tricher. Qu’est-ce que sa musique vous apprend sur votre propre technique et sur votre voix ?</strong></p>
<p>Ah… <em>[silence]</em> Je dirais avant tout que Mozart m’enseigne que l’on n’arrête jamais d’apprendre à chanter. Même lorsque l’on a interprété une œuvre de nombreuses fois, il reste toujours quelque chose à découvrir ou à améliorer car la profondeur des personnages reflète exactement celle de la musique. Cette musique exige à la fois une technique solide et une ligne vocale qui allie beauté et souplesse. C’est pourquoi beaucoup de chanteurs vous parlerons spontanément de Mozart si vous leur demandez ce qui contribue le plus à développer une voix saine. Sa musique, non contente d’être très agréable à chanter en raison de sa beauté, vous aide à construire une technique stable, à garder la souplesse de votre voix et à maintenir une grande discipline vocale.</p>
<p>Pour moi, Mozart reste extrêmement difficile. Certains chanteurs trouvent peut-être cela naturel, mais ce n’est pas mon cas. Mais c’est une difficulté que j’accueille avec beaucoup de plaisir tant elle m’aide et me pousse à progresser. Et c’est un compositeur qui peut s’adapter à beaucoup de typologies vocales et de sensibilités musicales, depuis les belcantistes, comme Jessica Pratt qui chante Constance dans cette production et moi, jusqu’à des chanteurs qui viennent du baroque.</p>
<p><strong>La musique a toujours fait partie de votre vie, depuis votre enfance en Nouvelle-Zélande. Mais il me semble que le sport est aussi très important pour vous. En quoi cela vous aide-t-il avant une représentation ?</strong></p>
<p>Le sport m’aide, de façon générale, non seulement à rester en forme mais aussi à trouver mon équilibre, à rentrer dans ma bulle et à me concentrer. Avant un spectacle, j’aime également écouter de la musique, pas forcément de la musique en rapport avec ce que je chante. Juste quelque chose pour me détendre. Je veille aussi à bien manger, plusieurs heures avant la représentation, et je fais mes exercices vocaux en essayant surtout de rester calme ! Il y aura tellement d’énergie à donner sur scène que ça ne sert à rien de la gaspiller trop tôt !</p>
<p><strong>Vous avez participé à plusieurs programmes destinés aux jeunes chanteurs, le Young Singers Project à Salzbourg et le programme Merola pour jeunes artistes à San Francisco. Qu’en avez-vous retiré ?</strong></p>
<p>Ces programmes m’ont beaucoup apporté évidemment ! Ils m’ont appris l’humilité et la discipline et m’ont aidé à réaliser que je ne suis pas le seul dans cette profession, qu’il y a tellement d’artistes extraordinaires et motivés autour de nous. Ils m’ont aussi permis de partager la scène avec des chanteurs confirmés, ce qui est toujours un excellent apprentissage, et enfin, ils m’ont fait comprendre l’importance du travail quotidien et de l’entourage. Avoir de bons collègues est essentiel pour recueillir leurs conseils et grandir non seulement vocalement, mais mentalement et humainement. Le public entend non seulement les voix, mais il ressent aussi l’énergie qui circule sur scène entre les artistes. Mais au-delà des collègues, bien s’entourer avec des agents compétents et qui connaissent les voix, écouter ses proches, discuter avec les responsables des salles… Tout cela est essentiel !</p>
<p><strong>Cet entourage vous aide-t-il à maintenir l’agilité vocale qui est un peu votre marque de fabrique, et à préparer vos prochains rôles ?</strong></p>
<p>Oui, absolument ! Ma compagne, qui est également chanteuse, m’aide beaucoup. La virtuosité, l’aisance dans les vocalises, lui sont très naturels alors que c’est un travail permanent pour moi. Son avis est donc très précieux ; elle me dit notamment de rester aussi détendu que possible au niveau des épaules et du visage pour que les vocalises, notamment celles que vous faites dans le registre aigu, coulent de façon fluide. C’est évidemment plus facile à dire qu’à faire mais c’est un conseil précieux <em>(rires)</em> ! Je fais des vocalises tous les jours, même lorsque je n’en ai pas un besoin immédiat, d’abord très lentement, puis de plus en plus vite. Je privilégie aussi des exercices qui relient le registre grave à l’aigu, pour réduire la sensation de rupture que vous pouvez avoir lors du passage. C’est un travail répétitif et assez peu spectaculaire, mais cette régularité est essentielle pour préserver la souplesse de la voix. L’essentiel est de conserver une voix libre et souple. Plus on cherche à forcer, plus les difficultés apparaissent.</p>
<p>S’agissant des choix de rôles, qui sont les décisions les plus critiques à prendre pour un chanteur, je consulte en premier lieu ma professeure de chant, qui connait ma voix mieux que quiconque et comprend très bien dans quelle direction elle évolue. Ma compagne, qui a une grande expérience internationale, mon agent et les théâtres sont aussi de bons partenaires. Il y a des directeurs de salle avec qui j’ai une vraie relation de confiance, qui peuvent me dire : « nous aimerions que vous chantiez ce rôle chez nous, mais nous nous demandons si ce n’est pas encore un peu tôt, vous prenez le temps de regarder la partition et vous nous donnez votre réponse quand vous êtes sûr de vous ». Sans oublier le public lui-même ! Des spectateurs me disent parfois : « vous devriez considérer tel rôle » et je leur réponds : « mais c’est une très bonne idée, comment vous y avez pensé ? » « C’est que je vous suis depuis longtemps, j’ai l’impression de très bien connaitre votre voix ! »</p>
<p><strong>Justement, comment imaginez-vous l’évolution de votre répertoire et de votre voix dans les années qui viennent ?</strong></p>
<p>Pour l’instant, je souhaite continuer à approfondir Mozart et le bel canto. Je pense que ma voix s’épanouit naturellement dans ce répertoire, qui représente certes un défi technique mais où l’on trouve aussi des rôles merveilleusement bien écrits, qui vous aident à renforcer votre technique sans abimer votre voix. Je considère qu’aller trop vite serait une erreur et je préfère construire ma carrière progressivement, la cultiver avec patience pour préserver ma voix sur le long terme.</p>
<p>Au cours des prochaines années, j’aimerais avoir l’occasion de retrouver un certain nombre d’artistes sur scène, notamment ma compagne et mon frère <em>[Pene Patti, ndlr]</em> ; on cherche des opéras où il y a deux ténors <em>(rires) </em>! Je serais aussi très heureux de chanter à nouveau sous la direction d’Ivan Repusic avec qui j’ai travaillé sur <em>La Traviata </em>à la Deutsche Oper de Berlin. C’est un musicien remarquable doté d’une très grande intelligence, avec qui je me suis senti constamment soutenu et en confiance !</p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte &#8211; Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-londres-roh/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Plutôt que de parler d’abord comme on le ferait traditionnellement du spectacle dans son ensemble, commençons par un hommage à l’un des plus grands chanteurs actuels. On se demande à vrai dire si Huw Montague Rendall est capable de décevoir, tant chacune de ses prestations est un modèle d’intelligence, d’élégance et de beau chant. Son &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Plutôt que de parler d’abord comme on le ferait traditionnellement du spectacle dans son ensemble, commençons par un hommage à l’un des plus grands chanteurs actuels. On se demande à vrai dire si <strong>Huw Montague Rendall</strong> est capable de décevoir, tant chacune de ses prestations est un modèle d’intelligence, d’élégance et de beau chant. Son Papageno concentre le meilleur du chanteur moderne, à savoir une précision stylistique, linguistique et théâtrale à toute épreuve. Surtout, on sent que l’incarnation physique est toujours en phase avec l’incarnation vocale, sans hiérarchie entre les deux (ce qui explique peut-être le caractère aussi sain de cette voix). Le personnage est certes payant auprès du public, mais il l’incarne avec une forme de sincérité enfantine très touchante, le rendant plus immature que balourd. Tout est fait avec une telle innocence, une telle légèreté en un sens, que ses airs en deviennent émouvants, sans rien perdre évidemment de leur comique. Si le projet de l’opéra est d’élever le public par la glorification de l’idéal maçonnique, on n’y est pas tout à fait tant ce Papageno nous parait séduisant même en échouant à ses épreuves initiatiques. C’est de toute façon là l’une des grandes ambiguïtés de la Flûte.</p>
<figure id="attachment_201600" aria-describedby="caption-attachment-201600" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-201600" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_1266-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-201600" class="wp-caption-text">Huw Montague Rendall<br />The Royal Opera ©️2025 Johan Persson</figcaption></figure>
<p>Il faut aussi dire que face à lui le Tamino d’<strong>Amitai Pati</strong> n’a pas la même aisance scénique en ce soir de première, ou du moins semble moins pris en charge par la mise en scène. Après avoir traversé le rideau de scène en venant du public, invitant le spectateur à participer avec lui au rituel, son personnage fait surtout office de fil conducteur. Le chanteur convainc davantage, avec une belle ligne de chant, facile et souple. La voix, après un début un peu engorgé et manquant de projection, se révèle par la suite tout à fait séduisante, avec des aigus faciles et une douceur appréciable. Sa Pamina aurait dû être la soprano américaine Julia Bullock, qui a malheureusement dû annuler sa participation à la production à cause de soucis de santé récurrents. <strong>Lucy Crowe</strong>, initialement prévue sur quelques dates seulement, assure donc l’ensemble des représentations. Loin de l’angélisme un peu passif de certaines productions, sa princesse est tout à fait volontaire, aussi méritante que Tamino, et même assez drôle dans sa première apparition. La soprano britannique y apporte son charisme scénique, son allemand extrêmement naturel, mais aussi une sensibilité singulière désarmante. Peut-être du fait de sa fréquentation du répertoire baroque, on est particulièrement saisi par le soin porté à l’articulation, au phrasé, notamment dans un « Ach ich fühl’s » très incarné, plus ciselé que d’habitude. L’artiste est originale, très accomplie, avec une voix assez corsée mais néanmoins capable d’alléger sur de beaux aigus pianissimo.</p>
<figure id="attachment_201607" aria-describedby="caption-attachment-201607" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-201607" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_1265-1024x694.jpeg" alt="" width="1024" height="694" /><figcaption id="caption-attachment-201607" class="wp-caption-text">Lucy Crowe, Amitai Pati<br />The Royal Opera ©️2025 Johan Persson</figcaption></figure>
<p>Le couple royal est aussi saisissant qu’attendu, notamment avec La Reine de la Nuit de <strong>Kathryn Lewek,</strong> qui marque avec son « O zittre nicht » le premier temps fort du spectacle. Parfait compromis entre une voix ample et des suraigus désarmants de facilité, elle frappe immédiatement par son investissement dramatique. L’expérience du rôle qu’elle a chanté aux quatre coins du monde lui permet de tenter des nuances, des contrastes, qu’on n’y entend pas si souvent. Si le deuxième air sera un peu moins convaincant du fait d’un certain surrégime vocal (mais toujours aussi précis), la performance n’en est pas moins très impressionnante. <strong>Solomon Howard</strong> en Sarastro est un modèle de noblesse et de phrasé, notamment avec « In diesen heil’gen Hallen », superbe de conduite. Parfait scéniquement en souverain humaniste, idéal de moyens vocaux, il ne manque qu’un texte parlé plus naturel pour en faire une référence du rôle.</p>
<figure id="attachment_201609" aria-describedby="caption-attachment-201609" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-201609" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_1267-2-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-201609" class="wp-caption-text">Kathryn Lewek, Lucy Crowe<br />The Royal Opera ©️2025 Johan Persson</figcaption></figure>
<p>Les Trois Dames, bien que non caractérisées individuellement, ont une place centrale dans l’ouvrage, qui est ici parfaitement occupée par <strong>Hannah Edmunds</strong>, <strong>Ellen Pearson</strong> et <strong>Emma Carrington</strong>. Leur ensemble, très énergique, est homogène et aligné jusqu’aux consonnes finales, toujours bien sonnantes. Des courtes interventions solistes on retiendra notamment le quasi-contralto de la Troisième Dame, Emma Carrington. Les Trois Garçons sont ici chantés par des enfants, visiblement très bien préparés, tant leur prestation ne souffre d’aucun défaut de coordination ou de précision rythmique. Gâtés par quelques-unes des plus jolies trouvailles de mise en scène (le chariot ailé), on se demande simplement s’il est vraiment judicieux de les faire courir avant leur première intervention chantée. Il faut d’autant plus les saluer pour réussir à ne pas faire entendre d’essoufflement à leur jeune âge dans ces conditions.</p>
<p><strong>Marie Jacquot</strong>, cheffe française qui poursuit une remarquable carrière à l’étranger, fait ce soir de beaux débuts à Covent Garden. Sa direction, maîtrisée de bout en bout, se distingue par une conduite exemplaire, aussi structurée que continue. Elle séduit particulièrement dans l’accompagnement des airs nobles, où elle trouve le tempo juste, et l’équilibre parfait entre expression et simplicité, qu’il s’agisse du « Dies Bildnis » de Tamino ou de « In diesen heil’gen Hallen » de Sarastro. Des oreilles habituées à des versions modernes plus baroqueuses pourront être frustrées par un manque de vie intérieure dans les passages plus rythmiques (l’ouverture), et par une certaine retenue dans les effets de « Der Hölle Rache ». C’est aussi là ce qui fait la singularité de cette version, digne et claire, mais jamais dans l’effet, allant plutôt dans le sens de la lecture philosophique de l’œuvre.</p>
<figure id="attachment_201611" aria-describedby="caption-attachment-201611" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-201611" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_1268-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-201611" class="wp-caption-text">Matthew Rose<br />The Royal Opera ©️2025 Johan Persson</figcaption></figure>
<p>La mise en scène semble également faire ce choix là en plaçant l’action dans une cour royale européenne, dirigée par un Sarastro empreint de préoccupations intellectuelles (symbolisées par le globe, les arts, les écritures). Créée en 2003, la production de <strong>David McVicar</strong> fait le choix, comme beaucoup d’autres à sa suite, de refuser l’exotisme, évitant ainsi d’entrer en conflit avec les préoccupations contemporaines qui rendent le livret de Schikaneder difficile à représenter littéralement. Monostatos n’est donc qu’un courtisan répugnant parmi d’autres, sans différenciation ethnique (excellent <strong>Gerhard Siegel</strong>, toujours parfait dans les rôles de caractère), Tamino provient visiblement du même milieu que les gens de la cour, et toutes les références maçonniques à l’Egypte Antique sont évacuées. Le rite initiatique se déroule donc de manière assez rationnelle, comme un jeu d’entrée à la cour, et les éléments merveilleux peuvent être interprétés comme du théâtre dans le théâtre, de par le choix d’assumer les marionnettes, les ficelles, les masques. Le seul élément qui sort du cadre historique est le personnage de Papagena, traité avec très peu d’imagination et hypersexualisé.<br />
La production, qui fonctionne par tableaux déconnectés les uns des autres, repose majoritairement sur une superbe scénographie de John MacFarlane : le décor peint final, la scène du suicide de Pamina avec cette grande fenêtre mouillée par la pluie, créent un véritable enchantement, de même que ce modeste chariot ailé qui arrive des cintres en portant les Trois Garçons. Le spectacle, tout à fait adapté à un public familial, est très plaisant, mais un peu hétérogène, et on peut se demander si aujourd’hui McVicar ne serait pas apte à en faire une nouvelle mouture plus cohérente : en l’état, le spectacle met du temps à démarrer, et on peine à comprendre le projet global. Par ailleurs, certains refus d’obstacle sont assez frustrants : les épreuves de l’eau et du feu ne sont ainsi qu’une répétition de scènes précédentes, certes magnifiquement éclairées par <strong>Paule Constable</strong>, mais sans merveilleux et peu compréhensibles pour un un public novice. Reste qu’il est très efficace auprès du public (y compris jeune), notamment dans les passages comiques, peut-être grâce au travail des responsables de la reprise, Ruth Knight et Angelo Smimmo.</p>
<figure id="attachment_201612" aria-describedby="caption-attachment-201612" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-201612" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_1264-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-201612" class="wp-caption-text">Marianna Hovanisyan, Huw Montague Rendall<br />The Royal Opera ©️2025 Johan Persson</figcaption></figure>
<p>La reprise de ce spectacle, joli mais imparfait, aurait pu être une occasion de remplir la salle à moindre frais pour une représentation de routine. C’est évidemment en partie le cas, tant on sent que le public est de toute façon acquis à l’œuvre, et ne cherche pas à être surpris par ce qui se passe sur scène. Néanmoins, l’intelligence et l’engagement de l’équipe musicale réunie ce soir réussissent à donner à cette représentation la sensation du beau qui dépasse celle du bien.</p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ressort perplexe de cette nouvelle production de Don Giovanni au Grand théâtre de Provence (c’est la huitième fois depuis 1949 que ce titre est à l’affiche du Festival international d’Art lyrique d’Aix-en-Provence). Perplexe et même frustré tout à la fois, tant la mise en scène de Robert Icke, qui agite les esprits sur Aix &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On ressort perplexe de cette nouvelle production de <em>Don Giovanni</em> au Grand théâtre de Provence (c’est la huitième fois depuis 1949 que ce titre est à l’affiche du Festival international d’Art lyrique d’Aix-en-Provence). Perplexe et même frustré tout à la fois, tant la mise en scène de <strong>Robert Icke</strong>, qui agite les esprits sur Aix et au-delà, est parfaitement engageante dans ses présupposés mais, aussi, se révèle incapable de tenir ses promesses sur la longueur. Disons pour faire simple que le premier acte tient son spectateur en haleine alors que dans le second les ficelles tenues par le metteur en scène sont bien trop grosses et ne séduisent plus.<br />
L’idée de départ est l’interrogation : qui est Don Giovanni et qui le Commandeur ? Ne sont-ils pas les deux facettes d’un même personnage ? Telle est la question qui reviendra à plusieurs reprises dans la soirée, comme quand, alors que Don Giovanni termine par un rire sardonique son Air du Champagne, le rideau juste derrière lui projette alternativement les images stroboscopiques de son visage et de celui du Commandeur. Autre trouvaille : quand celui-ci entraîne Don Giovanni dans la mort, c’est lui-même qui chante les derniers mots à la place du séducteur.<br />
En réalité, le Commandeur ne meurt pas. Dans la scène de départ, avant même que résonne le premier accord à l’orchestre (qui va figurer l’attaque cardiaque dont il est victime), le père de Donna Anna est installé dans son salon, écoutant de vieux vinyles. L’apoplexie survient, le rideau retombe sur l’ouverture mais quand il se relève à l’issue de celle-ci, c’est Don Giovanni qui a pris sa place. Voilà, tout est dit de l’idée fondatrice dans la proposition de Robert Icke. Le Commandeur n’est pas mort, il va réapparaitre régulièrement. Il est en fait le pendant permanent du personnage de Don Juan qu’il finira par rejoindre une dernière fois – dans la mort cette fois.<br />
Ainsi, la question que pose Leporello dans le premier récitatif prend-elle tout son sens : « Qui est mort ? Vous, ou le vieux ? ». De fait, le doute s’immisce et perdurera tout du long .<br />
Cette interrogation, dont on peut supposer qu’elle participait pour Da Ponte du « gioccoso » plus que du tragique, est relue par Icke sous le prisme purement dramatique. Pour le jeune metteur en scène britannique (plus jeune récipiendaire du <em>Laurence Olivier Award</em> et connu pour ses transpositions radicales des classiques) qui signe là sa première mise en scène d’opéra, tout est prétexte à relecture. Tout doit contribuer à ce que le spectateur s’interroge en permanence sur la vraie nature du séducteur. Il est omniprésent sur scène, quitte à se rendre invisible, comme lorsqu’il assiste à la déploration d’Anna découvrant son père allongé par terre après son duel (mais le Commandeur va vite se relever !), il semble commander les éléments (déclenche la foudre ou la tempête), il entretient avec toutes les femmes qu’il côtoie des relations toujours profondément ambiguës, voire carrément malsaines – y compris avec cette fillette qui apparaît à plusieurs reprises et que Don Giovanni est à deux doigts de séduire.<br />
Mais en réalité, le Don Juan se consume de l’intérieur et le duel avec le Commandeur qui ouvre le premier acte, il ne le gagne qu’en apparence. Mieux, ce duel marque pour lui le début de la fin. Son sweatshirt blanc va se maculer de sang tout au long de la soirée et lui-même va trainer avec lui pendant presque tout le dernier acte une perfusion qui va – peut-être ? – nous renvoyer à la scène initiale, celle de l’apoplexie du Commandeur. Comment expliquer sans cela que la partie haute du décor au second acte soit une chambre d’hôpital et que les principaux protagonistes (Anna, Zerlina, Masetto, Leporello et Ottavio) soient habillés en soignants ? Il faut bien que tous se penchent sur le cas de Don Giovanni pour le saisir entièrement, mais sans jamais y parvenir, puisqu’à la fin c’est la mort qui l’emporte.<br />
Et c’est dans cette deuxième partie que l’on perd le fil. Plus rien, dans la vision de Icke, ne correspond plus au texte de Da Ponte. Ni la scène du balcon, ni celle du cimetière et encore moins celle du banquet – le fil conducteur étant alors un Don Giovanni épuisé, blessé, et finalement mourant.<br />
En résumé, une idée de départ intéressante, mais inaboutie et donc bien frustrante pour le spectateur.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Giovanni_Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_18-1294x600.jpg" alt="" width="587" height="272" />
© Monika Rittershaus</pre>
<p>Le plateau vocal est à la hauteur des attentes. <strong>Clive Bayley</strong> en Commandeur fait montre d’une autorité implacable dans la scène du banquet, <strong>Andrè Schuen</strong> est un Don Giovanni bluffant de réalisme et dont le timbre pourrait bien séduire toutes les femmes du monde. On le voit sombrer avant même qu’il meure, comme enivré de ses propres échecs. Don Giovanni est dominé par un Leporello tout d’autorité. <strong>Krzysztof Baczyk</strong> peut en remontrer à son maître ; il possède pour cela un baryton percutant et toujours bien posé. La basse polonaise <strong>Pawel Horodyski</strong> nous propose un Masetto qui ne se laisse pas faire ; il a dans la voix toute l’autorité nécessaire. Il manque à <strong>Amitai Pati</strong> la projection nécessaire mais les deux airs d’Ottavio sont techniquement maîtrisés et ce n’est pas un mince compliment. Du côté des femmes, le trio est somptueux, dominé par l’Anna  tout en majesté de <strong>Golda Schulz</strong> ; ses deux arias sont pour nous l’occasion de découvrir un timbre chaleureux et une technique à la hauteur des enjeux. Belle découverte que la Zerlina de <strong>Madison Nonoa</strong> : son « Batti, batti » est un pur régal de suavité et de délicatesse. Enfin <strong>Magdalena Kožena</strong> tient son rang et nous propose une Elvira ravagée par les doutes et les contradictions intérieures. La voix doit toutefois souvent forcer pour surnager au milieu d’un orchestre parfois envahissant.<br />
Ce n’est pas la première fois que <strong>Sir Simon Rattle</strong> dirige à Aix mais nous n’avions jamais entendu son orchestre, celui de la radio de Bavière. Nous sommes entièrement convaincus par l’intelligence dans la lecture dramatique de l’œuvre, qui tient son auditeur en haleine trois heures durant, beaucoup moins toutefois par la réalisation technique. Les vents sont souvent envahissants, au détriment des cordes qui avaient pourtant beaucoup de belles choses à dire.</p>
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		<title>VERDI, La Traviata (Cast B) – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-cast-b-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après la magnifique prestation de Martina Russomanno lors de la Première de la Traviata mise en scène par Amélie Niermeyer à Strasbourg où la soprano effectuait la prise du rôle de Violetta (voir ici notre compte rendu), il était fort tentant de découvrir l’autre distribution prévue pour le spectacle. Un seul personnage bénéficie d’un double &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après la magnifique prestation de <strong>Martina Russomanno </strong>lors de la Première de la <em>Traviata </em>mise en scène par <strong>Amélie Niermeyer</strong> à Strasbourg où la soprano effectuait la prise du rôle de Violetta (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-strasbourg/">voir ici notre compte rendu</a>), il était fort tentant de découvrir l’autre distribution prévue pour le spectacle. Un seul personnage bénéficie d’un double casting et il s’agit, en l’occurrence, du rôle-titre. En alternance avec la jeune italienne, c’est la soprano russe <strong>Julia Muzychenko</strong> qui reprend le rôle de Violetta dont elle est déjà une interprète chevronnée. Il faut dire que la prodige russe est bardée de prix et a chanté des rôles aussi éprouvants que ceux de Gilda, Norina, Amina ou Lakmé avec succès. Le public strasbourgeois l’a découverte en 2023 où elle était une <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/rimski-korsakov-le-conte-du-tsar-saltane-strasbourg/">inoubliable princesse de conte de fées</a> aux notes cristallines époustouflantes dans le <em>Conte du tsar Saltane</em> de Rimski-Korsakov merveilleusement mis en scène par Dmitri Tcherniakov.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Traviata-G8378presse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-186419"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Nulle envie ici de comparer les deux versions du même rôle, tant l’interprétation en est à la fois différente et dans les deux cas, très personnelle, mais juste et pertinente. De fait, les deux sont admirables et subliment le rôle. Julia Muzychenko est en tout cas une Violetta exceptionnelle, capable de faire pleurer à chaque acte ou presque. La beauté du timbre est magnifiée par une autorité et une apparente aisance dans tous les registres ainsi qu’une très forte présence scénique. Difficile de résister au charme impérieux de la demi-mondaine du premier acte qui tombe sincèrement amoureuse, tout en étant malade et déjà condamnée. Ce contraste est à tout moment parfaitement audible dans les couleurs chatoyantes et somptueuses de ce chant mieux que maîtrisé. Les scènes en duo avec Germont père sont d’une ineffable beauté préparant un « Amami Alfredo » qui déchire le cœur. La fin de l’opéra nous met quasiment sur orbite, d’autant que la metteuse en scène a choisi de faire de la Traviata une femme qui voit ce que décrivent ceux qui ont connu une mort imminente. Elle sort de la chambre et suit la lumière, alors que les Germont la croient encore, mourante, dans son lit. Et c’est là qu’on retrouve l’interprète aux sons divins entendus sur la même scène en 2023. À la fois éthérée et formidablement présente, la voix est d’une expressivité rare.</p>
<p>Si le baryton napolitain <strong>Vito Priante</strong> confirme la belle impression laissée lors de la Première, fabuleux Germont père, profondément humain derrière des apparences de bourgeois sans cœur, le ténor <strong>Amitai Pati </strong>se montre décevant, avec quelques notes approximatives qu’on n’aurait certainement pas retenues si la voix ne faisait pas régulièrement pâle figure à côté de celles de ses deux principaux partenaires. Des rôles secondaires, tous formidables, on retiendra tout de même la présence marquante du baryton-basse polonais <strong>Michał Karski</strong>, admirable d’empathie et de chaleureuse présence dans le rôle du docteur Grenvil et également la très belle voix chaude et sonore du baryton français <strong>Pierre Gennaï</strong> en baron Douphol plus étoffé que d’ordinaire. Et toujours en grande forme, les chœurs, décidément très à l’aise avec cette production.</p>
<p>Une fois de plus, répétons tout le bien que nous pensons du jeune chef autrichien <strong>Christoph Koncz </strong>à la tête de l’<strong>Orchestre national de Mulhouse</strong>, dont il parvient à tirer des merveilles dans chaque pupitre, dans un équilibre qui force le respect. Difficile de ne pas suivre des yeux sa gestuelle élégante et décidée, garante d’une unité et d’une harmonie formidables, tant au niveau des chanteurs que des musiciens. Les soli orchestrés, notamment, doublent les voix avec un naturel confondant.</p>
<p>Autant dire que le public strasbourgeois a ovationné les interprètes à l’issue du spectacle, décidément mémorable.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LA TRAVIATA | Bande-annonce" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/CSspiNVupOw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>VERDI, La Traviata – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cela commençait plutôt mal&#8230; Des solistes donnant l’impression de voix très en retrait, une fête trash qui avait tendance à virer à la vulgarité gratuite qui n’apportait pas grand-chose excepté une certaine confusion, une interprétation de l’orchestre par contraste très sage et une première partie de l’opéra où chacun semblait chercher ses marques, le constat &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cela commençait plutôt mal&#8230; Des solistes donnant l’impression de voix très en retrait, une fête trash qui avait tendance à virer à la vulgarité gratuite qui n’apportait pas grand-chose excepté une certaine confusion, une interprétation de l’orchestre par contraste très sage et une première partie de l’opéra où chacun semblait chercher ses marques, le constat était pour le moins mitigé. Cette soirée de Première de la <em>Traviata</em> dans un théâtre archicomble ne décollait pas. Pourtant, on décelait dans la mise en scène beaucoup de bonnes idées, tout comme une manière d’habiter le rôle qui forçait l’attention pour Violetta et une qualité d’ensemble mieux que satisfaisante. Et puis, après la pause, les voix se sont ouvertes, voire libérées, les choix de mise en scène ont fait pleinement sens et l’œuvre de Verdi a pu s’épanouir jusqu’à une magnifique scène finale en poignant et déchirant point d’orgue. Sans doute était-ce le trac de la prise de rôle pour la jeune <strong>Martina Russomanno</strong> qui l’a poussée à rester prudente et à ne dévoiler sa véritable personnalité musicale très forte que petit à petit, au fur et à mesure qu’elle entrait en interaction totale avec son rôle, vocalement plus qu’exigeant, sans parler de l’exigence de la mise en scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Traviata-GP0852HDpresse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-185815"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>La metteuse en scène allemande <strong>Amélie Niermeyer</strong> fait ses débuts à l’Opéra national du Rhin avec ce spectacle déjà <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-dijon/">donné à Dijon</a>, avec une nouvelle distribution et un certain nombre de changements (l’accordéon de la production dijonnaise a disparu, par exemple). L’accent est mis sur une transposition contemporaine des modes de prostitution et des rapports de séduction, tout en exhibant notamment des pratiques sexuelles variées telles que celles du <em>petplay</em>, jeux de domination et de soumission. Au cours de la fête du premier acte, dans un décor directement inspiré de la célèbre boîte de nuit le Berghain de Berlin à la réputation sulfureuse, des danseurs visiblement prêts à tous les excès endossent un masque de chien, en prennent les postures, lapent le champagne qu’on laisse couler dans leur gamelle et lèvent la patte pour uriner contre les poteaux de la discothèque d’un genre pour le moins particulier dans laquelle évolue Violetta. On a compris qu’il s’agissait là d’amours chiennes, en total contraste avec les sentiments romantiques que partagent Violetta et Alfredo au début du deuxième acte, devant un paysage qui est une toile peinte d’après un tableau du XVIII<sup>e</sup> siècle de Richard Wilson. Les sentiments réels, purs et presque naïfs des deux amoureux ont ainsi leur pendant négatif qui correspond parfaitement à la noirceur des relations viciées d’une société sans pitié. À la laideur du premier décor succède un univers plus conventionnel qui permet de mieux se concentrer sur le déroulé des scènes et notamment sur la confrontation, très réussie, entre Germont père et Violetta. Le finale de l’acte II est très réussi, tant pour la scène des bohémiennes que celle des matadors, intelligemment chorégraphiées par <strong>Dustin Klein</strong>, avant ce qu’on ne peut que qualifier d’exécution publique de Violetta, humiliée par Alfredo qui l’arrose des billets de banque qu’il vient de gagner. La domination par l’argent et le refus de laisser à une femme son indépendance financière sont ici remarquablement bien stigmatisées. Le dernier acte est concentré dans une chambre où l’attention se focalise sur le vaste lit et un lavabo prétexte à ablutions purificatrices. L’ensemble est fort bien éclairé par les jeux de lumières de <strong>Tobias Löffler</strong>. Rien que de très classique, finalement, au-delà des excès et de la provocation apparente. La mise en scène sert le propos et les chanteurs avec efficacité. On peut ne pas forcément être fan des costumes et des décors de <strong>Maria-Alice Bahra</strong>, mais force est de s’incliner devant la correspondance de ce qui caractérise notre époque.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Traviata-GP2754HDpresse-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-185823"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>On retiendra de cette soirée la présence rayonnante et lumineuse de Martina Russomanno, magnifique en Violetta, tour à tour frivole et ardemment amoureuse jusqu’au sacrifice, tout en étant irrémédiablement malade et condamnée, brûlant sa vie (mais pas sa voix, on l’espère) par les deux bouts. La jeune femme possède indéniablement tous les moyens du rôle et l’on aimerait assister aux représentations suivantes pour la voir s’épanouir après cette prise de rôle à bras le corps. Voix de caractère, sens du phrasé, diction précise aux inflexions qui font se dresser l’oreille et redécouvrir l’une des héroïnes les plus emblématiques de l’histoire de l’opéra, la jeune soprano attire l’attention et impose le respect. La complexité du personnage est merveilleusement restituée par la chanteuse qui nous en donne à voir et entendre les moindres facettes. À son arrivée sur scène pour des saluts où on la sentait soulagée, le public conquis lui a réservé une ovation qui a été accueillie par des larmes au coin de l’œil qui ont achevé de faire fondre l’auditoire. Son Alfredo incarné par <strong>Amitai Pati</strong> est un vaillant compagnon qui parvient à faire honneur à sa partenaire grâce à un beau timbre et une réelle musicalité sans toutefois ce petit quelque chose en plus qu’affiche sa partenaire féminine. Mais ne faisons pas la fine bouche&nbsp;: le ténor venu des Îles Samoa a parfaitement su se fondre dans son rôle de mâle à l’ancienne. Il en va de même pour <strong>Vito Priante</strong>, fringuant Germont père, qui parvient à faire ressortir les zones d’ombre mais aussi toute l’humanité de son personnage. Le baryton napolitain est doté d’une voix aux harmoniques riches et au timbre séduisant qui font du trio principal de l’opéra un bel ensemble, encore magnifié par la justesse et l’implication de tous les comprimari.</p>
<p>À la tête de l’Orchestre national de Mulhouse depuis 2023, le jeune chef autrichien <strong>Christoph Koncz</strong> transcende cette soirée par la justesse et la précision de sa direction. Difficile de croire que ce violoniste de formation n’en est qu’à l’un de ses premiers opéras en qualité de chef. La sublime partition de Verdi lui va comme un gant. L’Orchestre national de Mulhouse sonne juste, les cuivres tout particulièrement. Les mesures s’égrènent avec une évidence confondante. Et pour couronner le tout, les Chœurs de l’Opéra national du Rhin, toujours impeccables, semblent ici avoir mangé du lion. Apparemment, ils ont adoré porter les costumes et les maquillages SM et bondage, en roue libre, dans le bon sens du terme.</p>
<p>Quelle soirée&nbsp;! On en retiendra tout particulièrement la naissance d’une grande Violetta, en attendant de découvrir la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-cast-b-strasbourg/">deuxième distribution</a>, avec la soprano Julia Muzychenko dans le rôle de Violetta…</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LA TRAVIATA | Bande-annonce" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/CSspiNVupOw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LA TRAVIATA | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/YajDOaHvwlA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Pene Pati, Nessun dorma</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-nessun-dorma/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un magnifique album publié en 2022 enregistré alors qu&#8217;il était encore relativement peu connu, Pene Pati nous revient avec ce nouveau programme tout autant diversifié. Le ténor samoan nous offre ici un mélange de tubes du répertoire (dont certains un peu oubliés) et de véritables raretés. Le CD s&#8217;ouvre avec un superbe « Nessun dorma &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-pene-pati-ou-le-soleil-du-pacifique/">un magnifique album publié en 2022</a> enregistré alors qu&rsquo;il était encore relativement peu connu, <strong>Pene Pati</strong> nous revient avec ce nouveau programme tout autant diversifié. Le ténor samoan nous offre ici un mélange de tubes du répertoire (dont certains un peu oubliés) et de véritables raretés. Le CD s&rsquo;ouvre avec un superbe « Nessun dorma » mettant parfaitement en valeur le timbre chaud et rayonnant du chanteur. La projection actuelle de la voix de Pene Pati lui interdirait de chanter <em>Turandot</em> à la scène, mais, face à un micro, le résultat est convaincant. L&rsquo;interprétation est d&rsquo;une belle poésie. Le phrasé est presque impeccable : on regrettera toutefois quelques libertés rythmiques (une note trop longue, une autre trop courte : ce ne sera pas le seul air concerné par cette observation), comme s&rsquo;il manquait une ou deux prises supplémentaires pour arriver à un résultat optimal. Pene Pati interprètera <em>Faust</em> à l&rsquo;Opéra-Bastille à compter du 25 septembre et il sera intéressant de comparer l&rsquo;expérience de la scène et celle du disque. Le français est quasiment parfait. La musicalité du chanteur est impeccable, usant à bon escient de la voix mixte et du registre de poitrine. Le contre-ut final de la cavatine est terminé d&rsquo;un magnifique <em>morendo</em>. Cette musicalité est doublée de celle d&rsquo;<strong>Emmanuel Villaume</strong> à la tête de l&rsquo;Orchestre national Bordeaux-Aquitaine, qui offre un accompagnement original et raffiné. Le chef français dirigera ce même ouvrage à l&rsquo;Opéra-Bastille. Toujours tiré de <em>Faust</em>, nous entendons ici pour la première fois l&rsquo;allegro (presque une cabalette) qui devait à l&rsquo;origine suivre la cavatine. Il s&rsquo;agit a priori du premier enregistrement mondial de cet air, particulièrement excitant, mais qui fut coupée lors des répétitions : objectivement, il aurait brisé l&rsquo;harmonie générale de l&rsquo;acte. Toutefois, la page en question, qui démarre avec la même musique que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://youtu.be/kkxV9I7DXdY?t=8690">celle qui accompagne l&rsquo;arrivée dans la prison de Faust et Mephisto au dernier acte</a> est <em>diablement</em> excitante et Pati en offre une interprétation énergique, couronnée d&rsquo;un long contre-ut. L&rsquo;air de Des Grieux de la <em>Manon</em> de Massenet est d&rsquo;une belle poésie, avec là encore un magnifique jeu sur la voix mixte et le registre de poitrine. Toutefois, les aigus manquent un peu de soutien. L&rsquo;intelligence donnée au mot est remarquable. Pour l&rsquo;anecdote, l&rsquo;intervention parlée du sacristain, effet typique d&rsquo;opéra-comique, est intelligemment rétablie (mais pas son intervention finale). Le Duo des cerises de <em>L&rsquo;Amico Fritz</em> fut longtemps une page célèbre, mais est tombée dans l&rsquo;oubli depuis quelques décennies, de même que l&rsquo;ouvrage : Pene Pati et <strong>Amina Edris</strong>, son épouse à la ville, l&rsquo;interprètent avec justesse et simplicité. Le duo de <em>Macbeth</em>, « Dove siam? (&#8230;) La patria tradita <span style="font-size: 16px;">», est l&rsquo;occasion pour Pene Pati d&rsquo;être rejoint cette fois par son frère <strong>Amitai Pati</strong> : le court morceau est plein d&rsquo;énergie grâce à l&rsquo;impulsion martiale d&rsquo;Emmanuel Villaume mais il y aurait peu de chance que le rendu soit aussi réussi à la scène, celle-ci réclamant des voix davantage projetées, celles de<em> lirico-spinto</em>. Fort bien chanté et parfaitement articulé, «<span style="font-size: 16px; font-style: normal;"> Nature immense</span> » extrait de <em>La damnation de Faust </em>manque un peu de romantisme. « Pourquoi me réveiller » de </span><em>Werther</em> est lui aussi chanté avec goût mais ses aigus sont un brin trémulants, Pati ayant clairement plus de difficultés à émettre un la dièse stable qu&rsquo;un contre-ut spectaculaire : on a déjà pu le constater à la scène, mais cela surprend dans un enregistrement commercial. Là encore on saluera le talent du chef qui ne se contente pas ici d&rsquo;un simple rôle d&rsquo;accompagnateur. Le délicieux « Seul sur la terre » extrait de <em>Dom Sébastien, roi du Portugal</em> est une autre pépite de cet enregistrement, interprété avec une belle musicalité, et des suraigus (ut et ut dièse) superbes. « Che gelida manina » de <em>La Bohème </em>est un peu expédié, alors qu&rsquo;on aurait imaginé le chanteur ici plutôt dans son élément : même le contre-ut final déçoit par son manque de stabilité. Autre pépite avec le duo de ténors, « Non sai tu che non avrai più del ciel » extrait du rare <em>Il Bravo</em> de l&rsquo;injustement oublié Saverio Mercadante, composition entre Donizetti et le Verdi de jeunesse, interprétée avec toute l&rsquo;urgence nécessaire. On ne se souvient plus guère d&rsquo;Ernest Guiraud, sinon en tant que compositeur des excellents récitatifs de <em>Carmen</em>, de l&rsquo;orchestration des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, voire des suites symphoniques de <em>L&rsquo;Arlésienne</em>. Ernest Guiraud était aussi compositeur mais, par une cruelle ironie de l&rsquo;histoire, il ne put achever son dernier ouvrage, <em>Frédégonde</em>. Camille Saint-Saëns se chargera des trois derniers actes, dans son style propre toutefois. Si la voix d&rsquo;Amina Edris manque un peu de largeur pour le rôle, cet exceptionnel duo tiré de l&rsquo;acte II donne clairement envie d&rsquo;entendre l&rsquo;ouvrage en entier ! Pati est décidément à son aise dans le Donizetti français, avec un extrait de <em>La Favorite</em> conjuguant les styles français et italien. Superbement chanté, « Tombe degli avi miei » de <em>Lucia di Lammermoor </em>souffre d&rsquo;un si naturel final peu stable. A ce stade de l&rsquo;écoute, on ressent aussi un certain sentiment de monotonie, comme si trop d&rsquo;intentions musicales finissaient par donner le sentiment d&rsquo;un chant un brin affecté, alors que les morceaux de bravoure se réécoutent avec de plus en plus de plaisir. Sans être véritablement verdienne, l&rsquo;interprétation de « Ah, la paterna mano » de <em>Macbeth</em> est d&rsquo;une belle émotion. Le trio de <em>La Juive</em>, « Tu possèdes, dit-on, un joyau magnifique » est une curieuse façon de terminer l&rsquo;album : Amina Edris est un peu dépassée et la voix de Pati est a priori plutôt celle du rival Léopold que celle d&rsquo;Éléazar, même si la typologie vocale du créateur, Adolphe Nourrit, reste difficile à imaginer. Les courtes interventions du chœur sont excellentes, l&rsquo;orchestre est impeccable et la direction d&rsquo;Emmanuel Villaume est un atout non négligeable à cet enregistrement, séduisant malgré quelques faiblesses. On apprécie de le réécouter plusieurs fois, en particulier pour les pages moins connues qu&rsquo;on aimerait entendre régulièrement sur les grandes scènes. La diversité, c&rsquo;est aussi la programmation.</p>
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		<title>Pene Pati, un nouvel album en famille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pene-pati-un-nouvel-album-en-famille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jul 2024 03:55:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un premier album en mars 2022 salué par la critique, le prochain enregistrement de Pene Pati se présente comme une savante combinaison d’airs connus – «&#160;Nessun dorma&#160;», «&#160;Ah&#160;! Fuyez douce image&#160;», «&#160;Pourquoi me réveiller&#160;», «&#160;Che gelida manina&#160;», etc. – pimenté par quelques raretés, dont l’allegro de Faust, « C&#8217;est l&#8217;enfer qui t&#8217;envoie », initialement &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-pene-pati-ou-le-soleil-du-pacifique/">un premier album</a> en mars 2022 salué par la critique, le prochain enregistrement de <strong>Pene Pati</strong> se présente comme une savante combinaison d’airs connus – «&nbsp;Nessun dorma&nbsp;», «&nbsp;Ah&nbsp;! Fuyez douce image&nbsp;», «&nbsp;Pourquoi me réveiller&nbsp;», «&nbsp;Che gelida manina&nbsp;», etc. – pimenté par quelques raretés, dont l’allegro de Faust, « C&rsquo;est l&rsquo;enfer qui t&rsquo;envoie », initialement prévu après «&nbsp;Salut demeure chaste et pure&nbsp;», au 3<sup>e</sup> acte de l’opéra de Gounod. L’air, coupé par le compositeur lors des répétitions, n’avait jamais été enregistré.</p>
<p>Mais le plus original réside dans l’intervention de l’épouse du ténor, <strong>Amina Edris</strong>, et de son frère <strong>Amitai Pati</strong>, également ténor. Avec la première, Pene Pati chante le duo des cerises de <em>L’Amico Fritz</em>, ainsi qu’un duo de <em>Frédégonde</em> d’Ernest Guiraud. Le second prend part à «&nbsp;Non sai tu che non avrai piu del ciel&nbsp;» extrait d’<em>Il bravo </em>de Mercadante. Les trois chanteurs se rejoignent en fin d’album dans le trio de <em>La Juive</em>, «&nbsp;Tu possèdes, dit-on&nbsp;». Comme pour le premier album, <strong>Emmanuel Villaume</strong> dirige l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine</p>
<p>A signaler pour les amateurs de sensations fortes un <em>diminuendo</em> à tomber de sa chaise sur le contre-ut de la cavatine de Faust.</p>
<p>Sortie annoncée le 20 septembre.</p>
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		<title>BELLINI, Beatrice di Tenda – Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-beatrice-di-tenda-paris-opera-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Feb 2024 07:34:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’entrée de l’avant-dernier ouvrage de Bellini au répertoire de l’Opéra de Paris constitue un événement qu’il convient de saluer. Créé à La Fenice en 1833, deux ans après Norma et juste un an avant Les Puritains, Beatrice de Tenda&#160;n’a pas eu la carrière que le compositeur espérait. Est-ce à cause du livret, trop décousu, dont &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’entrée de l’avant-dernier ouvrage de Bellini au répertoire de l’Opéra de Paris constitue un événement qu’il convient de saluer. Créé à La Fenice en 1833, deux ans après <em>Norma</em> et juste un an avant <em>Les Puritains</em>, <em>Beatrice de Tenda</em>&nbsp;n’a pas eu la carrière que le compositeur espérait. Est-ce à cause du livret, trop décousu, dont l’intrigue est calquée sur celle d’<em>Anna Bolena</em>, créée deux ans plus tôt ? Ou à cause de la partition, qui comporte, certes, nombre de pages d’une haute inspiration mais qui aurait nécessité peut-être davantage de concision pour mieux tenir en haleine l’auditeur ? Mal reçu par le public et la critique, l’ouvrage est rapidement retiré de l’affiche et tombe dans l’oubli jusqu’au milieu du vingtième siècle où la Scala le monte en 1961 avec Joan Sutherland, qui enregistre plus tard la première intégrale en studio aux côtés du jeune Pavarotti. Par la suite, d’autres sopranos ont mis à leur tour cet opéra à leur répertoire ; citons Leyla Gencer, Marianna Nicolesco, June Anderson, Edita Gruberova et Mariella Devia entre autres. Le livret où se mêlent complots, jalousie, trahison et conflits politiques, s’inspire de la vie de Beatrice Lascaris comtesse de Tende qui avait épousé en secondes Noces Filippo, duc de Milan. Convaincu de l’infidélité de son épouse, celui-ci l’envoie en prison avec Orombello qu’il avait surpris à ses genoux. Les deux prétendus amants seront torturés et bien que contrairement à Orombello, Béatrice clame son innocence jusqu’au bout, ils seront exécutés. Pour défendre cet ouvrage, il est nécessaire de réunir des interprètes rompus au style belcantiste au sein d’une production qui, par son efficacité, serait à même de palier les insuffisances du livret. Force est de reconnaître qu’avec l’équipe convoquée par l’OnP le compte n’y est pas toujours en dépit du triomphe réservé à l’ensemble de la distribution au rideau final. Tout d’abord parce que <strong>Peter Sellars</strong>, absent lors des saluts pour raisons familiales, signe ici l’une de ses mises en scène les moins abouties, et c’est un euphémisme. Les décors de <strong>George Tsypin</strong>, quelques arcades apparemment en plexiglas, et de fausses haies d’un vert criard qui occupent tout le plateau laissant peu de place aux mouvements d’acteurs, sont particulièrement inesthétiques. Les protagonistes se retrouvent la plupart du temps les bras ballants sur le devant de la scène. Quant aux costumes, on a déjà vu des dizaines de fois ces tenues en cuir noir qu’arborent les choristes pour figurer l’oppression ou le totalitarisme, sans parler de la garde rapprochée de Filippo, kalash au poing comme il se doit. Et que dire de la robe plissée verdâtre que porte Béatrice durant le premier acte, d’une laideur absolue&nbsp;? On ne peut pas dire que les débuts à l’OnP de la costumière <strong>Camille Assaf</strong> soient une franche réussite. Au cours de la représentation, on n&rsquo;échappe pas au téléphone portable que Béatrice consulte, assise sur les troènes. D&rsquo;autre part, à quoi riment ces jardiniers qui taillent les haies et ces laveurs de carreaux qui nettoient les parois ? Du remplissage superflu. Au dernier acte, afin de dénoncer l’horreur de la torture, les deux héros apparaîtrons affreusement défigurés, les yeux crevés, couverts de sang.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="594" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Beatrice-di-Tenda-23-24-©-Franck-Ferville-OnP-6-1.jpg" alt="" class="wp-image-156171"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Beatrice di Tenda 23-24 © Franck Ferville-OnP</sup> </figcaption></figure>


<p>Quant à la distribution, en dépit des qualités des chanteurs, elle n’aura pas manqué de laisser quelque peu les amateurs de bel canto sur leur faim. <strong>Taesung Lee</strong> et <strong>Amitai Pati</strong> sont impeccables dans leurs interventions, notamment le second qui fait preuve d’un style adéquat et parvient à se faire entendre en dépit d’un volume modeste.<strong> Theresa&nbsp;Kronthaler</strong>, dotée d’une voix homogène et d’un timbre trop suave pour faire croire à la noirceur de son personnage, se montre particulièrement émouvante dans la scène finale lorsqu’elle supplie Béatrice de lui accorder son pardon. <strong>Pene Pati</strong> est un Orombello pleinement convaincant. Rompu comme son frère au style belcantiste, il déploie une ligne de chant élégante et rend justice à ce personnage timoré d’amoureux transi, dépassé par les événements auxquels il doit faire face. <strong>Quinn Kelsey</strong>, estimable baryton Verdien, peine à trouver ses marques dans ce répertoire. Le timbre est flatteur, la voix puissante est capable de nuances bienvenues et le personnage est incarné avec une grande conviction mais le chanteur cherche à respecter une esthétique qui lui échappe par moment comme en témoigne son dernier air « Il decreto fatal si segni alfine » plus vériste que belcantiste. <strong>Tamara Wilson</strong> admirable <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-paris-bastille/"><strong>Turandot</strong></a> sur cette même scène à l’automne dernier, aborde crânement un rôle dont les exigences sont à l’opposé de celles de la princesse frigide de Puccini et parvient a forcer le respect tant son interprétation sonne juste. La cantatrice américaine qui possède de grands moyens, est capable d’alléger et même de nuancer sa ligne de chant, de vocaliser avec vélocité et d’ornementer la reprise de sa cabalette au premier acte. Cependant force est de reconnaître que ses vocalises manquent parfois de netteté et que les suraigus, certes non écrits, sont aux abonnés absents. Saluons enfin l’excellente prestation des chœurs, protagonistes à part entière dans cet ouvrage, remarquablement préparés par <strong>Ching-Lien Wu.</strong></p>
<p>Comme l’indique le programme de salle c’est une nouvelle édition critique de l’œuvre qui nous est proposée, qui rétablit de nombreux détails dans l’instrumentation et restitue des parties habituellement coupées ainsi que le final originel de la partition. <strong>Mark Wigglesworth</strong> propose une direction précise et scrupuleuse mais ses tempi trop lents finissent par rendre certaines scènes languissantes comme le dénouement qui semble s’étirer interminablement.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-beatrice-di-tenda-paris-opera-bastille/">BELLINI, Beatrice di Tenda – Paris (Bastille)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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