<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Adam PLACHETKA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/plachetka-adam/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/plachetka-adam/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 25 Feb 2024 22:50:49 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Adam PLACHETKA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/plachetka-adam/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>MOZART, Requiem &#8211; Mariss Jansons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-requiem-mariss-jansons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=156876</guid>

					<description><![CDATA[<p>Capté en mai 2017 à Munich, ce Requiem de Mozart est probablement l&#8217;ultime témoignage enregistré par Mariss Jansons en matière de musique sacrée. Le chef letton nous quittait en novembre 2019, laissant dans le cœur des mélomanes et de tous ceux qui l&#8217;ont approché un vide immense. Jansons pressentait-il sa fin ? Avait-il conscience de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-requiem-mariss-jansons/"> <span class="screen-reader-text">MOZART, Requiem &#8211; Mariss Jansons</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-requiem-mariss-jansons/">MOZART, Requiem &#8211; Mariss Jansons</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Capté en mai 2017 à Munich, ce Requiem de Mozart est probablement l&rsquo;ultime témoignage enregistré par <strong>Mariss Jansons</strong> en matière de musique sacrée. Le chef letton nous quittait en novembre 2019, laissant dans le cœur des mélomanes et de tous ceux qui l&rsquo;ont approché un vide immense. Jansons pressentait-il sa fin ? Avait-il conscience de laisser ici ses derniers mots en matière de spiritualité ? Nul ne le saura sans doute jamais. Ce qui est certain, par contre, c&rsquo;est que le disque gravé ici prend la tête de la discographie du <em>Requiem</em> de Mozart, qui n&rsquo;est pas précisément pauvre, et que sa parution <em>post mortem</em> est un événement.</p>
<p>Nous pourrions commencer notre critique par la méthode classique, en énumérant les qualités qui ont emporté notre suffrage : l&rsquo;orchestre en lévitation dès les premières mesures, à la fois murmurées et terriblement présentes, le son des cors de basset rendu avec une carnation inouïe, la pulsation cursive de Jansons, qui congédie tout pathos au profit d&rsquo;une lumière rassérénante, les mille nuances d&rsquo;un <strong>C</strong><b>hœur de la radio bavaroise</b> à son plus absolu sommet, la cohésion exemplaire de tous les pupitres. Nous enchaînerions sur les mérites respectifs des solistes : la tendresse déversée à longs flots par <strong>Genia Kühmeier</strong>, le refus de la mort qui se cache dans le chant entêté de volupté d&rsquo;<strong>Elisabeth Kulman</strong>, le dramatisme obtenu par des moyens très simples chez<strong> Mark Padmore</strong>, l&rsquo;intensité que met <strong>Adam Plachetka</strong> dans chacune de ses interventions (le «Tuba mirum» !), et soulignerions la cohésion que ce quatuor parviendrait à garder malgré ses fortes individualités. On louerait la prise de son, aérée et réaliste. Tout cela serait bel et bon, en plus d&rsquo;être terriblement juste.</p>
<p>Et pourtant, ces commentaires manqueraient leur but. Comme le bavardage d&rsquo;un guide de musée face à une toile de Monet, ceci serait une barrière dressée entre l&rsquo;auditeur et l&rsquo;évidence. L&rsquo;évidence d&rsquo;une interprétation qui parvient à un naturel si absolu qu&rsquo;on en oublie tout le reste (y compris les cent et quelques autres versions dudit <em>Requiem</em> entendues au disque), et que la seule pensée cohérente qu&rsquo;on parvienne à articuler au milieu de l&rsquo;émotion qui nous submerge est la suivante : « c&rsquo;est exactement comme cela que l&rsquo;œuvre doit sonner ». Merci Maestro, et bonne route ! Si le ciel existe, ses portes vous furent largement ouvertes dès les dernières mesures de ce concert.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mozart-requiem-mariss-jansons/">MOZART, Requiem &#8211; Mariss Jansons</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MOZART, Don Giovanni – New York (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-new-york/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 May 2023 06:48:01 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=132038</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Don Giovanni signée Ivo van Hove a vu le jour sur la scène de l’Opéra Garnier en juin 2019. Coproduit par le Met, ce spectacle aurait dû être créé sur la scène new-yorkaise au cours de la saison suivante mais, covid oblige, la première a été reportée au 5 mai 2023. C&#8217;est la représentation &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-new-york/"> <span class="screen-reader-text">MOZART, Don Giovanni – New York (streaming)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-new-york/">MOZART, Don Giovanni – New York (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>Don Giovanni </em>signée <strong>Ivo van Hove</strong> a vu le jour sur la scène de l’Opéra Garnier en<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-paris-garnier-le-convive-de-beton/"> juin 2019</a>. Coproduit par le Met, ce spectacle aurait dû être créé sur la scène new-yorkaise au cours de la saison suivante mais, covid oblige, la première a été reportée au 5 mai 2023. C&rsquo;est la représentation du 20 mai qui a été diffusée dans les cinémas.</p>
<p>Le metteur en scène belge situe l’action à la fin du vingtième siècle dans des décors monumentaux représentant plusieurs bâtiments en béton dont l’architecture évoque les toiles de Chirico. Ces édifices sombres et déserts, avec leurs escaliers qui semblent ne mener nulle part, créent un climat angoissant renforcé par les fumées qui émanent du sol. Trois d’entre eux se déplacent afin de modifier l’espace au fil des tableaux. Ainsi l’aspect «&nbsp;dramma&nbsp;» de l’ouvrage prédomine au détriment de son caractère «&nbsp;giocoso&nbsp;». &nbsp;C’est à peine si le public rit pendant l’air du catalogue ou lors de l’échange de vêtements entre le maître et le valet qui se limite à l’imperméable et à la cravate de Don Giovanni. La couleur fait cependant son apparition lors du final du premier acte où les femmes arborent des costumes dix-huitième aux teintes vives que portent aussi des mannequins apparaissant aux fenêtres des immeubles. Grâce aux vidéos de <strong>Christopher Ash</strong>, la scène du châtiment de Don Giovanni est particulièrement spectaculaire. Durant le sextuor final, les bâtiments reprennent leur place initiale, baignés par une lumière dorée, des fleurs apparaissent aux balcons, signes de la sérénité retrouvée.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Giovanni.-Karen-Almond.-Met-3-1280x600.jpg"></p>
<p>La distribution est dominée par l’exceptionnel Don Giovanni de <strong>Peter Mattei</strong> dont le matériau vocal demeure intact en dépit du passage des ans. Le baryton suédois se coule naturellement dans la conception du personnage voulue par le metteur en scène qui en fait non pas un séducteur incorrigible mais un prédateur sexuel doublé d’un assassin. En effet ce n’est pas au cours d’un duel que meurt le commandeur, Don Giovanni l’abat froidement d&rsquo;un coup de révolver. #Me Too étant passé par là, ce personnage n’inspire aucune sympathie ni même aucune pitié. Mattei l’incarne avec une voix solide qui se fait suave dans le duo avec Zerline et veloutée dans la sérénade, magnifiquement nuancée. L’air du champagne est plus agressif que jubilatoire et face au commandeur le timbre se pare de sonorités rauques tout à fait en situation. Auparavant nous aurons vu le personnage sombrant dans la déchéance, saisir la nourriture à pleines mains, jeter le pain à terre avant d’ouvrir sa braguette devant Elvire suppliante. Une incarnation majeure qui permet à Peter Mattei, vingt ans après ses débuts <em>in</em> <em>loco</em> dans le rôle, de demeurer l’un des plus grands Don Giovanni du moment.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Giovanni.-Karen-Almond.-Met-Opera-2-1280x600.jpg"></p>
<p>A ses côtés, <strong>Federica Lombardi</strong> campe une Anna de premier ordre dont la séduction vocale se double d’un physique avantageux. Le timbre capte d’emblée l’attention et le personnage émeut dès sa première apparition. «&nbsp;Or sai chi l’onore&nbsp;» est chanté avec une voix sonore et des aigus percutants, «&nbsp;Non mi dir&nbsp;» lui permet de faire valoir un beau legato, une technique aguerrie lors de la reprise <em>piano</em>, ainsi que des vocalises précises dans la seconde partie de l’air. La soprano italienne a, n’en doutons pas, un bel avenir devant elle. <strong>Ben Bliss</strong> possède une voix claire et bien projetée de ténor lyrique, un souffle inépuisable comme en témoigne la longue vocalise centrale de « Il mio tesoro » et une ligne de chant élégamment nuancée. Les reprises de ses airs sont ornementées avec goût.&nbsp; Familier du rôle de Leporello, <strong>Adam Platchetka</strong> l’incarne avec une bonhommie résignée. Doté de moyens vocaux solides il parvient à imposer son personnage bourru face au Don Giovanni grandiose de Mattei. L’Elvire d’<strong>Anna María Martínez </strong>n’est ni hystérique, ni ridicule, c’est une femme abandonnée dont la souffrance émeut d’autant plus qu’elle n’est plus toute jeune. Cependant l’usure du timbre est perceptible notamment à partir du haut medium. La cantatrice parvient malgré tout à offrir un «&nbsp;Mi tradì&nbsp;» de belle facture. Zerlina est ici confiée à une soprano lyrique, <strong>Ying Fang</strong>, dont le timbre pur et limpide n’est pas dépourvu de sensualité dans l’air «&nbsp;Vedrai carino&nbsp;». Force est de reconnaître que son couple avec <strong>Alfred Walker</strong> n’est pas très bien assorti tant scéniquement que vocalement, le baryton possédant une voix puissante dépourvue de nuance et de charme. Enfin <strong>Alexander</strong> <strong>Tsymbalyuk</strong> est un commandeur de luxe, la voix est large, les graves abyssaux et l’incarnation impressionnante.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Giovanni.-Karen-Almond.-Met-Opera-17-1280x600.jpg"></p>
<p>La grande triomphatrice de la soirée est sans conteste <strong>Nathalie Stutzmann</strong>. Acclamée avec enthousiasme par le public, la cheffe française effectue des débuts flamboyants au Met. Dès les premiers accords en ré mineur de l’ouverture, autoritaires et inquiétants, elle plonge l’auditoire dans le drame. Elle négocie ensuite avec subtilité le passage à l’allegro en ré majeur avant de dérouler sous les voix des chanteurs qu’elle s’emploie à ne jamais couvrir, un tissu orchestral somptueux qui met en valeur avec une précision de chaque instant, la richesse de la partition. Les tempos adoptés généralement vifs, ménagent quelques moments de suspension envoûtants comme par exemple le duo&nbsp; « La ci darem la mano » tandis que l’affrontement final entre le commandeur et Don Giovanni est conduit de manière spectaculaire.</p>
<p>Le samedi 3 juin, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live, <em>La Flûte enchantée</em> avec à nouveau Nathalie Stutzmann à la direction.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-new-york/">MOZART, Don Giovanni – New York (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Adam Plachetka, Molieri</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/adam-plachetka-molieri-un-joli-ping-pong-mozart-salieri/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/adam-plachetka-molieri-un-joli-ping-pong-mozart-salieri/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Molieri » : un hommage opératique à Jean-Pastiste Poquelin, génie que le monde envie à la France ? Rien de cela, il s’agit tout simplement de la contraction des noms de Mozart et de Salieri, les deux compositeurs auxquels Adam Plachetka a choisi de rendre hommage pour son premier récital chez Pentatone. Né à Prague, le &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/adam-plachetka-molieri-un-joli-ping-pong-mozart-salieri/"> <span class="screen-reader-text">Adam Plachetka, Molieri</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/adam-plachetka-molieri-un-joli-ping-pong-mozart-salieri/">Adam Plachetka, Molieri</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Molieri » : un hommage opératique à Jean-Pastiste Poquelin, génie que le monde envie à la France ? Rien de cela, il s’agit tout simplement de la contraction des noms de Mozart et de Salieri, les deux compositeurs auxquels <strong>Adam Plachetka</strong> a choisi de rendre hommage pour son premier récital chez Pentatone.</p>
<p>Né à Prague, le baryton-basse y a débuté sa carrière il y a plus d’une quinzaine d’années, avant de rejoindre la troupe de l’Opéra de Vienne. Désormais régulièrement invité sur les plus prestigieuses scènes internationales, il a fait ses débuts à l’Opéra de Paris en 2018 dans <em>La</em> <a href="https://www.forumopera.com/la-cenerentola-paris-garnier-marianne-crebassa-merveilleuse-angelina" target="_blank" rel="noopener"><em>Cenerentola</em></a>.</p>
<p>Au cours de ses années pragoises, Plachetka a pu approfondir sur scène les principaux rôles du répertoire mozartien, en particulier ceux de la trilogie da Ponte. Côté Mozart, c’est exclusivement à ces derniers – si l’on exclut une aria de <em>La Finta Giardiniera</em> – qu’est consacré l’album « Molieri ». Côté Salieri, les arias présentées sont moins connues, sans qu’aucune ne soit inédite au disque pour autant. N’eut-il pas été plus intéressant d’inclure quelques œuvres moins familières de Mozart (comme la <em>Finta Semplice </em>ou des airs de concert), et de puiser plus profondément dans le répertoire lyrique encore largement inexploré de Salieri ? En ce sens, l’album <a href="https://www.forumopera.com/cd/konstantin-krimmel-zauberoper-et-saga-un-jeune-homme-a-suivre" target="_blank" rel="noopener">« Zauberoper »</a> qu’a consacré tout récemment le baryton Konstantin Krimmel au Theater auf der Wieden était autrement exaltant.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/adam_plachetka_2.jpg?itok=e7bZSFV6" style="width: 468px; height: 350px;" /><br />
	© Ilona Sochorová</p>
<p><strong>Don Giovanni, Falstaff et Axur en majesté</strong></p>
<p>Mais ne boudons pas pour autant notre plaisir. La voix ample, souple et profonde d’Adam Plachetka fait forte impression tout au long du disque. Très à l’aise dans l’aigu, comme en témoigne la fin joliment ornementée de l’aria du Comte dans les <em>Noces de Figaro</em>, le baryton-basse porte une attention toute particulière à la caractérisation des personnages, évitant tout sentiment d’ennui. Il n’y a qu’à écouter pour s’en convaincre son Falstaff, dont la fin de l’aria « Nell’impero di Cupido », entre <em>falsetto</em> et éclats de rire, est irrésistible.</p>
<p>Tout au long du programme, on trouve le chanteur plus à son avantage dans les rôles  autoritaires que dans le répertoire <em>buffo. </em>Son Don Giovanni a fière allure et les deux arias de fureur extraites de l’<em>Axur</em> de Salieri, points culminants du disque, le montrent au sommet de ses capacités, investi sans noyer l’émission ni la prononciation dans la précipitation.</p>
<p>L’accompagnement sur instruments d’époque du Czech Ensemble Baroque est impeccable. Précision, lisibilité et couleurs sont au rendez-vous, tandis que dans les récitatifs accompagnés, le chef <strong>Roman Válek</strong> insuffle une belle tension. Peut-être manque-t-il toutefois un brin de folie, notamment dans l’ouverture des <em>Nozze di Figaro,</em> dont on a déjà entendu des versions plus trépidantes. Par ailleurs, le fait d’assurer le <em>continuo</em> au clavecin, qui nous paraît enregistré de très loin, étonne un peu pour des œuvres datant majoritairement de la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle. En dépit de l’excellence de l’exécution, on ne peut s’empêcher de penser qu’un pianoforte se serait avéré plus approprié.</p>
<p>Au final, ce « Molieri » constitue une belle carte de visite pour un chanteur dont la carrière semble prendre son envol. Pour éprouver le grand frisson, un peu plus de folie et de piquant aurait toutefois été nécessaire, que ce soit dans le programme ou dans l’interprétation.</p>
<p> </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="270" src="https://www.youtube.com/embed/S5Qtsk8gE4w" title="YouTube video player" width="480"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/adam-plachetka-molieri-un-joli-ping-pong-mozart-salieri/">Adam Plachetka, Molieri</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>SZYMANOWSKI, Stabat Mater — Paris (Radio France)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/karol-szymanowski-stabat-mater-radio-france-paris-radio-france-automne-a-varsovie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Oct 2021 04:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/automne-varsovie/</guid>

					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est avec un fort beau programme que Krzysztof Urbański faisait son retour à la Maison de la Radio. Le chef polonais dirigeait vendredi soir un panorama de la musique polonaise du XXème siècle. Placé en ouverture du concert, le Thrène à la mémoire des victimes d&#8217;Hiroshima enfonçait la porte de la modernité. Ce tube de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/karol-szymanowski-stabat-mater-radio-france-paris-radio-france-automne-a-varsovie/"> <span class="screen-reader-text">SZYMANOWSKI, Stabat Mater — Paris (Radio France)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/karol-szymanowski-stabat-mater-radio-france-paris-radio-france-automne-a-varsovie/">SZYMANOWSKI, Stabat Mater — Paris (Radio France)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est avec un fort beau programme que Krzysztof Urbański faisait son retour à la Maison de la Radio. Le chef polonais dirigeait vendredi soir un panorama de la musique polonaise du XXème siècle.</p>
<p>Placé en ouverture du concert, le <em>Thrène à la mémoire des victimes d&rsquo;Hiroshima</em> enfonçait la porte de la modernité. Ce tube de la musique contemporaine repris de nombreuses fois au cinéma a valu à son compositeur Krzystof Penderecki une renommée internationale. Est-ce l&rsquo;habitude de l&rsquo;enregistrement qui nous surprend à l&rsquo;écoute en live de cette pièce ? Les 52 cordes de l&rsquo;Orchestre Philharmonique de Radio France sonnent un peu ternes. Il faut dire qu&rsquo;en optant pour une écriture très divisée, le compositeur se refuse tout effet orchestral.</p>
<p>Le contraste avec le magistral <em>Concerto pour orchestre</em> de Witold Lutosławski n&rsquo;en est que plus saisissant. Partition peu jouée, elle mérite pourtant une meilleure place dans les programmes symphoniques, tant elle met en valeur l&rsquo;orchestre qui la sert. On y retrouve un Philhar&rsquo; en grande forme, tant chez les solistes de la petite harmonie que dans les pupitres de cordes. La battue originale mais toujours précise et musicale de <strong>Krzysztof Urbański</strong> fait des merveilles dans le virtuosissime deuxième mouvement, si difficile de mise en place.</p>
<p>La transition avec le <em>Stabat Mater</em> de Szymanowski est encore un contraste, de nature différente. Les deux partitions ont bien des choses en commun (facture orchestrale exceptionnelle, souvenirs de mélodies populaires polonaises), mais Szymanowski choisit un moyen d&rsquo;expression diamétralement opposé. Ce Stabat polonais est une œuvre toute en retenue, un Requiem confidentiel duquel émane une lumière douce et réconfortante.</p>
<p><strong>Simona Šaturová</strong> <a href="https://www.forumopera.com/janacek-messe-glagolitique-radio-france-paris-messe-megalithique">nous avait déjà parue bien discrète dans une Messe glagolitique il y a deux ans.</a> Sa prestation dans Szymanowski peine à convaincre davantage : le calme et la retenue de la pièce font place à la minauderie, comme s&rsquo;il fallait s&rsquo;excuser de chanter cette musique. La présence noble et directe de <strong>Katharina Magiera</strong> est bien plus juste dans ses intentions, et sa voix d&rsquo;alto au timbre riche et profond convient parfaitement à l&rsquo;œuvre. La partie de baryton qui revient à <strong>Adam Plachetka</strong> contraste par ses accents dramatiques. Parfois couvert par une grande masse orchestrale, le baryton tchèque sait pourtant se faire entendre grâce à placement impeccable et une grande richesse en harmoniques aigües.</p>
<p>Préparé par <strong>Edward Caswell</strong>, le Chœur de Radio France se fond admirablement dans la toile orchestrale délicatement tissée par Krzysztof Urbański. On savoure la clarté de la diction polonaise, et le son pur et transparent choisi pour donner à une musique désincarnée juste ce qu&rsquo;il faut de corps et de vie.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/karol-szymanowski-stabat-mater-radio-france-paris-radio-france-automne-a-varsovie/">SZYMANOWSKI, Stabat Mater — Paris (Radio France)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Prague pense Printemps</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/prague-pense-printemps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Derny]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2020 09:30:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/prague-pense-printemps/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Festival du Printemps de Prague se replie mais n’abdique pas face au Covid-19. Impossible d’ouvrir les portes au public ? Qu’à cela ne tienne : tout se fera (gratuitement) en ligne. Pour ce qui est des concerts en direct, les amateurs de voix noteront que Bernarda Fink et Dagmar Pecková souffleront les soixante-quinze bougies de la manifestation ce &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/prague-pense-printemps/"> <span class="screen-reader-text">Prague pense Printemps</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/prague-pense-printemps/">Prague pense Printemps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival du Printemps de Prague se replie mais n’abdique pas face au Covid-19. Impossible d’ouvrir les portes au public ? Qu’à cela ne tienne : <a href="https://festival.cz/">tout se fera (gratuitement) en ligne</a>. Pour ce qui est des concerts en direct, les amateurs de voix noteront que<strong> Bernarda Fink</strong> et <strong>Dagmar Pecková</strong> souffleront les soixante-quinze bougies de la manifestation ce mardi 12 mai. <strong>Hana Blažiková</strong> et le Collegium 1704 de <strong>Václav Luks</strong> ont sinon rendez-vous avec Bach, Zelenka et Haendel le 18, tandis qu’<strong>Adam Plachetka</strong> se lancera dans un <em>Voyage d’hiver </em>au départ du Rudolfinum le 25. Côté rediffusions, retour trente ans en arrière pour une <em>Neuvième </em>de Beethoven dirigée par <strong>Leonard Bernstein</strong>, avec <strong>Lucia Popp</strong>, <strong>Ute Trekel-Burckhardt</strong>, <strong>Wiesław Ochman</strong>, <strong>Sergej Kopčák</strong>, le Chœur Philharmonique de Prague et l’Orchestre Philharmonique Tchèque (le 3 juin). Ô joie! </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/prague-pense-printemps/">Prague pense Printemps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Die Zauberflöte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-zauberflote-la-clownesse-et-le-soldat-de-plomb/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jul 2019 17:53:32 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-zauberflote-la-clownesse-et-le-soldat-de-plomb/</guid>

					<description><![CDATA[<p>A l’été 2018, la nouvelle production de Die Zauberflöte présentée à Salzbourg fit surtout parler d&#8217;elle lorsqu’une jeune chanteuse dut interpréter au pied levé le rôle de la Reine de la nuit le soir de la diffusion en direct sur Arte. Si les avis furent partagés quant à la prestation de ladite soprano belge, ils &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-zauberflote-la-clownesse-et-le-soldat-de-plomb/"> <span class="screen-reader-text">Die Zauberflöte</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-zauberflote-la-clownesse-et-le-soldat-de-plomb/">Die Zauberflöte</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’été 2018, la nouvelle production de <em>Die Zauberflöte</em> présentée à Salzbourg fit surtout parler d&rsquo;elle lorsqu’une jeune chanteuse dut interpréter au pied levé le rôle de la Reine de la nuit <a href="https://www.forumopera.com/breve/emma-posman-a-la-rescousse-de-la-flute-enchantee-a-salzbourg">le soir de la diffusion en direct sur Arte</a>. Si les avis furent partagés quant à la prestation de ladite soprano belge, ils furent en revanche à peu près unanimes pour condamner la mise en scène signée <strong>Lydia Steier</strong>. Cependant, et malgré un engorgement du marché à peu près incontestable, le label C Major a cru bon d’offrir à ce spectacle les honneurs du DVD, sans doute certain de pouvoir écouler un certain nombre d’exemplaires de ce titre populaire entre tous. Une fois retombée l’agitation liée au remplacement in extremis d’un des rôles principaux, l’occasion nous est donnée de juger peut-être plus sereinement cette production.</p>
<p>Première surprise : Lydia Steier a préféré la narration à l’action, et a remplacé la quasi-totalité des dialogues parlés par un récit lu par un grand-père à ses trois petits-enfants, le tout se déroulant vers 1900. Pourquoi pas, mais cela a l’inconvénient de priver les personnages de leur autonomie et du peu de « personnalité » que Schikaneder leur avait conféré. Les protagonistes de l’histoire prennent l’aspect des figures qui peuplent l’univers quotidien des petits garçons qui écoutent ce conte. La Reine de la nuit ressemble étrangement à leur mère, les trois Dames sont les trois bonnes de la maison, Papageno se confond avec le garçon-boucher qui livre des volailles en cuisine (lointain souvenir de son métier d’oiseleur), et Tamino, prince déjà fort stéréotypé, n’est plus qu’un de leurs soldats de plomb. Jusque-là, on suit. Les choses se gâtent hélas lorsque l’on arrive chez Sarastro. De mage, celui-ci devient magicien, plutôt illusionniste ou prestidigitateur, et son entourage se compose désormais de… clowns, Pamina elle-même ayant tout l’air d’une clownesse. C’est assez aberrant mais cela sert de prétexte à de jolies scènes d’ensemble, avec funambules et acrobates, mais comme apparemment cela ne suffit pas encore, voilà qu’Osiris et Iris se métamorphosent en ouvrier et en kolkhozienne sur de grandes banderoles déroulées lorsqu’on chante leur hymne, tandis que les épreuves de l’eau et du feu se font confrontation avec la barbarie des guerres mondiales.  Sauf que Sarastro se montre barbare lui aussi, en faisant finalement fusiller les trois Dames, et abattre à bout portant Monostatos et la Reine de la nuit. On comprend que, l’histoire se terminant ainsi, l’un des trois enfants en fasse des cauchemars, ultime image du spectacle.</p>
<p>De la direction de <strong>Constantinos Caridis</strong>, on retient d’abord quelques choix de tempos inhabituels, exceptionnellement étirés là où on a coutume de les entendre plus allants, ou au contraire vifs là où on les attendrait plus lents. Surtout, on est séduit par les sonorités enchanteresses des Wiener Philharmoniker, par la volubilité du clavecin, ou par la précision ciselée des interventions du Chœur e l’Opéra de Vienne.</p>
<p>Car les solistes distillent eux, le meilleur et le moins enthousiasmant, en partie à cause de la mise en scène qui ne les aide guère à s’épanouir sur le plateau. <strong>Adam Plachetka</strong>, par exemple, serait un Papageno fort correct, si Lydia Steier n’avait accompli la prouesse de priver le personnage de ses aspects comiques autant que de son versant pathétique. <strong>Christiane Karg </strong>possède tous les atouts pour être une radieuse Pamina, à condition de ne pas être réduite au ridicule par les costumes ou par certains gestes qui lui sont ici imposés. <strong>Albina Shagimuratova</strong> a déjà beaucoup promené sa Reine de la nuit, notamment à l’Opéra Bastille, et l’on apprécie d’entendre le rôle confié à une voix plus corsée que certaines sopranos coloratures par trop juvéniles ; hélas, cette plus grande densité du timbre se paye désormais par un savonnage d’une partie des vocalises, ce qui est on ne peut plus regrettable pour un personnage qui ne compte que deux airs, et fondés sur la virtuosité. <strong>Mauro Peter</strong> commence par décevoir en Tamino, apparemment obligé de se réfugier dans le falsetto dès que la partition s’élève un peu dans « Dies Bildnis is bezaubernd schön » ; les choses s’arragent ensuite, mais il n’a plus d’air en solo. Quant à <strong>Matthias Goerne</strong>, s’il peut offrir à Sarastro une certaine aisance dans le grave, voire l’extrême grave, la défroque du magicien ne lui permet pas de conférer au personnage la prestance qui devrait être la sienne, malheureusement. Parmi les rôles secondaires, on remarque d’abord le Sprecher de <strong>Tareq Nazmi</strong>, clown inquiétant, et l’on saluera la prestation des trois enfants des Wiener Sängerknaben, auxquels cette production offre une participation à l’action bien plus développée que d’ordinaire. En simple lecteur du conte, <strong>Klaus Maria Brandauer</strong> reste un peu sous-employé.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/die-zauberflote-la-clownesse-et-le-soldat-de-plomb/">Die Zauberflöte</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ROSSINI, La Cenerentola — Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-cenerentola-paris-garnier-marianne-crebassa-merveilleuse-angelina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Nov 2018 05:50:09 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/marianne-crebassa-merveilleuse-angelina/</guid>

					<description><![CDATA[<p>A l’Opéra de Paris, l’année s’achève avec deux reprises autour du célèbre conte de Perrault Cendrillon, le ballet éponyme de Prokofiev à Bastille et La Cenerentola de Rossini à Garnier dans la production de Guillaume Gallienne, créée en juin 2017, que Christophe Rizoud dans son compte-rendu n’avait pas considérée comme une réussite, tant s’en faut. &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-cenerentola-paris-garnier-marianne-crebassa-merveilleuse-angelina/"> <span class="screen-reader-text">ROSSINI, La Cenerentola — Paris (Garnier)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-cenerentola-paris-garnier-marianne-crebassa-merveilleuse-angelina/">ROSSINI, La Cenerentola — Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’Opéra de Paris, l’année s’achève avec deux reprises autour du célèbre conte de Perrault <em>Cendrillon</em>, le ballet éponyme de Prokofiev à Bastille et <em>La Cenerentola</em> de Rossini à Garnier dans la production de Guillaume Gallienne, créée en juin 2017, que Christophe Rizoud dans <a href="https://www.forumopera.com/la-cenerentola-paris-garnier-erreur-de-casting">son compte-rendu</a> n’avait pas considérée comme une réussite, tant s’en faut. Au lever du rideau, si la façade délabrée de la demeure de Don Magnifico reflète bien la situation financière désastreuse du personnage, on ne comprend pas bien en revanche, pourquoi le palais de Don Ramiro se trouve dans le même état, des murs en ruines, un mobilier inexistant, le sol recouvert de cendres. On ne comprend pas non plus pourquoi le prince porte une attelle fixée à sa jambe droite qui l’oblige à claudiquer lorsqu’il se déplace, ce qui compromet sérieusement son pouvoir de séduction. A l’entracte plusieurs spectateurs, croyant que le ténor avait eu un accident, se sont émus de le voir chanter malgré son handicap. Cette vision misérabiliste de l’ouvrage, dépourvue de merveilleux et pauvre en effets comiques, sombrerait vite dans l’ennui si les interprètes réunis pour l’occasion ne captaient pas durablement l’attention du public.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/emilie_brouchon._opera_national_de_paris_5.jpg?itok=V_o9Tgy5" title="© Emilie Brouchon / Opéra National de Paris" width="468" /><br />
	© Emilie Brouchon / Opéra National de Paris</p>
<p>Rescapées de la distribution d’origine, <strong>Chiara Skerath</strong> et <strong>Isabelle Druet</strong> sont épatantes en sœurs méchantes qu’elles incarnent avec des voix solides et un jeu qui, certes, évite la caricature, mais paraît un peu trop sage. <strong>Adam Plachetka</strong> dont ce sont les débuts à l’Opéra de Paris, campe un Alidoro quelque peu effacé avec un timbre sans doute trop clair pour le personnage qu’on aurait aimé plus mystérieux. Il se tire néanmoins avec les honneurs des difficultés de son air « Là del ciel, nell’arcano profondo » grâce à une technique accomplie et un registre aigu solide. Le reste de la distribution est d’un niveau globalement supérieur à celle de 2017. <strong>Alessandro Corbelli</strong> est un Don Magnifico irrésistible, la grammaire belcantiste n’ayant plus de secret pour ce chanteur passé maître dans l’art du chant syllabique : chacun de ses deux airs est une leçon de style rossinien qu’il porte à son sommet, en dépit d’une voix sur laquelle les années ont laissé quelques traces d’usure dont il se sert pour mieux camper son personnage de barbon, avec une vis comica épatante. <strong>Florian Sempey</strong> ne fait qu’une bouchée de Dandini qu’il interprète avec son charisme habituel, une voix saine et bien projetée et un abattage de chaque instant qui réjouit le public. <strong>Lawrence Brownlee</strong> fait partie du cercle fermé des meilleurs ténors rossiniens du moment. Son Ramiro capté sur la scène du Metropolitan Opera a fait l’objet en 2009 d’une parution en DVD saluée par la critique. Dix ans plus tard, le ténor américain, toujours en grande forme, a livré une interprétation vocale de haute volée, n’hésitant pas à interpoler quelques suraigus dans sa partie notamment au cours son grand air du deux pour la plus grande joie des spectateurs. <strong>Marianne Crebassa</strong> enfin est la grande révélation de la soirée. Sa prise de rôle est une réussite absolue qui la propulse d’emblée au rang des plus grandes interprètes d’Angelina. On ne sait qu’admirer le plus, la somptuosité du timbre, l’élégance de la ligne de chant, la précision des vocalises dans un rondeau final ébouriffant ou cette petite touche de candeur dans la voix lorsqu’elle chante « una volta c’era un re ».</p>
<p>Soulignons enfin l’excellente préparation des chœurs masculins dont les interventions sont irréprochables. <strong>Evelino Pidò</strong> qui connaît son Rossini sur le bout des doigts propose une direction enlevée, d&rsquo;une précision sans faille.       </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-cenerentola-paris-garnier-marianne-crebassa-merveilleuse-angelina/">ROSSINI, La Cenerentola — Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>BERLIOZ, Les Troyens — Vienne (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-vienne-staatsoper-la-cite-a-genoux-devant-sa-reine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille De Rijck]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Oct 2018 10:37:43 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/la-cit-genoux-devant-sa-reine/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec son orchestre pléthorique, sa musique de scène, son large chœur, son ballet, ses vingt et un solistes et son cheval de Troie, le monumental opéra d’Hector Berlioz est l’une des grandes impossibilités du répertoire lyrique. Le programmer – fatalement – c’est créer l’événement, surtout en alignant sur la même scène Anna-Caterina Antonacci et Joyce DiDonato, respectivement &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-vienne-staatsoper-la-cite-a-genoux-devant-sa-reine/"> <span class="screen-reader-text">BERLIOZ, Les Troyens — Vienne (Staatsoper)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-vienne-staatsoper-la-cite-a-genoux-devant-sa-reine/">BERLIOZ, Les Troyens — Vienne (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec son orchestre pléthorique, sa musique de scène, son large chœur, son ballet, ses vingt et un solistes et son cheval de Troie, le monumental opéra d’Hector Berlioz est l’une des grandes impossibilités du répertoire lyrique. Le programmer – fatalement – c’est créer l’événement, surtout en alignant sur la même scène <strong>Anna-Caterina Antonacci</strong> et <strong>Joyce DiDonato</strong>, respectivement Cassandre et Didon. Las, dès la répétition générale, un problème de santé mineur mais fortement handicapant nous priva de la diva ferraraise, contrainte par les médecins d’annuler les premières représentations à son corps défendant. Cassandre avait-elle prévu sa propre défection ? On y reviendra.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="284" src="/sites/default/files/styles/large/public/troy4_0.jpg?itok=dxe13jeN" title="© Wiener Staatsoper GmbH / Michael Pöhn" width="468" /><br />
	© Wiener Staatsoper GmbH / Michael Pöhn</p>
<p>La production de <strong>David McVicar</strong> est le fruit d’une co-production pharaonique entre Covent Garden, l&rsquo;Opéra de San Francisco, La Scala et l’Opéra d’Etat de Vienne. Ayant déjà fait l’objet d’une publication DVD, elle n’apparaît plus comme une surprise, surtout que le museau du cheval pointe sur la jaquette. Le metteur en scène écossais situe l’intrigue dans un kaléidoscope de mondes, les costumes et la scénographie étant volontairement dépareillés ; on assiste au <em>Mad Max</em> de la Belle Epoque. Enchevêtrement de tôles pour Troie, généraux portant le bicorne à plumes plutôt que la tunique et le sabre plutôt que le gastrophète. Rien de très original de ce côté. McVicar assume avec intelligence les paradoxes d’une partition qui sait être à la fois visionnaire et terriblement conservatrice dans les fastes qu’elle déploie à coups de pas-de-deux. Pompière et délicate, <em>dark</em> et colorée comme un péplum bollywoodien, cette production fait se chevaucher les humeurs comme en un millefeuille dramaturgique et musical. En ce sens, McVicar et Berlioz avancent main dans la main. Et si on s’amuse un peu du kitch assumé à Carthage, l’apparition du Cheval de Troie provoquera quelques frissons.</p>
<p>Habitué du Staatsoper, <strong>Alain Altinoglu</strong> semble diriger ses Troyens comme s’il les fréquentait depuis vingt ans. C’est pourtant la première fois qu’il dirige cette partition qui lui va comme un gant. À la tête de ce qui est peut-être le meilleur orchestre lyrique du monde, la prestation du chef est l’un des sommets de la soirée, insufflant à ses musiciens la juste mesure d’héroïsme et de délicatesse qui balaient la partition.</p>
<p>La gageure pour une troupe censément internationale repose évidemment dans la prononciation idiomatique de notre langue réputée indomptable. Dans l’ensemble, le pari est réussi, Dominique Meyer – le directeur français de la Staatsoper – ayant personnellement veillé au grain. On admire la Cassandre de <strong>Monika Bohinec</strong> qui répétait un opéra contemporain quand un coup de téléphone la pria toutes affaires cessantes de venir remplacer Madame Antonacci dont elle était la doublure. Voix généreuse et colorée, elle assume la tessiture de la cave au grenier, avec un admirable aplomb, dans un français parfaitement compréhensible et – surtout – sans jamais oublier de faire de la musique. Manque, peut-être, l’aura mystique qu’Antonacci insuffle à cette empêcheuse de tourner en rond, mais Bohinec fait certainement plus que sauver les meubles. Les autres sont les excellents familiers du Staatsoper. Impossible de tous les citer mais épinglons <strong>Adam Plachetka</strong> qui est un Chorèbe en mode rouleau-compresseur – sonore et altier – et <strong>Szilvia Vörös</strong> dont l’Anna récolte bien des acclamations lors des saluts. <strong>Paolo Fanale</strong>, appelé pour renforcer la troupe est un admirable Iopas, à la fois fragile et robuste et <strong>Jongmin Park</strong> ne fait qu’une bouchée de Narbal.</p>
<p>Dans ce contexte, on s’étonne que l’Enée de <strong>Brandon Jovanovich</strong> n’atteigne pas tout à fait les sommets d’éloquence de ses collègues. Les surtitres français, surtout, permettent d’identifier instantanément la moindre défaillance et celles-ci ne sont pas rares. Dans un rôle réputé inchantable, le ténor américain trouve plus facilement ses marques dans l’élégie que dans l’héroïsme, ses « Inutiles regrets » tombant un peu à plat. Mais l’ensemble de l’impossible tessiture du rôle est assumé, jusque dans ses aigus les plus absurdes et Jovanovich parvient à donner corps – plus que dignement – à ce héros tragique.</p>
<p><strong>Joyce DiDonato</strong> est saisissante dès les premières mesures. Déguisée en Liz Taylor de Mankiewicz, elle promène sa gracieuse silhouette sur l’immense maquette de Carthage où son peuple – danseurs et acrobates – lui rend un juste hommage. On sait comme son français est admirable, on connaît les qualités de ce médium chaleureux, corsé et formidablement projeté ; on connaît aussi ses affinités avec la scène. Comment se fait-il dès lors qu’on soit encore pris de court par tant de talent ? Si la voix perd de ses harmoniques et de son corps dans l’aigu, elle semble surnager – comme une plume sur un océan de marbre – dans tous les ensembles, flottant sans effort sur l’horizon harmonique. Elle se fait d’une ductilité souveraine dans les moments d’intériorité, parvient à moduler jusque dans le piano le plus imperceptible et ouvre grandes les vannes sonores quand son personnage rugit. Si Didon abandonnée finit par se percer le sein sur le bûcher, il y a également quelque chose de l’ordre de la consomption dans l’art de Joyce DiDonato, qui ne semble jamais ménager ni son corps ni sa voix dans ce rôle écrasant. Le grand one-woman show du dernier acte parvient à toucher à la fois à l&rsquo;exploit dramatique et à la plus bouleversante acuité psychologique. Chapeau bas. </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-vienne-staatsoper-la-cite-a-genoux-devant-sa-reine/">BERLIOZ, Les Troyens — Vienne (Staatsoper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Clemenza di Tito</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-clemenza-di-tito-rendons-a-mozart-ce-que-lon-doit-a-mozart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jul 2018 08:31:22 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-clemenza-di-tito-rendons-a-mozart-ce-que-lon-doit-a-mozart/</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est toujours avec impatience que l’on apprend la publication par Deutsche Grammophon d’un nouvel enregistrement dans l’intégrale des opéras de Mozart amorcée en 2011. Le label parvient en effet à réunir les plus grands noms de l’art lyrique autour de Yannick Nézet-Séguin et Rolando Villazón, laissant espérer, chaque fois, une version idéale. Pour ce cinquième &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-clemenza-di-tito-rendons-a-mozart-ce-que-lon-doit-a-mozart/"> <span class="screen-reader-text">La Clemenza di Tito</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-clemenza-di-tito-rendons-a-mozart-ce-que-lon-doit-a-mozart/">La Clemenza di Tito</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est toujours avec impatience que l’on apprend la publication par Deutsche Grammophon d’un nouvel enregistrement dans l’intégrale des opéras de Mozart amorcée en 2011. Le label parvient en effet à réunir les plus grands noms de l’art lyrique autour de <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong> et <strong>Rolando Villazón</strong>, laissant espérer, chaque fois, une version idéale.</p>
<p>Pour ce cinquième enregistrement, le chef canadien aborde <em>La Clémence de Titus</em>, dernier opéra de Mozart. Mais un plateau vocal alléchant est loin d’être suffisant pour rendre justice à une œuvre aussi complexe&nbsp;: comment rendre audible, sans le secours de la mise en scène, le long cheminement émotionnel vécu par les personnages&nbsp;? Comment raconter l’apprentissage du pouvoir par Titus tout en évitant de lasser par de longs récitatifs&nbsp;?</p>
<p>On attend de Yannick Nézet-Séguin un sens aigu de la dramaturgie et une action qui ne s’appesantisse jamais. Malheureusement le chef et le Chamber Orchestra of Europe livrent une performance en demi-teinte. On est surpris d’emblée par l’ouverture&nbsp;: le son brillant, vif et grandiose des premières mesures laisse brusquement place à une couleur chambriste, gaie et légère, incompatible avec la dignité de l’opéra <em>seria</em>. On entend dans cette ouverture à la fois la noblesse et la désinvolture, <em>La Flûte enchantée </em>et <em>Les Noces de Figaro</em> ; c’est certes contrasté, mais surtout décousu.</p>
<p>De même, si les musiciens se révèlent des partenaires privilégiés pour les chanteurs dans les récitatifs accompagnés, donnant un vrai relief au texte et aux affects, le <em>continuo</em> reste très en retrait dans les récitatifs <em>secco</em>, pris à un tempo rapide et sans grande souplesse. Le chef semble laisser aux solistes la lourde tâche de porter l’œuvre, sans réellement s’imposer. L’orchestre apparaît ainsi inégalement investi dans les airs et ensembles, malgré des qualités musicales indéniables. On le voudrait toujours affirmé et moteur du drame.</p>
<p>Yannick Nézet-Séguin réunit heureusement autour de lui six voix splendides. Elles ne sont certes pas toutes irréprochables techniquement, mais le mélomane ne peut que se réjouir d’entendre tant de beaux timbres sur un même album. Il suffit d’écouter le finale pour s’en convaincre&nbsp;: chaque interprète possède une couleur et un son particuliers et envoûtants, du premier au plus petit rôle.</p>
<p>Cette <em>Clémence</em> est sans aucun doute menée par la Vitellia de <strong>Marina Rebeka</strong>. Sa voix riche et profonde contient toute la sensualité et l’autorité du personnage, incarnant avec finesse ses contradictions. La ligne est d’une homogénéité parfaite (son «&nbsp;Non più di fiori&nbsp;» est exemplaire en ce sens, tout comme le magnifique trio «&nbsp;Vengo, aspettate&nbsp;»&nbsp;!) et les graves, qu’on peut trouver durs, n’en sont pas moins d’une grande puissance expressive.</p>
<p>Le Sesto de <strong>Joyce DiDonato</strong> n’est pas en reste et on ose le qualifier d’idéal, ne voyant rien, si exigeant soit-on, à lui reprocher. La voix est pleine, jamais affaiblie (quels <em>piano</em> dans le haut medium&nbsp;!) et se plie à toutes les vocalises dans le «&nbsp;Parto, parto&nbsp;» au tempo pourtant rapide. Les trilles sont percutants, les aigus souples, et le legato infini&nbsp;: voilà l’interprète mozartienne par excellence. Tout l’orchestre semble suspendu à sa voix dans un «&nbsp;Deh, per questo istante solo&nbsp;» aux nuances innombrables et qui font de la mezzo-soprano une musicienne hors pair. Mais Joyce DiDonato est aussi une tragédienne rare&nbsp;: son récitatif accompagné à la fin du premier acte («&nbsp;O dei, che smania è questa&nbsp;») constitue le premier vrai moment dramatique de l’enregistrement. L’orchestre se révèle soudain plus investi que jamais et on bascule enfin dans le théâtre.</p>
<p>D’excellents Vitellia et Sesto ont besoin d’un Titus remarquable&nbsp;; plus encore&nbsp;: impérial. Cette lourde tâche incombe à Rolando Villazón, qui laisse comme souvent perplexe. Le personnage bénéficie ici d’un timbre sombre assez rare, qui lui donne une autorité et un caractère intéressants. Le ténor parvient également à rendre audible l’évolution de l’empereur qui, trahi par son meilleur ami, choisit malgré tout la clémence. Mais cet investissement dramatique n’empêche pas – hélas&nbsp;! – des imperfections musicales&nbsp;; des notes qui sortent de la ligne, une tendance au <em>glissando</em> mal venue chez Mozart, une diction peu intelligible ne sont pas sauvées par quelques beaux aigus. Rolando Villazón nous offre malgré tout une scène d’anthologie avec Joyce DiDonato au deuxième acte («&nbsp;E pur mi fa pietà&nbsp;») dans un récitatif d’une intensité inégalée,&nbsp;où il donne à son personnage une tournure tragique des plus convaincantes. Mais on regrette la pureté et la flexibilité du chant d’un Michael Spyres ou d’un Juan Diego Florez. C’est sans doute être exigeant&nbsp;; mais c’est qu’avec Titus, comme l’écrivait Racine, «&nbsp;il ne s’agit plus de vivre, il faut régner&nbsp;».</p>
<p>La Servilia de <strong>Regula Mühlemann</strong> et l’Annio de <strong>Tara Erraught</strong> se révèlent convaincants et complémentaires&nbsp;: on trouve chez la première une jeunesse et une légèreté qui répondent bien à la chaleur du timbre de l’autre, et les deux interprètes passent avec aisance les difficultés de l’écriture mozartienne.</p>
<p><strong>Adam Plachetka</strong> incarne un Publio de premier ordre&nbsp;: voix brillante et vibrante, expressivité dans les récitatifs et présence assumée dans les ensembles lui confèrent une place de choix en dépit d’un rôle court.</p>
<p>Le Rias Kammerchor est quant à lui toujours en retrait&nbsp;; il semble que Yannick Nézet-Séguin ait voulu lui donner une dimension quasi religieuse, qui n’est pas inopportune dans cet ouvrage. Le chef clôt l’opéra sur un finale épuré, presque immatériel et qui tend vers la spiritualité plus que vers la leçon politique.</p>
<p>Cet enregistrement bénéficie donc d’une distribution vocale de premier plan. Malgré les réserves concernant Rolando Villazón, nous avons des voix mozartiennes à leur meilleur qui nous offrent des moments musicaux et dramatiques de choix. Il ne nous manque qu’un orchestre et un chef plus présents&nbsp;: mais ce manque d’investissement ne pardonne pas chez Mozart.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-clemenza-di-tito-rendons-a-mozart-ce-que-lon-doit-a-mozart/">La Clemenza di Tito</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MOZART, Così fan tutte — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-new-york-retour-de-balancier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Apr 2018 14:54:10 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/retour-de-balancier/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lorsque l’on envoie le balancier trop fort d’un côté, il revient avec une égale violence dans le sens inverse. Il en va ainsi ces dernières années des productions de Così fan tutte sur les scènes lyriques. Si l’on en a soupé des Così dépressifs, gavés d’un pessimisme noir dont le paroxysme aura été la production désabusée &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-new-york-retour-de-balancier/"> <span class="screen-reader-text">MOZART, Così fan tutte — New York</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-new-york-retour-de-balancier/">MOZART, Così fan tutte — New York</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Lorsque l’on envoie le balancier trop fort d’un côté, il revient avec une égale violence dans le sens inverse. Il en va ainsi ces dernières années des productions de <em>Così fan tutte</em> sur les scènes lyriques. Si l’on en a soupé des <em>Così </em>dépressifs, gavés d’un pessimisme noir dont le paroxysme aura été la production désabusée de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haneke-maitre-des-illusions-perdues">Michael Haneke à Madrid et Bruxelles</a>, il suffit de se rendre dans les pays anglo-saxons pour assister à de sages badinages amoureux qui n’interrogent pas l’oeuvre au-delà des gags et quiproquos. La proposition du <a href="https://www.forumopera.com/cosi-fan-tutte-londres-roh-jeux-de-lamour-et-mauvaises-regles">Royal Opera House de Londres</a>, autour d’une mise en abyme, rejoint très largement celle proposée par <strong>Phelim McDermott</strong> à l’ENO et qui prend ses quartiers printaniers le long de l’Hudson River. A la différence que nous ne sommes point au théâtre mais dans une fête foraine envahie de circassiens comme le décrit avec force couleurs Christian Peter qui assistait <a href="https://www.forumopera.com/breve/cosi-fan-tutte-au-met-quel-cirque">à la retransmission au cinéma il y a quelques semaines</a>. Bien évidemment, dans une ville élevée à la mamelle du music hall, toutes ces acrobaties et ce décors d’un Coney Island des années 50 (les qualités techniques du spectacle sont vraiment remarquables, des lumières au moindre accessoire) déclenchent des salves d’applaudissements régulières. A tel point qu’il nous est difficile de dire ce que l’on a pensé de l’ouverture, tant rires et clap-clap en ont parasité l’écoute. Il est tout de même amusant de noter que le public new-yorkais, conservateur s’il en est, si prompt à conspuer les transpositions, est ici extatique devant ces « performances » <em>live </em>sur scène. Comme quoi, toute adaptation, tout concept de <em>Regie </em>peut faire mouche à partir du moment où il mobilise les référents culturels appropriés. Cela le justifie-t-il au regard des enjeux de l’œuvre ? La réponse est ici bien évidemment non. Très rapidement la grande roue de la fête foraine tourne à vide, tout comme la pauvre Fiordiligi, prisonnière d’une nacelle de la roue,  tente en vain d&rsquo;épancher le dilemme de son cœur trop amoureux… Car comme chez Jan Philipp Gloger, l’on s’arrête à la facétie et on représente la séduction peu ou prou comme du harcèlement sexuel. Dans l’Amérique embrasée à l’étincelle Weinstein, que n’a-t-on donné <em>Così fan tutte</em> à mettre en scène à une femme (<a href="https://www.forumopera.com/breve/anna-netrebko-devrait-reflechir-avant-de-parler">Anna Netrebko ?</a>) pour enfin dépasser la misogynie de façade de l’œuvre et plonger dans une vraie et riante dissection des désirs et des sentiments, point d&rsquo;équilibre du balancier ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc_3907a.jpg?itok=JAJJehZP" title="© Marty Sohl/Metropolitan Opera" width="468" /><br />
	© Marty Sohl/Metropolitan Opera</p>
<p dir="ltr">La retransmission au cinéma gomme surement certaines disparités et en ce soir de dernière représentation il est difficile de parler d’un plateau homogène comme le faisait notre confrère, sauf probable fatigue pour certains. La Despina de <strong>Kelli O’Hara </strong>use de toute sa science de Broadway pour croquer la soubrette malicieuse. Les couleurs et accents de la voix sont parfaits pour composer un personnage complexe et retors. La projection est remarquable. Las, cela ne dure qu’un temps et le deuxième acte l’épuise jusqu’à rendre son notaire anecdotique. <strong>Serena Malfi</strong>, probable victime d’une méforme de dernière, attaque ses phrases trop bas bien souvent et doit redoubler d’efforts pour rattrapper ces mauvais départs. Dommage car le tempérament scénique n’appelle que des éloges. <strong>Amanda Majeski </strong>a fait des rôles de soprano <em>seria </em>mozartiens sa grande spécialité. Elle en a la voix longue et aisée, la science du legato. Il lui en manque encore l&rsquo;instinct tragique, sa Fiordiligi apparaissant bien pâle, la faute sûrement en partie à la mise en scène qui la fagotte comme une vieille fille de l’Upper East Side et l’enferme dans la fameuse nacelle pour son grand air du deuxième acte. Ces messieurs apportent davantage de satisfaction, à commencer par le Don Alfonso jovial de <strong>Christopher Maltman</strong>. La voix mate et sonore du baryton est un vrai pilier dans les scènes collectives. <strong>Adam Plachetka</strong> dispose d’une voix puissante et d’une belle musicalité. Il propose un Gugliemo assez sensible, plus colérique que taquin. Enfin <strong>Ben Bliss</strong>, lauréat d’Operalia et formé in loco dans le Lindemann Young Artist Program, se taille la part du lion. Il possède tout ce qu’il faut à un ténor mozartien de premier ordre : longueur de souffle, legato léché, bonne projection et surtout un timbre clair pour une voix qui est tout sauf fluette. Reste à polir encore quelques nuances et demi-teintes&#8230; mais l’immensité de Met décourage parfois les chanteurs dans leurs nuances.</p>
<p>	Cela ne pose aucun problème à <strong>David Robertson</strong> qui dirige l’orchestre du Metropolitan avec un rare raffinement. Les choix des tempi sont tous appropriés et aux possibilités des chanteurs et aux situations scéniques. Chaque reprise est l’occasion d’un piano, d’un crescendo, de contrepoint confié à un nouvel instrument. Toutes ces idées de direction enluminent ce <em>CosÌ fan tutte</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-new-york-retour-de-balancier/">MOZART, Così fan tutte — New York</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
