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	<title>Stefano PODA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<link>https://www.forumopera.com/artiste/poda-stefano/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Stefano PODA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>A Toulouse, une saison 2026-27 riche en retrouvailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-toulouse-une-saison-2026-27-riche-en-retrouvailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 06:35:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au mi-temps d&#8217;un cru 2025-26 déjà riche en réussites (Thaïs de Massenet, la rare Passagère de Weinberg, la reprise de Lucia di Lammermoor de Donizetti mise en scène par Nicolas Joel) et encore porteur de promesses (Verdi et Strauss arrivent, avec Otello et Salome), Christophe Ghristi a présenté à la presse la prochaine saison de l&#8217;Opéra national du Capitole de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au mi-temps d&rsquo;un cru 2025-26 déjà riche en réussites (<em>Thaïs</em> de Massenet, la rare <em>Passagère </em>de Weinberg, la reprise de <em>Lucia di Lammermoor </em>de Donizetti mise en scène par <strong>Nicolas Joel</strong>) et encore porteur de promesses (Verdi et Strauss arrivent, avec <em>Otello </em>et <em>Salome</em>), <strong>Christophe Ghristi</strong> a présenté à la presse la prochaine saison de l&rsquo;Opéra national du Capitole de Toulouse, qui occasionnera plusieurs retrouvailles attendues. Avec le répertoire d&rsquo;abord : la reprise de <em>Rusalka </em>de Dvorak dans la mise en scène somptueusement aquatique de<strong> Stefano Poda</strong> ouvrira les festivités, avec une distribution réunissant <strong>Ruzan Mantashyan</strong>, <strong>Pavol Breslik</strong> et <strong>Ricarda Merbeth</strong> sous la direction de <strong>Giacomo Sagripanti</strong>. Avec des œuvres plus entendues depuis longtemps ensuite : après cinquante ans d&rsquo;absence, le <em>Lohengrin </em>de Wagner fera son retour dans la ville rose, dans une nouvelle production d&rsquo;un habitué des lieux, <strong>Michel Fau</strong>, et avec une distribution que Christophe Ghristi a voulue « méridionale » (<strong>Michele Spotti</strong> dans la fosse, <strong>Airam Hernandez</strong> dans le rôle-titre, <strong>Chiara Isotton</strong> en Elsa, mais aussi la première Ortrud de <strong>Sophie Koch</strong>). <em>Peter Grimes </em>de Britten, n&rsquo;avait, de son côté, pas été joué depuis plus de 20 ans ; il reviendra dans la mise en scène signée <strong>David Alden</strong> pour l&rsquo;English National Opera, et permettra d&rsquo;entendre les débuts de <strong>Nikolai Schukoff</strong> dans le rôle éponyme, ainsi que ceux de <strong>Yolanda Auyanet</strong> en Ellen Orford, tandis que <strong>Frank Beermann</strong> sera à la baguette. Entre un <em>Barbier de Séville </em>mettant en lumière plusieurs étoiles montantes du chant rossinien sous la direction d&rsquo;<strong>Alfonso Todisco</strong> et un nouveau <em>Couronnement de Poppée </em>de Monteverdi confié à l&rsquo;Ensemble I Gemelli de <strong>Mathilde Etienne</strong> et <strong>Emilio Gonzalez Toro</strong>, avec notamment <strong>Adèle Charvet</strong> et <strong>Maximiliano Danta</strong> dans les rôles principaux, on guettera la création <em>in loco </em>du <em>Roi Arthus </em>de Chausson, que chantera pour la première fois <strong>Stéphane Degout</strong>. épaulé par <strong>Catherine Hunold</strong> et <strong>Bror Magnus Todenes</strong> (direction musicale <strong>Victorien Vanoosten</strong>, mise en scène <strong>Aurélien Bory</strong>). Ce dernier ouvrage dialoguera avec son lointain prédécesseur signé Purcell, ce <em>King Arthur </em>joué en version de concert par le Concert Spirituel de <strong>Hervé Niquet</strong>. De même, la <em>Médée</em> de Charpentier (également en concert, avec <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong>,<strong> Juliette Mey</strong>, <strong>Frédéric Caton</strong> ou encore<strong> Claire Lefilliâtre</strong> et l&rsquo;Ensemble Les Epopées de <strong>Stéphane Fuget</strong>) fera écho à celle de Cherubini, jouée en fin de saison dans sa version italienne, avec les prises de rôle de <strong>Karine Deshayes</strong> et <strong>Roberto Alagna</strong> &#8211; retrouvailles là encore, et non des moindres puisque la dernière apparition du ténor français dans une production du Capitole date de&#8230; 1997 !</p>
<p>Aux côtés d&rsquo;une saison chorégraphique qui mettra à l&rsquo;honneur <strong>George Balanchine</strong> et <strong>Peter Martins</strong>, <strong>Hans van Manen</strong> et <strong>Edward Clug</strong> et proposera également une création de <strong>Benjamin Pech</strong> (<em>Les Trois Mousquetaires</em>) et un spectacle jeune public autour de la figure du Petit chaperon rouge (musique<strong> Benoît Menu</strong>, chorégraphie <strong>Andreas Heise</strong>), la saison des récitals, proposée à un tarif défiant toute concurrence (20 euros la place, et ça descend même à 5 euros pour les Midis du Capitole, qui permettront tout de même d&rsquo;entendre <strong>Sandrine Piau</strong> et <strong>David Kadouch</strong>, <strong>Jean-François Lapointe</strong> ou <strong>Rose Naggar-Tremblay</strong>) confirme les ambitions de la maison en la matière : au programme, rien moins que <strong> Rachel Willis-Sorensen</strong>,<strong> Joseph Calleja</strong> ou encore <strong>Asmik Grigorian</strong>, qui se souvient être venue enfant à Toulouse, quand son père, le ténor Gegam Grigorian, y chantait. Encore une histoire de retrouvailles !</p>
<p>La réservation pour les abonnements ouvrira dès le 31 mars sur <a href="https://opera.toulouse.fr/">le site de l&rsquo;Opéra National Capitole de Toulouse</a></p>
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		<title>MASSENET, Thaïs &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-thais-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Oct 2025 04:56:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec ce Thaïs, tel que le voit Stefano Poda, on est dans le grand-opéra, dans la grande machine. Le metteur en scène italien, qui a plus de dix opéras dans sa besace, a l’habitude des grands espaces ; il a officié l’été dernier à Vérone, dans les grandes arènes pour Aida et Nabucco. On lui connait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec ce <em>Thaïs</em>, tel que le voit <strong>Stefano Poda</strong>, on est dans le grand-opéra, dans la grande machine. Le metteur en scène italien, qui a plus de dix opéras dans sa besace, a l’habitude des grands espaces ; il a officié l’été dernier à Vérone, dans les grandes arènes pour <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-aida-verone-3/">Aida</a></em> et <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-aida-verone-3/">Nabucco</a></em>. On lui connait aussi un <em>modus operandi</em> quasiment invariable : il s’occupe seul de la mise en scène, de la chorégraphie (il y a un long ballet au II), des décors, des costumes et des éclairages. Et on retrouve la patte de Poda : des décors où le minéral est omniprésent et la recherche symbolique permanente, même si celle-ci n’est pas toujours aisée à décrypter. Ce sera le cas pour cette <em>Thaïs</em> où, pour ne donner qu’un seul exemple, on s’interrogera fortement au deuxième acte sur la présence, venant des cintres, d’une sorte d’immense sablier aux formes droites, qui laissera s’échapper une pluie (de sable ?) retombant bruyamment sur le sol, étouffant, dans un effet bien malheureux, les dernières notes <em>pp</em> du violon de la célèbre <em>Méditation</em>.<br />
On peut donc dire que Stefano Poda nous plonge dans son univers. On peut toutefois adhérer ou pas à ce parti pris de grandeur, de grandiloquence même, dans lequel l’intime n’a aucune place. Dans lequel la grande geste compte davantage que la subtilité de l’expression. Et pourtant, <em>Thaïs</em> n’est-il pas l’opéra de l’intime, de la conversion, du cheminement spirituel, de la lutte intérieure permanente, de la rédemption d’un côté et de la chute de l’autre ? N’y a-t-il pas tous ces moments méditatifs où les combats spirituels se dessinent, se devinent. Tout cela est montré bien sûr, mais dans une lumière un peu crue. De toute évidence, c’est l’esthétique qui est privilégiée et il est incontestable que, dans ce domaine, le spectacle est impressionnant. Les décors sont grandioses ; en fond de scène, une série de statues de la Victoire de Samothrace, dont les ailes, détachées du tronc, surplombent chacune des statues. On remarquera qu’au troisième acte, seules les ailes subsisteront, le corps de Niké aura disparu – Thaïs aura parachevé sa conversion et oublié son corps de pécheresse. Le travail du ballet est en tout point réussi – la grâce et la dynamique rivalisent dans le grand ballet du deuxième acte.<br />
La symbolique chrétienne est omniprésente et c’est très juste. Quand le rideau se lève, on descend de la Croix, non pas le Christ, mais un condamné quelconque. Plus tard, Athanaël se prosternera sur une croix lumineuse au sol pour conjurer Thaïs et celle-ci, une fois convertie, fera de même au III. La cage métallique, renfermant les damnés et dont Thaïs à la toute fin sortira libre, s’étant extirpée des mains du Mal, sera élevée dans les airs, dépliée, et prendra encore la forme d’une croix.<br />
La question, au cœur de la foi chrétienne, du Jugement, est également omniprésente. En permanence des hommes et des femmes semblent se mouvoir dans l’Enfer ou tout du moins dans un entre-deux pour s’en échapper. A voir ces êtres dévêtus, se contorsionnant dans la lenteur, on pense inévitablement au <em>Jugement-Dernier</em> de Michel-Ange mais surtout à <em>L’Enfer</em> de Gérard de Vliederhoven, où les gestuelles présentes dans ce tableau semblent avoir directement inspiré Stefano Poda.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_0346-corretta-1-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1759696388990" />© Mirco Magliocca</pre>
<p>Cette ouverture de la saison 2025-26 au Théâtre du Capitole de Toulouse avec la reprise de la production de 2008 (Teatro Regio de Turin) était attendue entre autre pour la prise du rôle-titre par la soprano américaine <strong>Rachel Willis-Sørensen</strong>, qui n’a jamais caché son amour pour la langue française. La question que chacun se posait avant la représentation c’était celle de l’adéquation de la voix de celle qui compte dans son répertoire des rôles sensiblement plus lourds  – et surtout celle de son aptitude au chant français, à cette mélodie si particulière de Massenet qui nécessite autant de souplesse que de délicatesse.<br />
Mais c’est une prise de rôle réussie pour la soprano américaine, dont les efforts pour prononcer ce français-là sont louables, même si tout n’est pas parfait. Les deux derniers actes sont entièrement convaincants, le troisième surtout qui la voit exceller dans l’expression du drame et du conflit intérieur résolu. Elle déploie alors un timbre flamboyant et puissant qui achèvera de nous convaincre.<br />
Autres belles réussites, les deux rôles masculins principaux. <strong>Tassis Christoyannis</strong> incarne un Athanaël de grande envergure. Cet <a href="https://www.forumopera.com/tassis-christoyannis-chanter-la-melodie-francaise-cest-le-paradis/">amoureux de la France et de la langue française</a> ne rencontre aucune difficulté dans sa diction, totalement compréhensible. Lui qui était à deux doigts d’arrêter le chant il y a une vingtaine d’années, a persisté dans le métier pour notre plus grand plaisir. Il n’y a rien à redire à sa prestation qui allie force de conviction, projection très satisfaisante et la beauté d’un timbre tout de noirceur et d’autorité. L’autre rôle masculin principal est le Nicias de <strong>Jean-François Borras</strong>. Ténor percutant, émission claire, projection <em>ad hoc</em>, tout est réuni pour tracer de Nicias le portrait sombre de celui-ci qui n’aura décidément rien compris de la transfiguration de Thaïs.<br />
La distribution est très avantageusement complétée par <strong>Frédéric</strong> <strong>Caton</strong> en Palémon, l’Albine de <strong>Svetlana</strong> <strong>Lifar</strong> et surtout par le duo Crobyle (<strong>Thaïs</strong> <strong>Raï-Westphal</strong>) et Myrtale (<strong>Floriane</strong> <strong>Hasler</strong>) dont les voix font preuve d’une souplesse avantageuse. Ne pas oublier <strong>Marie-Eve</strong> <strong>Munger</strong> qui s’acquitte du petit mais difficile rôle de la Charmeuse avec une vista étonnante. Chœurs irréprochables, l’orchestre national du Capitole est dirigé par <strong>Hervé Niquet</strong>. Là encore, on ne peut que louer l’homogénéité de l’ensemble et la qualité des différents pupitres. Parfait équilibre avec la scène. <strong>Chiu-Jan Ying</strong>, violon solo de l’orchestre, est appelée sur scène aux saluts, sa <em>Méditation</em>, quoique prise un peu allante, était de toute beauté.</p>
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		<title>VERDI, Aida &#8211; Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-aida-verone-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Arènes de Vérone peuvent accueillir jusqu’à 15 000 personnes, dont beaucoup ne sont pas amateurs d’opéra. Et on n’est pas loin de l’industrialisation avec pas moins de 764 représentations d’Aida aux Festival depuis 1913 ! Dans ces conditions, la tentation pourrait être grande de proposer une distribution au rabais, ou des « hurleurs », &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les Arènes de Vérone peuvent accueillir jusqu’à 15 000 personnes, dont beaucoup ne sont pas amateurs d’opéra. Et on n’est pas loin de l’industrialisation avec pas moins de 764 représentations d’Aida aux Festival depuis 1913 ! Dans ces conditions, la tentation pourrait être grande de proposer une distribution au rabais, ou des « hurleurs », d’autant que, immensité du lieu oblige, ce n’est pas l&rsquo;endroit idéal pour faire des fioritures.</p>
<p>Pourtant, les artistes réunis ce soir sont des chanteurs de stature internationale et surtout, qui s&rsquo;efforcent de nuancer leur chant, quand bien même une partie de ces efforts se perdra sous les étoiles.</p>
<p>Le Radamès de <strong>Yusif Eyvazov</strong> est bien connu. On apprécie la puissance vocale confortable du ténor, qui a d’ailleurs tendance à couvrir un peu ses partenaires. Les aspérités de timbre qui peuvent parfois gêner sont moins perceptibles que dans une salle de concert et, surtout, le ténor ose les demi-teintes, et nous gratifie même d’un superbe si bémol morendo à la fin de sa « Celeste Aida ».</p>
<p>Son Aida a la voix de <strong>Maria José Siri</strong> (qui remplace Marina Rebeka initialement annoncée). La tessiture est ici aussi parfaitement assumée et, comme son partenaire, la soprano uruguayenne allège, nous valant un duo final d’une grande beauté. Tout juste regrettera-t-on un déficit de projection de la quinte aiguë, qui peine à surnager dans les ensembles.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Aida_170825_EnneviFoto_6641-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1756480476013" alt="" />© Ennevi Foto/Fondazione Arena</pre>
<p>De même l’Amneris d’<strong>Agnieszka Rehlis</strong> disparaît quelque peu dès que l’orchestre ou le chœur donnent de la voix. Mezzo rond et homogène, mais relativement clair, sa puissance se révèle enfin à l’acte IV dans la scène du jugement.</p>
<p><strong>Yougjun Park</strong> semble être un véritable pilier du Festival de Vérone (rien que cet été il chante également <em>Nabucco</em> et <em>Rigoletto</em> dans les arènes). Voix saine et puissante, voilà un Amonasro quelque peu monolithique mais diablement efficace.</p>
<p>Chez les basses, l’avantage tourne au Grand prêtre de <strong>Simon Lim</strong>, d’une belle autorité, plus sonore que le roi de <strong>Ramaz Chikviladze</strong>.</p>
<p>Enfin on reconnait la qualité d’une distribution au soin accordé aux petits rôles. Ici le messager (<strong>Riccardo Rados</strong>) et la grande prêtresse (<strong>Francesca Maionchi</strong>) sont parfaitement au diapason du reste du plateau.</p>
<p>On aurait pu craindre une certaine routine dans la direction de <strong>Daniel Oren</strong> à la tête de l’Orchestre de la Fondation des Arènes de Vérone, qui est en elle-même une véritable institution. Pour autant, le geste large et une belle gestion des équilibres avec la scène prouvent les avantages d’une fréquentation assidue d’un œuvre et d’un lieu. Les chœurs, eux, sont autrement plus convaincants et en place que dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-verone/"><em>Carmen</em> la veille</a> : est-ce ici encore dû à la force de l’habitude ?</p>
<p>Reste la proposition scénique de <strong>Stefano Poda</strong> (créée en 2023), qui comme à son habitude cumule les casquettes (mise en scène, décors, costumes, chorégraphie, lumières). On pourra reconnaître une certaine modernité au spectacle, avec l’utilisation de lasers, de belles images et tableaux, tels ces corps qui s’agglutinent auprès d’Amonasro, l’enveloppant comme un grand manteau, symbole d’un peuple uni à son roi. De même, quelques effets viennent animer les gradins en arrière-scène, mais sans signification dramatique évidente.</p>
<p>Pour autant, le sens de cette main géante articulée qui surplombe la scène (élément principal de la scénographie) restera obscur jusqu’au bout, les scènes de danses ne sont pas beaucoup plus convaincantes, tentant des effets de masse organiques <em>alla</em> Chrystal Pite (mais sans son talent !) et, surtout, la direction d’acteur est réduite à un néant absolu.</p>
<p>On est sans aucun doute en face de l’œuvre d’un plasticien, mais peut-on réellement parler de mise en scène ?</p>
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		<title>VERDI, Nabucco – Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-verone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir mis en scène une spectaculaire et très futuriste Aida de cristal à Vérone en 2023, Stefano Poda remet le couvert pour l’un des opéras les plus joués aux Arènes depuis 1913 : Nabucco. Destiné à attirer également un nouveau public (c’est-à-dire non lyricomane), le travail de Stefano Poda se veut Gesamtkunstwerk, art total. Soit. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir mis en scène une spectaculaire et très futuriste <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-aida-verone/">Aida de cristal</a> </em>à Vérone en 2023, <strong>Stefano Poda</strong> remet le couvert pour l’un des opéras les plus joués aux Arènes depuis 1913 : <em>Nabucco</em>. Destiné à attirer également un nouveau public (c’est-à-dire non lyricomane), le travail de Stefano Poda se veut <em>G</em><em>esamtkunstwerk</em>, art total. Soit. L’Italien fait tout : régie, costumes, lumières, décors et chorégraphies. C’est impressionnant, souvent beau, mais pour qui ne connaît pas bien l’œuvre de Verdi, il doit être bien difficile de savoir quelles sont les factions en présence (pour les autres, ça n’est pas simple non plus, d’ailleurs). Si l’on découvre le travail de l’artiste pour la première fois, c’est éblouissant. En revanche, quand on le compare à celui effectué sur son <em>Aida</em>, on a la sensation d’une redite qui manque un peu de piment.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_2025_EnneviFoto_054-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-195114"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 102° Opera Festival 2025</sup></figcaption></figure>


<p>L’auteur a voulu faire de cette production un «&nbsp;Nabucco atomique&nbsp;». Et selon ses termes&nbsp;: <br>«&nbsp;Deux opposés s&rsquo;attirent et se repoussent tout au long de l’œuvre, jusqu&rsquo;à atteindre un point de répulsion maximale et de division, puis aboutissent à la synthèse du finale, où les deux opposés sont à nouveau réunis. La métaphore est celle des interactions entre les particules atomiques&nbsp;: la matière naît de l’union de particules atomiques, mais l&rsquo;humanité a découvert comment les séparer, provoquant une destruction totale (c’est le principe de la bombe atomique). Le progrès technologique rend tout possible, et Nabucco n&rsquo;hésite pas à utiliser sa supériorité contre les vaincus, même au prix de conséquences dramatiques&nbsp;: la leçon de ce chef-d&rsquo;œuvre est que la rationalité, pour être bien intentionnée, ne peut ignorer la spiritualité&nbsp;».</p>
<p>De fait, les deux opposés ressemblent, en guise de décor, à une balle de tennis éclatée qui attend d’être refermée ou éventuellement à deux oreilles ou des rognons en rotation. Vient enfin le point d’orgue&nbsp;: l’explosion atomique qui, effectivement, doit certainement réveiller tout le quartier et se traduit par un beau champignon. On a envie de paraphraser Le Nôtre qui aurait dit à Louis XIV à propos de la colonnade très minérale de Mansart dans les jardins de Versailles&nbsp;: «&nbsp;Sire, […] il vous a servi un plat de son métier&nbsp;». En fait, on peut surtout regretter une mise à distance des personnages (parfois difficiles à repérer, noyés dans la masse), des mouvements de foule frénétiques et pas toujours lisibles et une trop grande abstraction au regard de l’œuvre de Verdi. En dépit de cela, force est de s’incliner devant la richesse des costumes, l’attraction produite par les combats (spadassins à l’esthétique inspirée des récents <em>Dune</em> et plus lointaines <em>Star Wars</em>) et la fascination du déploiement de l’armée des figurants (plusieurs centaines). Cela dit, l’entreprise se révèle payante, puisque les Arènes sont quasiment pleines, les applaudissements nourris témoignant de ce que le public semble majoritairement vivement apprécier le spectacle. Ne crachons donc pas dans la soupe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_2025_EnneviFoto_128-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-195115"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 102° Opera Festival 2025</sup></figcaption></figure>


<p>Il faut cependant avouer que fort heureusement&nbsp;tout cela est merveilleusement bien chanté. Si la mise en scène ne permet pas nécessairement d’entrer avec facilité et évidence dans la psychologie des personnages, les chanteurs parviennent sans peine à en restituer les nuances infinies et profondément humaines. <strong>Amartuvshin Enkhbat</strong> en particulier, merveilleux interprète de Nabucco, émeut très fortement. Force et autorité, doute et humilité, tous ces affects sont puissamment incarnés. La voix est pleine, belle et digne des plus excellents barytons verdiens. Dans le rôle écrasant d’Abigaille, <strong>Maria José Siri</strong> se montre impériale. Plénitude de la voix, sonorité dans les arènes exemplaire, capacité à se glisser dans toutes les subtilités de l’évolution de la personnalité de l’héroïne, la soprano est à son aise. Le baryton-basse <strong>Christian Van Horn</strong> confère beaucoup de noblesse à Zaccaria, avec une ligne de chant sûre et élégante. Son «&nbsp;Vieni o Levita&nbsp;!&nbsp;» est à se pâmer. Les autres interprètes sont à la hauteur, à commencer par <strong>Anna Werle</strong>, délicate et stylée Fenena, tout comme <strong>Galeano Salas</strong>, fougueux Ismaele.</p>
<p>À la baguette, Pinchas Steinberg connaît son affaire et tout semble couler de source, malgré quelques tous petits décalages. Les chœurs, déployés astucieusement dans les vastes arènes, achèvent de magnifier l’ensemble. Un regret&nbsp;: avoir raté l’interprétation d’Anna Netrebko, programmée pour trois soirées. Autant elle a renoncé à reprendre «&nbsp;pour raisons personnelles&nbsp;», son Aida de cristal (où elle avait pour partenaire celui dont elle s’est séparée l’année dernière), autant elle a souhaité participer à cette nouvelle production de Stefano Poda, dont elle semble apprécier tout particulièrement le travail.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_2025_EnneviFoto_144-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-195116"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 102° Opera Festival 2025</sup></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Nabucco | 102 Arena di Verona Opera Festival 2025 | Trailer ENG | 30 sec" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/KLN9Vi_P588?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>VERDI, Nabucco (Cast B) &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-cast-b-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Oct 2024 06:13:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’opéra, les secondes distributions (ou cast B) tiennent parfois des pochettes surprises&#160;; avant de les ouvrir, on ignore ce qu’on va y trouver mais il peut bien arriver que le déballage révèle des moments inattendus et gratifiants. Nous retournons voir Nabucco, ouverture de saison spectaculaire au théâtre du Capitole à Toulouse, histoire de se &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">A l’opéra, les secondes distributions (ou cast B) tiennent parfois des pochettes surprises&nbsp;; avant de les ouvrir, on ignore ce qu’on va y trouver mais il peut bien arriver que le déballage révèle des moments inattendus et gratifiants.<br />
Nous retournons voir <em>Nabucco</em>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-toulouse/">ouverture de saison spectaculaire</a> au théâtre du Capitole à Toulouse, histoire de se laisser surprendre par des chanteurs que nous ne connaissons pas, histoire surtout d’accéder à la prise du rôle d’Abigaille que réalise <strong>Catherine Hunold</strong> durant cette série de représentations (où elle alterne avec Yolanda Auyanet). Christophe Ghristi, le directeur de l’Opéra national du Capitole avait programmé huit représentations, en a finalement ajouté une neuvième et a prévu pour les rôles éreintants de Nabucco, Zaccaria et Abigaille une double distribution.<br />
Cette soirée confirme tout le bien qu’il faut penser de la Fenena d’<strong>Irina</strong> <strong>Sherazadishvili</strong>, dont la voix résonne profondément, tout en sachant s’effiler délicieusement dans les aigus. Nous trouvons <strong>Jean-François Borras</strong> (Ismael) bien plus en forme que pour la première, et ce dès l’acte d’ouverture. Les rôles secondaires sont bien tenus par <strong>Blaise Malaba</strong> (le Grand Prêtre), <strong>Cristina Giannelli</strong> (Anna) et <strong>Emmanuel Hassler</strong> (Abdallo). Le chœur semblait moins appliqué dans le «&nbsp;Va pensiero&nbsp;» avec quelques décalages et une moindre homogénéité, mais l’ensemble de la prestation des troupes de <strong>Gabriel</strong> <strong>Bourgoin</strong>, chef des chœurs, demeure de grande qualité. Orchestre irréprochable, emmené de façon plus fluide que pour la première par <strong>Giacomo Sagripanti</strong> qui recueille les justes louanges du public.<br />
Et maintenant, ouvrons la pochette surprise&nbsp;: <strong>Sulkhan Jaiani</strong> avait été un Nikitich remarqué dans le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-paris/"><em>Boris Godounov</em> du TCE</a> en mars dernier. Il est titulaire ce soir du rôle à haut risque de Zaccaria ; rappelons que Verdi avait la grande basse Derivis sous la main, et qu’il en a profité pour gratifier le rôle de Zaccaria de trois moments particulièrement délicats à négocier. Mais dès le « Sperate o figli », Jaiani prend le dessus. Il possède une basse bien profonde, très étayée dans les graves, à laquelle il peut manquer parfois seulement&nbsp; un cantabile stabilisé. Ovation fournie et entièrement méritée au baisser de rideau.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR0897-Avec-accentuation-Bruit.jpg" alt="" width="672" height="672">
Sulkhan Jaiani © Marco Magliocca</pre>
<p style="text-align: left;">Autre belle surprise&nbsp;: nous avions découvert <strong>Alksei Isaev</strong> à Toulouse dans le Borgne (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-toulouse/">Die Frau ohne Schatten</a>)&nbsp;; il est ce soir Nabucco, rôle autrement plus exigeant. Isaev s’impose d’entrée par la projection et l’autorité, et la capacité à nuancer. L’acte de la prison est plus délicat à négocier (un «&nbsp;Dio di Giuda&nbsp;» incertain) mais le final le voit recouvrer tous ses moyens et toute son autorité.<br />
Impression plus mitigée pour l’Abigaille de Catherine Hunold. La force est là, incontestablement, les aigus perforeraient les plus solides cuirasses car le fer est tranchant. L’aigu est autoritaire et entièrement sous contrôle, mais non sans stridences, et les graves sont fournis. L’arioso qui ouvre le II manque de fluidité, le contre-ut est court et court aussi l’ut grave qui suit immédiatement. Ce sont au total des nuances qui nous ont manqué, celles qui rendent crédible le retournement de situation inattendu à la conclusion de l’œuvre.<br />
Au final une seconde distribution qui représente un très beau pendant à la première.</p>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Sep 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la rentrée au Capitole de Toulouse avec une nouvelle production de Nabucco en partenariat avec l’opéra de Lausanne, dont Charles Sigel avait rendu compte en juin dernier. La distribution (il y en aura deux en alternance) est entièrement revue, à l’exception du Zaccaria de Nicolas Courjal, déjà présent en Suisse. Le metteur en scène, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la rentrée au Capitole de Toulouse avec une nouvelle production de <em>Nabucco</em> en partenariat avec l’opéra de Lausanne, dont <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-lausanne/">Charles Sigel avait rendu compte</a> en juin dernier. La distribution (il y en aura deux en alternance) est entièrement revue, à l’exception du Zaccaria de Nicolas Courjal, déjà présent en Suisse.<br />
Le metteur en scène, chorégraphe, éclairagiste et costumier <strong>Stefano Poda</strong>, qui mettra en scène ce même <em>Nabucco</em> en ouverture du Festival des Arènes de Vérone 2025, propose une vision proprement, voire essentiellement chorégraphique de l’œuvre. On pourrait presque oser avancer que c’est tout l’opéra qui est chorégraphié, tout, jusqu’au baisser de rideau et aux saluts hiératiques des choristes et de leur chef Gabriel Bourgoin, alignés comme des soldats au garde-à-vous. Dix-sept danseurs sont omniprésents et accaparent l’attention. Ils accompagnent plus qu’ils ne commentent l’action, ils s’agrippent aux personnages, les entravent ou les entraînent, les forcent ou les blessent, et ne leur laissent aucun répit. C’est esthétiquement très réussi, parfois subjuguant, c’est une prouesse artistique et athlétique incontestable, mais cela reste une chorégraphie. Et une chorégraphie ne remplace pas une mise en scène.<br />
Or ici, on chercherait vainement une proposition, une mise en scène au sens où l’on entend qu’une conduite d’acteurs doit éclairer, interroger le spectateur, susciter l’adhésion, la controverse ou le débat. La danse à la place du jeu d’acteurs ?<br />
Alors tout de même, quelques idées à retenir. L’opposition criante et parfois éblouissante, pour ne pas dire aveuglante des couleurs dans des décors essentiellement géométriques. Des lumières crues qui s’opposent&nbsp;; des couleurs qui tranchent jusqu’au caricatural (exclusivement blanche, rouge et noire avec des protagonistes qui endossent alternativement ces couleurs sans que l’on sache trop quel sens donner à cela). Et aussi, une grille cylindrique transparente qui figure tantôt le temple hébreu, tantôt la prison de Nabucco au IV ou encore, plus malaisant, une immense fournaise dans laquelle périssent les Juifs au I. Et puis le «&nbsp;Va pensiero&nbsp;» avec l’aile de Samothrace reconstituée en arrière-plan et le blé en herbe, qui promettent richesse et liberté. Mais de ligne conductrice qui nous entraînerait dans une histoire, point&nbsp;; le spectateur reste spectateur, il reste pour ainsi dire sur la touche.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MIR9644-Avec-accentuation-Bruit-1.jpg?&amp;cacheBreak=1727254256319" alt="" width="661" height="441">
©Mirco Magliocca</pre>
<p>L’orchestre national du Capitole brille de nouveau de mille feux. Si l’on met de côté une synchronisation douteuse des cuivres au tout premier accord, on aura admiré l’homogénéité des <em>tutti</em> et la qualité des solos (flûte et violoncelle). Ce qui, en revanche, aura interrogé, c’est la direction imprimée par le chef <strong>Giacomo Sagripanti</strong>. Une direction parfois difficile à suivre à l’image d’une ouverture qui nous a semblé bien peu lisible avec des sauts de <em>tempi</em> inattendus. Et puis, dans la liaison entre les morceaux (les numéros), un manque de fluidité, des points d’arrêts trop marqués et qui ont pour effet de couper l’élan.<br />
Plateau vocal de belle tenue, dominée par l’époustouflante Abigaille de <strong>Yolanda Auyanet</strong>. La soprano espagnole s’empare d’un des rôles verdiens les plus exigeants avec l’autorité de celle qui sait de quoi elle chante. Le timbre est trempé comme un fer brûlant, les blessures de la vie se lisent dans les aspérités vocales qui confèrent à la ligne de chant une authenticité sans commune mesure. La technique est sûre, Auyanet caracole avec assurance jusqu’en haut de la gamme et dégringole celle-ci tout aussi sûrement : à cet égard, la phénoménale entrée du II, arioso, aria et cabalette avec un saut de deux octaves du contre-ut aigu à l’ut grave est d’autant plus spectaculaire que la soprano nous gratifie, pour la reprise de la cabalette, d’ornements aussi difficiles que maîtrisés. A ses côtés le Nabucco de <strong>Gezim Myshketa</strong> monte en puissance tout au long de la soirée. Timbre chaleureux, ardeur vocale incontestable, jeu convaincant&nbsp;; on retiendra le magnifique duo avec Abigaille au III («&nbsp;Deh, perdona&nbsp;») où Rigoletto pointe sous Nabucco. <strong>Nicolas Courjal</strong> est Zaccharia, <a href="https://www.forumopera.com/breve/le-role-le-plus-difficile-de-tout-le-repertoire-verdien-pour-nicolas-courjal/">le rôle le plus difficile du répertoire verdien</a>, selon lui. L’entrée est effectivement redoutable («&nbsp;D’Egitto là su i lidi&nbsp;») que Courjal entame avec prudence, en évitant les pires embûches de cet enfer pavé de bonnes intentions. La suite lui donnera raison et il conclut brillamment («&nbsp;Del futuro nel buio discerno&nbsp;»). L’Ismaele de <strong>Jean-François Borras</strong> a quelque peu souffert d’un manque de stabilité dans l’émission au I&nbsp;; tout est rentré dans l’ordre par la suite et on aura reconnu la générosité dans le ténor du Grenoblois. Beaucoup de subtilité dans la voix d’<strong>Irina</strong> <strong>Sherazadishvili</strong> qui est une Fenena vraiment touchante. Quelques aigus filés, un cantabile du plus bel effet, auront marqué cette belle présence sur scène.<br />
Enfin, il ne faudrait surtout pas oublier le personnage principal de <em>Nabucco</em>, à savoir le chœur. Gabriel Bourgoin nous habitue décidément à la belle ouvrage, et là, le curseur était placé très haut, tant les choristes, hommes et femmes, sont en permanence sur le gril. Même pour un soir de première, on ne déplorera nul décalage, nulle approximation dans l’élocution d’un italien quasi parfait ; on retiendra comme il se doit le moment de grâce tant attendu : les 45 voix qui entonnent un « Va pensiero » qui, pour entendu et rebattu qu’il soit, donne toujours la chair de poule quand il est de cet acabit.</p>
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		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Lausanne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-lausanne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2024 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Néo-babylonienne ! Stefano Poda a rêvé là, conçu de A à Z, dessiné, construit, dirigé, sans doute la plus hénaurme de ses mises en scène. C’est sa septième pour l’Opéra de Lausanne et on en reste bouche bée. Il se présente comme un «&#160;artisan&#160;» qui a besoin d’une «&#160;bodega&#160;», d’un atelier pour que ses utopies &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Néo-babylonienne ! <strong>Stefano Poda</strong> a rêvé là, conçu de A à Z, dessiné, construit, dirigé, sans doute la plus <em>hénaurme</em> de ses mises en scène. C’est sa septième pour l’Opéra de Lausanne et on en reste bouche bée. Il se présente comme un «&nbsp;artisan&nbsp;» qui a besoin d’une «&nbsp;bodega&nbsp;», d’un atelier pour que ses utopies puissent devenir réalité. Ces compagnons, il dit les avoir trouvés à Lausanne comme nulle part ailleurs*. <br>Ici, on voudrait saluer le directeur technique de cette maison (Benoît Becret), le chef des ateliers (Roberto Di Marco) et la cheffe de l’atelier de costumes (Amélie Reymond) ainsi que ceux et celles qui les entourent. Certes, c’est une co-production avec le Capitole de Toulouse (où le spectacle sera repris à l’automne avec une distribution presque entièrement différente), mais on s’étonne qu’une maison d’opéra de taille modeste (1000 places) puisse offrir un spectacle aussi… spectaculaire. <br>Les images donneront une idée du gigantesque des décors conçus par l’artiste italien. L’étonnant étant que ses esquisses, telle celle-ci….</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Maquette-de-d‚cor-de-Nabucco-c-Stefano-Poda-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-165059"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Maquette pour Nabucco © Stefano Poda</sub></figcaption></figure>


<p>&#8230;aient pu se matérialiser dans leur monumentalité, leur onirisme, l’irréalité de leurs mouvements.</p>
<p>D’énormes parois blanches qu’on verra monter dans les cintres, pour en révéler d’autres d’un rouge ardent (toute la scénographie balance entre le blanc des Hébreux et le rouge des Assyriens), un colossal cylindre transparent descendant des hauteurs pour figurer la cuve où sera prisonnier Nabucco, un plafond suspendu qui en descendra aussi pour devenir le chant de blé du « Va, pensiero », un énorme pendule de Foucault, une mappemonde éclairée de rouge, figurant l&rsquo;idole de Baal, tout cela bouge sans cesse, monte, descend, faisant de ce <em>Nabucco</em> une manière d’opéra à machines. <br>La cage de scène a été entièrement renouvelée il y a quelques années (ce fut l’un des défis du mandat de directeur d’Eric Vigié) ouvrant à cette salle des possibilités que bien des salles plus importantes n’ont pas.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_pr‚g‚n‚rale_Jean-Guy-Python-7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164796"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<p>Esthétique néo-babylonnienne, avons-nous dit. On pense à certains films de science-fiction (<em>THX 1138</em> de George Lucas) ou à <em>Metropolis</em> à voir les univers oppressants qu’a dessinés Stefano Poda, autant le blanc que le rouge. Il a eu l’habileté de ne faire aucune allusion à la situation actuelle au Moyen-Orient, de rester dans l’abstrait, l’onirique, l’opératique. De créer une manière d’espace mental, luxueux et d’une perfection qui serait glaçante s’il n’était animé de corps humains sans cesse en mouvements (très graphiques eux aussi).</p>
<p>Premier succès de Verdi en 1842, et prélude à ses «&nbsp;années de galère&nbsp;», <em>Nabucco</em> est une « grande machine » dont le livret tarabiscoté est surtout prétexte à grands effets solistes ou chorals. Le succès du chœur des Hébreux en exil au bord du fleuve à Babylone, bissé le jour de la première, dépassa sans doute ce que le librettiste Temistocle Solera, fervent mazzinien, et Verdi lui-même avaient pu imaginer. Opéra patriotique, comme <em>Guillaume Tell</em> et <em>Norma</em> auparavant, <em>Nabucco</em> ne cherche pas à faire dans la dentelle, d’où sans doute la puissance dramatique des archétypes mis en œuvre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_pr‚g‚n‚rale_Jean-Guy-Python-18-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164802"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<p>La gageure est bien sûr de réunir les grandes voix indispensables. Et d’abord un chœur de premier ordre. Le <strong>Chœur de l’Opéra de Lausanne</strong>, dont nous avons souvent salué ici la plénitude de la sonorité, dirigé en l’occurrence par <strong>Patrick Marie Aubert</strong> (qui, on s’en souvient, a été chef des chœurs du Capitole, puis directeur de celui de l’Opéra de Paris) va donner du morceau attendu qu’est « Va pensiero » une lecture toute de souplesse, d’émotion contenue, de ferveur. Rondeur du son, douceur de la partie piano, variations de dynamiques impeccablement maîtrisées sur le tempo immobile maintenu par <strong>John Fiore</strong>, crescendo exaltant dans la partie finale, jusqu’à une note ultime <em>pianississimo</em> sur le souffle, interminablement prolongée, c’est du grand art. Non moins belle, l&rsquo;image des choristes en blanc au milieu de leur champ (de roseaux) avec au fond la grande aile de la pensée, non plus dorée, mais blanche.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_pr‚g‚n‚rale_Jean-Guy-Python-15-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-164800"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<p>Ce chœur, dont beaucoup de membres sont très jeunes, issus des Hautes écoles de musique, est très sollicité aussi par Stefano Poda qui lui demande certes des performances moins sportives qu’aux quatorze danseuses et danseurs, mais le fait bouger sans cesse, animer la scène, s’intégrer à des pyramides construites comme des groupes sculptés, bref devenir une manière d’autre décor mobile.</p>
<h4><strong>Esthétisme</strong></h4>
<p>Auquel participe une garde-robe elle aussi très sculpturale. Les vastes aubes blanches des Hébreux, d’une fluidité de mousseline, plus tard les solennelles soutanes d’un rouge profond des Babyloniens, les justaucorps rouges aussi des danseurs, et ça et là les taches noires et très sacerdotales des robes de cour de Nabucco ou d’Abigaille, tout cela a beaucoup d’allure. <br>Visions esthétisantes, oui sans doute. Comme naguère pour <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-alcina-lausanne-la-magie-dalcina/">le sublime <em>Alcina</em></a>, ou le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bellini-norma-lausanne/">très graphique <em>Norma</em></a> (avec lequel ce Nabucco dessine une manière de diptyque), Stefano Poda impose son monde imaginaire, vision d’artiste, élégante, volontiers colossale, à la fois fascinante et oppressante. En quoi, elle adhère au monde très totalitaire où se déploie <em>Nabucco</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="697" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_pr‚g‚n‚rale_Jean-Guy-Python-2-1024x697.jpg" alt="" class="wp-image-164795"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Au centre Gabriele Viviani © Jean-Guy Python</sup></figcaption></figure>


<p>C’est avec un chœur des Hébreux que s’ouvre très traditionnellement l’opéra, un chœur qui s’associera à l’air d’entrée de Zaccaria, « Sperate, o figli ! –&nbsp;D’Egitto là sui lidi », une noble cavatine où <strong>Nicolas Courjal</strong> dialogue avec le basson de Jeremy Bager. Nicolas Courjal qui n’est peut-être pas tout à fait la basse profonde demandée par Verdi y est d’une belle noblesse et sait faire oublier un vibrato assez présent. Cette cavatine et sa fringante cabalette très « jeune Verdi » précèderont l’entrée de Fenena, fille de Nabuchodonosor et prisonnière des Hébreux, et du jeune officier hébreux Ismaël, rôle de ténor auquel Verdi ne laisse qu’une portion très congrue. <strong>Airam Hernández</strong> a tout de même le temps dans son <em>arioso</em> « Misera !oh come più bella » de laisser apprécier un timbre ardent de ténor lyrique et de beaux phrasés très projetés.</p>
<h4><strong>Les exigences de Verdi</strong></h4>
<p>Sur ce, en vaste robe noire, Abigaille fait son entrée. Fidèle à son choix de mettre en valeur de jeunes artistes (Marie Lys, Antoinette Dennefeld, Marina Viotti ou Benjamin Bernheim ont fait leurs débuts à Lausanne), Eric Vigié confie à <strong>Irina Moreva</strong> le rôle d’Abigaille (qu’elle a déjà chanté au Teatro Massimo de Palerme). Le soprano russe négocie avec panache le redoutable air d’entrée « Prode guerrier ! », qui va d’un <em>si</em> grave au<em> si</em> aigu et multiplie les coloratures vertigineuses, et on s’incline devant sa bravoure face aux demandes intempérantes du compositeur et aux deux contre-<em>ut</em> du trio, conquis de haute lutte.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco-c-Jean-Guy-Python-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164791"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Irina Moreva © Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<p>Une marche par l’orchestre de coulisse annoncera l’entrée de Nabucco. Le baryton <strong>Gabriele Viviani</strong>, véritable piler de la distribution, montrera d’emblée des moyens d’une grande fermeté en lançant son «&nbsp;Tremin gl&rsquo;insani del mio furore !&nbsp;» et faisant se prosterner le peuple hébreux. Moment de grand spectacle : Zaccaria menace Fenena de son poignard, Ismaël choisit l’amour plutôt que le patriotisme et la fait s’échapper, les Hébreux le maudissent pour cette trahison. Tout se terminera par un grand ensemble final et un <em>accellerato</em> très rossinien, assez incongru alors que le temple s’embrase à grand renfort de flammes en vidéo et de lumière rouge, un <em>presto</em> frétillant à souhait emmené d’une main experte par John Fiore à la tête de l’<strong>Orchestre de Chambre de Lausanne</strong> (l’ouverture, un peu filandreuse, n’avait pas eu le même éclat).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="600" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco-c-Jean-Guy-Python-4-1024x600.jpg" alt="" class="wp-image-164793"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un des rôles verdiens les plus inchantables…</strong></h4>
<p>C’est au deuxième acte qu’Abigaille a son vrai morceau de bravoure, l’air de la lettre, « Ben io t&rsquo;invenni, o fatal scritto ! –&nbsp;Anch&rsquo;io dischiuso un giorno ». Elle découvre qu’elle est une esclave adoptée par Nabucco et non pas sa fille biologique.<br>Alors que le cylindre monte dans les cintres en même temps qu’en descend une énorme mappemonde où les continents sont soulignés d’un néon rouge, Irina Moreva, après un prélude judicieusement animé par John Fiore, peut attaquer un vertigineux récitatif (avec un saut de deux octaves du contre-<em>ut</em> à l’<em>ut</em> grave). Vaillance indéniable face à ces implacables difficultés, dans un style quelque peu hirsute. Des coloratures sauvagement expressionnistes feront d’autant mieux apprécier le <em>mezza voce</em> de «&nbsp;D’Abigaille mal conoscete il core&#8230;&nbsp;», l’<em>aria</em> proprement dite, qui se souvient de Bellini et permettra d’apprécier la maîtrise de la ligne et l’ampleur d’un beau <em>dramatico spinto</em> (elle y évoque son amour défunt pour cet Ismaël qui l’a trahie pour Fenena). Rejointe par le grand prêtre et quelques Assyriens, elle se lancera dans une cabalette vindicative à souhait s’achevant en fanfare par l’indispensable contre-<em>ut</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_pr‚g‚n‚rale_Jean-Guy-Python-10-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164798"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Irina Moreva © Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Comprenne qui pourra</strong></h4>
<p>L’apaisement de la prière de Zaccaria « Vieni, o Levita ! » sera bref. Très belle cantilène par Nicolas Courjal sur un suave accompagnement de cordes. C’est l’une des belles pages orchestrales verdiennes et John Fiore prend le temps d’y laisser respirer l’orchestre. Puis on remarquera à nouveau le ténor éclatant d’Airam Hernández, implorant la pitié du chœur des Lévites (entente parfaite du chœur et de la fosse sur un tempo rapide).</p>
<p>Avant que le livret de Solera ne s’enfonce joyeusement dans l’incompréhensible…<br>Abdallo (<strong>Maxence Billiemaz</strong>) annonce que Nabucco est mort au loin dans quelque bataille, les deux (fausses) sœurs se disputent la couronne, la confusion est totale, mais très maîtrisée par Stefano Poda : bataille des blancs et des rouges sous forme de ballet au ralenti, les blancs marchant vers les rouges pour finir par former une pyramide bicolore. Ponctuation noire de la grande robe rouge d’Abigaille, le pouvoir étant d’abord affaire de signes…<br>Le quatuor vocal va se développer pittoresquement sur un rythme de valse, jusqu’à ce que Nabucco revienne inopinément et, dans sa fureur, se proclame dieu de l’univers… À peine l’a-t-il fait que la foudre tombe du ciel pour l’abattre. La scène est plongée dans la pénombre.</p>
<p>La plainte de Nabucco « Oh! mia figlia ! » va être l’un des plus beaux moments de Gabriele Viviani, une de ces déplorations grandioses que Verdi confie à ses chers barytons, d’une belle humanité dans ce contexte héroïco-mythologique extravagant. À peine sera-t-il tombé à terre qu’Abigaille, portée sur un pavois telle une déesse barbare, se proclamera reine !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_pr‚g‚n‚rale_Jean-Guy-Python-12-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164799"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Irina Moreva sur la pavois © Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La foudre, la folie, la foi</strong></h4>
<p>La deuxième partie commence (en principe) dans les jardins de Babylone où l’on célèbre la nouvelle reine. Pas de parterres fleuris ici, mais des portants où sont suspendus différents morceaux d’une statue blanche, des pieds, des bras, une tête, dont on devine qu’ils seront assemblés à un moment ou à un autre.<br>Face au chœur des Assyriens tous en rouge, le grand-prêtre (la basse <strong>Adrien Djouadou</strong>) annonce que les Hébreux captifs vont être exécutés, ainsi que Fenena la traîtresse.</p>
<p>Survient alors Nabucco, qui depuis qu&rsquo;il a été foudroyé est devenu fou (Solera ne se refuse rien)… Le dialogue entre le père et sa fille adoptive va être mené sur un rythme pimpant à grand renfort de flûtes acidulées, assez déconcertant dans le contexte : Abigaille veut obtenir de Nabucco sa signature sur la condamnation à mort des Hébreux (et de sa fille). À nouveau Gabriele Viviani y est d’une mâle noblesse. La voix d’Abigaille en revanche se perd un peu dans les escarpements de ses coloratures jusqu’à ce que le tempo se ralentisse avec le « Oh di qual onta aggravasi » de Nabucco.<br>Commence alors un beau dialogue pathétique, tandis que des figurants en rouge tournent lentement autour d’eux, un duo père-fille (l’une des grandes spécialités de Verdi) qui gagnera encore en rayonnement quand Gabriele Viviani, décidément très en voix (et inspiré), implorera Abigaille dans un très expansif « Deh perdona, deh perdona ad un padre che delira ! »</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_pr‚g‚n‚rale_Jean-Guy-Python-25-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-164804"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le vrai sujet de Nabucco</strong></h4>
<p>Après la strette échevelée et bruyante qui s’ensuivra, le « Va pensiero » qu’on évoquait plus haut semblera d’autant plus magique, de même que la prophétie de Zaccaria « Del futuro nel bujo discerno… », l’une des plus belles pages pour Nicolas Courjal, dont le chant tout en souplesse trouve là ses meilleures couleurs (et des notes graves plus solides qu’au début).</p>
<p>Dans son texte d’intention, Stefano Poda dit bien que le vrai sujet de l’opéra de Verdi, c’est <em>«&nbsp;l’histoire d’un espoir, d’un voyage, d’un geste de foi […] il s’agit d’une conversion&nbsp;qui n’est ni religieuse, ni séculière, mais spirituelle.&nbsp;»</em></p>
<p>On est au quatrième acte, le cylindre est redescendu, et Nabucco y est prisonnier. Son récitatif « Son pur queste mie membra ! » et la prière « Dio di Giuda ! » seront magnifiques par Viviani, même si certaines notes hautes seront un peu serrées (mais d’autant plus tragiques). Le timbre est beau, un peu bronzé, mais surtout les phrasés (portés par une <em>italianità</em> native) sont d’un vrai lyrisme verdien.</p>
<p>Un cortège arrive sur une marche funèbre <em>da lontano</em>, c’est Fenena qu’on emmène à la mort. L’aile blanche de la pensée est alors réduite en morceaux épars. La mappemonde de Baal domine la scène. C’est le moment où enfin la courte prière de Fenena « Oh dischiuso è il firmamento ! » permettra d’entendre mieux le mezzo de <strong>Marie Karall</strong> aux puissants aigus expressifs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="611" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Nabucco_pr‚g‚n‚rale_Jean-Guy-Python-21-1024x611.jpg" alt="" class="wp-image-164803"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>À gauche Gabriele Viviani, à droite Nicolas Courjal © Jean-Guy Python</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Ça, on ne l’avait pas vu venir</strong></h4>
<p>Nabucco a rameuté ses partisans, pour abattre Baal. Mais en définitive sa conversion sera plus efficace que ses armes. Les continents de la mappemonde vont se détacher d’un seul coup et tomber au sol dans un bruit de ferraille ! Grand effet qu’on n’avait pas vu venir ! L&rsquo;intérieur du globe révèlera une forme géométrique ronde. Image de l&rsquo;infini ?</p>
<p>Il ne reste plus qu’à terminer par un hymne à Jehovah <em>a cappella</em> dominé par la voix de Fenena. C’est le moment où on découvre au fond de la scène la statue reconstituée : le corps d’un éphèbe endormi, comme pour exprimer qu’aux dieux succèdent les hommes..</p>
<p>Alors entrera en scène Abigaille. Elle s’est empoisonnée et vient mourir en musique. Verdi réussit toujours ses morts. L’ultime aria « Su me&#8230; morente&#8230; esanime… discenda… il tuo perdono ! » où elle implore le pardon accompagnée par un hautbois et un violoncelle sera, du point de vue vocal, le plus beau moment d’Irina Moreva, d’un phrasé apaisé, et d’une intense mélancolie.</p>
<p>Ç’aura donc été avec cette production, la dernière de sa dix-neuvième saison, qu’Eric Vigié, directeur de l’Opéra de Lausanne, aura mis un impressionnant, pour ne pas dire colossal, point final à son mandat. </p>
<pre>* Rappelons qu'il a reçu le prix Abbiati 2024 décerné par la critique italienne pour la mise en scène, les décors, les costumes, les lumières et la chorégraphie de <em>La Juive</em> au Teatro Regio de Turin.</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-lausanne/">VERDI, Nabucco &#8211; Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>La Juive à Turin, prix de la critique musicale Franco Abbiati</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-juive-a-turin-prix-de-la-critique-musicale-franco-abbiati/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Apr 2024 06:07:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La commission de la 43e édition du Prix de la critique musicale  commissione Franco Abbiati a décerné son prix du meilleur spectacle 2023 à la production de La Juive donnée à Turin en ouverture de saison et qui réunissait les talents conjugués de Gregory Kunde en Eléazar, Mariangela Sicilia en Rachel, Martina Russomanno en Eudoxie &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La commission de la 43e édition du Prix de la critique musicale  commissione Franco Abbiati a décerné son prix du meilleur spectacle 2023 <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/halevy-la-juive-turin/">à la production de <em>La</em> <em>Juive</em> donnée à Turin</a> en ouverture de saison et qui réunissait les talents conjugués de <strong>Gregory Kunde</strong> en Eléazar, <strong>Mariangela Sicilia</strong> en Rachel, <strong>Martina Russomanno</strong> en Eudoxie et <strong>Riccardo Zanellato</strong> en Brogni, sous la baguette de <strong>Daniel Oren</strong> et dans une production de <strong>Stefano Poda</strong>. Parmi les autres lauréats récompensés, on notera <strong>Daniele Gatti</strong> pour la direction d&rsquo;orchestre, les chanteurs <strong>Olga Bezsmertna</strong> et <strong>Carlo Vistoli</strong>, le metteur en scène <strong>Andrea Bernard</strong> (Don <em>Carlo</em>, OperaLombardia), <strong>Mel Page</strong> (pour les décors et costumes de <em>Mefistofele</em> au Teatro dell’Opera di Roma). Les prix Franco Abbiati sont décernés annuellement par l&rsquo;association nationale des critiques italiens depuis 1980. Musicologue de formation, Franco Abbiati fut le critique musical attiré du <em>Corriere della Sera </em>pendant 36 ans.</p>
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		<title>HALEVY, La Juive &#8211; Turin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/halevy-la-juive-turin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Sep 2023 04:36:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le grand opéra français opère un retour en force sur les scènes européennes. Qui s’en plaindra ? Avant L’Africaine à Marseille et conjointement au Don Carlos genevois, Turin affiche La Juive, un titre emblématique du genre. Le chef d’œuvre de Fromental Halevy n’avait pas été donné au Teatro Regio depuis 1885. Encore s’agissait-il de la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le grand opéra français opère un retour en force sur les scènes européennes. Qui s’en plaindra ? Avant <em>L’Africaine</em> à Marseille et conjointement au <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-don-carlos-geneve-en-cours/">Don Carlos</a></em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-don-carlos-geneve-en-cours/"> genevois</a>, Turin affiche <em>La Juive</em>, un titre emblématique du genre. Le chef d’œuvre de Fromental Halevy n’avait pas été donné au Teatro Regio depuis 1885. Encore s’agissait-il de la version italienne. Proposer un ouvrage de ce format avec ce qu’il implique de démesure tient de la gageure. L’équipe turinoise s’est donné les moyens de ses ambitions.</p>
<p>Réputé au sud des Alpes, le travail de <strong>Stefano Poda</strong> reprend les éléments de langage théâtraux qui lui sont caractéristiques. Dans un espace monumental, le glissement latéral et vertical des plateaux favorise les changements à vue de tableaux. En fond de scène, une croix lumineuse surmontée d’une inscription en lettres latines, semblable à celle que l’on trouve sur le fronton des églises de la ville, rappelle les enjeux religieux de l’œuvre – « Tantum religio potuit suadere malorum » – au cas où le livret ne serait pas assez explicite. Le mouvement lent d’une dizaine de danseurs et figurants plus ou moins dénudés en marge de l’action engendre deux niveaux de narration : le premier arrimé au livret, le second en arrière-plan supposé reproduire au ralenti la passion du Christ. Ces deux niveaux de lecture se rejoignent lorsqu’à la fin de l’opéra Rachel prend place sur la croix. Les costumes s’inspirent de l’imagerie biblique, à l’exception d’Eudoxie qui opte pour une panoplie d’hôtesse de <em>peep show </em>en pantalon de cuir et talons aiguille. A chacun ses fantasmes. Certains s’insurgeront de ce détournement d’une œuvre au profit des obsessions d’un metteur en scène. D’autres se réjouiront au contraire du renouvellement du propos, seule condition à la viabilité du répertoire – ce qui fut vrai dans les dernières décennies du XXe siècle l’est-il encore aujourd’hui ? Loin de toute querelle, disons que cette approche, si elle ne sert pas l’œuvre, ne la dessert pas. L’important est ailleurs, dans l’interprétation musicale d’une partition aux multiples difficultés, ici souvent déjouées pour notre plus grand plaisir.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Juive-Turin-4-1294x600.jpg" />© Andrea Macchia</pre>
<p>Métronomique, la direction de <strong>Daniel Oren</strong> privilégie l’équilibre au détriment du souffle épique attendu. Mais les chœurs disposent d’une large palette de couleurs pour peindre <em>a fresco</em> les tableaux mis en musique par Halévy, et les chanteurs ont chevillé dans la voix l’éperon qui stimule les duos et les ensembles.</p>
<p>Que le Cardinal Brogni selon <strong>Riccardo Zanellato</strong> apparaisse moins imprécateur qu’homme de Dieu enclin à la miséricorde est un choix dicté par la douceur d’une basse dont l’autorité n’a jamais été le premier des atouts. Là où l’anathème du troisième acte se heurte à un défaut d’ampleur, les confrontations avec Rachel puis Eléazar, flattées par la noblesse du geste vocal et ponctuées de notes abyssales, touchent à l’humanité compassionnelle d’un rôle que l’on a trop souvent tendance à confondre avec le Grand Inquisiteur verdien.</p>
<p>Comme <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-juive-geneve-tant-de-talent-emporte-ladhesion/">à Genève l’an passé</a>, <strong>Ioan Hotea</strong> rappelle avec témérité la filiation rossinienne de Léopold (et comment son appariement à Eléazar reproduit le tandem formé à Naples dans les années 1810 par Giovanni David et Andrea Nozzari, l’un <em>contraltino</em>, l’autre <em>baritenore</em>). Quelques aigus étranglés, nasalités et autres tensions trahissent l’effort sans cependant altérer la conformation de l’amant félon.</p>
<p><strong>Martina Russomanno</strong> évite l’insipide gazouillis de la colorature pour offrir à Eudoxie une densité dans le médium qui la positionne en digne rivale de Rachel. L’interprétation dispense peu d’effets belcantistes, ce qu’autorise une partition originellement dévolue à Julie Dorus-Gras, mais la virtuosité est assumée, dans la cadence brillante de l’air du 3<sup>e</sup> acte plus encore que dans le boléro.</p>
<p>En quelques années, <strong>Mariangela Sicilia</strong> a franchi d’un soprano alerte les étapes qui mènent du lyrique léger – Musetta dans <em>La Bohème </em>à la Bastille en 2014 – à des rôles plus dramatiques – prochainement Donna Elvira dans <em>Don Giovanni </em>après avoir chanté Donna Anna (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-orange-en-voiture-zerline/">en 2019 à Orange</a> notamment). Sans malmener la ligne, ni bousculer l’homogénéité du son, la voix assume l’écriture centrale de Rachel, sa véhémence orgueilleuse, sa fièvre (« Il va venir ») et, tout aussi essentiel, ses pudeurs amoureuses. De délicats allègements alternent avec les traits furieux pour composer un portrait qui recueillerait au moment des saluts tous les suffrages si <strong>Gregory Kunde</strong> ne suscitait un plus grand engouement, dès la fin de « Dieu que ma voix tremblante », sans parler de l’interminable ovation qui accueille « Rachel, quand du seigneur », une des plus mémorables qu’il nous ait été donné de vivre pendant une représentation d’opéra.</p>
<p>Quels mots trouver lorsqu’un artiste défie ainsi les lois de la nature et hisse l’art lyrique à d’ineffables sommets ? A 69 ans, le ténor américain ajoute un nouveau drapeau à son palmarès avec l’intelligence qu’on lui connaît, conscient des limites imposées par certaines notes, par certaines pages – la cabalette que peu de ténors parviennent à transgresser – mais prétextant Eléazar pour offrir une extraordinaire leçon de chant. Alors, le phrasé certes ; le tracé impérieux de la ligne – et quelle assurance dans l’attaque ! Quel aplomb dans la manière de projeter le son ! – ; l’accent oui, d’autant plus qu’Eléazar n’exige pas la plastique vocale d’un jeune premier ; et au-delà, le tourbillon d’oxymores qui sont l’essence même du rôle, écartelé entre vengeance et pardon, amour et haine, force et douceur, bonté et sévérité, révolte et découragement – l’accablement avec lequel est entonné « Rachel, quand du seigneur ». Cette vérité du personnage, Grégory Kunde la donne à éprouver, avec une intensité hors du commun.</p>
<p><em>Last but not least </em>dans le dithyrambe, la maîtrise de la langue française que le ténor partage à un degré supérieur avec ses partenaires, comme lui non francophones. Derrière l’attention que tous portent à la diction, condition nécessaire – mais non suffisante – à l’interprétation de ce répertoire, se mesure le soin mis par le Teatro Regio pour sortir <em>La Juive</em> des limbes italiennes. Cet effort se voit justement récompensé par l’enthousiasme du public, debout au moment des saluts.</p>
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		<title>ROSSINI, Edoardo e Cristina &#8211; Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-edoardo-e-cristina-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Un discrédit de longue date », pour reprendre l’expression de Marco Beghelli, entoure Eduardo e Cristina. Dès la création l’œuvre était qualifiée de centone, c’est-à-dire de compilation d’extraits de compositions précédentes. Rossini aurait même poussé l’effronterie jusqu’à insérer un air composé par Stefano Pavesi pour ce livret en 1810. Repris et répété sans être &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Un discrédit de longue date », pour reprendre l’expression de Marco Beghelli, entoure <em>Eduardo e Cristina</em>. Dès la création l’œuvre était qualifiée de <em>centone</em>, c’est-à-dire de compilation d’extraits de compositions précédentes. Rossini aurait même poussé l’effronterie jusqu’à insérer un air composé par Stefano Pavesi pour ce livret en 1810. Repris et répété sans être remis en cause, ce jugement à l’emporte-pièce est encore considéré comme la juste sanction de la postérité. L’essai de Marco Beghelli reproduit partiellement dans le programme de salle permet de dissiper nombre de préjugés et d’apprécier plus exactement les mérites de cette partition où le connaisseur s&rsquo;amusera à essayer de reconnaître <em>Ricciardo e Zoraide </em>ou <em>Ermione</em>, quand le profane découvrira de la belle musique.. Mais que raconte le livret ?</p>
<p>Le roi Carlo de Suède a choisi pour gendre Giacomo, le prince héritier d’Ecosse. Il ignore que sa fille Cristina a épousé en secret son meilleur officier, Eduardo, récent vainqueur de la guerre contre l&rsquo;invasion russe, et qu’ils ont eu un fils. Quand il annonce publiquement sa décision, elle résiste obstinément, tant et si bien que le roi revient brutalement à la charge dans l’appartement où il l’a confinée, effrayant l’enfant qui sort de sa cachette et se réfugie dans les bras de sa mère. Au roi furibond Cristina refuse de révéler le nom du père malgré les pires menaces. Alors Eduardo se dénonce pour qu’elle soit épargnée, mais le roi outragé est déterminé à les faire mourir tous trois. Le prince d’Écosse est pragmatique : si Cristina accepte la mort d’Eduardo  il est prêt à l’ épouser et à élever l’enfant. Elle repousse encore cette offre qui lui sauverait la vie. La famille semble condamnée quand une attaque surprise de Russes échappés au massacre change la donne. Giacomo a échoué dans sa controffensive. Les partisans d’Eduardo vont le délivrer dans sa prison et évidemment il sauve une fois encore le royaume. Dès lors le roi ne peut plus qu’admettre la situation et se réjouir avec sa famille.</p>
<p>Tout est bien qui finit bien, c’est la loi du genre à l’époque, Rossini le sait bien depuis l’insuccès du final tragique de <em>Tancredi. </em>Mais <strong>Stefano Poda</strong>, le démiurge qui a réglé mise en scène, décors, costumes, lumières et chorégraphie, en a décidé autrement. Carlo, sauvé une nouvelle fois par Eduardo, renonce bien à noyer dans le sang l’outrage infligé à son autorité, mais il se tient à cour, à bonne distance de sa fille et de son gendre qui sont à jardin, et quand il relâche son étreinte sur son petit-fils, l’enfant s’écroule. Est-il mort étouffé ? Ainsi le final joyeux devient tragique ; d’autant que les parents qui chantent le bonheur retrouvé avec des mines lugubres ne se sont rendu compte de rien. Cette trouvaille couronne une série de choix qui amènent à s’interroger sur les intentions de Stefano Poda, que malheureusement la déclaration rapportée dans le programme n’éclaire pas vraiment.</p>
<p>Que signifie « traiter cette œuvre comme une œuvre d’art contemporaine et la transformer en un poème sur l’altérité » ? Pourquoi adopter un langage hermétique au plus grand nombre ? C’est un nouvel exemple de ces mises en scène qui n’ont pas pour objectif premier de rendre compte de l’œuvre pour ce qu’elle est mais de réaliser, fût-elle à l’opposé de son esprit,  la vision de leur auteur. <em>Eduardo e Cristina </em>n’avait pas l’ambition de rénover le théâtre lyrique. Il s’agissait pour Rossini de fournir le produit qui lui était demandé dans les conditions prévues par le contrat, et c’est chose faite, comme l’explique Andrea Malnati dans l’article où il expose le résultat des recherches pour reconstituer la partition. Et c’est une occasion de plus de déplorer que la décision prise au tournant du siècle de faire de Pesaro un laboratoire de la mise en scène reste encore d’actualité.</p>
<p>Reste un spectacle qui en met plein les yeux, souvent trop car des évènements secondaires viennent parasiter, pour discrets qu’ils se veuillent, les échanges entre les protagonistes qui constituent par essence l’action dramatique. Le décor est gigantesque ; de part et d’autre du plateau de hautes vitrines qui pourraient être aussi bien les réserves d’un musée que des caissons transparents dans une morgue referment des centaines de statues ? mannequins ? cadavres ? Le fond de scène est occupé entièrement par une immense installation qui semble le résultat d’une accumulation maniaque de débris de provenance indéterminée même si certains sont identifiables comme fragments de statues. Un réseau apparemment métallique enserre  ce dispositif, le protégeant et l’emprisonnant. Les éléments de base sont mobiles et seront employés à divers moments, manipulés par qui sera disponible sur le plateau, puisqu’ au deuxième acte le prince héritier d’Ecosse et l’adjoint d’Eduardo s’y astreindront. Le bas du panneau central permet une circulation des personnages et les danseurs, à la fin du spectacle, y composeront discrètement une sorte de frise évocatrice de temples indiens.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/EleonoraBartoli_SBB03350-1-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1692373186157" />Anastasia Bartoli © DR - ROF</pre>
<p>Sur le plateau, justement, figure très souvent, surtout au premier acte, une troupe de dix-huit danseurs et danseuses. La distribution prévoit, selon les didascalies, des prisonniers. Cette fonction représentative est-elle la leur ? Est-ce une contamination du défilé des prisonniers dans <em>Aida </em>? Ils apparaissent à jardin, dévêtus hormis un cache-sexe et traversent la scène en troupe pantelante dont tour à tour tel membre s’effondre et parvenus à cour repartent en marche arrière pour recommencer leur pantomime acrobatique. N’était que leur présence n’apporte souvent rien aux scènes où ils interviennent, à part ressasser que les conséquences de la guerre sont horribles, en les montrant dans une errance apparente tels des ombres malheureuses, victimes d’agressions répétées de la part des Suédois, surtout du roi, on reconnaît très volontiers le grand talent de chorégraphe de Stefano Poda et on loue sans réserve l’engagement de cette troupe de rencontre.</p>
<p>Une conséquence néfaste de ce foisonnement scénique, dont le détailler allongerait encore ce compte-rendu, est une impression de discontinu qui vient à l’appui ceux qui dénient à l’œuvre toute cohérence dramatique. Or celle-ci naît de la cohérence musicale, et l’article de Marco Beghelli  montre lumineusement comment Rossini n’a pas travaillé au forceps mais ajusté aux conditions nouvelles sa partition, avec le souci d’améliorer si possible les musiques « repêchées » et d’adapter les lignes de chant aux nouveaux interprètes. Tous les musiciens de l’époque travaillaient ainsi ; s’en prendre à Rossini à ce propos est un opportunisme de mauvais aloi. Mais si le metteur en scène n’a pas l’humilité de prendre les données de l’œuvre telle quelle on doute qu’il puisse la servir au mieux.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DanielaBarcellona_SBB03978.jpg?&amp;cacheBreak=1692373186157" />Daniela Barcellona © DR - ROF</pre>
<p>Heureusement, si le spectacle, en dépit de sa densité, de la beauté de certains costumes solistes, des oppositions binaires blanc-noir qui n’éclairent pas forcément qui est qui quand les chœurs chantent, de la reconstitution « téléphonée » d’une statue par la réunion des fragments enfermés d’abord dans les vitrines séparées, de l’utilisation des danseurs comme socle mouvant, soumis à des vexations  sadiques et/ou à des abus sexuels, si le spectacle, donc, laisse plus réticent que conquis, les versants musicaux et vocaux prêtent moins à controverse.</p>
<p>L’Orchestre symphonique de la RAI de Turin rutile déjà dans l’ouverture, dont <strong>Jader Bignamini</strong> veille à exalter la dynamique, la variété des couleurs et la séduction mélodique. Il réussira à maintenir la tension sans trop lâcher la bride afin que l’équilibre sonore avec le plateau soit préservé pour l’essentiel. Belle prestation des chœurs du Teatro Ventidio Basso, répartis de part et d’autre de l’orchestre dans la scène finale, comme si la liesse finale n’était qu’une fiction à laquelle le spectateur ne doit pas croire. Dans le rôle secondaire d’Atlei, le second d’Eduardo qui lui reste fidèle dans l’adversité, le ténor <strong>Matteo</strong> <strong>Roma</strong> fait montre d’une voix sonore et expressive. La basse <strong>Grigory Shkarupa </strong>donne au prétendant écossais une présence certaine, tant scénique que vocale, haute taille, voix profonde, bonne diction.</p>
<p>Si le titre met en vedette les éléments d’un couple uni par l’amour, l’homme qui contrarie leur bonheur est malheureux, du moins à en juger par le  jeu de l’interprète dont on peut supposer qu’il suit la direction d’acteurs qui lui a été indiquée. Stefano Poda voit le roi Carlo comme un homme tourmenté, peu capable d’empathie et dont les colères sans limites trahissent sadisme ou impuissance secrète, d’autant plus farouchement niée. <strong>Enea Scala </strong>compose un personnage d’emblée névrotique et saura mener jusqu’au bout la performance d’acteur. Vocalement, le chanteur a la générosité qu’on lui connaît, et elle est sans faille en dépit du nombre des embûches vocales accumulées ; mais quitte à être traité de radoteur, on peut douter que ce type de chant souvent en force aurait ravi Rossini. Cette réserve vaut aussi pour <strong>Anastasia Bartoli</strong>, dont la vigueur vocale débouche sur un chant extraverti où la douceur du personnage, qu’on devrait sentir dans le timbre, n’affleure que rarement, alors que dans la zone supérieure des notes aigües flottent des échos acidulés. Reste l’impact indéniable de la puissance. Quant au personnage de victime, il apparaît d’une résilience inhabituelle.</p>
<p>La vigueur vocale n’a pas fait défaut à <strong>Daniela Barcellona</strong>, si sa voix n’a pas l’impact de celle de sa partenaire. Si on tend l’oreille, c’est pour absorber avidement les plus infimes éléments sonores d’une émission conforme aux canons du chant rossinien, qui comble déjà par là-même et ne cessera d’enchanter l’auditeur enveloppé dans les volutes et les arabesques ou transporté par la justesse des éclats. La noblesse du maintien est devenue une seconde nature et on s’abandonne, ayant enfin atteint enfin au port qu’on espérait.</p>
<p>Le succès est certain, en termes d’applaudimètre. Mais on ne peut passer sous silence le nombre de sièges restés vides. Désaffection circonstancielle ou crise plus profonde ? Il ne faudrait pas que  les habituels satisfecits masquent la proximité de l’abîme.</p>
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