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	<title>Reinoud VAN MECHELEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 28 May 2026 22:03:51 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Reinoud VAN MECHELEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>RAMEAU, Les Boréades &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-les-boreades-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il se dit que si Rameau était mort à 40 ans, personne ne le connaîtrait aujourd’hui ; son inspiration n’a il est vrai jamais été aussi florissante que dans la seconde moitié de sa vie. Il a déjà cinquante ans pour son premier triomphe à l’opéra avec Hippolyte et Aricie, il en aura quatre-vingt quand il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il se dit que si Rameau était mort à 40 ans, personne ne le connaîtrait aujourd’hui ; son inspiration n’a il est vrai jamais été aussi florissante que dans la seconde moitié de sa vie. Il a déjà cinquante ans pour son premier triomphe à l’opéra avec <em>Hippolyte et Aricie</em>, il en aura quatre-vingt quand il compose son ultime pièce lyrique, ces <em>Boréades</em> qu’il ne verra jamais représentés : un chef-d&rsquo;œuvre pour terminer.<br />
Après Dortmund le 22 mai, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jean-philippe-rameau-les-boreades-namur/">Namur le 23 mai</a>, et avant Bruges, Versailles, Tourcoing, Louvain puis les festivals d’été (Beaune et Lessay en juillet), l’ensemble de musique baroque « A nocte temporis » (« depuis la nuit des temps ») fondé en 2016 et dirigé par le ténor <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, pose ses valises à Toulouse, le temps d’une représentation de cette pièce qui défie le temps et qui contient quelques-unes des plus saisissantes inspirations de Rameau.<br />
On se référera avantageusement au compte-rendu de Claude Jottrand à Namur, qui indique à la fois la genèse et le résumé de l’action.</p>
<p>Ce soir encore, comme lors du précédent concert, c’est le septuor vocal qui glane tous les suffrages, à commencer par Reinoud Van Mechelen, ténor au long cours, qui alternativement dirige et chante (Abaris) ; une gymnastique bien huilée au service d’une direction précise, souvent très allante et d’une voix qui porte – presque trop parfois – et qui, à l’évidence conviendra à d’autres répertoires que celui-ci. La technique propre à l’ornementation de Rameau est au point, ce qui vaut du reste pour les autres protagonistes.<br />
<strong>Gwendoline Blondeel</strong> a elle aussi entièrement intégré l’ornementation fine (scène de l’orage : « Un horizon serein ») ; elle maîtrise la retenue du vibrato à merveille et allie puissance et douceur. Elle qui avait été une Dalinda (<em>Ariodante</em>) remarquée à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-versailles/">Versailles à l’automne dernier</a>, confirme combien elle est à l’aise dans ce répertoire.<br />
Belle découverte que <strong>Lore Binon</strong> ; venue au chant sur le tard après avoir excellé dans la pratique du violon, elle incarne à merveille la légèreté qu’ont en commun Sémire, une nymphe, l’Amour et Polymnie. Remarquée elle aussi à Versailles dans ce même type de répertoire (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles-2/">Atys en janvier dernier</a>), nous l’attendons maintenant dans des rôles plus consistants.<br />
<strong>Tomáš Král</strong> chante Adamas et Apollon. Il possède un baryton séduisant : il restera au Tchèque à parfaire la prononciation de certaines nasales encore approximatives.<br />
Les deux Boréades sont Calisis et Borilée. Le premier est tenu par le ténor américain <strong>Robert</strong> <strong>Getchell</strong>, dont la maîtrise de notre langue est remarquable. Le ténor est vif et bien posé, correctement projeté. Son comparse est ce soir <strong>Philippe Estèphe</strong>, que nous avions bien apprécié dans <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-les-boreades/">l’enregistrement des <em>Boréades</em></a> avec Sabine Devieilhe et Van Mechelen. Le baryton possède un timbre agréable.<br />
Enfin <strong>Lisandro Abadie</strong>, titulaire du rôle modeste de Borée, incarne de toute sa présence celui qui pensait régenter le sort d’Alphise.<br />
A l’orchestre « A nocte temporis » s’est adjoint un chœur de chambre majoritairement masculin, celui de Namur, qui aura lui aussi contribué à la réussite de la soirée et, pour nombre de spectateurs, à la redécouverte d’un authentique chef-d’œuvre du répertoire français.</p>
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		<title>Jean-Philippe RAMEAU : Les Boréades &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jean-philippe-rameau-les-boreades-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 07:22:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La légende voulait que la création des Boréades ait été interrompue pendant les premières répétitions en raison de la mort du compositeur. Quelques recherches plus loin, et en particulier celles menées par la musicologue Sylvie Bouissou, il apparaît que les raisons de cette interruption seraient plutôt à chercher du côté de la censure : comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La légende voulait que la création des<em> Boréades</em> ait été interrompue pendant les premières répétitions en raison de la mort du compositeur. Quelques recherches plus loin, et en particulier celles menées par la musicologue Sylvie Bouissou, il apparaît que les raisons de cette interruption seraient plutôt à chercher du côté de la censure : comme le précise le programme de la soirée, l’œuvre était déjà en répétition à Paris en avril 1763, en vue d’une création à Choisy en juin, à l’occasion des fêtes célébrant la fin de la guerre de Sept-Ans. Le côté subversif du livret, où l’on voit une femme renoncer au trône pour échapper à un mariage forcé, le héros tenté par le suicide plutôt que de combattre et les abus commis par les princes à l’égard de leur prisonnière, pourrait être une des raisons. Les difficultés de la partition pourraient en être une autre. Mais il y a aussi qu&rsquo;à Paris le goût est en train de changer de camps, au profit des italiens plus en vogue. Rameau à cette époque représente la vieille garde, son heure a passé. Il y a enfin que la Pompadour cherchait à imposer son protégé Benjamin de Laborde, et c’est l&rsquo;opéra de ce dernier <em>Ismène et Isménias</em> qui fut finalement représenté à Choisy.</p>
<p>Redécouverte et créée par John Eliot Gardiner à Aix en 1982, la partition reste rare au répertoire, et il semble bien que la représentation d’hier à Namur pourrait même être une première en Belgique.</p>
<p>Présentée sans mise en scène mais avec une distribution vocale de premier choix, l’œuvre paraît fort intéressante à bien des égards. Les éléments non conventionnels du livret, qui proclame la liberté d’aimer et voit dans cette liberté même le bien suprême, apportent à ces<em> Boréades</em> une grande modernité. La musique y est complexe, avec un recours fréquent à la virtuosité la plus débridée, tant aux voix qu’à l’orchestre, avec aussi de fréquentes ruptures rythmiques ou harmoniques, ou des transitions abruptes propres à dérouter l’auditeur, et parfois même les musiciens.</p>
<p>Seconde représentation après Dortmund la veille, et avant toute une série d’autres qui mèneront les musiciens jusqu’à Beaune en juillet prochain, la halte à Namur, où le chœur est chez lui, parait bien naturelle. Dire que la représentation fut parfaite est sans doute un peu exagéré, mais elle réunissait une distribution vocale d’excellente qualité. <strong style="font-style: inherit; background-color: var( --e-global-color-85b2d67 ); color: var(--ast-global-color-3); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Gwendoline</strong> <strong style="font-style: inherit; background-color: var( --e-global-color-85b2d67 ); color: var(--ast-global-color-3); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Blondeel</strong> campe une Alphise extrêmement solide, avec un réel abattage scénique, une aisance dans tous les registres et des réserves de puissance étonnantes. Elle vocalise aussi bien en force qu’en légèreté et relève avec honneur tous les défis techniques de la partition. Reste que la diction, les consonnes en particulier, laisse parfois un peu à désirer et on doit souvent s’en référer aux surtitres pour saisir le texte.</p>
<p><strong>Reinoud Van Mechelen</strong> (Abaris) ne faillit pas à sa réputation : dès son entrée au début de l’acte II, il fait très grande impression. La voix est somptueuse et le chanteur est particulièrement à son aise dans ce rôle qu’il a déjà expérimenté en septembre 2023 à Paris aux côtés de Sabine Devieilhe. Il confirme cette belle solidité tout au long de la représentation, avec une magnifique palette de nuances, des couleurs vocales très variées et toujours appropriées. Il n’empêche que vouloir cumuler le premier rôle masculin de la distribution et la direction de l’orchestre n’est sans doute pas une bonne idée. Les gesticulations, légitime dans son rôle de chef, ne sont guère compatibles avec les différentes émotions qu’il exprime comme chanteur, on le voit dansant presque sans cesse (il dirige avec tout le corps), y compris lorsqu’il est en proie aux émotions les plus fortes ou qu’il appelle la mort. Le voir diriger les duos entre lui-même et Alphise ou Adamas établit entre eux un rapport qui n’est pas juste dramatiquement. Ce sont là de petites choses, mais face à une distribution d’une telle qualité, on en vient à espérer la perfection.</p>
<p><strong>Robert</strong> <strong>Getchell</strong> qui chante Calisis, possède une voix très sonore, avec des aigus impressionnants mais parfois un peu aigres, tout à fait dans l’esthétique du baroque français. Sa diction est excellente et son engagement total. A ses côtés, <strong>Philippe Estèphe</strong>, (Borilée) sobre et efficace est un pendant parfait. <strong>Thomás</strong> <strong>Král</strong> (Adamas – mais il chante aussi, et fort bien, le petit rôle d’Apollon) en impose par sa présence scénique, sa belle voix grave et son autorité naturelle. Il confère au personnage toute la maturité requise.</p>
<p><strong>Lore</strong> <strong>Binon</strong>, beaucoup de souplesse et de facilités technique, une très belle lumière dans la voix, un charme fou en scène, cumule tous les autres rôles féminins de la distribution, principalement Sémire, mais aussi une Nymphe, l’Amour (délicieusement malicieuse) ou Polymnie. Enfin, <strong>Lisandro</strong> <strong>Abadie</strong> chante le court et peu sympathique rôle de Borée, donnant lui aussi pleine satisfaction.</p>
<p>Le chœur de chambre de Namur, préparé comme à son habitude par <strong>Thibault</strong> <strong>Leenaerts</strong>, montre la même solidité que le reste de la troupe et répond avec entrain à toutes les sollicitations du chef.</p>
<p>Un peu moins satisfaisant, l’orchestre A Nocte Temporis semble avoir manqué d’une ou deux répétitions pour parachever un travail de recherche de contrastes et de couleurs, de précision des attaques et de fluidité des enchaînements, propre à crédibiliser davantage l’intrigue et mettre en valeur le livret.  On soulignera les efforts du percussionniste pour nous faire vivre avec effroi les différents épisodes de tempête et d&rsquo;orage de la partition, la qualité des cors de chasse et des vents en général, mais le pupitre des cordes a paru fort mince face aux chatoiements de la partition, en relatif sous- effectif par rapport à ce dont on se souvient des productions précédentes, un peu insuffisant pour rendre le caractère dramatique mais aussi grandiose de l&rsquo;œuvre.</p>
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		<title>RAMEAU, Castor et Pollux &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-castor-et-pollux-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la version originale, celle de 1737, que Leonardo García Alarcón a choisi de monter pour une tournée qui emmène les musiciens d’abord à Genève, ici à Namur et dès ce dimanche à Versailles. L’œuvre a été considérablement remaniée par Rameau en 1754, et c’est habituellement cette version-là, considérée comme définitive, qu’on entend. Dans cette &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la version originale, celle de 1737, que <strong>Leonardo</strong> <strong>García</strong> <strong>Alarcón</strong> a choisi de monter pour une tournée qui emmène les musiciens d’abord à Genève, ici à Namur et dès ce dimanche à Versailles. L’œuvre a été considérablement remaniée par Rameau en 1754, et c’est habituellement cette version-là, considérée comme définitive, qu’on entend. Dans cette proposition, qui est aussi une version de concert, pas de prologue. Dès après l’ouverture, roulez tambour, on plonge directement dans le drame avec le magnifique chœur <em>Que tout gémisse, que tout s’unisse,</em> ce qui donne à l’œuvre un tout autre caractère, beaucoup plus condensé, plus direct, plus intense. En grand connaisseur de l’esthétique baroque, le chef choisit d’exacerber les affects, d’exagérer les nombreuses ruptures abruptes de la partition, mettant un accent particulier sur sa théâtralité, accentuant les contrastes, variant sans cesse les tempi, les intentions, les couleurs, avec un grand souci du détail. Il use aussi abondamment, et de façon très démonstrative, des ralentis en fin de phrase. Les musiciens répondent plus ou moins fidèlement à toutes ces injonctions, mais pas toujours avec grande précision. Certaines attaques du chœur sont un peu approximatives, les tempi extrêmement rapides des passages purement orchestraux sont aussi causes de quelques désordres, qui seront rapidement rattrapés. L’ensemble, somptueusement coloré, très engagé, donne néanmoins une impression de très grande richesse sonore, mais pas toujours de grande précision. Ce souci du détail, dont le chef fait preuve à maintes reprises, frise le maniérisme ou l’affectation, parfois au détriment d’une sereine grandeur ou de l’unité de l’œuvre. On retiendra tout de même – et à titre d’exemple – la somptueuse intervention des quatre bassons dans le grand air de Télaïre (<em>Tristes</em> <em>apprêts</em>, <em>pâles</em> <em>flambeaux</em>) créant un effet dramatique intense, les solos de flûte ou de trompette, et les efforts d’imagination du percussionniste pour déclencher les tempêtes ou les entrées fracassantes des dieux, tentant de compenser par ses effets de surprise tout ce qu’une version de concert peut avoir de frustrant sur le plan visuel.</p>
<p>La distribution vocale est globalement de très grande qualité. Les deux rôles titres sont tout simplement somptueux : <strong>Thomas</strong> <strong>Dolié</strong> prête sa voix sombre et puissante, aux harmoniques particulièrement riches à Pollux, et parvient à rendre toute la subtilité des traits du personnage avec beaucoup de crédibilité. <strong>Reinoud</strong> <strong>Van</strong> <strong>Mechelen</strong> est un Castor parfait, émouvant, rayonnant, à la voix magnifiquement timbrée, impressionnante de volume et de couleurs, créant à chacune de ses interventions de puissantes émotions musicales. Son premier grand air au début de l’acte IV, <em>Séjour</em> <em>de</em> <em>l’éternelle</em> <em>paix</em>, qui ici ouvre la deuxième partie du spectacle, fait très grande impression ; ce rôle, c’est évident, semble écrit pour lui. Cet artiste exceptionnel confirme d’années en années ses qualités vocales rares, sa parfaite diction française, mais aussi son engagement sans faille au service du répertoire le plus exigeant.</p>
<p>A l’inverse, <strong>Judith</strong> <strong>van</strong> <strong>Wanroij </strong>(Télaïre), le nez dans la partition alors que tous les autres chantent de mémoire, semble nettement moins préparée que ses compagnons, de sorte qu’on se demande ce qui se passe, chez une chanteuse qu’on connait bien par ailleurs et dont on apprécie habituellement le timbre magnifique et les véritables qualités de musicienne. On apprendra plus tard qu’elle a rejoint la production en toute dernière minute en remplacement d’une collègue malade, ce qui explique tout, mais pourquoi ne pas l’avoir annoncé ? Il n’empêche, le déséquilibre avec le reste de la troupe est flagrant, la prononciation française laisse à désirer et la communication avec le public fait largement défaut. Les deux autres solistes féminies, <strong>Victoire</strong> <strong>Bunel</strong> en Phébé, et <strong>Giulia</strong> <strong>Bolcato</strong>, voix fraîche et charmante, donnent pleine satisfaction.</p>
<p><strong>Olivier</strong> <strong>Gourdy</strong> (Jupiter) possède beaucoup de qualités vocales, mais manque de charisme pour incarner le roi des dieux dont l’impact symbolique requiert une personnalité forte. <strong>Clément</strong> <strong>Debieuvre</strong>, dans les différents petits rôles qu’il incarne, fait preuve d’une fort belle vaillance, et d’une voix particulièrement brillante dans l’aigu, sans difficulté apparente malgré la tessiture.</p>
<p>Le chœur aussi a du préparer ce spectacle en peu de temps, encore occupé il y a deux jours par la <em>Création</em> de Haydn au TCE. Cela explique sans doute les quelques imprécisions, dues sans doute aussi aux déplacements inutiles entre les bords de la salle, le fond de scène ou au contraire l’avant-scène, ce qui ne facilite guère le contact visuel avec le chef. En dépit de ces quelques réserves, la soirée fut de grande tenue, au service d’une partition exceptionnelle à bien des égards et d’un livret d’une belle richesse morale et émotionnelle, tout cela largement salué par les applaudissements très enthousiastes d’un public ravi.</p>
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		<title>RAMEAU, Castor et Pollux – Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-castor-et-pollux-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Mar 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne verra plus jamais les caddie d’hypermarché du même regard. On ignorait qu’il y avait en eux une telle force poétique (ou mortifère d’ailleurs)… C’est par l’impact des images qu’elle crée et leur puissance obsédante que la mise en scène d’Edward Clug s’impose. Décidément la tragédie lyrique s’accommode très bien des visions de chorégraphes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On ne verra plus jamais les caddie d’hypermarché du même regard. On ignorait qu’il y avait en eux une telle force poétique (ou mortifère d’ailleurs)…</p>
<p>C’est par l’impact des images qu’elle crée et leur puissance obsédante que la mise en scène d’<strong>Edward Clug</strong> s’impose. Décidément la tragédie lyrique s’accommode très bien des visions de chorégraphes contemporains et, puisque c’est <strong>Leonardo García Alarcón</strong> qui dirige, on est tenté de se remémorer deux autres de ses spectacles eux aussi très chorégraphiés : le hip-hop des <em>Indes galantes</em> (avec Clément Cogitore et Bintou Dembélé) ou les murailles mycéniennes et les guerriers grecs d’<em>Atys</em> (avec Angelin Preljocaj), autant de visions qui restent gravées.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Castor-et-Pollux--819x1024.jpg" alt="" class="wp-image-210323"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Reinoud Van Mechelen et Andreas Wolf © Gregory Batardon</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le deuil impossible</strong></h4>
<p>De ce <em>Castor et Pollux,</em> on se rappellera Pollux traînant le cadavre de Castor sur un manteau noir évoquant un body bag (première image), ou le même Pollux rapportant dans un sac poubelle noir la tête de Lyncée qu’il vient de trucider pour venger Castor ; on se rappellera les crânes blancs et les soutanes noires du chœur sur fond de nuages d’orages (tout le spectacle se déroule sous la menace en vidéo de cieux désespérants), on n’oubliera pas la détresse de Télaïre assise sur une chaise de cantine, si fragile dans sa petite chasuble blanche, ni les parapluies noirs des gardiens des enfers qui l’engloutiront.<br />On n’oubliera pas Pollux portant dans son dos un double de Castor, image d’un deuil impossible, aussi émouvante que celle des deux demi-frères se tenant la main ou, plus fort encore, ce moment aux Enfers où Pollux pose doucement sa tête sur les genoux de Castor, toutes images célébrant la fraternité. Ou cette Amitié dont Pollux deviendrait le Dieu (c’est le destin que Télaïre lui propose, à lui qui se meurt d’amour pour elle).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg_magali_dougados_q3a3533_high-683x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-210310"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Pollux portant le double de Castor © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Polypropylène</strong></h4>
<p>On se souviendra de certaines incongruités cocasses : le chœur affligé se couvrant le visage non pas de cendres mais de sacs en polypropylène, ou les mêmes buvant un lait nourricier dans des bouteilles en plastique, ou bien sûr, autre image issue de la société de consommation que le metteur en scène semble abhorrer, les fameux caddie, promus char funèbre de Castor : c’est gisant là que Pollux le découvrira. Des caddie (qui n’apparaissent qu’aux Enfers) auxquels six danseurs et danseuses formidables donneront vie (mention particulière à celui qui, revêtant un masque de chien à paillettes, deviendra Cerbère et fera virevolter son chariot avec une aérienne liberté).</p>
<p>Le plateau est nu, seulement meublé de podiums à tout faire, oblongs et mobiles, les costumes sont vaguement d’aujourd’hui, hormis les « soutanes » qu’on a dites, ou les aubes blanches des âmes heureuses des Champs Elysée (porteuses d’ailleurs de déconcertantes auréoles blanches… vision quelque peu préraphaélite, à moins qu&rsquo;elle ne soit reprise de<em> Fellini Roma</em>). L’ambiance est nocturne, les nuées pesantes.</p>
<p>On le sait, il y a peu d’action dans cette version initiale de l’opéra, celle de 1737, et c’est bien pour répondre aux critiques que Rameau le refondit en 1754. Tout s’appuie sur le texte, d’ailleurs très noble, de Pierre-Joseph Bernard, et sur la grandeur des sentiments. Et si l’amitié et l’amour rivalisent, c’est bien sous le regard de la mort, obsessionnellement présente.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026A050_Castor_Pollux_G_20260317_GTG-Gregory_Batardon_19-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210307"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sophie Junker (Télaïre) © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Sophie Junker en état de grâce</strong></h4>
<p>À peine passée la preste ouverture, très acérée et articulée, sous la direction pétaradante d’énergie de Leonardo García Alarcón, mais sans jamais de sécheresse (il y a de la sensualité dans sa palette, des grondements de basses, des contre-chants de bois toujours savoureux), c’est par une déploration funèbre (et sublime) que commence l’opéra, le majestueux « Que tout gémisse » en fa mineur des Spartiates, chanté par un <strong>chœur du GTG</strong> superbe de plénitude sur de telluriques roulements de timbales. <br />Avec quoi contrastera tout de suite la souplesse du dialogue en récitatif entre Phébé et Télaïre : les continuistes de <strong>Cappella Mediterranea</strong> laissent toute liberté aux chanteuses d’incarner, de dire le texte, selon leur respiration, et d’ailleurs on aura le même sentiment lors du premier air, non moins superbe et fameux, le « Tristes apprêts, pâles flambeaux » de Télaïre, lui aussi d’une étonnante flexibilité : Leonardo García Alarcón suit <strong>Sophie Junker</strong> dans tous ses changements de tempo, ses ralentissements, son rubato très personnel (la voix est superbe d’assurance, de lumière, de legato).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg_magali_dougados_q3a3690_high-2-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210312"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les seaux d&rsquo;eau © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Gravité et grandeur paradoxales</strong></h4>
<p>Et donc, à l’image de ce début, ce qui convainc c’est la gravité de ton de ce spectacle, qui tient de la célébration ou de la cérémonie, et qui trouve le moyen de fondre toutes les fantaisies parfois drôles qu’il s’autorise dans une atmosphère souvent solennelle ; ainsi Jupiter peut bien apparaitre vêtu d’une fantasque jupe faite de ces plateaux en carton mâché qui servent à stocker les œufs, ou répandre sa force de vie par une ingénieuse chenille de bouteilles en PVC, c’est bien la funèbre grandeur d’un spectacle qui se déroule sous le regard de la mort qui touche profondément.</p>
<p>On est par exemple à la fois épaté et oppressé par le plus spectaculaire des épisodes dansés : apparaissent les six danseurs à peine vêtus de petits slips couleurs chair, sur lesquels les noirs choristes vont jeter des seaux d’eau (pas trop froide on espère), et dès lors sur la pellicule d’eau restant au sol ce sera un ballet de corps glissant d’un bout à l’autre du plateau, virevoltant, tournant en toupie (parfois c’est Pollux qui saisit l’un ou l’autre pour lui donner un mouvement de manège) dans un ballet à la fois gracieux, un peu sexy, fluide et fascinant autant qu’inquiétant : ces corps soumis et ballotés par des mouvements hasardeux suscitent des idées d’oppression, de destin aveugle, de souffrance, d’inexorable. Mais de sensualité aussi !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg_magali_dougados_q3a3636_high-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210311"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jupiter (Alexandre Duhamel) et l’élixir de vie © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Magnifique Andreas Wolf</strong></h4>
<p>D’autres passages chorégraphiques relèvent d’un vocabulaire disons gymnique plus convenu, notamment l’entrée des Athlètes accompagnant le triomphe de Pollux victorieux de Lyncée et le duo « Éclatez fières trompettes » de <strong>Sahy Ratia</strong> et <strong>Alexandre Duhamel</strong>, un peu désordonné, qui amènera la première intervention (il y a en aura beaucoup, le rôle est lourd) de l’excellent <strong>Andreas Wolf</strong>. <br />Ce complice fréquent de García Alarcón aura ici tout loisir de donner à entendre un timbre superbe, une voix très longue, un vibrato délectable et une diction admirable : avec son français impeccable il peut distiller le texte altier de Pierre-Joseph Bernard, suivi pas à pas par le continuo dans ses moindres inflexions. <br />Amoureux en secret de Télaïre, c’est sur un somptueux tapis orchestral de violons et de bassons qu’il chante son monologue « Nature, Amour, qui partagez mon cœur », où l’on admire la ligne de chant, l’éclat solaire des notes hautes, un chagrin s’exhalant avec noblesse (« À d’éternels malheurs mes jours sont condamnés »). Et sa supplique à son père Jupiter, « Ma voix, puissant maître du monde », sera un autre moment d’émotion contenue : le <em>rallentando</em> sur « Ô mon père, écoute mes vœux » est superbe et la reprise <em>mezza voce</em> encore davantage, de même que ses allègements dans sa plaidoirie (sur « Mais l’amour de Léda »).</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg-gregory_batardon_83_high-2-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210321"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Si le Grand-Prêtre de Sahy Ratia convainc assez peu, le Jupiter d’Alexandre Duhamel est de belle prestance, même si on pourrait rêver de graves aussi profonds qu’est clair le registre supérieur. C’est lui, le père de Pollux, qui voudra lui montrer à quoi il renoncerait s’il descendait aux Enfers se substituer à Castor, prétexte à un nouveau divertissement, la scène d’Hébé et de ses suivantes où apparaissent les bouteilles de plastique qu’on a évoquées, et la chenille transportant un nectar de vie. Jolie intervention de <strong>Giulia Bolcato</strong> incarnant une suivante d’Hébé.</p>
<h4><strong>Les parapluies, ça marche toujours</strong></h4>
<p>Rien de plus efficace que des parapluies noirs sur une scène. Effet garanti à peu de frais. On va voir Phébé en apporter une brassée aux Spartiates pour les armer et empêcher Pollux de descendre aux Enfers : Phébé aime Pollux, mais n’en est pas aimée, d’où un caractère vindicatif, en tout cas douloureux. <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong>, toute de noir vêtue telle une antithèse de Télaïre, choisit un chant expressionniste, souvent excessif, parfois un peu hirsute, qui met l’accent sur le courroux du personnage davantage que sa douleur. Le contraste avec le chant toujours rayonnant de Télaïre (que Phébé veut convaincre d’immobiliser Pollux elle aussi) n’en est que plus désarçonnant. Néanmoins, quoi de plus édénien que le bref trio qui surgit alors, l’une des plus belles choses que Rameau ait écrites : « Ô douceur, ô douleur, ô supplice extrême ! » chantent-ils, chacun dans son propre sentiment.</p>
<p>Nouvelle démonstration de virtuosité chorale, le chœur des Démons, « Brisons tous nos fers », du 3e acte par un chœur du GTG déchainé (à grands renfort de timbales tempétueuses) et impressionnante performance de Cappella Mediterranea dans la grande éruption du « deuxième air des Démons » mené par LGA à un tempo d’enfer (évidemment). Faute de grande bataille de Monstres et de Spectres (et d’apparition de Mercure), c’est dans la fosse que se déchaînent les foudres et c’est d’un brio formidable !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg-gregory_batardon_62_high-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210318"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>L&rsquo;apparition de Castor (Reinoud Van Mechelen) © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un duo de frères idéal</strong></h4>
<p>Voici enfin Castor (<strong>Reinoud Van Mechelen</strong>) qui apparaît au fond du plateau, poussant une batterie de caddie. Sur un suave tapis de cordes et sur un tempo assez lent, son air « Séjour de l’éternelle paix » est un délice de legato, de clarté vocale, de cantabile. La deuxième strophe, « Que ce murmure est doux », est encore plus lumineuse avant la reprise qui se décore d’ornements légers, tandis que l’orchestre se fait plus dense, et tandis que va commencer un gracieux (mais oui !) ballet de caddie, à bord desquels les danseurs se livreront à quelques figures acrobatiques, et qu’apparaîtront les Ombres heureuses, vêtues de blanc et couronnées d’auréoles.</p>
<p>Au pupitre, LGA sculpte le son, dirigeant très fermement ces séquences de ballet, donnant le départ aux choristes et aux chanteurs. Jolies interventions des deux ombres, <strong>Charlotte Bozzi</strong> et Giulia Bolcato.</p>
<h4><strong>Un récitatif à deux et en liberté</strong></h4>
<p>Pollux va découvrir Castor couché au fond d’un caddie comme on le serait dans un sarcophage. <br />Alors commence la scène la plus longue de l’opéra, tout entière en récitatif, emblématique de ce qu’est devenue la tragédie lyrique sous la plume de Rameau.  D’infimes et incessantes inflexions selon les affects du texte, des modulations, des changements de tempo, c’est un dialogue sensible, où les deux interprètes s’accordent à merveille, comme leurs voix, les chaudes couleurs de Van Mechelen s’alliant aux beaux graves et au vibrato de Wolf, notamment dans un superbe unisson sur « Ô moments les plus doux ! Ô mon frère est-ce vous ? » <br />Tout cela crée un moment suspendu, accompagné par un continuo aussi mobile et changeant que leurs états d’âme. Non sans passion. Ainsi Pollux s’animant pour décrire l’affliction de Télaïre, ou hésitant à confier à son frère qu’un autre a soupiré pour elle, et que c’est lui-même… Ou Castor refusant que Pollux prenne sa place aux Enfers.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg-gregory_batardon_75_high-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210319"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Un caddie-sarcophage © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Le dialogue s’échauffe, monte de ton. Admirable chaleur de Pollux sur « Hâte-toi, va ! Le ciel t’ordonne d’être heureux ». Et admirable effusion de Castor promettant de redescendre aussitôt qu’il aura embrassé Télaïre. Ici, Mercure devrait apparaitre et emporter Castor, mais on se bornera à un chœur splendide, « Revenez, revenez sur les rivages sombres », avec un ravissant commentaire des flûtes.</p>
<h4><strong>La fête de l’Univers</strong></h4>
<p>Au cinquième acte, l’ultime air de Phébé, « Castor revoit le jour, Mercure le ramène », sera nous semble-t-il un peu trop marqué d’aigreur et de rancœur, mais il est vrai que la gigantesque vocalise finale, du haut en bas de la tessiture, n’incite guère à tempérer la violence.</p>
<p>Il faudrait dire encore les retrouvailles entre Castor et Télaïre, Sophie Junker magnifique d’effusion, de lyrisme (et de beauté vocale) dans son « À vous pleurer encore mes sens sont condamnés », ou le « Vivez, vivez, et laissez-moi mourir », si vibrant, si sincère, de Reinoud Van Mechelen, ou le « Ton frère est ton rival », que Télaïre avoue avec peine. Réponse de Castor : « Dissipez cet effroi, je connais ses vertus. » On est dans le sublime !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg-gregory_batardon_80_high-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210320"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Télaïre et Castor © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Tout cela se résoudra, après un grand tintamarre de timbales déchainées, par l’apparition de Jupiter, d<em>eus ex machina</em>, et de Pollux, flûtes à l’appui : « Dieux ! je retrouve ensemble / Tous les objets de mon amour ! » chantera superbement Andreas Wolf avant son merveilleux « Sois heureux ! Je ne suis immortel qu’à ce prix ! »</p>
<h4><strong>Une ronde et des lumignons</strong></h4>
<p>Une fois que Jupiter (Alexandre Duhamel, débonnaire et sonore) aura accordé aux deux frères l’immortalité, commencera le ballet cosmogonique, qui est une des difficultés de cet opéra. Et qu’Edward Clug réussira, aidé de son costumier <strong>Leo Kulaš</strong>. Apparaîtra d’abord une planète vêtue de bleu (Charlotte Bozzi) pour une gigue, et Jupiter remettra à chacun des deux frères un sac en plastique (encore !) empli de lumignons genre guirlande de Noël, signe de leur nouvel état d’astres, puis sur une immense chaconne, (une dizaine de minutes) commencera un gigantesque mouvement tournant emportant la foule des choristes et une ronde de planètes : huit danseurs et danseuses en robes d’un bleu superbe qui tourneront elles aussi juchées, sur quoi ? Mais sur des caddies bien sûr !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/castor_pollux_trailer_1920x1080_01-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-210325"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les planètes © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Puis à chacun des choristes sera remis son petit sac de lumignons, et c’est donc l’univers entier qui tournera sur le plateau, sur les infinies variations, dont beaucoup chantées, que Rameau aura inventées pour sa chaconne. Tout se terminera par un « C’est la fête de l’univers », envoyé à tue-tête par Jupiter et par le chœur. En tout cas, la fête de Rameau.</p>
<p>Fin grandiose et drôle à la fois, avec une touche de merveilleux, d’un spectacle très réussi, illuminé par des interprètes inspirés, – et conduit superbement par Leonardo García Alarcón, avec un dosage très sûr de poigne et de lâcher prise.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-castor-et-pollux-geneve/">RAMEAU, Castor et Pollux – Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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