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	<title>Chantal SANTON JEFFERY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 28 Apr 2026 05:02:41 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Chantal SANTON JEFFERY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MOZART : Don Giovanni &#8211; Clermont-Ferrand</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette production de l’ « opéra des opéras » (Wagner) est maintenant aussi bien connue que rôdée (*). C’est peu dire que Jean-Yves Ruf s’est pleinement approprié l’ouvrage. On se souvient ainsi d’un Don Giovanni dijonnais et lillois (2013) dont il tirait les ficelles avec ses complices, qui l’accompagnent toujours dans une démarche minimaliste. Plus que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette production de l’ « opéra des opéras » (Wagner) est maintenant aussi bien connue que rôdée (*). C’est peu dire que <strong>Jean-Yves Ruf</strong> s’est pleinement approprié l’ouvrage. On se souvient ainsi d’un <em>Don Giovanni</em> dijonnais et lillois (2013) dont il tirait les ficelles avec ses complices, qui l’accompagnent toujours dans une démarche minimaliste. Plus que jamais, il évacue tout apparat, tout faste pour focaliser l’attention sur les protagonistes, dont la direction d’acteur est particulièrement fouillée. Pas de fosse, sur le plateau une formation au complet, qui va être intégrée à la dramaturgie.  Le choix a été de jouer sur deux plans : celui de l’orchestre, lieu de déambulations des acteurs, et une passerelle, en fond de scène, le plus souvent réservée aux nobles. La lisibilité musicale y gagne à la faveur d’une proximité renforcée avec le public. Une grande humilité dans une lecture qui laisse le spectateur libre de sa propre interprétation. Transcendance, expressionnisme ne sont ni évacués, ni soulignés, aucune référence à MeToo ni à Epstein. Au sortir de cette soirée, on est toujours porté par la magie musicale, servie par une distribution jeune, sans faiblesse, dont l’ardeur, la vivacité, comme l’engagement et l’écoute collective sont les maîtres mots. L’esprit de troupe est manifeste, lié à la fréquentation régulière et collective de l’ouvrage. <strong>Julien Chauvin</strong>, mozartien d’élection, insuffle l’énergie, les accents dramatiques, tout en gardant la souplesse des phrasés et les équilibres. L’ouverture, impressionnante, intensément dramatique, est la promesse d’une lecture inspirée, et l’on ne sera pas déçu, d’autant que les couleurs et la dynamique de ses musiciens sont confirmées. Seules relatives surprises : le tempo très rapide et la sécheresse des accents orchestraux de l’air « Ah chi mi dice mai », où Elvire exprime sa détresse, et l’absence de mise en évidence des trois orchestres requis pour le bal de la fin du premier acte, imperceptibles ce soir par le public non initié. L’attention portée au chant comme au drame est constante. Bien que placé au cœur de la démarche, et donc de plain-pied avec le public, jamais l’orchestre ne couvre les voix, ce qui est particulièrement méritoire. L’intelligence de son traitement mérite d’être soulignée, ainsi de la circulation des réparties entre les pupitres dans l’air du catalogue, vérité dramatique de l’air où Donna Anna se confie à Ottavio (« Or sai chi l’onore »)&#8230;</p>
<p>Les récitatifs secco sont toujours animés, car les chanteurs sont d’excellents comédiens, bien que soutenus par un piano-forte aussi scolaire qu’étique. Le chœur se réduit à un quatuor vocal. Ce qui fait bien peu, tant vocalement que scéniquement : les paysannes et paysans formant le cortège des futurs époux (« Giovinette che fate all’ amore ») se limitent à deux couples ; oubliées les brèves et puissantes vociférations des démons souterrains de la scène infernale où la punition divine s’accomplit, c’est de l’homéopathie musicale et dramatique. La frugalité gouverne la fête, le bal, les libations, et les spaghettis du festin nous laissent sur notre faim. L’ascèse est la règle. Seuls, les éclairages sobres et efficaces de <strong>Victor Egéa</strong>, et les mouvements du rideau de fond de scène permettent le renouvellement des situations.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/M0A5879-e1777288780511-1294x600.jpg" alt="" />© Yann Cabello</pre>
<p>Au cœur de l’action, un Don Giovanni accompli, et un Leporello sans gémellité avec son maître, ce qui renforce d’autant le comique de l’échange des tenues et des rôles.  « Ni héros, ni crapule sans nom » (J.-Y. Ruf), manipulateur et manipulé, le premier, qu’incarne <strong>Anas Séguin, </strong>croit régner sur son monde. Il en a l’arrogance, la prestance, le panache, la voix est mâle, gourmande et chargée de séduction et c’est un bonheur constant que son chant comme son jeu. Comédien hors-pair, <strong>Adrien Fournaison </strong>campe un Leporello jeune, gauche, soumis et rebelle, d’une grande justesse, servi par d’authentiques moyens vocaux et une diction exemplaire, y compris dans le débit le plus rapide. Plus qu’honorables, sans pour autant susciter l’enthousiasme, sont Donna Anna et Donna Elvira. <strong>Chantal Santon Jeffery</strong>, familière de l’emploi, compose une Donna Anna classique, d’une voix chaude et souple, d’une technique solide. <strong>Alix Le Saux</strong>, toute aussi familière d’Elvira, convainc en trouble-fête délaissée, ardente, possessive. Elle atteint la plénitude de ses moyens dans le « Mi tradi quell’alma ingrata » dont la vocalise sensuelle et triste est remarquablement conduite. Ni mièvre, ni efféminé, Don Ottavio prend ce soir une épaisseur psychologique et expressive. <strong>Abel Zamora </strong>est une heureuse découverte, belle émission, égale, aisée, d’une conduite admirable. Ses accents dans son duo consolateur avec Donna Anna, d’une grande justesse, avec ses couleurs propres, rejoignent ceux des grands. <strong>Nathanaël Tavernier</strong>, noble, impressionnant, a toutes les qualités requises pour l’emploi du Commandeur, tant dans le fatal duel que revenu d’outre-tombe. Particulièrement ovationné par le public, à juste titre, le couple de paysans. <strong>Michèle Bréant </strong>nous avait bouleversé, dans <em>les Dialogues des Carmélites</em> (Sœur Constance) à Nancy, en janvier. Elle se mue en Zerlina, petite fille bellinienne, fraîche et complexe, non sans ambiguïté. L’émission est aussi juvénile que le maintien, la sincérité apaisée du « Vedrai carino » relève du petit miracle. <strong>Mathieu Gourlet</strong>, dont on se souvient du formidable Osmin qu’il campait ici-même en 2023, nous vaut un Masetto d’exception, athlétique, robuste et puissant, jamais caricaturé, sympathique et juste. La souplesse, l’agilité, les nuances dynamiques sont au rendez-vous avec la projection. Un grand bravo !</p>
<p>Est-il besoin de souligner la qualité rare des ensembles (duos, quatuor, trio des masques, &#8230;amples finales de chaque acte) ? Toujours équilibrés, servis par une direction d’acteurs efficace, tous sont à retenir. Une soirée mémorable, à plus d’un égard.</p>
<pre>(*) créée à l’Athénée-Louis Jouvet le15 nov. 2024, elle est passée par Meudon, La Rochelle, Maisons-Alfort, Colombes, <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">Compiègne</a>, Massy, Tourcoing, Foix, Perpignan, avant d’arriver en Auvergne.</pre>
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		<title>CARDONNE, Omphale</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/omphale-de-cardonne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1769 : alors que Rameau est mort cinq ans plus tôt (déjà démodé de son vivant, il n’avait pu faire jouer son dernier chef-d’œuvre, Les Boréades), que Gluck s’attelle à Paride ed Elena, son troisième « opéra réformé », et que Mozart va recevoir commande de Mitridate, la création d’une tragédie lyrique néo-ramiste sur la scène de l’Académie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">1769 : alors que Rameau est mort cinq ans plus tôt (déjà démodé de son vivant, il n’avait pu faire jouer son dernier chef-d’œuvre,<em> Les Boréades</em>), que Gluck s’attelle à <em>Paride ed Elena</em>, son troisième « opéra réformé », et que Mozart va recevoir commande de <em>Mitridate</em>, la création d’une tragédie lyrique néo-ramiste sur la scène de l’Académie royale peut paraître franchement anachronique. Et que dire du livret d’Houdar de La Motte, vieux de soixante-huit ans et déjà vertement critiqué lors de sa première mise en musique, par Destouches en 1701 ?&#8230;</p>
<p align="justify">La sorcière Argine aime le héros Hercule (ici appelé Alcide, comme dans l’<em>Alceste</em> de Lully), qui aime la reine de Lydie Omphale, qui aime le jeune Iphis, ami d’Hercule : difficile de se passionner pour ce chassé-croisé amoureux qui n’évoque pas même l’épisode proto-féministe d’Hercule filant la laine aux pieds d’Omphale, illustré par tant de peintres (Rubens, Cranach, Lemoyne, Boucher, Moreau, sans oublier Artemisia Gentileschi) et de musiciens (Saint-Saëns)&#8230;</p>
<p align="justify">Le succès ne fut donc pas au rendez-vous, même si on rendit justice à la musique de Jean-Baptiste Cardonne (1730-1792), élève de Colin de Blamont, qui donnait là le second de ses quatre opéras. Après une ouverture évoquant le climat <em>Sturm und Drang</em>, le premier air d’Iphis donne le ton, avec sa mélodie chantante, qui mêle soupirs ramistes et phrasé italien : sans paraitre imiter qui que ce soit, Cardonne fait son miel de toutes les « écoles ». La fraîcheur naïve de l’opéra-comique en pleine expansion colore les divertissements (ravissante fête pour l’anniversaire d’Omphale), les tempêtes et fureurs accompagnant les (répétitives) irruptions d’Argine rappellent Mondonville, les récitatifs, plus simples que ceux de Rameau, conduisent à de virulents duos et, surtout, les nombreux monologues des protagonistes, qui s’ouvrent sur de larges phrases orchestrales avant de se muer en récit, affichent une séduction peu commune.</p>
<p align="justify">Portés par cette écriture chatoyante, <strong>Györgi Vashegyi</strong> et son orchestre en épousent avec sensualité l’élasticité rêveuse et les motifs presque belliniens (tout le début de l’acte V), leurs récentes excursions dans un répertoire plus tardif (<em>Le Roi d’Ys</em>) leur inspirant en outre le souffle nécessaire aux épisodes dramatiques (les scènes entre Alcide et Argine – qui meurt « d’amour et de douleur » en pleine invocation !). Le lyrisme prévaut sans que soit sacrifiée la finesse des détails orchestraux &#8211; par exemple dans l’air d’Argine qui clôt le deuxième acte. Et si la scène infernale de l’acte IV manque d’intensité satanique, on le doit pour part au compositeur. On notera aussi les discrets mais efficaces effets que se permet un continuo moins neutre qu’autrefois : « il se trouble, il languit », avoue plaisamment Alcide à l’acte I.</p>
<p align="justify">Débutant avec des airs ornés à l’italienne, ce rôle d’abord convenu gagne en profondeur au fil de l’action &#8211; une évolution que rend parfaitement le solide <strong>Jérôme Boutillier</strong>, de plus en plus inspiré et touchant. Le fils de Jupiter est la seule figure à intervenir dans tous les actes : en la composant, Cardonne semble avoir mesuré tout le potentiel d’Henri Larrivée, qui incarnera Agamemnon et Oreste chez Gluck. Comme à l’accoutumée, <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> subjugue par la franchise de son chant clair, épanoui, et la beauté de sa diction dans une partie conçue pour le trentenaire Joseph Legros (futur Orphée, Achille, Pylade de Gluck) : ses airs (« Calme heureux, agréable paix » ; « Que nos jours sont dignes d’envie ») sont des joyaux de bel canto et si l’ariette finale convainc moins, c’est qu’il est fort difficile de vocaliser élégamment sur un « è ».</p>
<p align="justify">La prestation des dames est plus discutable, surtout celle de <strong>Chantal Santon Jeffery</strong>, dont l’élocution flasque gâche les interventions dialoguées, même si elle se rattrape dans le legato (« Digne objet d’une flamme éternelle »). <strong>Judith van Wanroij</strong>, au contraire, favorise la rhétorique, avec son habituelle émission très articulée, presque trop staccato (« à la flamande »), qui manque parfois de chair mais épouse avec art les tourments de sa tragique héroïne. Le timbre frais de <strong>Jehanne Amzal</strong> convient aux chants agrestes qui lui sont confiés, tandis qu’un Purcell Choir au sommet de son éloquence enlève avec fougue des pages magnifiques, mettant souvent en valeur le « petit chœur » (« Chaque instant redouble sa gloire »).</p>
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		<item>
		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Compiègne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-compiegne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sacré « chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre » par France Musique dans les années 1960, Don Giovanni n’a rien perdu de son attrait, mais se trouve aujourd’hui confronté à toute une fraction de la population qui à juste titre n’admet plus le libertinage non consenti. L’œuvre de Mozart et Da Ponte n’est pas directement construite sur ce principe, mais &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sacré « chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre » par France Musique dans les années 1960, <em>Don Giovanni</em> n’a rien perdu de son attrait, mais se trouve aujourd’hui confronté à toute une fraction de la population qui à juste titre n’admet plus le libertinage non consenti. L’œuvre de Mozart et Da Ponte n’est pas directement construite sur ce principe, mais peut s’y conformer, comme le montre la production mise en scène par <strong>Jean-Yves Ruf</strong>, qui tourne en France depuis un an.</p>
<p>Accueillie avec grand enthousiasme (voir les comptes rendus de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-athenee/">Clément Taillia de novembre 2024</a> et celui de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-athenee-2/">Christian Peter d’octobre 2025</a>), elle se plie maintenant à quelques variantes de distribution présentes ce soir au Théâtre Impérial de Compiègne. Le principe reste le même : l’orchestre occupe quasiment toute la scène, et les chanteurs se déplacent entre les musiciens jusqu’à l’avant-scène où ils trouvent un plus grand espace de liberté, et une passerelle en fond de scène à laquelle ils accèdent par un petit escalier. Quelques rideaux variés montent et descendent, bref tournée oblige, c’est du léger, pas de danse villageoise, par de banquet, pas de statue du Commandeur, tout repose sur les protagonistes.</p>
<p>Deux d’entre eux sont de fait véritablement exceptionnels. D’abord l’orchestre Le Concert de la Loge et son chef, <strong>Julien Chauvin</strong>, qui le dirige du violon. Dès le départ, le ton est donné, le noir se fait brutalement et l’orchestre démarre au quart de tour, prenant les spectateurs par surprise. Le rythme effréné ne faiblira pas un instant, entraînant Don Giovanni dans une irrésistible course à l’abîme. Car, période oblige, le chef « ne tente pas d’excuser Don Giovanni » et au contraire veut le rendre « moins puissant, plus pathétique ».</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1010" height="600" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Don-Giovanni-13-11-24-Simon-Gosselin-1-52-corr-IN-TEXT.jpg" alt="" class="wp-image-204522"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Margaux Poguet (Donna Elvira) et Adrien Fournaison (Leporello) © Photos Arcal / Simon Gosselin</sup></figcaption></figure>


<p>Autre élément central de la représentation, le Leporello d’<strong>Adrien Fournaison</strong>. On est loin des grands titulaires du passé, de Giuseppe Taddei à Gabriel Bacquier en fin de carrière, qui jouaient plus les Sancho Panza. Ici, Leporello, affublé d’un drôle de pantalon trop court, est léger, virevoltant, menant le jeu, c’est un véritable personnage de premier plan mais en même temps sans exagérations, d’une grande sobriété. Son air du catalogue est notamment un régal, et la manière dont il pointe devant Donna Elvira le nombre des conquêtes de son patron, avec tour à tour délice, respect, surprise feinte et amusement n’est peut-être pas du « politiquement correct », mais constitue un délice théâtral. La voix est ample et chaude, l’articulation parfaite, bref, l’un des grands titulaires actuels du rôle.</p>
<p>Aux dires de Jean-Yves Ruf, qui lui non plus ne cherche en rien à l’excuser, Don Giovanni n’est « ni un héros ni une crapule ». Interprété ce soir par <strong>Anas Séguin</strong>, plus « loubard des banlieues » que grand seigneur (Cesare Siepi, Gérard Souzay, Gabriel Bacquier, Ruggero Raimondi), il n’est pas sans faire penser au <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vMXU5pjhPTM"><em>Don Giovanni</em> de Peter Sellars</a>, à la différence près que celui-ci était doublé d’un « frère » Leporello, dans une production qui marqua à la fin des années 1980 un des grands tournants de la mise en scène d’opéra. Ce soir, Anas Séguin paraît surtout prendre ses marques, et continuer à creuser les facettes du personnage, devant des choix non encore fermement tranchés. La voix est bien adaptée au rôle, il lui reste simplement à assumer une présence scénique plus affirmée.</p>
<p>On retiendra du reste de la distribution une grande unité musicale et de jeu scénique d’un grand naturel. <strong>Michèle Bréant</strong> est une Zerline toute de finesse et de légèreté vocale, <strong>Abel Zamora</strong> un Don Ottavio à la belle ligne mélodique, <strong>Mathieu Gourlet</strong> un Masetto sonore bien dans la tradition, et <strong>Nathanaël Tavernier</strong> un Commandeur d’excellente facture. <strong>Chantal Santon Jeffery</strong> est une Donna Anna torturée mais très musicale, et <strong>Margaux Poguet</strong> une Donna Elvira parfois un peu outrée, et qui arrive fatiguée à son dernier air.</p>
<p>Pour autant, quelques autres bémols viennent un peu affaiblir l’enthousiasme né des partis pris scéniques et musicaux. La faiblesse de l’éclairage à l’avant-scène, contrairement à la passerelle, fait qu’on ne découvre vraiment les chanteurs qu’au moment des saluts. L’absence de chœurs un peu plus nourris, remplacés par quatre excellents solistes, se fait sentir (noce de Zerline), tandis que d’autres ensembles, comme le « Sola, sola in buio loco » peinent un peu à rester structurés.<br />Jouer une seule fois en un lieu que l’on découvre n’est pas un exercice sans risques. Il n’en reste pas moins que cette course à la vie, course à la mort, ne laisse personne indifférent, après une magnifique scène finale qui glace comme il se doit, malgré les feux de l’enfer, entrainant une longue ovation.</p>
<p><em>Prochaines représentations à Massy (13, 14 et 16 décembre), Tourcoing (17 et 18 janvier 2026), Foix (10 avril), Perpignan (12 avril) et Clermont-Ferrand (25 et 26 avril).</em></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-compiegne/">MOZART, Don Giovanni &#8211; Compiègne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>STRAVINSKY, Le Rossignol</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/stravinsky-le-rossignol-sabine-devieilhe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la bande-son, très belle, d’un spectacle présenté en mars 2023 au Théâtre des Champs-Elysées. Un enregistrement qui semble confirmer ce que Stravinsky disait de Wagner : que c’est mieux au concert qu’au théâtre… La mise en scène d’Olivier Py avait laissé les spectateurs perplexes (à la différence des Mamelles de Tirésias, proposées en deuxième &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la bande-son, très belle, d’un spectacle présenté en mars 2023 au Théâtre des Champs-Elysées. Un enregistrement qui semble confirmer ce que Stravinsky disait de Wagner : que c’est mieux au concert qu’au théâtre… La mise en scène d’Olivier Py <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-le-rossignol-poulenc-les-mamelles-de-tiresias-paris-tce/">avait laissé les spectateurs perplexes</a> (à la différence des <em>Mamelles de Tirésias,</em> proposées en deuxième partie, beaucoup plus réussies). <br>Sans l’image, la féérie de ce mini-opéra retrouve tout son pouvoir d’enchantement.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1709" height="1710" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rossignol-4-edited.jpg" alt="" class="wp-image-183207"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sabine Devieilhe © Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<p>D’autant que c’est une interprétation merveilleuse d’une œuvre hybride : Stravinsky en écrivit le premier acte en 1908, puis il passa à autre chose, en l’occurrence <em>L‘Oiseau de feu</em> pour Diaghilev. Ensuite ce fut <em>Petrouchka</em> et le <em>Sacre</em>. Et ce n’est justement qu’au sortir du <em>Sacre du printemps</em> (et dans l’urgence d’une commande du Théâtre libre de Moscou) qu’il y revint. Il ressortit son premier acte du tiroir, auquel il eut la sagesse de ne pas toucher. De sorte que dans ce <em>Rossignol</em> le Stravinsky de 1908, encore sous influence (celle de Rimsky), côtoie (aux deuxième et troisième actes) le Stravinsky de 1913, fringant de ses dernières inventions.</p>
<p>Lequel affirme d’ailleurs à la même époque ne pas aimer l’opéra, dont «&nbsp;le principe artistique [lui] paraît erroné&nbsp;». Il n’empêche, le chant du pêcheur qui ouvre l’opéra est une bien jolie chose et <strong>Cyrille Dubois</strong> le chante de manière exquise. Sa ligne vocale ondoie comme les friselis de l’eau qu’il a sous les yeux, son timbre limpide (idéal tant il est à l’unisson de la grâce de cette page) dialogue avec la flûte aérienne de Marion Ralincourt et les bois fruités des <strong>Siècles</strong>. Qui jouent sur des instruments français contemporains de la création (en 1914 à l’Opéra de Paris sous la direction de Pierre Monteux, et non pas finalement à Moscou).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mamelles-6-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-126523"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jean-Sébastien Bou et Sabine Devieilhe © Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Luxuriance et transparence</strong></h4>
<p>Ce pêcheur apparaît après un prélude qui semble pressentir <em>L’Oiseau de feu.</em> Il y a là un sentiment d’attente, des frôlements, une palette clarteuse, l’acidité de flûtes, d’abord trillant au-dessus des cordes divisées, puis dialoguant avec les clarinettes, avant l’entrée magique des harpes et du célesta, puis des accords fauves des cors, sur la ponctuation sous-jacente des cordes graves, bref une écriture orchestrale qui joue de la luxuriance, mais de la transparence en même temps. Des couleurs de la musique russe telle qu’on l’aimait à Paris, mais dans une version aquarellée. La réalisation qu’en donne <strong>François-Xavier Roth</strong> est aussi fluide qu’élégante.</p>
<p>Au pêcheur répondra le « chant délicieux » – c’est lui qui le dit, et il a raison –&nbsp;du Rossignol , un collier de vocalises où <strong>Sabine</strong> <strong>Devieilhe</strong> fait des merveilles d’agilité, évidemment.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20230308-01VP-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-126558"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Au TCE en 2023 © Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<p>Le grand ensemble final du premier acte n’est pas moins savoureux. On a l’impression que Stravinsky s’amuse. Au jeu des sonorités (clarinette basse et contrebasson, trombones avec sourdines, pour évoquer la génisse du pêcheur et les grenouilles), s’ajoute une polyphonie tarabiscotée qu’il empile joyeusement. Les cordes sont divisées, de même que les voix des ténors et les basses du chœur des courtisans (l’ensemble <strong>Aedes</strong>), à quoi s’entremêlent les voix barytonantes et pleines d’humour du chambellan (<strong>Laurent Naouri</strong>) et du bonze (<strong>Victor Sicard</strong>), polémiquant avec la cuisinière (<strong>Chantal Santon Jeffery</strong>).</p>
<p>Tout cela est impeccablement mis en place et sera d’une richesse sonore encore plus savoureuse quand viendront se poser au sommet de l’édifice les touches légères de Sabine Devieilhe et Cyrille Dubois.</p>
<h4><strong>Un travail collectif bluffant</strong></h4>
<p>Dès les premières mesures du deuxième acte, on mesurera la chemin parcouru en cinq ans. Non moins de virtuosité d’écriture, des pupitres encore plus divisés, mais une révolution s’est accomplie. D’un monde voluptueux on est passé à un monde brutal –&nbsp;c’est la fameuse année 1913 où dans tous les domaines artistiques on semble pressentir la catastrophe. <br>Rythmes martelés, (un piano percussif s’est ajouté à l’orchestre), chœurs homophones, voix féminines acides, stridences de violons, passages furtifs de cellules rythmiques qu’on dirait issues du <em>Sacre</em>, puis marche claudicante caricaturalement chinoise et fanfares grotesques annonçant l’entrée burlesque de l’empereur sur des ostinatos de harpes et des gammes pentatoniques à foison…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="673" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mamelles-3-1024x673.jpg" alt="" class="wp-image-126520"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub> © Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<p>Avec tout ce bric-à-brac musical au second degré contrastera la pureté du chant du Rossignol a cappella, puis délicatement soutenu par flûtes, clarinette et violons pianissimo avant quelques vocalises perchées dont Sabine Devieilhe ne fera qu’une bouchée… Ensuite, on connaît l’histoire d’Andersen : trois émissaires japonais apporteront en cadeau un Rossignol mécanique (confié au hautbois d’Hélène Mourot) dont s’entichera l’Empereur (<strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, feignant avec humour la cachochymie), d’où le bannissement du Rossignol, le vrai.</p>
<p>À nouveau, c’est un cocktail astringent de sonorités et de rythmes et un travail collectif assez bluffant de précision que propose F.-X. Roth, d’autant plus remarquable s’agissant d’un enregistrement sur le vif.</p>
<h4><strong>Subtilités diaphanes</strong></h4>
<p>Le troisième acte est peut-être le plus beau, dans sa mélancolie. <br>L’heure n’est plus au tintamarre humoristique (et virtuose), ni aux pseudo-chinoiseries. L’Empereur est malade et la Mort est à son chevet. Des spectres passent : ses actes passés. Aux sonorités étouffées, grisâtres, des cuivres avec sourdine et des cordes pianissimo et «&nbsp;sul tasto&nbsp;» s’ajoutent les voix blanches des altos. C’est une manière de lavis, un travail sur la couleur sonore, pâle, estompée, que donnent à entendre les Siècles. Très beau. Et, très justement, Jean-Sébastien Bou timbre davantage la plainte de l’Empereur.</p>
<p>Alors le Rossignol revient de son exil, et Stravinsky lui ménage d’abord un solo presque atonal, d’une grâce immatérielle, auquel succède son duo avec la Mort (<strong>Lucile Richardot</strong>), sans doute le sommet de cette partition. Sabine Devieilhe n’est plus là dans le registre de la virtuosité vertigineuse. C’est autre chose, et qui défie la description, une couleur de voix quasi surnaturelle, d’une poésie diaphane. Le temps semble se suspendre tandis que le Rossignol évoque le «&nbsp;jardin tranquille clos d’un mur blanc&nbsp;» qu’il a survolé, le cimetière voilé de brume où les morts dorment sous «&nbsp;la lune triste&nbsp;», une page d’une pureté impalpable.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mamelles-5-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-126522"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Laurent Naouri, J.-S. Bou, Vnatham DSanton Jeffery, Victor Sicard</sub> <sub>© Vincent Pontet</sub></figcaption></figure>


<p><strong>En apesanteur</strong></p>
<p>L’orchestration, en apesanteur (quelques ponctuations des harpes, du piano, du célesta, des tenues de clarinette), est d’une ténuité inouïe, si l’on s’avise que Stravinsky émerge à peine du <em>Sacre</em>.<br>On pense à la poésie des premières aquarelles abstraites de Kandinsky, à la même époque. Il s’invente là quelque chose de nouveau et c‘est un Stravinsky très secret qui semble s’y révéler. La partition multiple les double et triple piano, et des notations d’une précision folle (il y a même des scordatures indiquées aux violoncelles). La prise de son au plus près ne perd rien de toutes ces finesses, ni de la couleur des instruments «&nbsp;anciens&nbsp;».</p>
<p>Après la guérison de l’Empereur, un cortège solennel qui semblera un écho ironique et apaisé du cortège du Sage du <em>Sacre</em>, puis une nouvelle intervention limpide du Pêcheur, tirant la morale de l’histoire («&nbsp;Dans la voix de l’oiseau, reconnaissez la voix du ciel&nbsp;») mettront un point final, tout de douceur, à cette lecture du <em>Rossignol,</em> qui se hisse évidemment tout en haut de la discographie de ce chef-d’œuvre si méconnu.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/stravinsky-le-rossignol-sabine-devieilhe/">STRAVINSKY, Le Rossignol</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Dix ans du Concert de la Loge &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dix-ans-du-concert-de-la-loge-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jan 2025 05:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dix ans déjà et le chemin parcouru par le Concert de la Loge Olympique ressuscité impressionne. Témoin ce concert anniversaire couvrant un siècle musical et demi, entre France, Italie et Allemagne, plein des échos des nombreuses productions de l’ensemble, avec pour invités les chanteurs qui ont tôt adhéré au projet de Julien Chauvin. Le programme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dix ans déjà et le chemin parcouru par le <strong>Concert de la Loge Olympique</strong> ressuscité impressionne. Témoin ce concert anniversaire couvrant un siècle musical et demi, entre France, Italie et Allemagne, plein des échos des nombreuses productions de l’ensemble, avec pour invités les chanteurs qui ont tôt adhéré au projet de <strong>Julien Chauvin</strong>. Le programme alterne ainsi tubes et raretés, dont certaines écrites pour l’ensemble original, agrémenté des commentaires érudits de son nouveau chef. Bien sûr tout ne se vaut pas : la Symphonie concertante de Devienne est surtout prétexte à exposer la virtuosité des solistes (et à laisser le public applaudir chaque solo, pratique historique nous dit-on), tandis que la cantate de Salieri est franchement longuette et pompeuse, guère aidée par un chœur éclipsé derrière un orchestre cataclysmique et un ténor en coulisse dont on ne comprend pas un traitre mot. Le reste est de très haute tenue et permet de renouveler l’attention de ces trois heures de récital, entrecoupées d’entractes où l’on peut admirer la collection personnelle du chef (partitions originales, gravures, portraits, jeton de présence et bijou que devait porter les spectateurs du Concert du XVIIIe siècle…)</p>
<p>Il faut dire que les musiciens impressionnent par leur cohésion et leur collégialité. Dirigés du premier violon par leur chef, ils ne cherchent pas nécessairement à se distinguer (sauf peut-être dans une ouverture de la <em>Flûte enchantée</em> aux cuivres bien rugueux et aux altos surexposés), plutôt à jouer cette musique avec autant de fougue que d’écoute mutuelle&nbsp;: leur ouverture de <em>L’Olimpiade</em> de Vivaldi est un modèle d’équilibre où l’intensité du rythme ne met pas en danger la continuité du tissu orchestral ; et fait regretter qu’ils n’aient pas été choisis pour la production de la saison passée en ces mêmes lieux. Mêmes éloges pour les concerti de Vivaldi, encadrant la performance d’un danseur de la compagnie Käfig (impressionnant, mais un peu contraint à se répéter par l’exiguïté du plateau), les danses de Rameau aux percussions variées et très présentes, ou le concerto de Haydn dont le soliste est le cœur battant de l’orchestre.</p>
<p>Leurs qualités d’accompagnateurs et leur sens du drame en font des partenaires de choix pour l’opéra. On est déçus par l’entrée de <strong>Judith van Wanroij</strong> en Phèdre plus grimaçante qu’expressive et difficilement compréhensible. On est ensuite surpris par <strong>Jérôme Boutillier</strong> qui entre en scène torse nu, épée à la main et entonne avec panache «&nbsp;En grand silence&nbsp;» de Sacchini assumant intelligemment ses difficultés dans la partie la plus basse de la tessiture. Il rayonne toutefois d’un naturel plus franc chez Gluck, alliant avec bonheur vaillance et style, là où <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> parait perdu pour ce répertoire&nbsp;: les moyens sont toujours colossaux mais moins souples, il a du mal à ne pas chanter trop fort et affecte des poses trop compassées pour émouvoir. Tout l’inverse d’une<strong> Sandrine Piau</strong> dont la déploration est un joyau d’élégance pathétique qui met son registre aigu durci au service d’un texte prononcé avec une sincérité épurée. Le moelleux, c’est ce qui manque à la Constance de <strong>Florie Valiquette</strong>, mais largement compensé par une justesse et une longueur de souffle jamais prises en défaut, même sur des graves habilement poitrinés. De beaux graves, jusque dans des vocalises sans bavures, c’est ce qui fait aussi le prix de l’Osmin au triomphe beta de <strong>Sulkhan Jaiani</strong>, même si la netteté de l’allemand s’en trouve un peu sacrifiée. Chez Vivaldi, <strong>Eva Zaïcik</strong> offre un superbe «&nbsp;Vedro con mio diletto&nbsp;» jouant intelligemment la sérénité douce du personnage qui contraste avec les soubresauts inquiets de l’orchestre. On est moins convaincu par l’«&nbsp;Alma oppressa&nbsp;» d’<strong>Adèle Charvet</strong>&nbsp;aux vocalises qui perdent l’expression plaintive de l’air dans une vitesse mécanique, comme si la chanteuse cherchait davantage à briller qu’à jouer. Si <strong>Philippe Jaroussky</strong> abuse un peu du séraphisme illuminé chez Haendel, son aria de Ferandini trouve l’équilibre juste entre pathos et raffinement, même si l’on aurait apprécié des variations plus marquées au gré des reprises. <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong> enfin, a de l’éloquence et de l’énergie à revendre mais son ambitus trop limité aux extrêmes prive son air de fureur de la puissance requise.</p>
<p>Les ensembles font partie des grandes réussites de la soirée&nbsp;: extraits du très atypique <em>Carmen Saeculare</em> de Philidor, suspension réussie du quatuor de <em>Fidelio, </em>«&nbsp;Forêts paisibles&nbsp;» de Rameau où les <strong>Chantres du CMBV</strong> abandonnent un peu leur timidité et final jouissif de <em>L’Enlèvement au Sérail</em>.</p>
<p>L’Olympe de cette soirée était habité par deux femmes, captivant le public dès leur entrée.<strong> Marina Viotti</strong> jouant avec une facilité ravageuse et se dandinant sensuellement dans un rondo de <em>la</em> <em>Cenerentola</em> bien plus habité qu&rsquo;ici-même une saison plus tôt. Marina Viotti qui chorégraphie également le duo d’Offenbach avec un Stanislas de Barbeyrac trop heureux de retrouver sa mémorable Périchole. <strong>Karina Gauvin</strong> enfin, qui pousse à l’extrême son interprétation iconique d’« Ah mio cor » : plus que jamais cette plainte semble arrachée à sa poitrine écrasée par la douleur, à tel point que c’est dans le silence haletant et vertigineux qui précède le da capo que le spectateur se sent lui-même étouffer.</p>
<p>Pourvu que les dix prochaines années nous offrent d’autres moments aussi beaux !</p>
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		<title>Opera Fuoco fête ses 20 ans &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/opera-fuoco-fete-ses-20-ans-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Apr 2024 12:30:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2003, le chef d’orchestre américain David Stern fondait à Paris une compagnie lyrique sur instruments d’époque avec pour objectif la formation des jeunes chanteurs. Deux décennies et cinq générations de solistes plus tard, Opera Fuoco compte parmi ses rangs quelques-unes de nos plus grandes voix. Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ? Avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2003, le chef d’orchestre américain <strong>David Stern</strong> fondait à Paris une compagnie lyrique sur instruments d’époque avec pour objectif la formation des jeunes chanteurs. Deux décennies et cinq générations de solistes plus tard, Opera Fuoco compte parmi ses rangs quelques-unes de nos plus grandes voix. Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?</p>
<p>Avec le Théâtre des Champs-Elysées comme gâteau d’anniversaire, une soirée de gala invite certains de ces artistes à souffler les vingt bougies. Le programme, généreux, balaye plus d’un siècle de répertoire, de l’aurore baroque aux derniers feux du romantisme. Las, il est des soirées où rien ne se passe comme on le voudrait. Victimes du refroidissement soudain des températures, Adèle Charvet et Vannina Santoni ont jeté l’éponge. Dans l’ouverture de la rare <em>Arianna </em>de Marcello, qui amorce les festivités, cors et trompettes sont également enroués, et c’est l’orchestre entier qui tousse.</p>
<p>Il faut pour dégripper la salle l’ardeur d’<strong>Axelle Fanyo</strong>, dont les couleurs ambrées laissent planer le doute sur la tessiture – mezzo ou soprano ? – avant que l’éclat fulgurant de l’aigu n’apporte la réponse. Les vocalises d’Oralia dans <em>Orpheus </em>de Telemann sont crânement affrontées – car cette voix que l’on pourrait penser lourde au premier abord a de la souplesse à revendre –, tout comme plus tard les registres de « Come scoglio » sont aisément enjambés. Mais est-ce vraiment Fiordiligi cherchant à dissimuler sous des airs bravaches la fragilité de ses sentiments, ou une reine outragée qui livre un terrible combat ? L’expression s’immole sur l’autel de la performance vocale. Là se trouve la limite de l’exercice – limite qui s’étend à l’ensemble de ses partenaires, ou presque. La succession des numéros n’aide pas à la caractérisation.</p>
<p>Privée d’intentions dramatiques, « Che fai, », la grande scène de Berenice chantée par <strong>Natalie Pérez </strong>paraît encore plus longue qu’elle ne l’est. « Qui la voce », initialement dévolu à Vannina Santoni, repéché par la jeune soprano ukrainienne <strong>Iryna Kyshliaruk</strong>, inévitablement intimidée, se transmute en rengaine lorsqu’il n’est pas habité d’un feu sacré – et d’une science du chant qui sache en renouveler les effets. Que vaut « V’adoro pupille », même tracé d’une ligne appliquée par <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong>, s’il n’est paré des atours de la séduction – et d’un trille digne de ce nom ? En deuxième partie, la romance de Zelinska voudrait plus d’italianité pour faire valoir sa parenté avec « una volta c&rsquo;era un re » de la<em> Cenerentola</em> rossienne – qui lui est postérieure d’une dizaine d’années. Ténor à la prononciation française irréprochable, dans la droite ligne de ses illustres aînés, Benjamin Bernheim, Roberto Alagna – et au-delà Georges Thill –, <strong>Léo Vermot-Desroches</strong> doit encore adoucir son aigu pour que le soleil se lève radieux dans la romance de Roméo. Et que dire des jeunes chanteurs d’Opera Fuoco, dont le nom n’est pas cité dans le programme, astreint à un périlleux jeu de relais dans un finale des <em>Noces</em> encore hors de portée, auquel l’arrivée impromptue de <strong>Laurent Naouri</strong> apporte une insuffisante fantaisie.</p>
<p>Restent en dépit de légers défauts d’intonation « D’Oreste et d’Aiace » drapé dans une soie moirée, dardé d’aigus lumineux par <strong>Cyrielle Ndjiki Nya,</strong> et chacune des interventions de <strong>Karine Deshayes</strong>, marraine de la soirée, dont rien ne semble pouvoir venir à bout de la technique et de l’engagement, ni l’agitation haletante de « Dopo notte » ajouté in extremis à son programme en remplacement d’Adèle Charvet, ni la détermination de Rosine, ni la fougue du Roméo bellinien. Virtuosité et musicalité ne sont pas étalées comme à la parade mais placées chaque fois au service des personnages et situations interprétés. Un exemple à suivre pour les chanteurs des générations présentes et futures d’Opera Fuoco et d’ailleurs.</p>
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		<title>GRÉTRY, La Caravane du Caire &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gretry-la-caravane-du-caire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jun 2023 06:36:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La voilà enfin cette Caravane du Caire, sans doute le plus grand succès de l&#8217;opéra français à l&#8217;aube de la Révolution, mêlant tous les genres avec un bonheur constant : opéra-comique, opéra-ballet, opéra seria, voire tragédie lyrique consciente de la révolution gluckiste. Ce succès devint international et se maintint durant toute la période napoléonienne au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La voilà enfin cette <i>Caravane du Caire</i>, sans doute le plus grand succès de l&rsquo;opéra français à l&rsquo;aube de la Révolution, mêlant tous les genres avec un bonheur constant : opéra-comique, opéra-ballet, opéra <em>seria</em>, voire tragédie lyrique consciente de la révolution gluckiste. Ce succès devint international et se maintint durant toute la période napoléonienne au point que les armées impériales entonnaient régulièrement « La victoire est à nous » (morceau de 55 secondes, c&rsquo;est dire la popularité de la moindre minute !) et que l&#8217;empereur lui-même décerna la légion d&rsquo;honneur au compositeur belge, pourtant inactif depuis des années, mais resté idolâtré par toute une génération, sans rancune pour sa proximité avec une cour renversée. Sans doute parce que son style très inventif à la mélodie aisée et parfaitement adaptée à la prosodie française s&rsquo;est conservé jusque sur la scène royale. Cette <i>Caravane du Caire</i> en est l&rsquo;un des plus brillants exemples : turquerie rondement propulsée par une ouverture explosive (Napoléon aurait même demandée qu&rsquo;elle fut jouée avant que son navire n&rsquo;abordât au port du Caire !), orchestration très riche, danses aux teintes exotiques irrésistibles, airs italianisants mais sachant aussi retrouver l&rsquo;authenticité simple du style français, vaillance, scènes dramatiques, élégiaques ou comiques, c&rsquo;est un véritable kaléidoscope de ce qui fait de mieux en Europe dans les années 1780. De plus, s&rsquo;il ne présente pas un intérêt majeur, le livret d&rsquo;Etienne Morel de Chédeville a au moins le mérite de la clarté et surtout de la vivacité.</p>
<p>La voilà enfin donc, car bien qu&rsquo;elle ait déjà le luxe de deux très bons enregistrements, l’œuvre n&rsquo;avait jamais été portée à la scène moderne. Après <i>Richard Cœur de Lion</i> du même Liégeois, la même équipe rend à Grétry les honneurs qui lui sont dus. Déjà représentée à Tours l&rsquo;an passé, cette production est bien rodée scéniquement et assume l&rsquo;aspect grand spectacle de l’œuvre. Si l&rsquo;on est sensible à l&rsquo;esthétique zeffirellienne, on est ce soir gâtés : contrairement à la norme dans ce genre de production, débauche de costumes et toiles peintes ne servent pas à faire oublier l&rsquo;absence de direction d&rsquo;acteur. <strong>Marshall Pynkoski</strong> sait animer son plateau : les chanteurs sont dirigés avec verve (le pacha pendant les airs des esclaves au bazar) et précision (l&rsquo;air de Tamorin et la grande scène seria d&rsquo;Almaïde sont presque chorégraphiées) jusque sur le proscenium qui renforce la proximité avec le public, déjà excellente dans l&rsquo;intimité de cette salle. Sans compter les ballets très bien réglés par <strong>Jeannette Lajeunesse Zingg</strong> : ici aussi rien de révolutionnaire, simplement un soin et une qualité d’exécution trop rares dans ces mise-en-scène dites « traditionnelles ». Avec la même visée esthétique pour une œuvre de la même époque, la production d&rsquo;<i>Amadis de Gaule</i> présentée il y a une dizaine d&rsquo;année à Paris échouait bien plus loin du but. Ce soir, le sens de l&rsquo;<i>entertainment</i> triomphe au profit de l’œuvre. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="660" height="440" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/C94HD©MariePetry-scaled-1.jpg" alt="" class="wp-image-133551" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Marie Pétry</sup></figcaption></figure>


<p>Cette musique qui donne l&rsquo;illusion de la facilité requiert néanmoins des chanteurs hors pair capable de répondre à une écriture exigeante sans révéler leur effort, ce qui en ruinerait le « naturel ». En incluant de très bons seconds rôles (notamment l&rsquo;Osmin très vif de <strong>Benoît Descamps</strong>), les nombreux artistes sont tous très investis mais parfois victimes de cette illusion. A commencer par l&rsquo;esclave française de <strong>Lili Aymonino</strong>, piquante comme la décrit le livret, agile et au medium solide mais dont l&rsquo;aigu est insuffisamment brillant. L&rsquo;esclave italienne de <strong>Chantal Santon-Jeffery</strong> a de la gouaille napolitaine à revendre, mais même si les notes sont bien là et sonores, son air métastasien à vocalises sent trop l&rsquo;effort pour convaincre et révéler sa nature parodique. <strong>Enguerrand de Hys</strong> joue un Tamorin diablement bouffon, au point de parfois trop acidifier l’émission dans son air du papillon. <strong>Robert Gleadow</strong> incarne un pacha très présent scéniquement mais un peu limité dans le grave, son français exotique malmène parfois la liquidité des phrases de Grétry mais reste très compréhensible. <strong>Hélène Guilmette</strong> est une Zélime emportée et élégante, tandis que <strong>Jean-Gabriel Saint-Martin</strong> incarne avec bonheur un arlequinesque marchand d&rsquo;esclave puis le noble père <em>deus ex machina</em> avec le même impeccable a propos stylistique. Si <strong>Pierre Derhet</strong> est un Saint-Phar bouillonnant et très bien chantant, c&rsquo;est pourtant bien <strong>Marie Perbost</strong> qui domine la distribution : grâce à son ambitus d&rsquo;abord qui lui permet de jouer le dessus française comme la prima donna italienne, deux typologies vocales que la partition se plaît à fondre, son jeu d&rsquo;actrice ensuite qui rend crédible son air de vengeance « Je souffrirai qu&rsquo;une rivale » sans se départir d&rsquo;un délicieux second degré, et sa prononciation gourmande enfin qui nous fait déguster son texte.</p>
<p>La déception (relative) vient de l&rsquo;orchestre : alors que le chœur marie constamment précision et animation, l&rsquo;orchestre du <strong>Concert spirituel</strong> est ce soir trop emporté, avec parfois des solistes en difficulté (le hautbois de l&rsquo;ouverture). Ainsi par exemple le délicat chœur « Après un long voyage » qui devrait offrir un contraste plaisant avec la tonitruante ouverture (aux timbales bizarrement discrètes derrière ces glissandi de trompette) est-il entonné avec la même énergie fruste qu&rsquo;une bourrée paysanne. Ce n&rsquo;est pas la première fois que l&rsquo;on se demande si <strong>Hervé Niquet</strong> n&rsquo;accélère pas volontairement les tempi par crainte de lasser, comme s&rsquo;il ne faisait pas confiance à l&rsquo;ouvrage. Sans doute pour la même raison, dommage également qu&rsquo;une demi-heure de musique (au ballet du II surtout) ait été sacrifiée pour une œuvre qui n&rsquo;en dure pourtant que deux. Au moins ne tombe-t-on pas dans le stéréotype de préciosité qui colle à ce siècle et enterrerait cette musique : la scène de bataille est lancée avec la même énergie que le bon peuple de Paris déferlant sur la Bastille. Louons aussi le sens de la danse de cet ensemble : difficile de ne pas taper du pied voire de se dandiner pendant les nombreux morceaux à la rythmique entraînante. Terminons également en mentionnant l&rsquo;effectif qui témoigne du soin accordé à cette résurrection : 40 musiciens placés autour du chef (les vents de dos), dont 2 chapeaux chinois et 30 choristes. Espérons que cette luxueuse <i>Caravane</i> continuera longtemps sa route.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gretry-la-caravane-du-caire/">GRÉTRY, La Caravane du Caire &#8211; Versailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>STRAVINSKY, Le Rossignol / POULENC, Les Mamelles de Tirésias &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-le-rossignol-poulenc-les-mamelles-de-tiresias-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Mar 2023 08:18:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Accoupler Le Rossignol aux Mamelles de Tirésias pour conclure la trilogie Poulenc au Théâtre des Champs-Élysées semblait sur le papier une idée saugrenue. De fait, elle l’est. Olivier Py a beau invoquer Thanatos et Éros, un « conte pour enfants » et un « conte pour faire des enfants », l’envers et l’endroit d’un même &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Accoupler <em>Le Rossignol</em> aux <em>Mamelles de Tirésias</em> pour conclure la trilogie Poulenc au Théâtre des Champs-Élysées semblait sur le papier une idée saugrenue. De fait, elle l’est. <strong>Olivier Py</strong> a beau invoquer Thanatos et Éros, un « conte pour enfants » et un « conte pour faire des enfants », l’envers et l’endroit d’un même théâtre en un jeu judicieux de miroir : l’association s’avère bancale.</p>
<p>L’Empereur de Chine agonise dans les coulisses d’un cabaret nommé Zanzibar pendant que, sur scène, on joue <em>Les Mamelles de Tirésias</em>. Thérèse et le Rossignol se confondent, le Chambellan côté pile devient directeur de théâtre côté face, le Pêcheur n’est autre que le Journaliste. Autour d’eux rode la mort, dont le décor dessine la tête en ombre chinoise. De trop épaisses ficelles ligotent la féerie mise en musique par Stravinsky. Privée de poésie, l’intrigue s’avère difficile à suivre si l’on ne connaît pas l’argument. Des applaudissements perplexes accompagnent le tomber de rideau.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mamelles-5-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-126522" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong>©</strong> Vincent PONTET</figcaption></figure>


<p>Tout autre est l’enthousiasme débordant engendré par la deuxième partie. Avec <em>Les Mamelles de Tirésias</em>, Olivier Py peut donner libre cours à sa fantaisie. L’univers de la pièce entre en congruence avec un vocabulaire scénique qui cette fois intervient à propos, entre Broadway, Barnum et peep-show. La musique même de Poulenc, sa pulsation, ses humeurs, trouve dans le théâtre de Py un juste écho. Le rire grince juste ce qu’il faut. Organisés autour d’un immense escalier, les numéros se succèdent à la manière d’un music-hall sous substance illicite, ponctués de gags, en une chorégraphie virtuose qui suscite l’admiration.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mamelles-1-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-126518" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong>©</strong> Vincent PONTET</figcaption></figure>


<p>Les chanteurs doivent se faire autant comédiens que danseurs pour répondre aux exigences de la mise en scène. Le succès de la représentation tient aussi à leur performance vocale et théâtrale.</p>
<p>Le Rossignol fait valoir l’extraordinaire musicalité de <strong>Sabine Devieilhe</strong> qui se joue des coloratures du rôle. La précision de l’aigu en ses limites les plus extrêmes n’a d’égal que la pureté de l’émission. La voix portée par un souffle inépuisable semblerait manquer de chair pour rendre crédible l’agitation suffragette de Thérèse si la soprano ne faisait montre d’un abattage insoupçonné. Le chant parvient à prendre corps dans le médium sans que sa délicatesse ne soit compromise.</p>
<p>En mari bafoué, plus qu’en Empereur de Chine réduit à peu d’interventions, <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> livre également une performance d’acteur remarquable, contraignant sa voix aux contorsions obligées par une partition transgenrée. La dignité de son baryton poussé dans ses retranchements rend d’autant plus hilarante la transformation en écuyère de cirque.</p>
<p>Qu’il soit pêcheur, journaliste à l’accent parigot ou Monsieur Lacouf levant la jambe tel Valentin le désossé, <strong>Cyrille Dubois</strong> conserve cette grâce qui fait le ténor funambule, en équilibre sur une ligne tracée d’un seul trait, souple, tendre et vif.</p>
<p><strong>Victor Sicard</strong> et <strong>Francesco Salvadori</strong>, l’un gendarme, l’autre M. Presto, harnachés de cuir SM tels ces mauvais garçons auquel Poulenc aimait titiller la moustache&nbsp;; <strong>Rodolphe Briand</strong>, travesti dépoitraillé puis fils indigne en lapin de Pâques&nbsp;; <strong>Chantal Santon Jeffery</strong> bourgeoise décalée&nbsp;; <strong>Lucile Richardot</strong>, Marchande de journaux costumée en Mort… Des seconds rôles, tous drôlement campés, se détache <strong>Laurent Naouri</strong>, M. Loyal du délire collectif dont il donne le coup d’envoi. Servi par une diction limpide, phrasé avec une gourmandise qui ne laisse aucun mot au hasard, porté avec emphase ou au contraire murmuré avec émotion, chanté donc – et comment ! – mais aussi mimé, dansé, son prologue des <em>Mamelles</em> est une des raisons de courir au Théâtre des Champs-Élysées d’ici le 19 mars*.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="663" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mamelles-4-1024x663.jpg" alt="" class="wp-image-126521" /><figcaption class="wp-element-caption"><strong>©</strong> Vincent PONTET</figcaption></figure>


<p>La répartition judicieuse de l’Ensemble Aèdes sur scène en spectateurs de la pièce, dans la salle aussi, fait du chœur un autre des éléments clés de la soirée.</p>
<p><strong>Francois-Xavier Roth</strong> a la tête des Siècles accompagne le tout de la recherche d’authenticité qui lui est coutumière. Les instruments sont choisis en fonction de la date de création des œuvres. Un même scrupule musicologique dicte une direction d’orchestre équilibrée, analytique chez Stravinsky, lyrique voire canaille chez Poulenc qui prend là une nouvelle revanche posthume. Jugé avec condescendance de son vivant, le compositeur des <em>Mamelles de Tirésias </em>s’avère aujourd’hui incontournable. Son premier opéra n’est pas seulement en phase avec les préoccupations de notre époque ; ainsi représenté, il apparaît comme un pied-de nez nécessaire à la morosité et la moralité ambiantes.    </p>
<p>* Diffusé sur Mezzo le 28 mars 2023, sur Medici TV à partir du 31 mars 2023 puis sur France Musique le 15 avril 2023 à 20h, le spectacle devrait être prochainement en ligne sur la chaîne YouTube du Théâtre des Champs-Elysées.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-le-rossignol-poulenc-les-mamelles-de-tiresias-paris-tce/">STRAVINSKY, Le Rossignol / POULENC, Les Mamelles de Tirésias &#8211; Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>LULLY, Phaéton — Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/phaeton-nice-le-clair-et-lobscur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Mar 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La programmation d’un opéra moins connu de Lully est toujours une bonne nouvelle, et témoigne de la belle vitalité retrouvée du répertoire baroque depuis de nombreuses années déjà. L’opéra de Nice franchit un nouveau cap car, fait rarissime, c’est à un orchestre « classique », c’est-à-dire non baroque, qu’est confiée la partition. Alors certes, ils ont pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La programmation d’un opéra moins connu de Lully est toujours une bonne nouvelle, et témoigne de la belle vitalité retrouvée du répertoire baroque depuis de nombreuses années déjà. L’opéra de Nice franchit un nouveau cap car, fait rarissime, c’est à un orchestre « classique », c’est-à-dire non baroque, qu’est confiée la partition. Alors certes, ils ont pour chef l’excellentissime <strong>Jérôme Correas</strong> qui est venu avec ses <strong>Paladins</strong>, mais globalement le défi restait entier ; il est relevé. <strong>L’orchestre philharmonique de Nice</strong> propose un son d’une qualité très proche de celle d’un orchestre baroque et nous gratifie d’un <em>Phaéton</em> d’un excellent calibre. Il en va de même pour le <strong>chœur de l’Opéra de Nice </strong>qui relève avec autant de talent ce périlleux défi. Le chef Correas, qui nous offre l’œuvre <em>in extenso</em>, déploie toutes les facettes et nuances de la partition avec l’aisance habituelle. La chaconne centrale est extrêmement dynamique tandis que la scène finale sait dilater le temps de la catastrophe en gestation.</p>
<p>Sur la scène, c’est à <strong>Eric Oberdorff</strong> et <strong>Olivier Lexa</strong> qu’est confiée une mise en scène très réussie. Nous sommes plongés dans une temporalité indéterminée, ce qui permet d’approfondir la dimension symbolique de l’œuvre. Le résultat est très esthétique : le décor, conçu par <strong>Bruno de Lavenère</strong>, s’axe autour d’un immense disque tournant et inclinable, entouré d’un néon jaune, lequel rappelle bien sûr l’astre solaire, au centre de toutes les attentions de cet opéra. La danse est bien sûr très présente, y compris en dehors des séquences consacrées au ballet et les artistes de <strong>La Compagnie humaine</strong> livrent une performance à la fois emprunte de sensibilité mais aussi très impressionnante par des chorégraphies signées Oberdorff lui-même. Les chanteurs dansent eux-mêmes de façon très convaincante lors de la chaconne dans une chorégraphie qui résume toute l’intrigue. C’est bien vu ! Impressionnantes, les acrobaties circassiennes à la corde et au cerceau géant s’imbriquent à la perfection au reste de la mise en scène. Les costumes de Bruno de Lavenère poursuivent ce geste esthétique : tandis que ceux de Mérops ou du Soleil sont proprement somptueux, on apprécie aussi ceux qui sont d’une beauté toute élégante et discrète, comme ceux de Théone ou de la Terre. Enfin, la lumière joue un rôle prépondérant dans cet opéra qui tourne autour du soleil : <strong>Jean-Pierre Michel</strong> prend un contrepied très intéressant, plongeant la scène dans une forme d’obscurité diffuse et permanente, avant, bien sûr l’explosion finale.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="275" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc_1412.jpg?itok=ehbfjvSI" title=" © Eric Oberdorff" width="468" /><br />© Eric Oberdorff</p>
<p>Côté plateau vocal, <strong>Mark Van Arsdale</strong> incarne à très juste titre un Phaéton pétri de prétention et d’orgueil, aveuglé par son hubris. Proposant un héros content de lui-même et débordant d’ambition, le ténor déploie une voix puissante servie par de beaux aigus. La Théone de <strong>Deborah Cachet</strong> est vraiment l’étoile de la soirée : bouleversante, elle déploie une grâce sidérante, au soutien d’une voix lumineuse et cristalline. La Libye de <strong>Chantal Santon Jeffery</strong> est du même acabit : très émouvante, elle incarne à la perfection la victime lésée par la fatalité d’un hubris hors de contrôle. Son partenaire Epaphus est magistralement interprété par<strong> Gilen Goicoechea : </strong>la voix de baryton a tout simplement cloué les spectateurs à leur siège. La puissance, la beauté et la densité du timbre en font l’atout considérable de cette production. L’alchimie entre Goicoechea et Santon Jeffery est évidente et le couple offre parmi les plus beaux moments de la soirée. <strong>Aurélia Legay</strong> dépeint très judicieusement une Clymène en mère toxique et castratrice.</p>
<p>Les personnages secondaires sont tous de luxe. Le Mérops (et Saturne) de <strong>Frédéric Caton</strong> a toute la stature du roi égyptien majestueux, tandis qu’<strong>Arnaud Richard </strong>propose une version de Protée (et Jupiter) emprunte d’étrangeté, pouvant s’appuyer sur une voix extrêmement solide. Enfin, mention spéciale au bijou de la soirée : <strong>Jean-François Lombard</strong>, dont la voix et les aigus sont vraiment des diamants rares, d’une beauté et d’une délicatesse incroyables. Son Soleil est doté d’une sublime stature et en même temps d’une infinie douceur qui rappelle le lever du soleil d’une matinée d’automne. Sa Terre est peut-être encore plus belle : vulnérable, elle ne tient qu’à un filet de voix bouleversant.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/dsc_1916.jpg?itok=FSlBDq4w" title=" © Eric Oberdorff" width="468" /><br />
	 © Eric Oberdorff</p>
<p>Pour terminer, disons que tout trouve particulièrement sa place dans la scène finale : l’approche contrastée en fosse permet d’allier la terreur de la destruction totale mais aussi l’émotion désespérée des personnages. La Terre de Jean-François Lombard, parée d’un superbe costume, est proche du sublime lorsqu’elle se retire sous le disque tournant et fumant, tandis que la Clymène d’Aurélia Legay est bouleversante, éplorée et étendue de ton son long, main tendue vers son défunt fils. La chute de Phaéton, roulant au ralenti le long du disque incliné avec une boule de feu en son sommet et sous une pluie de confetti d’or, constitue l’un de ces tableaux qui restent assurément en mémoire de spectateur.</p>
<p> </p>
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		<title>L&#039;Amor conjugale</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lamor-conjugale-demi-caractere-succes-entier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’opéra italien entre 1790 et 1810 reste chroniquement mal connu. De l’opéra seria finissant, nous n’avons rien (ou presque) des trois « morts » (La Morte di Cleopatra, La Morte di Mitridate et La Morte di Semiramide) composées par Nasolini et d’autres sur les livrets à succès de Sografi qui signa aussi Gli Orazi ed i Curiazi de Cimarosa, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’opéra italien entre 1790 et 1810 reste chroniquement mal connu. De l’opéra seria finissant, nous n’avons rien (ou presque) des trois « morts » (<em>La Morte</em> <em>di Cleopatra</em>, <em>La Morte</em> <em>di Mitridate</em> et <em>La Morte</em> <em>di Semiramide</em>) composées par Nasolini et d’autres sur les livrets à succès de Sografi qui signa aussi <em>Gli Orazi ed i Curiazi</em> de Cimarosa, dont il manque encore un grand enregistrement de studio, sans parler du <em>Romeo e Giulietta</em> de Zingarelli, dont des <a href="https://www.forumopera.com/cd/giulietta-e-romeo-zingarelli-extraits-bonbon-napoleon">extraits</a> ont été publiés seulement récemment… De fait, le compositeur le mieux documenté de cette période est Giovanni Simone Mayr, nom italianisé d’un Bavarois qui figure parmi les musiciens les plus en vue du temps.</p>
<p>Quasiment seul représentant de cette époque à nos oreilles, Mayr est toujours désigné comme le chaînon manquant entre Mozart et Rossini. Certes pratique, cette description réductrice dénonce surtout nos lacunes. Mayr intéresse, et l’un de ses derniers chefs-d’œuvre, <em>Medea in Corinto</em>, retrouve parfois les planches. Il a même trouvé un champion en la personne de Franz Hauk, à la tête d’une myriade d’enregistrements plus ou moins frustrants de platitude interprétative, dont on ne sait s’ils rendent vraiment service au compositeur.</p>
<p>Le premier grand succès de Mayr fut <a href="https://www.forumopera.com/cd/le-chainon-manquant"><em>La Lodoiska</em></a> (Venise 1796), inspirée de <a href="https://www.forumopera.com/cd/la-reconquete-est-en-marche">celle de Cherubini </a>(Paris 1791), exemple d’opéra à sauvetage dans la lignée des drames de Monsigny, Grétry ou encore Dalayrac. Puisant dans le climat révolutionnaire, l’héritage de l’opéra-comique mais aussi l’inspiration <em>Sturm und Drang</em>, le genre cultive le mélange de tons pour exalter <em>in fine</em> des actes héroïques inspirés par la vertu individuelle. Traduites, ces œuvres se répandent à travers l’Europe, influençant le <em>Singspiel</em> et le nouvel opéra semi-seria. Le principal avatar de l’opéra à sauvetage, désormais connu dans toutes ses déclinaisons, en est l’illustration : Pierre Gaveaux ouvre le bal en 1798 avec une <em>Léonore, ou l’amour conjugal </em>qui a eu les honneurs du DVD ; Paër reprend le livret de Jean-Nicolas Bouilly en 1804 pour une <em>Leonora</em> (gravée deux fois) ; l’année suivante, c’est au tour de Mayr de s’en emparer, en même temps que Beethoven qui remaniera plusieurs fois cette <em>Leonore</em> de 1805 jusqu’au <em>Fidelio</em> de 1814 (moutures disponibles en plusieurs versions).</p>
<p>Ce <em>dramma sentimentale</em> sera l’un des plus solides succès de Mayr, avec plus d’une vingtaine de productions en vingt ans. L’œuvre est ensuite balayée par la vague romantique, le semi-séria passant vite de mode ; mais lorsque paraît <em>L’Amor conjugale</em>, ce genre pluriel est particulièrement chéri du public. Acte unique de moins de deux heures, ce <em>Fidelio</em> sauce Mayr est particulièrement efficace dramatiquement. La disparition de Jaquino permet de mieux caractériser le trio formé par Zeliska (travestie en Malvino, « Fidelio » donc), Peters (équivalent de Rocco) et Floreska (Marzelline). Rien ne traîne en longueur, notamment les babillages charmants des premières scènes, là où Beethoven et surtout Paër se perdent parfois dans le couple secondaire ; après la scène de la prison, les ensembles mènent au finale sans temps mort. De bout en bout, on admire la fluidité d’une écriture qui passe sans rupture du pittoresque au touchant. On ne trouvera pas ici le souffle et l’humanisme d’un Beethoven (les chœurs sont d’ailleurs ici absents, et le finale est anecdotique), mais un demi-caractère qui ne signifie pas fadeur.</p>
<p>L’écriture vocale se souvient de Cimarosa, dans un style belcantiste dont Rossini fera son miel, et dans lequel frémit déjà la promesse romantique. Fidèle à son ascendance germanique, Mayr combine sans cesse divers instruments pour varier les couleurs – on songe à l’école viennoise illustrée par Mozart et Salieri –, jusqu’à se montrer parfois trop ostentatoire dans ses <em>obbligati. </em>Il s’accorde une vraie liberté formelle qui contribue grandement à la cohérence de l’œuvre, dont les numéros s’enchaînent sans heurt. Pas de long développement mélodique, mais des motifs accrocheurs : manière de faire avancer le drame, rien ne se répète dans la grande scène de Zeliska (« Sì, ne profitterò… Rendi il consorte amato », déjà gravée par Eiddwen Harrhy pour Opera Rara) ou dans le remarquable quatuor « Fra l’orror di questo abisso ». Témoignage d’un impeccable instinct musico-dramatique, cet <em>Amor conjugale</em> serait certainement viable en scène.</p>
<p>La réalisation de <strong>David Stern</strong> a l’immense mérite d’être fidèle à la sensibilité <em>semi-seria</em> et à sa mélancolie si fragile. <strong>Opera fuoco</strong> respire cette musique et ces couleurs avec un grand naturel, les contrastes sont dosés avec justesse pour éviter les hiatus, et le chef sait ménager pauses et respirations pour faire vivre l’interprétation, ce qui passe aussi par une ornementation idoine.</p>
<p>On pourrait trouver de plus grands belcantistes, plus d’italianité et de couleurs, cependant l’équipe paraît soudée autour de cette réalisation, sans maillon faible. <strong>Chantal Santon Jeffery</strong> puise dans sa longue fréquentation de l’opéra français pour varier ses accents et affronter un rôle assez central en phase avec les moyens de la très éminente Teresa Giorgi-Belloc<sup>1</sup>. Ni trop dramatique, ni trop légère (l’aigu sent l’effort çà et là), elle convainc dans ses divers registres et sait déclamer ou vocaliser quand il le faut. L’air d’Amorveno prisonnier est plutôt conventionnel. Sans flamboyance particulière, le ténor <strong>Andrés Agudelo</strong> offre des couleurs chaudes et de la sensibilité au personnage<sup>2</sup>. Très présent, <strong>Olivier Gourdy</strong> a beaucoup de truculence en Peters (irrésistible « L’oro a un colore »), sans surcharge. L’autre baryton, <strong>Adrien Fournaison</strong>, plus mat, restitue les affres de Moroski/Pizzaro. Vive et colorée, <strong>Natalie Pérez</strong> anime avec brio le délicieux « Non sò, cosa sia ». <strong>Bastien Rimondi</strong> enfin n’a pas grand-chose à chanter, mais le fait tout à fait bien. Son ténor plus lumineux éclaire le finale, qui couronne une fort belle découverte. Ces deux disques viennent avantageusement compléter un précédent coffret Naxos capté sur le vif.</p>
<p>1. Selon Fétis, « mezzo-soprano de peu d’étendue, mais d&rsquo;une qualité de son très pur ; son accent était en général expressif et touchant. » De fait, <a href="http://www.quellusignolo.fr/sopranos/giorgi-belloc.html">Giorgi-Belloc</a> a touché à tous les styles, mais connut de beaux succès dans le demi-caractère : après Zeliska elle fut la créatrice de deux opéras de Rossini correspondant à cet esprit, <em>L’Inganno felice</em> et <em>La Gazza ladra</em>. Incarnation du trait d’union entre deux époques, elle fut aussi une interprète mozartienne.<br />
2. Écrit dans une tessiture point trop haute pour <a href="http://www.quellusignolo.fr/tenors/gentili.html">Serafini Gentili</a>, loin des envolées suraiguës et virtuoses du Lindoro qu’il créera pour Rossini.</p>
<p> </p>
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