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	<title>In-Sung SIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>In-Sung SIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold – Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-londres-roh/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Sep 2023 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Royal Opera House ouvre sa saison en fanfare avec le Prologue du Ring des Nibelungen de Wagner. Un cycle qui s’étalera sur quatre saisons. Barrie Kosky signe la réalisation scénique et Antonio Pappano s’engage dans sa dernière grande entreprise avec la première institution lyrique britannique ; un projet qui l’emmènera donc au-delà du terme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Royal Opera House ouvre sa saison en fanfare avec le Prologue du <em>Ring des Nibelungen</em> de Wagner. Un cycle qui s’étalera sur quatre saisons.<strong> Barrie Kosky</strong> signe la réalisation scénique et<strong> Antonio Pappano</strong> s’engage dans sa dernière grande entreprise avec la première institution lyrique britannique ; un projet qui l’emmènera donc au-delà du terme de son mandat, prévu en 2024.</p>
<p>La première réussite est d’ailleurs musicale : le temps de répétition alloué par la fin de l’été et l’absence du ballet à l’affiche aura permis un travail méticuleux avec l’orchestre. Dès l’ouverture on admire la cohésion d’ensemble d’une masse orchestrale qui gagne en puissance et brillera dans chacune des transitions de ce prologue. Antonio Pappano cisèle les leitmotive et leur imbrication avec art, en même temps qu’il accompagne son plateau de son sens du drame musical. Tout cela est des plus prometteurs pour la suite de ce Ring.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rose-Knox-Peeble-Erda-Brenton-Ryan-Mime-Das-Rheingold-©-2023-ROH-Photo-by-Monika-Rittershaus-063-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-141529"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Photo by Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<p>Tout aussi prometteuse s’avère la proposition de Barrie Kosky, qui, sans chercher d’innovation à tout prix, coche toutes les cases d’une production à la fois moderne et attentive tant à la lettre qu’à l’esprit du Ring. Les quelques écarts au livret se justifient pleinement. Ainsi, ce n’est pas le Rhin que l’on retrouve passée l’ouverture mais l’Arbre du monde, assez mal en point. Carcasse calcinée et fracassée par la foudre, cette souche creuse ne quitte pas la scène et offre nombre de solutions scénographiques, en même temps qu’elle constitue un décor spectaculaire tout à fait à propos pour la Tétralogie. L’or, c’est la sève que l’on extrait sans se soucier de la finitude de la ressource. Erda, présente en scène de manière continue par le truchement d’une actrice à la silhouette vieille et chétive, erre comme une Pachamama exténuée. Les dieux ne songent qu’au pouvoir que la sève leur confère, Alberich veut les supplanter par son exploitation industrielle dans une terrifiante scène du Nibelheim où les seaux de liquide doré s’entassent sur le proscenium. Freia s’y retrouvera plongée comme dans un bain de jouvence. Le metteur en scène n’oublie pas les éléments comiques : l’humiliation d’Alberich par les filles du Rhin ou encore les dieux grimés en festivaliers en goguette à Glyndebourne, panier picnic compris… s’il était besoin de rappeler la possible veine marxiste du chef-d’œuvre wagnérien. Que fera le metteur en scène de cette lecture du Ring comme d’une Anthropocène ? A l’issu de ce Rheingold en tout cas, l’on a hâte d’en voir plus. &nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/The-Gods-Das-Rheingold-©-2023-ROH-Photo-by-Monika-Rittershaus-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-141532"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Photo by Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau réuni, enfin, rejoint l’excellence que l’on attend d’une grande maison d’Opéra. Les trois filles du Rhin ouvrent le cycle avec poésie et justesse. <strong>Insung Sim</strong> (Fasolt) et <strong>Soloman Howard</strong> (Fafner) présentent les deux visages antinomiques des Géants : le premier romantique et tendre quand le second s’avère bourru et colérique. <strong>Rodrick Dixon</strong> (Froh) et <strong>Kostas Smoriginas</strong> (Donner) parviennent à rendre crédibles deux divinités le plus souvent réduites à l’impuissance. <strong>Wiebke Lehmkul</strong> confirme l’excellence de son Erda, mystérieuse et sonore. <strong>Kiandra Howarth</strong> (Freia) et <strong>Marina Prudenskaya</strong> (Fricka) paraissent plus en retrait, la première sûrement à cause de la brièveté de ses interventions et la seconde du fait d’une diction relâchée. Les deux ténors se complètent, eux, à la perfection. <strong>Brenton Ryan</strong> compose un Mime veule à souhait assis sur un timbre mat. <strong>Sean Pannikar</strong> s’ingénie à muer la rondeur du sien en accents nasaux et en raucités afin de coller à la duplicité de Loge. Son jeu scénique, de tout premier ordre, en fait un des triomphateurs de la soirée pour ses débuts au Royal Opera House. Enfin les deux clés de fa dominent le plateau, tant par le style d’un <em>sprechgesang</em> expressif et théâtral, que par des moyens wagnériens tout à fait idoines. <strong>Christopher Purves</strong> louvoie des lamentations pathétiques aux éructations avec une aisance confondante. <strong>Christopher Maltma</strong>n se révèle d’une endurance sans faille. Son diseur de Wotan ne redoute aucune embardée de l’orchestre et annonce, lui aussi, le meilleur pour les journées à venir.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-londres-roh/">WAGNER, Das Rheingold – Londres (ROH)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>DVORÁK, Rusalka &#8211; Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jun 2023 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la première production du chef-d’œuvre de Dvořák à l’Opéra-Théâtre de l’Eurometropole de Metz, Paul-Emile Fourny, directeur in loco, a mis la main à la pâte et signe la mise en scène qui voyagera à Reims et à Massy. De facture classique voire littérale, elle souligne les ambiances aquatiques du livret par l’usage de vidéos &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left">Pour la première production du chef-d’œuvre de Dvořák à l’Opéra-Théâtre de l’Eurometropole de Metz, <strong>Paul-Emile Fourny</strong>, directeur i<em>n loco</em>, a mis la main à la pâte et signe la mise en scène qui voyagera à Reims et à Massy. De facture classique voire littérale, elle souligne les ambiances aquatiques du livret par l’usage de vidéos et trouve des rappels visuels dans l’esthétique Art nouveau, attachée à la République tchèque mais aussi aux villes de l’Est de la France. Etonnamment, c’est le casino de Costanta – ville balnéaire roumaine au bord de la mer noire – tout en volumes et en courbes qui est retenu comme Palais du Prince et horizon fantasmatique de l’ondine. Les costumes et perruques sont particulières soignés pour rehausser les ambiances magiques et princières. Dommage que la direction d’acteur se cantonne au conventionnel pour les personnages principaux, osant quelques traits d’humour ou d’ambiance pour les figurants : le page de la Princesse étrangère qui la suit comme son ombre pour lui enlever ou lui remettre son étole se révèle un choix très pertinent par exemple. </p>
<p>En fosse, l’Orchestre national de Metz Grand Est déploie des couleurs intéressantes sous la baguette de <strong>Kaspar Zehnder</strong>. Harpe et bois en tête, la toile du conte musical prend vie et la scansion dramatique n’accuse aucun temps mort, tout en soignant le confort du plateau gageant d’une préparation rigoureuse et du très bon niveau de l’orchestre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/230530N764-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-133118" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Luc Bertau &#8211; Opéra-Théâtre Eurométropole de Metz</sup></figcaption></figure>


<p>Surtout, le plateau vocal réuni s’avère tout à fait satisfaisant. En premier lieu, les chœurs brillent par leur homogénéité et leur présence scénique dans les scènes de bal du deuxième acte. Dans les seconds rôles, se distinguent en particulier le Garçon de Cuisine de <strong>Lamia Beuque</strong> et le garde-chasse de <strong>Matthieu Lécroart</strong> dans leur deux scène bouffes, parfaites respirations dans la touffeur du drame. Les trois Naïades remplissent leur office avec une belle complémentarité de timbres. <strong>Irina Stopina</strong> (la Princesse étrangère) dispose de toutes les ressources nécessaires pour rendre justice au personnage. Elle l’incarne de manière hautaine, comme le lui demande la mise en scène, aux dépens d’accents plus tendres dans les palabres amoureux ou cruels quand il s’agit de crucifier ou Rusalka, ou le Prince. La Jezibaba d’<strong>Emanuela Pascu</strong>, irréprochable vocalement elle aussi, souffre d’un même axe interprétatif unique. La sorcière, terrifiante dans le livret, se perd un peu dans les quelques gags qu’on lui demande. Marmoréen, <strong>Insung Sim</strong> propose un Vodnik royal dans le port et le chant. Enfin, le couple principal convainc tout à fait. <strong>Milen Bozhkov</strong> incarne avec brio un prince fougueux à l’acte I, tour à tour vulgaire et cajolant au II et pathétique au III. Son endurance et son aisance à l’aigu rendent son premier acte enthousiasmant. En prise de rôle, <strong>Yana Kleyn</strong>, offre un portrait déjà complet de l’ondine dont elle maitrise toutes les exigences vocales. Si son vibrato serré à l’aigu la handicape à l’occasion – sa prière à la Lune en pâtit malgré une ligne et un phrasé élégants – elle s’en sert régulièrement pour appuyer les passages les plus dramatiques du rôle.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-metz/">DVORÁK, Rusalka &#8211; Metz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Il corsaro — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-corsaro-monte-carlo-hardi-verdi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Dec 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alerte en Principauté ! Un corsaire a débarqué à Monaco. Oh pas un corsaire coupeur de têtes, chercheur de trésors, non, un corsaire coureur de mers et de femmes, un corsaire à la voix irrésistible : le « Corsaire » de Verdi – ce brillant opéra de jeunesse , auquel on n’accorde pas l’attention qu’il mérite sur les scènes internationales et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alerte en Principauté ! Un corsaire a débarqué à Monaco. Oh pas un corsaire coupeur de têtes, chercheur de trésors, non, un corsaire coureur de mers et de femmes, un corsaire à la voix irrésistible : le « Corsaire » de Verdi – ce brillant opéra de jeunesse , auquel on n’accorde pas l’attention qu’il mérite sur les scènes internationales et dont on ne comprend pas le mépris qu’ont pour lui beaucoup de musicologues.</p>
<p>Il y a encore dans cet ouvrage certains aspects bel cantistes<em> – </em>comme les cabalettes des deux sopranos (dont celle de la fiancée du pirate au premier acte) mais on perçoit déjà le souffle qui portera les futurs grands ouvrages. N’y a-t-il pas quelque chose de <em>Rigoletto </em>dans l’air du pacha tortionnaire du corsaire « Alfin questo corsaro e moi prigione »<em> </em>? On pressent déjà l’intensité lyrique du <em>Trouvère</em> dans la scène de la prison ou dans le vibrant trio final. La musique vous emporte comme une tornade. On constate l’audace musicale d’un génie de 34 ans. Hardi Verdi !</p>
<p>Cet opéra n’avait encore jamais été donné à Monaco. Il l’a été en version de concert.</p>
<p>Il raconte l’histoire invraisemblable d’un corsaire qui a été capturé par un pacha ; la favorite du pacha, tombée amoureuse, le fait évader après avoir tué son maître ; le corsaire retrouve sa fiancée au moment où elle vient d’absorber un poison ; le corsaire se suicide en voyant mourir sa bien aimée ; la favorite du pacha sombre dans le désespoir. </p>
<p>Aux interprètes de nous rendre crédible cette histoire ! Ceux qu’on a entendus à Monaco ne s’en sont pas privés. D’abord le ténor italien<strong> Giorgi Berrugi</strong>. Il possède une ligne de chant impeccable, riche en contrastes, puissamment projetée. Il y a dans son timbre quelque chose de latin qui convient à l’opéra verdien et dans son expression une sauvagerie qui enflamme son personnage de corsaire.</p>
<p>Lorsque résonne le bronze superbe du baryton polonais <strong>Artur Rucinski</strong>, incarnation du pacha, un frisson vous parcourt. Il faut l’entendre dans son « Salve Allah »<em> </em>à l’acte II ou dans sa tirade contre le corsaire au III<em>.</em> Sa densité vocale, sa puissance expressive font merveille.  </p>
<p>Deux sopranos se partagent la scène : la favorite du pacha et la fiancée du corsaire. Il est peu de dire que favorite du pacha fut aussi celle du public. C’était la soprano <strong>Roberta Mantegna</strong>. En voici une qui ne faiblit pas, face aux vocalises colorature et aux contre-ut répétés. Elle vous emporte par la vaillance de son chant, son timbre mordant, son intensité expressive et, vers la fin de l’opéra, cette ultime note tenue dans l’aigu qui fit vibrer la salle entière. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/nm-1945.jpg?itok=3AOAY8WS" style="font-size: 11.2px;text-align: center" title="Roberta Mantegna (Photo Alain Hanel)" width="468" /><br style="font-size: 11.2px;text-align: center" /><br />Roberta Mantegna <i style="margin: 0px;padding: 0px;border: 0px;vertical-align: baseline;, sans-serif;font-size: 13.008px">©</i> Alain Hanel</p>
<p>La soprano russe <strong>Irina Lungu</strong> était dans le rôle de la fiancée. Même si on aime sa voix souple, son aigu facile, on ne l’a pas sentie totalement à l’aise dans les détours sinueux de son premier air « Non se le tetre immagini ». On l’a entendue meilleure, naguère, en Gilda – mais ce n’est pas le même Verdi !</p>
<p>Par leur assise vocale, les brèves interventions de la basse coréenne <strong>In-Sung Sim </strong>furent admirables<strong>. </strong>Rien qu’à les entendre, leur couleur sombre rendait le personnage redoutable.  </p>
<p>Avec sa direction sans cesse fluctuante et toujours maîtrisée, le chef <strong>Massimo Zanetti</strong> a fait flamboyer un  chœur et un orchestre excellents. Au dessus des flots impérieux, tempétueux, majestueux de la musique de Verdi, il apparut en capitaine glorieux, susceptible de maîtriser les plus indomptables corsaires.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p style="margin-bottom: 0cm;border: none;padding: 0cm;line-height: 100%"> </p>
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		<title>VERDI, Aida — Sanxay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aida-sanxay-vingt-ans-apres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Aug 2019 03:49:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2009, pour son 10e anniversaire, le festival des Soirées lyrique de Sanxay avait présenté Aida (plus de 10 000 spectateurs). Pour fêter cette année le 20e anniversaire, Christophe Blugeon, créateur de ces manifestations musicales et toujours leur directeur artistique, a décidé de reprendre la même œuvre, mais avec une équipe entièrement renouvelée, sauf la chorégraphe &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2009, pour son 10<sup>e</sup> anniversaire, le <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/les-soirees-lyriques-de-sanxay">festival des Soirées lyrique de Sanxay</a> avait présenté <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-petit-mickey-qui-na-pas-peur-des-grands"><em>Aida</em> (plus de 10 000 spectateurs)</a>. Pour fêter cette année le 20<sup>e</sup> anniversaire, Christophe Blugeon, créateur de ces manifestations musicales et toujours leur directeur artistique, a décidé de reprendre la même œuvre, mais avec une équipe entièrement renouvelée, sauf la chorégraphe <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#laurence-fanon">Laurence Fanon</a></strong> dont le travail avait été unanimement apprécié. Les principes fondateurs de ce festival, destiné essentiellement à un public de proximité, demeurent inchangés, avec la participation de quelque 250 bénévoles qui travaillent à la réalisation des costumes, des décors et des repas, ainsi qu’à l’accueil et au placement dans une ambiance bon enfant… La plupart des solistes, artistes des chœurs et musiciens sont logés chez l’habitant.</p>
<p>	Le résultat est à la hauteur de ces efforts, car le spectacle, hautement professionnel, peut s’enorgueillir de pouvoir rivaliser avec d’autres productions lyriques européennes de plein air. Les costumes de <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#jerome-bourdin">Jérôme Bourdin</a></strong>, oscillant entre les côtés « historique » et « kitsch », sont particulièrement soignés ; sa scénographie – vague évocation d’une Atlantide de péplum – tient parfaitement la route en permettant d’échapper aux trop longues interruptions pour changements de décors, encore qu’un seul entracte aurait suffi. Quant à la mise en scène très classique de <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#jean-christophe-mast">Jean-Christophe Mast</a></strong>, elle évite les principaux écueils de l’œuvre, mais reste encore trop enfermée dans le cadre de scène, malgré deux moments qui montrent tout l’intérêt que pourrait présenter une telle possibilité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="312" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/10-0032-aida-2019-presse-david_tavan-07-08-19.jpg?itok=-vmZxoJo" width="468" /><br />
	© Photo David Tavan</p>
<p>La distribution, de qualité, permet au public local de découvrir (ou de redécouvrir car certains ont déjà chanté en France) des artistes de haut niveau international. Les voix sont bien équilibrées entre elles, parfaitement adaptées au plein air et à la belle acoustique du lieu. Bien dirigés, les chanteurs font montre en même temps de qualités de jeu scénique plutôt convaincantes. Quant aux danseurs, portés par une excellente chorégraphie fondée sur des danses tribales africaines, ils ont particulièrement subjugué le public.</p>
<p>	Ce soir, Aïda n’est pas la boniche de service comme on l’a vraiment trop souvent vu, passant l’aspirateur ou roucoulant au téléphone. Elle retrouve ici son rang de princesse malheureuse, prisonnière d’Amnéris autant que de son amour pour Radamès. La soprano russe <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#elena-guseva">Elena Guseva</a></strong>, élégante et racée, sait être successivement véhémente ou touchante. Elle déploie une voix très nuancée, et son « air du Nil » est particulièrement réussi ne serait l’ut final, comme souvent. Le ténor géorgien <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#irakli-kakhidze">Irakli Kakhidze</a></strong> (Radamès) a la puissance du personnage et même si sa gestuelle est un peu limitée, elle paraît plutôt naturelle. Sans jamais forcer sur ses moyens vocaux bien adaptés, il reste un peu trop souvent dans le registre <em>forte</em>, mais avec une constante expressivité.</p>
<p>	La mezzo russe <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#olesya-petrova">Olesya Petrova</a></strong> arrive à faire oublier une posture scénique un peu lourde par une jolie voix égale sur toute la tessiture. A l’aise dans les moments d’agressivité, elle sait aussi faire sentir par l’expression vocale toutes les tendances divergentes du personnage d’Amnéris, et ressortir des instants de grâce magnifiés par le chant à son entrée, lors des difficiles phrases musicales de la scène dans ses appartements, et du « mi sento morir » au début de sa scène finale.</p>
<p>	Deux autres chanteurs ont subjugué le public dans des genres bien différents. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/vitaliy-bilyy-sa-voix-est-plus-italienne-que-russe">Le baryton ukrainien</a><strong> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#vitaliy-bilyy">Vitaliy Bilyy</a></strong>, bien connu du public parisien, est un Amonasro d’exception, tout en nuances et sans aucuns des excès que l’on regrette parfois dans ce rôle qui, pour être court, n’en est pas moins important. Encore plus court, le messager du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/luca-lombardo-nous-sommes-des-instruments-a-vent">vétéran</a> <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#luca-lombardo">Luca Lombardo</a></strong> nous donne une grande leçon de beau chant, avec une voix claire et une prononciation parfaite, et cerise sur le gâteau, pour une fois un personnage harassé par la longue course qu’il vient d’effectuer là où tant d’autres arrivent tout frais et guillerets. La somptueuse basse coréenne <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#in-sung-sim">In-Sung Sim</a></strong> (Ramfis) est la voix la plus forte et sonore de la soirée, mais a tendance à bouger légèrement dans l’extrême grave. Le Géorgien <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#nika-guliashvili">Nika Guliashvili</a></strong> est un roi traditionnel, de même que la prêtresse bien chantante de <strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operasanxay.fr/artistes#sophie-marin-degor">Sophie Marin-Degor</a></strong>.</p>
<p>	Le jeune chef d’orchestre italien <strong>Valerio Galli</strong> fait montre de toutes les qualités d’un grand chef lyrique, attentif au plateau et habile à rattraper les petites faiblesses d’un orchestre et de chœurs (pas assez étoffés) parfois un peu dépassés par la tâche. Il sait insuffler un véritable élan à l’œuvre, et lui donner les respirations et les changements de tempi qui font battre à l’unisson tous les cœurs, qu’ils soient sur scène ou dans l’auditoire. Un spectacle solide dans une production traditionnelle, un nouveau fleuron ajouté à tous ceux déjà présentés par ce festival bien sympathique.</p>
<p>Prochaines représentations les 12 et 14 août 2019</p>
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		<item>
		<title>Turandot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/turandot-poda-le-neo-pizzi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Nov 2018 07:53:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par un curieux hasard, le public français n’a jusqu’ici pu découvrir le travail de Stefano Poda qu’à travers une production assez peu représentative de son art : L’Elisir d’amore proposé par l’Opéra du Rhin était une comédie, dont le metteur en scène italien avait proposé une vision assez guillerette bien que parfois énigmatique. Avec la Turandot &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Par un curieux hasard, le public français n’a jusqu’ici pu découvrir le travail de<strong> Stefano Poda </strong>qu’à travers une production assez peu représentative de son art : <em>L’Elisir d’amore</em> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/lelisir-damore-strasbourg-mangez-des-pommes">proposé par l’Opéra du Rhin</a> était une comédie, dont le metteur en scène italien avait proposé une vision assez guillerette bien que parfois énigmatique. Avec la <em>Turandot</em> turinoise dont C Major commercialise la captation, on retrouve en revanche tout ce qui fait ce que nous appelions ailleurs « <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/systeme-p">le système P</a> ». En effet, comme les spectacles signés Bob Wilson, un opéra monté par Stefano Poda garantit de manière quasi systématique un certain nombre d’éléments : des figurants nus (enfin, en string) au corps blanchi comme des danseurs <em>but</em><em>ō</em>, des décors blancs possiblement garnis de moulages de parties du corps humain, les figurants ou artistes du chœur défilant en lentes processions hiératiques. Tout cela n’est pas vilain, et évoque un peu un Pier Luigi Pizzi « modernisé » : même gamme chromatique limitée (blanc, rouge et noir, en général), même élégance de l’ensemble et – c’est là le hic – même vide dramatique. Car en étant à la fois décorateur, costumier, éclairagiste, chorégraphe et metteur en scène, Stefano Poda semble soumettre toutes les œuvres au même carcan, et cette <em>Turandot</em> ressemble furieusement à une certaine <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/videographie-de-thais"><em>Thaïs </em>également turinoise</a>. On retiendra en l’occurrence quelques « idées » dont le sens n’est pas limpide : la multiplication des Turandot, la princesse étant entourée d’un abondant groupe de dames (tous les pupitres féminins du chœur et quelques figurantes) vêtues et maquillées exactement comme elle, qui articulent en même temps le texte qu’elle déclame ; une semblable multiplication des Altoum, le vieil empereur manipulant une boule à facettes sortie d’une discothèque. Cela oblige hélas Calaf a parcourir la foule en regardant sous le nez tous les messieurs ou toutes les dames qu’il rencontre, comme s’il désespérait de retrouver son véritable interlocuteur parmi tous ses doubles. Quand aux casques de moto diamantés qu’apportent les figurantes à plusieurs reprises, ils sont un peu plus mystérieux, et ne serviront – heureusement ? – jamais à rien. Enfin, tout cela n’est guère passionnant, il faut malgré tout l’avouer.</p>
<p>L’oreille est-elle plus sollicitée ? Oui, en un sens, puisque le Teatro Regio affichait la « version originale inachevée » de l’œuvre. Comme à la création en 1926, la représentation s’achève peu après la mort de Liù, sans le finale, long ou court, d’Alfano, pas plus que celui de Luciano Berio. Le fait de conclure sur une sorte d’apothéose de Liù, encensée par le chœur, modifie évidemment la perception que l’on a de cet opéra. <strong>Gianandrea Noseda</strong> met en valeur la relative modernité de la partition, mais le statisme de la production ne l’aide pas vraiment à donner du relief à l’orchestre. Quant à la distribution, on ne peut pas dire qu’elle soit totalement enthousiasmante. <strong>Rebeka Lokar</strong> a fait la une des journaux l’été dernier, en remplaçant au pied levé Kristin Lewis <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/lexploit-memorable-de-rebeka-lokar-a-verone">dans <em>Aida</em> à Vérone</a>. Est-ce à dire que l’on entend ici une Turandot de plein air ? C’est un peu vrai, car si le timbre de la soprano slovène n’est pas désagréable, et qu’elle est même capable de fort belles choses dans la nuance piano, l’aigu forte est malheureusement entaché d’un fort vibrato qui ne permet pas de déterminer quelle note elle chante. Même problème pour <strong>Jorge de Le</strong><strong>ón</strong>, qui semble avoir abusé des rôles les plus lourds qu’il enchaîne depuis une dizaine d’années : son chant tout en force, où les nuances sont rares, est mieux fait pour combler les spectateurs réunis à la belle étoile. Le cas d’<strong>Erika Grimaldi</strong> est un peu différent, et c’est plutôt son adéquation au personnage de Liù qui est sujette à caution, tant la voix paraît sombre et mûre pour incarner la petite esclave. La mise en scène n’aide pas <strong>In-Sung Sim</strong> à exister en Timur, même s’il en a les notes. Parmi les trois ministres, mieux vaut oublier les voix de comprimari des deux ténors, pour ne retenir que le Ping de <strong>Marco Filippo Romano</strong>, abonné aux rôles comiques mais ici plein de dignité. Malgré la prestation estimable du chœur du Teatro Regio, cette <em>Turandot</em> n’a finalement que peu d’atouts pour la recommander, au sein d’une vidéographie déjà pléthorique.</p>
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		<title>VERDI, Macbeth — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-toulouse-un-symbole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 May 2018 07:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé à Bordeaux en 2012 puis à Nancy, qui coproduisaient le spectacle, ce Macbeth passa ensuite par Toulon en 2014 avant d’occuper aujourd’hui la scène du Capitole. Jean-Louis Martinoty étant décédé en 2016, sa mise en scène est reprise par Frédérique Lombard. Quelle a été sa marge de manœuvre ? Probablement assez grande, par exemple dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNoSpacing">Créé à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/spectacle/hypocrites-effarouches-sabstenir">Bordeaux</a> en 2012 puis à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/spectacle/du-sang-des-larmes-et-des-contrarietes">Nancy,</a> qui coproduisaient le spectacle, ce <em>Macbeth </em>passa ensuite par <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/spectacle/la-musique-sous-estimee">Toulon</a> en 2014 avant d’occuper aujourd’hui la scène du Capitole. <strong>Jean-Louis Martinoty </strong>étant décédé en 2016, sa mise en scène est reprise par <strong>Frédérique Lombard</strong>. Quelle a été sa marge de manœuvre ? Probablement assez grande, par exemple dans la suppression de l’amoncellement de cadavres qui au prélude plaçait l’œuvre sous le signe de l’horreur au risque de frôler le grand-guignol. Par ailleurs, les moyens techniques des deux théâtres expliquant peut-être la différence de perception, le fonctionnement du dispositif scénique nous a semblé bien meilleur et certains effets – l’apparition du spectre de Banco – mieux réalisés. Par suite l’empreinte théâtrale trouvée alors insistante, voire laborieuse, a beaucoup gagné en fluidité et « colle » étroitement à la musique. Sans prétendre à une quelconque « modernité » ou à une révélation fulgurante d’un sens caché, elle n’en a pas moins un cachet personnel grâce à l’importance que Jean-Louis Martinoty donne aux sorcières. En les montrant omniprésentes dans l’ombre des protagonistes, qui ne les voient pourtant que lorsqu’ils les cherchent dans les lieux spécifiques en marge des humains, il expose une mentalité où la crainte du surnaturel fait croire aux prodiges, aux prédictions et aux apparitions. Il y réussit en créant pour Lady Macbeth une proximité avec les sorcières, par le biais de l’arbre renversé – décors de <strong>Bernard Arnould &#8211; </strong>autour duquel elles dansent. Ce symbole de l’univers, dupliqué par le globe terrestre avec lequel elles jouent, est présent au château, où ses feuilles terminales semblent un lustre qui grandit ostensiblement quand la Lady est seule, sans témoins. Cela explicite sa relation avec le surnaturel et fait d’elle, très pertinemment, une cousine d’Ortrud.</p>
<p>Le dispositif scénique permettant l’enchaînement des scènes par de rapides précipités, la tension musicale n’a pas le temps de retomber. Choisi pour remplacer Daniel Oren, primitivement annoncé, <strong>Michele Gamba</strong> avait intéressé par son tempérament dans une <em>Armida </em>montpelliéraine. Il semble ici complètement à son aise dans une partition dont il met en lumière les couleurs et les accents, avec vigueur et précision. On pourrait çà et là souhaiter davantage de sfumato mais ce parti-pris révèle sans faille tous les reliefs voulus par Verdi en évitant l’écueil des lourdeurs possibles. C’est musclé, dynamique, mais jamais précipité. L’orchestre répond superbement : cuivres somptueux, vents lugubres, cordes grinçantes à souhait, c’est un festival de nuances sonores et de couleurs instrumentales qui fait s’interroger sur la relative rareté du titre à l’affiche tant la séduction musicale est péremptoire.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/_b6i3005_lady_macbeth.jpg?itok=d-vMAdrI" title="Béatrice Uria-Monzon (Lady Macbeth) © Patrice Nin" width="468" /><br />
	Béatrice Uria-Monzon (Lady Macbeth) © Patrice Nin</p>
<p>Sans doute l’absence d’histoire d’amour explique-t-elle que l’œuvre n’ait jamais atteint la popularité d’autres titres verdiens. Sans doute aussi l’écriture « monstrueuse » pour le monstre qu’est celle qui donne l’impulsion meurtrière à son mari effraie-t-elle à juste titre. Les remords lui sont étrangers : seuls ces souvenirs qui résistent – la couleur et l’odeur du sang sur ses mains – la troublent dans son sommeil. Pour cette damnée au plan moral Verdi a écrit un rôle monstrueux, c’est-à-dire hors normes, par l’amplitude qu’il réclame, par l’agilité virtuose nécessaire, par la force des accents ou les suavités des insinuations et par le poids dramatique. Dans sa volonté d’aborder des rôles a priori éloignés de son amplitude de mezzosoprano, <strong>Béatrice Uria-Monzon </strong>a pris le risque d’affronter celui de Lady Macbeth, et elle sort victorieusement de l’épreuve. Il y aura probablement des discussions âpres sur la fameuse note à laquelle pour certains se résume le rôle, mais au-delà de ce point de détail on peut souligner la netteté de l’émission, l’homogénéité des registres qui rend inaudible les passages, la clarté initiale de l’articulation, par la suite moins parfaite, et la fermeté de la projection qui campe aussitôt la « maîtresse-femme » tout en emplissant la salle et en gardant à la voix toute sa présence dans les ensembles. Et, comme à l’accoutumée, le personnage est incarné totalement par la vigilance minutieuse de la composition scénique, digne d’une grande actrice.</p>
<p>Son Macbeth n’atteint pas, en tout cas pour nous, à la même altitude. <strong>Vitaliy Bilyy </strong>est un baryton apprécié au Capitole, où il chante pour la cinquième fois depuis 2012. Il a de la prestance et une voix étendue et ferme, qui peut sonner claire ou plus sombre. Son italien est à présent pratiquement irréprochable. Mais…d’un rôle à l’autre, l’expressivité ne nous semble pas précisément nuancée, comme si enfler ou diminuer la voix était un horizon indépassable. En outre ce chanteur ne semble pas toujours maîtriser son émission, les notes tenues révélant d’infimes variations du souffle qui altèrent très légèrement l’homogénéité et la couleur du son. Au-delà de ces remarques, la prestation reste de haute tenue. Aucune réserve en revanche pour le Banco de <strong>In Sung Sim</strong>, basse profonde que l’on aimerait entendre plus longuement. Beau Macduff, également, de <strong>Otar Jorjikia</strong>, qui chante son air avec une énergie rare. Dans la brève apparition de Malcolm au dernier acte on remarque le timbre et la projection de <strong>Boris Stepanov. </strong>Quant à <strong>Emmanuela Pascu</strong> elle donne toute la dimension possible au personnage de la dame d’honneur. Dans les rôles des comparses &#8211; serviteur, assassin, héraut, médecin &#8211; des artistes du chœur et dans ceux des apparitions des artistes de la maîtrise dont les interventions confirment le haut degré de leur préparation. Les artistes du chœur subjuguent une fois encore par la qualité de leur prestation, d’une rigueur impeccable et exemplaire. Dans un opéra où ils sont omniprésents, ils contribuent à porter l’exécution au plus haut. Seul (petit) regret, le chœur des sorcières a renoncé à nasiller pour s’enlaidir : on en a rarement entendu d’aussi harmonieux !</p>
<p>La réussite du spectacle suffirait à donner le sourire. Mais il vient aussi pour un autre motif : en ce dimanche de Pentecôte favorisé par le beau temps le théâtre était comble ! Nous traitera-t-on d’illuminé s’il nous plait d’y voir comme le symbole de l’Esprit saint contre l’esprit du Mal ? Les forces artistiques vivantes contre l’assaut d’un monde qui les nie ? Quel bel exemple de résistance que ce succès !</p>
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		<title>VERDI, Otello — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/otello-londres-roh-toute-premiere-fois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jun 2017 05:45:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Premier Otello de Jonas Kaufmann&#8230; Cette nouvelle prise de rôle était sans doute l’un des événements lyriques les plus attendus de la saison. Vocalement, le ténor allemand remporte sans conteste son pari. Dans une forme éclatante, Kaufmann offre une projection impeccable, qui lui permet de passer sans problème le mur orchestral, et de venir au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Premier Otello de <strong>Jonas Kaufmann</strong>&#8230; Cette nouvelle prise de rôle était sans doute l’un des événements lyriques les plus attendus de la saison. Vocalement, le ténor allemand remporte sans conteste son pari. Dans une forme éclatante, Kaufmann offre une projection impeccable, qui lui permet de passer sans problème le mur orchestral, et de venir au bout de ce rôle épuisant sans fatigue apparente. Cette puissance n’empêche pas de fines nuances, portées par un phrasé parfait et un jeu subtil sur les registres mixte et de poitrine. Les aigus sont crânement assurés, y compris le contre-ut sur « Quella vil cortigiana », ultime manifestation de la masculinité bafouée d’Otello. L’intelligence du texte est remarquable, mais sans excès surinterprétatifs. Enfin, le timbre sombre sied particulièrement au personnage. L’interprétation scénique laisse en revanche un peu dubitatif. Volonté du metteur en scène ou du chanteur allemand, cet Otello se révèle plus proche d’un jeune romantique tourmenté et peu sûr de lui, que du guerrier farouche dont l’assurance se fissure peu à peu sous le coup des insinuations de Iago. Remplaçant Ludovic Tézier <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/breve/ludovic-tezier-parle-aux-anglais-et-aux-autres">écarté au début des répétitions</a>, <strong>Marco Vratogna</strong> est un Iago de facture classique, un brin histrionique ce qui explique sans doute son triomphe aux saluts. Certaines grimaces nous ont pourtant semblé mal venues : pour ceux qui l’entourent, Iago est un honnête homme ; comment dans ces conditions faire confiance à un individu aussi louche ! Au positif, la voix offre la puissance requise et le baryton est capable de belles nuances également, avec là aussi un jeu sur les registres. L’intonation est en revanche parfois approximative. Dramatiquement et vocalement, Vratogna et Kaufmann s&rsquo;avèrent complémentaires, avec une certaine complicité dans leurs duos. <strong>Maria Agresta</strong> a pour elle un beau timbre et une projection respectable. Elle sait également amener de beaux <em>piani</em>. Son interprétation reste toutefois un peu extérieure : il manque à ce beau chant ce je ne sais quoi de force dramatique qui donne le frisson. Les seconds rôles sont excellents. <strong>Frédéric Antoun</strong> est un Cassio de luxe, au chant parfait. <strong>Thomas Atkins</strong> est davantage un intéressant ténor de caractère. En Montano, <strong>Simon Shibambu </strong>offre une beau timbre de basse. <strong>Kai Rüütel </strong>est une Emilia a la voix puissante, d’un bel engagement dramatique ; <strong>In Sung Sim</strong> un ambassadeur d’une belle prestance.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/otello_3.jpg?itok=c0J0YgEK" title="© Catherine Ashmore" width="468" /><br />
	© Catherine Ashmore</p>
<p>Le spectacle de <strong>Keith Warner </strong>ne manque pas d’idées, bonnes ou mauvaises, mais l’ensemble manque de cohérence. On apprécie par exemple la vision maléfique de Iago en ombre chinoise, mais moins ses débordements où il applique de force une sorte de masque mortuaire sur le visage d’Otello à la fin de l’acte III. La mort d’Otello, dans un flot d’hémoglobine, n’émeut pas davantage qu’un film gore. Côté décors, très stylisés, on apprécie une certaine sobriété, empreinte d’élégance, mais sans rapport avec les costumes : celui d’Otello, trop simple, contribue à dépouiller le héros de sa prestance. A l’inverse, les vénitiens de l’acte III semblent sortir d’une revue « à plumes ». Que viennent faire également dans cet environnement des scènes de combats inspirés des Ninjas ?</p>
<p>A la tête de l’orchestre du Royal Opera, en très bonne forme à l’exception des cuivres, <strong>Antonio Pappano</strong> opte pour un tempo particulièrement rapide, une sorte de course à l’abime survoltée. Cette célérité n’empêche pas le chef anglais de ciseler de multiples détails de l’orchestration. Le concertato du finale de l’acte III, donné ici dans sa version longue, est ainsi une merveille d’architecture maîtrisée.</p>
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		<item>
		<title>DONIZETTI, Maria Stuarda — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/maria-stuarda-monte-carlo-une-reine-en-attendant-les-trois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Dec 2016 22:30:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n’est qu’en 1993, d’après le dépliant tenant lieu de programme, que Maria Stuarda avait abordé en principauté de Monaco, et depuis 1997 on n’y avait plus entendu cette œuvre de Donizetti. En la programmant en concert Jean-Louis Grinda lui offre le bel écrin de l’auditorium Rainier III, que les boiseries qui le tapissent rendent &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est qu’en 1993, d’après le dépliant tenant lieu de programme, que <em>Maria Stuarda</em> avait abordé en principauté de Monaco, et depuis 1997 on n’y avait plus entendu cette œuvre de Donizetti. En la programmant en concert Jean-Louis Grinda lui offre le bel écrin de l’auditorium Rainier III, que les boiseries qui le tapissent rendent particulièrement chaleureux. Dans le rôle-titre notre belcantiste nationale, <strong>Annick Massis</strong>, vient marcher sur ses propres traces puisqu’elle interprétait déjà la reine tragique le 30 octobre dernier à l’opéra de Marseille, là aussi en concert. Nous avions relevé alors, outre la maîtrise technique exemplaire, un léger déficit dans l’incarnation, et nous l’avions attribué à l’extrême concentration sur la qualité de l’émission, si intense qu’on pouvait la percevoir sur le visage de la cantatrice, au détriment des émotions du personnage. Ainsi avait-elle relevé vaillamment le défi d’une version où toutes les reprises étaient effectuées, avec leur lot de variations et d’ornements, comblant ses admirateurs par sa virtuosité dans cette parade du bel canto.</p>
<p>Est-ce cette réussite récente qui la rassurait, est-ce d’aborder, pour ces concerts monégasques, une version moins exigeante en termes d’énergie et de pyrotechnie car allégée d’une partie des reprises, qui rendait l’artiste plus sereine ? Nous n’avons pas ressenti la tension forte jusqu’au malaise qui émanait à Marseille de tout le corps d’Annick Massis. En revanche dès son entrée nous avons perçu la fermeté vocale et interprétative qui nous avait alors manqué. La voix est claire mais totalement dépourvue d’acidité, les aigus sont brillants et les accents nettement plus et mieux marqués. Du coup, nous n’avons pas sous les yeux une dame qui chante mais un personnage qui vit. Certes, nous aimerions que la fougue de Maria Stuarda semble plus spontanée, soit encore plus affirmée, mais ce n’est pas le tempérament de l’interprète. En tout cas, si le feu d’artifice vocal est moins spectaculaire qu’à Marseille pour les raisons dites plus haut, la vigueur nouvelle, même si la faiblesse des graves reste ce qu’elle est, compense pour nous l’économie sur les suraigus vertigineux et nous nous associons à l’hommage qu’un public conquis a longuement rendu à la cantatrice.</p>
<p>Ce triomphe à l’applaudimètre ne doit pas éclipser le beau succès du reste de la distribution. <strong>Laura Polverelli, </strong>qui incarne Elisabetta, la rivale et le bourreau, est-elle dans un mauvais jour ? Sa voix, qui n&rsquo;est pas des plus étendues, manque un peu d’aisance aux entournures, et quelque aigu ou quelque grave en disent nettement les limites. Au moins nous épargne-t-elle des sons caverneux et forcés, et quand la tessiture la trouve à son aise, elle fait valoir une musicalité, une souplesse et une agilité qui sont bien celles requises par ce répertoire. Mais surtout elle joue le personnage et tous les affects passent sur son visage et dans ses attitudes, et cette expressivité complète celle de son chant et en rachète les faiblesses ponctuelles. Quand les deux reines se toisent, l’électricité est dans l’air. L’enjeu de leur rivalité, le comte de Leicester, est campé élégamment par <strong>Francesco Demuro</strong>. Si quelques nasalités inquiètent d’abord quand le chant est en force, elles disparaissent complètement quand la voix s’est chauffée, et c’est une interprétation remarquable, tout à la fois mâle et nuancée, qu’il nous est donné d’entendre.</p>
<p>Dans les rôles des conseillers, le baryton <strong>Fabio Maria Capitanucci</strong> et la basse <strong>In-Sung Sim</strong> sont un peu les faire-valoir des deux reines. Le premier, devant convaincre Elisabetta que la paix de l’Angleterre passe par la mort de Maria Stuarda, charge de sens ses paroles, en les grossissant parfois jusqu’à nuire à la fluidité de la ligne de chant. Le second a une voix dont le poids naturel ne nécessite pas d’effets grossissants et où il fait passer la dignité d’un personnage qui est aussi un croyant fervent. Le rôle effacé d’Anna, la suivante de Maria Stuarda, a été confié à <strong>Karine Ohanyan</strong>, qui s’en acquitte avec son habituelle probité.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/maria_stuarda_-ralain_hanel_-_omc_2016_9.jpg?itok=xuuAFk-X" title="Karine Ohanyan, Annick Massis, Francesco Demuro, Antonino Fogliani (de dos) et Laura Polverelli © alain hanel" width="468" /><br />
	Karine Ohanyan, Annick Massis, Francesco Demuro, Antonino Fogliani (de dos) et Laura Polverelli © alain hanel</p>
<p>La soixantaine de choristes impressionne tant elle démontre de qualités différentes et complémentaires, cohésion globale, clarté des registres, mordant ou souplesse, témoignant du travail d’excellence accompli avec <strong>Stefano Visconti</strong>, le chef de chœur. Les musiciens de l’orchestre ne sont pas en reste : l’exécution est sans bavure qui mérite d’être relevée. Cuivres, cordes – superbes basses –, bois, tous concourent à exalter la musique de Donizetti, dans ce lieu si propice où maints auditeurs de ce jour les retrouvent pour le cycle de concerts symphoniques. Ils semblent s’accommoder fort bien de la direction d’<strong>Antonino</strong> <strong>Fogliani</strong>, à en juger par leur réactivité aux indications qu’il leur donne. Il trouve l’équilibre entre le volume et la dynamique de l’orchestre et les voix, et sait moduler la puissance sonore pour l’adapter autant que possible aux circonstances et aux chanteurs. Peut-être parce que l’interprète du rôle-titre semble plus sûre d&rsquo;elle, grâce aux limites imposées à l’œuvre, il crée un sentiment dramatique plus vigoureux, jusqu’à donner parfois l’impression de multiplier les duels vocaux quand les interprètes, se faisant face, semblent se défier dans la tenue d’une note. Dès l’ouverture il avait déjà imposé une lecture pénétrante, où le soin apporté à définir et modeler couleurs et volumes créait des contrastes porteurs d’incertitude et présages de malheur. Il porte à son terme cet éclairage sans la moindre baisse de tension. Ce n’est donc que justice qu’il ait été lui aussi vivement acclamé.</p>
<p>Ce concert était le premier de deux. Souhaitons que le second se déroule aussi bien, et mieux encore si c’est possible. Et puisque nous en serons bientôt à l’époque des vœux, prenons un peu d’avance : vingt ans après John Mordler, pourquoi Jean-Louis Grinda ne programmerait-il pas lui aussi « sa » trilogie Tudor ?  </p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, Attila — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/attila-monte-carlo-verdi-debout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Apr 2016 06:27:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Afficherait-on encore Attila aujourd&#8217;hui si cet opéra, le neuvième de Verdi, n&#8217;offrait un rôle de premier plan à une voix de basse ? Non et l&#8217;on n&#8217;aurait pas forcément tort tant l&#8217;ouvrage paraît le brouillon rageusement froissé des chefs d&#8217;œuvre à venir. Sur un livret indigent, Verdi plaque une musique furieuse destinée à exalter le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Afficherait-on encore <em>Attila</em> aujourd&rsquo;hui si cet opéra, le neuvième de Verdi, n&rsquo;offrait un rôle de premier plan à une voix de basse ? Non et l&rsquo;on n&rsquo;aurait pas forcément tort tant l&rsquo;ouvrage paraît le brouillon rageusement froissé des chefs d&rsquo;œuvre à venir. Sur un livret indigent, Verdi plaque une musique furieuse destinée à exalter le patriotisme italien.</p>
<p>Déjà vue <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/contestable">à Liège en 2013</a>, la mise en scène de <strong>Ruggero Raimondi</strong> choisit d&rsquo;illustrer fidèlement le propos. Littéral, le parti pris se veut également esthétique. Degrés, colonnes et bas-reliefs monumentaux ouvrent des perspectives imitées de Véronèse. Les riches costumes de <strong>Laura Lo Surdo</strong> évoquent une Renaissance fantasmée. Lumières bleutées et fumigènes déposent sur chaque tableau un voile de mystère. Nous avions alors jugé sévèrement l&rsquo;approche, lui reprochant de ne pas suffisamment donner à comprendre l&rsquo;esprit risorgimental de l&rsquo;œuvre. Nous n&rsquo;avions peut-être pas raison. A la revoir, cette lecture au premier degré s&rsquo;avère finalement la meilleure dès lors que l&rsquo;on dispose d&rsquo;interprètes capables d&rsquo;assumer toutes les dimensions de leur rôle. Tel est le cas à Monte-Carlo.</p>
<p>Avec <strong>Ildar Abdrazakov</strong>, notre époque peut se targuer de posséder un Attila idéal d&rsquo;allure théâtrale et de stature vocale. Maturité artistique aidant, l&rsquo;interprétation a évolué : plus travaillée, plus subtile si tant est que l&rsquo;on puisse parler de subtilité s&rsquo;agissant d&rsquo;une partition gonflée de testostérone. Toujours est-il qu&rsquo;à la justesse du geste et à la noirceur orgueilleuse du chant, déjà admirées à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/la-ou-muti-passe-lherbe-ne-repousse-pas">Rome</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/choeur-orchestre-dastana-opera-paris-bastille-ildar-abdrazakov-le-numero-un-des-huns">Paris</a>, s&rsquo;ajoutent de nouvelles intentions, tel ce « Mentre gonfiarsi l&rsquo;anima parea » non plus proféré comme autrefois mais exprimé d&rsquo;une voix pâle et tourmentée. L&rsquo;air est à raison accueilli par une bordée d&rsquo;applaudissements qui semblent ne plus vouloir finir.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="314" src="/sites/default/files/styles/large/public/attila5.jpg?itok=C60yQa7r" title="© Alain Hanel OMC 2016" width="468" /><br />
	© Alain Hanel OMC 2016</p>
<p>Vierge guerrière à la croisée des écoles, Odabella demeure un rôle impossible. Nul soprano ne saurait être suffisamment schizophrène pour répondre aux caprices d&rsquo;une écriture, tantôt belliqueuse, tantôt contemplative. Quel est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;air le plus périlleux : « Allor che i forti corrono » au prologue, hérissé de coloratures et de spectaculaires sauts d&rsquo;octave ou au premier acte « Oh! Nel fuggente nuvolo », cantilène si exigeante en termes de ligne et de pureté qu&rsquo;on la dirait copiée d&rsquo;un opéra de Bellini ? A Monte-Carlo, Carmen Giannattasio puis Anna Markarova ont fait marche arrière après avoir accepté de relever le défi, découragées sans doute par la difficulté de la tâche. Plus intrépide, <strong>Rachele Stanisci</strong> se jette dans la mêlée toutes griffes dehors avec une vigueur qui n&rsquo;exclut pas la stridence. Tout au moins a-t-elle le mérite d&rsquo;assumer avec précision roulades vertigineuses, larges écarts et notes extrêmes. Sans disposer d&rsquo;une vaste palette d&rsquo;effets, le chant sait aussi s&rsquo;apaiser pour apporter les nuances nécessaires à l&rsquo;expression amoureuse.</p>
<p>Foresto a moins d&rsquo;exigence et le ténor basque <strong>Andeka Gorrotxagi</strong> lui prête une silhouette romantique doublée d&rsquo;une émission que l&rsquo;on dirait empruntée à Jonas Kaufmann : centrale, égale et assombrie, avec des aigus projetés en force tels des coups de poing. Est-ce là l&rsquo;élégance chevaleresque du ténor encore donizettien que l&rsquo;on attend dans ce répertoire ? Non mais la proposition, très applaudie par le public, a le mérite d&rsquo;offrir à nos certitudes une alternative valable.</p>
<p>Baryton désormais invité sur les plus grandes scènes internationales, <strong>George Petean</strong> enfile l&rsquo;armure d&rsquo;Ezio avec ce surcroît d&rsquo;héroïsme sans lequel le personnage apparaîtrait illégitime. Bravoure, ampleur, ardeur non dépourvue de noblesse, notes allongées, aigus ajoutés et rageurs : tous les moyens sont bons pour imposer une présence dramatiquement injustifiée mais musicalement indispensable.</p>
<p>Les seconds rôles – <strong>Domenico Menini</strong> en Uldino, le Pape de <strong>In-Sung Sim</strong> – parviennent à rendre clés leurs courtes répliques. D&rsquo;une cohésion à toute épreuve, les chœurs de l&rsquo;Opéra de Monte-Carlo font assaut de volume. Sauvage, la direction de <strong>Daniele Callegari</strong> choisit d&rsquo;épouser les revendications politiques de l&rsquo;ouvrage. « <em>Mes amis prétendent que c&rsquo;est là mon meilleur opéra</em> », écrivait Giuseppe Verdi à Clara Maffei au lendemain de la création d&rsquo;<em>Attila</em>. On n&rsquo;est jamais trahi que par les siens.</p>
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		<title>CATALANI, La Wally — Monte-Carlo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-wally-monte-carlo-eh-bien-nous-nous-en-irons-loin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Jan 2016 07:47:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La voilà, donc cette œuvre que Nicolas Joël avait décidé d’offrir au public parisien pour sa dernière saison mais que, fidèle à une pratique propre à tous les changements de règne, son successeur a préféré escamoter, remplaçant les représentations de La Wally prévues à l’automne 2014 par une série de Tosca supplémentaires. Choix cruel pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La voilà, donc cette œuvre que Nicolas Joël avait décidé d’offrir au public parisien pour sa dernière saison mais que, fidèle à une pratique propre à tous les changements de règne, son successeur a préféré escamoter, remplaçant les représentations de <em>La Wally </em>prévues à l’automne 2014 par une série de <em>Tosca</em> supplémentaires. Choix cruel pour Catalani, qui avait déjà eu à souffrir de la préférence de Ricordi qui, à l’aube des années 1890, misait tout sur son poulain Puccini, au détriment de ses rivaux potentiels. Le pauvre Catalani, tuberculeux, n’eut guère le temps de jouir du succès de son œuvre, puisqu’il mourut peu après. S’il avait pu composer davantage, l’école italienne tenait un authentique maître, doté d’un prodigieux talent d’orchestrateur et d’un vigoureux sens du théâtre, auxquels rend parfaitement justice l’interprétation dynamique de l’<strong>Orchestre philharmonique de Monte-Carlo </strong>dirigé par un <strong>Maurizio Benini</strong> qui n’hésite pas à déchaîner les forces de cette formation dans quelques moments impressionnants. <em>La Wally</em> donne fort envie de connaître la poignée d’autres opéras que Catalani avait eu le temps d’écrire, bien rarement joués à l’exception de <em>Lorelei</em>, et encore.</p>
<p>Cette <em>Wally</em>, nous en avons été frustrés à Paris ? Qu’à cela ne tienne. Comme le dirait l’héroïne dans l’unique air sur lequel repose encore aujourd’hui la célébrité de son auteur, « Eh bien ? Nous nous en irons loin… ». Loin, mais pas tout à fait à travers la neige blanche et les nuages d’or. En juin 2014, c’était à Genève qu’il fallait aller, et en ce mois de janvier, c’est à Monte-Carlo, dont l’Opéra avait coproduit le spectacle d’abord présenté aux spectateurs helvètes. On s’en souvient, Tobias Richter avait d’abord rêvé d’un plateau idéal réunissant <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/gregory-kunde-et-krassimira-stoyanova-dans-la-wally">Krassimira Stoyanova et Gregory Kunde</a>, mais le sort en avait voulu autrement. A Monte-Carlo, ce ne sont pas non plus ces deux artistes qui sont présents, mais <em>La Wally</em> n’en est pas moins la grande gagnante de l’opération : confiée à des chanteurs de tout premier plan, cette œuvre s’impose comme un des chefs-d’œuvre du répertoire italien, sur le même plan que bien d’autres titres infiniment plus connus.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/la5.jpg?itok=ck0t8SCu" width="468" /><br />
	© Alain Hanel</p>
<p>Notre collègue <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-wally-geneve-du-bon-usage-des-chromos-tyroliens">Fabrice Malkani</a> avait dit tout le bien qu’il pensait de la production signée <strong>Cesare Lievi</strong>. Evidemment, on pourra toujours reprocher à <em>La Wally</em> de ne pas se prêter à une réflexion sur les fins dernières de l’humanité ou sur le devenir de notre planète. Une fois admis cela, on ne peut qu’adhérer à une mise en scène respectueuse du livret, non sans une pincée de second degré, secondé par les costumes on ne peut plus folkloriques d’<strong>Ezio</strong> <strong>Toffolutti</strong> et surtout par ses décors qui jouent le jeu de la toile peinte et du carton pâte sans y croire une seconde. On n’ira surtout pas chercher la moindre vraisemblance géographique dans ce cadre qui évolue à peine entre le ravin du troisième acte et la cime du quatrième, mais puisqu’il serait bien vain de vouloir recréer sur une scène de tels espaces naturels, autant opter pour le clin d’œil.</p>
<p>Quant à la distribution, elle réunit ce qu’on peut espérer de mieux aujourd’hui dans ce répertoire. Les qualités du <strong>Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo</strong> éclatent dans ses nombreuses interventions, et l’on aimerait que toutes les maisons d’opéra puissent s’appuyer sur une phalange d’une telle valeur. Même les rôles secondaires sont très bien tenus : aidé par la mise en scène qui étoffe son personnage, <strong>Bernard Imbert</strong> campe avec conviction le Messager, tandis que, comme en Vénus d’<em>Orphée aux enfers </em>à Nancy, <strong>Marie Kalinine</strong> est un luxe en Afra, cette rivale que la partition ne se donne guère le mal de développer. Aperçue ici et là dans divers rôles pas si petits que ça (Sandrina de <em>La finta giardiniera </em>à Rouen), <strong>Olivia Doray</strong> est exquise en Walter, et l’on songe à l’admirable Sophie de <em>Werther</em> qu’elle pourrait être. La basse coréenne <strong>In-Sung Sim</strong> possède les graves de Stromminger, père de l’héroïne, sans l’engorgement dont pâtissent parfois ses confrères ; habitué aux vieillards et aux prêtres, l’acteur est convaincant dans son incarnation, si brève soit-elle. <strong>Lucio Gallo</strong> délaisse pour une fois les méchants auxquels il est accoutumé, et fait preuve d’une belle sobriété dans son jeu ; la voix n’a plus tout à fait le brillant d’autrefois, mais cela ne messied à l’infortuné Gellner. Tout comme le timbre de <strong>Zoran Todorovich</strong> convient à l’antipathique Hagenbach : on ne saurait en tout cas reprocher au ténor un quelconque manque de vaillance, tant il semble se rire des difficultés d’une écriture constamment tendue qui explique peut-être pourquoi <em>La</em> <em>Wally</em> n’est pas plus souvent inscrite au programme des théâtres. <strong>Eva Maria Westbroek</strong>, enfin, continue d’alterner avec panache héroïnes wagnériennes et italiennes (mais après tout, Wally, alias Walburga Stromminger pour l’état-civil, la « fille aux vautours » imaginée par la romancière Wilhelmine von Hilllern, n’est-elle pas une Brünnhilde tyrolienne ?). Sur son visage comme dans sa voix passent toutes les nuances des sentiments du personnage, auquel elle confère une réelle grandeur tragique. Renata Tebaldi aurait-elle enfin trouvé une artiste apte à lui succéder dans un rôle qu’elle avait fait sien ?</p>
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