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	<title>David STEFFENS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 24 Mar 2024 18:23:53 +0000</lastBuildDate>
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	<title>David STEFFENS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>WAGNER, Tristan et Isolde &#8211; Lille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-et-isolde-lille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Mar 2024 05:35:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Événement à Lille puisque Tristan n’avait pas été donné depuis mars 1944 sous l’Occupation !Grâce à une coproduction avec l’Opéra national de Lorraine, et à la volonté tenace de la directrice lilloise Caroline Sonrier (qu’elle en soit louée), le chef-d’œuvre wagnérien est enfin de retour dans la capitale des Flandres. C’est Tiago Rodrigues qui a choisi &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Événement à Lille puisque <em>Tristan</em> n’avait pas été donné depuis mars 1944 sous l’Occupation !<br /><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-nancy-texte-de-commentaire-duree-5h/">Grâce à une coproduction avec l’Opéra national de Lorraine</a>, et à la volonté tenace de la directrice lilloise Caroline Sonrier (qu’elle en soit louée), le chef-d’œuvre wagnérien est enfin de retour dans la capitale des Flandres. <br />C’est <strong>Tiago Rodrigues</strong> qui a choisi <em>Tristan und Isolde</em> pour sa première mise en scène d’opéra et c’est totalement raté. Avec une arrogance ou une naïveté terrible (on ne sait trop), le directeur du Festival d’Avignon a souhaité escamoter les sous-titres traduisant le superbe poème de Richard Wagner et écrire lui-même (sans aucun talent d’écrivain) des textes le plus souvent simplistes qui résument, commentent, raillent les péripéties et dialogues de l’opéra. Avant le prélude, pendant près de quinze minutes interminables, les deux danseurs de l’équipe (qui poursuivront le couple vedette en une sarabande d’allers retours et courses diverses pénibles) exhibent des pancartes au texte plus ou moins humoristique (Exemples : « C’est de l’amour chanté en allemand », « Un amour chronophage », « La femme triste est triste », « elle maudit l’homme triste », « un matelot chante le vent » et autres badinages de cette eau). Des textes d’une profondeur et d’une pertinence dignes d’un élève de CM2 découvrant le drame. <br />Et ce sera la grande hantise (dans tous les sens du terme) du spectacle &#8211; sans compter la chorégraphie de ces deux-là d’une laideur absolue gâchant le prélude. On n’a de cesse de chercher à éviter (quand c’est possible) de lire ces cartons omniprésents, cernant inconfortablement les chanteurs et facteurs d’une agitation continuelle. Les danseurs tirent les pancartes des étagères de la grande bibliothèque (très belle) du décor, les montrent, les posent à terre, courent incessamment en chercher d&rsquo;autres en un ballet exténuant à subir. Durant les scènes, mystiques ou voluptueuses, ou les plus chargées en émotions, il faut supporter cette proposition des plus ennuyeuses avec pas moins de mille cartes ! Un dispositif vain et perturbant, peut-être d&rsquo;inspiration brechtienne s’il s’agit de mettre en place une distanciation que Tiago Rodrigues croit nécessaire. A moins qu’il ne prenne les auditeurs pour des imbéciles. Prétendant ouvrir l’imaginaire des mots et du chant, il le claquemure en de pauvres proportions. <br />Les costumes élégants et intemporels, les lumières de poursuite ou d’atmosphère, très belles, font tout de même regretter que le metteur en scène portugais n’ait rien eu à dire.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2023_06_Sofia-Dias-Vitor-Roriz-Annemarie-Kremer-Daniel-Brenna-3©Frederic-Iovino.jpg-copie-1024x681.jpeg" alt="" class="wp-image-158069"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© FREDERIC IOVINO</sup></figcaption></figure>


<p>En ce qui concerne le chant, la prise de rôle de <strong>Daniel Brenna</strong> est une expérience décevante. Le ténor américain semble avoir perdu tous ses moyens jusqu’à la fin du deuxième acte, et paraît en difficulté avec les subtilités du rôle pendant les deux premières heures. On sait quel Everest représente le personnage ! Daniel Brenna parvient enfin à l&rsquo;incarner au troisième acte, en une plainte presque inépuisable en couleurs et en accents émotionnels (malgré quelques ratages mineurs &#8211; très loin de la catastrophe du premier acte avec ses fausses notes, ses aigus et ses graves introuvables, ses couleurs aux abonnés absents, sa ligne mélodique dévastée par des passages de registres chevrotants, son ambitus alors des plus limités). Le code italianisant nécessaire au chant dans les premières scènes est sans doute difficile à acquérir pour le familier du rôle de Siegfried, assez connu pour l’irrégularité de ses représentations. Une homogénéité de sa prestation demeure possible grâce à ce troisième acte inespéré en termes de présence et de capacité vocale. <br>L’Isolde d’<strong>Annemarie Kremer</strong> prend tout son caractère au deuxième acte, moins sorcière qu&rsquo;amie salvatrice. La voix est un peu acide au début, de mince volume au premier, peu projetée malgré quelques réussites (les fameux aigus et graves de la scène de la colère et de la véhémence). Il faut dire que la soprano néerlandaise est annoncée blessée au pied et se déplace avec une canne sur scène. Elle incarne alors peut-être cette femme ordinaire amoureuse que requiert la vision de Tiago Rodrigues. La chanteuse se libérera néanmoins ensuite et sauvera littéralement par son soprano au métal parfaitement fondu, aux nuances savamment réalisées, d’une riche étoffe dramatique et lyrique l’énorme lied amoureux et méditatif du duo du deuxième acte. Sa<em> Liebestod</em> est superbe au troisième, une extase entièrement partagée par le spectateur, malgré le choix un peu frustrant de l’émission pianissimo du fa dièse (« höchste <strong>lust</strong> ») légendaire final. <br><strong>Marie-Adeline Henry</strong> est une magnifique Brangäne. Elle colore de sa voix à l’émission naturelle et aisée, aux couleurs diaprées, à l&rsquo;autorité idoine (mais quelle belle conteuse aussi ) un premier acte par ailleurs sauvé par la fosse et l&rsquo;exquis chant à capella du Matelot&nbsp; (<strong>Kaëlig Boché, </strong>un excellent Berger également). Les deux appels du chant de l’aube de l’ancienne lauréate de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris au deuxième acte ouvre l’espace comme jamais en une extase aussi mélancolique que merveilleuse, celle voulue par le compositeur. Voilà du très grand art pour la prochaine Salomé à Toulouse et qui chantera bientôt Senta. <strong>Alexandre Duhamel</strong> en Kurwenal est une vraie promesse. Il prend ses marques tout à la fin du premier (son volkslied) et au troisième acte. Il est l’ami fidèle au baryton enveloppant et cuivré, dont le medium et le bas du registre s’enrichissent, dont la projection est incontestable, se faisant vraiment marquant pendant l’agonie de Tristan. <br>Prises de rôles encore pour la basse <strong>David Steffens,</strong> sublime Roi Marke qui vole la vedette au plat Tristan du deuxième acte avec une classe et une vérité indéniables dans son chant aux questions restées sans réponse, ainsi que pour le Melot exceptionnel de <strong>David</strong> <strong>Ireland </strong>dont le splendide baryton resplendit et semble trop luxueux pour jouer ainsi les seconds rôles. <br>L’orchestre lillois fondé par Jean-Claude Casadesus sonne merveilleusement sous la battue idéale de <strong>Cornelius Meister,</strong>&nbsp;directeur musical de l’Opéra de Stuttgart, wagnérien accompli. Les vagues puissamment enivrantes soulevées au prélude ne retomberont jamais. Les crescendos et volutes aux cordes ensorcellent jusqu’à la résolution tonale du finale (ici serein), l’art de la transition se fait transcendant dans ce vin herbé qu’on boit avec délices, un philtre que décante le fondu des instruments et des textures (malgré une entrée du hautbois un peu hésitante au début, les bois et les vents seront superbes ensuite, citons entre autres les trompettes à l’entrée du Roi). Souvenir incroyable que ce solo bouleversant du cor anglais au troisième acte (disposé sur la seconde galerie) aux modulations et accents artistes, émotion formidable aussi qu’offre ce chœur placé intelligemment en hauteur dans la salle pour ouvrir le hors champ sonore du drame, et qui démontre qu&rsquo;il est une formation de très très haute tenue. Grâce soit rendue à tous, les frissons n’ont pas manqué.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="681" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/https___www.myra_.fr_wp-content_uploads_2023_06_Marie-Adeline-Henry-et-Annemarie-Kremer-©Frederic-Iovino-copie-1-681x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-158320"/><figcaption class="wp-element-caption"> Photographie : FREDERIC IOVINO</figcaption></figure>
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		<title>STRAUSS, Der Rosenkavalier &#8211; Berlin (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-der-rosenkavalier-berlin-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 May 2023 08:05:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le public s’installe alors qu’une affiche annonçant la distribution du Rosenkavalier du vendredi 9 février 1917 occupe le mur du fond de scène. On n’y remarque d’abord que les noms des chanteurs connus :&#160;Lotte Lehman&#160;dans le rôle de la FeldMarschallin et&#160;Richard Mayr&#160;en Ochs. En détaillant le bas de l’affiche, on s’aperçoit que quelques célébrités ont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Le public s’installe alors qu’une affiche annonçant la distribution du <i>Rosenkavalier</i> du vendredi 9 février 1917 occupe le mur du fond de scène. On n’y remarque d’abord que les noms des chanteurs connus :<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Lotte Lehman<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>dans le rôle de la FeldMarschallin et<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Richard Mayr<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>en Ochs. En détaillant le bas de l’affiche, on s’aperçoit que quelques célébrités ont joué les utilités. Pour cette soirée de levée de fonds pour les soldats en 1917,Stefan Zweig, et<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Hugo von Hofmannsthal<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>n’ont pas hésité à monter sur scène. Pourquoi cette affiche ? Faut-il nous rappeler que ce chef-d’œuvre recèle beaucoup de profondeur, peut-être même de la tristesse, en tout cas de la mélancolie ? Nous dit-on que l’odeur des cadavres en est l’héritage ? On sait que la création de cette comédie en trois actes a aussi précédé de peu l’effondrement de l’empire austro-hongrois. Nous pleurerons effectivement après cet avertissement de mauvais augure (mais ce ne sera pas la faute des victimes de la Première Guerre mondiale).</p>
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<p>Avant d’en venir à la mise en scène estampillée Sécession viennoise (ni idiote ni bien marquante), confiée à un artiste qu’on nous affirme «&nbsp;actionniste&nbsp;»<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>André Heller</strong>, où nous verrons passer Klimt, ses modèles et Grace Kelly en robe de soirée rouge, des artistes de cirque et quelques chasseurs en culotte de peau entre autres quidams, notons que la soirée est dominée par la Maréchale de<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Camilla Nylund</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>et par le baron Ochs du jeune baryton-basse<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>David Steffens</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>auxquels on ajoutera la Sophie délicieuse de la soprano<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Siobhan Stagg</strong>.</p>
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<p>Pour l’ultime soirée de cette production (reprise prévue en décembre 2023 avec une nouvelle distribution, et heureusement un nouveau chef, dans la même mise en scène), ces chanteurs ont bien du talent et bien du courage pour exister dans le charivari que la fosse nous inflige. Mais qu’est-il arrivé à cette respectable<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Staatskapelle de Berlin</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>? Révolte des musiciens contre les intentions du chef<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Alexander Soddy</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>? Incompétence de l’ancien directeur musical de l’opéra de Mannheim pour installer sa vision ? On s’interroge.</p>
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<p>Dès les premières mesures, c’est l’horreur et la cacophonie. Rien ne va. Chacun tire la couverture à soi, ou on part en retard quand il n’y a pas carrément émeute. Les couacs épouvantables des cuivres ont certes donné le la. Les cordes se font rageuses. Qu’est-ce que ce cirque ? Le choc qu’inflige cet orchestre grinçant ne passera pas de toute la soirée, dans une œuvre qu’on attend certes bouffe, mais gaie, enlevée, brillante et tendre ! Les pupitres en retard donc, les sonorités pâteuses ou rugueuses, les traits anarchiques, les plans sonores brouillons, bon sang mais c’est bien sûr ! Le chef anglais croit nous « elektrifier »<em><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>le Chevalier à la<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Rose</em><span class="apple-converted-space"><b>&nbsp;</b></span>! Et c’est consternant de ratage.&nbsp;</p>
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<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="768" height="498" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rosenkavalier@credits.DRwww_.staatsoper-berlin.de_downloads-b_de_media_30879_4b66c9fbe5a9ba158b8b0e0d93373e49_Rokav0042.jpg" alt="" class="wp-image-130730" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Staatsoper Berlin</sup></figcaption></figure>


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<p>Le premier tableau présente une version (un peu trop colorée ?) de ce que pourrait être une chambre Art Nouveau 1900. Les costumes assez laids (comme ces rayures et carreaux noirs et blancs des robes de la Maréchale) s’intègrent tant bien que mal dans une esthétique début de siècle. Ce qui empêche vraiment la magie d’opérer c’est ce laisser-aller dans la fosse qui ne se règle pas, perturbant grandement le beau tête à tête entre Oktavian (la mezzo<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Ema Nikolovska</strong>, au peu élégant vibrato d&rsquo;abord, prenant ensuite ses marques avec une voix bien projetée) et sa Bichette. Notons que les parlandos d’Oktavian comme ceux d’Ochs seront parfois trop plats, guère portés par la fosse.</p>
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<p>Dans cette histoire burlesque et profonde, où noblesse et prosaïsme contrastent, où un amant fidèle ne réussit pas à le rester (Oktavian) tandis qu’un coureur vulgaire (Ochs) n’arrive pas à tromper sa fiancée, des plages contemplatives sublimes ont été voulues par Strauss. On les attend, elles seront parfois sauvées in extremis ici ou là malgré le désastre en fosse, par exemple à la fin du premier acte grâce à quelques solos et accompagnements de la Staatskapelle, et grâce au savoir-faire de la soprano finlandaise, belle Marschallin parvenue à la plénitude vocale idoine après un début un peu désorienté par le quasi chaos musical.<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Madame<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Nylund<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>est tendre dans les accents intérieurs de la conversation en musique mais les aigus sont parfois forcés. Entre-temps le chanteur italien (<strong>Andrés Moreno Garcia</strong>) se sera taillé (forcément) un beau succès avec son pastiche – alors que des circassiens se seront échinés en vain à faire valoir leurs tours dans le défilé des importuns, un peu à l’image de cette proposition finalement.</p>
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<p>Le deuxième acte mettant en scène la Frise Beethoven centrée sur le Gorille (les hommes, ces mammifères peu fins aux pulsions déréglées comme Ochs, veut-on nous dire) voit donc entrer Klimt, ses modèles et tout un personnel hétéroclite qui animent une entrée ratée du Chevalier à la Rose (en style Louis XV tout d’argent), la faute à l’orchestre évidemment qui ne sait faire que pompeux quand il faudrait être éclatant. Klimt, quant à lui évolue sur scène, en observateur de la comédie humaine ou en séducteur compulsif (ou les deux). C’est assez bien trouvé même si l’idée est un peu diluée dans un discours surchargé.</p>
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<p>Malgré le fait qu’il soit accompagné systématiquement par une valse (sa valse signature) ici pachydermique, les facéties du jeune baryton bavarois<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Steffens<strong>,</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>en Ochs, au timbre plaisant à l’émission fluide (qui sait altérer aux bons moments ses graves pour nous faire rire &#8211; par exemple à la fin de l&rsquo;acte Il sur l’adjectif « lang »), bref un fat bouffe tel qu’attendu, n’empêchent pas les bâillements. Heureusement la fraîcheur et la vivacité de Sophie (Sobhian Stagg), au phrasé délicat et aux aigus charmants, nous emmènent jusqu’à un troisième acte franchement amusant.</p>
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<p>André Heller<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>est à son affaire avec le piège organisé dans l’auberge par Oktavian et les deux intrigants (excellents<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Karl-Michael</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Ebner</strong><span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>et<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span><strong>Katharina Kammerloher</strong>), sans orchestre sur scène. Après quelques éclats de rire, « jedes Ding hat seine Zeit » comme la Maréchale nous l’a rappelé plus tôt, il est temps de quitter la salle, à peine émus par le trio et les duos du finale pourtant si justement vantés. Les chanteurs constamment contrariés par une direction décousue, fâchée avec la justesse et sans hauteur de vue, sont empêchés de nous offrir le grand lied final bouleversant voulu par Strauss. Les ensembles ont été trop souvent désordonnés, les interprètes livrés à eux-mêmes. Cet opéra, « une mascarade viennoise » selon la Maréchale ?</p>
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<p>Cela n’excuse pas la contre-performance d&rsquo;un orchestre privé de nuances, de justesse, souvent de cohésion, de couleurs et de lyrisme. Mais n&rsquo;est-il pas aussi la victime d’une vision ratée musicalement ? On sait qu’il est difficile de trouver un chef capable de bien diriger ce chef-d’œuvre. Il faudrait de surcroît beaucoup plus de talent à<span class="apple-converted-space">&nbsp;</span>Alexander Soddy pour faire de cette partition une pièce de littérature atonale ou du moins une énorme parodie très noire. L’idée, qui se défend, mal mise en œuvre ici, se perd décidément sans rime ni raison.</p>
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		<title>Liederabend — Schwarzenberg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/liederabend-schwarzenberg-enthousiaste-jeunesse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jun 2022 17:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En marge des nombreux récitals présentés cet été à Schwarzenberg figurait ce concert de quatuor vocal, entièrement consacré à Schubert, et révélant un répertoire rarement donné en dehors de l’Autriche, puisé au sein de la très abondante (mais inégale) littérature schubertienne pour petits ensembles vocaux avec piano. Ces œuvres souvent composées sur un coin de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En marge des nombreux récitals présentés cet été à Schwarzenberg figurait ce concert de quatuor vocal, entièrement consacré à Schubert, et révélant un répertoire rarement donné en dehors de l’Autriche, puisé au sein de la très abondante (mais inégale) littérature schubertienne pour petits ensembles vocaux avec piano. Ces œuvres souvent composées sur un coin de table dans un but de divertissement ou pour des circonstances diverses, mettent néanmoins en musique des textes de qualité. C’est toute une atmosphère de joyeuse camaraderie, d’interminables soirées entre amis arrosées de vin blanc frais, de longues conversations romantiques à refaire le monde qui sont évoquées ici et que tenteront de reproduire les cinq artistes de cette avant-soirée. Si le côté festif est bien présent, la réussite n’est cependant pas entièrement au rendez-vous.</p>
<p>Il y a d’abord que le quatuor vocal n’est guère homogène ; les voix intérieures, <strong>Mauro Peter</strong>, ténor entendu en récital l&rsquo;avant-veille et <strong>Sophie Rennert</strong>, mezzo-soprano dominent assez sensiblement le casting, tant vocalement que par leur plus grande expérience, face à <strong>Brenda Rae</strong>, soprano un peu instable au vibrato bien trop large pour ce type de répertoire et <strong>David Steffens</strong>, voix certes puissante, mais sans grande couleur lorsqu’il quitte la nuance forte. Ensuite, ces quatre chanteurs ont chacun résolu de se faire entendre, c’est pour cela qu’ils sont venus, et entre eux s’établit rapidement une surenchère vocale, au grand détriment de la lisibilité des partitions : c’est à qui prendra le dessus (et le conservera), et tant pis pour les autres, au point que le piano est entièrement couvert, lui qui pourtant donne le ton, le rythme et la structure dont tous ont bien besoin.</p>
<p>A-t-il manqué d’une répétition ou deux ? Ce concert d’après midi a-t-il été pris avec trop de désinvolture face à un répertoire que la plupart de ces solistes découvrent, et à la difficulté – toujours éprouvée – de chanter ensemble ? Si tout est rythmiquement en place, la hiérarchisation des voix, le sens des textes et les véritables propositions interprétatives font souvent défaut. Il y a aussi, il faut bien le reconnaître, que toutes ces partitions ne sont pas des chefs-d’œuvre, et que certaines pourraient bien sommeiller encore un peu au fond de leur tiroir sans déranger personne.</p>
<p>J’ignore si c’est <strong>Helmut Deutsch</strong> qui est à l’origine de cette programmation, ni si c’est lui qui a coaché l’ensemble ; toujours est-il qu’il semble un peu perdu et pas toujours inspiré – lui non plus – pour (par exemple) donner un sens à la scène de Faust présentée quasi comme un mélodrame, ou au très long poème <em>Cronnan</em>, dont la conduite et la construction dramatique sont peu claires.</p>
<p>La seconde partie du concert parait un peu mieux maitrisée, elle présente aussi des partions moins obscures : ainsi, <em>Der Tod und das Mädchen</em> en version pour soprano et mezzo-soprano sort du lot, mais <em>Der Jüngling un der Tod</em>, présenté ici comme une sorte de pendant pour ténor et basse manque sa cible tant la basse peine à s’imposer dans la nuance piano. Il se rattrape un peu dans le duo entre Hector et Andromaque, la veine héroïque convenant mieux à sa voix. Vient ensuite une version à deux voix du célèbre <em>Nur wer die Sehnsucht kennt</em>, émouvante, et enfin une longue et intéressante prière sur un texte de Friedrich de la Motte Fouqué, l’auteur d’<em>Ondine</em>, reprise par l’ensemble du quatuor. Séduit par la joyeuse atmosphère que fait régner toute cette belle jeunesse, et sans doute plus enthousiaste que moi, le public réclamera encore deux bis.</p>
<p> </p>
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		<title>ENESCU, Œdipe — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/oedipe-salzbourg-tragique-ne-veut-pas-dire-grotesque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jul 2019 04:48:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le projet original d’Enescu est à peu près contemporain des publications de Freud, qui attachera pour la postérité le nom d’Œdipe à une pulsion qu’il baptisera complexe, plutôt qu’à un double crime comme dans la tragédie antique. C’est pourtant aux sources de Sophocle qu’est puisé tout le matériau du livret, étranger aux interprétations psychanalytiques. La gestation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le projet original d’Enescu est à peu près contemporain des publications de Freud, qui attachera pour la postérité le nom d’Œdipe à une pulsion qu’il baptisera complexe, plutôt qu’à un double crime comme dans la tragédie antique. C’est pourtant aux sources de Sophocle qu’est puisé tout le matériau du livret, étranger aux interprétations psychanalytiques. La gestation de l’opéra fut très longue tandis que les théories freudiennes se répendaient rapidement, teintant définitivement le mythe.</p>
<p>Partition un peu à part dans l’œuvre de son compositeur et d’ailleurs aussi dans le répertoire d’opéra, cet <em>Œdipe</em> d’Enescu est avant tout une tragédie lyrique à la française, c’est à dire une partition dont la musique repose sur la langue du texte, sur sa prosodie déclamatoire, son rythme propre. Comprendre le texte mot à mot est donc absolument indispensable, tant musique et langue sont ici inextricablement liées. Or on en est loin ! La production aurait avantageusement pu s’accorder les services d’un coach de français : on ne comprend pas un mot de ce que chante le chœur – au point qu’on en vient à suivre les sous-titres anglais pour ne pas perdre le fil… – et si la qualité est parfois meilleure chez les solistes, tous s’échinent à prononcer EUdipe, du début à la fin. Ne s’est-il trouvé, parmi les chanteurs francophones de la distribution, personne pour s’en émouvoir ?</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/oedipe-2019-c-sf-monika-rittershaus-07-1.jpg?itok=Wk1KNFiK" title="Christopher Maltman (Œdipe) © Monika Ritterhaus" width="468" /><br />
	Christopher Maltman (Œdipe) © Monika Ritterhaus</p>
<p>Rien de français non plus dans le visuel du spectacle. Les partis pris par le metteur en scène tirent au contraire l’œuvre vers l’expressionnisme allemand, avec des références additionnelles à Jérôme Bosch ou à Federico Fellini. <strong>Achim Freyer</strong>, artiste très acclamé au plan international est extrêmement actif sur les scènes allemandes depuis plus de cinquante ans, et on sait à quel point il aime le monde du cirque, un thème récurrent dans ses mises en scène. Il a choisi pour cette production ambitieuse, à laquelle on a visiblement accordé de grands moyens, la veine grotesque et l’outrance pour affronter la tragédie de biais, sans doute effrayé par la noirceur du sujet. Hélas, son esthétique faite de poupées gonflables, de bateleur de foire, de pantins désarticulés et de géants de kermesse passe à côté du sujet. Freyer a-t-il voulu faire rire son public avec cet univers grinçant ? Certains détails en sont même choquants : la mort de Jocaste réduite à une simple poupée jetée depuis les cintres, perd tout sens.  La laideur assumée, le ridicule et le grotesque, absents du livret comme de la partition,  sont ici érigés en principes esthétiques, et ne suscitent guère d’émotion ; un peu de sobriété aurait donné davantage de poids au propos.</p>
<p>Le décor entièrement noir, hormis quelques chiches éclairages de couleurs, tire parti des particularités du lieu, c’est-à-dire une série de niches creusées dans la roche qui constitue ici tout le fond de la scène, mais qui présentent l’inconvénient d’être situées très en hauteur et donc loin des spectateurs et de la fosse. La qualité du son s’en ressent, d’autant que les personnages portent souvent des masques (souvenir de la tragédie antique ?) et qu’il n’est donc pas aisé de voir qui chante.</p>
<p>La noirceur est utilisée ici en couches superposées, jusqu’à atteindre l’ensemble du chœur, enfants compris, encapuchonné dans des sortes de burkas, masquant aussi les visages.  Ces mêmes burkas finiront par dévoiler de très encombrants phallus de caoutchouc dont on comprend mal la présence. De nombreuses lignes tracées sur le sol semblent être les trajectoires d’astres indéfinis, beaucoup d’éléments du spectacle, décors, costumes, accessoires ou projections conservent ainsi leur mystère.</p>
<p>Œdipe, présenté d’abord comme un bébé monstrueux puis comme une sorte d’Hercule de foire, toujours dans l’outrance, porte à lui seul tout le spectacle sur ses larges épaules. Le baryton anglais <strong>Christopher Maltman </strong>s’en tire très bien, tant vocalement que scéniquement, et sans fatigue malgré l’ampleur du rôle. Voix puissante, timbre chaud et large palette expressive, il livre là une prestation en tous points admirable.</p>
<p>Il est entouré d’une distribution très homogène et aucun chanteur ne démérite. La Jocaste d’<strong>Anaïk Morel </strong>est également très investie vocalement, avec une parfaite justesse de ton. <strong>Brian Mulligan</strong>, baryton américain qui fait ici ses débuts à Salzbourg, donne beaucoup de noblesse au rôle de Créon. <strong>John Tomlinson</strong>, autre chanteur britannique, ici perché sur des échasses, fait  figure de vétéran dans le rôle de Tirésias. Le ténor français <strong>Vincent Ordonneau </strong>donne une touche de sincérité bienvenue au rôle du berger. <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong>, excellente mezzo française, affublée d’un costume impossible, tente de donner un peu de sérieux au personnage de la Sphinge, alors que <strong>Chiara Skerath </strong>s’impose avec candeur dans le rôle, il est vrai plus facile à endosser, d’Antigone. Mentionnons encore <strong>Michael Colvin </strong>dans le court rôle de Laïos, <strong>David Steffens, </strong>majestueux dans celui du grand prêtre, <strong>Gordon Bintner </strong>en Phorbas et <strong>Boris Pinkhasovich</strong>, baryton russe en Thésée. </p>
<p>Il aura fallu un peu de temps à l’orchestre pour trouver ses marques dans une partition dont visiblement les musiciens viennois ne sont guère familiers, et que le chef dirige le nez dans sa partition. Petit à petit, les splendeurs du Wiener Philharmoniker apparaissent néanmoins, avec de magnifiques couleurs aux cordes, en particulier dans les derniers tableaux.</p>
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		<title>VON WEBER, Der Freischütz — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-freischutz-strasbourg-attention-aux-drones-de-la-wolfschlucht/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Apr 2019 06:02:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Est-ce à la robustesse, à la résistance à tous les traitements que l’on reconnaît les chefs-d’œuvre ? Dans ce cas, le Freischütz en est un, incontestablement. La mise en scène sacrifie en effet l’essentiel pour une fiction contemporaine, à laquelle nul ne croit, dissolvant les frontières du bien et du mal. Le détournement, la contradiction permanente &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Est-ce à la robustesse, à la résistance à tous les traitements que l’on reconnaît les chefs-d’œuvre ? Dans ce cas, le <em>Freischütz</em> en est un, incontestablement. La mise en scène sacrifie en effet l’essentiel pour une fiction contemporaine, à laquelle nul ne croit, dissolvant les frontières du bien et du mal. Le détournement, la contradiction permanente entre la vue et la musique interdisent toute émotion, si ce n’est l’indignation. Le burlesque, la dérision auraient pu, ponctuellement, provoquer le sourire. Ici, on cherche à comprendre, on s’irrite, et on finit par fermer les yeux.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/bfreischutz_onr_photoklarabeck_pg6990presse.jpg?itok=0aSY_6U7" title="La Gorge aux loups  © Opéra National du Rhin - Klara Beck" width="468" /><br />
	La Gorge aux loups  © Opéra National du Rhin &#8211; Klara Beck</p>
<p>L’équipe, la distribution nous viennent principalement de Stuttgart (où <strong>Eva Kleinitz</strong>, actuelle directrice de l’Opéra National du Rhin, officiait au côté de <strong>Sergio Morabito</strong> jusque septembre 2017). Le binôme que ce dernier forme avec <strong>Jossi Wieler</strong> fonctionne depuis 1994. Il a abordé tous les répertoires lyriques avec, pour constante, une lecture renouvelée des livrets, leur imposant régulièrement des transpositions audacieuses. Ce soir, ni forêt, ni chasseurs, on n’est plus chez Rolf Liebermann il y a cinquante ans…Le sentiment de la nature, la joie populaire, folklorique, la verve humoristique des paysans, le fantastique subissent une transmutation radicale. Un remake du <em>Freischütz</em> nous est proposé, où l’irrationnel, les superstitions passent de la philosophie cosmique germanique au monde connecté. « Le sentiment de malaise et la peur (…) ne se nourrissent pas de « l’âme allemande », mais des promesses et des horreurs de l’interconnexion mondiale des réseaux, de l’intelligence artificielle et des structures numériques de surveillance et de contrôle » nous explique Serge Morabito. Notre monde connaît ses forces diaboliques, avec ses drones tueurs. La société, communautarisée, docile voire militarisée, n’est pas si éloignée de celle, enclavée, de la Bohême silvestre après la guerre de Trente ans. Les croyances, les superstitions, pour être différentes, sont de même essence. Les réalisateurs transposent donc l’action dans un univers de science-fiction, onirique, de BD vulgaire de l’après-guerre, aux couleurs criantes.</p>
<p>Durant l’ouverture, apparaît un drone sur le rideau de scène, lui-même projeté. Le ton est donné : les paysans et chasseurs sont des paramilitaires clonés, en treillis rouges et bleus, armés de gadgets. Une troupe carnavalesque, dont les costumes s’inspirent de l’ethnologie, s’en prend au pauvre Max, dépouillé de son uniforme pour se retrouver en sous-vêtements. Tout sera à l’avenant. Le parti-pris aurait pu être celui du burlesque pour les scènes populaires. Rien de tel : on s’interroge, on grogne, et l’on finit par fermer les yeux pour oublier cette laideur délibérée. La direction d’acteur semble avoir été confiée à un amateur, l’incapacité à animer la scène est manifeste, les exercices physiques mal coordonnés relèvent du grotesque. Egalement grotesques sont nombre de propositions, particulièrement dans la Gorge aux loups : un gigantesque sanglier à roulettes est poussé côté jardin, puis disparaît à reculons ; le portrait de la mère de Max lorsque celui-ci évoque son âme, est une monumentale peinture expressionniste d’une vieille, cigarette au bec, outrageusement maquillée de blanc. Les images se succèdent, cinématographiques, datées, décalées, qui prêteraient à sourire si elles ne contredisaient l’effroi que la musique doit susciter. Seule touche humoristique, le portrait de l’ancêtre chasseur, qui blesse Agathe dans sa chute, est celui du cardinal-infant d’Autriche et de son chien, signé Velasquez. Les idées abondent, parfois bienvenues, mais toujours noyées dans cette sauce indigeste. Ainsi, à la scène finale, l’aspiration dans les cintres du corps de Kaspar, profané par la foule, suspendu par les pieds. Difficile, sinon impossible d’adhérer à une proposition ridicule ou pitoyable, qui contredit l’ouvrage de Weber. Le choix d’amputer largement les textes parlés pourrait se comprendre dans la mesure où la production vise avant tout un public francophone. Mais lorsque ce qui subsiste est débité de façon scolaire, recto-tono, par les chanteurs, animés de la volonté de gommer tout sens dramatique à leur intervention, on se retient de huer les réalisateurs à la fin du spectacle. D’autres s’en chargeront..</p>
<p>Seule la musique est sauve de cette catastrophe assumée. La distribution, sans faiblesse, méritait un traitement plus valorisant. Agathe est confiée à <strong>Lenneke Ruiten</strong>. La voix est d’ampleur modeste, mais l’émission de qualité, un beau legato, avec la longueur de voix attendue. C’est un moment d’émotion que son air du III « Und ob die Wolke ». « Trüben Augen », après celui du II, encadré par le duo avec Ännchen et le trio auquel s’ajoute Max. Ännchen est <strong>Josefine Feiler</strong>, familière du rôle, mozartienne confirmée. La jeune cousine d&rsquo;Agathe, semble ici l’aînée, délurée, dévergondée. Elle a perdu sa naïve fraîcheur, son espièglerie. On l’imagine à la recherche de nouvelles rencontres lorsqu’elle manie fébrilement sa tablette. Pourquoi pas ? La voix est saine, colorée, sonore et elle se joue de toutes les difficultés de sa partie. « Kommt ein schlanker Bursch gegangen » est un beau moment de chant. Max, jeune chasseur est le ténor <strong>Jussi Myllys</strong>, qui vient de Düsseldorf, avec déjà, une belle carrière. Bien placée, avec ce qui convient de projection, la voix est solide. « Durch der Wälder… Jetzt ist wohl » campe bien le personnage : simple (« brav »), sincère, mélancolique, ce n’est pas Siegfried. <strong>David Steffens</strong> chante Kaspar, après avoir été l’Ermite dans d’autres productions, certainement une des plus belles voix de la soirée, au large ambitus, jovialement sinistre. Le manipulé-manipulateur – servi par une instrumentation raffinée – a la voix et le jeu de l’emploi. « Hier im ird’schen Jammertal » est un des sommets. On se souvient du Kuno de <strong>Frank van Hove</strong> au TCE en décembre 2015 (Hengelbrock), la voix est sonore, bien timbrée tout comme celle d’Ottokar, chanté par <strong>Ashley David Prewett</strong>, familier du rôle. Quant à <strong>Roman Polisadov</strong>, il campe un Ermite à la voix puissante, impérieuse d’un Sarastro. Le baryton <strong>Jean-Christophe Fillol </strong>chante Killian. Ce n’est plus le « riche fermier» voulu par le livret mais une sorte d’elfe, d’une rare agilité physique, qui sera présent durant les trois actes. Le chant, d’un ambitus restreint, est fort convenable. Enfin, Samiel, rôle parlé, est confié à une voix amplifiée et délibérément déformée par sa reproduction.</p>
<p>Il faut saluer l’artisan de cette réussite musicale : <strong>Patrick Lange</strong>, attaché à Wiesbaden, tout en étant invité partout en Europe (Vienne, Munich, Dresde, Paris) fut un temps chef à la Komische Oper. Sa direction, efficace, attentive à chacun comme à l’équilibre entre la fosse et le plateau, insuffle une énergie rare, une ferveur et un soin constants à l’orchestre. Ses dynamiques sont portées à l’extrême. Il sait ménager les attentes, sculpter de beaux modelés. Certains moments sont de pure beauté (l’accompagnement de l’air d’Agathe, des ensembles). Pour n’être pas de première catégorie, l’orchestre fait ce qu’il peut pour répondre aux intentions du chef. L’ensemble manque cependant de cohésion, la précision des attaques fait parfois défaut, même si certains soli (clarinette, violoncelle, particulièrement) rendent justice à la partition. Les chœurs, sonores comme inégaux, brouillons, nous réservent de beaux passages, mais peinent quelquefois à suivre. « Milch des Mondes » est magique comme il se doit.</p>
<p>On suivra avec intérêt les productions de Zürich et du TCE en octobre, avec l’espoir de voir le chef d’œuvre de Weber mieux servi.</p>
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		<title>MOZART, Don Giovanni — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/don-giovanni-paris-tce-schrott-voyou-lyrique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jan 2019 11:54:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voici deux Don Giovanni en un. Le premier, c’est celui de Giovanni Antonini et de l’orchestre de chambre de Bâle. Tout y est précis, net, nerveux : un Don Giovanni qui a du jarret et du chic, mais n’oublie jamais de chanter, ourlant des phrasés qui osent la lenteur voire la suspension dans les deux airs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voici deux <em>Don Giovanni</em> en un.</p>
<p>Le premier, c’est celui de Giovanni Antonini et de l’orchestre de chambre de Bâle. Tout y est précis, net, nerveux : un <em>Don Giovanni</em> qui a du jarret et du chic, mais n’oublie jamais de chanter, ourlant des phrasés qui osent la lenteur voire la suspension dans les deux airs d’Ottavio et même dans un « Vedrai Carino » où les timbres de l’orchestre rivalisent de fruité. Un <em>Don Giovanni</em> aussi qui, dans sa rigueur même, trouve les angles et les aspérités qui en sont la part inquiétante – notamment dans un final implacable (que ne suit pas l’ensemble conclusif – «  Ah dov’é il perfido… Quest’è il fin »,  et c’est très bien ainsi). A l’appui de cette lecture scrupuleuse, une équipe de chanteurs dont le premier soin est le texte : rarement aura-t-on entendu un tel souci d’intelligibilité, jusque dans les récitatifs, traités avec un soin extrême. Ce cisèlement du mot n’omet pas celui de la ligne de chant, ni de la couleur. En Anna, <strong>Julia Kleiter</strong> livre une leçon de chant mozartien, tout de pudeur et de douleur, sans jamais convoquer les grandes orgues du pathos. Il en va de même de <strong>Benjamin Bruns</strong>, d’une délicatesse mâle, d’une virtuosité sans emphase, que le public salue sans réserve. La Zerline de <strong>Giulia Semenzato</strong> appartient à la grande tradition des italiennes qui n’ont pas besoin d’être vulgaires pour séduire ou piquer, et ses deux airs révèlent un charme naturel qu’on pensait révolu. Plus embarrassée vocalement, <strong>Lucy Crowe</strong> n’en est pas moins une Elvire de grand style. En cumulant le Commandeur et Masetto, <strong>David Steffens</strong> renoue avec les premières distributions voulues par Mozart : vertigineux passage d’un rôle bouffe à un rôle de père noble, que le chanteur allemand effectue avec une facilité confondante, étant aussi convaincant dans les deux – avec même en Commandeur une autorité glaçante, rare chez un si jeune chanteur. Plus en retrait et remplaçant au pied levé Christian Senn, <strong>Ruben Drole</strong> est d’une bonhomie et d’une sincérité touchantes.</p>
<p>Le second <em>Don Giovanni</em>, c’est celui d’<strong>Erwin Schrott</strong>, qui assure en outre la mise en espace de cette version de concert – une mise en espace confinant en réalité à la mise en scène, souvent extrêmement astucieuse, et parfois franchement drôle. C’est d’ailleurs ainsi que Schrott conçoit son rôle : un Don Giovanni roublard et viveur, très dix-huitième siècle libertin, ne prenant en charge aucune des ambiguïtés dont l’a empesé la métaphysique du dix-neuvième siècle, et résistant jusqu’à la fin à tout scrupule et à toute conscience. Son ascendant physique, la façon même dont il se met en scène, lui donnent la place centrale. C’est peut-être là du reste que le bât blesse : meneur de jeu, arpentant la scène, omniprésent, il confine les autres chanteurs à des postures plus statiques, et cela déséquilibre parfois l’ensemble. Mais c’est surtout vocalement qu’on entend autre chose : un chant plus débraillé, constamment entre le parlé et le chanté, par ailleurs puissant quand il le faut, intelligent toujours, mais se souciant plus d’effet que de musicalité – bref un vrai acteur-chanteur rétif à l’orthodoxie mozartienne de stricte obédience incarnée par ses collègues.</p>
<p>La combinaison des deux visions fonctionne néanmoins parce que Schrott est la mèche qui allume le feu, et brûle les planches, entraînant le reste de la distribution et lui insufflant son insolence (mettant même à contribution les fort sérieux musiciens de l’orchestre), éléphant rigolard dans un magasin de porcelaines rares, raflant la mise en vrai voyou lyrique, généreux ; en somme, irrésistible.</p>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lenlevement-au-serail-lyon-un-mozart-apocryphe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jun 2016 04:21:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sommes-nous face à de la prétention ou à de la pure naïveté ? Invité par l’opéra de Lyon à mettre en scène son premier opéra, L&#8217;Enlèvement au sérail de Mozart, l’homme de théâtre libano-canadien Wajdi Mouawad et futur directeur du théâtre de la Colline à Paris, apparaît comme l’archétype même de ce sang frais que beaucoup &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Sommes-nous face à de la prétention ou à de la pure naïveté ? Invité par l’opéra de Lyon à mettre en scène son premier opéra, <em>L&rsquo;Enlèvement au sérail</em> de <strong>Mozart</strong>, l’homme de théâtre libano-canadien <strong>Wajdi Mouawad</strong> et futur directeur du théâtre de la Colline à Paris, apparaît comme l’archétype même de ce sang frais que beaucoup de maisons lyriques aiment à inoculer dans leurs nouvelles productions. Mais c’est sans compter le sabotage scrupuleux de l’œuvre qu’elle entraîne quelques fois.</p>
<p class="rtejustify">Le choix d’un metteur en scène de théâtre semblait pourtant de prime abord pertinent. Le <em style="line-height: 1.5">singspiel</em> appelle la théâtralité. La dramaturgie du texte ne demande qu’à s’éprouver, dans l’énergie de la voix et du corps. Mais loin de donner seulement du sens à cette dramaturgie, Wajdi Mouawad est allé jusqu’à la créer de toutes pièces, pour raconter <em style="line-height: 1.5">son</em> histoire, faire passer <em style="line-height: 1.5">son</em> message, peu importe la réalité du texte qu’il est censé servir, peu importe les mutilations infligées au passage à la mémoire et à l’œuvre de Stéphanie et de Mozart, devenue ainsi apocryphe.</p>
<p class="rtejustify">Et ce message, d’ailleurs ? Difficilement audible, difficilement lisible, un corps étranger dans une œuvre où texte et musique se répondent déjà à la perfection. Ici, un prologue introduit l’opéra de Mozart comme un récit au passé ; là, des dialogues nouvellement écrits introduisent une sorte d’ambivalence de sentiments de la part de Konstanze et de Blonde envers leurs ravisseurs, car, sans doute, la barbarie n’est pas là où l’on croit. Mais à trop vouloir exprimer <em>sa</em> pensée politique, à force et à coups de concepts, Wajdi Mouawad brise l’équilibre musical et dramaturgique de cette histoire pourtant si simple de deux couples désunis et retrouvés. </p>
<p class="rtejustify">Si elles sont réelles, les qualités des interprètes ont mis quelque temps à affleurer. En particulier, malgré un timbre lumineux et une longueur de souffle assez extraordinaire, <strong style="text-align: justify;line-height: 1.5">Cyrille Dubois</strong> campe un Belmonte au départ peu nuancé, aux aigus manquant de rondeur et parfois fébrile techniquement, notamment dans les passages sur son air d&rsquo;entrée « Hier soll ich ». Ce constat faisait craindre la verdeur d&rsquo;un instrument pas encore assez mûr pour le rôle de Belmonte. Mais dans la deuxième partie, le ténor français se révèle véritablement, projetant la voix avec assurance et puissance dans des airs parfaitement exécutés, en particulier le très beau « Ich baue ganz ». Il n’y a rien à dire de la Konstanze de <strong style="text-align: justify;line-height: 1.5">Jane Archibald</strong> qui compte parmi les sopranos coloratures actuelles les plus solides, et l’on ne saurait guère lui reprocher la faiblesse des notes graves imposées par la tessiture du rôle, et que de bien rares chanteuses possèdent. Pétillante, la Blonde de <strong style="text-align: justify;line-height: 1.5">Joanna Wydorska </strong>fait montre<strong style="text-align: justify;line-height: 1.5"> </strong>d&rsquo;un bel engagement scénique en plus de déployer des aigus solides, mais malgré sa grande souplesse, la voix demeure beaucoup trop petite, et ceci est d&rsquo;autant plus flagrant dans les duos et ensembles. Du côté des autres personnages masculins, <strong style="text-align: justify;line-height: 1.5">Michael Laurenz</strong> est dans une énergie théâtrale exemplaire pour son Pedrillo et <strong style="text-align: justify;line-height: 1.5">David Steffens</strong> possède la voix de basse profonde qui sied parfaitement au personnage d&rsquo;Osmin, terrible et fragile à la fois. Enfin, pour Selim, le choix a été fait d’employer un véritable acteur de théâtre, et il se dégage de <strong style="text-align: justify;line-height: 1.5">Peter Lohmeyer</strong>, dans sa maladie d&rsquo;amour, une mélancolie et une sagesse extrêmement attachantes. </p>
<p class="rtejustify">Très précautionneux au départ, dans un souci manifeste de ne pas couvrir les voix, <strong>Stefano Montanari</strong> donne progressivement corps à la musique avec un <strong>orchestre de l’opéra de Lyon</strong> aux résonnances chambristes. Le professionnalisme du chef, sa musicalité, se retrouvent en particulier dans cette attention au chant et au dialogue dont il se fait l&rsquo;admirable et respectueux miroir. On aurait aimé pouvoir en dire autant du metteur en scène.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>VAN BEETHOVEN, Fidelio — Herrenchiemsee</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fidelio-herrenchiemsee-beaucoup-denergie-peu-de-couleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2014 05:12:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/beaucoup-d-nergie-peu-de-couleurs/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pièce de résistance de la programmation de l&#8217;édition 2014 du Festival d’Herrenchiemsee, cette production concertante de Fidélio ne manquait pas d’originalité. S’écartant volontairement de la version originale, le chef a résolu de supprimer tous les textes parlés et de les remplacer par le récit d’un comédien, incarnant Jean-Nicolas Brouilly, l’auteur du livret. Celui-ci nous raconte &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pièce de résistance de la programmation de l&rsquo;édition 2014 du Festival d’Herrenchiemsee, cette production concertante de <em>Fidélio</em> ne manquait pas d’originalité. S’écartant volontairement de la version originale, le chef a résolu de supprimer tous les textes parlés et de les remplacer par le récit d’un comédien, incarnant Jean-Nicolas Brouilly, l’auteur du livret. Celui-ci nous raconte l’histoire vraie d’Elisabeth Mercier s’introduisant, sous la terreur, au sein de la prison qui retient son mari enfermé, et réussit à le faire libérer des griffes d’un horrible geôlier, le scénario même qui a inspiré les rédacteurs du livret retenu par Beethoven. Cette version racontée, même si elle est peu orthodoxe, tient parfaitement la route et constitue – pourquoi pas – une alternative valable au livret original, dont les dialogues sont si souvent massacrés par des chanteurs peu familiers de la langue de Goethe. L’auteur de ce texte, <strong>Klaus Jörg Schönmetzler </strong>qui en est aussi le récitant, y met beaucoup de relief et de subtilité, suffisamment d’humour et de charme pour emporter une totale adhésion.</p>
<p>Hors ce rôle parlé, pas de mise en scène donc, les lieux ne s’y prêtent guère :  nous sommes dans la galerie des glaces du château que Louis II, roi de Bavière a fait construire en 1878, fidèle copie du corps central du château de Versailles, mais qu’il ne parvint jamais à achever. Pas de théâtre, donc pas de fosse, mais une galerie toute en longueur (98 mètres !), dégoulinant sous les ors et ouvrant sur un parc magnifique avec la tombée du jour pour décor. C’est donc sur la partie purement musicale que nous concentrerons notre propos.</p>
<p>La distribution réunit une équipe de bons chanteurs locaux, certes pas des vedettes internationales, mais d’honnêtes musiciens qui connaissent leur métier, ont le bagage technique nécessaire et assument leur rôle avec énergie et conviction. On remarquera surtout le Rocco de <strong>David Steffens</strong>, jeune baryton au timbre déjà riche, qui fait preuve d’une belle maturité malgré la verdeur de la voix. A ses côtés, la Léonore de Susanne Bernhard, voix un peu dure et monochrome mais aux aigus puissants, assume son rôle avec ardeur et engagement, mais ne suscite guère d’émotion. Jörg Dürmüller qui chante Florestan offre lui aussi plus de puissance que de réelle beauté vocale, mais en fin musicien il parvient à donner une belle consistance dramatique à son personnage qui, il est vrai, attire naturellement la sympathie. Impressionnant de vigueur et de puissance vocale, le Pizzaro de <strong>Jochen Kupfer</strong> s’impose naturellement. <strong>Sibylla Rubens</strong> chante Marcelline en minaudant un peu et est souvent couverte par l’orchestre, mais la voix est agréable. <strong>Daniel Johannsen</strong> accentue le caractère un peu ridicule du personnage de Jaquino, qu’il campe par ailleurs avec aisance. <strong>Falco Hunisch</strong>, dans le court rôle de Don Fernando qu’il a repris au pied levé, apporte ce qu’il y faut de majesté et d’autorité naturelle.</p>
<p>Moins convaincantes sont les performances de l’orchestre et de son chef : masquant un réel manque de couleurs par un volume très souvent excessif, des tempo rapides et une énergie un peu fébrile, <strong>Enoch zu Guttenberg</strong> présente une vision sans transparence de la musique de Beethoven, additionnant les voix, les lignes musicales les unes aux autres dans une grande surenchère sonore qui aboutit rapidement à la saturation. Les choeurs, fort nombreux et très enthousiastes renforcent encore ce sentiment. Si on ajoute à cela le fait que les solistes sont placés très à l’avant scène, hors du champs de vision du chef qui est d’ailleurs surtout concentré sur l’orchestre, on comprendra que le résultat final manque d’homogénéité sonore et surtout de cohérence dramatique. Les subtilités de la partition restent bien souvent cachées sous un volume sonore excessif. Le public, visiblement très enthousiaste, s’en satisfait néanmoins et applaudit généreusement l’ensemble de la performance.</p>
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